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Tic et territoire. Analyse des usages des technologies de l'information et de la communication dans la gestion de la commune de Kolda.


par Mamadou Mounirou Diallo
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Master 2 Espaces, Sociétés et Développement  2014
  

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Conclusion

Les populations se plaignent souvent des services de l'État civil. Du fait des incohérences mais surtout du retard dans la délivrance des documents, il est fréquent de voir la population essayer d'influencer ou de s'en prendre aux agents municipaux concernés. A cela s'ajoute la difficulté d'informer autour de l'essentiel afin d'avantager la coexistence entre

58 Pierre Levy « Villes, territoires et cyberespaces : quelle articulation ? »

59 Serge Sudoplatoff « Information territoriale et complexité pour une symbolique du territoire ».

les acteurs. Ainsi, il convient de se demander comment mettre les TIC en service pour réussir la décentralisation.

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CHAPITRE 2 : TIC, CLEF DE RÉUSSITE DE LA DÉCENTRALISATION

Au lendemain de son indépendance, le Sénégal a entamé un long processus de décentralisation. De l'acte I au III, le but de ce processus est de doter les territoires de capacités pour mieux servir la population et mieux rapprocher les gouvernants aux gouvernés. Compte tenu de certains nombres de facteurs liés à la gestion et à l'information, d'une part et d'autre part de la capacité des TIC à faciliter la gestion, les outils numériques apparaissent comme un moyen pour réussir la décentralisation. Ainsi, dans ce chapitre il est question du rapport entre les TIC et la participation citoyenne dans la première partie et dans la deuxième partie du rapport entre les outils numériques et la construction du développement.

I. TIC, outils de participation citoyenne

La participation et la concertation sont une forme représentative de la démocratie locale. En effet, la vie politique et administrative est faite d'échanges quotidiens, dynamiques et exigeants entre les élus et les administrés. En France, les collectivités locales publient et diffusent aujourd'hui des journaux d'information sur leurs actions et sur leurs projets entre autres (Diallo, 2007). Pourtant, le Sénégal a voulu instaurer les mêmes dispositifs à travers la réforme de 1996 qui cherche à renforcé le droit des citoyens en matières de gestion locale. L'article 3 du code des collectivités locales stipule que « Toute personne physique ou morale peut faire au président du conseil régional, au maire et au président du conseil rural, toutes propositions relatives à l'impulsion du développement économique et social de la collectivité locale concernée et à l'amélioration du fonctionnement des institutions».60 L'effectivité de cet article n'est pas visible dans la commune de Kolda où les 92% interrogés affirment ne jamais avoir les échos de la tenue des assemblées, diffusés par les radios locales. En effet, les radios ne consacrent pratiquement pas de temps à la gestion locale, dans la mesure où la quasi-totalité des journaux sont synchronisés et ont un caractère national, et les émissions les plus importantes ont trait à la sensibilisation. Ainsi, seul les 24% sont au courant qu'ils peuvent participer à la prise de décision locale. En plus, l'enquête révèle que 89,3% de la population enquêtée n'ont aucune information sur le budget ou sur les procès verbaux. Or, l'article 3 poursuit que « Tout habitant ou contribuable a le droit de demander à ses frais communication, de prendre copie totale ou partielle des procès-verbaux du conseil régional, du conseil municipal ou du conseil rural, des budgets et des comptes, des arrêtés ». La

60 Loi n° 96-06du 22 mars 1996 portant code des collectivités locales

désinformation de la population est la raison principale de la faible voire de la non participation à la prise de décision. La population s'intéresse très peu à la gestion locale, les rares interventions sont souvent inefficaces soit elles sont basées sur l'affection politique soit elles ne sont pas pris en considération par les décideurs.

L'utilisation des TIC peut favoriser la gestion de proximité prônée par la décentralisation. Les technologies permettent une présence permanente du maire à côté de sa population surtout quand il est jugé absent par 84,6% des personnes interrogées. Aujourd'hui, l'idéal veut que les contacts et les échanges s'organisent au gré des traditions et des volontés locales61. La participation citoyenne est un caractère représentatif de la démocratie locale. Les outils numériques ont beaucoup évolué, les dispositifs tels les web 2.0, notamment Facebook, permet une interaction permanente entre élus et électeurs. Les réseaux sociaux peuvent apparaitre comme un lieu pour recueillir les informations et les avis de la population sur l'ensemble des sujets en rapport avec la gouvernance locale. De ce fait, ces réseaux sont capables d'accommoder voir d'enrichir les divers formes de prises en compte direct des souhaits des citoyens en dehors de la campagne électorale. Dans un entretien avec le deuxième adjoint au maire, celui-ci affirme avoir reçu une bonne idée d'un inconnu physique sur Facebook, concernant la gestion des ordures dans la commune. Les TIC en général et les réseaux sociaux en particulier sont des outils capables d'obtenir l'acceptation de tous afin d'éviter les conflits.

61 I. Diallo, 2007

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Photo 9 : Page Facebook de l'actuel maire Abdoulaye Bibi Baldé au 20 Janvier 2015

Le maire bien qu'il soit sur Facebook, il fait peu de publications sur la page. À l'espace de deux (02) mois ses publications et même ses informations personnelles n'ont pas changé. Or, il est passé du ministère l'agriculture en 2012 au ministère de l'environnement en 2015, passant pas celui du plan. Parmi ceux qui sont interrogés seuls 13,8% sont au courant de la présence du maire sur le réseau social. Sachant que les 64,7% se connectent et regardant la page Facebook du maire, la déduction la plus probable est que les élus locaux accordent peu d'intérêt au réseau social. D'ailleurs, le secrétaire municipal affirme n'avoir pas le temps de se connecter sur ces réseaux. Or, le web 2.0 est un excellant outil de marketing de l'élu, à travers la valorisation de son image et de ses actions. Les TIC sont un élément de démocratie

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du public, où est établie une relation de confiance entre l'élu et son électorat. Mais l'efficacité des outils numériques parait mal maitrisée62.

Schéma 1 : Description de la démocratie électronique

Renforcer les interactions et

multiplier les informations
nécessaires au fonctionnement

Adapter les services

en fonction des

attentes des
populations

Population

Conseillers

Autres
acteurs

Faciliter la

communication et renforcer la proximité et le partenariat entre les acteurs

Personnel

municipal

Assurer la présence permane nte de l'élu

Maire

? Gérer selon les principes de la bonne gouvernance en renforçant le dialogue

? Offrir des services publics de qualité

? Renforcer la proximité avec la population

? Assurer le marketing de l'élu et du territoire

? Dématérialiser les procédures et numériser l'accès au service de l'administration

locale

on » PUF 1998

Réalisation : Mamadou Mounirou Diallo, 2014

Actuellement, le succès de la décentralisation est lié aux nouvelles conceptions qui accordent plus de place aux acteurs des territoires, il s'agit de la gouvernance territoriale. En effet, ce mode gouvernance nécessite l'implication de tous les acteurs, surtout sans clivage politique ou ethnique, afin de rendre plus efficace les interventions. En réalité, la gouvernance territoriale est la capacité des acteurs de discuter sur le fonctionnement du territoire, ce qui est possible grâce à l'utilisation des TIC. Celles-ci conduisent à la démocratie électronique, qui peut se définir comme l'utilisation des TIC en général et d'internet en particulier pour aider et favoriser la relation entre le citoyen et l'administration de la collectivité.

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Ce schéma essaie de décrire la démocratie électronique. Cette dernière permet la diffusion des informations détenues par le secteur public et par conséquent un accès aux documents administratifs. Les TIC sont un instrument qui permet d'instaurer la transparence et la gestion participative à travers la mise en place d'un dialogue interactif entre les administrateurs et les différents acteurs du territoire. Ces outils sont capables d'enrichir et de compléter la démocratie délégataire. En même temps ils renforcent le lien entre citoyens, agents et élus, il s'agit d'un moyen pour donner une explication et un sens à toutes les actions prises par le maire et les élus. Mais cela n'exclu pas la mise en place d'un dispositif de contrôle pour une rentabilité de l'usage des TIC.

1. Dispositions pour un usage profitable des TIC

L'absence ou l'ignorance de l'importance des TIC peut avoir des effets néfastes sur l'image de l'élu. En effet, les usagés des outils numériques peuvent manipuler les informations et induire à des réfutations qui peuvent aller, à la limite, jusqu'à la question de la légitimité de l'élu ou de ces actions. Une telle situation peut-être prévisible dans la commune de Kolda où la population est très peu informée des actions du maire.

L'histoire a montré combien les TIC sont capables d'entrainer des mutations en matière de gouvernance. Pendant la période coloniale, la radio a servi à la naissance et à l'établissement de mouvements nationalistes63. En 2000, le téléphone portable à fortement contribué au processus démocratique du Sénégal, en favorisant la publication en direct les résultats issus des bureaux de vote. Récemment, en 2012 notamment, les réseaux sociaux ont favorisé la destitution de nombreux pouvoirs politiques dont la plus importante s'est fait dans le monde arabe. En tout état de cause, la disposition d'une commission en charge de l'information est une nécessité fondamentale pour la surveillance des débats sur internet en général et sur les réseaux sociaux en particulier. La négligence de ce qui peut se passer sur internet est capable de donner naissance à des courants de contre-pouvoir qui ne peuvent ni être contrôlés, ni être influencés. C'est pourquoi il est nécessaire que l'utilisation des TIC dans la gouvernance soit accompagnée de mesures d'observations.

63 M. Taureg (sous dir.), entre tradition orale et nouvelles technologies, où vont les mass médias au Sénégal ? ENDA, 2005

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Selon Emanuel Eveno64 les TIC sont à la fois un atout et un inconvénient pour les administrateurs. En effet, Eveno précise que les TIC sont, d'une part, un avantage pour les gouvernants dans la mesure où elles disposent d'une capacité de contrôle social, de propagande, de manipulation et de négociation. D'autre part, les TIC sont une contrainte pour les administrateurs car elles peuvent conduire à la déstabilisation du pouvoir. Partant, ce « quatrième pouvoir » doit faire l'objet de contrôle pour qu'il ne serve pas de contre-pouvoir.

Il faut noter que l'usage des TIC comme outils de gestion dans les collectivités locales nécessite également la détention de l'intelligence technologique, c'est-à-dire une ressource humaine apte à les utiliser. C'est ainsi seulement qu'on peut prétendre accroitre les capacités d'échanges et de contrôle des programmes.

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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille