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Tic et territoire. Analyse des usages des technologies de l'information et de la communication dans la gestion de la commune de Kolda.


par Mamadou Mounirou Diallo
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Master 2 Espaces, Sociétés et Développement  2014
  

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Conclusion

La commune de Kolda rencontre un certains nombre de difficultés liées notamment à l'étalement urbain conjugué aux manques d'équipements et d'un système de transport urbain performant. Également, la situation économique de la commune est dominée par les activités primaires et informelles. La faiblesse de la formation limite les opportunités d'utilisation des TIC. A cet effet il est important de voir les mesures à prendre pour permettre une plus large utilisation des TIC.

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CHAPITRE 2 : STRATÉGIES DE DÉVELOPPEMENT DES TIC

Le Sénégal, parmi ses héritages coloniales, il y'a les infrastructures de télécommunications, qui devaient être rénovées. Ainsi, le pays s'est engagé à la fois à la modernisation de ses infrastructures et de son administration à partir de l'an 2000. Cependant, il existe une disparité entre la capitale et le reste du pays. Dans la commune de Kolda, un certain nombre d'opportunités ont favorisé l'évolution de l'usage des TIC, mais il y'a encore des obstacles à surmonter pour une meilleure utilisation de celles-ci. Dans ce chapitre, on tente de retracer l'historique des politiques nationales dans le domaine des TIC et dans le domaine de la gouvernance technologique. Ce chapitre montre également l'évolution des stratégies de communication et les forces et faiblesses de l'usage des TIC dans la commune de Kolda.

I. Politiques nationales des TIC

Au lendemain de l'accession à son indépendance, le Sénégal a hérité d'infrastructures de télécommunications en état de délabrement avancé. A cet effet l'une des premières mesures consistait à réhabiliter les dispositifs de télécommunications, à travers six points majeurs que sont :

· construire de nouveaux immeubles,

· moderniser les infrastructures postales,

· développer le réseau téléphonique,

· améliorer le réseau télégraphique,

· promouvoir la radiodiffusion,

· desservir les zones enclavées.

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Graphique 1 : Répartition des points d'accès publics à internet en 2004

8%

1% 2%

4%

13%

2% 2%

4% 3% Dakar

61%

Thiès Kaolack Fatick Louga Saint-Louis Diourbel Kolda Ziguinchor Tambacounda

Néanmoins ce programme était peu suivi d'actions concrètes, car les infrastructures sont restées dans les zones d'exploitation coloniale, c'est-à-dire les zones à forte présence de ressources. Cette configuration a occasionné un déséquilibre des télécommunications entre les régions, en fonction de la disponibilité de leurs ressources. La région de Dakar regroupe 61% de point de connexions publics à internet alors qu'elle ne représente que 0,3% du territoire et un quart de la population (Guignard, 2004). Les IVe et Ve plans quadriennaux élaborés respectivement entre 1973 à 1977 et entre 1978 à 1981 devaient impulser de nouvelles dynamiques en vue de moderniser les infrastructures de télécommunications. En 1972, la mise en place du Comité Nationale de l'Informatique (CNI) est la marque d'une véritable politique informatique. Son rôle était d'assurer la coordination entre les différentes stratégies et actions de développement de l'informatique dans le territoire national, (Sylla, 2009). Pourtant, ces plans ne sont pas parvenus à modifier la disposition des structures des télécommunications, marquée par la concentration des infrastructures à la capitale où la clientèle est plus importante.

En réalité, les politiques et les stratégies de promotion des technologies de l'information ont été enclenchées dans les années 1980. Ce, lorsque les TIC ont été reconnues comme une grande source de revenu, par les organisations internationales, surtout pour les pays sous développés. Le Sénégal, confronté à une forte baisse de son économie et faisant

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face aux politiques d'ajustement structurel, entame une ouverture de son marché des télécommunications. Dans les années 1997, le pays s'engage auprès de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) pour une ouverture du marché qui sera encadré par une structure de régulation indépendante et neutre. Cette politique de libéralisation avait pour but de favoriser la compétition dans le marché des télécommunications, afin d'augmenter leurs revenus et d'améliorer leurs infrastructures. C'est ainsi que la SONATEL fut privatisée en 1997. L'ensemble des stratégies ont été comblées par un cadre juridique permettant de régenter l'usage des TIC. La décennie 1990 est marquée par l'élaboration d'une série de lois et de textes juridiques portant sur les télécommunications, qui ont permis l'instauration d'un cadre réglementaire et une tentative d'adaptation à la réalité du marché mondial. Ce qui abouti à la promulgation de la loi n° 2001-15 du 27 décembre 2001 du nouveau code des télécommunications portant création de l'Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP). Cet organe intervient dans tous les domaines en vue d'une organisation réglementaire du secteur des TIC aussi bien au niveau sous régional qu'au niveau international.

Manifestement, les politiques et les stratégies adoptées par le Sénégal peuvent se résumer en trois grands groupes de réformes. Il s'agit d'abord de la réforme de 1983 qui a jeté les bases pour la promotion et le fonctionnement des télécommunications. A travers cette réforme, l'État cherchait à rendre performent les équipements. Ensuite vient la réforme de 1996 marquée par la loi 96-03 du 22 février portant code des télécommunications, qui donne le droit de concession aux opérateurs. Cette réforme est également marquée par la privatisation de la SONATEL. Enfin, le rôle important qu'ont joué les TIC pendant l'élection présidentielle de 2000, amène les nouvelles autorités gouvernementales à intégrer les TIC au coeur de leurs préoccupations. Cela s'est illustré d'une part par la création en février 2001 d'un ministère de la communication et des technologies de l'information, d'autre part par la création de l'ARTP et de la Direction de l'Informatique de l'État (DIE) qui deviendra en 2004 l'Agence de l'Informatique de l'État (ADIE).

1. Politiques de promotion de la gouvernance technologique

L'information et le fonctionnement de l'État sont étroitement liés et les TIC sont des outils dont l'impact peut être considérable dans la gestion. En début 2000, le Sénégal a mis en place le PNBG pour tenter d'implanter la transparence dans les pratiques institutionnelles. Ce programme, par l'introduction des TIC dans l'administration en général et surtout à l'échelle

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multisectorielle (économique, politique, judiciaire, éducative etc.), a obtenu un financement de cinq (05) milliards de francs cfa venu des différents partenaires. Ainsi, plusieurs initiatives ont été prises au sein du gouvernement pour changer et moderniser l'administration publique50. L'État a envisagé deux mesures majeures, par la mise en oeuvre d'un réseau intranet gouvernemental et un centre de ressource (Sylla, 2009). La première consistait à doter l'État d'une infrastructure moderne et performante de communication et la seconde à héberger les grandes applications (réseaux locaux dans les ministères ou le système GAINDE par exemple). Au fur et à mesure, des ministères ont obtenu des sites web et des systèmes de modernisation de leur gestion dont l'un des plus marquants est celui du ministère de l'intérieur avec la Direction de l'Autonomisation des Fichiers(DAF). L'an 2008 est marqué par la décision d'élargir l'intranet pour faciliter l'interconnexion des capitales régionales51.

Dans le cadre de la déconcentration, des Unités Régionales Informatiques de Développement (URID) ont été élaborées pour doter des préfectures de matériels et des outils spécifiques pour une meilleure gestion. Les URID peuvent appuyer le développement de bases de données socioéconomiques pour parvenir à la bonne gouvernance. Ces mesures d'informatisation n'épargnent pas la décentralisation. Récemment, les collectivités locales sont appelées à envoyer toutes les passations de marchés sur le portail des marchés publics52. Cette mesure entre dans le cadre de la promotion de la transparence à travers la dématérialisation des procédures.

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand