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Le récit médiatique électoral de la présidentielle de 2018 dans Le Phare et Le Potentiel


par David Mukendi Kalonji
Université Catholique du Congo (UCC) - Graduat 2021
  

Disponible en mode multipage

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    UNIVERSITÉ CATHOLIQUE DU CONGO

    2, Avenue de l'Université

    BP 1534

    KINSHASA - LIMETE

    FACULTÉ DES COMMUNICATIONS SOCIALES

    Année Académique 2020-2021

    Le récit médiatique électoral de la présidentielle de 2018 dans Le Phare et Le Potentiel

    Par :

    MUKENDI KALONJI DAVID

    L3 (LMD)

    Travail de fin de cycle rédigé en vue de l'obtention du grade de Licencié en communications sociales

    Directeur : PR. JEAN CLAUDE LIKOSI ATAMBANA

    IN MEMORIAM

    « La mort est certaine mais l'heure de la mort est incertaine. C'est en sachant que nous sommes poussières et retournerons à la poussière que notre coeur roule de larmes et de blessures intérieures surtout que vous n'étiez plus. A notre regrettée maman Lucie Mbuyi Muteba, que vous soyez immortalisée par ce travail. Vos empreintes restent à jamais marquées dans le souvenir de nos pensées. C'est aujourd'hui plus que jamais que nous apprécions la valeur de vos efforts, la justesse de votre éducation et le caractère précieux de vos conseils ».

    Mukendi Kalonji David

    « De tous les nôtres qui nous ont précédés et en particulier notre ami Chadrack Liondjo Kaniki que Dieu a repris très tôt, et l'éditeur Polydor Muboyayi, vous qui m'aviez permis de faire mes premiers pas dans le métier de journaliste ; la passion du métier qui nous a liés sera à jamais plus fort que tout, même plus que cette mort qui nous a séparés ».

    Mukendi Kalonji David

    DEDICACE

    Aux journalistes Congolais assassinés dans l'exercice de ce noble métier :

    Franck Ngykie + 03.11.2005

    Bapuwa Mwamba + 08. 07. 2006

    Serge Maheshe + 13.06.2007

    Didace Namujimbo + 21.11.2008

    Héritier Magayane + 08.08.2021

    Joel Masavuli + 14.08.2021

    A Ceux et celles qui exercent ce métier de journaliste en République Démocratique du Congo dans des conditions politiques, économiques et sécuritaires précaires

    A Marie-Soleil Frère + 19.03.2021

    Auteur du premier livre sur les médias congolais que j'ai lu

    Mukendi Kalonji David

    REMERCIEMENTS

    Ô lecteurs, sachez qu'en ouvrant ce texte, pour moi, c'est une page qui s'est tournée. Un cycle s'est achevé. Ces années de licence ont été une aventure recoupée par des soupirs et des enthousiasmes jamais connus. L'inquiétude et l'agitation m'ont souvent accompagné. Ecrire est un apprentissage amer, c'est une discipline. Un exil. Un repli sur soi. Mais qu'on se rassure, je vais mieux. Mieux comme un convalescent qui repart dans la vie avec un regard plus lucide sur les hommes de son siècle.

    Ce travail de fin de cycle est essentiellement le reflet de ma personnalité et de mes capacités à rapporter des faits et des savoirs. Il est aussi partiellement le reflet d'un partenariat avec le professeur Jean-Claude Likosi, mon Directeur. Malgré les divergences de sensibilité, nous avons appris à débattre. Progressivement, nos efforts ont trouvé un débouché commun. Je le remercie. Un premier directeur d'un travail scientifique, ça marque. De même, je voudrais aussi remercier le corps académique de la faculté des Communications Sociales de l'Université Catholique du Congo particulièrement les professeurs Dieudonné Tebangasa et Vicky Elongo pour la disponibilité des ouvrages qui ont servi à étoffer ce travail, le professeur Aimé Kayembe, Ribio Nzeza, Hilaire Mbiye et l'assistant Ben Ekambo pour nos différents échanges qui ont contribué à l'élaboration de cette étude.

    Merci aussi à tous mes correcteurs : Lucien Massenezo, Emmanuel Missimbu pour leurs relectures et leurs commentaires.A Michael Muaka dont j'envie la rigueur orthographique. Je remercie aussi mes parents André Kalonji et Céline Mujinga. Je n'oublie pas mes oncles et tantes paternelles et maternelles notamment : Antho Kadima, Célestin Mulumba, Hélène Mujinga, Régine Nseya, Fleurit Muteba, et Trésor Mukendi. Ce travail est un cadeau à mes jeunes frères Cathy Ntumba, Dominique Muteba, Andy Mbuyi, Prunelle Mulunda... C'est pourquoi, j'ose espérer qu'ils y trouveront les traces d'une interpellation permanente et d'une volonté renouvelée d'orienter, pas toujours facilement, la trajectoire de la vie.

    Mes remerciements vont aussi aux archivistes du journal Le Phare et Le Potentiel particulièrement Michel Luka, Gérard Tshikela, et Delphin Bateko. Je remercie aussi mes encadreurs du groupe Kizito-Anuarite. Particulièrement deux d'entre eux, qui ont eu le plus d'influence sur ma personnalité, je cite : Tharcisse Mabiala et Meridja Mabila.

    Je remercie également mes collègues étudiants : Gradi Wilina, Marie Jeanne Khonde, Ruth Yendo, Keren Balimo,Vidine Yumba, Pascaline Kabemba, Josué Kengibe, Bertrand Vova, Frank Ebanza, Humberto Nkoy et Dan Modinga. Merci autant à mes amis Lionel Kaniki, Leonel Kombe, Emmanuel Mulumba et Vervein Mtoro. Je voudrais ici exprimer ma gratitude à l'égard de mes enseignants de l'école primaire : Moke, Donat, Gauthier, Jean Marie, et Jean-Pierre. Sans vous, je n'aurais su peut-être jamais écrire.

    Gardons, le meilleur pour la fin, un grand merci à Angélique, celle que le bon Dieu a mise sur ma route pour partager le bon et le mauvais moment. Elle a subi les dommages collatéraux de l'évolution de mes états d'âme durant la rédaction de ce travail. Qu'elle trouve ici l'expression de ma plus profonde gratitude.

    Aux uns et aux autres qui de prêt ou de loin ont participé à ma formation, je vous dis du fond de mon coeur Merci ; vous êtes ces héros dans l'ombre qui me portent secours dans l'effacement total.

    Mukendi Kalonji David

    EPIGRAPHE

    « Les médias construisent les récits organisateurs de la société et apparaissent dès lors, comme le « berceau » des grands récits de notre temps. C'est donc à travers eux que passent les grandes interrogations de notre époque (...) »

    M. Lits, 2008 : 36

    Liste des abréviations

    CENI  : Commission Electorale Nationale Indépendante

    FCC  : Front Commun pour le Congo

    PPRD  : Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie

    MLC  : Mouvement de Libération du Congo

    CACH  : Cap pour le Changement

    UDPS  : Union pour la Démocratie et le Progrès Sociale

    UNC  : Union pour la Nation Congolaise

    UE  : Union Européenne

    SADEC  : Communauté de Développement de l'Afrique Australe

    UA  : Union Africaine

    UNPC  : Union Nationale de la Presse du Congo

    UNPZA  : Union Nationale de la Presse du Zaïre

    OMEC  : Observatoire des Médias Congolais

    CENCO  : Conférence Episcopale Nationale du Congo

    T  : Titre

    Sst  : Sous-titre

    ST  : Surtitre

    CH  : Chapeau

    IT  : Intertitre

    1 Introduction

    0.1. Problématique et objet d'étude

    La perspective d'opinion qu'a pris la presse congolaise depuis le début des années 1990 dans le sillage de la Conférence Nationale Souveraine, a conduit à une surmédiatisation des acteurs politiques et une trilogie, bien que relative actuellement, entre la presse rouge proche de l'opposition, la presse verte proche du pouvoir et la presse dite neutre.

    L'avènement de la démocratie avec, à la clé, l'organisation des différentes élections a surement accru la médiatisation de la politique et de ses acteurs dans la presse écrite congolaise. Déjà en 2008, M-S. Frère constatait que « les médias congolais présentent un engagement politique affirmé qui influence la manière dont ils traitent l'information ».1(*) En raison de ceci, nous postulons que l'élection présidentielle de 2018 n'a pas dérogé à la règle.

    C'est ainsi qu'après cette observation, une question taraude notre esprit, elle s'exprime de cette manière : Comment les médias arrivent-ils à construire un récit sur l'événementiel « élection présidentielle » via leur production quotidienne ? En d'autres termes, cette problématique se traduit comme suit : De quelle manière les quotidiens Le Phare et Le Potentiel ont élaboré une narration portant sur la présidentielle de 2018 ?

    Ainsi, cette question de la mise en récit des joutes électorales sera traitée de manière empirique par un corpus des journaux, Le Potentiel et Le phare. En s'intéressant, premièrement aux propriétés tangibles et visibles des journaux, pour reprendre l'expression de R. Ringoot dans une publication consacrée à l'analyse du discours de presse2(*). Ensuite, nous tenterons d'identifier les différents schémas narratifs remarquablesdans le récit médiatique électoral développé par ces deux journaux.

    C'est donc cet exercice d'analyse formelle de la présentation matérielle, structurelle, hyperstructurelle et narratologique des journaux qui sera le fil conducteur de notre travail.

    0.2. Questions de la recherche

    La question centrale de notre étude vient d'être posée dans les lignes précédentes. Il nous appartient de la concrétiser à travers une série de questions comme le suggère G. Derèze.3(*) Ainsi nos questions de recherche sont :

    - Comment les journaux Le Phare et Le Potentielse sont créé une identité éditoriale pendant la période électorale de 2018 ?

    - Quelles sont les spécificités de ces deux journaux, dans leurs titrailles des articles ayant traits à l'élection présidentielle de 2018 ?

    - Quelles sont les schémas narratifs remarquables que le journal Le Phare et Le Potentiel ont pu construire à travers leurs traitements de l'élection présidentielle de 2018 ?

    - La politisation accentuée des médias en période électorale s'accompagne-t-elle d'une présence quantitative et régulière, de certains personnages majeurs de la vie politique ?

    0.3. Hypothèses de la recherche

    Notre recherche se structure autour de quelques réponses suivantes :

    - Le journal Le Phare et Le Potentiel construisent leur récit électoral en personnifiant le traitement de l'actualité au seul candidat de leur choix ; à qui ils collent toujours les meilleurs qualificatifs. Alors que les autres candidats sont généralement présentés de manière négative avec des qualificatifs peu reluisants. C'est-à-dire, ils mettenten avant les qualités du candidat qui a leur faveur, en illustrant ses promesses durant la campagne électorale.

    - Les deux journaux, qui nous servent d'objet d'étude se sont construit une identité éditoriale. À travers la valorisation de certains sujets traitant de l'élection présidentielle de 2018, dans la composition formelle de la Une, la distribution des sujets électoraux dans différentes rubriques qui constituent l'ossature du journal. Et par l'espace rédactionnel accordé à chaque candidat durant la période électorale.

    - Le Phareet Le Potentiel, tout comme l'ensemble de la presse écrite congolaise recourt généralement aux sensationnels dans le discours titré d'événements électoraux particulièrement la présidentielle. À travers l'usage régulier du titre incitatif au détriment du titre informatif.

    - L'alignement politique des journaux analysés, en période électorale, s'accompagne par une présence accrue et régulière dans l'espace rédactionnel, de l'un ou l'autre candidat selon l'obédience politique des journaux.

    0.4. Cadre théorique

    L'étude s'inscrit dans le cadre d'une socio-narratologie médiatique qui postule : « l'existence de deux entités autonomes mais imbriquées dans un continuum : la société (sociologie) et le récit (narratologie) et un enchâssement du second au premier ».4(*)l'ambition dans cette étude est de faire une lecture en continue et réflexive du récit électoral congolais. En faisant une analyse entrecroisée de sa construction, sa production, et son interprétation au sein d'un fonctionnement social (la société congolaise). Qui la conditionnalise à travers la relation presse-politique en RDC.

    C'est ainsi, qu'à la lumière de J-M. Schaefer, J-M. Adam, F. Revaz, et M. Lits, nous postulons le cadrage théorique selon lequel :« un récit électoral n'est jamais uniquement un texte, c'est-à-dire unechaîne syntaxique et sémantique, mais il est aussi, et en premier lieu, l'accomplissement d'unacte de communication interhumaine, un message émis par une personne donnée dans descirconstances et avec un but spécifiques, reçu par une autre personne dans des circonstanceset avec un but non moins spécifiques ».5(*)Cette thématique, fera l'objet d'un développement conséquent dans notre premier chapitre.

    0.5 Méthodologie

    Dans la présente recherche, la démarche méthodologique qui est mise en contribution pour l'analyse de notre corpus est la grille méthodologique développée par J-C Likosi dans sa thèse doctorale. Cette grille comporte quatre niveaux d'analyses. Le premier niveau, consiste à l'analyse de l'identité éditoriale des médias Congolais, telle que préconisée par R. Ringoot, T. Herman, G. Lungrin, Y. De La Haye, et P. Charaudeau.

    Le deuxième niveau d'analyse concerne les fonctions et marques textuelles de la titraille électorale à la lumière de J-L. Martin-Lagardette, et Cl. Furet.

    Le troisième niveau de l'analyse se tourne vers les schémas narratifs remarquables, qui consistent à repérer les enchaînements logiques de l'histoire dans le récit médiatique électoral, particulièrement de la présidentielle de 2018 à la lumière de E. Veron, V. Jouve, et A.J Greimas.

    Le dernier niveau de notre analyse est consacré aux figures des personnages, ce dernier point de notre grille permettra de disséquer de manière tangible l'alignement politique des journaux.

    0.5. Technique

    Durant ce périple de recherche, nous allons utiliser différentes techniques pour le recueil, le traitement et l'interprétation des résultats. Les techniques d'observation directe et documentaire seront particulièrement prisées dans ce travail.

    0.6. Choix et intérêt du sujet

    Le choix de notre objet d'étude trouve sa justification dans trois niveaux d'intérêts. Il s'agit d'abord d'un intérêt personnel, ce dernier est né en nous du fait de notre future métier de professionnel de l'information afin de connaitre de manière claire, le mécanisme de mise en récit de la vie politique, particulièrement les élections dans les médias.

    Ensuite, ce choix se justifie par un intérêt scientifique, qui se matérialise par l'apprentissage en tant que chercheur, de mécanisme de compréhension de la socio-narratologie, et de son application au récit médiatique électoral. En dernier lieu, c'est l'intérêt sociétal, que nous permettra cette recherche dans la compréhension des relations entre la politique, les médias et la société.

    0.7. Délimitation du sujet

    La présente étude est bien définie dans le temps et dans l'espace. Premièrement dans le temps ; elle s'inscrit dans la période électorale de 2018, Précisément à partir du 21 décembre 2018 jusqu'au 15 janvier 2019. Pour diverses raisons, notamment le rythme de production du contenu informationnel lié à l'actualité électorale et pour se conformer à la réduction du corpus d'analyse pour un travail de fin de cycle.

    Deuxièmement dans l'espace, notre recherche se déroule dans la ville de Kinshasa à travers deux quotidiens qui ont pignon sur rue, Malgré le foisonnement médiatique congolais, surtout dans la presse écrite. Il s'agit des journauxLe Phare et Le Potentiel qui sont choisis ici principalement par rapport à leurs anciennetés dans le paysage médiatique Kinois en particulier et Congolais en général.

    0.8. Structure du travail

    Hormis la présente introduction, cette recherche est structurée en trois chapitres qui, chacun, est subdivisé en sections. Le premier chapitre traite de la clarification sous différents angles. Elle compte trois sections qui tournent au tour des concepts clés et connexes qui entrent dans la compréhension de notre objet d'étude. Ensuite, nous explicitons le cadre théorique de référence, en soulevant le soubassement scientifique au quel notre sujet est rattaché. En dernier lieu, nous allons expliquer dans les moindres détails notre méthode de travail. Le chapitre deux quant à lui,est consacré à la présentation des deux journaux qui seront analysés et à la prise en main du corpus de la recherche. Le dernier chapitre est consacré à l'étude de la construction du récit médiatique électoral et des différentes interprétations qui en découlent. Nous clôturerons notre travail par une conclusion générale.

    2 Chapitre I : Clarification conceptuelle, théorique et méthodologique

    Le présent chapitre est consacré à la compréhension de notre objet d'étude sur trois sections à savoir : la clarification conceptuelle, ensuite théorique, et enfin méthodologique.

    1.1. Clarification conceptuelle

    1.1.1. Narratologie

    La narratologie est une discipline ancienne mais sa conceptualisation remonte au début des années 1960. En effet, O. Ducrot et J-M. Schaeffer, dans le « Nouveau dictionnaire encyclopédique de la science du langage », renseignent que « le terme narratologie fut proposé pour la première fois par T. Todorov en 1969. Pour désigner une science qui n'existe pas encore, la science du récit ».6(*)

    Dans le même ordre d'idées, C. Angelet et J. Herman renseignent que la narratologie est une discipline qui analyse les composantes et les mécanismes du récit7(*). C'est-à-dire celle dont l'objet est la narration. La narratologie serait la science qui pénètre le récit dans sa structure interne pour en ressortir les significations.

    Raison pour laquelle J-M. Adam lui donne une dimension sémiologique comme étant une branche de la science générale des signes qui s'efforce d'analyser le mode d'organisation interne de certains types des textes. C'est cette perspective de la compréhension de la structure interne du récit qu'on appelle la narratologie structurale.

    Cependant, un autre courant mené entre autres par G. Genette considère la narratologie comme étant la science qui étudie le récit comme mode de représentation verbale de l'histoire. La notion de l'énonciation du discours narratif (le récit) trouve ici toute son importance dans la compréhension générale du récit. Par cette perspective de la conceptualisation du récit, G. Genette jette les bases de la narratologie énonciative.

    Il faut le dire d'emblée, le terme narratologie énonciative est de R. Rivara apparu dans ses deux ouvrages à savoir : La langue du récit. Introduction à la narratologie énonciative (2000) et pragmatique et énonciation (2004)8(*). Dans ces publications, R. Rivara estime que la linguistique structurale et la grammaire générative n'élucident en rien certains problèmesspécifiques du récit. Il s'agit principalement du statut du narrateur, de la dénotation et de la connotation, du fonctionnement du discours indirect libre, de la focalisation ou encore de la distinction récit et discours, etc. Il assigne par conséquent une double tâche à la narratologie énonciative : l'analyse de la narration comme acte d'énonciation et la distinction entre deux niveaux de communication qui sont : la relation auteur-public et de la relation narrateur-lecteur.

    Cependant bien avant R. Rivara, Danon-Boileau, dans son livre produire le fictif. Linguistique et écriture romanesque9(*),relève l'absence d'études sur l'énonciation et la référenciation en démontrant les limites de l'analyse de G. Genette sur la voix narrative. Il conceptualise une caractéristique énonciative autour des notions d'énoncé et d'énonciation primaires, d'énoncé et d'énonciation rapportés, des narrateurs primaires et des narrateurs rapportés, d'auteurs et d'écrivains, etc.

    Dans le prolongement de Danon-Boileau, A. Rabatel, poursuit l'étude de la subjectivité dans l'énonciation narrative. Il fait une théorisation énonciative et textuelle de la notion de point de vue par l'identification de ses marques linguistiques. A. Rabatel, se distance aussi de la notion de la focalisation narrative de G. Genette.10(*)

    A la lumière de cela,la narratologie se veut une science de la compréhension de la structuration, le fonctionnement et la représentation verbale du récit à travers le discours oral ou écrit. De cette compréhension de la narratologie, un terme est mis en exergue, Il s'agit du récit accompagné de deux autres : discours et histoire. C'est cette trilogie que nous tenterons d'élucider dans les lignes qui suivent.

    1.1.2. Le récit

    Depuis les premières tentatives définitionnelles du récit, notamment chez Aristote (La Poétique) et Platon (La République), leurs continuateurs ont ensuite progressivement conceptualisé le récit comme objet autonome d'une science dénommée « la narratologie ». Le récit fait l'objet, aujourd'hui de nombreux travaux de recherche. Voilà qui fait dire à J. Bres :« ...qu'à n'en pas douter, le récit est le type textuel qui, depuis les années 1950, a donné leplus matière à réflexion en sciences humaines : littérature bien sûr, mais aussianthropologie, ethnologie, sociologie, etc. »11(*)

    Le récit est par conséquent investit de plusieurs fonctions dans la société. Il se caractérise par la pluralité des supports qui le prennent en charge (oral, écrit, verbal ou non, fictionnel ou factuel,etc.). Cette hétérogénéité dynamise la conception extensive du récit que propose R. Barthes dans la revue Communicationconsacrée à la narratologie structurale : « innombrables sont le récit du monde ».12(*)

    Une définition minimale du récit est proposée par J-M Adam et F. Revaz, le récit est untype particulier d'organisation des énoncés (écrits, oraux et nonverbaux), une forme particulière de mise en texte..13(*)Ainsi, J-M Adam évoque six constituants pour parler du récit : « une succession d'événements dans le temps, il faut qu'il y ait une unité de thème, il faut que le(s) personnage(s) subisse(nt) des transformations, il faut qu'il ait unité de l'action, sinon, on a plusieurs récits, il ne faut pas qu'on assiste à une simple succession chronologiques d'événements ».14(*)N. Everaert-Desmedt conçoit le récit comme la représentation d'un événement.15(*) M. Laforest et D. Vincent abordant dans le même sens, insèrent la dimension temps dans la compréhension du récit, en l'abordant comme toute relation temporellement ordonnée d'événements passés.16(*)

    En définissant le récit de manière minimale, on risque de passer à côté des invariants narratifs qui sont les constituants de tout récit. Et par conséquent de masquer les conditions d'existence du récit que nous appréhendons dans cette recherche de production médiatique et ensuite d'électoral.

    C'est pourquoi, il est pertinent de rappeler, dans la perspective choisie pour notre recherche, l'observation de L. Marin qui indique : « le récit relève du procédé rhétorique, des opérations argumentatives, des tactiques dialogiques visant à persuader l'autre, à manipuler l'auditeur, à le réduire au silenceou à le faire croire (...) Un piège, soit. Qui est le piégeur ? Le narrateur dissimulédont le récit dénie la présence. Et le piégé ? Le lecteur qui croit entendre le récit desévènements de cette voix inaudible la semence de la vérité même dans le fait sur la
    page transcrite ».
    17(*)

    Adopter de manière univoque ce point de vue, nous amène vers une difficulté importante. Celui de la confusion entre récit et discours qui cohabitent et ne sont pas indépendants l'un et l'autre. Ce concept polysémique(discours), cher à E. Benveniste qui met un accent particulier notamment sur les déictiques (traces de l'énonciateur).En clair, il nous faudrait éviter de tomber dans le tout narratif ou tout discours. C'est ainsi que dans les lignes qui suivent nous tentons de comprendre le récit à travers deux dimensions : l'histoire et le discours.

    1.1.2.1. Le récit comme histoire

    Le récit comprit comme histoire désigne des événements, une logique d'actions, une syntaxe des personnages qui sont rapportés par divers moyens (mimique, narration, représentation dramatique, film, bande dessinée, etc.).

    Pour distinguer le récit du discours, E. Benveniste développe dans une étude consacrée à la relation entre le passé simple et le passé composé, des indicateurs à ces deux plans d'énonciation discours et histoire. Ces indicateurs sont entre autres les temps verbaux, les pronoms soulignant la présence ou non dulocuteur dans ce qu'il énonce, les références spatiales et temporelles.

    Il avance que le récit (énonciation historique) est caractérisé par l'absence d'un narrateur ; le terme narrateur évoque ici l'auteur d'une narration historique ou fictionnelle ;et aussi par la présence du passé simple, le future prospectif, l'imparfait et s'élabore par la troisième personne du singulier. Bref chez E. Benveniste, dans le récit (énonciation historique) les événements sont racontés comme eux même.18(*)

    Le contenu d'un récit peut être une interprétation de la réalité ou une illusion de la réalité explicite ou non voire une créativité issue de l'imagination (science-fiction, mythe).

    En clair, le récit vu comme histoire, n'est qu'un événement raconté qui peut être factuel ou fictionnel, voire imaginaire faisant appel selon le cas au mythe voire à la science-fiction dans le but d'influencer le récepteur.

    1.1.2.2. Le récit comme discours

    Le récit vu comme discours, se rapporte à l'acte par lequel le narrateur communique avec l'auditeur en faisant connaitre les événements.19(*)Il se différencie du récit entantqu'histoire par la présence du locuteur qui est par conséquent en face du lecteur. Et aussi par la marque de personne à travers le couple je/tu et « il ».

    La frontière entre le discours et le récit n'est pas si hermétique, car G. Genette a lui-même affirmé dans une publication de l'impossibilité de l'existence d'un récit sans narrateur.20(*)Le narrateur selon G. Genette assume diverses fonctions, comme celui de communication, de régie, d'idéologie, etc. Il peut par conséquent s'agir des statuts en tant qu'homodiégétique, hétérodiégétique et diégétique.

    Cela dit, nous n'affirmons pas pour autant, que tout discours est obligatoirement un récit, mais qu'il est fort probable de retrouver dans certains mécanismes propres au discours dans le récit et vice versa. Par conséquent, il ne serait pas insensé d'affirmer que le récit et le discours s'enrichissent mutuellement.

    En somme, nous comprenons le discours à la manière de P. Charaudeau, comme une « manière de direselon un ensemble des conditions énonciatives et intentionnelles qui leprésident ».21(*) Cependant, cette façon de dire se matérialise en plusieurs modalités dont une catégorie peut prendre la forme séquentielle est désignée par le terme « récit ».

    Au-delà de ce débat, le récit à nos yeux semble être une stratégie de mise en forme du discours, une façon de dire du discours mais aussi de narrer l'histoire.

    1.1.3. Le récit médiatique

    Nous postulons le récit médiatique comme une forme de codification narrative du discours médiatique ; le discours médiatique compris en ce sens comme un propos tenu par un énonciateur interne ou externe à un organe de presse. Comme le discours dans l'analyse du discours de presse, l'approche du récit médiatique s'efforce ainsi d'associer l'organisation textuelle, c'est-à-dire mise en récit, et la situation énonciative de la communication journalistique en RD Congo.

    De ce qui précède, que comprendre du récit de presse ou du récit médiatique. B. Grevisse, qui reprend Ph. Marion définit le médiatique comme : « l'étude des médias de masse en tant qu'ils sontintrinsèquement et ontologiquement porteurs d'une sensation, d'un imaginaire qui leur sontspécifiques ».22(*)Dans cette perspective nous comprenons par récit médiatique, un récit proposé par un média mieux un ensemble des récits produits par la pressependant une périodeprécise.Ph. Marion fait remarquer que le médiatique n'est pas relatif aux médias, car cette acception est simpliste et mécaniste voire pauvre pour une recherche narratologique. Il propose que le médiatique soit compris comme la résultante d'un subtil et précaire équilibre de l'offre et de la demande, ouencore comme une co-construction évaluative, où interagissent, dans un contexte historiquedonné, énonciateurs et énonciataires.

    En suivant Ph. Marion, le récit médiatique sera finalement compris comme des récits ponctuels ou répétitifs, diffus, hybrides, fragmentaires ou clôturés, linéaires ou arborescents, factuels et/ou fictionnels,que co-construisent nos grands médias.

    Le choix du vocable récit de presse trouve sa quintessence par le passage du mode de mise en scène à une mise en intrigue (récit) de l'événement par les instancesdes productions qui est le média, compris dans sa dimension le plus large possible. Comme l'explicite M. Lits en ce terme :« d'abord, les médias véhiculent différents types de textes, et un très grand nombred'entre eux relèvent de la fiction narrative (...) Lorsque l'information nous esttransmise par les médias, elle privilégie à son tour la voie narrative (...) Unévénement ne devient information qu'au moment où il est médiatisé, donc mis en récit.Ensuite, le modèle narratif est tellement prégnant en télévision, qu'il s'impose commeune structure d'écriture des informations, mais qu'il contamine également nombre deséquences, faisant passer de simples descriptions d'actions pour des récits. Enfin, sicet effet de narrativisation est patent du côté du producteur du message, il intervientégalement dans la manière dont les récepteurs consomment ces séquences et biend'autres ».23(*)

    1.1.4. Récit médiatique électoral

    Selon Jean Claude Likosi, le récit médiatique électoral peut être saisi grâce à trois constituants qui sont :

    - Une actualité à logique sérielle ;

    - Une stratégie spécifique de narration ;

    - Un lieu de construction et de légitimation

    1.1.4.1. Une actualité à logique sérielle 

    Le récit électoral est un récit d'actualité. Une actualité dont les médias entretiennent l'intérêt en la construisant au fil du temps à travers de rebondissement de données événementielles ; bref un feuilleton récit pour reprendre le terme de Ph Marion, Ce dernier le définit comme : « une histoire qui cherche sa clôture - sinon qui attend sa clôture-, tout en prenant appui sur la succession des jours pour surgir, s'effacer,rebondir. Bref, trouver son rythme, affirmer sa vitesse de croisière et asseoir son cycle. Avantde mourir ou de s'évanouir pour longtemps ».24(*)

    Cette dimension du récit électoral en tant que feuilleton itérative est liée, selon Coulomb-Gully, à lalogique sérielled'une campagne électorale qui contribue aussi à en faire unrécit réussi. Il dit à ce propos, ce qui suit : « de même que le feuilleton de fiction, le récit électoral télévisé se décline donc sur unrythme quotidien qui suscite chez le téléspectateur accoutumance et attente. Parailleurs, une campagne électorale a lieu à intervalles réguliers, (...) sa dimensionitérative permettant de l'intégrer dans une série n'est pas sans effet sur la lecture quien est fait ».25(*)

    De par son contenu, le récit médiatique électoral est constitué d'une succession d'événements façonnés par les médias pour alimenter et gonfler le processus électoral. Concernant le récit électoral congolais, nous postulons à la suite de J-C Likosi et contrairement à Coulomb-Gully à propos du feuilleton récit ce qui suit : « chaque article successifn'envisage pas toujours de stabiliser l'information du jour et de proposer une image la plus complète et la plus cohérente que possible au lecteur. Il ne s'agit pas, pour le journaliste, deproposer tout simplement l'information la plus crédible possible au lecteur, Le travail de mise en texte, en mot, en image des énoncés, des personnages, desfaits et des événements dans ce feuilleton-récit est assezparticulier puisqu'ilrépond à certainsobjectifs stratégiques et éditoriaux au regard du traitement de l'information journalistique enRD Congo où l'alignement politique des médias est assez marqué ».26(*)

    1.1.4.2. Une stratégie spécifique de narration

    Le récit électoral sous examen n'est pas seulement un feuilleton. Il est aussi une quête. À ce propos, Coulomb-Gully dit ce qui suit :« toute campagne électorale peut ainsi se lire, du point de vue des candidats, comme« partant d'un manque » - le désir d'accéder au pouvoir - et « passant par lesfonctions intermédiaires », suite d'épreuves rituelles comme la déclaration decandidature, la participation aux meetings, le premier tour des élections, le granddébat d'entre les deux tours, etc.- « pour aboutir au [...] dénouement » - second tourdes élections et victoire ».27(*)

    En affirmant l'existence d'une relation peu orthodoxe entre le champ médiatique et le champ politique en RD Congo, il est clair que, la quête du pouvoir telle que mise en récit par le journaliste devient un objet (objectif) partagé entre ces deux champs selon des relations complexes et instables (rapprochement, polémique, etc.).

    En somme,le récit électoral congolais se manifeste par une certaine sérialité narrative de l'information qui a fait l'objet d'un suivi sur plusieurs jours grâce à une stratégie spécifique de narration accentuée par des marqueurs, argumentatifs, énonciatifs et intertextuels.

    1.1.4.3. Un lieu de construction et de légitimation

    La création des personnages est en train de devenir une partie essentielle du journalisme. En partant de cette affirmation, que dire de la production médiatique en période électorale, surtout dans un pays où la production médiatique est fonction de l'alignement politique. Les médias sont des acteurs du rituel électoral en oeuvrant en faveur du mécanisme de délégation de pouvoir du peuple vers ses représentants.

    La narrativisation de la production de l'information électorale par les médias assure la médiation de la communication politique, d'autant qu'elle est censée favoriser la trilogie politique-média-public. De ce qui précède nous avançons que le récit médiatique électoral se conçoit comme le lieu par excellence de représentation et de manifestation des symboliquesde l'offre électorale, de diffusion des sondages, de baromètre de popularité et de distributiondes côtes.

    Cependant, nous soutenons qu'au-delà de la configuration de l'information électorale,laproduction journalistique en période électorale participe à lalégitimation du rôle des médiasdans l'espace public en période électorale.

    En procédant à un positionnement de la presse congolaise en contexteélectoral et la quête partagée avec le champ politique, il est opportun d'affirmer quela narration opérée par le professionnel de l'information relèverait d'une valeur ajoutée quiparticipe à l'affirmation de ce pouvoir d'informer conféré aux médias.

    De ce qui précède, le récit électoral, en tant qu'expression discursive de l'institution médiatique, actrice àpart entière du champ social, pourrait influer sur le déroulement du processus électoralnotamment sur les choix des candidats et leurs visibilités. En procédant, par des questions, parla mise en vedette sur plusieurs éditions, par lamultiplication des articles de reportage sur un parti politique, ou candidat, etc.

    En résumant les trois composantes structurales du récit médiatique électoral,nous retenonsque ce feuilleton médiatique présente quelques caractéristiques : « une thématiqueévénementielle centrale, « les élections », déclinable en divers sujets d'actualité.Une succession d'événements relatés dont l'extension temporelle autorise un relais sérialisédans différents médias ».28(*)

    1.2. Cadre théorique

    1.2.1. La Socio-Narratologie

    Nous l'avons dit dans l'introduction de ce périple de recherche, qu'elle s'inscrivait dans le cadre d'une socio-narratologie comme étant la résultante de l'association de la sociologie et de la narratologie. Cette perspective socio-narratologique du contenu médiatique définit l'analyse du texte narratif, comme un continuum allant de l'analogique au digital, des rapports sociaux vers les détails de la mise en intrigue comme un effet de zoom.29(*) Cela suppose une variation qui va d'une « vue large », du champ social (sociologie des médias) vers « le gros plan » du récit médiatique en passant par différents indicateurs, déterminants particuliers aux organes de presse d'où sont tirés les corpus des récits.

    Ceci peut être représenté dans un schéma suivant l'effet zoom que proposent L.- J. Clavet et L. Varel :

    Analogique Digital

    (Ou continu ou non discret) (discontinu, ou discret)

    Sociologie des médias Pratique médiatique Narratologie

    Indicateurs IndicateursIndicateurs

    Dans le présent cadrage schématisé, le récit reste une pratique sémiotique (sociale) qui est mise en scène sous forme d'histoire des faits et phénomènes sociaux, c'est-à-direune représentation désignée comme information qui a ses spécificités qui doivent être analysés comme telles avec le média, le lieu de sa configuration.

    La socio-narratologie médiatique suppose que le travail de la mise en récit va de pair avec les conditions de production, cela suppose une relation dynamique et concomitante entre le contexte de production et la matérialisation du travail de mise en récit. Cependant, le travail de l'analyste est toujours fait a posteriori. Il consiste à retrouver les traces, les liens, les manifestations de deux entités (sociologie et discursive), comme le soutient D. Maingueneau en ce terme : « les oeuvres parlent effectivement du monde, mais leur énonciation est partie prenante
    du monde qu'elles sont censées représenter. Il n'y a pas d'un côté un univers de
    choses et d'activités muettes, de l'autre des représentations littéraires détachées de lui
    qui en seraient une image. (...). Les conditions d'énonciation du texte littéraire ne sont
    pas un échafaudage contingent dont celui-ci pourrait se libérer, elles sont
    indéfectiblement nouées à son sens ».
    30(*)De ce qui précède, notre recherche considère le texte comme un discours constituant, qui a des incidences sur le fonctionnement de la société.

    2.1.1 1.2.2 Soubassement théorique de la socio-narratologie médiatique

    Après avoir posé les bases conceptuelles de la socio-narratologie, la présente contribution se recentre dans l'aspect purement théorique dans lequel se fonde la socio-narratologie. La socio-narratologie médiatique trouve son soubassement dans la prise en compte du contexte de production dans l'analyse du texte tel qu'évoqué sommairement par quelques auteurs.

    Le premier d'entre eux est J-M Schaeffer qui soutient, que la compréhension d'un texte ne se limite pas aux considérations d'ordre syntaxique et sémantique ; mais aussi par la prise en compte des circonstances de production et en tant qu'acte de communication pragmatique qui a un but spécifique. Il dit ce qui suit : « puisqu'un message ne peut signifier que dans un contexteet par rapport à ce contexte, l'identité sémiotique du texte est contextuellementvariable, c'est-à-dire qu'elle est indissociable de la situation historique dans laquellece texte est actualisé. Pour retrouver l'acte intentionnel « originel » il faut aussi «retrouver » le contexte d'émission-réception originel : réactualisation à laquelleaspire (parfois) l'histoire littéraire, mais qui n'est certainement pas le souci majeurdu lecteur moyen ».31(*)

    De leurs côtés J-M Adam et F. Revaz soulèvent l'absence de la dimension intentionnelle dans les études sémiotiques. Ils indiquent cette absence par ailleurs en ce terme : « Si l'analyse structurale et sa variante sémiotique ont favorisé la prise en compte dutexte dans sa réalité formelle et la description de son fonctionnement, elles l'ontautonomisée de façon regrettable. La narratologie contemporaine replace le discoursnarratif dans une stratégie de communication. Le producteur du récit structure sontexte en fonction d'effets qu'il cherche à produire chez l'interprétant. L'interprétationrepose non seulement sur la prise en compte de la lettre du texte, mais également surle postulat, par le lecteur ou l'auditeur, d'une intention communicative du producteurénonciateur ».32(*)

    M. Lits est de même avis, lorsqu'il estime que l'importance accordée à la structure textuelle occulte l'appartenance du récit dans un circuit de pouvoir, qui prend en compte l'analyse de type idéologique et sociologique.  Il exprime cela en ce terme : « l'accent mis sur la structure textuelle occulte l'inscription de ces récits dans dessystèmes de pouvoir, ce que prend en compte l'analyse de type idéologique etsociologique. Et à l'autre bout de la chaîne, l'usager, le récepteur-consommateur dutexte est également négligé. Il n'y a aucune place, dans ce mode d'appréhension del'objet textuel, pour l'analyse des usages que font les récepteurs des discours ».33(*)

    1.2.3 Une approche socio-narratologique du récit médiatique électoral congolais

    La narratologie traditionnelle ou classique ne permet pas, à travers ses différents développements, de porter un regard en dehors de la constitution interne du récit. La perspective contemporaine adoptée dans cette recherche préconise une démarche contextualisante du récit médiatique électoral ; en l'abordant aussi bien dans sa diachronie que dans sa synchronie. En postulant le texte narratif comme un objet sémiotique clos mais aussi comme une pratique socialement ancrée dans la société.

    La socio-narratologie médiatique propose, comme le suggère J-C Likosi, une lecture en continuum et réflexive du récitélectoral congolais. Elle ambitionne d'analyser la construction/articulation de ce récit enrestituant sa production et son interprétation au sein d'unfonctionnement social (la sociétécongolaise) qui le conditionne de manière globale et de manière particulière, à travers larelation presse-politique en RD Congo. 34(*)

    En postulant le récit électoral comme une pratique sémiotique ancrée dans la société, notre étude prend là une dimension communicationnelle, centrée sur le fonctionnement socio-narratif qui refuse de dissocier le formel (récit) et le sociologique (le contexte de production médiatique). Cela n'est possible qu'à travers une conceptualisation à la foisséquentielle (interne) du récit électoral mais aussi par les postulats selon lesquels, dans sadimension discursive, cette stratégie de narration est non transparente. Elle est aussi unepratique sociale complexe, une co-construction énonciative polyphonique, uneexpression/réfraction du social véhicule d'idéologie.35(*)

    1.3. Cadre méthodologique

    Dans la présente contribution, il s'agit d'évoquer de manière précise la grille d'analyse méthodologique du récit médiatique électoral congolais telle que proposée par J-C.Likosi, et évoquer dans l'introdution de cette recherche. Cette grille d'analyse est composée des quatres niveaux qui sont :

    - L'analyse de l'identité éditoriale de la presse congolaise ;

    - L'analyse des fonctions et marques textuelles des titrailles électorales ;

    - Le repérage des schémas narratifs remarquables ;

    - La construction des personnages.

    1.3.1. L'identité éditoriale de la presse écrite congolaise

    Dans ce prémier niveau d'analyse, nous comprénons l'identité éditoriale à la manière de R. Ringoot comme les propriétés tangibles et visibles des médias.36(*) Elle considère la ligne éditoriale comme la combinaison de stratégies énonciatives dégagées dans le journal et créant de l'identité édioriale. L'identité éditoriale révèle les éléments visuels ( format, segmentation, distribution des surfaces), alors que l'étude de l'identité énonciative met l'accent sur la manière dont le journal objective l'information, la façon dont il nomme ses auteurs, et comment le journal utilise les différents genres journalistiques.

    Il serait question, d'observer les marques distinctives, de rechercher les éléments valorisant le produit informatif, c'est-à-dire le journal et son contenu. C'est pourquoi nous complétons R. Ringoot par Herman et Lungrin, lorsqu'ils s'interessent à la rubrique comme élément matériel qui participe à la construction de l'identité voire de la personnalité du journal. La rubriquesert à hiéarchiser, à classer les informations selon une vision du monde des proféssionnels des médias partageant les mêmes convictions éditoriales.

    Elle instaure une sorte de stabilité liée à la forme du journal. P. Charaudeau indique que : « le rubriquage témoigne de la manière dont chaque organe d'information construit son espacepublic. Parfois très rationalisé et visible - comme dans les journaux dits d'opinion,cette rationalité étant considérée dans le milieu professionnel comme la marque d'unorgane d'information s'adressant à un public éclairé et cultivé - ce rubriquageest parfois mélangé et peu visible - comme dans les journaux dits populaires...commedans les quotidiens régionaux qui donnent une préférence aux nouvelles locales ».37(*)

    L'analyse de la Une sera l'autre point d'ancrage de ce premier niveau d'analyse, en ce sens qu'elle permet de disséquer la tendance politique voire idéologique de chaque journal. C'est pourquoi sa composition formelle notamment la tribune, et sous tribune, le sommaire voire le bandeau et la manchette seront des éléments particulièrement prisés dans l'analyse de l'identité éditoriale.

    1.3.2. L'analyse des fonctions et marques textuelles des titrailles électorales 

    Dans ce deuxième niveau d'analyse, nous irons à la recherche des marques textuelles du titre. Nous soutenons que le titre de presse comme une forme discursive particulière participe à la distinction de l'identité énonciative. En ce sens, la titraille électorale des journaux congolais organise, voire guide la lecture et permet d'observer la production de l'actualité électorale.

    Nous envisageons dans l'analyse de la titraille, de repérer les différents signes qui permettent de voir les traces d'un récit électoral. Ces premières traces, nous allons le traquer dans le contrat de lecture et d'horizon d'attentecontenus dans le paratexte. Ce dernier permet de découvrir par quelle procédure, le récit électoral indique, dès l'ouverture, pourquoi et comment il doit être lu. C'est un lieu stratégique qui programme la suite du texte.F. Hallyn et G. Jacques explicitent la notion du paratexte en ce terme : « ...comprend un ensemble hybride de signes qui présentent, encadrent, isolent,introduisent, interrompent ou clôturent un texte donné : « titre, intertitres, préfaces,postfaces, avertissements, avant-propos, etc. ; notes marginales, infrapaginales,terminales ; épigraphes ; illustrations ; prière d'insérer, bande, jaquette et biend`autres types de signaux accessoires, autographes ou allographes, qui procurent autexte un entourage (variable) et parfois un commentaire, officiel ou officieux...leparatexte exerce une fonction d'accompagnement ou d'encadrement par rapport à unrécit ».38(*)

    Dans un article de presse, la titraille ouvre à la lecture. Nous allons analyser les éléments qui composent la titraille d'un récit électoral : le titre, le surtitre, le chapeau et l'intertitre. L'ambition est de découvrir les caractéristiques de la titraille électorale selon les tendances idéologiques et rédactionnelles des médias,les questions auxquelles elle répond et/ou privilégie, les stratégiesde composition, les fonctions, etc. Il est question ici de prendre en compte ces éléments paratextuels comme un premier espace de transaction entre le médiatique et le politique, un lieu de la matérialisation d'un positionnement qu'il faudrait démontrer.

    Cl. Furet dans une publication consacrée au titre de presse, lui confère cinq fonctions à savoir : accrocherle regard, permettre le choix de lecture, donner envie de lire, contribuer à l'image du journalet structurer un ensemble des pages.39(*) Ces fonctions ne sont pas très différentes de celles quepropose, sous un angle publicitaire, J-L Martin-Lagardette. Ces différentesfonctionsémergent dans deux types des titres qui s'interpénètrent dans la presse écrite : le titreinformatif et le titre incitatif ou de commentaire.

    Le premier insiste sur l'événementialité en martelant sur les références d'espace et de temps qui permettent de situer l'événement. Le second suscite la curiosité, l'envie de lire par l'originalité de son traitement. De ce fait, J-C Likosi estime qu'au-delà de ces fonctions traditionnelles, le titre du récit médiatique congolais ne procure pas seulement l'envie de lire, il répond aussi à d'autres visées : de disqualification/diabolisation, de glorification,d'affirmation du pouvoir, de valorisation, de réhabilitation, etc. Qu'il associe à laclassification plus large des titres que propose G. Genette. Celui-ci distingue quatre fonctionsdu titre : la fonction d'identification, la fonction descriptive, la fonctionconnotative, la fonction séductive.40(*)

    Le titre s'accompagne de l'incipit, qui concerne les premières lignes du texte qui servent à préciser la nature de tout récit. Elle permet d'inscrire le récit dans une orientation narrative précise. V. Jouve distingue trois fonctions de l'incipit, il informe, il intéresse et propose un pacte de lecture.41(*) Ces fonctions de l'incipit sont facilement transposables au chapeau et à l'accroche dans un article de presse.

    Cependant, ces lectures du titre de presse ont pour principale limite d'être essentiellement prescriptive. Elles ne sont pas à même de fournir les outils pouvant dégager les marques et stratégies discursives des titrailles électorales.Aussi, nous prenons une liberté, celle d'aller au-delà du travail de comptage des fonctions debase des titrailles de presse en les intégrant dans une suite des caractéristiques qui permettent dedistinguer un journal d'un autre du point de vue de son positionnement politique et de savalorisation de l'information électorale titrée.

    Notre démarche ambitionne simplement de découvrir le système discursif du titre qui particularise les informations électorales titrées des journaux congolais. En bref, la finalité est comme l'indique J-C Likosi, « de dégager lesstructures syntaxiques les plus fréquentes ainsi que les fonctions de leurs constituants, derepérer les formes linguistiques manifestes et leurs régularités ou encore d'analyser lesmodalités énonciatives pour arriver à cerner les grands traits des stratégies privilégiées ».42(*)

    1.3.3 Le repérage des schémas narratifs remarquables

    La notion du schéma narratif est le bras séculier de la narratologie. Elle renvoie à l'idée que le récit raconte une histoire, qui se matérialise par une suite d'actions, d'événements qui s'enchaînent selon une logique de succession. Cette structure dite canonique du récit se compose idéalement de cinq étapes : la situation initiale, la complication à travers un élément perturbateur, les péripéties, le dénouement, et la situation finale.

    Cette structure fondamentale du récit stipule dans le cas sous examen, qu'il sera question d'examiner les grands traits des séquences narratives autour du déroulement des élections particulièrement les élections présidentielles.

    Le récit se compose d'une succession des mots, des phrases qui lui donne sens.
    Nous allons chercher à ce troisième niveau d'analyse, de décortiquer, de disséquer la constructionnarrative de l'intrigue du récitélectoral.Il sied de noter, que notre étude porte sur le contenu de deux quotidiens sur une période deproduction spécifique (décembre 2018 - Janvier 2019).

    Ainsi, nous envisageons à la manière de J-C Likosi, une lecturediachronique et comparative des différentes sérialités narratives. La diachronie favorise iciune confrontation qualitative et quantitative des thématiques événementielles qui ont mobilisél'attention des médias. Elle permet également d'apprécier la dynamique narrative commune etparticulière des journaux retenus. Et enfin, elle éclaire sur les différentes copies de l'histoireélectorale proposées sans devoir rester à la surface des textes voire uniquement au repéragedes différences dans la construction des titrailles relatives aux élections.43(*)

    Les démarches méthodologiques proposées par E. Véron (1981) et V. Jouve (2000 & 2001) nous serventdespoints d'ancrages dans notre analyse. E. Véron considère en effet que chaque quotidien propose sa copiedans un laps de temps déterminé, sachant que chaque constructionévénementielle a ses propres vitesses, montées, pics, creux, vagues et clôtures.

    Dans une recherche consacrée à laconstruction médiatique de l'accident de Three Mile Island aux Etats Unis, le 28 mars 1979. E. Veron préconise un regroupement des différents récits en trois temps : « la mise en place de l'événement dans leréseau de l'information, le sommet informatif et les discours de clôture. Ce procédé permet de découvrir les séquences narrativesparticulières, qui seront comparées afin de ressortir les schémas narratifs remarquablesd'une part et, d'autres part, les écarts et rapprochements quant à la couverture médiatique de certainsévénementiels pertinents qui ont émergé et marqué la période électorale particulièrement la présidentielle ».44(*)

    V. Jouve quant à lui, définit son analyse en trois niveaux complémentaires : sémantique, syntaxiqueet pragmatique. Les deux premiers niveaux nous concernent pour l'analyse de la constructionnarrative de l'intrigue.Au niveau sémantique, il est question de distinguer, dans notre cas, comment le journaliste :sélectionne une série de termes dans le réservoir de la langue et les combine ensuited'une certaine manière pour construire un énoncé...La subjectivité du discours
    apparaît d'abord dans ce qu'il choisit de dire, autrement dit dans son contenu qui
    témoigne des centres d'intérêt et des préoccupations qui ne sont jamais neutres. Ladimension subjective se repère, également, dans le choix des thèmes, le registre delangue, les images et les expressions évaluatives).45(*)

    Le repérage des éléments syntaxiques tournera autour de la façon dont le narrateur organise etconstruit l'intrigue de son récit, sur son intention, sur sa manière de défendre un point de vueet en définitive la visée ou l'effet-idéologie qui sous-tend son récit. Jouve avance à ce sujet : « c'est en fonction de l'effet recherché que le discours sera organisé de telle ou telle
    manière. On pourra distinguer dans l'analyse la micro organisation qui régit telle ou
    telle prise de parole de la macro organisation qui structure l'ensemble d'un discours.46(*)

    En plus de cette analyse, nous pensons qu'il est judicieux de découvrir les composants narratifs comme le suggère A.J Greimas dans son schéma actantiel,qui permet de décomposer une action en six facettes ou actants.47(*) Il consiste à la systématisation des différents rôles des acteurs du récit et le déroulement des différentes séquences qui le constituent.Ce schéma va permettre de systématiser les différents rôles des personnages du récit électoral ensix actants : Destinateur, Destinataire, Adjuvant, Opposant, Objet et sujet. Ces six actants vont établir les relations autour de trois axes qui sont : l'axe de communication, l'axe du pouvoir et l'axe du désir. Le schéma actantiel se décline de la manière suivante :

    Axe de communication

    Destinateur Objet Destinataire

    Axe du désir

    Adjuvant Sujet Opposant

    Axe du pouvoir

    1.3.4 La construction des personnages

    Existe-t-il un alignement politique desjournaux derrière tel ou tel autre camp politique ? Comment le découvrir ? Pour répondre à ces préocupations, il semble opportun d'étudier la construction des personnages dans la production électorale des différents journaux. Cette étude peut se faire grace au portrait du personnage qui est examiné dans le nom, les étiquettes attribuées, lesconnotations sociales ou les séries de jugements dépréciatifs ou valorisants, les étiquettes dupersonnage à travers les procédés visuels, acoustiques, articulations et morphologiques.

    Ø Conclusion partielle

    Le présent chapitre a consisté principalement à la compréhension des concepts de base qui entrent en ligne de compte dans l'élaboration de notre travail de recherche. Il s'agisait, des thèmes tels que le récit compris dans sa dimension historique et discursive, de la différence entre narration, et intrigue sans oublier le récit médiatique à caractère électoral. Tous ces concepts gravitent autour d'une science dénommée la narratologie. La deuxième partie du chapitre s'est plus préocupée du soubassement théorique et méthodologique de la recherche, à l'occurrence la socio-narratologie d'une part et d'autre part la grille d'analyse du récit médiatique électoral.

    3 Chapitre II : Présentation des journaux et prise en main du corpus

    Le présent chapitre est consacré à la présentation des journaux qui constituent les matériels de base de notre travail de recherche et la prise en main du corpus qui fera l'objet d'une analyse minutieuse dans le troisième chapitre.

    2.1. Présentation des journaux

    2.1.1. Le Potentiel48(*)

    2.1.1.1. Localisation et historique

    Le journal « Le Potentiel » a son siège à Kinshasa au n° 873 de l'avenue Bas-Congo dans la Commune de Gombe, derrière la Banque Commerciale du Congo (BCDC). Il est l'une des composantes du groupe de presse Médias7. Le journal Le Potentiel est né le 12 octobre 1982 à l'initiative de Monsieur Modeste Mutinga, propriétaire du journal. A sa création, le journal s'appelait « Safari aux pays de grands lacs » et paraissait sous forme de magazine d'informations touristiques et sociales.

    En octobre 1985, après une interruption de plus d'une année, le journal va renaître sous une nouvelle dénomination. Il s'appelle désormais « Le Potentiel ». Ce changement est inspiré par les potentialités du sol et du sous-sol dont regorge notre pays, la République Démocratique du Congo. Il a commencé d'abord comme un mensuel dont le contenu est essentiellement économique mais, le tabloïd ne s'empêche pas de publier quelques informations à caractère social et culturel.

    Son siège est alors installé au n°20 de l'avenue Kianza, commune de Makala ; devenu plus tard le siège d'exploitation de l'imprimerie Recto-Verso, propriété du journal.

    Avec l'avènement de la démocratisation du pays, le 24 Avril 1990, accompagné de la libéralisation de l'espace médiatique, Le Potentiel change de périodicité. Il devient ainsi hebdomadaire qui élargit en même temps ses rubriques, ce qui le conduit à changer aussi sa ligne éditoriale. Très vite, le tabloïd gagne en notoriété et devient un trihebdomadaire d'informations générales, avec le plus gros tirage de l'époque : plus 15.000 exemplaires.

    Le 17 septembre 1996, « Le Potentiel » change encore de périodicité. Cette fois-ci, il devient un quotidien d'informations générales. Le 823ème numéro est la première édition de la mutation.

    Après 32 ans de parution, Le Potentiel est devenu un groupe de presse produisant des journaux ci-après : le Compatriote sportif, l'Intrus, l'Apostrophe, Economica, qui sera remplacé par le journal VSM (Vedette du sport et de la musique). Supplément remplacé par le Compatriote du Kasaï vendu exclusivement dans le deux Kasaï.

    2.1.1.2. Ligne éditoriale et statut juridique

    Officiellement, le quotidien d'informations générales, Le Potentiel est un journal qui se veut indépendant et privé, n'appartenant ni à un groupe de pression, moins encore à une obédience politique. Il n'est pas subventionné par l'Etat mais privilégie dans toute son indépendance le droit à l'information dans le strict respect de l'éthique et de la déontologie professionnelle. Par ailleurs, il se bat dans la conjoncture politico-économique actuelle pour la défense des valeurs républicaines par une information vraie et objective.

    Le journal a pour mission principale d'informer, d'éduquer et de former l'opinion particulièrement l'élite (cadres). Il se fait un point d'honneur de donner l'information fiable et objective dans tous les domaines.

    2.1.1.3 Fiche signalétique du journal Le Potentiel

    - Nom du journal : Le Potentiel

    - Nom du fondateur : Modeste Mutinga

    - Directeur de publication : Richard Ngapi

    - Siège de l'administration : avenue Bas Congo no 873, Kinshasa/Gombe

    - Périodicité : quotidien

    - Moment de parution : matin

    - Date du premier numéro : 12 octobre 1982

    - Zone principale de diffusion : Kinshasa (pour l'édition papier) et Internet numérique

    - Tirage : Plus de 2500 exemplaires/ jour

    - Prix de vente : 3.000Fc unitaire, abonnement annuel 800$

    - Format : A3

    - Nombre de pages : 12 pages

    - Nombre de colonnes/page : 5 colonnes

    - Nom et l'adresse de l'imprimeur : Recto verso, av. Kianza n° 20, Kinshasa/Makala.

    - Nombre d'édition et zone couverte par chaque édition : une seule édition, Kinshasa.

    - Lieu de conservation de collection : av. Bas Congo, Kinshasa/Gombe

    - Fichiers ou dossiers : autorisation de parution : 04/00015/DI/82

    2.1.1.3. Fonctionnement de la rédaction journal Le Potentiel

    La rédaction du journal Le Potentiel a une organisation administrative modeste qui reflète les activités d'une entreprise de presse. Cette structure est composée : Direction de publication, rédacteur en chef Rédaction générale, Secrétariat de rédaction, Service technique et Service de documentation et archives.

    - Le Directeur de publication est le représentant politique et le responsable juridique du quotidien Le Potentiel ; incarne la ligne éditoriale du journal ; est l'animateur principal de la rédaction et le responsable de la qualité des contenus ; décide sur les articles à publier ; il négocie et conclut des partenariats financiers (publi-reportages, manchettes, communications politiques, etc.) Et tient complètement informé l'Administrateur Délégué et le Président Directeur Général.

    - Le Rédacteur en chef est responsable de la production générale et spécialisée ; anime le Conseil de rédaction ; assure du « Bon à tirer ».

    - Le Secrétariat de rédaction du journal Le Potentiel fonctionne avec un service dénommé Secrétariat de rédaction. Ce service est rattaché à la rédaction du journal où il s'occupe de la correction, réécrit les articles et propose la maquette de la mise en page. Trois personnes sont commises pour ce travail.

    - Le Service technique assure le bon fonctionnement du côté technique du journal. Il est composé de 3 personnes : un directeur technique, responsable de la mise en page ; il travaille en étroite collaboration avec un monteur en page pour le journal papier et un Web masters pour le journal en ligne. Le service technique contrôle tout ce qui est technique dans la rédaction. Le service technique est équipé de : 7 ordinateurs, deux scanners et une imprimante. Le Potentiel utilise deux logiciels, à savoir : Word pour la saisie de texte et Page maker pour monter son édition papier.

    - Le service de documentation et archives du journal Le Potentiel a pour mission de gérer les archives et la documentation du journal. Ce service répond à ceux qui veulent faire leurs recherches sur les écrits du journal Le Potentiel. Il est géré par un documentaliste-archiviste de formation.

    2.1.2. Le Phare49(*)

    2.1.2.1. Historique

    2.1.2.1.1. Contexte de création du journal Le Phare

    Le 20 juillet 1980 s'ouvrait à la Cité de N'Sele, dans la banlieue de Kinshasa, unCongrès extraordinaire de la presse congolaise. Baptisé Congrès de refondation,celui-ci avait pour mission de relancer l'Union Nationale de la Presse du Congo, dontles activités étaient tombées en veilleuse après le Congrès de 1974 à Kisangani, etde redynamiser la pratique du métier d'informer, en proposant une nouvelle loi surl'exercice de la liberté de la presse, dont l'articulation la plus déterminante étaitl'ouverture faite aux privés de créer des organes de presse.

    Elaboré par les journalistes au terme de trois jours de travaux, le texte fut soumis à lasanction du gouvernement au cours du premier trimestre 1981. Sa promulgationsous forme d'ordonnance (81/011) par le Président de la République le 1er Avril1981, mit fin au monopole du Parti-Etat sur les médias.

    C'est dans ce contexte que Le Phare est né. Conscient des difficultés qui attendaientl'entreprise notamment au plan du financement et de la préservation de sonindépendance, la direction décida d'opérer en trois étapes.

    2.1.2.1.2. Le Phare Contact

    La première étape consista à installer le titre dans les esprits et à dégager les moyens financiers nécessaires au maintien du titre sur le marché. Pour y arriver, la direction du Journal lança rapidement une édition « toutes boîtes » dont les trois quarts de l'espace étaient consacrés aux annonces et que tous les abonnés des PTT pouvaient lire chaque week-end gratuitement en levant simplement leur boîte postale.

    Tiré à 20.000 exemplaires, cette édition eut le mérite d'installer le titre dans les esprits, d'autant plus qu'il atteignait directement des personnes disposant d'un pouvoir d'achat avéré et qu'il était, à l'époque, l'un des rares médias congolais à s'intéresser à ce qui allait devenir quelques années plus tard une menace pour la santé dans le monde : la pandémie du sida.

    2.1.2.1.3. Le Phare Autrement

    L'intérêt manifesté par le public aux problèmes de société traités par Le Phare Contact conduisit la direction du journal à lancer, à la fin du premier semestre 1985, Le Phare Autrement, une édition entièrement imprimée sur du papier glacé avec une couverture enquadrichromie. En baptisant cette édition Le Phare Autrement, la direction affichait sa détermination de traiter l'information de manière professionnelle et de se démarquer à la fois des fariboles du radiotrottoir et de l'info « sur commande » que continuaient de véhiculer les journaux de la chaîne.

    Comme sa devancièreLe Phare Contact, l'édition Le Phare Autrement évitait de traiter des matières politiques parce que celles-ci n'offraient aucune possibilité d'expression libre. Le choix qui était ainsi fait avait l'avantage de libérer les journalistes des contraintes politico sécuritaires. Ce fut une expérience stimulante et enrichissante. Elle fut à ce point intéressante qu'elle suscita des coups-bas qui se manifestèrent le 22 juillet 1986.

    2.1.2.1.4. Le Phare

    Après un an d'interruption de parution, Le Phare réapparut dans les kiosques dans la deuxième moitié de 1987, cette fois comme hebdomadaire d'informations générales. Un choix heureux pourrait-on dire car quelques mois plus tard, le monde entier était secoué par le vent venu de l'Est. Comme la plupart de dictatures à travers le monde, l'ex-Zaïre de Mobutu Sese Seko fut contraint de regarder dans la direction indiquée par la perestroïka en organisant, en 1989, des consultations populaires auxquelles Le Phare prit une part active.

    Avec la libéralisation des activités politiques intervenue le 24 avril 1990, le journal est devenu un élément de référence sur le marché. Premier tirage des journaux congolais avec 15.000 exemplaires en 1990, Le Phare est ainsi passé successivement à deux parutions par semaine (1993), puis trois (1994) et enfin cinq (1997). Le journal a davantage amélioré son audience aujourd'hui parce qu'il est disponible à fois en version papier et en ligne. C'est dire qu'une information publiée par Le Phare est lue aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur.

    2.1.2.2. Ligne éditoriale

    Des questions nous sont souvent posées au sujet du camp dans lequel se trouverait Le Phare. Questions souvent relancées par certains analystes de dimanche qui nous auraient découvert une filiation avec l'opposition historique maintenant au pouvoir à savoir l'UDPS. Notre première réponse est qu'il n'existe pas dans ce pays une organisation politique disposant de moyens pour entretenir les médias. La seconde réponse est que Le Phare est dans le camp de la vérité car le rôle du journaliste est de donner les faits et de les analyser en toute objectivité.

    C'est ce travail-là que nous faisons chaque jour et nous avons la conviction de le faire de manière responsable et professionnelle. Pour avoir été plusieurs fois victimes de harcèlements, nous savons que le journalisme, le vrai, ne peut s'exprimer et s'épanouir que dans un contexte libéré de l'esprit caporalisant.

    2.1.2.3. Fiche signalétique du journal Le Phare

    - Date de création : le 8 septembre 1983

    - Autorisation de Publication n°04/DICA/0002/83

    - Récépissé de Déclaration de Publication n° MIN/CM/052/2015RCCM : CD/KIN/RCCM/15-A-22692

    - ID. NAT. : D 68981 H

    - N° IMPOT : A 0701422 E

    - E-MA1L : info@lephareonline.net

    - SITE : www.lephareonline.net

    - Éditeur-directeur général : Polydor Muboyayi (décédé le samedi 26 Juin 2021)

    - Coordonnateur/ rédacteur en chef : Jacques Kimponzo Mayala

    2.2. Prise en main du corpus

    2.2.1. Composition du corpus

    Nous l'avons dit au tout début de notre recherche, qu'elle se base pour sa réalisationsur un corpus tiré des journaux paraissant à Kinshasa. À l'occurrence Le Phare et Le Potentiel. Ce corpus se compose des éditions des journaux Le Phare et Le Potentiel, qui ont paru à Kinshasa entre le 21 décembre 2018 et le 15 janvier 2019.

    2.2.1.1. Corpus du journal Le potentiel

    2.2.1.1.1. En amont du jour J

    En partant de la date du 21 décembre 2018, Le journal Le Potentiel a produit jusqu'au 30 décembre 2018, 5 éditions, et un total de 30 articles sur la thématique des élections particulièrement la présidentielle. Cette production du journal Le potentiel se présente comme suit.

    Editions publiées

    Nombre d'articles publiés par édition

    Le Potentiel N°7501 du vendredi 21décembre 2018.

    9

    Le Potentiel N°7503 du lundi 24 décembre 2018.

    7

    Le Potentiel N°7505 du jeudi 27 décembre 2018.

    6

    Le Potentiel N°7506 du vendredi 28 décembre 2018.

    6

    Le Potentiel N°7507 du samedi 29 décembre 2018.

    2

    Total : 5 éditions

    30

    2.2.1.1.2. En aval du jour J

    En partant de la date du 31 décembre 2018, Le journal Le Potentiel a produit jusqu'au 11 Janvier 2018, 6 éditions, et un total de 23 articles sur la thématique des élections particulièrement la présidentielle. Cette production du journal Le potentiel se présente comme suit.

    Editions publiées

    Nombre d'articles publiés par édition

    Le Potentiel N°7508 du lundi 31décembre 2018.

    4

    Le Potentiel N°7509 du Jeudi 3 janvier 2019

    2

    Le Potentiel N°7512 du mardi 8 janvier 2019

    5

    Le Potentiel N°7513 du mercredi 9 janvier 2019

    4

    Le Potentiel N°7514 du jeudi 10 janvier 2019

    5

    Le Potentiel N°7515 du vendredi 11 Janvier 2019

    3

    Total : 6 éditions

    23

    2.2.1.2. Corpus du journal Le Phare

    2.2.1.2.1. En amont du jour J

    En partant de la date du 21 décembre 2018, Le journal Le Phare a produit jusqu'au 30 décembre 2018, 5 éditions, et un total de 17 articles sur la thématique des élections particulièrement la présidentielle. Cette production du journal Le Phare se présente comme suit.

    Editions publiées

    Nombre d'articles publiés par édition

    Le Phare N°5960 du vendredi 21 décembre 2018

    7

    Le Phare N°5961 du lundi 24 décembre 2018

    3

    Le Phare N°5962 du mercredi 26 décembre 2018

    3

    Le Phare N°5963 du jeudi 27 décembre 2018

    2

    Le Phare N°5964 du vendredi 28 décembre 2018

    2

    Total : 6 éditions

    17

    2.2.1.2.2. En aval du jour J

    En partant de la date du 31 décembre 2018, Le journal Le Phare a produit jusqu'au 15 Janvier 2019, 6 éditions, et un total de 22 articles sur la thématique des élections particulièrement la présidentielle. Cette production du journal Le potentiel se présente comme suit.

    Editions publiées

    Nombre d'articles publiés par édition

    Le Phare N°5965 du lundi 31 décembre 2018

    4

    Le Phare N°5966 du lundi 7 janvier 2019

    3

    Le Phare N°5967 du mardi 8 janvier 2019

    2

    Le Phare N°5969 du jeudi 10 Janvier 2019

    2

    Le Phare N°5970 du vendredi 11 janvier 2019

    4

    Le Phare N°5971 du lundi 14 janvier 2019

    6

    Le Phare N°5972 du lundi15 janvier 2019

    5

    Total : 6 éditions

    26

    2.2.2. Présentation globale du corpus

    A la lumière des tableaux élaborés ci-haut, il en ressort que Le journal Le Phare a produit plus d'éditions 12 contre 11 pour Le Potentiel. Cependant dans le contenu des éditions, le journal Le Potentiel semble avoir une longueur d'avance, en ce sens que Le Potentiel a produit un total de 53 articles, alors que Le Phare en a publié que 43. Cette suprématie du journal Le Potentiel se confirme avec le record d'articles publiés dans une édition soit 9 articles sur la thématique de l'élection présidentiel de 2018 durant la période de recherche. Cependant après le jour J de l'élection, le journal de l'avenue Lukusa (Le Phare) a produit 26 articles sur la présidentielle alorsque Le Potentiel a produit 23 articles. De facto, le corpus à notre disposition est composé de 96 articles de presse des deux journaux mélangés.50(*)

    Ø Conclusion partielle

    Dans le présent chapitre qui touche à sa fin, il a été question de faire une présentation des journaux qui constituent notre matérield'analyse. Cette présentation à brosser de façon succincte les circonstances de leur naissance, leur évolution dans le temps, et enfin l'organisation de leur rédaction respective. La deuxième partie a tourné autour de la prise en main du corpus de notre recherche.

    4 CHAPITRE III : Etude de la construction du récit médiatique électoral de la présidentielle de 2018

    La présente contribution est consacrée à l'analyse de la construction du récit électoral de la présidentielle de 2018 dans la presse écrite congolaise à travers deux journaux, à savoir Le Potentiel et Le Phare. Elle va se faire en quatre étapes. D'abord l'identité éditoriale, ensuite l'étude des fonctions et marques textuelles du titre, les différents schémas narratifs et enfin la construction des personnages.

    3.1. L'identité éditoriale de la presse écrite congolaise

    3.1.1. La Une page sanctuarisée et garant de l'identité du journal

    La Une est la page principale de tout journal, celle qui reflète le mieux à la fois sa politique d'information que sa stratégie marketing auprès du lectorat. Elle organise une grammaire spatiale qui confère des valeurs distinctives aux informations. Plus que toute autre page, la Une construit l'identité éditoriale du journal. Car elle affiche le nom du journal en même temps que la sélection des informations.

    L'analyse de la Une amène, selon R. Ringoot, à recouper les données qui concernent l'identité éditoriale, celle qui concernent la construction de l'informationet à évaluer les effets de la Une sur les autres pages.51(*) J-C Picard, abordant dans le même sens, estime que faire l'analyse de la Une c'est : examiner l'offre d'information d'un quotidien, scruter ses choix et ses priorités et prendre en compte ce qu'il propose comme étant les nouvelles les plus importantes de la journée52(*).

    3.1.1.1. La Une du journal Le Potentiel : un portail d'actualité politique diversifié et en image

    La Une du journal Le Potentiel se présente comme un portail d'actualité politique, mais diversifiée à travers la valorisation en Une de certains domaines d'actualité comme l'économie, le sport, etc.

    3.1.1.1.1. Présentation matérielle de la Une du Journal Le Potentiel

    La Une du journal Le Potentiel se présente comme suit :

    - La manchette comporte dans un rectangle le nom du journal « Le Potentiel » écrit en rouge sur fond blanc.

    - Dans le coin supérieur gauche, on retrouve le numéro et la date de l'édition.

    - À l'inférieur gauche, on trouve la mention, membre du réseau Médiaf.

    - Du côté droit, on retrouve le prix en franc congolais, et le nombre d'années d'existence du journal.

    - Cette première page comporte une oreille qui indique le siège du journal et la maison d'édition.

    3.1.1.1.2. Les caractéristiques de la Une du journal Le Potentiel

    Les caractéristiques de la Une du journal Le Potentiel sont :

    - Le journal Le Potentiel dans sa stratégie éditoriale instaure une hiérarchie des titres qui figurent en première page. Il y a d'abord, le titre sous la manchette en tribune qui a une typologie imposante, il est précédé généralement d'un surtitre. Comme l'illustre ces exemples :

    · Elections reportées au 30 décembre. Le dépouillement se fera au comptage manuel (Le titre en tribune du vendredi 21 décembre 2018)

    · Elections du 30 décembre. Les enjeux d'un dépouillement qui traine en longueur (Le titre en tribune du 08 décembre 2018)

    - Une colonne intitulée sommaire composée de plusieurs rectangles comportant des informations qui traitent selon les éditions de l'économie, de la politique, du sport, de la santé et divers autres sujets d'actualité.

    - Le titre en tribune sous la manchette est généralement accompagné d'une photo ou d'une caricature, qui selon les éditions est précédée d'un ou plusieurs sous-titres. Comportant au début un signe typographique. Ce sous-titre joue une fonction d'accroche pour attirer une attention soutenue du lecteur à l'égard du titre phare de la journée.

    Ex : - Calendrier électoral réaménagé de la CENI. L'opposition amputée de son segment gagnant : Beni-Butembo. Un projet de balkanisation(Le titre en tribune du jeudi 27 décembre 2018).

    - Privation de droit de vote aux électeurs de Beni, Butembo et Yumbi. Ce vendredi, LAMUKA décrète l'opération « ville morte ». La solidarité nationale se met en place (Le titre en tribune du vendredi 28 décembre 2018).

    - Le titre de la tribune sous la manchette du journal est essentiellement politique et électoral et quelques rares fois présidentielles pendant la période examinée. Cela démontre un traitement plus élargi de la thématique électorale sans faire une fixation à la seule élection présidentielle.

    - Le sujet traité en tribune étant essentiellement consacré à la thématique électorale, il se caractérise dans la plupart d'éditions analysées par la restitution dans le surtitre du moment de l'événement en l'occurrence le 30 décembre date de l'élection. Le surtitre joue ainsi la fonction du cadrage médiatique.

    Ex :

    · Elections reportées au 30 décembre. Le dépouillement se fera au comptage manuel (Le titre en tribune du vendredi 21 décembre 2018).

    · Elections du 30 décembre. Les enjeux d'un dépouillement qui traine en longueur (Le titre en tribune du 08 décembre 2018).

    - Le sujet en tribune est toujours traité en page 2 du journal, alors que celui du bandeau essentiellement électoral est traité en page 3, quelques fois en page 5 ou accompagne carrément en page 2, le titre phare de la journée.

    - Selon les éditions, la Une du journal Le potentiel comporte entre 8 et 10 sujets annoncés en première page. Ces sujets d'actualité sont essentiellement politiques en raison de 4 à 6 articles politiques ou électoraux annoncés en Une.

    - Aucun article ne commence en première page du journal, hormis l'éditorial de la rubrique « A Haute voix » qui est amorcée en Une dans le coin inférieur gauche qui se termine systématiquement en page 2.

    - Les autres domaines d'actualité apparaissent en Une en se relayant selon les éditions. Sauf le domaine de l'économie qui est présente en Une dans chaque numéro du journal analysé.

    3.1.1.2. La une du journal Le Phare : politiquement orientée et sensationnelle

    Comme nous allons le voir à travers les caractéristiques qui suivent, la Une du journal Le Phare contrairement à celle du journal Le Potentiel est politiquement orientée voire sensationnelle. L'analyse en profondeur de la Une du journal Le Phare révèle.

    3.1.1.2.1. Compositions matérielles de la Une du journal Le Phare

    - La manchette comporte le nom du journal Le Phare écrit en rouge sur fond blanc.

    - La périodicité du journal, le numéro, la date de parution, le nom de l'éditeur directeur général, le siège et l'adresse du journal ;

    - Le prix d'achat du journal écrit sur fond noir ;

    - Cette présentation est différente lors de l'édition du vendredi, qui comporte la mention week-end et divise les éléments sus-évoqués en deux colonnes ;

    - Elle comporte une oreille qui, selon les éditions, accueille le titre d'une actualité,tantôt le titre d'un communiqué d'une tierce organisation.

    3.1.1.2.2. Les Caractéristiques de la Une du journal Le Phare

    L'analyse en profondeur de la Une du journalle Phare révèle ce qui suit :

    - L'élaboration de la Une du journal Le Phare, donne une grande importance au grand titre du jour en ce sens qu'il est le seul en très grand caractère et comporte très rarement un surtitre.

    - Les titres de la tribune sous la manchette sont exclusivement politiques et électoraux et surtout présidentiels, 6 titres sur les 11 éditions composant notre corpus sont consacrés à la thématique présidentielle. La tribune du journal Le Phare est idéologiquement orientée vers un camp politique, consacrant 5 de 6 gros titres à caractère présidentiel au seul candidat Tshisekedi. Comme le démontre ces exemples :

    Ex :

    · Felix Tshisekedi : le peuple d'abord ! (Le titre en tribune du mardi 11 Janvier 2019).

    · Felix Tshisekedi 5ièmePrésident de la R.D.C (Le titre en tribune du Jeudi 11 Janvier 2019).

    - Le titre mit en haut de page, au-dessus de la manchette ne comporte pas de surtitre. Il est même absent de l'édition N°5969 annonçant Felix Tshisekedi président de la république surement pour accrocher le regard du lecteur potentiel sur l'événement du jour, témoignant à juste titre, la proximité historique du journal avec le camp du candidat déclaré vainqueur aux élections.

    - On retrouve dans la titraille en tribune du journal Le Phare, l'utilisation fréquent des deux points. Ce titre se compartimente en deux parties, la première situe l'information, l'événement ou la rumeur voire les bruits de couloir ; et la seconde énonce l'information ou l'éclairage que le journal veut apporter dans un sujet qui fait polémique, accompagnée généralement d'un point d'exclamation renforçant ainsi le caractère incitatif du titre à côté du caractère sensationnel du sujet traité qui est accentué par l'usage des deux points.

    Ex :

    · Présidentielle : inquiétante compilation des résultats ! (Le titre en tribune du lundi 7 Janvier 2019).

    · 22 janvier 2019 : investiture de Félix Tshisekedi (Le titre en tribune du lundi 14 Janvier 2019).

    - A l'intérieur du journal, le titre phare de la journée est généralement traité en page 3 sauf quelques rares fois, il commence en page 2, pour finir en page 3.

    - Contrairement au journal Le Potentiel, il n'existe pas une colonne dédiée au sommaire, mais bien des zones de texte en forme rectangulaire qui annonce différents articles traités en page intérieur.

    - La Une du journal Le Phare, comporte une annonce publicitaire située dans le coin inférieur gauche alors que chez Le Potentiel elle est absente.

    - La photo est quasiment absente de la Une du journal Le Phare, sauf quelques rares fois notamment dans l'édition 5969 annonçant Felix Tshisekedi président, et celle 5970 consacrée à la victoire du précité témoignant là, une certaine proximité du journal envers l'heureux élu.

    - Le Phare ne commence aucun article dans la page Une, ni même l'éditorial qui est par ailleurs absent du journal, ce qui reste curieux pour un journal politiquement marqué. On le verra plus loin, les articles du journal LePhare mêlent parfois commentaire, opinion, fait, et analyse. Ceci peut justifier l'absence du commentaire par excellence, l'éditorial.

    - La Une du journal Le Phare comporte jusqu'à 7 sujets annoncés en première page, ils sont à grande majorité à consonnance politique et électorale. Le record étant l'édition N°5966 qui avec 7 sujets en Une qui sont tous à caractère politique et électoral.

    - Les autres domaines d'actualités sont quasiment absents de la Une du journal Le Phare, mais contrairement au journal Le Potentiel qui privilégie l'économie, Le Phare jette son dévolu aux affaires judiciaires particulièrement ceux des tribunaux de grandes instances.

    3.1.2. L'information de la présidentielle dans les rubriques

    Après avoir décortiqué la Une de nos deux journaux, voyons maintenant de quelle manière ces différents sujets se répartissent dans les rubriques et dans différentes pages du journal.

    3.1.2.1. L'information de la présidentielle de 2018 dans Le Potentiel

    3.1.2.1.1. La répartition par rubrique des sujets traitant de la présidentielle

    Les rubriques qui accueillent les informations sur la présidentielle sont : La une, événement, politique, nation, forum, dernières heures, chronique de la campagne électorale, A haute voix. Les sujets sur la présidentielle se répartissent de la manière suivante dans les rubriques du journal Le Potentiel :

    Rubriques

    La Une

    Evénement

    Politique

    Nation

    Forum

    Dernières heures

    Chronique de la campagne électorale

    A haute voix

    Total

    Pourcentage %

    En amont du jour J

    6

    4

    3

    4

    1

    4

    4

    4

    30

    57

    En aval du jour J

    8

    2

    5

    2

    1

    0

    0

    5

    23

    43

    Il ressort de ce tableau indicatif que le journal Le Potentiel a une certaine préférence de la rubrique La une dans le traitement de l'information de la présidentielle, en ce sens qu'il recueille près de 50% des articles traitant de la présidentielle. La rubrique A haute voix arrive en deuxième position par rapport au nombre d'articles qui y figurent avec 9 contre 14 pour la une. Ensuite la rubrique politique qui arrive en troisième position clôture le trio de tête.

    Deux rubriques ont particulièrement attiré notre attention, il s'agit de la rubrique Dernière heure qui compte 4 articles. S'agit-il des informations sur l'élection présidentielle qui tombent en dernière minute avant le bouclage ou une simple action de remplissage de la page du journal lors de la mise en page ?

    La deuxième hypothèse l'emporte car les informations qui sont placées dans cette rubrique sont connues plusieurs heures avant le bouclage. L'autre rubrique qui a attiré notre intérêt est intitulée La Chronique de la campagne électorale ; elle est une rubrique ponctuelle créée dans la perspective de la campagne électorale. Elle prend fin dès que la campagne électorale s'arrête. Elle accueille 4 articles durant notre période de recherche.

    3.1.2.1.2. La localisation des articles sur la présidentielle dans Le Potentiel

    Les pages qui ont traité l'actualité de la présidentielle sont : 2,3,4,5,10,16. Cette localisation des sujets se présente de la manière suivante :

    Pages

    2

    3

    4

    5

    10

    16

    Total

    Pourcentage %

    En amont du Jour J

    10

    4

    2

    5

    1

    8

    30

    57

    En aval du jour J

    13

    2

    2

    4

    2

    0

    23

    43

    Total

    23

    6

    4

    9

    3

    8

    53

    100

    Dans la localisation des sujets dans la surface du journal Le Potentiel, la page 2 est celle qui accueille le plus d'articles sur la thématique de l'élection présidentielle. Ce choix peut paraitre bizarre lorsqu'on sait que l'oeil du lecteur voit en premier lieu les pages qui sont à la droite du journal. Cet état de chose peut s'expliquer dans l'hypothèse où, le lecteur commence la lecture du journal par l'éditorial intitulé A haute voix qui est amorcé en page 1 du journal pour finir en page 2. Ceci peut favoriser la lecture de l'article positionné en page 2.

    Ensuite, c'est la page 5 qui arrive en deuxième position avec 9 articles. La troisième position est pour la page 16 dernière du journal qui accueille bon nombre d'articles qui y paraissent. Cela est dû certainement à la présence sur cette page de deux rubriques loufoques notamment la chronique des élections et dernières heures.

    3.1.2.2. La répartition par rubrique des sujets traitant de la présidentielle dans Le Phare

    Les rubriques qui accueillent les informations sur la présidentielle sont : Actualité, Point chaud, nation, remake et invité Afrique. Les sujets sur la présidentielle se répartissent de la manière suivante dans les rubriques du Phare :

    Rubriques

    Actualité

    Point chaud

    Nation

    Remake

    Invité Afrique

    Total

    Pourcentage %

    En amont du jour J

    12

    3

    1

    0

    1

    17

    40

    En aval du jour J

    13

    10

    2

    1

    0

    26

    60

    Total

    25

    13

    3

    1

    1

    43

    100

    Il ressort de ce tableau que Le phare traite l'actualité de la présidentielle avec un nombre des rubriques réduit. La rubrique qui arrive en tête se nomme Actualité, elle accueille 25 articles sur la thématique de la présidentielle. La deuxième rubrique se nomme Point Chaud, elle a pour caractéristique de recevoir les actualités de la présidentielle qui font le plus réagir ou qui ont un brin d'antagonisme entre protagonistes. Ensuite la rubrique Nation. Deux rubriques ont particulièrement attiré notre attention, il s'agit des rubriques intitulées Remake et Invité Afrique.

    La première accueille des articles qui ont déjà paru dans des précédentes éditions.53(*) La deuxième rubrique nommée invitée Afrique doit son nom à un concours de circonstances car le journal reprend là, une chronique de la matinal de la Radio France Internationale. Hormis ces deux rubriques de circonstance, Le Phare traite ses informations sur la présidentielle dans trois rubriques régulières à savoir, actualité, point chaud, et nation.

    3.1.2.3. La localisation des articles sur la présidentielle dans Le Phare

    Les pages qui ont traité l'actualité de la présidentielle sont : 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 14, 15. Cette localisation des sujets se présente de la manière suivante :

    Pages

    2

    3

    4

    5

    6

    7

    9

    10

    14

    15

    Total

    Pourcentage %

    En amont du jour J

    5

    4

    3

    0

    3

    2

    0

    0

    0

    0

    17

    40

    En aval du jour J

    5

    9

    0

    4

    1

    3

    1

    1

    1

    1

    26

    60

    Total

    10

    13

    3

    4

    4

    5

    1

    1

    1

    1

    43

    100

    Après cette observation, il en ressort que le quotidien Le Phare privilégie les premières pages du journal dans le traitement de l'information sur l'élection présidentielle. On constate néanmoins une légère préférence pour la page 3 qui compte 13 articles sur la thématique de la présidentielle contre 10 pour la page 2. Alors que les autres pages accueillent entre 1 et 5 articles sur la présidentielle durant la période étudiée.

    La dernière page du journal, la page 16 qui est avec la Une les premières parties du journal vues par le lecteur n'accueille aucun article sur la présidentielle. Elle est réservée aux actualités sportives quelques fois ; Mais surtout à la caricature à caractère électoral généralement celle de la présidentielle qui traduit une opinion que le journal partage à travers ses articles. Est-ce une manière de remplacer l'éditorial absent du journal, et donner ainsi son opinion sur l'actualité de l'élection présidentielle, et la dissimuler par la satire, Quand on sait que le dessin de presse (caricature) est très prisé par le lecteur et attire facilement l'attention.

    3.2. Fonctions et marques textuelles du titre de presse

    Après avoir disséqué les identités éditoriales, il est présentement question de se plonger dans l'analyse d'un composant essentiel d'une production médiatique à savoir le titre de presse. Cette analyse va se faire en trois temps à savoir : composition formelle de la titraille, fonctions du titre, et les marques textuelles du titre de presse.

    3.2.1. Compositions formelles de la titraille

    De manière générale, une titraille de presse se compose des éléments suivants : le surtitre, le titre, le sous-titre, le chapeau, et l'intertitre ou relance. C'est cet ensemble d'éléments qu'on désigne par le terme « habillage » d'un article de presse. Voyons à présent comment nos deux journaux ont fait la combinaison des différents éléments de la titraille de presse.

    3.2.1.1. Compositions formelles de la titraille du journal Le Phare

    Avant d'aller plus loin, il nous semble opportun d'illustrer ces différentes combinaisons de la titraille par un tableau d'illustration qui se présente comme suit :

    Composition

    En amont du jour J

    En aval du jour J

    Total

    T +CH

    9

    7

    16

    ST+T

    4

    3

    7

    T

    1

    4

    5

    ST+T+CH+IT

    2

    2

    4

    T+CH+IT

    0

    4

    4

    ST+T+CH

    0

    4

    4

    T+sst+CH

    0

    2

    2

    T+IT

    1

    0

    1

     
     
     
     

    Total

    17

    26

    43

    Légende : T=Titre, ST= Surtitre, sst=Sous-titre, CH= Chapeau, IT= Intertitre

    Ce tableau montre que Le Phare fait une combinaison réduite des composants de la titraille de presse. Le journal Le Phare dans l'habillage des articles ayant trait à la présidentielle préfère associer le titre et le chapeau. Il utilise cette combinaison 16 fois sur 43 articles.

    L'élément de la titraille le plus utilisé est le chapeau qui revient 30 fois dans l'habillage des articles du journal Le Phare. L'utilisation régulière de cet élément paratextuel peut être assimilée au besoin du journal d'induire la manière ses articles doivent être lus. Ceci rejoint notre affirmation dans la première partie qui stipulait que : « le chapeau peut être compris à la manière de l'incipit et qu'à ce titre, il informe, intéresse, et propose un pacte de lecture ». Bref, induit la manière de lire l'article.

    A cela, il faut encore ajouter qu'il répond le plus souvent à trois questions à savoir « qui, où, quand ». En résumé le chapeau dit de quoi il s'agit dans l'article et c'est à ce titre que le journal Le Phare l'utilise fréquemment pour donner la ligne directrice à suivre tout au long de l'article.

    3.2.1.2. Composition formelle de la titraille du journal Le potentiel

    Composition

    En amont du jour J

    En aval du jour J

    Total

    T

    13

    6

    19

    T+CH

    6

    4

    10

    ST+T+CH+IT

    4

    1

    5

    ST+T+sst+CH+IT

    2

    2

    4

    T+CH+IT

    2

    2

    4

    ST+T+CH

    1

    2

    3

    T+IT

    1

    2

    3

    T+sst+CH+IT

    1

    1

    2

    T+CH+sst

    0

    1

    1

    T + sst

    0

    1

    1

    T+sst+CH

    0

    1

    1

     
     
     
     

    Total

    30

    23

    53

    Un constat clair s'impose d'emblée, le journal Le Potentiel propose plus des combinaisons entre les éléments constituants la titraille d'un article de presse. On en dénombre 11 chez Le Potentiel contre 8 chez Le Phare. Cependant, le journal Le Potentiel fait plus usage du titre libre c'est-à-dire sans surtitre, ni chapeau encore moins un intertitre voire un sous-titre. Le journalcherche là à figer la nouvelle par un titre unique surtout dans l'éditorial. Par conséquent il devient l'essentiel de l'information comme le suggère P. Charaudeau.54(*)

    Comme dans Le journal Le Phare, Le Potentiel fait le choix d'accompagner le plus souvent le titre du chapeau qui recentre l'article sur les questions que le journal trouve prioritaires. Le journal précise là, l'angle par lequel il souhaite que l'article soit lu. C'est la fonction indicative du chapeau qui est mise à contribution.

    Le journal Le Potentiel se démarque du journal Le Phare en faisant usage dans l'habillage de ses articles de l'intertitre (18fois contre 9). Cela traduit le besoin du journal à attirer l'attention du lecteur sur un paragraphe précis de l'article raison pour laquelle on l'appelle « relance », en ce sens qu'il peut réactiver l'intérêt du lecteur sur le sujet. Cependant, il est utilisé selon Y. Agnès pour une aération du texte, par conséquent il n'est qu'un élément visuel.55(*)l'usage répété de l'intertitre traduit la présence dans le journal des articles longs. Ceci préconise que Le Potentiel utilise un format d'article long par rapport au quotidien Le Phare.

    3.2.2. Fonctions du titre

    Nous l'avons dit précédemment que, de façon générale, il existe deux fonctions de titre de presse, la fonction informative et la fonction incitative. Voyons dans un premier temps comment nos deux journaux ont fait usage de ces deux fonctions. Pour ce faire, nous avons fait le choix de l'usage d'un corpus d'exemplarité pour saisir les fonctions du titre. Nous avons opté pour l'édition du 21 décembre 2018 qui est la plus prolifique pour nos deux journaux avec respectivement 9articles pour Le Potentiel contre 7 articles pour Le Pharetraitent de l'élection présidentielle.

    Tableau synthétique des fonctions du titre du journal Le Phare et Le Potentiel

    Titre

    Journal

    Fonctions

    Elections : 7 jours de sursis

    Le Phare

    Inc

    A cause des événement sanglants et répétitifs

    Sécurité : un défi majeur pour le processus électoral

    Le Phare

    Inf

    La souveraineté nationale a montré ses limites

    Le Phare

    Inc

    Pas de bouc émissaire au banc des accusés

    Le Phare

    Inc

    Campagne électorale : gouffre financier pour les candidats

    Le Phare

    Inf

    Les machines à voter face au défi de l'énergie électrique

    Le Phare

    Inf

    Présidentielle en RDC : Ndukuma (Ramazany)-Felix Tshisekedi-Martin Fayulu

    Le Phare

    Inf

    C'était prévisible

    Le Potentiel

    Inc

    Election reportées au 30 décembre

    Le dépouillement se fera aux comptage manuel

    Le Potentiel

    Inf

    Incendie de l'entrepôt de la Céni : coup dur pour les élections

    Matériel incendiés

    Le Potentiel

    Inf

    Le MPR/Fait privé trouve biaisée la notion d'alternance démocratique en RDC

    Le Potentiel

    Inf

    Report des élections

    Céni : Des difficultés se multiplient

    Le Potentiel

    Inc

    RDC : « Qui croit encore aux élections le 23 décembre ? »

    Le Potentiel

    Inc

    Report des élections : le doute et les incertitudes persistent

    Le Potentiel

    Inc

    Election en RDC : La CPI préoccupée par les tensions croissantes

    Le Potentiel

    Inf

    Jour J reporté « à bonne date »

    Le Potentiel

    Inc

    Légende : inc= incitatif inf= informatif

    Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le titre informatif a une place de choix dans la titraille électorale de nos deux journaux, il est utilisé à 49 reprises sur les 96 articles composant notre corpus d'étude. En effet, Le Phare en fait usage 24 fois sur un total de 43 articles publiés sur la thématique élection présidentielle durant notre période de recherche etLe Potentiel en fait usage 25 fois. Ceci peut paraitre composite lorsqu'on se rappelle que dans notre premier niveau d'analyse, la Une du journal Le Phare s'est caractérisé par la sensation de ses titres annoncés en première page.

    Ce paradoxe trouve son assise dans l'usage presque systématique des deux points dans la titraille du journal Le Phare. Ce qui confère le caractère sensationnel de la titraille du journal Le Phare évoqué précédemment. D'où la question « comment un titre sensationnel peut être informatif, sachant que ce dernier est un marqueur essentiel de la fonction incitative du titre ? »Ce constat nous amène à rejoindre l'avis de J-C Likosi, lorsqu'il propose une troisième fonction du titre du récit médiatique congolais à savoir le titre mixte car pour lui : « le titre du récit médiatique électoral ne donne pas seulement envie de lire, il répond en plus à d'autres visées : de disqualification/ diabolisation, de glorification, d'affirmation du pouvoir, de valorisation, réhabilitation, etc. »56(*)

    Le titre incitatif est plus usité par Le potentiel qui en fait usage 28 fois. Ce recours au titre incitatif est la conséquence de l'existence des deux rubriques à savoir A haute voix(éditorial) et la rubrique ponctuelle la chronique de la campagne électorale. Cette prééminence du titre incitatif est la résultante du fait que le titre des articles de commentaires (éditorial, chronique) n'aime pas de titre long surtout pour l'éditorial dont le titre doit être percutant, bref et captivant pour attirer le lecteur qui va lire la position du journal.

    Le Phare quant à lui utilise le titre incitatif dans les articles où le journal prend clairement position. Nous l'avons dit précédemment que les articles du journal Le phare mêlent opinion, commentaire, analyse et fait. C'est ici le lieu de l'affirmer, car le journal utilise cette fonction du titre dans les articles où son opinion transparait clairement et son commentaire induit une façon de lire l'article comme dans l'exemple ci-dessous : « ville morte de Lamuka » la gaffe !57(*)

    3.2.3. Marques textuelles du titre de presse

    Nous l'avons dit précédemment que les fonctions traditionnelles accolées au titre de presse ne permettent pas de ressortir la quintessence du titre du récit électoral congolais. Il serait question dans cette partie de notre analyse de ressortir les caractéristiques majeures qui émergent dans la titraille électorale de nos deux journaux.

    Après examen approfondi de notre corpus d'analyse, nous avons dégagé quelques caractéristiques de la tiraille de la presse congolaise en période électorale. Nous allons procéder en deux temps, d'abord les caractéristiques communes aux deux journaux. Ensuite celles qui les différencient. Les marques textuelles du titre communes aux deux journaux sont :

    v Identifier l'information électorale à l'aide d'un marqueur typologique ;

    v Accrocher à l'aide du titre commentaire ;

    v Rendre l'actualité électorale en annonçant un fiasco ;

    Ø A côté de ceci Le Phare se caractérise par une titraille qui fait :

    - Sensationnaliser l'information à l'aide de la ponctuation ;

    - Une mise en avant d'un candidat ;

    - L'élection présidentielle en approche, rhétorique de l'impatience 

    Ø Quant au journal Le Potentiel, il s'illustre par :

    ü Une titraille longue qui précise l'information ;

    ü Des titres brefs percutants qui donnent envie de lire ;

    3.2.3.1. Caractéristiques communes de la titraille du journal Le Phare et du journal Le Potentiel

    3.2.3.1.1. Identifier l'information électorale à l'aide d'un marqueur typologique 

    Le journal Le Phare tout comme son homologue Le Potentiel a fait le choix d'utiliser un marqueur typologique pour différencier les articles traitants de l'actualité électorale particulièrement de la présidentielle avec les autres articles dans le journal. Les deux journaux ont fait le choix de distinguer cette actualité par le vocable « élection » et ses corollaires (présidentielle, campagne électorale). Ce marqueur typologique qui joue là, la fonction d'un identifiant ou marqueur référentiel du texte qui induit une connaissance partagée ou un prérequis.

    Il permet ainsi aux journaux d'inscrire les élections dans une sorte de succession d'événements jouant le rôle de rappeler l'épisode passé avant d'entamer un nouvel épisode du feuilleton récit qui est l'élection présidentielle. L'usage d'un marqueur référentiel permet aux deux journaux non seulement d'identifier la nouvelle mais de le catégoriser voire de la préciser au milieu des plusieurs articles contenus dans le journal. Comme l'illustrent les exemples ci-dessous :

    - Elections reportées au 30 décembre. Le dépouillement se fera au comptage manuel58(*)

    - Election : 7 jours de sursis59(*)

    Au-delà de ceci, il faudrait dire que le marqueur typologique ou référentiel peut être mobilisé différemment. On l'utilise pour illustrer un enjeu important de l'actualité électorale ou pour situer l'information dans un lieu géographique précis.

    Ex : - Elections à Beni, Butembo, et Yumbi renvoyées au 30 Mars 2019. Plus d'un million d'électeurs exclus de la présidentielle60(*)

    - R.D.C : « Qui croit encore aux élections le 23 décembre ? » 61(*)

    Il peut aussi être associé à des instances des décisions ou au différents camps politiques comme l'illustre cet exemple : - Report des élections. CENI : Des difficultés se multiplient

    Ces exemples évoqués nous poussent à épouser la thèse de Sullet-Nylander qui estime : « le thème recouvre le référent dont on va parler ou le point de départ du discours, tandis que le rhème renvoie à l'information que l'on va apporter à propos de ce thème ; cette relation du rhème au thème est parfois qualifiée de relation d'à `'propos »62(*).

    Appliqué à l'objet de notre étude, le référent élection renvoie au thème et que différents titres qui s'en suivent sont des rhèmes. Signalons par ailleurs que notre marqueur typologique est présent souvent dans le surtitre qui joue outrela fonction du cadrage médiatique, deux autres fonctions qui sont accolées à la titraille de presse. Celle de permettre le choix de lecture, et de structurer la page comme le suggère Cl. Furet.63(*)

    3.2.3.1.2. Accrocher à l'aide du titre-commentaire

    Selon J. Rebeyrolle, M-P Jacque, et Péry-Woodley cité par G. Lacaze, le titre de presse remplit trois fonctions essentielles qui sont : la fonction de désignation, la fonction métadiscursive et la fonction séductrice.64(*)La troisième fonction nous intéresse particulièrement car il rend compte de ce que nous avons désigné par le titre-commentaire qui doit séduire et attirer l'attention du lecteur dès le premier coup d'oeil.

    En effet, nous comprenons par titre commentaire ; un titre de presse qui fait ressortir le point de vue du journal sur un sujet traité pour séduire le public, et lui induire explicitement quelle opinion le lecteur doit avoir. Cette titraille est caractériséepar une interrogation, qui induit déjà la réponse comme dans la titraille : Qui croit encore aux élections le 23 décembre ?65(*)Ou par la présence dans la titraille des adjectifs qui induisent une opinion comme dans cette titraille : Elections hypothétiques de la Céni : les mauvaises surprises continuent66(*)

    Ce type de titre est aussi caractérisé par la forme active avec un verbe à forte valeur d'influence comme dans la titraille du journal Le Phare : Joseph Kabila doit assumer le bilan calamiteux de la campagne électorale du FCC67(*)

    Ceci nous rappelle à bien des égards l'affirmation de J-L Martin-Lagardette qui estime que le titre donne la perception immédiate du message essentiel.68(*) Qui pour nous est l'opinion du journal qui transparait dans le titre de l'information.

    3.2.3.1.3. Rendre l'actualité électorale en annonçant un fiasco 

    Dans un contexte dominé par le report des élections, Nos deux journaux se sont mis au diapason de la polémique sur la tenue ou non des élections particulièrement la présidentielle en date du 30 décembre 2018. En soulevant les obstacles et les difficultés que rencontre la centrale électorale. Les exemples ci-dessous tirés de notre corpus sont plus explicites :

    - Les machines à voter face au défi de l'énergie électrique

    - Report des élections : les difficultés se multiplient69(*)

    - Report des élections : les doutes et les incertitudes persistent 70(*)

    - Jour J, reporté à la bonne date 71(*)

    3.2.3.2. Le discours titré du journal Le Phare

    3.2.3.2.1. Sensationnaliser l'information à l'aide des ponctuations

    Nous l'avons dit précédemment que les signes de ponctuation participent à l'effet sensationnel d'un titre de presse. Il s'agit principalement des ponctuations ci-après :Des deux points, du point d'exclamation, du point d'interrogation, du point de suspension, et le guillemet. La stratégie du journal Le Phare en faisant très souvent usage des signes de ponctuation dans la titraille peut s'expliquer selon L. Rosier cité par G. Lacaze à travers le besoin d'exprimer qu'il traite l'information avec objectivité72(*). En prenant distance dans le contexte congolais de la polémique ambiante qui caractérise le débat politique en période électorale. Les deux titres ci-dessous sont les plus éloquents :

    - Vraie-fausse alliance FCC-CACH : Ce que dit la constitution73(*)

    - CACH-FCC : Mariage constitutionnel ! 74(*)

    3.2.3.2.2. L'élection présidentielle en approche, rhétorique de l'impatience

    Le journal Le Phare a contribué à nourrir une sorte de rhétorique de l'impatience dans un climat de méfiance entre l'organisatrice des élections et les autres protagonistes surtout ceux de l'opposition. Dans ce contexte d'imbroglio sur la tenue ou non des élections, Le Phareatteste cette impatience en titrant dans son édition du lundi 24 décembre ce qui suit :

    - Report des élections. Mise en garde du CACH à la CENI : 30 décembre ...ligne rouge !75(*)

    - Elections : 7 jours de sursis

    Ce procédé permet à ces deux journaux d'assurer une sorte de tension narrative basée sur le suspens ou l'incertitude voire la surprise de la tenue ou non des élections surtout la présidentielle comme le suggère R. Baroni : « le phénomène qui survient lorsque l'interprète d'un récit est encouragé à attendre un dénouement, cette attente étant caractérisée par une anticipation teintée d'incertitude qui confère des traits passionnels à l'acte de réception. La tension narrative sera ainsi considérée comme un effet poétique qui structure le récit et l'on reconnaîtra en elle l'aspect dynamique ou la « force de ce que l'on a coutume d'appeler une intrigue. L'analyse de cet effet poétique se situe donc dans une perspective mettant en évidence la dimension émotionnelle des produits sémiotiques en général et des récits en particulier ».76(*)

    3.2.3.2.3. Une mise en avant d'un candidat

    Au premier niveau de notre analyse, nous avons affirmé que La Une du journal Le Phare était fondamentalement orienté vers un camp politique celui du candidat Félix Tshisekedi. Ceci se confirme lorsqu'on observe de très près la production du journal Le Phare, on constate une présence récurrente du candidat de l'udps.77(*) Raison pour laquelle nous rejoignons M-S. Frère lorsqu'elle estime en ce terme : « les médias congolais présentent un engagement politique affirmé qui influence la manière dont ils traitent l'information ».78(*) Voyons quelques titres du journal Le Phare pour illustrer ce que nous affirmons.

    - Felix Tshisekedi 5ème président de la RDC79(*)

    - Felix Tshisekedi : Le peuple d'abord !80(*)

    - La victoire de Felix Tshisekedi saluée par le SG de l'onu, le président de la CUA, le président sud-africain81(*)

    - Felix-Antoine Tshisekedi élu 5ieme Président de la RDC. Tous Kinshasa dans la rue82(*)

    3.2.3.3. Lediscours titré du journal Le Potentiel

    3.2.3.3.1. Des titrailles longues qui précisent l'information

    Le Potentiel se caractérise par des titrailles longues qui précisent l'information. Rappelons que nous avons attesté précédemment que Le Potentiel fait usage de plusieurs composants de la titraille (surtitre, sous-titre et intertitre). Ceci n'est pas sans incidence dans la longueur des titres que nous avons constatés au cours de nos analyses. Le surtitre aide à cadrer l'information dans une thématique alors que le sous-titre précise l'information. Il joue quelquefois la fonction d'accroche lorsqu'il est précédé d'un signe typographique.

    C'est à ce titre que Le Potentiel utilise ses accessoires du titre de presse. Ce constat va dans le sens de B. Grevisse lorsqu'il soutient ce qui suit à propos du titre et ses corollaires : « le titre comme l'élément principal de la titraille. Il comporte idéalement l'information essentielle et une accroche. En cas de bonne accroche, pas assez explicite d'un point de vue de l'info, l'avant-titre ou le sous-titre compléteront l'information du titre ».83(*) Les titrailles suivantes du journal Le Potentiel confirment notre point de vue :

    - Calendrier électoral réaménagé de la Céni. L'opposition amputée de son segment gagnant Beni-Butembo. Un projet diabolique de balkanisation84(*)

    - Privation de droit de vote aux électeurs de Beni, Butembo, et Yumbi. Ce vendredi Lamuka décrète l'opération « ville morte ». La solidarité se met en place85(*)

    3.2.3.3.2. Des titres brefs et percutants qui donnent envie de lire

    Le conseil de Cl. Furet contenu dans l'intitulé de son livre est très éloquent « le titre. Pour donner envie de lire ». Le journal Le Potentiel a bien saisi la quintessence de ce conseil. Si précédemment nous avons affirmé que Le Potentiel utilise des titrailles longues. C'est ici le lieu de rappeler aussi qu'au tout début de notre analyse, deux rubriques avaient attiré notre attention. Il s'agit de l'éditorial « A Haute voix », et la rubrique ponctuelle « La chronique de la campagne électorale ».

    Ces deux rubriques sont du genre commentaire qui favorise ces genres de titres très brefs et percutants qui captivent directement le lecteur. Comme pour paraphraser Cl. Furet en parlant du lecteur : « ce qu'il veut, c'est du béton, du massif, à la limite que chaque mot apporte une information ». Les exemples ci-dessous illustrent notre propos :

    - A la barre86(*)

    - Provocation87(*)

    - Psychose 88(*)

    - L'incendie, le bouc émissaire... et l'enquête89(*)

    3.3. Schémas narratifs remarquables

    Lanotion du schéma narratif est le bras séculier de la narratologie, elle soutient qu'un récit est idéalement composé des cinq séquences, la situation initiale, la complication, la transformation, le dénouement et la situation finale. Dans le cas de notre corpus, ces éléments de la séquence narrative se présentent comme suit :

    - Annonce du report des élections pour le 30 décembre 2018 correspond à la situation initiale ;

    - Annulation de l'élection présidentielle dans les circonscriptions de Beni, Butembo, et Yumbi correspond à la complication ;

    - L'attente des résultats correspond à la transformation ;

    - Publication des résultats correspond au dénouement ;

    - La consécration du vainqueur correspond à la situation finale.

    3.3.1. Le récit de la présidentielle de 2018 dans Le Phare et Le Potentiel

    3.3.1.1. En amont du jour J

    3.3.1.1.1. Le Phare

    Avant le jour J de la tenue des élections, le récit médiatique électoral de la présidentielle proposé par Le Phare tourne essentiellement autour du report des élections particulièrement la présidentielle à la date du 30 décembre 2018. C'est donc cet événement qui déclenche le début de notre récit. C'est-à-dire notre situation initiale. Le deuxième événement majeur avant la tenue des élections principalement la présidentielle est l'annulation du scrutin présidentiel dans les circonscriptions de Beni, Butembo, et Yumbi.

    La séquence narrative initiale du journal Le Phare se décline en trois temps. En premier lieu, Le Phare soulève différentes inquiétudes sur la tenue véritable des élections à la date du 30 décembre 2018. Car ce nouveau report des élections vient contredire l'optimisme affiché par le président de la commission électorale. Le journal écrit dans son édition du vendredi 21 décembre ce qui suit : « ...Pendant que Corneille Nanga animait son point de presse, le public qui avait pris d'assaut le périmètre de la CENI, sur le boulevard du 30 juin, protestait bruyamment contre le report des élections. La foule ne cessait de crier à son intention que ce report était en contradiction avec l'optimisme qu'il avait affiché une semaine plus tôt, après l'incendie qui avait ravagé plus de 8.000 machines à voter. Elle voulait savoir pourquoi il avait crié haut et fort qu'il organiserait les élections ce 23 décembre 2018 alors que les paramètres techniques indiquaient que ce n'était pas possible ».90(*)

    Il renforce cette inquiétude, en rappelant les précédents reports des élections en ce terme :« Est-ce que la date du 30 décembre prochain choisie hier par la CENI ne rappelle-t-elle pas dans les deux autres reports ? Comme le dit un adage de chez nous, il n'y a jamais deux sans trois. Ne faudrait-il pas s'attendre à un troisième report ? »91(*) Le journal se demande, si la CENI sera capable de tenir le délai supplémentaire de 7 jours qu'elle a annoncé : « Mais, est-elle sûre de surmonter, en l'espace d'une semaine, les obstacles logistiques sans nombre qui se présentent encore à elle dans un pays sans routes et sans électricité, où les forces négatives n'ont pas encore dit leur dernier mot ? »92(*)

    Le Phare relate la prise de position des différents camps politiques principalement celle du CACH coalition soutenant la candidature Felix Tshisekedi, qui voit dans ce report une nième stratégie de la CENI et du pouvoir en place pour ne pas organiser l'élection. Raison pour laquelle le candidat de cette plateforme Felix Tshisekedi explique à ses partisans de ne pas tomber dans ce piège de la CENI. Cet extrait tiré du journal Le Phare du Lundi 24 décembre est plus expressif : « le candidat n°20, Félix Tshisekedi Tshilombo. Dans son bref entretien avec les combattants venus comme d'habitude très nombreux pour entendre ce que pense la hiérarchie du « CACH » face à ce énième report des élections par la CENI, il s'est d'abord employé à calmer ses camarades qui tenaient à manifester pour dénoncer ce qui paraît à leurs yeux comme des manoeuvres de la CENI à ne pas organiser des élections. Avant d'expliquer aux combattants la nécessité d'aller avec l'adversaire jusqu'à son dernier retranchement. Le temps étant l'ennemi du mensonge, le pouvoir organisateur des élections manquera à dire aux Congolais. C'est ce qu'il appelle « Système Ya contre mur ».93(*)

    Dans cette séquence initiale du récit du journal LePhare, les péripéties de la campagne électorale sont racontées en trois temps. D'abord le journal relate les violences affligées aux partisans de l'opposition : « Des rassemblements de campagne électorale, organisés par l'opposition, ont été dispersés par des éléments de la police qui, faisant usage disproportionné de la force, ont causé des graves atteintes au droit à la vie et à l'intégrité physique des manifestants pacifiques ».94(*) Le journal poursuit cette thématique, en illustrant comment la campagne du candidat du FCC était un échec : « À l'heure de la campagne électorale, le FCC s'est révélé pour ce qu'il est : une machine électorale inefficace, qui s'est effondrée comme un château des cartes. C'était prévisible. Le FCC n'a pas su enrayer la descente aux enfers d'un pouvoir qui a déçu, et qui n'a plus rien à offrir aux Congolais. Il n'a fait qu'aggraver le sentiment de rejet que le peuple congolais éprouve à l'égard des hommes et des équipes qui organisent, chaque jour qui passe, son malheur ».95(*)

    Le Phare clôture cette partie en démontrant pourquoi le peuple congolais doit voter pour Felix Tshisekedi : « Fatshvit a fait la campagne que l'on attendait ; une campagne de proximité, populaire, dépourvue de toute agressivité. Lamuka a conduit une campagne populiste, agressive ; une campagne basée sur le slogan « Toboyi machine à voter », slogan qui a permis au porte-parole de cette coalition d'engranger des dividendes dont son propre parti politique risque de ne pas tirer grand profit. Il s'agissait en fait de l'électorat du MLC et d'Ensemble, ce qui peut ne pas interpeler tout observateur de la politique congolaise ».

    L'étape de la complication arrive avec l'annulation des élections dans les circonscriptions de Beni, Butembo, et Yumbi. Le récit de la complication de Le Phare est décliné en deux temps. D'abord,Le Phare raconte que la commission électorale diminue les chances de l'opposition de remporter les élections en supprimant plus d'un million d'électeurs dans les circonscriptions qui sont favorables à l'opposition : «... d'où, la mise à l'écart de plus d'un million d'électeurs de Beni, Butembo et Yumbi pour le scrutin présidentiel représente un grave préjudice pour les candidats à la présidentielle y ayant battu personnellement campagne ou l'ayant fait par le biais de leurs états-majors politiques locaux : cas de Martin Fayulu et Félix Tshisekedi. Il est anormal que la CENI, à laquelle tout le monde reconnaît les prérogatives du pouvoir organisateur des élections, ait décidé d'écarter les territoires et villes de Beni, Butembo et Yumbi de la présidentielle, sans possibilité de rattrapage pour leurs habitants en âge de voter ».96(*)

    Ensuite,Le Phare fustige la prise de position de la coalition soutenant la candidature de Martin Fayulu qui appelle à une ville morte. Le Phare considère cette action comme une erreur stratégique qui pourrait favoriser un nouveau report du scrutin en cas des débordements : « ... Il y a aussi la psychose, fortement ancrée dans les esprits, d'un énième couac pouvant provoquer un nouveau report des élections. A cet égard, l'appel à une « journée ville morte » à 48 heures des élections est perçu comme une béquille tendue au pouvoir en place pour justifier l'envoi des élections au-delà du 30 décembre 2018, pour cause d'insécurité ».97(*)

    3.3.1.1.2. Le Potentiel

    Dans cette première séquence, Le récit du journal Le Potentiel se décline en deux temps à savoir, le report des élections et l'annulation du scrutin à Beni, Butembo.

    Le report des élections constitue la situation initiale de notre récit. Mais cette situation initiale est racontée en trois séquences par Le Potentiel. Il raconte d'abord, les difficultés de la CENI qui amène le Journal à penser que les élections n'auront pas lieu à la date annoncée du 30 décembre 2018. Si quand bien même les élections se déroulent en cette date-là, elles ne seront pas crédibles : « Autant dire que le doute et les incertitudes vont continuer à dominer les neuf derniers jours avant la tenue des élections. Le doute c'est par rapport à la fiabilité des scrutins. Rien ne pressage que les résultats de vote traduiront réellement la vérité et la réalité des urnes ».98(*)

    Le Journal renchérit dans la même édition que, toutes les difficultés rencontrées par la commission électorale ne sont que des stratagèmes concoctés avec le pouvoir en place pour lui permettre de s'éterniser au pouvoir.

    Ex : « Autant la CENI et le régime en place ont inventé des motivations farfelues pour brouiller ce processus électoral depuis le début, autant il faut s'attendre à des nouvelles mauvaises surprises d'ici au 30 décembre ».99(*)

    - « Toutefois, un flou entoure les circonstances dans lesquelles s'est déclaré cet incendie... le régime ne peut être que le complice, voire l'instigateur, dudit incendie ».

    Le journal conclut que Martin Fayulu peut s'estimer heureux d'avoir réussi à faire reculer la Céni sur la question du dépouillement manuel ou électronique : « Quoi qu'il en soit, la coalition Lamuka peut se féliciter d'avoir réussi à amener la CENI à privilégier le comptage manuel dans le dépouillement des résultats. Ce qui constitue une étape importante pour des élections crédibles et transparentes à la nouvelle échéance du 30 décembre 2018 ».100(*)

    Du Côté de la séquence de la complication, le journal estime qu'un seul candidat est visé par l'annulation des élections à Beni, Butembo, et Yumbi. Il s'agit de Martin Fayulu qui est grandement désavantagé par cette annulation : « Dans tout le cas, la décision de la CENI a des motivations extrêmement politiques. Le choix de Beni et Butembo, deux grandes villes de la province du Nord-Kivu, réputé bastion de l'opposition, n'est donc pas le fait du hasard... Sur Papier, les villes de Beni et Butembo sont presqu'acquisses à l'opposition, tout particulièrement Martin Fayulu ».101(*)  

    3.3.1.2. Du schéma narratif émergent
    3.3.1.2.1. Le Phare

    Le schéma narratif étant la composition des cinq séquences narratives. Nous avons fait le choix de ressortir à ce stade les tendances narratives émergentes en vue d'élaborer un schéma narratif progressif qui n'est pas figé mais évolutif.

    Dans le récit développé par le journal Le Phare, une préoccupation émerge plus que d'autres, il s'agit de l'inquiétude sur la tenue ou non des élections à la date proposée par la CENI à savoir le 30 décembre 2018. Cela s'illustre par le ton pris dans la titraille des articles qui traitent de cette thématique dans l'édition du vendredi 21 juin 2018.

    EX : - Elections : 7 jours de sursis102(*)

    -Les machines à voter aux défis de l'énergie électrique103(*)

    Au centre de la stratégie narrative du journal Le Phare, on retrouve la personne de Felix Tshisekedi comme le sujet qui poursuit un but spécifique à ce stade du récit qui est de contraindre la CENI à organiser les élections : il s'est d'abord employé à calmer ses camarades qui tenaient à manifester pour dénoncer ce qui paraît à leurs yeux comme des manoeuvres de la CENI à ne pas organiser des élections. Avant d'expliquer aux combattants la nécessité d'aller avec l'adversaire jusqu'à son dernier retranchement. Le temps étant l'ennemi du mensonge, le pouvoir organisateur des élections manquera à dire aux Congolais. C'est ce qu'il appelle « Système Ya contre mur ».

    Ex : « Dans son bref entretien avec les combattants venus comme d'habitude très nombreux pour entendre ce que pense la hiérarchie du « CACH » face à ce énième report des élections par la CENI, il s'est d'abord employé à calmer ses camarades qui tenaient à manifester pour dénoncer ce qui paraît à leurs yeux comme des manoeuvres de la CENI à ne pas organiser des élections. Avant d'expliquer aux combattants la nécessité d'aller avec l'adversaire jusqu'à son dernier retranchement. Le temps étant l'ennemi du mensonge, le pouvoir organisateur des élections manquera à dire aux Congolais. C'est ce qu'il appelle « Système Ya contre mur ».104(*)

    De cet exemple, on constate que d'entrée de jeu, Le Phare construit sa narration de l'élection présidentielle en faisant usage de ce que J-C Likosi appelle « le récit de parole 105(*)» qui consiste à ce que, le narrateur à la troisième personne expose le déroulé de l'événement et filtre par transposition, c'est-à-dire au style indirect les paroles des personnages ; Ou le discours rapporté direct avec citation littérale des paroles permet d'abolir la distance et de reprendre les propos des sujets ; Ou enfin, les deux configurations sont conjuguées pour renforcer la crédibilité des faits rapportés.

    La CENI joue deux rôles à ce niveau du récit pour Le Phare. D'abord comme mandateur en annonçant la tenue des élections pour le 30 décembre et ensuite, comme opposant en multipliant des stratagèmes pour ne pas organiser les élections et empêcher Felix Tshisekedi de remporter les élections notamment avec l'annulation du scrutin présidentiel à Beni, Butembo, et  Yumbi  : « d'où, la mise à l'écart de plus d'un million d'électeurs de Beni, Butembo et Yumbi pour le scrutin présidentiel représente un grave préjudice pour les candidats à la présidentielle y ayant battu personnellement campagne ou l'ayant fait par le biais de leurs états-majors politiques locaux : cas de Martin Fayulu et Félix Tshisekedi ».

    Bien qu'opposé à la démarche de la coalition LAMUKA d'organiser une ville morte, le journal reconnait quand même la pertinence de son action bien que fustigeant le moment : « une initiative dont personne ne conteste la pertinence et la justesse car destinée à faire savoir à la CENI et aux décideurs politiques qui l'instrumentalisent que l'exclusion de plus d'un million d'électeurs de la présidentielle va porter préjudice irréparable aux candidats à la présidentielle ayant pour « fiefs électoraux » Beni, Butembo et Yumbi ».106(*)

    Ceci explique qu'à ce stade du récit électoral, Le Phare soutient Felix Tshisekedi tout en faisant une ouverture aux autres candidats de l'opposition qu'il considère comme les adjuvants de Felix Tshisekedi. Le schéma narratif sus évoqué peut être illustré de façon actantielle comme suit : 

    Axe de communication

    La CENI élection du 3o décembre F. Tshisekedi

    Axe du désir

    CACH F. Tshisekedi CENI

    LAMUKA FCC

    Axe du pouvoir

    3.3.1.2.2. Le Potentiel

    Le schéma narratif du journal Le Potentiel à ce stade du processus électoral se base sur l'incertitude quant à la tenue des élections. Les extraits suivants tirés des articles du journal Le Potentiel sont plus explicites.

    Ex : « Car si ce processus électoral doit, en théorie, permettre la première transition pacifique du pouvoir dans ce pays, il est déjà un désastre ».107(*)

    - « Toutefois, un flou entoure les circonstances dans lesquelles s'est déclaré cet incendie... le régime ne peut être que le complice, voir l'instigateur, dudit incendie ».108(*)

    L'annulation des élections à Beni, Butembo, et Yumbi qui est présenté comme un stratagème de la CENI et du FCC pour empêcher Martin Fayulu de remporter les scrutins du 30 décembre.

    Ex : « Dans tout le cas, la décision de la CENI a des motivations extrêmement politiques. Le choix de Beni et Butembo, deux grandes villes de la province du Nord-Kivu, réputées bastion de l'opposition, n'est donc pas le fait du hasard... Sur Papier, les villes de Beni et Butembo sont presqu'acquisses à l'opposition, tout particulièrement Martin Fayulu ».109(*)

    Dans cette première partie du récit, Le Potentiel place Martin Fayulu comme le sujet ou le héros de cette présidentielle et dresse à ses lecteurs, les opposants qui cherche à l'empêcher d'être d'atteindre son désir de remporter la présidentielle.

    Ces péripéties peuvent être représentées par le schéma actantiel comme suit :

    La CENI Report des élections M. Fayulu

    LamukaM. Fayulu La CENI

    FCC

    3.3.2. Après le Jour J

    Après la tenue des élections notamment la présidentielle, on observe une forme de transformation qui s'opère dans le récit médiatique électoral de deux journaux qui présentent les protagonistes non comme des candidats à l'élection mais comme de potentiel vainqueur du scrutin.

    3.3.2.1. Le Phare

    L'étape de la transformation est racontée par Le Phare en deux séquences. En premier lieu, le journal met en exergue la rumeur sur la supposée alliance entre Le FCC de Ramazany Shadary et le CACH de Felix Tshisekedi.Le journal botte en touche les rumeurs sur cette alliance, en arguant que la constitution a tout réglé concernant le mode d'accession au pouvoir. Le journal écrit ce qui suit dans son édition du mardi 8 janvier 2019 : « Puisque la constitution est claire au sujet du partage éventuel du pouvoir entre une force politique victorieuse à la présidentielle et cellemajoritaire au parlement et qu'il indique la procédure à suivre dans le cas de l'inexistence d'unemajorité parlementaire, il serait trop tôt de diaboliser un camp politique donné ».

     Le journal Le Phare poursuit en racontant la lenteur du processus des compilations des résultats et s'interroge si la CENCO est mieux outillée que la CENI : « La CENCO avec 40.000 observateurs électoraux, a réussi l'exploit de compiler 30% des résultats de la présidentielle du 30 décembre 2018 en l'espace de trois jours, sans appui logistique particulier. La question qui vient automatiquement à l'esprit est de savoir comment la CENI n'a pu faire autant avec des moyens logistiques... la CENCO serait-elle mieux outillée que la CENI ? »

    Le dénouement du récit arrive avec l'annonce de la victoire de Felix Tshisekedi comme président de la République démocratique du Congo. Le journal y décrit des scènes des liesses à travers le pays : « l'élection de Felix Antoine Tshilombo Tshisekedi à la magistrature suprême a été accueillie par des manifestations indescriptibles de joie aux quatre coins du pays et à l'étranger, où résident d'importantes colonies congolaises ».110(*)

    3.3.2.2. Le Potentiel

    Le Potentiel quant à lui, commence cette séquence narrative en relevant les dysfonctionnements du déroulement du scrutin : « ... Des machines à voter ont présenté de graves dysfonctionnements, sans compter la logistique électorale qui n'a pas suivi à temps, obligeant par moments la CENI à recourir à son stock de secours pour calmer des électeurs surchauffés ».111(*)

    Ensuite, le journal poursuit en évoquant les péripéties électorales notamment la compilation des résultats qui traine en longueur. Et ne profite pas au régime : « Pour le moment, l'heure est à la compilation des résultats. Des sources internes renseignent que la CENI serait déjà en possession de tous les résultats des centres de vote... Le 30 décembre 2018, l'on a assisté à un vote sanction d'une population qui voulait en découdre à tout prix avec le pouvoir en place par la voie des urnes ».112(*)

    Le journal évoque la rumeur faisant état d'une alliance sécrète entre le camp de Felix Tshisekedi et Le camp de Ramazany Shadary pour le partage du pouvoir et ainsi voler la victoire à Martin Fayulu qui a fait une grande percée dans les urnes selon le journal : « ...le deal que lui présente le FCC. Il s'agit de faire de lui, contre la vérité des urnes sans doute, le gagnant de la présidentielle du 30 décembre 2018 au détriment de Martin Fayulu ».113(*)

    3.3.3. Du schéma narratif émergent
    3.3.3.1. Le Phare

    Durant cette phase qui va de la transformation au dénouement. Le Phare s'installe comme un éclaireur de la lanterne de ses lecteurs sur les polémiques ambiantes qui se manifestent à l'aube de la tenue des élections présidentielles. En effet, le journal rappelle à ses lecteurs ce que dit la constitution sur l'exercice du pouvoir comme pour botter en touche la rumeur circulante faisant état d'une quelconque alliance entre le FCC et le CACH : « Le Président de la république nomme le premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation de celui-ci de la démission du gouvernement. Si une telle Majorité, le président de la république confie la mission d'information à une personnalité en vue d'identifier une majorité ».114(*)

    Ensuite, le journal accueille avec satisfaction la victoire annoncée de Felix Tshisekedi personnage central du récit élaboré par Le Phare arguant que : « Qu'il récolte enfin le fruit juteux de la longue lutte de son père, à savoir plus de 36 ans pour la restauration de la démocratie et de l'Etat de droit dans l'ex-Zaïre d'abord et la République Démocratique du Congo115(*).Le journal ajoute que le peuple accueilli avec satisfaction la victoire de son champion : « Des cris de joie assourdissants et des sifflets ont salué la victoire électorale de celui qu'ils appellent familièrement Fatshi, dont la Côte de popularité est montée tellement en flèche qu'elle frôle pratiquement celle de son père ».116(*) Cette séquence peut être représentée de façon actantielle comme suit :

    CENI Victoire de F. Tshisekedi Peuple

    Le peuple F. Tshisekedi Lamuka

    CACH

    3.3.3.2. Le Potentiel

    Pour sa part le schéma du journal Le Potentiel se décline en trois considérations. D'abord le journal évoque le retard pris par la CENI pour la publication des résultats estimant que cela est fait à dessein pour tripatouiller les résultats surtout de la présidentielle.

    EX : « Pour le moment, l'heure est à la compilation des résultats. Des sources internes renseignent que la CENI serait déjà en possession de tous les résultats des centres de vote... Le 30 décembre 2018, l'on a assisté à un vote sanction d'une population qui voulait en découdre à tout prix avec le pouvoir en place par la voie des urnes ».117(*)

    Le Potentiel évoque que le peuple congolais a élu son président, et il n'est pas le fruit d'une négociation. Le Peuple congolais n'a pas élu un président provençal. Et que vraisemblablement il s'agit de Martin Fayulu. Le journal fustige en dernier lieu la rumeur faisant état d'une alliance entre le FCC et le CACH et doute par conséquent de la victoire de Félix Tshisekedi :« On sait de toute façon que la consécration de Félix Tshisekedi a été précédéed'intense négociation entre son camp politique le CACH et la majorité au pouvoir le FCC118(*). Ces sérialités narratives peuvent être représentées comme suit :

    Le peuple résultat des élections M. Fayulu

    Lamuka M. Fayulu CENI

    Peuple CACH

    FCC

    3.3.4. Après la publication des résultats

    3.3.4.1. Le Phare

    Le Phare fait une sorte de consécration du vainqueur en relatant la joie de la population, les messages des félicitations de différentes organisations, et des attentes de la population envers l'heureux élu. Comme l'illustre l'article parut, le vendredi 11 janvier 2019 est intitulé : « La victoire de F. Tshisekedi saluée par le SG de l'ONU, le président de la CUA, le président sud-africain ».  Le journal rapporte que La CENCO fait état d'une compilation différente avec la CENI : les données collectées par leur mission d'observation à partir des bureaux de vote et de dépouillement ne correspondent pas aux résultats de Nangaa ».119(*)

    Le journal déconseille à Martin Fayulu de faire recours à la cour constitutionnelle car il sera là en manque criant des preuves : « l'on doute que Martin Fayulu et ses avocats soient en mesure de démontrer, devant la cour constitutionnelle, que la différence de plus de 982.000 voix entre lui et Felix Tshisekedi, déclaré vainqueur provisoire de la présidentielle relèverait de la tricherie, ou pire d'une conspiration électorale entre lui et la famille politique de l'actuel chef de l'état Joseph Kabila ».120(*)

    3.3.4.2. Le Potentiel

    Le Potentiel est moins dithyrambique sur la victoire de Felix Tshisekedi en disant que c'est le fruit d'une négociation sagement menée par Joseph Kabila que le journal accole la qualité de tacticien qui sort par la grande porte : « Joseph Kabila a créé la surprise en deux temps. D'abord, il a désigné un dauphin ; ensuite, il a laissé un opposant remporter l'élection présidentielle qu'il a lui-même organisée. Du coup, il a déjoué tous les pronostics qui, après deux ans de glissement du cycle électoral prévu initialement le 20 septembre 2016, lui donnaient pour un accrocheur ».121(*)

    Pour se convaincre de cette supercherie Le Potentiel épingle la compilation divergente de La CENCO comme l'illustre l'article intitulé : « Felix Tshisekedi, Vainqueur de la Présidentielle : La CENCO prend acte, mais ».Et que le vrai vainqueur c'est Martin Fayulu. Il n'est pas proclamé vainqueur à cause de l'accord secret entre le FCC et Le CACH : on sait de toute façon que la consécration de Félix Tshisekedi a été précédée d'intense négociation entre son camp politique le CACH et la majorité au pouvoir le FCC.122(*)

    3.3.5. Schémas narratifs remarquables

    Après avoir dégagé les différentes séquences narratives élaborées par nos deux journaux de manière évolutive. On peut ressortir les schémas narratifs remarquables de l'ensemble du récit médiatique des journaux analysés à l'aide du schéma actantiel d'a.J. Greimas comme suit :

    3.3.5.1. Le Phare

    Le schéma narratif du journal Le Phare est que dans l'axe de communication, le peuple a transmis le message à travers le vote à Felix Tshisekedi qu'il a élu comme président de la République Démocratique du Congo. Dans l'axe du désir, Félix Tshisekedi ayant accepté cela se prépare à être investi par la cour constitutionnelle. Et enfin dans l'axe du pouvoir, il se fait aider par la coalition CACH, et La CENI, alors que la coalition Lamuka et la CENCO s'oppose à cette victoire.

    Le Peuple Président de la république F. Tshisekedi

    CACH Félix Tshisekedi Lamuka

    CENI CENCO

    3.3.5.2. Le Potentiel

    Leschéma narratif élaboré par Le Potentiel est que dans l'axe de communication, le peuple a élu Martin Fayulu comme président de la République Démocratique du Congo. Dans l'axe de Pouvoir, Martin Fayulu veut mener le combat de la vérité des urnes pour reprendre son pouvoir volé). Et enfin du côté de l'axe du pouvoir, il se fait aider par la coalition Lamuka et la CENCO, alors que la coalition CACH, FCC, et la CENI s'oppose à cette victoire.

    Le Peuple Président de la république Martin Fayulu

    LAMUKA M. Fayulu CENI

    CENCO FCC

    CACH

    3.4. La construction des personnages

    Les tendances politiques de nos deux journaux ont émergé dans la précédente partie consacrée au schéma narratif. Voyons à présent si cette tendance se confirme dans la construction des personnages.

    3.4.1. Le portrait des personnages

    3.4.1.1. Le personnage de Tshisekedi dans Le Phare : candidat et vainqueur légitime

    Le personnage de Tshisekedi est l'héro du récit raconté par le journal Le Phare. En effet toutes les péripéties tournent autour de ce personnage. Le journal lui attribue dans différentsarticles plusieurs qualificatifs pour indiquer aux lecteurs qu'il est le candidat idéal pour occuper le poste de Président de la république. Au début du récit, le journal le présente comme le meilleur candidat avec des qualificatifs tels que : « le ticket gagnant », « fatshvit » ou simplement le candidat numéro 20. Les exemples ci-dessous sont plus éloquents.

    EX : - « Fatshvit a fait la campagne que l'on attendait ; une campagne de proximité, populaire, dépourvue de toute agressivité ».123(*)

    - « Le peuple a choisi son camp. Il a besoin de vivre. Il a besoin d'une renaissance. Cette renaissance a son ticket gagnant. Il est dans l'opposition... Bonsoir chez vous. Priez pour le ticket gagnant ».124(*)

    Après la publication des résultats, le journal continu dans la même lancée en ajoutant parmi ses attributs ; président du plus vieux parti de l'opposition, fils du sphinx opposant intransigeant, le candidat qui a battu une campagne sincère. Et pour finir le 5ième président de la république et président du peuple d'abord.

    - EX : « Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, fils du feu l'opposition historique Etienne Tshisekedi, a été proclamé, hier mercredi 9 Janvier 2019, par Corneille Nanga, vainqueur de l'élection présidentiel... ».125(*)

    On constate que Le Phare construit le personnage de Felix Tshisekedi, en faisant référence à ses surnoms qui marquent une forme de proximité entre le journal, le candidat, et le public comme l'illustre M. Erman : « ... possède une valeur caractérisant plus forte qu'un simple nom car il désigne un personnage tout en référant à un énonciateur qui se veut le garant de la valeur de vérité. Celui-ci témoigne que le signe convient à la personne qu'il désigne et assume son point de vue subjectif en adoptant implicitement une attitude propositionnelle d'identification. Le surnom joue donc le rôle d'un commentaire métalinguistique qui explique le personnage tout en le singularisant ».126(*)

    3.4.1.2. Le personnage de Fayulu dans Le Phare : Un candidat par Procuration

    Le Phare décrit le personnage de Fayulu comme un candidat illégitime qui est devenu un sérieux prétendant à la magistrature suprême par procuration. En effet, pour illustrer que le choix de Fayulu n'est pas le bon. Le journal associe le nom de Martin Fayulu avec plusieurs qualificatifs. Il désigne par le terme de « candidat des affairistes » ou encore soldat de la coalition Lamuka pour les élections sans machines à voter.

    Le journal ajoute à cela qu'il ne serait pas un bon candidat car il a battu campagne sur un malentendu avec le slogan « élection sans machine à voter » ou « Toboyi Machine à voter ». Et n'a même pas pris la peine de s'amender devant les millions des congolais.

    - Ex : « Lamuka a conduit une campagne populiste, agressive ; une campagne basée sur le slogan « Toboyi machine à voter », slogan qui a permis au porte-parole de cette coalition d'engranger des dividendes dont son propre parti politique risque de ne pas tirer grand profit ».127(*)

    - « s'il nous faut - provisoirement - confiner Martin Fayulu à son rôle de porte-voix ou plutôt de soldat de la coalition Lamuka (mission remplie avec succès), nous devons reconnaître, avec gravité, que la bataille de leadership, au sein de l'opposition, se joue entre un ticket de politiciens (Fatshvit) et un ticket composé de millionnaires affairistes, qui savent qu'on ne peut prospérer qu'en faisant de bons investissements. Que le profit ne fait pas toujours bon ménage avec le social ».

    3.4.1.3. La présence des personnages par la photographie dans Le Phare

    Contrairement au journal Le Potentiel, Le Phare donne une place de choix à la photographie notamment celui de Felix Tshisekedi. Il apparait à six reprises durant notre période de recherche. Le journal consacre même un reportage photo de la victoire de Felix Tshisekedi dans son édition du 11 Janvier 2019. Le personnage de Martin Fayulu apparait deux fois dans le journal durant notre période de recherche dans des articles qui lui sont clairement consacrés.

    3.4.1.4. Le Personnage de Tshisekedi dans Le Potentiel : Un Candidat sérieux mais mal élu

    Le Potentiel fait le portrait d'un personnage ambivalent. En effet au tout début du récit Le Potentiel décrit le personnage de Tshisekedi comme un candidat sérieux. Un des jokers de l'opposition, candidat du principal parti de l'opposition, et fait partie du trio de tête.

    Ex : « Nous avons vu le pays fonctionner pendant la période de Matata. Nous ne sommes pas ses partisans, mais on doit être juste envers celui qui a fait mieux, a déclaré le chef du principal parti de l'opposition congolaise ».128(*)

    Après la date du scrutin on observe une dépréciation du candidat Tshisekedi. Le Journal le désigne comme étant entrain de négocier le pouvoir. Le journal affirme même qu'il aurait accepté le deal que la plateforme de Joseph Kabila lui a présenté. Et le journal de confirmer dans son édition du 10 janvier 2019 ce qui suit : 

    Ex : « on sait de toute façon que la consécration de Félix Tshisekedi a été précédée d'intense négociation entre son camp politique le CACH et la majorité au pouvoir leFCC.129(*)

    - « En attendant la publication des résultats par la CENI des réunions politiques se multiplient dans la ville haute pour amener Felix Tshisekedi à accepter le deal que lui présente le FCC... »130(*)

    3.4.1.5. Le personnage de Martin Fayulu dans Le Potentiel : la victime du Processus électoral

    Du début du récit du journal à sa fin, Martin Fayulu est présenté comme la victime du processus électoral. Le journal commence par indiquer que l'incendie de l'entrepôt de la CENI a été fait à dessein pour faire porter le chapeau au candidat Martin Fayulu qui a fait une énorme percée durant la campagne électorale.

    Ex : « Le pouvoir en place cherche à discréditer le candidat de Lamuka Martin Fayulu, tout en pataugeant dans le dossier de l'incendie de l'entrepôt de la CENI. Tout le monde a compris que Shadary, seul, ne pourra jamais justifier une victoire à la présidentielle ».131(*)

    Dans le même ordre d'idées le journal poursuit en affirmant que l'annulation des élections à Beni, Butembo, et Yumbi vise la personne de Martin Fayulu car ces circonscriptions électorales sont réputées proche de l'opposition notamment la coalition Lamuka. Et le journal d'affirmer que le candidat de la coalition Lamuka a été victime de ses positions trop tranchées vis à vis du camp au pouvoir.

    Ex : « Le candidat de la coalition LAMUKA aussi réagi dans son compte tweeter... c'est une énième stratégie pour détourner la vérité des urnes ».132(*)

    3.4.1.6. La présence des personnages par la photographie dans Le Potentiel

    Durant la période d'étude la photographie des deux candidats est quasiment absente du journal Le Potentiel. Nous avons comptabilisé seulement trois photos de ces deux personnages-clés. Contrairement à ce que l'on pourrait penser le personnage de Tshisekedi apparait deux fois alors que celui de Martin Fayulu apparait une fois sachant que le journal est plutôt proche du second que de la première cité.

    Ø Conclusion partielle

    Ce chapitre était consacré essentiellement à l'analyse de la construction du récit médiatique électoral de la présidentielle de 2018. En commençant par l'analyse de l'identité éditoriale, ensuite de la titraille de presse, de l'élaboration du schéma narratif, et pour terminer avec la construction de deux personnages majeurs de ce processus à savoir Martin Fayulu et Felix Tshisekedi.

    5 Conclusion générale

    Au départ de cette étude, une préoccupation était au centre de notre questionnement à savoir « comment les médias arrivent à construire un récit sur l'événement élection présidentielle ? »Pour répondre à un tel objet d'étude, nous avons inscrit notre recherche dans le cadre d'une socio-narratologie qui postule que le travail de mise en récit va de pair avec le contexte de production.

    C'est pourquoi, nous sommes partis de l'hypothèse selon laquelle, les médias construisent leur narration électorale en personnifiant les nouvelles au seul candidat de leur choix. A qui ils accolent les meilleurs qualificatifs. Ainsi, avant de décortiquer les mécanismes de mise en récit de l'élection présidentielle par les journaux de Kinshasa. Il nous a fallu vérifier grâce aux propriétés tangibles et visibles des journaux l'orientation politique sinon idéologique de chaque journal composant notre objet d'étude.

    Raison pour laquelle, l'étude de la Une et de la rubrique a révélé le caractère politique de chaque journal à des degrés divers. Si pour Le Phare l'orientation politique a été clairement décelé pour Le Potentiel par contre, elle est plus nuancée avec une place de choix pour d'autres domaines d'actualités notamment l'économie.

    Poursuivant dans la même lancée, nous avons décortiqué la composition formelle de la titraille de presse en période électorale. Un constat nous a paru éloquent, bien que nos médias soient friands du titre incitatif en période électorale, ils utilisent tout autant le titre informatif. Cependant, dans les marques textuelles du titre Le Potentiel s'est caractérisé par des titrailles longues et des titrailles brèves et percutantes. Le Phare s'est démarqué par des titrailles sensationnelles et commentatives.

    La construction du schéma narratif a permis de ressortir de façon éclatante l'influence sociale du politique dans les contenus produit par les médias congolais. Les récits produits par les deux journaux sont majoritairement orientés pour nuire à l'autre camp voire insinuépourquoi on ne devra pas voter pour tel ou tel autre candidat ; consacrant par la même occasion la polémique politicienne qui anime les discussions dans les rues de la ville de Kinshasa.

    Du côté de la construction de personnage, on remarque rapidement que celle-ci se fait sporadiquement par la photographie mais plutôt par une série des termes valorisants ou dépréciatifs attribués à l'un ou l'autre candidat selon l'obédience politique du média.

    Tout compte fait, l'influence du politique dans la construction du récit électoral s'est confirmée au fil de nos analyses. Certes, chaque média revendique une certaine indépendance éditoriale mais dans la construction du récit médiatiqueélectorale, le caractère partisan transparait de façon éclatante. Et chaque média (du moins ceux composant notre corpus) a élaboré un récit médiatique électoral sur fond d'un positionnement politique qui confirme notre hypothèse de départ que chaque média en période électorale construit sa narration en mettant en avant les qualités du candidat qui a leur faveur. A qui ils accolent les meilleurs qualificatifs.

    6 Bibliographie et Webographie

    a) Bibliographie

    1. Dictionnaire et encyclopédie

    - Ducrot. O etSchaeffer. O, Nouveau dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Paris, édition du seuil, 1995.

    2. Ouvrage

    - Frère. M-S., Le paysage médiatique congolais : état de lieu, enjeux et défis, Paris, FCI, 2008

    - Derèze. G., Méthodes empiriques de recherche en communication, Bruxelles, de boeck,2015

    - Bres. J., La Narrativité, Louvain-la-Neuve, Editions Duculot, Coll. « Champs linguistiques »,1994.

    - Adam. J-M.Et Revaz. F., l'analyse du récit, Paris, PUF, 1996.

    -Everaert-Desmedt, N., Sémiotique du récit, Bruxelles, De Boeck,2000.

    - Marin. L., Le récit est un piège,Paris, Ed. Du Minuit, 1978.

    - Genette. G., Nouveau discours du récit, Paris, Le Seuil, 1989

    - Charaudeau. P.,Les médias et l'information. L'impossible transparence du discours, Bruxelles, Coll. Médias Recherches, De Boeck Université, 2005.

    - Baroni. R.,La tension narrative. Suspense, curiosité et surprise, Paris, Le Seuil, 2007.

    -Adam J-M.,Les textes/ types et prototypes. Récit, description, argumentation, explication et
    dialogue.
    Paris, Nathan Université, Coll. Fac. Linguistique, 1992.

    - Adam J-M., Le Récit, Paris, PUF,1994.

    -Grevisse. B., Le temps des journalistes. Essai de narratologie médiatique. Louvain-la-Neuve, CIACO, 1997.

    - Coulomb-Gully, La démocratie mise en scène. Télévision et élections, paris, Ed. CNRS, 2000

    - Maingueneau. D., Le contexte de l'oeuvre littéraire, Paris, Dunod, 1993.

    - Schaeffer. J-M., Qu'est-ce qu'un genre littéraire ? Paris, Le Seuil, Coll. « Poétique », 1989.

    - Adam. J-M et Revaz. F., l'analyse du récit. Paris, Seuil, 1996.

    - Lits. M., Du récit au récit médiatique, Bruxelles, Ed. De Boeck Université, 2008.

    -Charaudeau. P., Le discours de l'information médiatique. La construction du miroir social, Paris, Nathan, 1997.

    -Furet. Cl., Le titre. Pour donner envie de lire, Paris, Ed. Du CFPJ, Coll. CFPJ, N°49,
    1995.

    - Jouve. V., Poétique des valeurs, Paris, P.U.F., 2001.

    - Jouve.V., Poétique du roman, Paris, Armand Colin, 2000.

    - Véron. E., Construire l'événement, Paris, Les Editions de Minuit, 1981.

    - Ringoot. R., Analyser le discours de la presse, Paris, Armand colin, 2014.

    - Erman. M., Poétique du personnage de roman, Paris, Ellipses,2006.

    3. Articles

    - Angelet. C, et Herman. J., « narratologie », in M. Delcroix, Hallyn (Ed), méthodes du texte. Introduction aux études littéraires, Paris-Gembloux, Duculot, 1987.

    -Ringoot. R., « Discours journalistique : Analyser le discours de presse auprisme de la ligne éditoriale », dans, Ringoot, R., & Robert-Demontrond, l'analyse de discours Ed. Apogée - Ireimar, Renne, 2004.

    -Laforest. Met Vincent. D., « Du récit littéraire à la narration quotidienne », dans,
    M. Laforest, (Dir.) Autour de la narration, Canada, Nuit Blanche Edition, 1996.

    - Hallyn. F et Jacques,« Aspects du paratexte », dans, M. Delcroix, F. Hallyn, (Dir.), Introduction aux études littéraires, Louvain-la-Neuve, Duculot, 1987.

    - Barthes. R., introduction à l'analyse structurale du récit, in communication 8, 1966.

    -Benveniste. E., Les relations de temps dans le verbe français », dans, Problèmes de linguistique
    générale I
    , Paris, Gallimard, Coll. « Tel. »1966.

    - Lits. M., Le récit médiatique : un oxymore programmatique ? » dans, Recherches en communication, n°7,1997.

    - Marion. Ph., « Signes extérieurs du récit. Affaire Van der Biest et saga médiatique », dansF. Antoine, La médiamorphose d'Alain Van der Biest. Lectures d'une narrationjournalistique, Bruxelles, Vie Ouvrière, 1993.

    - Picard. J-C., Les nouvelles stratégies éditoriales de la presse écrite : un regard sur l'évolution de la Une du quotidien Le Soleil in cahiers du journalisme N°10, 2002.

    4. Thèse doctorale

    - Likosi. J-C., Récit électoral 2006 et dynamique presse-politique en RD Congo : contribution à une socio-narratologie médiatique, thèse, UCL,2014, P79

    b) WEBOGRAPHIE

    -Hébert. L., « Le modèle actantiel », dans Louis Hébert (Dir.), Signo [en ligne], Rimouski (Québec), U.R.L. http://www.signosemio.com/greimas/modele-actantiel.asp

    - Lacaze. G., Responsabilité et prise en charge énonciative dans le titre d'articles de presse, U.R.L. Responsabilité et prise en charge énonciatives dans les titres d'articles de presse (openedition.org)

    Table de matières

    IN MEMORIAM I

    DEDICACE II

    REMERCIEMENTS III

    EPIGRAPHE V

    LISTE DES ABRÉVIATIONS VI

    0. INTRODUCTION 1

    0.1. PROBLÉMATIQUE ET OBJET D'ÉTUDE 1

    0.2. QUESTIONS DE LA RECHERCHE 2

    0.3. HYPOTHÈSES DE LA RECHERCHE 2

    0.4. CADRE THÉORIQUE 3

    0.5 MÉTHODOLOGIE 3

    0.5. TECHNIQUE 4

    0.6. CHOIX ET INTÉRÊT DU SUJET 4

    0.7. DÉLIMITATION DU SUJET 5

    0.8. STRUCTURE DU TRAVAIL 5

    CHAPITRE I : CLARIFICATION CONCEPTUELLE, THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE 6

    1.1. CLARIFICATION CONCEPTUELLE 6

    1.1.1. Narratologie 6

    1.1.2. Le récit 8

    1.1.3. Le récit médiatique 11

    1.1.4. Récit médiatique électoral 12

    1.2. CADRE THÉORIQUE 15

    1.2.1. La Socio-Narratologie 15

    1.2.2 Soubassement théorique de la socio-narratologie médiatique 16

    1.2.3 Une approche socio-narratologique du récit médiatique électoral congolais 18

    1.3. CADRE MÉTHODOLOGIQUE 18

    1.3.1. L'identité éditoriale de la presse écrite congolaise 19

    1.3.2. L'analyse des fonctions et marques textuelles des titrailles électorales 20

    1.3.3 Le repérage des schémas narratifs remarquables 22

    1.3.4 La construction des personnages 25

    CHAPITRE II : PRÉSENTATION DES JOURNAUX ET PRISE EN MAIN DU CORPUS 26

    2.1. PRÉSENTATION DES JOURNAUX 26

    2.1.1. Le Potentiel 26

    2.1.2. Le Phare 29

    2.2. PRISE EN MAIN DU CORPUS 32

    2.2.1. Composition du corpus 32

    CHAPITRE III : ETUDE DE LA CONSTRUCTION DU RÉCIT MÉDIATIQUE ÉLECTORAL DE LA PRÉSIDENTIELLE DE 2018 36

    3.1. L'IDENTITÉ ÉDITORIALE DE LA PRESSE ÉCRITE CONGOLAISE 36

    3.1.1. La Une page sanctuarisée et garant de l'identité du journal 36

    3.1.2. L'information de la présidentielle dans les rubriques 42

    3.2. FONCTIONS ET MARQUES TEXTUELLES DU TITRE DE PRESSE 45

    3.2.1. Compositions formelles de la titraille 45

    3.2.2. Fonctions du titre 48

    3.2.3. Marques textuelles du titre de presse 51

    3.3. SCHÉMAS NARRATIFS REMARQUABLES 57

    3.3.1. Le récit de la présidentielle de 2018 dans Le Phare et Le Potentiel 58

    3.4. LA CONSTRUCTION DES PERSONNAGES 71

    3.4.1. Le portrait des personnages 71

    CONCLUSION GÉNÉRALE 77

    BIBLIOGRAPHIE ET WEBOGRAPHIE 79

    TABLE DE MATIÈRES 82

    * 1M-S. FRERE, Le paysage médiatique congolais : état de lieu, enjeux et défis, Paris, FCI, 2008, p.71

    * 2 R. RINGOOT, « Discours journalistique : Analyser le discours de presse auprisme de la ligne éditoriale », dans, Ringoot, R., & Robert-Demontrond, l'analyse de discours Ed. Apogée - Ireimar, Renne, 2004, p.83

    * 3G. DEREZE, Méthodes empiriques de recherche en communication, Bruxelles, De Boeck,2015, p.66

    * 4J-C. Likosi, Récit électoral 2006 et dynamique presse-politique en RD Congo : contribution à une socio-narratologie médiatique, thèse, UCL,2014, p.79

    * 5J-C. Likosi, Op. Cit., p.62

    * 6 O. Ducrot et J-M. Schaeffer, Nouveau dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Paris, édition du seuil, 1995, p.228

    * 7 C. Angelet, J. Herman, « Narratologie », in M. Delcroix, Hallyn (Ed), Méthodes du texte. Introduction aux études littéraires, Paris-Gembloux, Duculot, 1987, pp.168-201

    * 8J-C. Likosi, Op. Cit., p.53

    * 9J-C. Likosi, op. Cit., p.53

    * 10 J-C. Likosi, op.Cit., p.54

    * 11 J. BRES, La Narrativité, Louvain-la-Neuve, Editions Duculot, Coll. « Champs linguistiques », 1994, p.7

    * 12R. Barthes, Introduction à l'analyse structurale du récit, in communication 8, 1966, p.7

    * 13J-M. Adam et F Revaz, L'analyse du récit, Paris, PUF, 1996, p.13

    * 14J-M. Adam, Le Récit, Paris, PUF,1994, pp.86-95

    * 15N. Everaert-Desmedt, Sémiotique du récit, Bruxelles, De Boeck, 2000, p.13

    * 16 M. Laforest et D. Vincent, « Du récit littéraire à la narration quotidienne », dans, Laforest, M., (Dir.) Autour de la narration, Canada, Nuit Blanche Edition, 1996, p.20

    * 17L. Marin, le récit est un piège,Paris, Ed. Du Minuit, 1978, pp.9-11

    * 18E. Benveniste, Les relations de temps dans le verbe français », dans, Problèmes de linguistiquegénérale I, Paris, Gallimard, Coll. « Tel. »1966, pp.237-251

    * 19 R. Barthes, Op cit., pp.10-16

    * 20 G. Genette, Nouveau discours du récit, Paris, Le Seuil, 1983, p.30

    * 21P. Charaudeau,Les médias et l'information. L'impossible transparence du discours, Bruxelles, Coll. Médias Recherches, De Boeck Université, 2005, p.39

    * 22B. Grevisse, Le temps des journalistes. Essai de narratologie médiatique. Louvain-la-Neuve, CIACO, 1997, p.77

    * 23M. Lits, « Le récit médiatique : un oxymore programmatique ? » dans, Recherches en communication, n°7,1997, p.128

    * 24 Ph. Marion, MARION, Ph., « Signes extérieurs du récit. Affaire Van der Biest et saga médiatique », dans F. Antoine, La médiamorphose d'Alain Van der Biest. Lectures d'une narrationjournalistique, Bruxelles, Vie Ouvrière, 1993, pp.91-100

    * 25Coulomb-Gully, La démocratie mise en scène. Télévision et élections, Paris, Ed. CNRS, 200, pp.21-22

    * 26J-C Likosi, Op. Cit., pp.40-41

    * 27Coulomb-Gully, Op. Cit., p.21

    * 28J-C Likosi, Op. Cit., p.45

    * 29J-C Likosi, Op. Cit., p.79

    * 30D. Maingueneau, Le contexte de l'oeuvre littéraire, Paris, Dunod, 1993, pp.19-20

    * 31 J-M Schaeffer, Qu'est-ce qu'un genre littéraire ? Paris, Le Seuil, Coll. « Poétique », 1989, pp.134-135

    * 32 J-M Adam et Revaz, L'analyse du récit. Paris, Seuil, 1996.p10

    * 33 M. Lits, Du récit au récit médiatique, Bruxelles, Ed. De Boeck Université, 2008, p.70

    * 34 J-C Likosi, Op. Cit., p.83

    * 35 J-C Likosi, Op. Cit., p.83

    * 36 R. Ringoot, op cite., pp.87-115

    * 37P. Charaudeau, Le discours de l'information médiatique. La construction du miroir social, Paris, Nathan, 1997, pp. 115 et 160

    * 38F. Hallyn et Jacques,« Aspects du paratexte », dans, M. Delcroix, F. Hallyn, (Dir.), Introduction aux études littéraires, Louvain-la-Neuve, Duculot, 1987, pp.202-215

    * 39Claude Furet, Le titre. Pour donner envie de lire, Paris, Ed. Du CFPJ, Coll. CFPJ, N°49, 1995, pp.13-25

    * 40 J-C Likosi, op. Cit., p.103

    * 41V. Jouve, Poétique des valeurs, Paris, P.U.F., 2001, pp.18-22

    * 42J-C Likosi, op. Cit., p.105

    * 43J-C Likosi, op cit., p.106

    * 44E.Véron, Construire l'événement, Paris, Les Editions de Minuit, 1981, p.8

    * 45V.Jouve, Poétique du roman, Paris, Armand Colin, 2000, p.37

    * 46 V. Jouve, Op cit, pp55-56

    * 47L. Hébert, « Le modèle actantiel », dans Louis Hébert (dir.), Signo [en ligne], Rimouski (Québec),  http://www.signosemio.com/greimas/modele-actantiel.asp, consulté 13 juillet 2021 à 15h13

    * 48Service de documentation et archive du journal Le Potentiel

    * 49Service d'archive du journal Le Potentiel

    * 50 Indépendamment de notre volonté, il apparait dans le présent corpus le manque de certaines éditions, cela est dû par la perte de ces différents numéros par les services d'archive de deux journaux.

    * 51R. Ringoot, Analyser le discours de la presse, Paris, Armand colin, 2014, p.75

    * 52J.C Picard, Les nouvelles stratégies éditoriales de la presse écrite : un regard sur l'évolution de la Une du quotidien Le Soleil in cahiers du journalisme N°10, 2002, p.75

    * 53Signalons que dans notre travail un article est encodé une seule fois

    * 54P. CHARAUDEAU, Langage et discours. Eléments de sémiolinguistique, Paris, Hachette,1983

    * 55 Y. Agnes, Manuel du journalisme. L'écrit et le numérique, Paris, La découverte,2015.

    * 56J-C Likosi, Op cit., p103

    * 57Le phare n° 5964 du vendredi 28 décembre 2018, p.3

    * 58Le Potentiel n°7501 du vendredi 21 décembre 2018, p.2

    * 59Le Phare n° 5960 du vendredi 21 décembre 2018, p.2

    * 60Le Phare n° 5963 du jeudi 27 décembre 2018, pp.2-3

    * 61Le Potentiel n°7501 du vendredi 21 décembre 2018, p.10

    * 62 Sullet-Nylander, Le titre de presse. Analyse syntaxique, pragmatique et rhétorique, Stockholm, Akademitryck AB, 1998, p.35

    * 63Cl. Furet, Le titre. Pour donner envie de lire, Paris, Ed. Du CFPJ, Coll. CFPJ, N°49, pp.20-25

    * 64 G. Lacaze, Responsabilité et prise en charge énonciative dans le titre d'articles de presse, Responsabilité et prise en charge énonciatives dans les titres d'articles de presse (openedition.org), consulté le 5 août 2021 à 10h 34

    * 65Le Potentiel n°7501 du vendredi 21 décembre 2018, p.2

    * 66Le Potentiel n° 7505 du jeudi 27 décembre 2018, p.16

    * 67Le Phare n°5961 du lundi 24 décembre 2018, p.2

    * 68J-L Martin-Lagardette, Le secret de l'information journalistique. Informer convaincre, Paris, syros,1994

    * 69Le Potentiel n°7501 du vendredi 21 décembre 2018, p.5

    * 70Idem, p.16

    * 71Ibidem, p.16

    * 72G. Lacaze, Responsabilité et prise en charge énonciative dans le titre d'articles de presse, Responsabilité et prise en charge énonciatives dans les titres d'articles de presse (openedition.org), consulté le 5 août 2021 à 14h11

    * 73Le Phare n° 5967 du mardi 8 janvier 2019, p.3

    * 74Le Phare n°5972 du 15 janvier 2019, p.3

    * 75Le Phare n°5961 du lundi 24 décembre 2018, p.3

    * 76R. Baroni, La tension narrative. Suspense, curiosité et surprise, Paris, Le Seuil, 2007, p.18

    * 77Ceci sera plus explicite au quatrième niveau de notre analyse consacré à la construction des personnages

    * 78M-S. Frère, le paysage médiatique congolais : état de lieu, enjeux et défis, Paris, FCI, 2008, p.71

    * 79Le Phare n° 5969 du jeudi 10 janvier 2019, p.3

    * 80Le Phare n° 5967 du vendredi 11 janvier 2019, p.3

    * 81Idem,p.5

    * 82Le Phare n° 5967 du lundi 14 janvier 2019, p.7

    * 83B. Grevisse, Ecriture journalistique, Bruxelles, De Boeck,2008, p.71

    * 84Le potentiel n°7505 du jeudi 27 décembre 2018

    * 85Le potentiel n°7506 du vendredi 28 décembre 2018, p.2

    * 86Le potentiel n°7506 du vendredi 28 décembre 2018, p.2

    * 87Le potentiel n°7505 du jeudi 27 décembre 2018, p.2

    * 88Le potentiel du lundi 8 Janvier 2019, p.2

    * 89Le potentiel n°7503 du jeudi 21 décembre 2018, p.16

    * 90Le Phare du vendredi 21 décembre

    * 91Le Phare du vendredi 21 décembre

    * 92Idem

    * 93Le Phare du Lundi 24 décembre

    * 94Le Phare du mercredi 26 décembre 2018

    * 95Idem

    * 96Le Pharedu jeudi 27 décembre 2018

    * 97Le Phare du Vendredi 28décembre 2018

    * 98Le Potentiel du vendredi 21 décembre 20'è18

    * 99Idem

    * 100Le Potentiel du vendredi 21 décembre 2018

    * 101Le Potentiel du jeudi 27 décembre 20218

    * 102 Le Phare du vendredi 21 juin 2018

    * 103Idem

    * 104Le Phare du lundi 24 décembre 2018

    * 105J-C Likosi, op cit., p305

    * 106Le Phare du vendredi 28 décembre 2018 

    * 107Le Potentiel du lundi 24 décembre 2018

    * 108Le Potentiel du vendredi 21 décembre 2018

    * 109Le Potentiel du jeudi 27 décembre 2018

    * 110Le Phare du 10 Janvier 2018

    * 111Le Potentiel du lundi 31 décembre 2018

    * 112Le Potentiel du Jeudi 3 Janvier 2019  

    * 113Le Potentiel du mardi 8 Janvier 2019

    * 114Le Pharedu Mardi8 janvier 2019

    * 115Le Phare du 10 Janvier 2019

    * 116Idem

    * 117Le Potentiel du Jeudi 3 Janvier 2019

    * 118Le Potentiel du jeudi 10 janvier 2019

    * 119Le Phare du 11 janvier 2019

    * 120Le Phare du lundi 14 janvier 2019

    * 121Le Potentiel du vendredi 11 janvier 2019

    * 122Le Potentiel du jeudi 10 janvier 2019

    * 123Le Phare du mercredi 26 décembre 2021

    * 124Le Phare du mercredi 26 décembre 2018

    * 125Le Phare du mercredi 26 Janvier 2018

    * 126 M.Erman, Poétique du personnage de roman, Paris, Ellipses,2006, p.43

    * 127Le Phare du mercredi 26 Janvier 2018

    * 128Le Potentiel du lundi 24 décembre 2018

    * 129Le Potentiel du 10 janvier 2019

    * 130Le Potentiel du mardi 8 janvier 2019

    * 131Le Potentiel du vendredi 21 décembre 2018

    * 132Le Potentiel du jeudi 27 décembre 2018






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"Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait"   Appolinaire