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Impacts environnementaux de l'exploitation forestière dans la commune de Nikki.


par Adimi Alamou Achille GUIDIGBI
Université de Parakou - Licence Professionnelle 2014
  

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3.4.2 Analyse et évaluation des impacts

L'analyse et l'évaluation des impacts sont groupées suivant les différents milieux : le milieu physique et le milieu humain.

3.4.2.1 Analyse et évaluation des impacts du milieu physique

Elles consistent à montrer l'influence des activités humaines sur les composantes environnementales :

V' Impacts sur l'air

Les impacts sur l'air sont ceux qui sont liés à l'agriculture, à l'élevage et à l'exploitation des ressources ligneuses. Ces activités sont responsables de la pollution de l'air caractérisée par :

o la pollution de l'air ambiant issu des fumées de feux de végétation, du rejet des substances dans l'atmosphère par les agriculteurs au cours du traitement des plantes et par aussi la poussière soulevée par les troupeaux de boeufs pendant la transhumance ;

o la pollution sonore causée par les crépitements des branches et feuilles pendant les feux de végétation et par le bruit des tronçonneuses pendant les coupes.

V' Impacts sur le sol

Les activités liées à l'agriculture, à l'élevage et à l'exploitation sont celles qui impactent le sol. L'action anthropique est le premier facteur qui met le sol en péril : l'exploitation incontrôlée des ressources forestières met le sol à nu et l'expose à la

rigueur du climat. Par exemple le lessivage par les pluies non freinées par les végétations emporte l'humus et découvre la roche-mère (Photo 9). L'utilisation des produits chimiques par les agriculteurs et les techniques culturales (cultures extensives et incinération) contribuent à l'appauvrissement du sol. Ces pratiques participent de même à la réduction des terres arables. C'est le cas de la chute des superficies des cultures d'igname de 1996 à 1998 annoncée par les résultats du CeCPA-Nikki. (Figure 6a).

On note également la dégradation du sol, issue de l'entassement du sol par le piétinement des boeufs pendant la transhumance et par le transport des produits forestiers vers les zones de rapprochement. Ces facteurs empêchent l'infiltration des eaux des pluies directement vers la nappe phréatique et favorisent le ruissellement des eaux chargées des grains de sables ayant pour destination les rivières de la localité : ce phénomène entraine l'ensablement des cours d'eaux. L'utilisation des engrais contenant des substances chimiques vendus par le CeCPA aux agriculteurs et la mécanisation agricole (utilisation des machines agricoles afin d'accroitre les productions) constituent des facteurs qui concourent à la stérilité du sol. Sachant la particularité des cultures de coton, de céréales (maïs, sorgho, mil, soja, Etc.) en matière de fertilité du sol, on imagine les dommages sur le sol du fait de l'utilisation d'intrants agricole afin d'obtenir de meilleures productions (photo 8).

Photo 8 : Champs de Soja à Sakabansi Prise de vue : Guidigbi, septembre 2013

Photo 9 : Dégradation du sol(érosion) à Nikki

Prise de vue : Guidigbi, septembre 2013

35

années

COTON MAÏS LOCAL MAÏS AMELIORE SORGHO IGNAME

Superficies en hectares

20000

15000

10000

5000

0

1996 1997 1998 1999 2000

Figure 6a : Evolution des superficies des principales cultures de 1996 à 2000 à Nikki

années

COTON MAÏS LOCAL MAÏS AMELIORE SORGHO IGNAME

Superficies en hectares (ha)

35000

30000

25000

20000

15000

10000

5000

0

2001 2002 2003 2004 2005

Figure 6b : Evolution des superficies des principales cultures de 2001 à 2005 à Nikki

années

Superficies en ha

20 000,00

15 000,00

10 000,00

5 000,00

0,00

25 000,00

COTON MAÏS LOCAL MAÏS AMELIORE SORGHO IGNAME

2006 2007 2008 2009

Figure 6c : Evolution des superficies des principales cultures de 2006 à 2009 à Nikki Source : CeCPA-Nikki

36

37

Les figures 6a, 6b et 6c montrent la variation des superficies agricoles de quelques cultures dans la commune de Nikki de 1996 à 2009. De l'analyse de ces figures, on note que l'importance des emblavures au niveau de la culture du coton suivie de celle du maïs et de l'igname, constitue un facteur de dégradation du sol. Le pic observé en 2000 au niveau de la culture de l'igname (figure 6a) traduit approximativement le degré d'exploitions des ressources forestières alors que sa chute de 2001 à 2009 (figures 6b, 6c) justifie l'absence de terrains fertiles pour sa culture. Ceci est conséquent de l'utilisation des intrants chimique et des techniques de culture extensive. Donc pour de nouvelles productions, les paysans sont prêts à déboiser de nouvelles terres. L'importance des superficies du coton et du maïs, observée de1996 à 2001 s'explique par la mécanisation des techniques culturales suivie de l'utilisation des substances agricoles (engrais, pesticides, etc.) pour accroitre les productions (figure 6a). Ceci participe à la longue à l'appauvrissement du sol.

Le déboisement impacte également les sols, rendant les terres improductives : les sols sans couverture végétale, deviennent naturellement pauvres, car ils sont exposés au vent, au soleil et à la pluie. Donc la couche arable est rapidement remplacée par une croûte dure et improductive. Par conséquent, l'infertilité du sol entraine le déplacement des populations vers de nouvelles terres de cultures. Selon Kissira (2005), l'augmentation sans cesse des besoins vitaux des paysans les a amenés à la recherche de nouvelles terres pour l'habitation et la production agricole. C'est le cas des habitants de Tasso, de Nikki-centre et de Sakabansi dans la commune de Nikki : ils abandonnent les terres appauvries pour occuper les galeries forestières (bordures des cours d'eaux) à la recherche de nouvelles terres agricoles. Ce mouvement justifie la notion de manque de terres arables : les terrains laissés en jachère n'étant plus productifs, cela entraine ainsi la réduction progressive des terres de culture.

i' Impacts sur la faune

La faune n'est pas épargnée par cette dégradation. La faune du couvert végétal de la commune de Nikki est extravertie vers la forêt de Kalalé et en majeure partie à celle du Nigéria. L'agriculture, l'élevage, la chasse et l'exploitation des ressources forestières

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sont les différentes activités qui impactent la faune de cette commune. Le défrichement des champs de culture, le braconnage, la coupe anarchique du bois de service et de feu, l'installation des peulhs un peu partout dans la commune avec leurs troupeaux transhumants et les feux de végétation dépeuplent ce couvert des espèces fauniques et favorisent la destruction des habitats fauniques ce qui entraine l'éloignement des animaux et même leur disparition. Parmi les espèces menacées de disparition, on peut citer : Phacochoerus aethiopicus (phacochère), Céphalophus rufilatus (céphalophe à flanc roux), Tragelaphus scriptus (Guib harnaché), Kobus kob (Cobe de Buffon), Hippotragus equinus (Hippotrague ou Antilope-cheval), Kobus defassa (Cob onctueux), Alcelaphus buselaphus major (Bubale), Lepus crawshayi (lièvre à oreille de lapin), Thryonomys swinderianus (Aulacode), Hystrix cristafa (porc-épic),...etc..

La faune de ce couvert végétal est presque inexistante et n'habite que de petits animaux. Cette inexistence faunique se remarque même dans les repas culinaires des ménages car les populations sont soumises aux régimes des produits d'élevage domestique.

i' Impacts sur la flore

Les impacts sur la flore sont ceux des activités liées à l'exploitation des ressources forestières. Il s'agit de l'agriculture, l'élevage, l'exploitation des ressources naturelles, les travaux de construction des infrastructures routière, scolaire et sanitaire. Ces activités influencent d'une manière ou d'une autre la formation végétale et participent à l'avancée du désert par l'action anthropique exercée sur les espèces végétales. L'exploitation excessive des espèces végétales constitue un handicap pour le cycle de l'eau, ce qui explique la rareté et la réduction de la quantité des précipitations. Les feux de végétation précoces et répétés sont des facteurs de destruction non négligeables du couvert végétal. Selon la loi n°93-009 du Juillet 1993 du Régime forestier du Benin dans son article 56 affirme que les feux de brousse et les incendies de plantation sont ceux qui détruisent les formations végétales quelles que soient leur ampleur et leur origine (photo10). Ces pratiques participent à la destruction des milliers d'espèces et souvent menacées de disparition. Tout ceci perturbe l'équilibre et

39

l'assemblage d'espèces par l'effet de l'agriculture, l'urbanisation associée à la déforestation, la diminution de la résilience écologique de la formation végétale en place. Par conséquent, on assiste à la perte de la biodiversité floristique des espèces à l'âge d'exploitation par les exploitants, et la destruction des jeunes espèces par les cultivateurs. Parmi les espèces menacée de disparition, on peut citer : Khaya senegalensis (CaÏlcedrat), Pterocarpus erinaceus (Veine), Afzelia africana (Haricot acaju), Parkia biglobosa, Isoberlina doka (Gbaba en Bariba), Vitellaria paradoxa, ...etc. Notons que l'extinction des Karités (Vitellaria paradoxa,) résulte des faits naturels dont la compréhension échappe parfaitement aux populations riveraines.

Photo 10 : Feux de végétation dans la commune de Nikki Prise de vue : Guidigbi, octobre 2013

3.4.2.2 Analyse et évaluation des impacts du milieu humain " Impacts positifs

Les impacts positifs sont ceux qui participent à l'augmentation des revenus des différents acteurs, à la multiplication de petits commerces des femmes et des jeunes chômeurs autour des dépôts de vente des bois de feu et des lieux de rapprochement des produits forestiers tels les madriers, le développement local par le paiement des Taxes de Développement Local (TDL) et redevances payées à la Mairie et dans les recettes fiscales.

40

1' Impacts négatifs

Les impacts négatifs sont ceux qui découlent :

o des accidents des vieux véhicules de transports de madriers et de bois de feu à cause de l'état de dégradation des axes routiers ;

o des accidents survenus à cause de la mauvaise qualité des conducteurs (sans permis de conduite) pour le transport des produits forestiers ;

o des accidents survenus et les pertes en vie humaine à cause de la mauvaise appréciation du sens de terrassement des arbres au cours des activités de coupe ;

o de l'état de santé des principaux acteurs de l'exploitation forestière (les exploitants forestiers, les chargeurs, les producteurs du charbon de bois) souvent vulnérables aux conditions climatiques (chaleur, fraicheur, vent) à la poussière et au monoxyde de carbone (CO) que les producteurs respirent lors de la carbonisation.

L'évaluation des impacts environnementaux identifiés repose sur une approche méthodologique fondée sur l'appréciation de l'intensité, de l'étendue et de la durée de l'impact identifiés qu'il soit positif ou négatif (tableau IX). Tableau IX: Synthèse de l'évaluation des impacts environnementaux liés à l'exploitation forestière

activités

Impacts négatifs

Durée

Etendue

Degré de perturba -tion

Importan

ce de
l'impact

Milieu physique

Préparation des

terrains se champs (défrichement, feux

de végétation,
labour à la main,

utilisation, des
intrants agricoles)

pollution de l'air par la fumée et la poussière ; destruction des habitats fauniques ; destruction des espèces phytosanitaires ; appauvrissement du sol ;

temporaire permanente permanente permanente

locale locale locale locale

moyen fort moyen moyen

moyenne forte forte moyenne

41

Coupe du bois

(coupe des billes,

troncs d'arbres,
etc.)

destruction des habitats fauniques ; déboisement du couvert végétal ; risque d'érosion du sol ;

absence de gros arbres ;

permanente permanente permanente permanente

régionale régionale locale locale

fort fort fort fort

moyenne forte moyenne forte

Transport des

madriers et

commerce du bois

dégradation du sol ;

éloignement des animaux ;

pollution de l'air par la fumée d'échappement ;

permanente
permanente
temporaire

locale régionale locale

moyen fort moyen

moyenne fort

moyenne

Fabrication du

charbon de bois

pollution de l'air par la fumée, le déboisement ;

perte de biodiversité ;

temporaire
permanente
permanente

ponctuelle locale locale

faible moyen fort

faible faible forte

Pâturage (fourrage

des boeufs,

transhumance,

divagation des
animaux

pollution de l'air par la fumée et la poussière ; destruction des habitats fauniques par l'ébranchage et le piétinement des boeufs ;

perte des espèces rares (Afzelia africana,
Pterocarpus erinaceus, Khaya senegalensis)

temporaire permanente

permanente

locale locale

locale

faible moyen

moyen

faible moyenne

moyenne

Abattage des

animaux (chasse à

courre, feux de
végétation)

pollution sonore ;

disparition des espèces rares ; perte de la diversité biologique ;

temporaire
permanente
permanente

locale régionale régionale

faible fort fort

moyenne forte forte

 

Impacts positifs

 

Coupe des arbres

malades et/ou
exogènes,

reboisement et
suivi,

croissance des espèces indigènes ; équilibre de la diversité biologique ;

régénération de certaines espèces disparues ;

permanente
permanente
permanente

locale locale locale

moyen
moyen
moyen

forte forte forte

Milieu humain

 

Impacts positifs

Commercialisation

des produits

forestiers (bois,

madriers ;

la vente du bois et des madriers par les femmes et les

jeunes;

bénéfice individuelle ;

croissance des revenus de l'activité;

développement locale (paiement des taxes) ;

permanente

temporaire temporaire permanente

locale

locale locale locale

moyen

fort fort fort

moyenne

moyenne forte moyen

 

Impacts négatifs

 

Santé des

exploitants

maladies cardiaques ;

permanente

locale

fort

forte

Risque d'accident

perte en vie humaine ;

dégradation des voies routières

permanente permanente

locale locale

moyen fort

forte moyen

Source : Enquête de terrain septembre 2013

De l'analyse du tableau IX, il ressort que les activités liées à l'exploitation forestière sont celles qui affectent négativement l'environnement. Les impacts positifs se limitent au reboisement caractérisé par la croissance des espèces indigènes, l'équilibre de la diversité biologique et de la régénération de certaines espèces disparues. En ce qui concerne les composantes du milieu humain, elles sont moins impactées. Les impacts positifs sont marqués par les bénéfices individuels, la croissance des revenus de l'activité, le développement local alors que les impacts négatifs sont limités sur la santé des exploitants. Pour éviter ces impacts négatifs, il faut définir des axes stratégiques et plans de gestion durables des ressources forestières du couvert végétal

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"Piètre disciple, qui ne surpasse pas son maitre !"   Léonard de Vinci