WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La diplomatie camerounaise et la crise irakienne de 2003. Essai d'analyse historique


par Didier BALIABA
Université de Yaoundé I - Master en histoire des relations internationales 2018
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CHAPITRE I

LE CONTEXTE INTERNATIONALDES ANNEES 2000 : ENTRE MULTILATERALISME ET UNILATERALISME AMERICAIN

Douze ans après la guerre du Golfe, à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001 et de la guerre en Afghanistan, les Etats-Unislançaient une nouvelle offensivediplomatico-militaire contre le régime de SaddamHussein, le 20 mars 2003 sous le fallacieuxprétexte que ce dernier, en dépit des injonctions de la communauté internationaleimposéesà l'issue de laguerre du Golfe en 1991,l'Irakcontinue de développer des armes de destructionmassives (ADM). Cette crise, entre les Etats-Unis et l'Irak, a cristallisé les positions diplomatiques entre les différents pays membresdu Conseil de Sécuritédes Nations Unies et mis en lumière deux lecturesdivergentes de résolutiond'une grande question internationale.Lechapitre que nous abordons présente la crise irakienne de 2003, comme enjeu du multilatéralisme.Ainsi, pour comprendrecettequestion, il semble judicieuxde présenter d'abord l'unilatéralisme américain dans son projet expansionnisted'un « nouvel ordre mondial », avant de conclure par celle, dumultilatéralisme international.

A- LE CONFLIT IRAKIEN COMME ENJEU DU MULTILATERALISME

La premièreguerre du Golfe marque le passage de la bipolarité de la Guerre Froide à la nouvelle unipolarité. Cette transitionsystémique de la géopolitique des relations internationales permet aux Etats-Unis, grand vainqueur de cette guerre d'asseoir leur légitimité internationale.Mais l'hégémonieaméricaine, perçue en 1991, commelibérale et légitime, apparaittransformée en 2003 en « hubris »impériale. Lemultilatéralismerespectueuxde la communauté internationale et de l'ONU de GeorgesHerbert Bush a laissé place à l'unilatéralisme radical de son fils,GeorgesWalker Bush.

1- La tentation unilatéraliste des Etats-Unis

Le « Nouvel ordre mondial » proposé par Georges Herbert Bush en 1991, à la suite de la victoire des Etats-Unis contre l'Irak et de l'Union soviétique est un projet ancien qui fut longtemps contrarié par les vicissitudes de l'histoire. En effet, le rêve américain d'un système des relations internationales fondé sur le principe démocratique, régie par la « pax americana » émerge à l'issue de la première Guerre Mondiale, lorsque dans une déclaration devant le Congrès des Etats-Unis, le 8 janvier 1918, le présidentWoodrow Wilson40(*) expose son plan de paix pour le monde.

Cette visionaméricaine des relations internationales connaitra cependant une évolution en dent de scie délibérée41(*), surtout au lendemain de sa victoire contre le communisme et la guerre en Irak.L'hégémonieaméricaine perçue alors en 1991 comme libérale, bénigne et légitime, quiépouse les aspirations des peuples du monde épris de liberté, apparaîttransformée en 2003 en« hubris »impériale.Les Etats-Unisjusque-là, chantre du multilatéralisme, laissent place à une politique étrangèredélibérément tournée vers un unilatéralisme radical. Pour reprendre les mots de Donald Rumsfield,ancien Secrétaire d'Etat à la Défense sous la présidence de Georges Walker Bush, « si c'est la coalition qui a définit la mission en 1991,c'est la mission qui définit la coalition en 2003 »42(*).

L'évolution de la politique étrangèreet de la diplomatie américaine s'expliquent tout d'abord par des facteurs internes. En effet, lors des attentats terroristes du 11 septembre 200143(*), lesEtats-Unis ont subi une attaque sur leur territoire d'une ampleur inégalée depuis Pearl Harbor44(*). Véritabletraumatismenational, cette attaqueleur fait prendre conscience desnouvelles menaces que représentent la combinaison des groupes terroristes, des « Etats voyous » et des ADM.Le 11septembre a aussi eu pour effet d'asseoir le pouvoir et l'influence des néoconservateurs au sein de l'Administration américaine. Mais ce changement corresponddavantage à une tendancestructurelle, et est l'aboutissement d'un lent processus de socialisation à l'unipolarité.

Aux Etats-Unis, ily a trois grands courants de pensée, aussi présents dans la communautéacadémique que dans les  « Thinkthank ». Ces courants idéologiques,parfois opposés sur le rôle que doit jouer les Etats-Unisà travers le monde influencent largement les décisions en ce quiconcerne sa politique étrangère.Parmi ces courants de penséeinfluents,figurent entre-autres :

- L'écolelibérale. Ses défenseursprônent le multilatéralisme ainsi que lamise en placedes normes et institutionsinternationales. Cette conception des relations internationales trouve ses fondements dans la doctrineWilsonienne des relations internationales et a largement inspiré la conduite de lapolitique étrangère du président Clinton. L'école libérale est essentiellementpartagée par le Parti Démocrate.

- L'écoleréaliste. Moins enclins que les libérauxà limiter la souveraineté des Etats-Unis, lesréalistes se montrent pragmatiques et prônent l'interventionnisme et le recoursà la force, par le jeu des alliances, dès lorsque se manifeste une menace imminente contre la sécurité des Etats-Unis ou de leurs Alliés. On trouve ces partisans principalement dans le Parti Républicain. LeSecrétaire d'Etat Henri Kissinger futl'une des figures emblématiques de l'écoleréaliste.

- L'écolenéoconservatrice. Les néoconservateurssont des idéalistes qui préconisent l'intervention préventive des Etats-Unis avant que sa sécurité ne soit directement menacée. Ils défendentl'universalisme de la démocratie.

L'écolenéoconservatrice45(*)des relations internationales repose sur l'idéeselon laquelle, le monde est dominé par les concepts de « Bien » et de « Mal ». Il s'agit pour les Etats-Unis d'éradiquer le «Mal » en contribuant à la promotion de la démocratie et de l'éducation à travers le monde.Le mal se nourrissant en effet de la pauvreté, de l'ignorance, du désespoir des populations défavorisées. Dans une certaine mesure cette doctrine est empreinte d'un idéalisme qui le rapproche des idées de gauche. Dans l'Administration Bush, cette doctrine est défendue par Paul Wolfowitz et Richard Perleet dans une certaine mesure par des réalistes tels que, le vice-président, Dick Cheney, et le Secrétaire d'Etat à la Défense, Donald Rumsfield qui partagent les mêmes objectifs. Ce sont ces deux courants qui ont milité en faveur d'une guerre contre l'Irak, en 2003. 

Les néoconservateurs sont hostiles au statu quo.Ils souhaitent modifier l'ordre international, en particulier la carte politique du Moyen-Orient. Cette stratégie qui vise àanéantir les capacités militaires des Etats tierset d'étendre la volonté politique, économique et culturelle américaine procède d'abord de l'histoire des Etats-Unis.

La doctrine Monroe46(*) formulée au XIXème siècle énonçait à la fois, le refus de toute intervention étrangère aux Amériques, et le droit des Etats-Unis d'intervenir et d'annexer, le cas échéant, des territoires pour prévenir l'intervention européenne. Pour Theodore Roosevelt47(*), au début du XXème siècle, la prééminence des Etats-Unis leur assignait un devoir de « police internationale » par une intervention préventive destinée à sanctionner des acteurs extérieurs perturbateurs ou défaillants. Cettevisionsuprématiste est l'approcheunilatéraliste qui espère voir les Etats-Uniscontrôlerl'entièreté du système international et façonner le monde selon leurs valeurs et leurs intérêts.

La défense de l'intérêt national des Etats-Unispasse donc par la conquête et la guerre. La conception néoconservatricedes relations internationales veut non seulement que les Etats-Unismaintiennent leur puissance,mais aussi qu'ils l'accroissent.La penséenéoconservatrice est en fait qualifiéede Wilsoniennemusclée.En effet, pour les biographes du présidentWoodrow Wilson,les néoconservateursdésirentfaçonnerle monde selon les valeurs américaines mais lamise en application de cette politique se différencie des penséesdu vingt septième,48(*)président des Etats-Unis.Tandis que, pourceux du président, Franklin Delano Roosevelt,lesnéoconservateurschoisissent pour arriverà leurs fins,l'usage de la force etnon, l'instauration et le respect des règles internationalesauxquels, ne doit à aucuncas souscrire la puissanceaméricaine.

Dans un article publié dans le Washington Post, le 19 mars 2000, Robert Kagan49(*) et Irving Kristol50(*) précisent le rôle des Etats-Unis de la manière suivante :

L'absence de l'Empire soviétique ne doit pas altérer les fondamentaux de la politique étrangère des Etats-Unis - préserver et étendre l'Ordre international qui est en accord avec nos intérêts matériels et nos principes. De manière que les Américains sensés, au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, ne voulaient pas devoir attendre la montée du prochain équivalent du nazisme pour agir, les hommes d'Etats américains actuels doivent reconnaitre qu'ils ne devraient pas rester passifs jusqu'à l'arrivée de la prochaine menace. Au contraire, il faut modeler l'environnement international afin d'éviter la formation d'une telle menace51(*).

Ainsi pour, les néoconservateurs,le vraidanger découlent du fait que les Etats-Unis tournent le dos à leurs responsabilités comme l'ont faitles européens dans les années 1930.Le premier but de la politique étrangère américaine,selon Robert Kagan, devrait donc être de« préserver etde renforcer la prédominance del'Amérique,en soutenant ses amis, en servant ses intérêts et en défendantses principes dans le monde entier »52(*).

Cette vision desEtats-Unis,àvouloir régenterles affaires du monde à partir de leurs convictions,nécessitel'emploi des moyens militaires conséquents et la volonté politique d'en faire usage. Pour les néoconservateurs, lesEtats-Unis ont d'ailleurs une force militaire remarquable et incomparable dans le monde, et qu'ils ne devraient pas s'abstenir de recourirà la force dans le but de remodeler le monde selon leurs intérêts.

Cette conviction sur l'emploi de la force arméequi les distingue des réalistes explique en grande partie pourquoi, l'Administration Bush a favorisé l'unilatéralisme au détriment du multilatéralisme. En d'autres termes, si les Etats-Unis avaient fait le contraire,c'est àdire,s'ils avaient mis l'accent plutôt sur la diplomatie que le recours à la force,ils n'auraient pas agi de façonunilatérale en Irak. Car, la diplomatie,par définition est une démarchemultilatérale. C'est dans ce sens, qu'il faut comprendre les critiques faites à la politiqueétrangère du présidentClintonau cours de son mandat parles néoconservateurs.

En effet, selon ces derniers, non seulement les dépensesmilitaires ontétéabaissées de manière drastiquemaissurtout, le président Clinton n'a pasosédéfierles Etats considéréscomme « voyous » et n'a pas envisagé de procéderà des changements de régimes. Les néoconservateurs ont également reproché à la politique étrangère du président Clinton de manquer de consistance et d'orientation, et ont mis l'accent sur le fait qu'au cours de cette période, lesalliés et les adversaires des Etats-Unisdans le monde ontcommencéà s'interrogersur la crédibilité des Etats-Unis53(*).

Lesnéoconservateurssont des ferventspartisans d'un interventionnismeaccrudes Etats-Unis à l'étranger. Au début des années1990, ils ontmené des campagnesde lobbying pour une intervention des Etats-Unis en Somalie, à Haïti, au Kosovo et en Irak, sans base juridique explicite de l'ONU, et plus tard pour ce dernier pays, à un changement de régime.Ce qui a amené le Congrès à adopter en 1998,l'« Iraq LiberationAct».En effet, les néoconservateursvoulaient que Washingtonabandonnesa stratégiede « containment »54(*)dans ce pays pour une politiqueplus interventionnistede façonà lui permettre de réaliser un changement de régime. HubertVédrine, l'ancienministrefrançais des Affairesétrangères qualifie ce mouvement ainsi qu'il suit : 

C'est un courant d'intellectuels qui tend à combattre la realpolitik. Affirme porter les valeurs universelles, proclame le droit et le devoir des Occidentaux de les propager. Le néo-conservatisme refuse ce qu'ilappelle les politiques d'«apaisement»et prône une intervention active dans les affaires du monde,justifications morales à l'appui55(*).

Au demeurant, pour les néoconservateurs,les attentats du 11 septembre 2001sont de nature idéologique. Ils placent la guerre contre le terrorismeou « Axe du Mal »56(*)dans la mêmecatégorie que les combats menés par les démocraties contre les deux totalitarismes du XXèmesiècle, àsavoir : le nazisme et le communisme.

Pour les néoconservateurs,les attentats du11 septembreont eu lieu, par ce que l'Amérique n'avait pas montré sa force de frappe dans les circonstances similaires comme au Liban en 1983, en Afghanistan, après le départ des soviétiques, ou en Irak après l'expulsion de l'armée de Saddam Hussein du Koweït en 1991. Les causes du terrorisme ne se situant ni dans le sous-développement, oùencore moins dans la rancoeur du monde arabo-musulman envers l'Occident mais résidentplus tôt,dans le manque de démocratisation du Moyen-Orient. C'est dans ce contexte que, le présidentGeorges Walker Bushparle de la nécessité à promouvoir une idéologie pro-occidentale auMoyen-Orient.

Tant que cette region sera en proie à la tyrannie,au désespoiret à la colère,elle engendrera des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité des américains et leurs alliés. (...) Nous soutenons les progrèsdémocratiques pour une raison purement pratique :les démocraties ne soutiennent pas les terroristes et ne menacent pas le monde avec des armes de destruction massives57(*)

D'après cette vision, les Etats-Unis devraient entrer en guerre pour être de nouveau respectés notamment, par le monde arabo-musulman.Ce qui induit nécessairement àune refonte de la carte politique du Moyen-Orient. En 2004, le projet de Grand Moyen-Orient estainsi né avec l'intention de créer une region allant du Maroc, en Afrique du nord jusqu'en Afghanistan en Asie centrale, et qui serait une zone de libre-échange. La raison officielleest de combattre la pauvreté, établir la démocratie, engager des reformes vers le progrès, de sortir ces pays de l' « obscurantisme » et d'éradiquer l'intégrisme religieux qui exporte le terrorisme aux Etats-Unis et en Europe. Mais officieusement, ils'agitni plus ni moinsde faire main bassesur le pétrole du Moyen-Orient.

Les néoconservateurs,bien qu'ils ne soient pas tous de confession juive, cependant tous sont pro-israéliens. Isreal étantle seul Etat démocratique de la regionpar conséquent, il est impératif pourles Etats-Unisde lui apporter assistance. Ainsi, au lendemain de sa victoire contre le Premier Ministre, ShimonPères, le 8 juillet 1996, Richard Perle, Conseiller au Département de la défense, remis àBenyaminNetanyahou, le nouveau Premier Ministre israélien, un document intitulé, « Aclear break : a newstrategy of securityrealm58(*) ». Ce document qui faitdu renversement de SaddamHussein un objectif militaire prioritaire pour Isreal doitpermettre à la fois d'anéantirle danger irakien et d'affaiblir la Syrie.

L'hégémonieaméricainecomparée aux autres empires, connu dans l'histoire est considérée comme bienveillante et une chance pour le monde. Enassurant leur propre sécurité, lesEtats-Unisoffrent aux peuples du monde,l'ordre et la paix :un véritable bien public mondial.Puisque,cette hégémonie est bienveillante,elle doit êtrelibre d'agirunilatéralement. Les néoconservateurs jugent donc que la liberté d'action des Etats-Unis ne doit pas se trouver entravée par le droit international et par le jeu des alliances. Car, le droit international est une illusionàlaquelle la puissanceaméricaine ne doit en aucun cas souscrire afin de rester libre de ses engagementsinternationaux.

Pour CondeleezaRice,ancienneConseillèreà la sécuriténationale et Secrétaire d'Etat de l'Administration Bush, « les Etats-Unis, par les valeurs qu'ils défendent (paix-liberté-prospérité)peuvent se dispenserde toutelégitimationmultilatérale, dans la mesure où la défense de leurs intérêtsbénéficie au monde entier »59(*).Ainsi, les traités internationaux ne doivent a en aucun constituer des fins en soi et sont avant tout destinésàservir les intérêts américains. Les néoconservateurs refusent d'astreindre la nationaméricaineà des règles que d'autres nations ne respectentpas. Pour les néoconservateurs,les traités internationaux ne sont qu'une illusion.

Sur ce point précis, ladécennie 1990 et le début des années 2000 sont un témoignage concret du désintérêt et de l'hostilitédes Etats-Unisà l'égard des Nations Unis et de certainstraités multilatéraux :

- arriérés descontributionsfinancièresà l'ONU;

- baisse de participationau budget de l'organisation de 25% à 22%.

SelonNicolasGuyatt60(*),en 1999,les Etats-Unis devaient 1,6 milliards de dollars USà l'ONU, alors que l'organisation était en proie à une sérieuse crise financière,ne payant que le minimum requis pour garder leursiègeà l'AssembléeGénérale.

S'agissant des traités multilatéraux, on peut citer :

- le refus de signer la convention sur l'interdiction des mines anti-personnellesen 1997 et le statut de la Cour Pénale Internationale en1998 ;

- la non-ratification du traité de Kyoto en 1997,traité visant en la réduction des gaz à effet de serre ;

- le retrait du traitéanti-missile balistique signé en 2002.

Les Etats-Unis oscillentdonc entre multilatéralismequand ça les arrangent et unilatéralisme quand ça ne les arrangent pas.Ce choix de politique étrangère délibéré,a fait dire àcertains auteursque les Etats-Unis pratiquaient « un multilatéralismedégradé »61(*).Lemultilatéralismeproposé en 1991, par Georges Herbert Bushsemblait donc être d'une certaine manière, une relique de laGuerre Froide lorsqu'il était nécessaired'assurer la cohésion du bloc occidental et de maintenirle soutien des alliés pour préserver l'équilibrestratégique du monde. Au cours des années 1990,cette perception de la sécurité est dépassée.Car, la perception américaine du coût des concessions et compromis multilatéraux ayant augmenté alors que,celle des perceptions des bénéficesàretirerayant diminué.

Dotésd'un pouvoird'agir avecou sans le soutien de la communauté internationale, lesEtats-Unisaccordentune valeur croissanteàl'unilatéralismedepuis 2001 et à l'usage solitaire de la puissance, dégagée descontraintes multilatérales.Conformément, à la théorie de la stabilité hégémonique, les Etats-Unis, grâceà leurs qualités de leadership, disposent de la capacité d'obliger les autres Etatsà suivre leurs avis. Cecidécoulede toute structure unipolaire d'un système international.Enl'absence de freins et de contre-poids, l'hégémon tend àexploiter sa supérioritématérielle du moment pourétendre ses intérêts.

Sonincursion en Irak, en 2003, au mépris de la communauté internationale et de l'ONU visait donc à cette fin : affecté structurellement l'architecture juridique internationale, laborieusementédifiédepuis1945, pourmieuxconsolider les balises d'un monde guidé par le jeu de puissance, laraisond'Etat, etau besoin le recours unilatéralà la force dans la résolution des différendsinternationaux.

RichardPerle, un des plus influents Conseillers duPentagonesignaau lendemain du déclenchement de l'intervention américaine en Irak, en 2003, un article resté célèbre et au titre fortévocateur au Guardian post, en ces termes: « Merci, monDieu, pour la mort de l'ONU »62(*).Dans cette tribune, Richard Perle, affirme que l'intervention américaine en Irakmettrait un terme non seulement aurégime de SaddamHusseinmais aussi au « mythe des Nations Unies comme fondation d'un Nouvel ordre international » et au « concept libéral d'une sécurité obtenu par un droit international mis en application parles institutionsinternationales ».Car, les Américains nedoiventa aucun casoublier que les « Nations Unies sont nées des cendres d'une guerre que la ligue des Nations a été incapable d'éviter ».Depuis 1945, date de sa fondation,l'histoire ne cesse de mettre en lumière son incapacité àgérer la plupart des crises géopolitiques internationales.

En somme, la conjonction des facteurs internes: l'électionà la Maison Blanchedu républicain GeorgeWalker Bush en 2000, les attentatsdu 11septembre 2001 ne sont que des adjuvants factuelsqui ont amplifié et renforcé le processus de radicalisation des Etats-Unis vers l'unilatéralité.Leprocessusde radicalisation américain à l'unipolaritécorresponddonc davantage à une tendance structurelleet à un long processus de socialisation.

Cependant, l'affirmation d'un désir de « gouvernance globale » par refus d'un ordrefondé sur l'hyperpuissanceaméricaineconduit certains Etats àoeuvrer pour la promotiondu multilatéralisme. Ce multilatéralisme s'incarne en l'ONU.

2- L'ONU et la consécration du multilatéralisme

« L'ONU est certes fille de puissants »63(*), mais n'en demeure pas moins une organisation multilatérale. Le multilatéralisme est une méthode de coordination de conduite entre deux et au moins un acteur ou plus. Il se distingue à la fois du bilatéralisme et de l'unilatéralisme par lequel une partie définit seule les éléments de sa conduite.

Le terme multilatéralisme apparait pour la première fois aux Etats-Unis, au lendemain de la deuxième Guerre Mondiale. Jusqu'alors, on parlait d'actions collective ou concertée. Il surgit dans une conjoncture particulière avec une acception bien précise pour définir les caractéristiques du nouveau système mondial de coopération que les Etats-Unis entendent mettre en place : un ordre international plus libéral économiquement et politiquement plus efficace.

Le multilatéralisme inspire ainsi, dès 1944 à la création du Fond Monétaire International (FMI) et de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD). Il oriente également le régime du commerce prévu par le GATT en 1947. Il est donc au coeur de l'ONU comme nouvelle organisation mondiale chargée du « maintien de la paix et de la sécurité collectives ».

A la fois compris comme un phénomène actuel et historique, le multilatéralisme vient rompre avec la conception traditionnelle d'une diplomatie assimilée aux rapports bilatéraux qu'entretiennent les Etats entre-eux. Il postule que le jeu international est collectif, repose sur des normes communes et des objectifs partagés. Paradigme par excellence de la coopération internationale depuis 1945, le multilatéralisme ne fait certes pas disparaitre l'intérêt national des Etats, mais le rend inséparable de l'intérêt commun dont la réalisation est utile à tous. Cet ensemble de principes et de normes a favorisé le développement progressif d'institutionnalisation de la coopération internationale.

Les premières institutions multilatérales jadis créées furent : l'Union télégraphique internationale (1865) et l'Union postale universelle (1874). Cette institutionnalisation progressive de la vie internationale a lancé de nouvelles formes collectives de prise de décision au niveau mondial et fait émerger un système de rencontres et de foras internationaux visant à établir les relations entre Etats. Cependant, il faut noter que ce multilatéralisme pour un départ fut exclusivement limité aux nations européennes, avant de prendre un envol en 1919 avec la création de la SDN et de l'Organisation Internationale du Travail (OIT). Très vite coexiste alors, deux formes de multilatéralisme : l'un politique et l'autre économique, combinaison des deux, concrétisée par le système des Nations Unies en 1945.

La fin du XXème siècle est marqué par l'avènement d'une ère internationale nouvelle, où l'ONU bénéficie du climat de l'euphorie collective tant au niveau mondial que régional issue du double effet de la disparition du bloc soviétique et de la victoire de la coalition internationale anti-irakienne dans la guerre du Golfe. De cette euphorie collective, s'installa un « nouvel ordre mondial ». Le multilatéralisme international retrouve alors, un dynamisme qui se manifeste à travers une série d'initiatives et activités qui contrastent avec l'immobilisme de la décennie précédente64(*).

Le concept lui aussi, a même subi uneévolution, le rapprochant à celui de « gouvernance globale »65(*). La gouvernance globale, selon Alexandra Novesseloff désigne l'ensemble des acteurs intervenant dans les procédures institutionnelles (formelles ou informelles), les rapports de pouvoir et les modes de gestion publics (gouvernements et institutions internationales, operateurs de marché, organisations non gouvernementales, églises et entreprises plurinationales, etc.). Certains auteurs, à l'instar de Frank Petiteville66(*) font fondre, les deux concepts en parlant de « nouveau multilatéralisme »67(*) , lequel prend en compte les acteurs non étatiques. En fait, la différence entre les deux concepts souligne, Alessandra Novesseloff est assez réduite. Le multilatéralisme est institutionnel et la « gouvernance globale » est politique.

Les deux concepts tentent donc,d'expliquer la diversification des formes de multilatéralisme et les mécanismes de régulation internationaux engageant des partenaires à la fois publics et privés, formels et informels. Selon Marie Claude Smouts, le discours sur le multilatéralisme est un discours ancré sur l'universalisme, l'égalité et l'unité des hommes68(*). L'objectif du multilatéralisme est d'intégrer tous les Etats dans une communauté de règles communes.

Le multilatéralisme est et doit être inclusif. Il ne peut bien fonctionner que, s'il parvient à ne laisser aucune partie à l'extérieur, c'est à dire les Etats. La nature démocratique du multilatéralisme se traduit dans l'égalité des droits et devoirs des Etats. A cet égard, l'invasion unilatérale de l'Irak, en 2003 par les Etats-Unis, au mépris de la légalité internationale était illégale, en vertu de la Charte des Nations Unies qui recommande de « développer entre les nations des relations amicales » et de s'abstenir contre l'utilisation « de la force »69(*).

La multiplication des organisations interétatiques de toutes les vocations et à tous les niveaux, le développement parallèle d'innombrables mouvements privés, semblent prouver ce remarquable succès du processus. Car, le refus de l'ONU et d'une certaine opinion public internationale d'avaliser l'invasion des Etats-Unis de l'Irak, en 2003 révèle le caractère multilatéral de la société internationale mis en branle depuis 1945.La carteci-dessous, témoigne la multiplicité des organes et institutions multilatéraux de l'Organisation des Nations Unies.

Carte 1 : Le système des Nations Unies.

Source : http://www.org/fr/aboutun/struture/chart.pdf, consulté, le 16 décembre 2017.

Depuis 1990, on assiste à un retour de grands sommets et conférences internationales organisés à l'initiative de l'ONU, sur des thématiques variées et de portées mondiales dont le seul but est de promouvoir la paix et la sécurité. Certaines de ces rencontres internationales ont débouché sur des conventions engageant, les Etats dans des objectifs communs et/ou, ont donné naissance à de nouvelles agences spécialisées des Nations Unies.

Le point de départ de cesmanifestations multilatérales onusiennes fut (ré) ouvert en 1992 avec la conférence internationale sur l'environnement et le développement de Rio de Janeiro au Brésil. D'autres initiatives, d'ampleurs mondiales ont suivi dans les domaines du développement, notamment le Caire (Egypte) en 1994 et Copenhague (Danemark) en 1995 ; de la justice pénale internationale (traité de Rome) en 1998 ; de la réduction de la pauvreté dans les pays en développement, à New-York (Etats-Unis) en 2000 ; ou encore du développement durable à Johannesburg (Afrique du sud) en 2002.

Cette décennie post-guerre froide,a doté également, le multilatéralisme international d'une série de nouvelles initiatives de portée universelle telles que : l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui, instituée en 1995 à la suite du traité de Marrakech au Maroc, ne traite plus qu'uniquement du commerce des marchandises, mais aussi des services et de la propriété intellectuelle, sans oublier qu'elle dispose désormais d'une armature plus importante que son prédécesseur, le GATT pour résoudre les conflits en son sein, grâce à son organe de règlement des différends. Le multilatéralisme institutionnel accomplit aussi-t-on, un bon de géant dans le domaine de la justice pénale internationale, suite au traité de Rome (Italie), adopté en 1998, puis ratifié en 2002, qui institue la Cour Pénale Internationale (CPI), compétente pour juger les « crimes de génocides, contre l'humanité, de guerre et d'agression ».70(*) Sans compter que de nouveaux traités internationaux voient le jour à l'instar du protocole de Kyoto, en 1997, sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre ; le traité d'Ottawa, sur l'interdiction des mines anti-personnelles, etc.

En dehors de ces rencontres internationales ayant débouché sur des conventions engageant les Etats dans des objectifs communs et/ou ayant donné naissance à de nouvelles agences des Nations Unies, le multilatéralisme international se rapproche d'une autre pratique qui aussi, a favorisé la parturition de la société internationale, le régionalisme qui est une forme de multilatéralisme, mais à l'échelle régionale ou continentale.

Le régionalisme est le prolongement du multilatéralisme mais à l'échelle locale. Il obéit aussi à l'élaboration des normes collectives comme le multilatéralisme mais sans abolition des souverainetés nationales et puissances des Etats. Le régionalisme est donc un processus associatif d'Etats dans un but commun et respectueux de l'autonomie de chacun. Le groupement vise en général en la réalisation à dose élevée de la solidarité entre Etats. Bien que, le régionalisme soit un phénomène ancien, les premières expériences théoriques ne datent que de 1943. Ceci dans l'optique de la stabilité d'une paix mondiale qui se profilait à l'horizon.

L'ONU dans le cadre de sa Charte confère aux organisations régionales un rôle important en matière de promotion du multilatéralisme. Dans le chapitre III, et titré « Accords régionaux », il est stipulé qu'« aucune disposition de la Charte ne s'oppose à l'existence d'accords ou organismes régionaux (...) pour vu que ces accords ou organismes et leurs activités soient compatibles avec les buts et principes des Nations Unies »71(*).

L'Afrique, s'inspirant de ce modèle onusien de coopération, va lancer le sien à Addis-Abeba, le 25 mai 1963 avec la création de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) qui, hélas ne convainc guère, ni sur le terrain politique ou encore moins de celui de l'économie, avant d'être remplacée quatre décennies plus tard par l'Union Africaine (UA), jugée plus apte à répondre aux nouveaux défis posés par la mondialisation.

Pareils pour les groupements sous régionaux, à l'instar de celui, d'Afrique centrale qui s'est opéré avec la signature du traité de Brazzaville, le 8 décembre 1964, créant ainsi l'Union douanière des Etats de l'Afrique centrale (UDEAC). Cette organisation disparaitra avec la signature à N'djamena, le 16 mars 1994 du traité portant création de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) par laquelle, les six pays membres dont le Cameroun marque leur volonté de réaliser un « saut qualitatif » de leur intégration communautaire.

38

Lemultilatéralisme, qu'il soit international ou régional est un cadre d'expression par excellence des relations interétatiques. La nouvelle diplomatie doit en tenir compte. Bertrand Badié soutient à propos que : 

Aussi fort que puisse être le désir d'unilatéralisme chez le plus puissant, la recherche fiévreuse de l'avantage individuel chez tous, plus aucun Etat, même le plus radical ou le plus prétentieux ne peut prendre le risque d'ignorer totalement le partage, de se détourner de l'échange d'informations et de renseignements, de se passer de toute convention, d'oublier les normes communes, de se fermer systématiquement à toute intégration régionale, de ne jamais se laisser tenter par le jeu du « donnant-donnant »72(*).

Au sein de l'enceinte onusienne, tous les acteurs peuvent tirer parti des vertus du multilatéralisme, et s'extraire en partie, des logiques de puissances à l'oeuvre. Cependant, un accord entre grandes puissances ne suffit pas pour remporter la décision et devenir une résolution ou une convention. Encore, faut-il batailler pour obtenir à la majorité simple ou des deux tiers de voix.Ces logiques comptables qui renvoient aux principes d'inclusion et d'égalité entre différents membres (un Etat égal une voie) obligent les plus puissants à composer avec les moins puissants.

Bien que, quelque fois atténuée, ceslogiquesprévalent également dans les organes considérés comme inégalitaires comme le Conseil de Sécurité. Une résolution est adoptée lorsqu'un projet recueille au moins neuf voix sur quinze et qu'aucun membre permanent ne se prononce contre.Les membres élus possèdent donc les capacités de s'opposer aux propositions du projet de résolution. En admettant qu'il existe un consensus entre eux, les membres permanents doivent convaincre au moins quatre membres élus, pour que leur accord se transforme en résolution.

Le constat suscité n'est pas anodin commel'illustre la crise irakienne. En effet, les Etats-Unisd'une part, la France d'autre part et ses alliés (Russie, Syrie principalement)se livrèrent à une cour effrontée de voix auprèsde certainsmembresélus du Conseil de Sécurité,jugésindécis (Angola, Cameroun, Chili, Guinée,Mexique, Pakistan), alorsmême que la Franceindiquait que, quelques soient les circonstances, ellemettra son veto contre le projet de résolution américaind'une guerre en Irak73(*).Dans cet exemple, le veto d'unmembrepermanentne semble pas suffireàdélégitimer une intervention politico-militaire.Cependant, davantagecomptent le symbole et la capacitéàrassemblerderrière une position.L'objectif de chacun des acteurs est donc de dégager une majoritéd'acteursinternationaux, au-delàdu veto, pour légitimer sa position.

La logique numérique n'induit pas seulement que la voix des petits comptent. Les plus nombreux, qu'ils soient micro-Etats, pays moins avancés, ou en développement, etc. ;  tous peuvent dans le jeu onusien, s'opposer et imposer aux plus puissants leur point de vue. Un moment en particulier dans l'histoire onusienne illustre cette face du multilatéralisme. Il concerne la mise sur agenda onusien de la problématique du développement. Eneffet, la décolonisationayant bouleversé la composition numérique de l'organisationonusienne, les pays en développementdevinrent plus nombreux dans les années 1960 et par conséquent maitre de l'agenda des débats.

Ils ontimposé des thèmeset des préoccupationsqui ont débordé, peu à peu sur l'ensemble du système multilatéral. Cespays sont parvenusà faire accepter aux pays riches trèsréticents, la tenue d'uneconférence des Nations Unies sur le commerce et le développement(CENUCED),en 1964.L'ONU a donc servi de tribune de revendications non seulement, aux indépendances des peuples, mais aussi à un ordre économique international équilibré entre pays riches du Nord et pays pauvres du Sud.

L'influence du multilatéralisme onusien ne se limite pasqu'à inciter les plus grands à tenir compte dans une logique numérique des autres Etats. La dynamique quantitative s'accompagneaussi de changements qualitatifs qui renforcent les vertus égalisatrices du multilatéralisme. En 1960,lorsqu'elleaccueilleles Etatsrécemmentdécolonisés, l'ONU les reconnaît comme égaux de leurs anciennes métropoles. Elle leur offre la possibilité d'établir de nouveaux liens diplomatiques, dedévelopper des relations horizontales avec d'autres partenaires, de participer à des coalitions, degénérer des allégeances multiples, diminuant de ce fait le coût du non-alignement sur la puissance coloniale.

Les Etats trouvent ainsi en l'ONU des ressources qui leurspermettentd'adoucirleurs relations bilatérales, voire de s'extirper de l'asymétrie de certaines d'entre elles.Ce faisant, le jeu onusien ne constitue pas une réplique des rapportsde puissance :ceux-ci sont contraints par le dynamismemultilatéralà l'oeuvre.En raison du projet dont elles sont porteuses,des principes sur lesquels, elles s'appuient, des valeurs qui les fondent, les Nations Unies incitent à un effort de persuasion et d'argumentationplutôt qu'à un recours systématique aux rapports de force.

Les effets transformatifs du multilatéralismeonusienvont au-delà de l'Organisation. En effet, les pays en développement ne s'appuient pas que sur le constat de leur supérioriténumérique mais également sur la contrainte morale que génère la répétition de certainsarguments, illustrant les inégalités Nord-Sud. Ce point mis en avant par de nombreux pays figure en bonne place dans un rapport de la délégationbrésilienne à la XXIXe session du Conseil économique et social de l'ONU, en avril 1960. 

41

L'orientation la plus intelligente pour les pays sous-développésn'est pas de forcer des solutions par le processus simpleet démocratiquedu décomptedes votes,processus par lequel,ils remporteraient toutes les décisions,sans obtenir le moindre résultat pratique (...). Au contraire, larépétition constante et de plus en plus flagrante de ces véritésgénère un sentiment d'embarrascroissant, qui se transforme en contrainte morale74(*).

L'ONU participe doncà la transformation des intérêts et valeurs, despréférences des Etats.En contribuantàl'émergence de nouvelles normes, elle conduit les Etats à modifier ce qu'ils veulent. Le projet multilatéral sur lequel s'appuiel'ONU contient en lui-même les dynamiques d'autonomisation.

Au demeurant, dans un monde dépourvu de gouvernance mondiale et d'organes de contrôle supérieur des Etats, la prolifération durant les années 1990, des conférences, fora, traités, règles contraignantes sont venus rappeler l'existence d'un mode particulier d'organisation des relations internationales.Toutefois, au-delà, des rapports de forces et d'influences qui interviennent dans le processus de production des normes et des règles internationales, le cadre multilatéral aspire, autant que faire se peut, à la gestion concertée de la planète et à assurer un minimum de stabilité dans les relations inter-Etats.

B- LES ENJEUX ET DEFIS INTERNATIONAUX DE LA CRISE IRAKIENNE DE 2003

Les enjeux et défisde la crise irakienne de 2003 au Conseil de Sécurité,sontautantidéels et normatifs que matériels. Cependant, en dehors de ces enjeux, le contrôle dupétrole du Moyen Orient par les Etats-Unisapparaîtcomme, le véritable enjeunon déclaré de la guerre contre l'Irak.

1- Pour les Etats-Unis et la Grande Bretagne : assurer la légitimité politique et la légalité internationale de la guerre

La crise irakienne de 2003 au Conseil de Sécurité de l'ONU, etqui consacrela montée en puissance de l'unilatéralisme des Etats-Unis n'est pas que, d'un ordre militaire. D'ailleurs, d'un point de vue Américain, la question irakienne au Conseil de Sécurité n'était pas principalement destinée à obtenir des soutiens militairesqui, seloncertains experts auraient été marginaux et difficiles à intégrer, en raison des problèmes logistiques et d'inter-opérabilités entre les différentes armées nationales. Seul le soutien militaire des Britanniques était important pour les Etats-Unis. Celui-ci, avait un contingent de 40.000 soldats, soit 10% des forces de la coalition75(*).

L'enjeu était plus tôt pour Georges Walker Bush et plus encore pour Tony Blair, d'assurer la légitimité politique et la légalité internationale de la guerre. Le vote d'une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies aurait permis de légitimer la guerre aux yeux d'une partie des Etats et des opinions publiques mondiales, mais davantage de s'assurer le soutien de leurs opinions publiquesnationalesrespectives avant la guerre.

Tony Blair avait particulièrement besoin de cettelégitimité onusienne.L'opinion publique britannique étaithostile àla guerre, y compris des parlementairesde son propre Partiqui faisaient entendre leurs désaccords. Néanmoins, une résolution du Conseil de Sécurité aurait eu des conséquences matériellesmême si, cela n'aurait pas permis de rassembler un grand nombre de forces militaires supplémentaires. Car unetelle résolution auraiteu l'avantage de partager le coût financier de la guerre comme du tempsde la guerre du Golfe en 1991.Plus encore, elle aurait permis de partager le « fardeau » dela reconstruction de l'Irak après la guerre(reconstructionmatérielle et économique,administration politique, etc.).

L'enjeu principal du conflit diplomatique au Conseil de Sécurité, entre janvier et mars 2003 était donc d'ordre normatif. Les Etats-Unis remettaient en cause les principes fondamentaux du droit international : le respect de la souveraineté nationale, les conditions de la légitime défense et de l'usage légitime de la force. La principale justification de la guerre était la menace posée par les ADM détenus par Saddam Hussein. Cependant, en l'absence d'une menace certaine et imminente, le principe de préemption76(*) ne pouvait être invoqué. Il s'agissait donc pour les Américainsd'élargir la notion de guerre préemptive à celle de la guerre préventive. Autrement dit, l'attaque d'un pays potentiellement hostile, constituant potentiellement une menace à long terme.

Le second objectif déclaré de la guerre était le renversement du régime de Saddam Hussein, en raison de son caractère non démocratique, non respectueux des droits de l'homme et de son hostilité aux Etats-Unis.Autant de motifs bannis par le droit internationalau nom du respect de la souveraineté nationale et de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats.En d'autres termes, autoriserune guerre préventive, justifiée par la menace potentielle que constituaient d'hypothétiques armes de destruction massive possédées par un régime bien que non- démocratique, et ayant pour finalité un changement de régime, aurait marqué un changement majeur dans la doctrine juridique internationale.

Ainsi, en empêchant, le vote d'une seconde résolution au Conseil de Sécurité, la France et la Russie ont rendu la guerre en Irakillégale, etaffaiblies l'image et la légitimité des Etats-Unis. Le refus de reconnaître la menace des ADM irakiennes signifiait que les véritables enjeuxde la guerre contre l'Irak étaient autres que, celles avancées par l'Administration Bush. A cet égard, le contrôledes ressources pétrolièresirakiennesapparait comme l'enjeuprincipal de l'interventiondes Etats-Unisdans ce pays.En effet, le pétrole constitue la clef de voûte du système économique mondial et commande les rapports de force entre les puissances. Mieux, qui pèse sur la production, la circulation et les prix du pétrole, oriente le système économique international.

Ce n'est donc pas un hasard si, les Etats-Unissont au centre de tous les réseaux de domination qui enserrent l'or noir depuis la seconde Guerre Mondiale, couronnantainsi leur implication dans les luttes d'influences entre les pays producteurs. LeMoyen-Orient, le Maghreb,l'Iranet plusieurs autres Etats de l'Asie musulmane concentrent à eux seuls, la majeure partie des resservespétrolières et gazièresde la planète77(*). De quoi, faire de ces Etatsdes cibles privilégiées des grandes puissances.

Lepétrolereprésente40% de la consommation de l'énergie mondiale. Quelle que soient les innovationsapportées dans les systèmes de production, le pétroleresteencore au moins, pour troisdécennies (voir plus)la principale source d'énergie primaire. Il devrait, aprèsépuisement des réservesêtreremplacer par le gaz dont les gisementsdonne toujours au monde arabe (le Maghrebsurtout) et l'Asiecentrale une importance stratégique.

Cependant, si les réservespétrolières ne peuvent êtredéfinies à priori de façonprécise (ellesdépendentà la fois du niveau des prix du baril permettant ou non l'exploitation de gisements et des avancées technologiques),il est établitque, la demande mondiale actuelleestsatisfaitequantitativement. Mais, le problèmequi se pose est celui du coûtde cette satisfaction : car augmenter la production implique des investissementsélevés. Orlàencore, le Moyen-Orient joue un rôle central :les réserves y sont à la fois importantes et les coûtsd'exploitation moinsonéreux. Bref, quoiqu'il en soit, la conjonction entre hausse de la demande mondiale, poids prépondérant du pétrole dans la croissanceéconomique, gisements importants et particulièrementaccessibles, fait du Moyen-Orient, la region cible de toutes les convoitises.

Le contrôle de cette regionreprésentedonc, un intérêt vital pour les Etats-Unis. Les Etats-Unisabsorbentà eux seuls, plus du quart de la consommationmondiale de pétrole alors que leur productionest en chute libre : moins de 15% entre 1999 et 2000.Ce déclinrapide associé à la hausse de la demande intérieure, permet de mieux comprendre la volontéAméricaine de s'emparer des champs pétrolifères irakiens.

A première vue, lepétrole semble être une armeredoutable entre les mains des pays producteurs. En fait, il en n'est pas.Les avoirs des pétromonarchies du Golfeontété massivementinvestis en Occident(environ 800 milliards de dollarscontre 160 milliards investis dans les économies nationales de ces pays). Les revenus tirés de ces investissements sont souvent plus importants que la rente pétrolièreelle-même.En revanche, leurs évolutions sont totalement tributaires de la croissanceet de l'état de l'économie des pays occidentaux. D'où une interdépendanceperverse qui limite drastiquementla liberté politique desEtats producteurs de pétrole, du moins de ceux qui auraient des velléitésd'indépendances.

Or l'Irak, constitue une exception. Ce pays ayant davantage investit dans son propre développement est plus favorableàla pratique des prix de pétrole élevés sur le marché international.En outre, détendeur des deuxièmesréserves mondiales de pétroleaprès,l'Arabie Saoudite, et hostileaux Etats-Unisdans la region ; il est clair que ce pays, devenait de fait un obstacle à la stratégieAméricaine de contrôle de ressourcesénergétiquesmondiales.

La volontéAméricaine de renverser le régime irakien devint autant plus forte lorsque celui-ci a nouéavec, laFrance, la Russie et la Chine, des accordsd'exploitation du pétrole qui n'attendaientque la levée de l'embargo pour entrer en vigueur. Uneintervention militaire,accompagnée du renversement du régime de Saddam Hussein et de la mise en place d'un pouvoir à la solde des Etats-Unisremettraient en cause cepartage qui,exclut les Américains et les Britanniques. LesdiscussionsAméricaines avec certainsmembres de l'opposition irakienne, en exilont porté sur ce point. La maitrise du pétrolepour les Etats-Unis, on sait doit non seulement, satisfaire la demandeintérieuremais également êtrel'instrumentd'uncontrôleétroitde la croissance des régionsconcurrentesnotamment, l'Asie.

La volonté des Etats-Unisd'envahirl'Irakfutaussi animer par le souci de diversifier leur provisionnement en pétrole. Eneffet, tout indique que les Etats du Moyen-Orient se voientconfronter à des transformationséconomiques et sociales qui, peu à peuconduisent certains de ces Etatsàmodifier leursstratégies de développement.Ainsi, les besoins sociaux liésà la croissancedémographique amènentcertainsde ces Etatsà demander une hausse relative des prix du pétrole. Ce quimet en périll'entente« secrète » avec les pays Occidentaux. La stratégieguerrière des Etats-Unis s'inscrit aussi dans le grand marchandage entrepris avec la Russie pour le partage de l'influencerégionale et une coopération qui inclut le pétrolerusse. L'invasion de l'Irakpermettait doncaux Etats-Unis,de s'assurer le contrôle, de cequeles experts appellent « l'ellipse stratégique de l'énergie »78(*).

Si,l'enjeupétrolierest le paramètresignificatif à prendre en compte parmiles enjeux Etatsuniens quivise à en découdre avec l'Irak ; d'autres analysestentent de montrercependantque, le lobby de l'industrie de l'armement n'est pas en restedans les basses manoeuvres d'une confrontation entre lesEtats-Unis et l'Irak79(*).Car,une intervention militaire permettaitaux industriels de l'armementde décrocher de juteux contrats de vente d'armes avec le gouvernement américain mais aussi d'entester de nouvellessur le champ de bataille irakien.

En outre, la pression en faveur d'uneattaque Américaine contre l'Irak, viendrait ausside l'Etat hébreux qui,considère ce pays comme un dangereuxennemiqu'il faut anéantir. Unlobbypro-israélien, aux Etats-Unis, auraitsuggéré au président Georges Walker Bush,de procéder àune politique étrangère encore plus ambitieuse qui, irait jusqu'à « une intervention en Iran et en ArabieSaoudite »80(*). Ce qui garantirait,l'approvisionnement des Etats-Unis en pétrole et la sécuritéd'Israël  dans la region.

En somme, l'enjeu pétrolier combiné à ceux des lobbies pro-armesapparaissentdonc comme les véritables instigateurs de l'intervention des Etats-Unis en Irak.Ladémarche du président,Georges Walker Bush de jouer la carte du multilatéralisme en décidant de passer une ultime fois au Conseil de Sécuritépour résoudre le problème irakien n'étaitqu'un trompe oeil.L'intervention des Etats-Unis en Irak,avaitétélongtemps décidéeà l'avance par des officines secrètes de la politique étrangèreAméricaine partisane, d'un interventionnismeet du recours à la force des Etats-Unisàl'étranger.

2- Pour la communauté internationale : le respect de la légalité internationale et la prise en compte d'un monde multipolaire

Au lendemain de l'effondrement de l'Empire soviétique, les Etats-Unis deviennent incontestablement l'unique superpuissance capable de dominer le reste du monde dans les domaines : économique, culturel, militaire, et technologique. Pour Washington, la fin de la Guerre Froide apporte la preuve de la supériorité du modèle américain sur le reste du monde et c'est désormais aux Etats-Unis d'en assurer le leadership.

Cependant, le reste de la communauté internationale n'envisage pas ce  « nouvel  ordre mondial » de la même la façon que la puissance Américaine. La fin de l'affrontement bipolaire constitue au contraire une opportunité unique de créer un ordre mondial multipolaire qui prendrait appui sur la compétition diplomatique, plus tôt que le conflit, l'existence de différents pôles d'influences, la liberté organisée des échanges et la démocratie. Ce nouveau système de relations internationales doit fonctionner dans un cadre multilatéral qui privilégie la concertation et la négociation entre les Etats. La crise irakienne de 2003, fut à cet égard alors comme un moment de vérité pour la communauté internationale, parce que tous les Etats sans exception étaient appelés à prendre position. Le Cameroun, membre non-permanentdu Conseil de Sécurité, au cours de cette périodepour justifier,son opposition à la guerren'hésita pas à invoquer le dialogue comme le cadre ultime de résolution de cette crise entre les parties.

Le Cameroun a toujours vivement souhaité voir la logique de paix faire face à la logique de guerre. Le pays a appuyé toutes les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies depuis l'invasion du Koweït par l'Irak, en 1990 à nos jours et a toujours invité les parties à la négociation et à la recherche d'une solution négociée, fondée sur le respect du droit international. La position de principe de la diplomatie camerounaise se fonde sur le fait que, l'usage de la force dans les relations internationales et en particulier l'annexion ou l'invasion d'un pays par un autre est inadmissible, carsusceptible d'aiguiser les ambitions hégémoniques des Etats plus puissants vis-à-vis des plus faibles.

Dans le même sillage que les responsables politiques camerounais, lesprésidents, jacques Chirac et, Vladimir Poutine, pour justifierleur refus à la guerre, n'hésitent pas à évoquer la déstabilisation de l'ordre international. En effet, douze ans après, le « nouvel ordre mondial » proclamé par le présidentGeorges Herbert Bush, les présidents français et russe déclarent vouloir un monde multipolaire, gouverné de manière multilatérale. Le président Jacques Chirac affirme :

Nous voulons vivre dans un monde multipolaire, c'est à dire avec quelques grands groupes qui aient entre eux des relations aussi harmonieuses que possible, un monde dans lequel l'Europe, notamment aura toute sa place, un monde où la démocratie progresse d'où l'importance à nos yeux capitale de l'Organisation des Nations Unies pour donner un cadre et une impulsion à cette démocratie et cette harmonie, un monde où des crises inévitables puissent être gérées aussi bien que possible (...).C'est-à-dire, faire face à des pays qui, tout d'un coup, se mettent à construire ou à fabriquer des armes ou à acheter des armes de destruction massive, et enfin un monde qui privilégie le respect de l'autre (...), et qui essaie d'éviter l'affrontement81(*).

La visiondu président françaisde l'ordre international du XXIesiècle se fonde donc surun système international en constante évolution et du rapport de force à venir, à un moment où, de plus en plus la superpuissance Américaine est contestée, sinon concurrencée par d'autres puissances, notamment émergentes.

Une société où il y a un seul puissant est toujours une société dangereuse et qui provoque des réactions. C'est pour cela que je suis pour un monde multipolaire (...). De toute façon, le monde ne sera pas unipolaire. Dans les cinquante ans qui viennent, la Chine représentera une puissance considérable. Donc le monde sera différent.Donc, autant essayer de l'organiser dès maintenant82(*).

Au regard de ce qui précède, on constate que dans les propos du président Chirac, il se dégage une attitude néoréaliste83(*). L'unipolarité selon ce dernier, estdangereuse, en raison d'une part des risques d'usage excessif et sans frein de sa force par la puissance dominante, et d'autre part, des réactions quasi-mécaniques qui entrainent le déséquilibre de puissance de la part des puissances émergentes. Il s'agitdonc, d'une théorie de l'équilibre de puissance. 

L'avènement d'un monde multipolaire est ainsi, un fait acquis au regard de l'émergence des BRICS,84(*) avec à leur tête la Chine, véritable rival des Etats-Unis. La multipolarisation en cours doit donc, entrainer un changement systémique de la gouvernance mondiale.

Le changement systémique implique un changement dans la gouvernance du système internationale. C'est à dire que c'est un changement au sein du système plutôt qu'un changement de système. Cela inclut une modification de la distribution de puissance, de la hiérarchie du prestige, et des règles et droits reconnues, bien que ces changements n'aient que rarement lieu simultanément. Ainsi, (...) le point focal du changement systémique est l'émergence et le déclin des Etats dominants ou des Empires gouvernants un système particulier.85(*)

Face à la transition inévitable du système international, deux attitudes antinomiques se dégagent : maintenir l'hégémonie Américaine et la main-misede l'Occident sur les institutions internationales, au risque de provoquer des fortes tensions voire une guerre hégémonique ou alors,préparer dès maintenant le monde de demain, en anticipant et adaptant la gouvernance du système international progressivement.La vision de ce monde multipolaire du président Chirac est àl'opposé de celui des stratègesnéoconservateurs américains. En effet, dans la doctrine néoconservatrice, on peut y lire : 

Actuellement, les Etats-Unis n'ont pas de rival global. La stratégie américaine devrait viser à préserver et étendre cette position avantageuse aussi loin que possible dans le futur. Il y a cependant, des Etats potentiellement puissants, insatisfaits de la situation actuelle et voulant la changer (...) jusqu' à maintenant, ils en ont été dissuadés par la capacité et la présence planétaire militaire de la puissance militaire américaine. Mais, comme la puissance décline, de manière relative et absolue, les joyeuses conditions qui en découlent seront inévitablement ébranlées86(*).

En somme, on constate que, si la France opte pour une incrémentation de la puissance et l'adaptation progressive de la gouvernance mondiale, lesnéo-conservateurs américains eux, optent plutôt pour une stratégie agressive de maintien de l'hégémonie Américaine.La guerre en irakien apparait donc, à ce titre comme une stratégie Américaine d'endiguement de la Chine et de la Russie d'une part, en contrôlant les principales ressources pétrolières mondiales, et d'autre part, en développant un réseau d'alliances diplomatiques et de présences militaires tout le long du croissant, allant de l'Asie du Sud-Est au Caucase87(*).

L'idée d'une dynamique de multipolarisation est présente dans les esprits des deux côtés de l'Atlantique. La Chine, même si, elle a fait profil bas lors de la crise irakienne estle point focal de ce monde multipolaire. Un monde multipolairequi compterait plusieurs puissances à peu près équivalentes lors des cinquante prochaines années. La Russie, ancienne superpuissance, reste un acteur géopolitique majeur et ce, malgré la fin de la Guerre Froide. L'hostilité, la méfiance et les tensions perdurent toujours entre les superpuissances Américaine et Russe, montrant ainsi que leur rivalité géopolitique ne s'est pas éteinte avec la disparition de l'Union soviétique.Ensuite, vient l'Union européenne, du fait de son modèle politique et économique communautaireintégré. On peut y ajouter d'autres puissances telles que : l'Inde, le Brésil, etc.

On peuty lire aussi dans la crise irakienne, la confrontation de deux visions de l'ordre international. Le vote d'une résolution autorisant la guerre en Irak auraitmarqué le passage de l'hégémonie matérielle à l'hégémonie normative. Le droit international se serait plié à la volonté du plus fort, incarné par la doctrine Bush. L'un des enjeux pour la communauté internationale était donc de préserver le statuquo normatif, et de maintenir l'ONU et le Conseil de Sécurité, comme le lieu de la gestion oligopolistique et multilatérale des affaires du monde.

La crise irakienne donneenfin, une lecture entre puissance conservatrice et puissances transformatrices. Les Etats-Unis sont une puissance conservatrice, dans la mesure où leur objectif est de maintenir leur position hégémonique actuelle. Mais comme la puissance Américaine est un Etat expansionniste visant à croitre d'abord sa superpuissance et à étendre son influence politique et idéologique pour préserver le statut quo qui lui est favorable, elle ne peut que chercher à affaiblir ses potentiels rivaux. En revanche, les puissances transformatrices : la Chine, la Russie, et dans une moindre mesure la France, souhaitent une redistribution de la puissance matérielle et normative au sein de ce nouvel ordre international en gestation.

Le discours du président jacques Chirac a donc pour fonction de mobiliser les autres Etats de la communauté internationale. Cependant, si la tendance d'évolution du système international est à la multipolarisation, force est de reconnaitre que, ce dernier reste encore unipolaire. Le discours d'un monde multipolaire est autant prescriptif que descriptif. Il est davantage une arme utilisée pour contraindre et restreindre l'hégémon Américain.

D'un point de vue socioconstructiviste, le discoursd'un monde multipolaire vise à transformer les perceptions et représentations.C'est à dire, convaincre les autres : la communauté internationale et soi-même que, le monde devient multipolaire. Il vise donc à faire évoluer les mentalités et les pratiques, en occurrence en rendant concevable et possible une opposition contre la puissance Américaine. Le succès d'une position donnant à son tour de la crédibilité à l'idée d'un monde devenu multipolaire. En d'autres termes, si le monde devient multipolaire, il devient aussi possible de s'opposer aux Etats-Unis. Cela prouve que le monde estmultipolaire.

Eu égard, à cette analyse, de nombreuses voix cependant, se sont élevéespour affirmer que la France, se refusait à toute intervention militaire en Irak pour des raisons économiques notamment,pétrolières. En effet, la France s'intéresserait à l'or noir irakien depuis quatre-vingt ans88(*) . Les relations entre les deux pays ont été cordiales jusqu'en 1990, veille de la première guerre du Golfe. Après cette date, les compagnies Totalet Elf existaient toujours en Irak, mais limitées par des sanctions internationales infligées à l'Irak.

Dans un article intitulé, «  Les dessous de la carte »89(*), Dominique Lagarde et Alain Louyotaffirment que les entreprises françaises en 2003, avaient 80 stands à la foire de Bagdad ce, malgré l'embargo onusien. Depuis 1996 et la mise sur pied du programme « pétrole contre nourriture » par l'ONU, la France est restée le premier fournisseur de l'Irak, lui apportant près de 14 % de ses importations en 2001.En retour, l'économie française aurait gagné 660 millions de dollars.Même si,certaines entreprises françaises tentent aujourd'hui de le minimiser.

Dans le même sillage, M., Kenneth et M., Timmerman90(*) soutiennent sans ambages que c'est pour des raisons économiques que la France a refusé la guerre en Irak. Les chiffrent qu'ils avancent sont plus conséquent que ceux suscités. L'Irak recevrait en effet, 25% de ses importations de la France.Ce qui rapporterait près de 1,5 milliard de dollars par an aux entreprises françaises. Le groupe Total/Fina/Elf aurait négocié, un contrat de 40 milliards de dollars afin d'exploiter de nouveaux gisements pétroliers.D'autres contrats auraient été signés entre les deux pays, comme celui d'Alcatel, Renault et Peugeot.Certains de ces échanges auraientfavorisé le développement d'un programme nucléaire irakien91(*).

A la lumière de ce qui en découle,les points concernant la France sur lesquels nous sommes revenus mettent en avant un Etat soucieux du multilatéralisme international. Cependant,cette vision modérée et interdependantiste des relations internationales, de la diplomatie françaisevisait d'abordà la préservationdes intérêts de la France. La France a donc eu en réalitétout au long de la « crise irakienne », une politique plus réalistequ'humaniste.

* 40Jacques, Attali, Demain, qui gouvernera le monde ? Espagne, Blackprint CPI, 2012, p.179.

* 41 Pascal Boniface affirme que :« l'unilatéralisme actuel des Etats-Unis est un choix politique délibéré ». Car au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, la puissance américaine était relativement supérieure à celle d'aujourd'hui, pourtant le système international qu'ils ont mis en place était fondé sur le multilatéralisme et la création des grandes organisations internationales : l'ONU, le FMI, le GATT..., Lire, Pascal, Boniface, Atlas des relations internationales, Paris, Hatier, 2003, pp.56-57.

* 42Virgile, Coujard, « La crise irakienne à travers le prisme de la multipolarisation », inCommunication présentée lors du 10ème Congres de l'association française de science politique,Grenoble, 7-9 septembre, 2009, p.6. Disponible sur, http://fr.linekedin.com/in/virgile-coujard-b9440797, consulté, le 16 décembre 2016.

* 43Le 11 septembre 2001, deux avions de la compagnie American Airlines percutent les tours jumelles du Word trade center à New York. Quelques minutes plus tard, un troisième avion s'écrase sur le Pentagone, siège du Département de la Défense à Washington DC. Tandis que qu'un quatrième, volant toujours en direction de Washington et probablement vers la Maison Blanche, s'écrase en rase campagne, en Pennsylvanie, après que les passagers et les membres d'équipages aient tenté d'en prendre le contrôle. Le réseau terroriste, Al-Qaïda, dirigé par Oussama Ben Laden, revendique alors l'attentat qui fait 3000 morts et 6000 blessés.

* 44Le 7 décembre 1941, les japonais bombardent la base américaine de Pearl Harbor, dans les iles Hawaï, coulant ou mettant hors de combat 18 navires de la marine américaine, détruisant 117 avions, tuant 3303 américains et en blessant 1272. Cette attaque précipita, l'entrée des Etats-Unis en guerre, en 1942, au côté des Alliés.

* 45Le néo-conservatisme, bien que n'étant pas le sujet central de cette étude, intéresse, en raison du rôle qu'il a joué dans la riposte américaine adoptée suite aux attentats du 11 septembre 2001. On note que la plupart des néo-conservateurs de première génération étaient des trokistes au cours des années 1930. Dans les années 1940, ils se sont « deradicalisés » et ont abandonné leurs idéaux révolutionnaires trokistes, avant de se réconcilier avec l'Amérique et rejoindre le consensus libéral contre le communisme. Dans les années 1960, le mouvement a commencé à prendre de l'importance comme une reaction à l'évolution du libéralisme américain vers la gauche. Dans les années 1970, avec la montée des questions externes comme le danger de l'expansionnisme soviétique, les néo-conservateurs vont s'intéresser de manière croissante à la politique étrangère américaine, qui devint la raison d'être du mouvement. Leur politique étrangère se traduit par un anticommunisme intransigeant. Dans les années 1990, avec le bouleversement du contexte international, dû à la chute du mur de Berlin, le mouvement néo-conservateur se renouvelle et prend une nouvelle identité, qui vise à étendre l'hégémonie et l'unilatéralisme américain à travers le monde, même en dépit, de l'absence, d'une menace soviétique.

* 465ème président des Etats-Unis (1816-1824), James Monroe naquit le 28 avril 1758 en Virginie. Sa carrière politique débute avec son élection à l'Assemblée de Virginie en 1786 où il siège pendant quatre ans. Cependant, il ne parvint pas à se faire élire comme membre du premier Congrès des Etats-Unis, qui voit le jour sous la présidence de James Madison. Le nom de Monroe est surtout marqué par sa fameuse doctrine exprimée au Congrès et qui allait devenir le fondement de la politique étrangère des Etats-Unis. En effet, la puissance réelle de cette doctrine vient de ce que pour reprendre les termes du secrétaire d'Etat John Quincy Adams, est un avertissement à l'Europe de « ne pas approcher la main » de l'hémisphère occidental. Outre cet avertissement donné à l'Europe et qui marque par conséquent une certaine ligne idéologique de la politique étrangère des Etats-Unis, l'action du président Monroe sera tour à tour marquée aussi par l'acquisition de la Floride à l'Espagne en 1819 et de l'adoption d'une législation connue sous le nom de « Compromis du Missouri », conséquence du premier sérieux différend entre le Nord et le Sud. D'après ce compris, le Missouri entra dans l'Union en tant qu'Etat esclavagiste, mais dans tout le reste du territoire acquis par l'achat de la Louisiane, l'esclavage devait être à jamais interdit au Nord de la frontière Sud du Missouri. Le Maine fut alors détachée du Massachussetts et admis dans l'Union en tant qu'Etat non esclavagiste, de manière à ce que le nombre des Etats esclavagistes et non esclavagistes s'équilibrent. A ce propos, lire, Maxim. E, Armbuster, Au service du peuple : les présidents des Etats-Unis, Paris, Les éditions Internationales, 1964.

* 47-Theodore Roosevelt, 25ème président des Etats-Unis (1896-1904) est né le 27 octobre 1858 à New York. Diplômé de l'université de Harvard, Roosevelt n'avait pas encore quarante-trois ans lorsqu'il accède à la Maison Blanche. Il est alors le plus jeune de tous les présidents des Etats-Unis. Animé d'une énergie débordante et partisan d'un Gouvernement central fort, il se révéla aussi être un ardent réformateur. Mais le renom international de Roosevelt est en grande partie lié à la construction du canal de Panama, commencé en 1904. Le Congres offrit 40 millions de dollars aux français qui avaient percé le canal de Suez et s'étaient déjà mis au travail à Panama plusieurs années auparavant pour qu'ils abandonnent à l'Amérique leurs droits sur Panama et leur matériel. Quant à la Colombie propriétaire du terrain, on lui proposa 10 millions en plus d'une rente annuelle de deux cent cinquante mille dollars. Mais le Gouvernement colombien refusa l'offre. Roosevelt fut alors accusé de vouloir aider Panama à se séparer de la Colombie. Qu'elle qu'ait pu être l'aide de Roosevelt, Panama se révolta contre le Gouvernement central colombien et devint une république indépendante avec laquelle les Etats-Unis discutèrent directement de la question du canal.

* 48Maxim. E. Armbuster, Au service du peuple : les présidents des Etats-Unis, Paris, 1964, Les éditions Internationales, p.189.

* 49- Robert Kagan, politologue américain, est le chef de file des néo-conservateurs et cofondateurs avec I.Kristol du « Think tank » Project for the New American Century (PNAC).

* 50- Irving Kristol est un journaliste,éditorialiste américain néoconservateur,partisan passionné d'Israël, de la puissance américaine et du renforcement de la présence américaine au Moyen Orient.

* 51Nevzat Arslan, « La place de l'identité dans la politique étrangère. Le cas de la Turquie dans la période post 11 septembre 2001 », thèse de Doctorat de Sciences politiques, Lièges, Université de Lièges, 2001, p.146, disponible sur, www.droit.uliege.be/cms/c-268001.fr/doctorat .Consulté, le 4 janvier 2017.

* 52Ibid.

* 53 Stephan, Halper et Jonathan, Clarke, America alone. The neoconservatives and global order, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, p.103.

* 54La politique de « containment » ou endiguement fut énoncée en 1947, par le président Harry Truman. Il s'agissait de combattre la menace communiste par l'arme économique et non par la violence et de répondre à l'intimidation par la fermeté. Les Etats-Unis se disent alors prêts à fournir des aides financières massives à tous les pays désireux de rester libres et de s'affranchir de la tutelle soviétique.

* 55Hubert, Védrine, « Le néoconservatisme et l'hyperpuissance américain », in Figaro, 8 février 2008. Disponible sur, http://www.lefigaro.fr/debats/2008/02/08/01005-20080280ARTFIG00450. Consultée, le 30 novembre 2016.

* 56L'expression « Axe du Mal » fait référence à deux expressions distinctes de l'histoire géopolitique du XXème siècle : l'« Axe » renvoi à l'alliance entre l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste et le japon durant la seconde GM, que le président Roosevelt avait appelé à combattre. Quant au « Mal », il est attribuée au président Donald Reagan (1980-1988) dans un discours prononcé en 1981, qui avait désigné l'Union soviétique comme étant l'« Empire du Mal ». En tout état de cause, la notion d'« Axe du Mal » renvoie à l'ensemble des ennemies de l'Amérique, passée de la lutte contre le nazisme et le communisme à la guerre contre l'intégrisme terroriste. En dénonçant, l'« Axe duMal » que constituerait, par exemple, l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord, le président Georges Walker Bush, s'est posé en « héritier » des défenseurs des valeurs de l'Occident. Cette rhétorique fut désapprouvée par un grand nombre d'historiens et d'analystes géopolitiques, dans la mesure où ces trois pays sont loin de représentés une coalition organisée, défendant des ambitions partagées (contrairement à l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste, le japon militariste des années 1930). A noter que l'on retrouve une nouvelle fois cette intention dans l'Administration américaine d'établir un parallèle entre la situation géopolitique du nouveau millénaire avec celle de la seconde GM.

* 57Discours du président américain Georges Bush au Congrès, le 14 février 2004.

* 58Ela Wullson, Mvomo, « L'Irak : pas décisif vers l'empire ? »,Une lecture africaine ..., p.50.

* 59Julie, Benmakhlouf, « La relation franco-américaine à l'épreuve de la question irakienne : la contestation d'un modèle occidental alternatif », thèse de Doctorat de Droit Public, Lille, Université Lille Nord de France, 2014, p.135, disponible sur, http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01144181/document, consulté, le 5 janvier 2017

* 60Nicolas, Guyatt, Encore un siècle américain ?, Tunis, Presses des Imprimeries Réunies, 2002, P.91.

* 61Pierre, Melandri, « Les Etats-Unis : la continuation de l'unilatéralisme par d'autres moyens ? »,Le multilatéralisme : nouvelles formes de l'action internationale, Paris, La Découverte, 2006, p.208. Notons que, au cours de l'Administration Clinton (1992-2000), bien qu'encline au multilatéralisme, les Etats-Unis sont intervenus en Somalie, en 1993, à Haïti, en 1994, au Kossovo, en 1999, sans base juridique explicite de l'ONU.

* 62Richard, Perle, « Thank you God for the death of the UN »,in The Guardian post, 21 mars, 2003, p.6.

* 63Mélanie, Albaret, « L'ONU entre puissance et multilatéralisme », disponible sur, http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part3//onu-entre-puissance-etmultilateralisme , consulté, le 13 mars 2019.

* 64Charles, Tenenbaum, « Une diplomatie globale : conférences et sommets mondiaux » in Le multilatéralisme : nouvelles formes de l'action internationale, Paris, La Découverte, 2006, P.81.

* 65Alexandra Novesseloff, L'essor du multilatéralisme : principes, institutions et actions communes, Paris, IRFI, p.305. Disponible sur, http : www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/FDOO1434-pdf . Consulté, le 5 janvier 2017.

* 66Frank Petiteville, Le multilatéralisme, Paris, Montchrestien, 2009.

* 67Alexandra,Novesseloff,L'essor du multilatéralisme, p.305.

* 68 Guillaume, Devin et Marie Claude, Smouts,Les organisations internationales, Paris, Armand Colin, p.29.

* 69 Charte des Nations Unies,article 2, alinéa 7.

* 70 Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale, article 5, alinéa 1.

* 71Charte de l'ONU, chapitre III, article 52, alinéa 1.

* 72Christian, Edmond Bepi Pout, Sécurité humaine et diplomatie de l'émergence : enjeux pour le Cameroun, Yaoundé, Les Presses Universitaires de Yaoundé, 2013, p.142.

* 73Virgil, Coujard, « La crise irakienne à travers le prisme de la multipolarisation », p.10.

* 74Mélanie, Albaret, « l'ONU entre puissance et multilatéralisme »,p.24.

* 75 Virgile, Coujard, p.8.

* 76Il est important de souligner la différence entre les concepts de prévention et de préemption. Contrairement, à la guerre préventive ; la guerre préemptive est reconnue par le droit international. Car, la guerre préemptive ou guerre à chaud, peut être engagé lorsqu'il y a des preuves matérielles démontrant l'imminence d'un danger et justifiant ainsi la nécessité d'agir. Tandis que, la guerre préventive ou guerre à froid est destinée à lutter contre une menace plus stratégique. A ces propos, lire, Narcisse, Mouelle Kombi, La guerre préventive et le droit international, Paris, Dianoima, 2007 ; ou De La Gorce, P.M., « Ce dangereux concept de guerre préventive » in Le Monde Diplomatique, N°582, septembre, 2008, p.1. Disponible sur, http://www.monde-diplomatique.fr

.Consulté, le 5 janvier 2017.

* 77Samir Nair, « Véritable enjeu de la guerre américaine en Irak », disponible sur, www.liberation.fr, consulté, le 4 septembre 2020.

* 78« L'ellipse stratégique de l'énergie » est une zone qui part de la péninsule arabique à l'Asie centrale.

* 79Anthony, Sampson, « Etats-Unis/Irak : les pétroliers contre les faucons », Jeune Afrique/L'Intelligent, N°2191, du 5 au 11 janvier 2003, pp.46-47.

* 80Ibid.

* 81Coujard, Virgile, pp.9-10.

* 82Ibid.

* 83Le néoréalisme (aussi appelé le réalisme structurel)est un courant théorique dans la discipline des relations internationales. Il a été fondé par Kenneth Waltz dans son ouvrage, Theory of International Politics. Des auteurscomme, Robert Gilpin, joseph Grieco, Robert Jervis,Stephen Walt peuvent également être classés dans ce courant. Le néoréalisme est donc une tentative de reformulation du réalisme classique (celui de Hans Morgenthau, EdwardHallett) dans une approche rigoureuse et positiviste.

* 84BRIC, acronyme représentant quatre grandes économies émergentes, le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, s'est transformé en BRICS, le 14 avril 2011, en intégrant l'Afrique du sud (`'S''pour South africa). Ces quatre pays représentent 40% de la population mondiale et pourrait également assurer 40% PIB mondial d'ici 2050.

* 85 Virgile, Coujard, p.10.

* 86Ibid.

* 87Axe comprenant notamment, l'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan, l'Irak, l'Arabie saoudite, la Turquie, et la Géorgie.

* 88Georges, Dupuy, « Un monde de brut », L'Express, 13 février 2003, disponible sur, http://www.lexpress.presse.fr/info/france/dossier/franceirak/dossier.asp?ida=426094, consulte, le 16 septembre 2020.

* 89Ibid.

* 90Ibid.

* 91Ibid.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"L'imagination est plus importante que le savoir"   Albert Einstein