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L'impact économique de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle


par Roman Lauterfing
Université Parix XIII - Villetaneuse - Maitrise de géographie 2000
  

Disponible en mode multipage

L'IMPACT ECONOMIQUE LOCAL DE L'AEROPORT
ROISSY CHARLES DE GAULLE
INTRODUCTION
I. AEROPORT ET DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE : APPROCHE THEORIQUE
ET METHODOLOGIQUE

L'aménagement du système aéroportuaire : constitution d'un pôle de développement économique

L'aéroport : un enjeu économique à tous les niveaux

1. Un développement économique dominé par la volonté de l'Etat

2. Un outil pour le développement régional

3. Une préoccupation majeure pour les collectivités locales

4. Un secteur au service d'entreprises performantes et modernes

II. L'AEROPORT ROISSY-CHARLES DE GAULLE :
DESCRIPTION D'UN EQUIPEMENT D'EXCELLENCE

Les infrastructures aéroportuaires

1. Les aérogares

2. Les zones de fret

B. La plate-forme multimodale

1. La desserte routière et autoroutière

2. La gare d'interconnexion TGV

C. Des zones d'accueil pour les activités économiques

1. Accueil des activités tertiaires de hautes technologies

2. Accueil des activités de fret

III. L'INFLUENCE ECONOMIQUE DE L'AEROPORT ROISSY-CHARLES DE GAULLE SUR SON ENVIRONNEMENT

A. Le pôle de Roissy : un puissant pôle économique local

1. Démographie et emplois (plate-forme et pôle)

2. Attraction vis-à-vis des entreprises et agrandissement du marché du travail

3. Opportunités économiques pour les communes (développement local)

B. Une proximité géographique dominée par de fortes disparités économiques

1. Le secteur de l'Est du Val d'Oise : un espace en mutation

2. Le sud de l'aéroport : un espace fortement développé

3. L'Est de l'aéroport : un impact économique quasi inexistant

C. Projets d'Aménagement pour une optimisation des capacités économiques

autour de l'aéropôle

1. Le Triangle de Gonesse

2. Agrandissement du Parc des Expositions et de Paris Nord II

3. Aménagement d'un cadre de vie général attractif

4. Une desserte routière de meilleure qualité et la mise en place de nouveaux

moyens de transport

CONCLUSION
Bibliographie

INTRODUCTION

Depuis son inauguration en 1974, l'aéroport Roissy-CDG est l'atout de l'Ile de France dans la compétition que se livrent les grands aéroports européens pour être parmi les grandes portes d'entrée, "gateway", du trafic international aérien.

Aujourd'hui, l'aménagement de l'aéroport de Roissy-CDG répond à un objectif clair : faire de Roissy-CDG la principale porte d'entrée aérienne en Europe, parce que l'aéroport est désormais un élément d'insertion dans les échanges mondiaux grâce à la facilité et la rapidité de ce moyen de transport.

L'aéroport est effectivement aujourd'hui un moyen de pénétration de l'économie mondiale dans l'économie régionale voire nationale.

La plate-forme aéroportuaire de Roissy-CDG et l'ensemble du complexe intermodal d'échanges (air, rail, route) représentent ainsi pour l'Ile de France et pour l'ensemble du pays un outil technique très performant à l'échelle internationale par sa qualité et ses capacités de développement.

Depuis les années 1980, l'idée s'est ainsi imposée que cet équipement d'excellence pouvait constituer un moteur privilégié pour le développement économique régional car l'aéroport entrait dorénavant en ligne de compte pour le choix des localisations d'entreprises internationales.

Les aéroports et leurs abords sont devenus de véritables relais non seulement pour l'hôtellerie, mais aussi pour les secteurs de haute technologie. Roissy-CDG est aujourd'hui entouré de sièges de filiales, de parcs d'activités pour haute technologie à vocation internationale.

Pour faire de Roissy-CDG un pôle de développement économique international attractif, l'Etat qui gère souverainement les transports, se doit également d'insérer l'aéroport dans son environnement, c'est à dire ancrer l'aéroport dans son tissu économique et social.

Le secteur de Roissy-CDG a ainsi connu une importante évolution qui a transformé la Plaine de France en un patchwork périurbain. C'est aujourd'hui un secteur sensible en fort développement et demain un des pôles majeurs de développement de l'Ile de France.

Le secteur de Roissy-CDG représente aujourd'hui le premier pôle d'emplois de la banlieue nord de Paris, c'est un pôle de développement à vocation internationale offrant un ensemble de parcs d'activités, d'équipements, de structures d'accueil matérialisant la grande porte d'entrée internationale en Europe.

L'aménagement de ce pôle de développement économique articulé autour de l'aéroport est aussi la condition de l'exploitation et de la mise en valeur des ressources locales.

Les transports marquent l'espace, le structurent, ils commandent la localisation des hommes et des activités. Ainsi l'aménagement de l'aéroport de Roissy-CDG provoque sur son territoire de profondes mutations économiques.

L'étude de l'aéroport de Roissy-CDG dans son environnement est pluridisciplinaire, telle que l'est l'étude des transports en général.

Les infrastructures de transport s'inscrivent dans une logique de transformation sociale, économique, et urbaine de l'espace. L'aménagement des transports met en valeur une stratégie globale d'aménagement qui prend en compte les différents enjeux environnementaux, humains, économiques, sociaux, spatiaux.

Les collectivités locales concernées subissent alors les évolutions ou bien profitent des opportunités qui s'offrent à elles.

Le pôle de Roissy-CDG se replace dans ce contexte même s'il répond à une situation et à un enjeu spécifiques, l'aménagement de Roissy-CDG est la seule réponse à court terme à la croissance du trafic aérien, il répond à un enjeu économique national et international.

L'impact économique local de l'aéroport de Roissy-CDG résulte donc d'une stratégie de développement amorcée par le pouvoir étatique.

· Mais comment l'Etat a-t-il pu constituer un pôle de développement d'envergure internationale autour d'un aéroport isolé dans une plaine céréalière?

· Quelles sont les conditions nécessaires à la constitution d'un pôle émetteur de croissance autour d'infrastructures de transport aérien?

· Est-ce que la seule présence d'infrastructures de transport suffit-elle à générer une croissance économique?

· Quels sont les effets enregistrés autour de l'aéroport de Roissy-CDG?

· Quel est le rôle des collectivités locales au sein d'un aménagement aussi important que celui de Roissy-CDG?

Pour répondre à ces questions, nous étudierons dans un premier temps les rapports entre aéroport et développement économique où il sera démontré comment une infrastructure aéroportuaire peut devenir un pôle de développement économique.

On définira également dans cette partie, au sein des institutions françaises, les différents acteurs concernés par ce développement économique.

Nous procéderons ensuite à la description de notre secteur d'étude en commençant par la plate-forme aéroportuaire et tous ses équipements puis nous détaillerons le secteur de Roissy-CDG, les effets d'une grande infrastructure de transport aérien au niveau local.

I. AEROPORT ET DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE :

APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE

D

epuis les années 1980, on assiste à une transformation de l'appareil productif dans laquelle les fonctions de production et de services industriels et tertiaires sont remplacés par des fonctions de distribution et d'échanges qui, à l'approche du marché unique et de la mondialisation, deviennent le moteur en terme de croissance d'emplois et de locaux d'activités.

Avec la mondialisation des échanges et de l'économie, les voies aériennes sont le moyen le plus efficace de communication.

Les aéroports représentent alors de véritables relais commerciaux pour les sociétés internationales car ils favorisent largement la politique des flux tendus dans les relations interentreprises.

A. L'aménagement du système aéroportuaire : constitution d'un pôle de développement économique

Le transport aérien répond à une nouvelle stratégie d'entreprises. A côté des activités aéroportuaires obligatoires (zones de fret, aérogares), de plus en plus d'entreprises nationales ou internationales tournés vers les échanges s'implantent sur ou au voisinage des grandes plates-formes aéroportuaires. Le transport aérien constitue un vecteur fondamental de pénétration commerciale.

La mondialisation de l'économie influence les déplacements à longue distance, provoque une croissance des relations interentreprises, une forte progression des activités de service et une dispersion des entreprises individuelles.

Tous ces facteurs d'intensification des échanges internationaux, d'intégration des préoccupations logistiques dans les stratégies de production ou dans les stratégies commerciales des entreprises font que le transport du commerce extérieur est devenu un élément capital pour la compétitivité économique.

Les transports aériens ont donc un poids économique et un rôle stratégique importants dans l'économie.

L'aéroport est un élément d'insertion dans les échanges mondiaux : le transport aérien contribue par sa rapidité à l'expansion internationale des entreprises tout en rationalisant leur technique de gestion. De nombreuses entreprises souhaitent donc implanter sur un aéroport, soit leur siège social, soit leur direction à l'exportation.

Les ZALA (Zones d'Activités Liées à un Aéroport) sont alors des centres de gestion, d'entreposage, de manutention, de logistique des échanges, de transaction mais aussi des parcs de bureaux et de conseil.

Pour répondre aux nouvelles stratégies des entreprises, les autorités aéroportuaires lancent des programmes de construction de bureaux "intelligents" de haut de gamme dont la diversité des produits offerts visent à attirer les entreprises internationales prestigieuses, des sociétés locataires à forte valeur ajoutée et des sièges sociaux. Les grands aéroports développent ainsi leurs capacités d'accueil et de gestion aussi bien dans le domaine du tertiaire supérieur que dans celui du fret et du transport de passagers.

Ces parcs d'affaires sont des lieux dotés de système de communication et d'information par satellites. Ils permettent aux entreprises dont les activités sont basées sur les échanges d'être connectées à tout moment aux centres décisionnels du monde entier.

La proximité d'un équipement aéroportuaire est devenu essentielle pour les entreprises « high tech » dans la mesure où le transport aérien est devenu l'unique moyen de déplacement des hommes d'affaires sur de grandes distances. Par conséquent les aéroports fournissent des lieux de rencontre pour hommes d'affaires pressés arrivant du monde entier. Ces hommes d'affaires se déplacent d'aéroport en aéroport, y tenant leur réunion de travail dans des locaux loués à cette fin.

Dans un système économique où le temps représente de l'argent, des lieux de rencontres multiples permettent aux hommes d'affaires et aux industriels d'éviter les pertes de temps de l'accès aux centres des villes.

Dans le domaine du fret, les aéroports s'efforcent de développer au mieux l'intermodalité du transport afin d'assurer une connexion facile et très rapide entre les types de transport de fret. Ils doivent avoir la possibilité d'implanter des activités liées à une gestion compétitive du fret, des zones d'entreposage et des bureaux.

L'aéroport tend ainsi à devenir un centre logistique international performant (traiter comme un tout la circulation et le stockage des matières, sorte de tertiarisation du transport dans laquelle l'informatique et la télématique rendent possible une utilisation plus judicieuse des infrastructures), un complexe d'activités tertiaires situé sur un noeud de communication très dense : un véritable pôle industrialo-tertiaire.

L'aéroport apparaît comme la promotion d'un noeud de communication multimodal exceptionnel attractif pour les entreprises.

Par ailleurs, l'image de marque des espaces est de plus en plus prise en compte par les entreprises quand elles cherchent à s'implanter. Un environnement de qualité est une condition impérative pour les entreprises internationales : l'entreprise a besoin de donner d'elle-même une image de qualité et de modernisme, facteur objet de succès commercial.

Les autorités aéroportuaires tentent ainsi de donner un environnement de qualité (aménagement paysager et urbanisme moderne) à leur plate-forme. Les aéroports offrent un cadre de vie symbolique par leur modernité et attirent dans ce sens des entreprises chères, concurrentes sur le marché mondial du travail.

Pour être performants, attractifs et surtout compétitifs, les grands aéroports internationaux doivent posséder plusieurs équipements complémentaires et d'autres atouts :

· la qualité des transports terrestres

· des infrastructures de télécommunication performantes

· la présence d'un environnement professionnel performant et prestigieux

· la qualité de l'habitat, du cadre de vie, des loisirs et de l'environnement essentiels pour les cadres supérieurs.

· une fiscalité intéressante ainsi que le coût d'une main d'oeuvre dynamique et abondante

Ces critères qualitatifs sont très importants car la localisation près d'un aéroport pour bénéficier spécifiquement de son usage, n'intéresse qu'un panel restreint d'entreprises.

On assiste donc à l'installation d'établissements sans liens directs avec le transport aérien. C'est là que le pôle de développement agit : le transport aérien n'est plus le facteur d'attraction, c'est le potentiel économique du site, l'image, la présence d'entreprises prestigieuses qui crée un marché économique plus vaste.

Véritables noeuds de communication, les aéroports sont des pôles ou des outils de développement économiques et entrent dans des logiques urbaines. Dans un contexte de mondialisation de l'économie, l'importance des plates-formes aéroportuaires est évidente, à la fois comme porte d'entrée-sortie de territoires et comme lieux de polarisation et de développement économique. Lieux de passage, lieux de travail, lieux attractifs, les grands aéroports font l'objet d'aménagements permanents aussi bien en leur sein qu'en périphérie.

Les aéroports cherchent constamment à développer leurs capacités pour augmenter leur trafic afin d'augmenter l'attraction de leur pôle d'activités car plus le trafic traité est important, plus les potentialités d'accueillir des hommes d'affaires et des entreprises sont importantes et plus l'influence économique du pôle est forte.

L'importance du pôle de développement dépend en effet de l'importance du trafic : l'activité aéroportuaire entraîne avec elle tout un territoire puisqu'un emploi naît en dehors du site à chaque création de poste interne. Comme chaque million de passagers supplémentaires génère plus de 1000 emplois et que la croissance de ce trafic est constante, le développement économique ainsi suscité devient considérable.

Le territoire bénéficie aussi de ce phénomène : un grand nombre de sociétés s'y installent pour profiter de la proximité de ce carrefour aérien dynamique. Le développement du système aéroportuaire amplifie ses propres retombées économiques (emplois, flux monétaires) et exerce une fonction d'aménagement constituant un pôle attractif pour l'économie locale. Le secteur est alors attractif aussi bien pour les grandes entreprises internationales que pour les PME-PMI qui font gain du dynamisme du site et contribuent à l'agrandissement du marché du travail.

La présence des PME, par ailleurs, est très importante car elles sont la base du tissu productif régional et local. Elles symbolisent un atout précieux pour les grandes entreprises car elles constituent la richesse d'un environnement économique dans l'espace, un support économique diversifié.

Les aéroports ont donc désormais une vocation nouvelle, celle de porte d'agglomération et de porte régionale sur l'extérieur, la vitrine internationale d'une métropole. L'aéroport représente la volonté d'assurer à la région une desserte aérienne de qualité et de contribuer au développement du rayonnement international de ses activités.

Cependant, il est nécessaire de rappeler que le développement économique autour de l'aéroport ne se produit que s'il existe sur le site d'autres facteurs majeurs de développement auxquels l'aéroport apporte de surcroît une image valorisante.

La présence d'une infrastructure de transport est une condition nécessaire mais non suffisante au développement économique. La "qualité" des hommes et de leurs relations prévaut sur les infrastructures et les équipements. Si l'aéroport peut être l'élément initiateur du développement, il ne peut le réaliser seul.

Les atouts nécessaires au développement économique autour d'un site aéroportuaire (cités précédemment) sont les conséquences non de l'infrastructure seule, mais aussi du comportement des autorités publiques cherchant à aménager et mettre en valeur le site. Les aéroports sont donc un nouveau concept d'intercommunication et de localisation des entreprises : le terme "d'aéroville" leur est souvent attribué et met en valeur l'émergence de nouveaux pôles prenant place sur des plates-formes aéroportuaires c'est à dire un secteur où l'on peut faire l'objet d'un projet de développement urbain et tertiaire à partir d'un potentiel aéroportuaire, d'un noeud de communication multimodal.

Cet interport valorise le site aéroportuaire et lui donne une valeur urbaine nouvelle. L'aéroville est comme son nom l'indique une ville offrant autour de l'aéroport :

· des capacités d'accueil des entreprises

· un centre d'expositions

· des capacités hôtelières de grand standing

· un centre de télécommunications international

qui feront de l'aéroville une Z.T.A (Zone de Télécommunications Avancée), mais aussi un centre commercial luxueux, des équipements de loisirs, autres critères de localisation des entreprises internationales.

L'aéroville est un secteur dans lequel la vie professionnelle et sociale peut se dérouler sans quitter le périmètre de l'aéroport. Cependant, le concept d'aéroville est contesté en raison des lacunes existantes, à savoir l'absence totale des résidences, l'absence de vie sociale extra professionnelle et la sous-estimation des nuisances sonores.

Les caractéristiques de ces nouveaux pôles industrialo-tertiaires se retrouvent dans plusieurs grands aéroports internationaux. Même si les phénomènes observés diffèrent géographiquement, on trouve dans l'environnement des aéroports des activités tertiaires supérieures telles que centres décisionnels des entreprises, services sociaux, centres d'expositions, salles de congrès, de formations et de conférences et centre logistique international.

Près de l'aéroport de Heathrow à Londres, par exemple, se situe la prestigieuse opération de Stockley Park, à dix minutes au nord de l'aéroport et sur un noeud de transport routier avec un axe qui rejoint directement le centre de Londres. Le but de l'opération est d'attirer des directions internationales et des sièges sociaux internationaux d'entreprises industrielles et de services dans un parc d'affaires de grande qualité, avec des espaces paysagers de qualité.

CARTE N°1 : STOCKLEY PARK , DES LOCAUX D'ACTIVITÉS À FAIBLE DENSITÉ INSÉRÉS DANS UN CADRE PAYSAGER EXCEPTIONNEL ARTICULÉ AUTOUR D'UN GOLF 18 TROUS.

CARTE N°2 : STOCKLEY PARK À PROXIMITÉ IMMÉDIATE DE L'AÉROPORT D'HEATHROW ET D'UN AXE DE COMMUNICATION RELIANT RAPIDEMENT LE CENTRE DE LONDRES .

Près de l'aéroport de Schipol, à Amsterdam, se trouve la ville nouvelle de Hoofddorp avec des parcs d'affaires aux bureaux « intelligents » dominés par la distribution et les compagnies aériennes. On y trouve un grand nombre de sièges internationaux notamment dans les parcs d'affaires de Transpolis et Commerce Center.

A Francfort, le Francfurt Airport Centre (FAC) regroupe 31000 m² de bureaux, un centre d'expositions permanentes. Le centre de conférence constitue le succès du FAC grâce à des rencontres de petits groupes d'affaires entre deux vols. Le FAC est de plus très facilement accessible : seule une passerelle sépare le centre du terminal.

L'aéroport de Francfort se situe sur un noeud routier important où se situe une véritable ville logistique : Kelsterbach. C'est un centre logistique international très important séparé de l'aéroport en raison de la saturation spatiale de la plate-forme, mais qui a permis à Francfort d'être leader en Europe dans le transport aérien du fret.

A cinq kilomètres de l'aéroport se situe également le pôle d'affaires de Niederrad qui accueille de nombreux sièges sociaux d'entreprises internationales ayant des filiales à l'étranger.

SCHEMA N°1 : LE FRANKFURT AIRPORT CENTER COTOIE HOTELS ET TERMINAUX AEROPORTUAIRES ET ACCUEILLE LES HOMMES D'AFFAIRES PRESSÉS DANS DES SALLES DE REUNION.

Carrefours de communication attractifs pour les entreprises, les aéroports deviennent de plus en plus des pôles importants de développement économique. Les autorités aéroportuaires accompagnent le développement de leurs capacités d'accueil par la réalisation d'opérations immobilières qui offrent une gamme de produits très diversifiés allant des entrepôts aux immeubles intelligents groupés autour des téléports.

L'aéroport international représente donc désormais un enjeu économique très important non seulement pour les entreprises mais aussi pour les collectivités pour qui l'aménagement de la plate-forme aéroportuaire représente un enjeu économique et territorial certain.

B. L'aéroport : un enjeu économique à tous les niveaux

L'aéroport représente donc un enjeu économique très important. C'est un secteur qui va faire l'objet d'un projet de développement économique et urbain à partir du potentiel aéroportuaire.

Le transport aérien devient donc un outil privilégié d'aménagement territorial de l'Etat et de la Région mais aussi des collectivités locales qui cherchent grâce à la proximité du pôle économique à développer leurs ressources (dans toutes ses composantes). L'intersection entre le développement local et l'aménagement du territoire réside dans le fait qu'ils cherchent tous les deux à influencer la localisation des entreprises et celle de l'emploi afin d'agrandir leurs ressources. L'aéroport est donc concerné par tous les échelons de l'administration territoriale.

Il sera fait dans cette partie, l'étude de l'organisation spécifique des collectivités territoriales autour de l'aéroport Charles de Gaulle.

1. Un développement économique dominé par la volonté de l'Etat

L'aéroport international constitue désormais une fonction économique nationale et internationale, il symbolise la porte d'entrée européenne et internationale où figurent :

· l'accueil des visiteurs et des hommes d'affaires étrangers

· un centre d'affaires et de rencontres internationales

· une zone d'implantation d'entreprises étrangères ou françaises ayant une forte activité exportatrice

· une vitrine de la technologie et du savoir-faire français

· un centre logistique international

Paris est en effet, dans le réseau mondial aérien, une remarquable porte d'entrée en Europe et un atout pour la France et le Grand Bassin parisien. Le Schéma Directeur de l'Ile de France, a affirmé le rôle de l'aéroport Roissy-CDG dans l'objectif d'ambition européenne qui a été retenu par l'Etat.

Avec onze millions d'habitants, près de cinq millions d'emplois et une production de l'ordre de 1700 millions de francs, l'Ile de France constitue un puissant pôle de développement économique. Entre l'Europe du nord et du sud, elle est un lieu d'échanges privilégié innervé par un réseau de communication dense (routes, chemins de fer (TGV),air).

De plus, l'aéroport Roissy-CDG est reconnu comme le seul aéroport français à disposer d'espace pour se développer et constituer ainsi un atout pour l'essor en Ile de France des activités et services de haute valeur ajoutée.

La desserte aérienne de la région capitale est donc d'un intérêt économique vital. Le pôle de Roissy-CDG est reconnu par l'Etat comme un site stratégique de tout premier ordre, un élément d'insertion économique dans les échanges mondiaux. Le transport aérien international acquiert donc un poids économique et un rôle stratégique importants dans l'économie nationale :

ð il facilite le commerce extérieur et surtout les exportations

ð il réalise des économies de devises

ð il assure le développement de branches industrielles liées aux transports

ð il crée des emplois dans les activités de transport et celles qui lui sont liées et dans les industries en amont

Bref, il permet la réalisation d'une croissance économique.

L'aménagement aéroportuaire révèle donc un enjeu particulièrement important pour l'économie française.

L'Etat qui est meneur de jeu de l'économie de son pays (il est censé apporter les solutions optimales pour la collectivité) est alors tout spécialement intéressé par le développement de ce pôle qui permettrait de réaliser une croissance économique au sein de sa région la mieux équipée.

L'Etat est seul responsable de l'augmentation des capacités en pistes et en aérogares, de la recherche d'une amélioration de leur accessibilité par l'interconnexion des réseaux de transports rapides et urbains sur le site, élargissant ainsi leur rôle régional, national et européen. Dans les pays à économie de marché, l'intervention de l'Etat est capitale : un des domaines privilégiés d'intervention du pouvoir concerne la réalisation des infrastructures, il en est le propriétaire (ou l'actionnaire). L'Etat peut agir sur la localisation des entreprises par l'intermédiaire des infrastructures de transport. Il est l'acteur principal dans l'aménagement d'infrastructures de transport visant à amorcer le développement d'un pôle d'activités de si grande envergure.

Rappelons que l'enjeu européen conféré à ce grand aéroport international répond également à une stratégie économique d'avenir. En effet, les Etats de l'Union Européenne perdront leur spécificité économique, et s'unifieront en matière de politique fiscale, monétaire et budgétaire. Les personnes, les capitaux et les services seront de plus en plus mobiles et ressentiront moins les frontières. Alors, de plus en plus, la bonne dotation en infrastructures d'un pays deviendra un atout économique encore plus important, avec un effet de localisation préférentielle par rapport aux autres pays. Ainsi, dans un marché communautaire dont les règles de fonctionnement échapperont de plus en plus aux Etats, la politique d'infrastructures risque de devenir une des rares armes économiques dont ils puissent disposer à leur gré et qui présentera pour eux d'autant plus d'intérêts qu'elle est efficace.

Ainsi , en raison de leur rôle stratégique, les aéroports ont souvent une personnalité juridique propre et un statut public. Tel est le cas d'ADP (Aéroports De Paris) qui gère les aéroports et aérodromes dans un rayon de 30 kilomètres autour de Paris. ADP se comporte comme une entreprise commerciale très dynamique. Son rôle d'acteur central et incontournable du site s'articule autour de :

ð l'aménagement de l'ensemble socio-technique du site

ð la responsabilité du développement et de la bonne intégration dans l'environnement

ð la gestion au quotidien de la qualité de vie

ADP est chargé de l'aménagement de la plate-forme aéroportuaire et de sa gestion. Et bien qu'ADP n'ait pas de responsabilités en matière d'aménagement en dehors de ses plates-formes, ses options s'organisent autour de 2 idées force :

ð le développement de la capacité de l'aéroport avec la volonté d'assurer à la région une desserte aérienne de qualité et de contribuer au développement du rayonnement international de ses activités

ð l'assurance d'une synergie entre le développement aéroportuaire et les activités environnantes

Cependant, si ADP a une personnalité juridique et fonctionne comme une entreprise commerciale privée, cette société n'est que l'instrument mis en place par l'Etat pour gérer et développer efficacement ses aéroports. Les objectifs de l'Etat sont imposés à ADP et définis dans des contrats pluriannuels (plans quinquennaux) que l'entreprise doit respecter. La domination de l'Etat dans le développement et la gestion des aéroports est là aussi très explicite.

L'exemple de Roissy en France est très  : la réalisation des projets d'aménagement sur le territoire communal de Roissy en France a toujours été lancée par ADP sans jamais aucune concertation avec la municipalité roisséenne. ADP est souveraine sur la plate-forme aéroportuaire au sein de laquelle la décentralisation n'existe pas, l'entreprise fait absolument de qu'elle veut. Elle a récemment autorisé la construction du « hub » FEDEX sur les terres roisséennes et dans le périmètre des sites historiques communaux et ce, sans aucune concertation avec la municipalité.

Pourtant, outre l'Etat qui domine l'économie de son pays par l'aménagement de grandes infrastructures de transport, d'autres collectivités sont dotées de compétences en matière d'aménagement et de développement économique autour de l'aéroport.

La loi du 2 mars 1982 relative « aux droits et libertés des communes, départements et régions » lance la décentralisation. Ces trois échelons territoriaux deviennent des collectivités territoriales de plein exercice et concourent avec l'Etat à l'administration et à l'aménagement du territoire, l'Etat gardant néanmoins un droit de contrôle et un pouvoir de décision toujours peu discutable.

2. Un outil pour le développement régional

Un aéroport tel que Roissy-CDG représente un formidable outil d'aménagement pour l'espace régional. Les possibilités de développement du pôle de Roissy-CDG sont un atout majeur pour l'Ile de France et ses enjeux urbanistiques et économiques. Ce secteur deviendrait l'un des principaux moteurs du développement économique de la région qui lui permettrait de renforcer la position du Bassin Parisien comme future plaque tournante de l'Europe et participerait au rééquilibrage de la région au Nord-Est caractérisé par un fort déficit d'emplois.

L'aéroport, lui-même pôle industriel a un effet multiplicateur sur l'économie de la région, il en émane une forte attraction vis à vis des zones d'activités. Dans l'ensemble, les infrastructures de transport suscitent le développement de leur voisinage soit par croissance sur place des entreprises déjà installées, soit par localisations nouvelles. La région doit ainsi aménager sur son site les principaux facteurs de localisation des entreprises :

ð l'amélioration de l'accessibilité générale de tout le secteur de Roissy-CDG

ð programmer des grands équipements et des structures d'accueil pour les activités high-tech

ð valoriser le cadre de vie générale

ð offrir un marché de qualité et une main d'oeuvre abondante

L'aéroport matérialise par ailleurs la porte régionale et la porte d'agglomération grâce à l'interconnexion des réseaux de transport qui permet à la fois une meilleure accessibilité réciproque de l'aéroport et de sa région et une extension des aires d'attraction.

La fonction régionale réside donc dans le développement des capacités de ce pôle de développement économique situé sur un noeud de communication exceptionnelle relié aux autres pôles de développement et qui alimente l'ensemble de l'espace régional.

La fonction logistique de ce secteur s'avère très importante. Les infrastructures de transport aérien sont une opportunité pour l'essor régional et nécessitent des actions spécifiques d'accompagnement.

La région est ainsi dotée de compétences en matière d'animation et de planification du développement économique de son espace depuis le transfert des préoccupations territoriales vers les niveaux décentralisés de collectivité publique.

La région est dès lors une collectivité chargée de l'avenir puisqu'elle est compétente en matière de planification économique, de programmation des équipements, d'aménagement du territoire. C'est un organe de réflexion, d'incitation et d'impulsion indépendant.

Cependant, les compétences de la région Ile de France connaissent néanmoins des limites. Si la loi du 2 mars 1982 sur la décentralisation a donné compétence à la région pour promouvoir l'aménagement de son territoire, les moyens juridiques de cet exercice restent du domaine de l'Etat. La région n'a qu'un rôle consultatif à l'élaboration de son SDAU (Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme), tout comme le reste des collectivités.

L'Etat, pour qui le développement de Roissy-CDG est de première importance, a le pouvoir de décision suprême. La région conduit tout de même sa propre réflexion en matière d'aménagement et d'urbanisme. Elle s'est dotée d'un chargé de mission pour le pôle stratégique de Roissy-CDG qui exprime pour elle un outil privilégié du développement régional dans toutes ses composantes.

L'enjeu économique que représente l'aéroport concerne aussi les collectivités qui sont directement touchées par les mesures de développement et d'aménagement prises par le pouvoir central. Il s'agit des collectivités locales pour qui le développement à venir doit avoir un effet d'entraînement sur « l'amélioration » des conditions de vie de la population locale.

3. Une préoccupation majeure pour les collectivités locales

Les collectivités locales bénéficient aussi de la décentralisation qui leur confère la gestion de l'aménagement de leur territoire. La fonction locale est donc de profiter du dynamisme économique engendré par le pôle de Roissy-CDG. En effet, les noeuds de transports sont importants pour les collectivités locales car ce lieu d'interconnexion est un élément susceptible de véhiculer une image identitaire forte et d'être saisis comme opportunités de valorisation foncière.

Des projets de développement urbain sont mis en place autour des aéroports car le milieu est favorable au développement économique. L'objectif pour ces collectivités est de mettre en place par l'intermédiaire du développement économique une qualité de cadre de vie et des services pour l'ensemble des habitants et des actifs du secteur. Il s'agit d'améliorer la compétitivité et l'attrait du territoire, favoriser l'intégration économique et la cohésion sociale.

En général, les élus locaux jouent la carte de la revitalisation des milieux des PME, développent l'action sur le terrain des services aux entreprises. Les collectivités locales sont ainsi chargées de :

· connaître le milieu économique urbain

· promouvoir la ville et prospecter auprès d'entreprises nouvelles

· défendre et développer l'emploi

On assiste alors à une volonté de valorisation économique des ressources locales de la part des élus dans la politique d'aménagement et d'équipement qui est tourné vers l'accueil d'entreprises (Z.A. et Z.I.), le soutien aux initiatives locales créatrices d'activités.

Les villes ont toujours cherché à attirer des activités économiques, elles investissent dans des structures d'accueil aux entreprises pour augmenter les ressources fiscales locales mais doivent aussi développer l'accessibilité de leurs structures afin qu'elles soient réellement attractives.

Les pouvoirs publics locaux ont donc un rôle d'animation économique et sociale qui repose sur la connaissance des projets et la mise en relation des acteurs. Le développement local est en effet, étroitement lié aux liens qui s'établissent entre les différents agents économiques, publics et privés. En résumé, de par leur vocation à prendre en charge l'intérêt public local, les collectivités locales interviennent dans la vie économique pour un objectif : le développement local dans toutes ses composantes.

Les services publics locaux apportent ainsi satisfaction aux besoins collectifs de la population et au bon fonctionnement des entreprises.

On comprend aisément pourquoi l'aéroport de Roissy-CDG et l'enjeu économique qu'il représente rendent les collectivités environnantes très entreprenantes. Le secteur de Roissy-CDG constitue pour elles une préoccupation majeure dans la mesure où les conditions propices au développement local sont optimales. Les facteurs de valorisation économique sont en effet bien présents :

· la proximité d'un marché professionnel de plus en plus important et de qualité

· la proximité de grands axes de communication qui offre au secteur une très bonne accessibilité

Les collectivités locales sont représentées par plusieurs divisions administratives dont les idées-forces sont semblables.

Il s'agit des départements, des communes, des structures intercommunales mais aussi d'associations diverses.

Le département ne dispose d'aucune compétence en matière d'aménagement, c'est une collectivité gestionnaire, tournée vers les services et les actions de solidarité en matière d'aide sociale, d'enseignement, de logement, de développement économique, de voiries, de transports. Le département a aussi un rôle consultatif à l'élaboration du SDAU, sa consultation est obligatoire pour l'élaboration des schémas locaux émanant des communes.

Au niveau départemental, le développement économique est souvent pris en charge par les Comités d'Expansion. Financés en grande partie par les Conseils généraux, ils sont les spécialistes de l'aide aux infrastructures, de l'accueil des entreprises, de l'image du département et de l'assistance technique auprès du Conseil général pour traiter les dossiers d'aide aux entreprises. Les comités d'expansion développent aussi des actions de conseil à la création et à la gestion d'entreprises.

Le rôle de ces comités est donc de dynamiser l'expansion économique de leur département, dynamiser les actions et pousser à la coopération, rendre visibles et intelligibles les structures et les acteurs économiques locaux et systématiser, pour les rendre plus efficaces, les relations entre partenaires économiques locaux.

Les communes sont responsables de l'aménagement de leur territoire. La compétence en matière d'élaboration et d'approbation des schémas directeurs et des POS leur est transférée. Elles sont chargées de la gestion des équipements locaux et de la maîtrise de leur sol. Circonscriptions administratives de l'Etat, de proximité ou de contact, les communes se chargent de l'intérêt public communal par l'intermédiaire du développement économique.

Les structures intercommunales sont un moyen d'accroître l'influence des collectivités locales qui jouissent par ces structures de moyens légaux de regroupement pour promouvoir leurs propositions d'aménagement (schémas locaux d'aménagement). Les structures de coopération intercommunale sont une mise en commun des moyens techniques et humains, un partenariat qui concrétise, entre certaines collectivités locales, une communauté d'intérêts économiques, sociaux, culturels définissant un projet commun de développement.

L'intercommunalité propose une solution au morcellement extrême des communes en France, mais elle permet aussi une répartition équitable des retombées économiques sur les communes : les inégalités de richesses fiscales entre collectivités locales apparaissent comme un obstacle au développement local, dans la mesure où elles avantagent les collectivités les mieux dotées en entreprises. La coopération intercommunale peut être aussi une solution aux concurrences généralisées entre les politiques publiques locales.

La loi ATR (Administration Territoriale de la République) du 6 février 1992 a crée deux catégories nouvelles d'établissements publics de coopération intercommunale : les communautés de villes et les communautés de communes. La loi réside dans un couplage entre réforme territoriale et réforme fiscale.

La communauté de communes par exemple, a pour but d'associer les communes au sein d'un espace de solidarité, en vue de l'élaboration d'un projet collectif de développement et d'aménagement de l'espace. Le fonctionnement se caractérise par une spatialisation plus adéquate des compétences économiques et d'aménagement de l'espace, une fiscalité propre et un système de redistribution partielle de la Taxe Professionnelle aux communes membres.

Il existe par ailleurs, de petites organisations qui travaillent à agrandir les ressources locales liées au tissu économique : des lieux d'échanges horizontaux se constituent sous forme d'associations, de clubs d'entrepreneurs, de comités de bassin d'emploi ou de comités locaux d'expansion afin de produire des stratégies de développement en faveur du milieu local.

Il apparaît ainsi clairement que depuis la loi sur la décentralisation de 1982, les collectivités territoriales sont de plus en plus responsables de leur aménagement et notamment de leur développement économique. Cependant, l'Etat reste l'indiscutable responsable de la politique économique et social. Et si les lois de décentralisation, la loi sur la coopération intercommunale ont été crées sur l'initiative de l'Etat et confèrent aux collectivités un pouvoir administratif certain, c'est pour mener une politique économique et sociale plus performante intégrant les divers enjeux nationaux, régionaux et locaux.

Les comportements des collectivités locales s'avèrent tout de même fondamentaux. Tous les acteurs sont conscients de l'obligation qu'il y a de concilier le développement local avec des stratégies qui relèvent d'intérêts régionaux et internationaux. Les collectivités concourent alors avec l'Etat à l'administration et à l'aménagement du territoire.

L'Etat intervient par exemple dans l'économie locale par l'intermédiaire des aides à l'entreprise (très importantes pour les collectivités locales). Le FRILE (Fonds Régional d'aide aux Initiatives Locales pour l'Emploi), la Prime Régionale à la création d'entreprises, la Prime Régionale à l'emploi concernent les municipalités mais c'est la Région et l'Etat qui ont un rôle prioritaire pour les aides. On a en effet un quasi-monopole régional en matière d'aides directes aux entreprises (très utile pour la localisation des entreprises) mais la région ne peut agir qu'en coordination étroite avec l'Etat.

Autre exemple : les schémas directeurs locaux doivent être impérativement compatibles avec le SDAU régional qui traduit essentiellement les enjeux définis par l'Etat. Le préfet est chargé de contrôler cela.

L'entreprise joue donc un rôle très important dans le développement économique bien sûr, mais aussi dans l'aménagement du territoire. Un secteur ne peut être économiquement attractif que s'il dispose d'un réseau d'entreprises performantes permettant l'existence d'un dynamisme économique. L'aménagement du pôle de Roissy-CDG répondant à un enjeu économique de tout premier ordre, la qualité des entreprises présentes sur le site redouble d'importance.

4. Un secteur au service d'entreprises performantes et modernes

L'entreprise est facteur d'organisation de l'espace car elle provoque des flux qui vont déterminer les lieux environnants. Il apparaît clairement que la valeur des entreprises et des relations qu'elles ont entre elles va avoir des conséquences qualitatives sur l'organisation de l'espace.

Avec la mondialisation des échanges et de l'économie, les voies des airs sont les moyens les plus efficaces de communication, les abords des aéroports sont devenus de véritables relais pour les entreprises internationales utilisant les modes de gestion et de fonctionnement les plus modernes et les plus performants. La rapidité du transport aérien et le cadre de vie moderne symbolique des aéroports sont facteurs d'attraction vis à vis des entreprises internationales high-tech.

Il s'agit donc de profiter de ce nouveau rôle qu'acquiert le système aéroportuaire afin de développer à partir de ce potentiel un projet d'aménagement de pôle économique. Cet aménagement consiste à développer la possibilité d'implanter des activités, des entrepôts et des bureaux au service des entreprises internationales : sont alors lancés des programmes de bureaux « intelligents » pour des entreprises de haute technologie, des centres d'exposition, des capacités hôtelières avec salles de conférence ; les produits offerts et leur fonctionnement étant les plus performants possibles pour une attraction optimale vis à vis du marché mondial.

Le but est donc d'attirer dans le secteur des entreprises internationales exportatrices à haute valeur ajoutée afin d'aboutir vers un grand pôle tertiaire de renom international, un pôle de croissance et de développement dont les effets d'entraînement pourront se diffuser à travers un espace très large.

Le secteur s'efforce donc de posséder tous les atouts favorables à la localisation des grandes entreprises de haute technologie, à savoir des infrastructures de télécommunication performantes, la qualité des transports terrestres, une image valorisante du site, une main d'oeuvre abondante et dynamique, la qualité de l'environnement, la présence d'un environnement professionnel performant et prestigieux, un habitat de qualité et des parcs de loisirs.

Ce secteur affiche donc la volonté de renforcer l'attrait de l'espace géographique gravitant autour de l'aéropôle. Ainsi la présence d'entreprises modernes et performantes détermine la qualité de l'espace environnant.

Même si l'aménagement territorial du pôle de Roissy-CDG est largement dominé par la volonté de l'Etat, il constitue néanmoins un enjeu à tous les échelons de l'administration française et notamment pour les collectivités locales pour qui l'aéropôle exprime une formidable opportunité de développement local. Ainsi, avant d'étudier les effets économiques de l'aéroport de Roissy-CDG sur les collectivités locales, nous allons procéder à la description de la plate-forme aéroportuaire pour mieux comprendre l'importance économique du site.

II. L'AEROPORT ROISSY CHARLES DE GAULLE :

DESCRIPTION D'UN EQUIPEMENT D'EXCELLENCE

L

'aménagement de la plate-forme aéroportuaire a pour but de constituer un vaste complexe d'infrastructures et de services diversifiés sans équivalent dans le monde. L'équipement aéroportuaire jouit d'une image internationale excellente et a pour vocation d'occuper une position privilégiée dans le dispositif aéroportuaire européen et mondial.

C'est ainsi qu'ADP mène une politique de développement des atouts de Roissy-CDG. Avec 3100 hectares de réserve foncière, Roissy-CDG a la capacité de répondre à l'évolution croissante de la demande par la construction d'infrastructures aéroportuaires (aérogares et pistes), par la mise en place d'une véritable intermodalité à l'échelle européenne et par le développement des capacités d'accueil d'activités de haute technologie. Roissy Charles de Gaulle représente 9% de l'activité économique régionale et un impact de plus de 70 milliards de francs.

La qualité des infrastructures aéroportuaires, l'accueil d'activités et notamment de firmes internationales prestigieuses, soucieuses d'une implantation très bien desservie par les moyens aériens et terrestres permettra d'accroître l'attrait et le rayonnement de l'aéroport et de générer de nouveaux trafics.

TABLEAU N°1 : LE CLASSEMENT DES 4 PREMIERES PLACES AEROPORTUAIRES EN EUROPE EN 1998

1996

PASSAGERS
FRET

LONDRES

85456966

1371255

PARIS

59089020

1112482

FRANCFORT

38761174

1338149

AMSTERDAM

27794872

1082846

Paris tient le huitième rang mondial pour le trafic passagers , le dixième rang pour le fret .

Les équipements existants témoignent d'un lieu d'excellence en matière d'infrastructures de transport et d'accueil des activités.

CARTE N°3 : PLAN MASSE DE L'AÉROPORT ROISSY CHARLES DE GAULLE.

A. Les infrastructures aéroportuaires

1. Les aérogares

L'inauguration de CDG 1 en 1974 fut un événement. Conçu dans les années 1960, en période de forte croissance économique, la nouvelle aérogare, de forme circulaire, marquait une véritable révolution par rapport aux infrastructures traditionnelles. Avec un trafic en forte progression, l'augmentation du nombre d'avions « au contact » aurait entraîné dans un système de bâtiments linéaires un allongé de plus en plus démesuré des distances à parcourir à pieds. Pour accélérer le trafic et raccourcir le trajet des passagers, les concepteurs de CDG 1 ont choisi d'empiler toutes les infrastructures et les services dans un cylindre central lui-même relié par des souterrains à sept satellites permettant un accès direct et rapide aux avions.

CDG 1 est cependant, comme toute forme circulaire, un univers clos qui n'a pu faire l'objet d'une expansion progressive.

Le choix retenu pour l'aérogare 2 fut, au contraire, celui de la modularité. La nouvelle aérogare privilégie à l'extrême la simplicité et la rapidité des circulations entre l'entrée de l'aérogare et l'accès aux avions. Le concept des anneaux permettait en outre une mise en service progressive de l'aérogare, module après module :

1981 pour le terminal B 1989 pour le terminal D

1982 pour le terminal A 1993 pour le terminal C

avec à chaque fois le souci d'intégrer innovations techniques et nouvelles contraintes d'exploitation.

Affirmant le changement dans la continuité, le nouveau terminal CDG 2F apparaît comme une synthèse innovante des précédentes générations. Situés à l'est dans le prolongement des terminaux A, B, C et D, les nouveaux développements de CDG 2 (E et F) en demi anneaux entourent parkings et voies de circulation. Chacun d'eux, beaucoup plus vaste que les précédents aérogares, comportera deux grandes avancées, les "péninsules" perpendiculaires à l'aérogare autour desquelles viendront se ranger les avions. Cette disposition permettra un important accroissement du nombre d'avions au contact direct de l'aérogare, donc un confort accru pour les passagers et une plus grande facilité d'exploitation pour les compagnies.

Autre innovation importante : la séparation complète des niveaux "départs" et "arrivées" et des flux de passagers correspondants permettant un fonctionnement plus efficace et plus rapide des terminaux.

PHOTO MAQUETTE DES TERMINAUX CDG E ET F.

CDG 2 E et F bénéficieront, à l'instar des autres terminaux à l'époque de leur construction, d'une conception et d'une architecture innovantes mettant en valeur l'efficacité et l'esthétique des infrastructures.

La première phase du nouveau terminal F sera mise en service au cours de l'année 1998 offrant une capacité annuelle de 6 millions de passagers. La deuxième phase est programmée pour la fin 2000 avec une capacité de 4 millions de voyageurs par an.

Le terminal CDG E ouvrira partiellement en 2002 ou 2003 avec une capacité annuelle de 5 millions de voyageurs.

Au milieu de ces deux immenses aérogares (CDG 1 et CDG 2) se trouve depuis 1990, le terminal T9. L'aérogare T 9 est un immense hangar vitré destiné aux charters, surtout aux vacanciers qui ne prennent qu'occasionnellement l'avion.

Les conditions d'arrivée et de départ sont extrêmement précaires, toutes les opérations se déroulant dans un même espace. Le terminal T 9 est bien différent des autres terminaux à l'ambiance feutrée pour hommes d'affaires pressés, où règne la survalorisation sociale.

La grande réussite du T 9 tient dans sa conception zéro de l'architecture aéroportuaire, c'est une aérogare simple, sans magasins, qui traite en masse les vols bon marché.

TABLEAU N°2 : LA REPARTITION DU TRAFIC PASSAGRES A CDG ET PARIS .

PASSAGERS en 1996

REPARTITION en %

 

Paris

CDG 1

9031800

28,5

15,3

CDG 2

21127700

66,5

35,8

T9

1564500

5,0

2,6

TOTAL

31724000

100

53,7

 

Actuellement, l'aéroport Roissy-CDG dispose de 2 pistes parallèles Est-Ouest permettant de faire atterrir et décoller des avions simultanément sur chacune des pistes.

Cependant, la croissance constante du trafic aérien rendait nécessaire la construction de pistes supplémentaires. La saturation de Roissy-CDG se faisait sentir. C'est ainsi que le 23 septembre 1997, le Ministre de l'Equipement, des Transports et du Logement, Jean-Claude Gayssot a donné son feu vert pour la construction de 2 nouvelles pistes à Roissy-CDG.

SCHEMA N°2.

Le Ministre des Transports a ainsi répondu aux exigences de développement d'un aéroport qui doit faire face à la croissance du trafic aérien, il offre à ADP les moyens de développer les atouts économiques d'envergure internationale de l'aéroport de Roissy-CDG.

Cette décision répond à une démarche économique logique, laquelle prenant tout de même en compte les revendications exprimées par les riverains opposés à cette expansion.

L'évolution du transport aérien, les conséquences sur l'économie et sur l'emploi, sur la compagnie nationale Air France, mais aussi une meilleure gestion du trafic aérien sont les facteurs de décision de M. Gayssot.

En effet, la construction de ces 2 pistes va provoquer une augmentation du trafic des passagers (55 millions à terme), susceptible de créer des milliers d'emplois et d'offrir à la région Ile de France un pôle d'activités d'envergure internationale.

Les deux pistes supplémentaires seront chacune parallèle aux pistes préexistantes 1 et 2. Elles seront plus courtes et réservées exclusivement à l'atterrissage. La mise en service de la première piste supplémentaire (piste 4 au sud) s'effectuera en l'an 2000 et la seconde (piste 3 au nord) en 2001.

Avec l'approbation de la construction de 2 nouvelles pistes à Roissy-CDG, l'Etat a engagé une réflexion sur un troisième site, un troisième aéroport aux confins du grand Bassin Parisien. Le lancement de cette étude permettrait de trouver une solution à long terme à la croissance du trafic aérien. Ainsi plusieurs candidatures rivalisent déjà d'arguments, pour l'implantation de ce troisième aéroport, deux régions s'opposent la Picardie et le Centre.

2. Les zones de fret

Méconnu du grand public, le fret est une activité très importante pour tout grand aéroport : parce qu'elle répond à un besoin essentiel de l'économie et permet aussi de mieux rentabiliser les infrastructures aéroportuaires.

Sans passer avant les passagers, le fret pourrait bien passer devant les passagers, tout au moins au regard des résultats financiers en forte hausse qu'engendre un trafic lui-même en croissance constante.

ADP vise également à faire de Roissy-CDG la plaque tournante européenne du fret aérien. L'enjeu concerne l'organisation logistique au niveau européen et l'implantation de centres de distribution des sociétés internationales.

C'est dans cet objectif qu'ADP a développé ses capacités d'accueil aéroportuaire ainsi que la qualité de l'organisation logistique.

La surface de la zone de fret représente à Roissy 300 hectares dont 110 hectares sont viabilisés.

La capacité de traitement du fret en 1997 est de deux millions de tonnes. Cette zone de fret, divisée en sept zones réparties au sud ouest de la plate-forme aéroportuaire et très bien accessible par automobile, est composée de diverses gares et aérogares de fret, de bâtiments, de bureaux, de magasins, d'entrepôts, d'ateliers, d'un hub postal, d'une station animalière, d'un village d'entreprises de fret et d'un centre logistique de fret aérien. Toutes ces infrastructures sont vouées à l'accueil des activités de fret et au traitement des marchandises au sol.

Ces infrastructures de fret aérien ont permis à Roissy-CDG d'être au 14è rang mondial et au 4è rang européen après Francfort, Londres et Amsterdam.

B. La plate-forme multimodale

Pour être performant et développer son aire d'attraction, l'aéroport doit posséder plusieurs équipements et atouts, et notamment la qualité des transports terrestres.

Pour cela, l'aéroport Roissy-CDG de Gaulle est très bien équipé puisqu'il constitue un noeud de communication sans équivalent dans le monde.

En effet, la plate-forme aéroportuaire de Roissy-CDG de Gaulle est une plate-forme multimodale réunissant trois modes de transport : l'air, la route et le chemin de fer et ainsi la capacité de développer l'effet Hub, d'éclatement et de regroupement de passagers et du fret en transit européen et mondial.

1. La desserte routière et autoroutière

L'aéroport Roissy-CDG de Gaulle est à proximité d'un réseau autoroutier constitué par les autoroutes A1, A3 et A104 qui desservent la plate-forme. Ces autoroutes desservent le coeur de Paris, irriguent l'espace régional et permettent de rejoindre les principales villes nationales et européennes. Ces principaux axes sont secondés par un réseau local assez dense : routes nationales et départementales desservent de la même façon l'aéroport.

Roissy-CDG est traversé par l'Autoroute A1, véritable cordon ombilical entre Paris et Roissy-CDG et axe de communication le plus fréquenté en région Parisienne par où transitent transports nationaux et internationaux. C'est donc un axe sur lequel le secteur peut compter pour développer son effet Hub multimodal.

2. La gare d'interconnexion TGV

Depuis toujours, on considère que l'avion et le train sont des modes de transports concurrents. Ils le sont certes, pour des distances courtes où la concurrence joue pleinement pour des distances comprises entre 400 et 700 km.

Au-delà, l'avion s'impose notamment pour un aller-retour dans la journée. Pour autant, il est aujourd'hui nécessaire de jouer la complémentarité de ces deux moyens de transports. Ainsi les trains TGV passant par Roissy permettent aux voyageurs aériens de rejoindre leur destination dans les meilleures conditions et les meilleurs délais, ce qui est un atout supplémentaire pour l'aéroport concerné.

D'autre part, l'avion apporte à la SNCF des milliers de clients supplémentaires. Cette complémentarité nouvelle de l'air et du rail est née des efforts communs de la SNCF et d'Aéroports de Paris (efforts impulsés par l'Etat).

Elle permet à la capitale de devenir l'une des places aéroportuaires les plus importantes, avec un choix très vaste de jonctions immédiates entre l'avion, le train et la route.

Cette nouvelle gare multimodale va engendrer pour la SNCF un trafic nouveau de passagers en correspondance avec l'avion. De même, le TGV va fournir un apport important de voyageurs sur les lignes long-courriers.

L'ouvrage devrait permettre de faire gagner beaucoup de temps aux passagers dont le point de départ ou la destination finale n'est pas la capitale. Les passagers de Roissy-CDG peuvent donc rejoindre les principales villes françaises et certaines capitales européennes sans passer par Paris. L'effet Hub joue pleinement.

SCHEMA N°3 : DUREES DE TRAJET PAR LE TGV AU DÉPART DE ROISSY VERS LES PRINCIPALES VILLES FRANÇAISES ET EUROPEENNES.

La gare d'interconnexion représente aussi un atout économique pour la région. L'intermodalité constitue un accélérateur économique : avec la création d'un trafic de 1,5 millions de passagers supplémentaires par an, l'impact économique direct de Roissy-CDG va augmenter ainsi que le nombre d'emplois. Cette gare donne donc à la région un avantage considérable sur ses concurrentes, Amsterdam, Bruxelles ou Francfort en ce qui concerne l'implantation d'activités tertiaires qui peuvent facilement s'affranchir des problèmes de localisation mais ont besoin d'une grande fluidité de communication.

Véritable plaque tournante des moyens de transport, cette gare permet une communication intermodale unique au monde, entre l'avion et le TGV, et avec le Réseau Express Régional.

La complémentarité de tous ces moyens de transport (air, TGV, RER, route) en un même lieu est en effet unique au monde. Cette gare nommée le « module d'échanges », inaugurée en novembre 1994, exprime la complémentarité qui règne parmi tous ces moyens de communication afin de donner au passager la possibilité de rejoindre sa destination dans les meilleures conditions et les meilleurs délais possibles.

Le Réseau Express Régional relie l'aéroport à la Gare du Nord et au centre névralgique de Paris. Grâce au prolongement de la ligne jusqu'au coeur de l'aérogare 2 dans le module d'échanges, le taux d'utilisation du RER par les passagers aériens devrait sensiblement augmenter.

En 1998, deux millions de voyageurs sont attendus dans la gare RER, dont plus de 60 % en correspondance aérienne et près de 40 % au départ ou à destination de l'Ile de France. Voilà qui devrait soulager nettement les accès routiers de l'aéroport (80 % des personnes se rendent à l'aéroport en voiture ou en taxi).

SCHEMA N°5: LES CINQ NIVEAUX DU MODULE D'ECHANGES.

L'aéroport Roissy-CDG de Gaulle constitue donc bien une plate-forme multimodale qui a pour but de faire de Roissy-CDG la principale plaque tournante européenne, le premier centre d'échanges européens. Roissy-CDG dispose de moyens de communication parmi les plus performants au monde, au service d'activités tertiaires internationales de haute technologie et des activités de fret, qui représentent de plus en plus de ressources économiques.

C. Des zones d'accueil pour les activités économiques

L'aéroport est de plus en plus considéré comme un outil économique, un outil d'aménagement du territoire, articulé autour d'une interconnexion de plusieurs modes de transport, d'un complexe d'activités tertiaires et d'un centre logistique international.

L'existence sur l'aéroport de Roissy-CDG d'un tel complexe d'interconnexion ne peut que favoriser le développement d'un quartier d'affaires et l'organisation logistique du fret. L'aéroport correspond dorénavant, par ses activités, à un pôle industrialo-tertiaire.

Ainsi ADP a développé les possibilités de ce nouveau pôle économique en faveur de l'accueil des activités économiques.

1. Accueil des activités tertiaires de hautes technologies

ADP a développé un vaste programme de bureaux « intelligents » disponibles pour des entreprises de haute technologie à forte valeur ajoutée pour faire de Roissy-CDG un grand pôle tertiaire de renom international.

ADP a tenté de tirer parti au mieux des nouvelles donnes de l'économie internationale en proposant aux entreprises et aux hommes d'affaires une implantation au coeur même d'un des plus grands carrefours européens de communication, là où le brassage des affaires apparaît comme le plus intense et en pleine expansion, là où le temps et l'espace sont maîtrisés.

Roissy-CDG s'est par conséquent doté d'une « aéroville », soit un ensemble de bureaux ultramodernes, des hôtels de luxe, des restaurants, des salles de visioconférences, des espaces d'exposition, un centre commercial et un centre de loisirs destiné avant tout aux entreprises.

Situé en plein coeur de la plate-forme de Roissy-CDG, desservie par route, autoroute, RER, TGV, cette grande cité internationale appelée Roissy Pôle est un véritable carrefour des hommes et des affaires. Roissy Pôle est une authentique cité d'affaires, performante pour les entreprises et agréable pour leur personnel.

Ce lieu combine, dans un cadre architectural moderne et intégré à l'environnement, des bureaux de haut de gamme ayant des occupants aux signatures de prestige. A la fois point stratégique en Europe et porte ouverte sur le monde, Roissy Pôle répond aux exigences des entreprises pour qui le contact avec l'international est une nécessité quotidienne.

Parmi les occupants prestigieux de Roissy Pôle, on retrouve par exemple Air France qui a installé son siège à proximité de son Hub installé à CDG 2.

ADP a développé une cité internationale grâce à des programmes de construction de bâtiments luxueux représentant un pôle d'entreprises, d'échanges et de performances unique au monde tels que le Dôme et le Continental Square.

Le Continental Square est un ensemble de quatre immeubles indépendants de haut standing, représentant chacun environ 6 000 m², aménageables par plateaux de 900 m² divisibles.

Continental Square par sa qualité architecturale moderne imprime à l'ensemble une image de grande qualité. Reliés à une centrale téléphonique de la dernière génération , gérés et contrôlés par un système technique centralisé, les immeubles qui forment Continental Square sont de « la race des bâtiments intelligents ». Les bureaux sont conçus pour s'adapter à tous les progrès de la technologie, qu'il s'agisse d'informatique, de communication, de confort, de sécurité ou de gestion.

Le Dôme est un programme de 40 000 m² de bureaux situés aussi au coeur de Roissy Pôle reliés entre eux par une rue piétonne en arc de cercle et rehaussée par la verrière qui domine Roissy Pôle. Cette verrière transparente forme une toiture en demi-cercle au-dessus de la plus longue rue couverte d'Europe.

Le Dôme représente par son architecture moderne un cadre de travail de qualité et répond, par sa position stratégique, aux exigences des entreprises, pour qui le contact avec le monde entier est une fonction primordiale.

Chaque entreprise peut disposer d'un ensemble de services nécessaires à son fonctionnement et adaptés à ses performances. A l'instar des bureaux du Continental Square, les bâtiments du Dôme sont équipés de bureaux ultramodernes.

L'environnement immédiat du Dôme se compose d'aménagements paysagers, d'un programme complet de restauration, de boutiques, d'hôtels, d'un centre de conférence de 25000 m² avec des salles modulables.

Roissy Pôle est aussi constitué d'une gamme d'hôtels « confortables » destinés à accueillir les passagers aériens dont 98 % sont des hommes d'affaires.

Certains hôtels, comme l'hôtel Arcade, mettent à la disposition des entreprises et des hommes d'affaires quelques salles de conférence et de séminaires pouvant recevoir 50 à 120 personnes.

En plein coeur de Roissy Pôle se trouve également l'Aéronef, la galerie commerciale de Roissy Pôle. ADP a créé l'Aéronef pour répondre aux besoins d'urbanisation et d'animation de la cité d'affaires internationale de Roissy-CDG.

ADP offre aussi aux entreprises présentes sur le site près de 400 services à la carte que l'on ne retrouve habituellement qu'en milieu urbain tels que la Poste, les agences bancaires, les hôtels restaurants, les locations de voitures, les commerces, le service médical d'urgence, la Police, la maintenance et l'entretien, la production et la distribution d'énergie thermique, les sociétés de fret express, les transitaires, les compagnies aériennes, les bureaux de tourisme, etc... tous ces services permettant aux entreprises de fonctionner à Roissy-CDG sans aucune relation avec les villes environnantes.

Roissy Pôle est donc une véritable cité d'affaires qui, grâce aux infrastructures de transport, est branchée sur le monde entier.

Un programme antérieur et similaire à celui de Continental Square a été lancé par ADP entre la zone de fret Sud et l'Autoroute A1.

Roissy Tech, mis en service en août 1991, est un parc High-Tech constitué de petits immeubles d'un ou deux étages. Roissy Tech est un parc d'activités constitué de bâtiments polyvalents commercialisables auprès d'entreprises à vocation exportatrice. Ce parc s'inscrit dans un projet plus vaste de restructuration de la zone de fret sud de Roissy-CDG, obéissant à des principes d'urbanisme forts mettant en avant la qualité des structures d'accueil.

Un centre de vie et d'animation a été aménagé à l'instar de l'Aéronef à Roissy Pôle.

L'aéroport Roissy-CDG offre donc des capacités d'accueil remarquables pour les entreprises du tertiaire supérieur et des conditions de travail tout à fait exceptionnelles et résolument modernes, propices aux performances des entreprises internationales à forte valeur ajoutée. A ces atouts, s'ajoute la présence d'infrastructures de transport uniques au monde faisant de Roissy-CDG un grand pôle tertiaire de renom international en prise directe sur le monde entier.

1. Accueil des activités de fret

Le fret connaît une forte reprise d'activités. Longtemps considéré par les compagnies aériennes comme une activité marginale, le fret prend désormais une part croissante dans les revenus des compagnies.

Qu'elles exploitent ou non une flotte tout cargo, les compagnies élaborent aujourd'hui une politique de développement de fret. Les capacités et la qualité d'accueil des aéroports en matière de fret deviennent donc aussi un facteur de développement économique et un atout dans la compétition que se livrent les grands aéroports.

ADP a donc développé ses structures d'accueil pour les activités de fret (toutes les opérations de pré et post acheminement du fret étant facilitées par une conception adaptée des bâtiments) et vise à faire de Roissy-CDG également une plaque tournante européenne du fret.

La zone de fret de Roissy-CDG couvre 300 hectares et a une capacité de traitement des marchandises au sol de deux millions de tonnes. Cette zone est divisée en sept parties étalées au Sud Ouest de la plate-forme et réunit toutes les installations utiles au traitement logistique du fret.

La zone combine pour l'instant deux moyens de transport : l'air et la route. Toute la zone fonctionne en totale complémentarité afin d'offrir aux clients les meilleures conditions de temps et de coûts possibles.

Autour des différentes gares sont concentrés bâtiments de bureaux, entrepôts, magasins et ateliers. De nombreuses entreprises et compagnies de prestige se sont installées à Roissy-CDG : Calbercourses filiale du groupe Calberson, ayant pour activité le transport des documents et colis de nuit ainsi que le transport express de petits colis de jour s'est installé à Roissy-CDG dans un bâtiment de 2 000 m² depuis 1999, le centre aérien postal de Roissy-CDG (ensemble de bâtiments et d'installations qui forme le Hub postal de Roissy-CDG).

Le centre de logistique de fret aérien  Roissy-Sogaris  comprend 8 000 m² de magasins et de 18000 m² de bureaux d'accompagnement. Roissy-Sogaris offre à ses utilisateurs une recette des douanes, des services divers de maintenance, gardiennage, salle de réunion, assistance, fret en magasins. Sogaris est spécialiste de l'étude, la conception, la réalisation et la gestion de plates-formes logistiques et offre à Roissy-CDG des infrastructures et des services les plus favorables pour constituer une base européenne pour les traitements du fret aérien.

Parmi ces prestigieux bâtiments se trouvent aussi la plus grande gare de fret avec 44500 m², l'aérogare de fret France Handling (assistance cargo), celles d'Air France Cargo, de Servair (alimentation aérienne), du Parisien, du Figaro...

De plus, un bureau des douanes françaises, où peuvent être effectuées les procédures spécifiques au fret aérien, est implanté sur le site. Aussi les critères de sûreté, de sécurité et de confort se trouvent-ils réunis à l'intérieur d'enceintes dont les diverses installations allient la fonctionnalité à l'indispensable flexibilité.

Les produits immobiliers proposés répondent aux besoins des entreprises en s'articulant notamment autour d'une ligne village avec Village Fret. Le village Fret est une zone d'activités viabilisée en locatio au sein de laquelle l'organisation du traitement des marchandises est effectuée selon un principe communautaire où chaque acteur et chaque opération est complémentaire aux autres. Cette organisation tend à améliorer et étendre la gamme des services et prestations offertes dont la finalité est la qualité du traitement du fret.

Flexitech située au Nord-Ouest de la plate-forme répond aussi à cette volonté avec un maître mot : la flexibilité des moyens de traitement de marchandises.

Dans le contexte fortement concurrentiel actuel, ADP poursuit ainsi ses efforts pour conserver et améliorer l'attrait de Paris-Charles de Gaulle dans le domaine du fret. Des développements immobiliers importants sont en projet ou en cours de réalisation. Le plus important est l'arrivée de Fedex (Fédéral Express) à Roissy-CDG. En juin 1999, l'aéroport accueillera la plate-forme européenne de Fédéral Express, leader mondial du fret aérien et spécialiste du transport rapide et de la messagerie. Le futur centre, conçu comme un noeud logistique de tri mondial de courrier et de colis, sera situé en zone Nord-Ouest de la plate-forme et comprendra dans sa phase initiale 50000m² d'aérogare de fret, 16000m² de bureaux ainsi que des aires de stationnement pour avions et véhicules routiers. Le courrier et les colis en provenance et à destination de toute l'Europe passeront ainsi par Paris.

L'aéroport parisien va ainsi devenir l'une des quatre plates-formes dont dispose Fedex dans le monde.

Autre projet qui devrait conforter Roissy-CDG dans son développement, la rencontre entre l'air et le fer au niveau du fret.

Avec le projet de mise en service du TGV, les marchandises pourront facilement passer de l'avion au train grâce, notamment, à un nouveau système de chargement latéral sur les trains. Cette interconnexion devrait porter ses fruits surtout en ce qui concerne le fret express actuellement en pleine expansion.

L'ensemble de l'activité fret à Roissy-CDG de Gaulle est articulé par une association constituée en 1996 avec les partenaires du fret (compagnies aériennes, agents de fret, sociétés de service, douanes) sous l'appellation de Comité Interprofessionnel Fret (CIF). Ce comité a pour but de mener à bien des actions de promotion en faveur des actions menées par les différents partenaires afin d'améliorer la qualité des services de fret. Il s'agit de développer les services spécialisés dans ce domaine, et à le faire savoir. Grâce à une concertation renforcée entre les professionnels du secteur, la qualité des services, qui représente le critère le plus important pour le fret, ne peut être que renforcée.

Le noeud de communication exceptionnel qu'exprime l'aéroport de Roissy-CDG par ses infrastructures de transport constitue un atout formidable pour les entreprises internationales du tertiaire supérieur ou du traitement de fret.

Ainsi, ADP a développé sur cette plate-forme multimodale des infrastructures de qualité permettant aux entreprises modernes et performantes d'accomplir leurs fonctions dans les meilleures conditions d'exploitation possibles. La présence à Roissy-CDG d'un complexe d'interconnexion unique au monde, d'un complexe d'activités tertiaires ultra modernes et d'un centre logistique international de plus en plus grand et performant témoignent des efforts faits par ADP pour développer à Roissy-CDG un véritable équipement d'excellence.

Roissy-CDG représente ainsi un pôle industrialo-tertiaire international dont le poids économique va peser sur l'économie locale. Car plus la qualité et la capacité des infrastructures de transport et d'accueil d'entreprises performantes sont renforcées, plus la plate-forme va exercer un mouvement centrifuge économiquement dynamique sur son environnement direct.

III. L'INFLUENCE DE L'AEROPORT ROISSY CHARLES DE GAULLE SUR SON ENVIRONNEMENT

D

ans un contexte de mondialisation de l'économie, l'importance de la plate-forme aéroportuaire est évidente comme lieu de polarisation et de développement économique.

Au vu du nombre d'emplois assurés par la plate-forme de Roissy-CDG et par les entreprises environnantes, elle est aujourd'hui un puissant pôle d'activités. De plus, l'interconnexion des réseaux de transport permet à la fois une meilleure accessibilité réciproque de l'aéroport et de son environnement et une extension des aires d'attraction.

L'activité aéroportuaire de l'aéroport Roissy-CDG constitue donc un remarquable accélérateur économique. Le potentiel économique généré par la plate-forme aide logiquement à la création ou la venue de nouvelles entreprises dans la région environnante.

Ce potentiel est aussi une formidable opportunité pour les collectivités locales environnantes car le développement générera de nouvelles ressources en taxe professionnelle et taxe foncière.

Ainsi, les autorités aéroportuaires et les collectivités territoriales cherchent à multiplier les capacités économiques de l'aéropôle afin de développer ses performances et son attrait.

Véritable pôle économique, l'aéropôle fait cependant apparaître de fortes disparités au sein d'un espace économiquement hétérogène.

A. Le pôle de Roissy : un puissant pôle économique local

1. Démographie et emplois (plate-forme et pôle)

L'aéroport est d'abord un véritable moteur pour l'emploi. Depuis 1990, le nombre d'employés de la plate-forme a augmenté de 11100 personnes soit une croissance moyenne de 4,3% par an pour une progression du trafic passagers et de fret de 6% en moyenne.

En terme de création d'emplois, depuis 1990, chaque million de passagers ou 100 000 tonnes de fret supplémentaires a donc généré près de 1000 embauches. Le fret est ainsi également un moteur puissant pour l'emploi : les sociétés du site accroissent leurs effectifs de 7,8% par an.

TABLEAU N°3 : LA PROGRESSION DE L'EMPLOI À CDG SUIT CELLE DU TRAFIC AÉRIEN.

Le développement depuis deux ans du « hub » postal puis l'arrivée de Fedex n'y sont pas étrangers. La société américaine a choisi Roissy-CDG pour plate-forme européenne et prévoit à moyen terme de la faire fonctionner avec un effectif de 3000 personnes et un investissement d'un milliard de francs sur dix ans.

La multitude d'activités commerciales (hôtellerie, fabrication de repas servis à bord, ventes hors taxes...) suit naturellement la progression du trafic de passagers et fret.

ADP (3743 emplois en 1996) a embauché au rythme moyen de la plate-forme. Les emplois du site non liés directement au trafic aérien ont augmenté de 7,7% en 1996.

Les deux nouvelles pistes de Roissy-CDG et les nouveaux terminaux CDG 2 E et F vont provoquer l'accroissement du nombre de passagers d'environ 25 millions. Cette progression du trafic de passagers va donc provoquer une forte hausse des effectifs de la plate-forme qui à terme pourrait atteindre, en théorie, les 75 000 emplois.

Roissy-CDG de Gaulle est donc véritablement un moteur pour l'emploi sur la plate-forme mais aussi au-delà, l'emploi ne s'arrêtant pas aux frontières de l'aéroport : les calculs réalisés dans le cadre des missions officielles chargées d'évaluer les avantages et inconvénients du développement de Roissy-CDG (missions Fève, Douffiages, Carrère) montrent qu'il faut doubler le nombre d'emplois pour tenir compte des emplois indirects et ceux induits par l'activité aéroportuaire.

50 000 personnes travaillent sur la plate-forme de Roissy-CDG, 100 000 personnes travaillent donc aujourd'hui de près ou de loin pour Roissy-CDG. A terme, la croissance du trafic aérien permet d'estimer à 25 000 le nombre d'emplois supplémentaires directs et autant d'emplois indirects. Au total donc, 150 000 emplois.

Le pôle de Roissy-CDG constitue ainsi le premier pôle d'emplois de la banlieue nord de Paris. Un tel noeud de communication dans le nord de Paris permet à ce site d'attirer plus facilement les implantations industrielles et commerciales que dans d'autres endroits de la région parisienne qui, sans lui, n'aurait pas un pareil lien avec l'Europe et le monde.

A Roissy-CDG est ainsi envisagé avec la création d'environ 50 000 emplois l'accueil d'à peu près 70 000 habitants supplémentaires sur les trois départements touchés par l'aéroport : la Seine Saint Denis, le Val d'Oise et la Seine et Marne.

Déjà, les communes proches de l'aéroport ont bénéficié d'une croissance démographique très importante. On observe que la croissance de certaines communes proches, due essentiellement à la présence de l'aéroport, a été très forte de 1975 à 1990 :

VILLES

EMPLOIS

Roissy en France

+ 68,6%

Mitry-Mory

+ 22,5%

Compans

+ 75%

Thieux

+ 94,7%

Mauregard

+ 56%

Tremblay en France

+ 31,2%

 

TABLEAU N°7 : LA CROISSANCE DES VILLES DE 1975 À 1990.

Sur la plate-forme de l'aéroport Roissy-CDG, une activité extraordinaire entraîne donc avec elle tout un territoire puisqu'un emploi naît en dehors du site à chaque création de poste interne, de même que l'importance de l'aéroport de Roissy-CDG est telle qu'il exerce une influence profonde sur la distribution et la structure du marché du travail de son arrière pays, et donc sur l'évolution démographique.

2. Attraction vis-à-vis des entreprises et agrandissement du marché du travail

Le secteur de l'aéroport de Roissy-CDG est un véritable pôle de développement économique. Un grand nombre d'entreprises vient travailler sur le site même ou à proximité, à commencer par celles qui sont directement liées à son fonctionnement : compagnies aériennes (48% des effectifs sur la plate-forme), sociétés chargées d'assurer la maintenance des avions, de la sécurité, de la restauration etc... Viennent ensuite tous les prestataires de services requis pour les milliers d'employés présents.

L'extraordinaire carrefour séduit aussi bien d'autres acteurs économiques : certains ont une activité fortement consommatrice de liaisons aériennes, d'autres sociétés comme des filiales de groupes étrangers ont surtout besoin de se développer facilement et apprécient des locaux adaptés à leur fonctionnement.

L'aéroport Roissy-CDG constitue un puissant pôle économique pour plusieurs raisons : d'abord, le site génère une image très positive par sa modernité sa mobilité et sa qualité.

La mise en valeur du site et la qualité des aménagements confèrent à Roissy-CDG une qualité qui séduit les entreprises pour qui l'image de l'aéroport apporte un facteur objectif de succès commercial. Grâce à la présence de l'aéroport, Roissy-CDG constitue une adresse prestigieuse susceptible d'attirer des entreprises à fort rayonnement international.

Roissy-CDG est ainsi voué au secteur d'entreprises françaises et étrangères axées sur des domaines d'activités de transports, de communication, d'échanges, de logistique de produits à haute valeur ajoutée, de commerce extérieur, d'activités de formation : l'ensemble constituant un centre d'envergure européenne et mondiale.

La présence de l'aéroport international et de la gare d'interconnexion TGV font de Roissy-CDG le site d'Europe le plus rapidement relié à la fois aux capitales européennes et aux grandes métropoles mondiales. Sa situation privilégiée est exploitée pour accueillir par priorité les activités exigeantes sur la performance des dessertes notamment celles qui sont liées aux relations internationales dans les domaines de la haute technologie ou des services d'aide à la décision.

L'ambition pour le pôle de Roissy-CDG est de constituer à partir de ce dynamisme économique un pôle émetteur de croissance : il s'agit d'apporter des réponses aux exigences des entreprises en s'appuyant sur l'excellence de l'outil technique pour devenir non pas un pôle récepteur, mais un point nodal émetteur de croissance qui va produire un effet centrifuge autour de l'aéroport.

Ce phénomène d'entraînement va s'étendre au-delà du strict périmètre de l'aéroport grâce aux infrastructures routières environnantes. Disposant de plusieurs zones très bien reliées à Roissy-CDG tout en étant au coeur du marché francilien, le secteur bénéficie pleinement de la desserte routière et autoroutière. On retrouve l'effet Roissy-CDG sur les axes qui permettent de rejoindre rapidement l'aéroport. De nombreuses entreprises se sont appuyées sur ce critère pour choisir comme lieu d'implantation des communes comme Le Blanc-Mesnil, Aulnay sous bois, Le Bourget, La Courneuve ou la Plaine Saint Denis le long de l'autoroute A1.

L'aéroport apparaît alors comme un outil de diffusion de développement économique permettant de favoriser tel ou tel secteur régional pourvu qu'il dispose d'une bonne accessibilité à l'équipement.

Il faut ainsi la volonté d'assurer les meilleures conditions d'accès possibles à l'aéroport afin que celui-ci joue pleinement son rôle d'outil technique au profit de l'ensemble des entreprises régionales. Le secteur de Roissy-CDG est aux portes de l'agglomération et à proximité de grands axes de communication qui conduisent vers les principaux partenaires étrangers.

La plate-forme multimodale air-route-fer renforce fortement l'attrait du secteur permettant l'accueil d'un maximum d'activités et notamment de firmes multinationales permettant d'accroître le rayonnement de l'aéroport, de générer de nouveaux trafics et de diversifier les ressources.

La présence sur le site d'immobilier d'entreprises de grande qualité et de nombreux services attirent les entreprises, le bassin d'emploi s'agrandit ainsi que la force d'attraction du pôle.

Les effets d'entraînement de l'aéroport se manifestent sur une aire d'influence très vaste du fait des complémentarités existantes. Quatre autres secteurs seraient ainsi influencés par le pôle principal à savoir :

La Plaine Saint Denis, Le Bourget, La Courneuve et le secteur Oise la Vallée (Compiègne, Creil, Senlis): possèdent des atouts qui manquent au secteur de Roissy-CDG tels que l'enseignement supérieur, recherche, tradition industrielle et technologique, cadre de vie

Oise la Vallée, Compiègne, Senlis, Creil : technopole, formation, recherche, parcs scientifiques axés sur la chimie bio pharmacie et la métallurgie mécanique dans un cadre de qualité très attractif.

La Plaine Saint Denis : technologies industrielles dans les domaines de la mécanique, productique, métrologie et des matériaux autour d'une halle technologique et d'une « Maison de l'Industrie » bénéficiant de la présence des universités de Paris 8 et 13, de l'Institut Galilée, du CNAM, et de deux IUT.

Le Bourget, Le Blanc-Mesnil, La Courneuve : décloisonnement et remise en valeur des zones d'activités existantes (production transformation, équipementiers de l'aéronautique, mécanique, logistique...).

Dans le choix d'une implantation industrielle, le maillage des transports est un facteur déterminant. En fait, la proximité de l'aéroport n'est pas, pour l'essentiel des entreprises installées sur le pôle, le facteur de localisation décisif. Seulement 35% des entreprises installées jugent décisive la proximité de l'aéroport. L'accessibilité, la desserte routière et autoroutière sont les facteurs les plus fréquemment prononcés par les entreprises.

En effet, un grand nombre d'entreprises s'installent dans les environs de Roissy-CDG pour bénéficier de la proximité de ce noeud de communication exceptionnel.

Par ailleurs, la taille du marché du travail, la présence de main d'oeuvre qualifiée, la disponibilité de services, les conditions de vie font partie des facteurs de localisation des entreprises.

La modernité des installations aéroportuaires contribue néanmoins à conférer une image et une adresse valorisantes au secteur. L'aéroport et les différents critères de localisation cités précédemment sont donc les conditions optimales de localisation des entreprises.

La qualité des capacités d'accueil des entreprises, un centre d'exposition, des capacités hôtelières, un centre de télécommunication international, des équipements de loisirs, la qualité de l'urbanisme et de l'architecture, l'animation par des commerces de proximité, des restaurants, des équipements socio-sportifs sont autant d'éléments d'attrait à prendre en compte car ils entrent dans les critères de choix des entreprises internationales.

En résumé, les facteurs de localisation des sociétés françaises et étrangères voulant s'implanter sur le pôle de Roissy-CDG sont :

Ø la qualité du site et de l'immobilier d'entreprises

Ø la qualité du marché du travail

Ø l'accessibilité générale du site

Roissy Pôle constitue donc à l'intérieur de la plate-forme aéroportuaire une zone d'accueil excellente pour ces entreprises du tertiaire supérieur. Des zones d'accueil sont aussi présentes en dehors des limites aéroportuaires et sont prêtes à accueillir ce type d'activités : il s'agit du Parc des Expositions et de la zone d'activités internationales de Paris Nord II.

Ces deux zones sont excellemment desservies et sont promises à un fantastique développement.

Le Parc des Expositions (PEX) est un gros inducteur d'emplois et de consommation culturelle et touristique, carrefour économique et commercial, occasion pour les entreprises françaises de s'ouvrir facilement au moindre coût sur les marchés extérieurs. Le PEX renforce le leadership mondial tenu par l'Ile de France dans le domaine des salons internationaux et des congrès.

PHOTO N°29 : LE PARC DES EXPOSITIONS DE VILLEPINTE , IMMENSE BÂTIMENT COSACRÉ AUX SALONS PROFESSIONNELS INTERNATIONAUX À PROXIMITÉ IMMÉDIATE DE LA ZA INTERNATIONALES PARIS NORD II.

Paris Nord II est une grande zone d'accueil d'activités commerciales et de distribution à haute valeur ajoutée. Elle regroupe un grand nombre d'entreprises internationales utilisatrices de transport aérien.

Ces deux zones accueillent des activités très diversifiées, très mobiles, et offrent le maximum de souplesse dans un environnement à caractère plus urbain, avec un large éventail de services. Les entreprises ont une dominante d'activités de logistique et de distribution.

L'accessibilité de ces deux zones est le critère de localisation le plus important.

D'autres zones d'activités se situent sur des communes environnantes plus éloignées de Roissy-CDG mais sont reliées au pôle grâce aux infrastructures routières : Sarcelles, Villiers le Bel, Louvres, Aulnay sous bois, Othis-Dammartin offrent des zones d'activités plus diversifiées (production, services, sous-traitance) : le tout représentant environ 1 400 000 m2 et 18000 emplois.

Le site aéroportuaire et son environnement et les facilités qu'ils offrent sont unanimement reconnus comme des éléments majeurs pour l'implantation d'entreprises dans le secteur.

Le pôle de Roissy-CDG est le centre d'un foisonnement de projets qui reflètent à la fois son attrait et son dynamisme. Ce secteur conjugue, autour du pôle central d'activités tertiaires et de toute une couronne de parcs d'activités, des espaces d'accueil hôteliers, de loisirs, de tourisme, des espaces verts qui matérialisent la porte d'entrée internationale en Europe. Il y a là réunis tous les éléments d'un développement économique faisant de Roissy-CDG un puissant pôle économique local.

Un fort développement autour de l'aéroport ne se produit que pour autant qu'il existe sur le site d'autres facteurs majeurs de développement auxquels l'aéroport apporte de surcroît une image valorisante : les facteurs de localisation des entreprises cités précédemment, mais aussi le fonctionnement du pôle, la qualité des hommes et de leurs relations qui rendront le site économiquement plus dynamique et plus attractif.

C'est ainsi qu'ADP qui gère le site aéroportuaire s'organise afin que davantage d'entreprises et de PME locales tirent parti de la dynamique aéroportuaire et favorise la création ou la venue de nouvelles entreprises qui participeront au développement des communes et départements voisins, et donc au bon développement du pôle.

L'aéroport doit être un accélérateur de l'activité économique de son environnement et ne plus être considéré comme un voisin gênant. ADP s'efforce par conséquent de développer les bases d'un partenariat durable entre les entreprises locales et celles de l'aéroport, créer un véritable maillage et ainsi développer l'emploi.

Pour rééquilibrer les échanges économiques avec les PME-PMI environnantes, ADP organise par exemple, une fois par an à Roissy-CDG, une rencontre entre les dirigeants des grandes entreprises de Roissy-CDG et les dirigeants des PME-PMI locales. Il s'agit en quelque sorte d'une clé d'accès au monde économique de Roissy-CDG.

Occasion exceptionnelle d'échanges et de débats, le « carrefour des achats aéroportuaires de Roissy-CDG» permet à 1600 entreprises du Val d'Oise de la Seine Saint Denis et de la Seine et Marne de s'informer, à la source, sur les attentes et les besoins des entreprises telles que Air France, AEI, Eliance, Fedex, France Handling, DHL, Lufthansa, Servair et ADP. Pendant deux journées de rencontre, 500 à 600 rendez-vous individuels sont planifiés entre entreprises du site et entreprises extérieures.

Cette opération met en valeur la considération et l'importance des PME-PMI dans le pôle de Roissy-CDG. En effet, les PME sont la base du tissu productif régional, elles représentent un vivier d'emplois important et sont très utiles pour les grandes entreprises car elles constituent la richesse d'un environnement économique dans l'espace, un support économique diversifié, et la proximité d'un réseau de sous-traitance de qualité.

ADP propose également l'organisation d'actions communes de promotion et de valorisation des produits et des services offerts sur l'aéropôle comme la création d'un grand salon annuel à vocation économique pour inciter à l'implantation d'entreprises étrangères sur l'aéroport et dans la région environnante. Vecteur de la promotion du pôle régional constitué autour de Roissy-CDG, ce salon permettrait de mettre en évidence la diversité économique de ce pôle, son attrait pour les entreprises dynamiques, les effets de leviers qu'elles pourraient trouver en s'y implantant, ainsi que sa vocation européenne à travers ses moyens d'échanges multimodaux et internationaux.

ADP envisage aussi la création d'activités économiques par le biais de pépinières d'entreprises. Véritable outil d'aménagement du territoire favorisant la réussite des nouvelles entreprises en amenuisant les obstacles liés à leur démarrage, une pépinière d'entreprises installée sur l'aéroport dans des locaux appartenant à ADP, bénéficiera du dynamisme économique aéroportuaire. Le principe est d'accompagner le lancement d'entreprises pendant 24 mois pour qu'elles émigrent définitivement vers les communes riveraines de l'aéroport. C'est en « envoyant » des entreprises saines que ADP souhaite concrétiser son action en faveur du développement local.

Les entreprises créées seraient dans un premier temps à vocation tertiaire puis semi-industrielles ou artisanales.

Par ailleurs, des plans de promotion commune à l'étranger sont élaborés entre ADP et départements voisins pour aider les entreprises à exporter plus en utilisant et en mettant en valeur l'image du pôle aéroportuaire et de son environnement.

De nombreuses mesures sont également prises en faveur de l'emploi. L'organisation d'un meilleur maillage du tissu social aéroportuaire doit contribuer à ce que le plus possible d'emplois directs et induits, générés par le développement de Roissy-CDG profitent aux demandeurs d'emplois de son environnement.

En raison de la diversité des offres, le marché du travail de Roissy-CDG ne s'est pas assez organisé. Les entreprises recrutent souvent par le bouche à oreille et les besoins en formation sont mal identifiés.

« Notre défi, avec les départements riverains, est de faciliter l'accès aux emplois de CDG, anticiper les besoins de formation et repérer de nouveaux gisements d'emplois en assurant un équilibre entre les régions » explique René Guérin d'ADP chargé du partenariat économique et social avec les riverains.

En effet, les collectivités territoriales limitrophes de l'aéroport profitent peu des retombées économiques en matière d'emplois. Actuellement, la provenance des employés de CDG est très éparpillée et ne profite que pour moitié aux trois départements riverains de l'aéroport ( 21% pour la Seine Saint Denis , 16 % pour le Val d'Oise , et 15 % pour la Seine et Marne en 1997).

De plus, les retombées de l'activité en matière d'emplois sont inégales de sorte que certaines communes dont les habitants sont victimes de fortes nuisances sonores, n'abritent qu'une faible part des salariés de la plate-forme.

Par conséquent, le gouvernement a pris des mesures en faveur de l'emploi local. Le Ministre des Transports a confirmé lors de l'annonce de la création de deux nouvelles pistes à Roissy-CDG la mise en place d'un observatoire sur le bassin d'emplois de Roissy-CDG et "d'une plate-forme pour l'emploi" notamment destinée aux jeunes en difficulté qui prendra la forme d'un groupement d'intérêt public (GIP).

Ces deux organismes associent élus, entreprises, organisations syndicales, services publics de l'emploi afin de développer l'emploi sur le pôle de Roissy-CDG.

Autre association : l'AIR (Amitiés Interculturelles de Roissy-CDG) réunissant une vingtaine de professionnels de l'aéronautique qui consacrent une partie de leur temps libre à l'aide à la recherche d'emplois sur le site.

Leur objectif est de créer une passerelle entre l'aéroport et la banlieue , grâce à l'information et la formation.

ADP s'associe par ailleurs à la gestion d'une Boutique Club Emploi à Villiers le Bel. Une telle boutique implantée au coeur de la ville offre ainsi toute une panoplie de services gratuits qui permettent à tout demandeur d'emploi de trouver, par ses propres moyens, un emploi dans un délai raisonnable.

Ainsi, tout est mis en oeuvre pour développer autour de Roissy-CDG un espace économique fort, un véritable pôle émetteur de croissance au sein duquel les emplois et les entreprises se multiplient. Roissy-CDG constitue effectivement un pôle économique local dynamique, il y a là quasiment tous les éléments d'un développement à la fois sur le site aéroportuaire ainsi que dans son environnement. Ce dernier fait donc l'objet d'un développement initié par les instances aéroportuaires et les collectivités locales limitrophes.

3. Opportunités économiques pour les communes (développement local)

Pour développer un pôle économique puissant autour de Roissy-CDG, ADP prône l'insertion de CDG dans son environnement, c'est à dire ancrer l'aéroport dans son tissu économique et social, partager la prospérité.

Les collectivités locales concernées ont donc l'occasion de profiter du développement généré par l'aéroport pour développer leurs ressources. Un travail de maillage social est en cours entre les collectivités locales et l'établissement public ADP pour une meilleure intégration du site avec son arrière-pays.

A l'instar d'ADP, les collectivités locales cherchent à favoriser l'emploi, les contacts entre demandeurs d'emploi et éventuels employeurs locaux ou services économiques, mais elles cherchent aussi et surtout à augmenter les ressources fiscales car les entreprises apportent d'importantes recettes fiscales aux collectivités sous forme d'impôts.

Les collectivités s'efforcent ainsi d'investir dans des structures d'accueil aux entreprises et peuvent donc profiter du dynamisme économique de l'aéropôle pour augmenter leurs recettes en taxe professionnelle et taxe foncière.

Même si le développement local est un mode de développement par le « haut » (croissance à partir de décisions prises par les managers de grandes entreprises ou sur l'initiative de l'Etat), les gouvernements locaux prennent des mesures pour la mise en valeur de leur territoire.

Les facteurs du lieu de valorisation économique local étant présents (proximité d'un environnement professionnel de qualité et de grands axes de communication), les collectivités s'organisent pour rassembler tous les acteurs du développement économique. Le développement local repose notamment sur l'existence de liens étroits entre les entreprises implantés sur le même site. Dans la mesure où de telles relations ne s'instaurent pas spontanément, les gouvernements locaux sont amenés à intervenir pour les favoriser.

Le développement local est en fait étroitement lié aux liens qui s'établissent entre les différents agents économiques, publics et privés qui définissent un partenariat pour faire face aux problèmes de l'emploi et pour être plus performant sur les marchés économiques.

Des lieux d'échanges horizontaux se constituent alors sous forme d'associations, de clubs d'entrepreneurs, de comités de bassin d'emploi ou de comités locaux d'expansion destinés à produire des stratégies de développement. Des projets communs de développement sont aussi instaurés entre entreprises et collectivités.

Les entreprises doivent être reliées les unes aux autres, clientes les unes des autres, elles doivent coopérer pour certains services communs, pour la formation professionnelle, pour l'emploi, bref que leurs activités se multiplient au lieu de s'additionner. Les entreprises ainsi confortées iront chercher des marchés à l'extérieur, des flux financiers viendront donc de l'extérieur se dépenser ou s'investir dans ce territoire et contribueront donc au développement du pôle.

De nombreux lieux d'échanges horizontaux ont ainsi été créés sur le pôle de Roissy-CDG. Des entreprises de 17 communes riveraines se sont unies pour former Roissy-CDG Entreprises : forte de ses 212 entreprises adhérentes, cette association entend participer activement au développement de ce pôle économique. Le cercle des entreprises privées est basé sur la communication entre les différents chefs d'entreprises plus ou moins prestigieuses (SNCF, RATP, La Poste, L'Oréal, PEX, EDF-GDF, Hyatt, ANPE de CDG) afin de développer l'emploi, les transports, l'aménagement du territoire et l'environnement.

Plusieurs villes dynamiques, comme Gonesse ou Goussainville, organisent des forums emplois pour les jeunes. Les entreprises viennent y expliquer leurs besoins et leurs projets de recrutement. Un club des directeurs des ressources humaines des entreprises de Roissy-CDG doit permettre des échanges de candidatures et d'informations sur les initiatives locales.

Autre initiative : Air France a signé une convention avec le Val d'Oise pour parvenir à terme à un taux de 20 % d'emplois valdoisiens.

Sur l'initiative d'ADP, 500 PME-PMI riveraines de CDG ont bénéficié avec le « carrefour des achats » d'un coup de pouce important pour développer leur partenariat avec les grandes entreprises du transport aérien.

En septembre 1994, grâce au Préfet du Val d'Oise, a été créée l' « association du bassin d'emploi du pôle de Roissy-CDG » qui a pour objet l'amélioration de la situation de l'emploi en organisant la concertation entre élus, employeurs et organisations représentatives des salariés. Quatre départements sont partis prenants à savoir le 93, le 77, le 95 et le 60(Oise).

Les comités d'expansion et agences de développement économique de ces quatre départements et de l'Aisne (02) se sont regroupés en 1990 en une structure informelle de réflexion dite « club de Roissy-CDG » pour apporter leur contribution à la révision du schéma directeur de l'Ile de France.

L'efficacité de ce regroupement réside dans l'abstraction de toutes frontières administratives, régionales ou départementales qui portent, on le verra plus tard, préjudice à l'homogénéité du pôle de Roissy-CDG.

En effet, ce pôle à cheval sur trois départements souffre des limites administratives communales de sorte que les recettes de la taxe professionnelle et de la taxe foncière ne bénéficient actuellement qu'à quelques communes. Les retombées économiques du pôle sont donc très diverses, ce qui empêche le bon développement du secteur.

Avec la mise en place d'un observatoire pour mesurer la croissance des emplois et les besoins de formation, et d'un GIP pour améliorer l'accès des demandeurs locaux aux emplois générés par l'aéroport, l'Etat veut mettre en place un fonds local de répartition qui devrait redistribuer de manière équitable le produit de la taxe professionnelle et foncière liées à l'activité aéroportuaire, un fonds interdépartementale de solidarité mettant en valeur la volonté de créer une zone commune économique et financière.

La communauté de communes de «Roissy porte de France » créée le 25 mai 1994 et regroupant onze communes regroupées autour de la commune de Roissy en France est une réponse aux déséquilibres des recettes fiscales, à l'extrême parcellarisation administrative communale française.

Cette communauté se propose d'engager des actions d'organisation, développement économique local et amélioration du cadre de vie et de gestion (emploi, logement, sécurité) et prévoit la création d'une taxe professionnelle de zone et vise à assurer une solidarité financière des sept communes regroupées.

Le développement local de l'emploi suppose aussi l'aménagement des transports en commun autour de la plate-forme. Plusieurs projets seront ainsi accélérés comme la liaison RER/Roissy-CDG/Cergy ainsi que des dessertes locales par bus et minibus.

Le pôle économique de Roissy-CDG constitue également un enjeu à l'échelle régionale. En développant les activités autour de la porte d'entrée européenne de l'Ile de France, l'objectif a été de rééquilibrer la diffusion du développement économique sur le territoire régional.

Le Nord-Est de la région est caractérisé par un secteur séparé de l'agglomération centrale par une banlieue dégradée, dont l'image si négative a fait que la dynamique des investisseurs a été et reste parmi les plus faibles de la région. Le secteur géographique de Roissy-CDG est défavorisé à la fois en terme de population et d'environnement. Plaine agricole sans grand caractère, le secteur accueille des populations à faible revenu et offre une image résidentielle globalement médiocre.

Le développement autour de Roissy-CDG va néanmoins permettre au secteur de devenir une plate-forme d'échanges sur l'axe majeur vers l'Europe du Nord et un site privilégié pour l'accueil d'activités commerciales et de distribution. Ce complexe dessert désormais l'ensemble des zones d'activités de l'Ile de France et surtout celles des villes nouvelles : Cergy, Marne la Vallée, Sénart et Massy Saclay.

Ce secteur longtemps mal considéré est aujourd'hui un point nodal extrêmement attractif et fait l'objet de nombreuses mesures prises en faveur de la restructuration de la banlieue Nord-Est de l'agglomération parisienne en développant l'emploi et les activités.

L'essor de Roissy-CDG peut ainsi être vu à plusieurs échelles : celle de la restructuration d'une banlieue Nord qui a du mal à se requalifier ; celle de tout l'arc périphérique Nord de la région ; celle du Bassin Parisien avec notamment les perspectives de développement du Sud de l'Oise qui constitue une zone d'accueil naturelle pour des activités et des résidents.

Le pôle de Roissy-CDG est destiné à devenir l'un des principaux moteurs du développement économique de la région Ile de France autour de l'aéroport international.

CARTE N°6 : L'ARTICULATION DES PÔLES RÉGIONAUX EN ILE DE FRANCE.

A Roissy-CDG sont donc mises en oeuvre différentes mesures en faveur d'un pôle économique local fort. L'aéroport, l'accessibilité du site, les structures d'accueil sont autant d'atouts que les autorités aéroportuaires et les gouvernements locaux cherchent à améliorer, à développer dans un espace économiquement solidaire.

Cependant, cette solidarité économique utile à l'homogénéité du secteur fait défaut. L'environnement économique de Roissy-CDG est effectivement caractérisé par trois espaces différents dont les limites correspondent aux limites administratives départementales.

B. Une proximité géographique dominée par de fortes disparités économiques

Incontestablement, les prescriptions du schéma directeur régional ont privilégié le sud de la plate-forme et dans une certaine mesure des communes telles que Gonesse ou Roissy en France.

Le sud de l'aéroport a déjà subi une forte dynamique économique grâce à la construction de la plate-forme routière Garonor, le parc des Expositions et Paris Nord II, alors que le Nord-Est de l'aéroport n'a été que très peu concerné par la croissance économique générée par la plate-forme aéroportuaire.

Le secteur de Roissy en France fut également peu concerné par le développement de Roissy-CDG mais de nombreux efforts de la part du département du Val d'Oise rendent cet espace plus dynamique et attractif.

1. Le secteur de l'Est du Val d'Oise : un espace en mutation

L'Est du Val d'Oise, représenté par la commune de Roissy en France, est un espace où était marquée l'absence de synergie avec l'aéroport. L'aéroport Roissy-CDG a longtemps été sans véritable effet économique : l'existence de l'aéroport n'avait pas entraîné de ZALA.

A proximité de celui-ci se sont localisées des activités à faible valeur ajoutée : stockage, activités liées au transport routier, entreprises de services de la petite couronne.

L'impact direct de l'aéroport sur l'emploi valdoisien n'est en 1988 que de 13%, soit 4 000 emplois occupés par des habitants du Val d'Oise sur les 31 000 employés recensés sur la plate-forme. Aujourd'hui, cette part même si elle a légèrement augmenté reste insuffisante, n'abritant que 16 % d'emplois valdoisiens.

Ce dysfonctionnement traduit la faiblesse de qualification de la main d'oeuvre locale. Les entreprises locales et celles de la plate-forme aéroportuaire ont du mal à recruter une main d'oeuvre qualifiée, les formations de la population locale ne correspondant pas aux exigences des entreprises.

Se pose alors le problème de formation des jeunes dans les quartiers d'habitat collectif où le manque d'université ou d'IUT fait cruellement défaut.

Pour profiter des opportunités économiques qu'offre l'aéropôle, le département du Val d'Oise s'est montré particulièrement entreprenant pour développer à l'Est du Val d'Oise une zone économique dynamique en synergie avec la plate-forme aéroportuaire.

L'aéroport Roissy-CDG constitue aujourd'hui un enjeu majeur dans l'aménagement économique du Val d'Oise. Le secteur de Roissy en France est devenu un espace géo-économique au sein duquel l'influence de l'aéroport joue un rôle prédominant.

Roissy en France a connu une forte croissance démographique depuis les deux dernières décennies ainsi que la frange Sud-Est du département. L'urbanisation s'est également fortement développée dans ce secteur : les quinze communes les plus peuplées du Val d'Oise sont dans cet espace et concentrent la moitié de la population totale du Val d'Oise en 1990.

A la fin des années 1980, l'économie se développe considérablement autour du pôle de Roissy en France (33 000 emplois dans la commune en 1990). Le transport devient alors le premier pôle d'activités du Val d'Oise. Ce grand pôle d'emplois attire désormais des actifs. Roissy en France offre 35 fois plus d'emplois qu'il n'y a d'actifs résidants dans la commune.

Le secteur de Roissy en France bénéficie d'implantations de sièges sociaux internationaux, entreprises de pointe et de haute technologie, bureaux, sociétés de fret et d'entreposage, d'hôtels qui disposent grâce à la présence de l'aéroport d'atouts considérables pour leur développement.

La progression globale des emplois est très marquée : hormis le secteur des transports, les services marchands aux entreprises, les commerces de gros alimentaires, l'hôtellerie et la restauration connaissent une forte progression. L'augmentation de l'emploi salarié dans le Val d'Oise a profité essentiellement au secteur tertiaire qui représente désormais dans le département 2 emplois sur 3.

 

TAUX DE CHOMAGE

TAUX D'EMPLOI

REPARTITION DE LA POPULATION

ACTIVE PAR SECTEUR

 
 
 

Industrie

Bâtiment

Tertiaire

Ville nouvelle

8.5

0.96

23

25

32

Roissy-CDG en France

5.3

35.10

15

20

43

Argenteuil

10.3

0.71

25

16

45

Bezons

10.5

0.64

28

14

45

Garges

15.0

0.36

19

12

50

Sarcelles

13.5

0.53

17

17

42

TABLEAU N°5.

Cette évolution correspond à la multiplication des formes de prestations de services s'adressant aussi bien aux particuliers qu'aux entreprises.

De plus, les entreprises font de plus en plus appel, pour des tâches périphériques, à des entreprises sous-traitantes dans les domaines des transports, de la maintenance, de la réparation, de l'entretien, du conseil, de l'informatique, de la gestion, du recrutement, de la formation etc... et il existe dans le Val d'Oise un solide réseau de sous-traitance qui, pour une bonne part, fait appel à des technologies avancées telles que le matériel informatique, les équipements industriels ou électroniques, la fabrication à haute valeur ajoutée.

Les entreprises aéroportuaires feront alors volontiers appel à ce réseau de sous-traitance qui correspond à leurs besoins. Cette synergie entre l'aéroport et son arrière-pays dont l'absence faisait tant défaut est en train de se mettre progressivement en place.

Cette synergie est importante à double titre : d'abord, des relations s'instaurent entre les grandes entreprises de la plate-forme et les PME-PMI locales valdoisiennes ce qui démontre la bonne intégration de l'Est du Val d'Oise dans le pôle de Roissy-CDG, puis la présence de PME-PMI qui sont la base du tissu productif constitue la richesse d'un environnement économique dans l'espace et un support économique diversifié, et participent grandement au bon développement du pôle économique.

Par ailleurs, dans l'Est du Val d'Oise, la présence du TGV, des autoroutes A1, A16 et de la future A104, de la ligne D du RER et de l'existence de l'aéroport Roissy-CDG confirment l'intérêt des promoteurs, des investisseurs et des consultants en immobilier d'entreprise. Bureaux, parcs d'activités high tech, villas d'entreprises accueillent les entreprises dans tout l'Est du Val d'Oise, à Roissy en France, Le Thillay , Goussainville , Louvres , Sarcelles...qui bénéficient de ce noeud de transport exceptionnel.

De nombreuses communes aménagent par conséquent de nouvelles zones d'activités pour l'accueil d'entreprises intéressées par la proximité de l'aéroport et de ses services, par la qualité exceptionnelle des infrastructures routières ainsi que la vocation internationale de cette zone.

Autre facteur d'attraction : le cadre de vie de qualité offert par le Val d'Oise. L'environnement est en effet remarquablement préservé, des grandes forêts domaniales créent des coupures vertes privilégiées. Département vert aux portes de Paris, le Val d'Oise joue la carte de la qualité de vie, très importante pour l'accueil des cadres supérieurs.

La réhabilitation et une revitalisation économique des quartiers d'habitat collectif défavorisés sont aussi nécessaires et prévus.

Si la situation économique de l'Est du Val d'Oise s'est décantée, c'est en grande partie grâce au département qui a témoigné d'un dynamisme et d'une forte vitalité en matière de création d'entreprises. Près de 50 000 emplois nouveaux ont été créés en 10 ans soit une augmentation des emplois de 30 %.

L'instrument principal du département en faveur du développement économique est le Comité d'Expansion Economique du Val d'Oise (CEEVO). Créé en 1972, le CEEVO (association loi 1901) a pour mission de réunir les acteurs locaux exerçant des responsabilités et des fonctions très diverses afin de promouvoir le développement du département. Le CEEVO est particulièrement actif, il met en oeuvre de nouvelles réflexions pour participer à la définition et au développement des stratégies économiques du pôle de Roissy-CDG.

L'une des autres missions confiées par le Conseil Général au CEEVO consiste à présenter le Val d'Oise, en France et à l'étranger, en tant que territoire propice à l'accueil et au développement des entreprises. Chaque année, le Comité participe activement à des manifestations internationales au cours desquelles il assure la promotion des atouts économiques du département.

Le CEEVO assure la promotion et une meilleure connaissance du tissu économique départemental en passant par la réalisation et la publication d'une collection de documents pratiques ou d'études, destinés aux élus, aux chefs d'entreprises, aux étudiants, aux enseignants et au grand public.

Pour développer l'accueil des entreprises sur le Val d'Oise, le CEEVO s'est installé sur un site stratégique : le Comité a inauguré en 1996 l'espace « Informations Entreprises Val d'Oise » en plein coeur de la gare d'interconnexion TGV de l'aéroport.

Cet espace de 45 m² est une véritable vitrine économique du Val d'Oise. Seul endroit dans le monde où convergent un aéroport international, une gare TGV, une gare RER et une autoroute, c'est l'un des plus beaux sites géo-économiques que l'on puisse trouver pour cet espace qui a pour objectif de faire connaître le Val d'Oise, ses opportunités d'implantation et ses atouts économiques, les avantages offerts par les communes et les axes de transports.

Il s'agit pour ce centre d'accueil de mettre en relation les visiteurs à la recherche de partenaires avec les entreprises locales. C'est un point d'informations, de contacts et de renseignements.

La promotion du Val d'Oise se fait également sur Internet. En 1996, les responsables du CEEVO ont souhaité rapidement créer et mettre en place deux sites de diffusion d'informations économiques sur ce réseau mondial devenu aujourd'hui incontournable dans le domaine des affaires.

Par ailleurs, le Conseil Général, en partenariat avec les organismes consulaires, les groupements patronaux, les syndicats professionnels, les services de l'Etat et les collectivités locales, a favorisé la mise en place de structures capables d'accompagner les entreprises : pépinières d'entreprises (Sarcelles, Villiers le Bel), hôtels d'entreprises et ateliers locatifs, soutiens à la commercialisation de terrains destinés à l'accueil d'une activité économique, soutiens aux transferts de technologie, missions d'aide à l'exportation, participations actives aux salons professionnels.

Plusieurs organismes sont aussi chargés d'informer, d'accueillir et accompagner les projets nouveaux. Le Département compte cinq « points chance pour entreprendre » dont le CEEVO, tous coordonnés par la mission interdépartementale pour la création d'entreprises. Des garanties bancaires et des prêts à taux avantageux sont par exemple proposés aux entrepreneurs.

Pour créer à l'Est du département un véritable pôle économique, le département a fixé cinq objectifs principaux d'aménagement :

ð améliorer les conditions d'accès et de transports avec notamment la création de nouvelles liaisons bus de manière à permettre un véritable lien entre les communes et le renforcement des liaisons routières rapides

ð jouer la carte de la formation et de l'amélioration de la qualification en développant des équipements de formation correspondant aux demandes potentielles (transport, commerce, services, hôtellerie, aéronautique)

ð protéger et valoriser l'agriculture

ð préserver les espaces naturels

ð diversifier et améliorer l'habitat et le cadre de vie

Il s'agit là de mettre en valeur les atouts du département mais aussi de résoudre les problèmes du secteur à savoir la formation et le niveau de qualification professionnelle.

Pour s'associer au sein d'un espace de solidarité, en vue de l'élaboration d'un projet commun de développement et d'aménagement, onze communes de l'Est du Val d'Oise se sont regroupées pour créer la communauté de communes Roissy-CDG Porte de France. Etablissement public créé en mai 1994, la communauté de communes compte 27 000 habitants sur les onze communes qui la constituent : Chennevières les Louvres, Epiais les Louvres, Le Thillay, Louvres, Puisieux en France, Roissy en France, Saint Witz, Survilliers, Vaud'herland, Vémars et Villeron.

Ce regroupement communal a pour but :

ð d'additionner les expériences et les moyens pour améliorer les services publics

ð d'améliorer la répartition des ressources financières issues du développement du secteur pour profiter équitablement de son dynamisme

Cette communauté symbolise la volonté pour les onze communes de mieux gérer les services et les équipements, d'améliorer la qualité des infrastructures, de préparer de meilleures conditions de vie au quotidien, de favoriser l'implantation d'entreprises créatrices d'emplois de proximité, et de consolider son tissu économique existant constitué en majorité de PME-PMI.

La communauté exerce donc des compétences en matière d'urbanisme, d'aménagement, d'action foncière, de développement économique, de gestion des équipements, de transports en commun, d'actions sociales. Elle assume le fonctionnement de services d'intérêts communs, la réalisation et le financement d'équipements communautaires nécessaires à ses habitants dont les financements proviennent du fruit de la taxe professionnelle que versent les entreprises installées sur la communauté. Ce sont 33 membres délégués issus des 11 communes qui sont chargés de l'administration de la communauté de communes.

Roissy Porte de France profite ainsi de la proximité du pôle économique de Roissy-CDG en favorisant l'implantation de nouvelles sociétés et en répondant aux besoins des entreprises.

De plus, la communauté de communes représente un interlocuteur unique pour les entreprises, ce qu'elles affectionnent particulièrement pour simplifier leur démarche de localisation.

TABLEAU N°8 : L'EMPLOI DE ROISSY PORTE DE FRANCE EN CHIFFRES (1997) :

Population active

8500

Nombre d'entreprises implantées

1196

Nombre d'emplois

15000

Nombre de chômeurs

800

Taux de chômage

9.4% (moy. nat : 12.5%)

Taux d'emploi

1.76% (emplois/habitant)

LA COMMUNAUTÉ DE COMMUNES ROISSY PORTE DE FRANCE PORTE UNE GRANDE PARTIE DE SON TRAVAIL POUR QUE LES EMPLOIS REVIENNENT SURTOUT AUX CHÔMEURS DE LA COMMUNAUTÉ . CELA EXPLIQUE UN TAUX DE CHOMAGE RELATIVEMENT BAS .

L'amélioration des moyens de transports publics figure au premier rang des objectifs de la communauté, et ce, depuis sa création.

Différents moyens de transport sont progressivement mis en place pour desservir tout le secteur autour de l'aéropôle et contribuer ainsi au développement local.

TABLEAU N°9 : TAUX DE LA TAXE PROFESSIONNELLE DE ZONE DE 1997 À 2001 :

Communes

1997

1998

1999

2000

2001

Chennevières les Louvres

8.33

8.53

8.73

8.93

9.16

Epiais les Louvres

7.01

7.54

8.07

8.60

9.16

Le Thillay

11.77

11.12

10.47

9.81

9.16

Louvres

12.98

12.03

11.07

10.12

9.16

Puisieux en France

10.19

9.93

9.68

9.42

9.16

Roissy-CDG en France

7.72

8.08

8.44

8.89

9.16

Saint Witz

12.65

11.49

10.32

9.16

9.16

Survilliers

10.20

9.68

9.66

9.16

9.16

Vaud'herland

7.44

7.86

8.28

8.70

9.16

Vémars

14.40

13.08

11.77

10.46

9.16

Villeron

10.98

10.07

9.16

9.16

9.16

La taxe professionnelle concerne les utilisateurs de locaux , propriétaires ou non, qui exercent une activité professionnelle. Avec la création de la Communauté de communes, une taxe professionnelle de zone s'applique à toutes les zones d'activités existantes sur la Communauté et remplace la taxe professionnelle communale. Une uniformisation des taux de taxe professionnelle sur les 11 communes membres s'opère depuis 1994 et ce jusqu'en 2001 pour atteindre un taux unique de 9,16%.

Ainsi, le secteur de Roissy en France qui bénéficiait peu des atouts de l'aéropôle connaît ces dernières années de profondes mutations propices au développement d'une zone économique attractive à partir du potentiel aéroportuaire. La volonté du département de profiter de ce dynamisme économique en est la principale cause.

Aujourd'hui, le secteur est en train de s'intégrer au pôle économique de Roissy-CDG, les données socio-économiques se modifient envers cette intégration.

2. Le Sud de l'aéroport : un espace fortement développé

Le Sud de l'aéroport est une zone économique dynamique qui contribue largement à faire du secteur de Roissy un centre économique d'envergure internationale.

Le Schéma Directeur de la région Ile de France entend en effet transformer tout l'espace autour de l'aéroport en un vaste secteur économique européen.

Le secteur désigné en priorité par le SDRIF est celui du Sud de la plate-forme aéroportuaire qui est le secteur le plus dynamique pour l'instant.

Cette vitalité s'explique par l'excellence du réseau de communications présent sur le secteur : l'aéroport international, la gare TGV ouverte sur l'ensemble du réseau à grande vitesse, une bonne desserte par les transports en commun et une excellente accessibilité routière. Ce carrefour stratégique accueille déjà une pléiade d'activités engrangeant des flux économiques importants, et inspire de nombreux projets, encouragés par d'importantes disponibilités foncières. Ces vastes réserves foncières ( Tremblay en France) sont naturellement destinées par le SDRIF à l'accueil de nouvelles activités de niveau international.

Déjà, avant la construction de l'aéroport Charles de Gaulle, le Sud de l'aéroport a vu à la fin des années 1960 l'aménagement de la ZAC Citroën ( Paris Nord I ) et la construction de la plate-forme routière Garonor sur le territoire d'Aulnay sous Bois qui représentaient deux ouvrages importants dans le développement économique du Nord-Est parisien.

Avec l'ouverture de l'aéroport CDG en 1974, le secteur acquiert un potentiel de développement économique intéressant qui va provoquer de nombreux projets d'aménagement et de grandes réalisations.

C'est au début des années 1970 que l'AFTRP ( Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne ), établissement d'Etat, opérateur foncier et aménageur s'est vu confier, par l'Etat, la mission de réaliser au sud de l'aéroport un vaste pôle d'attraction économique : Paris Nord II. L'aménagement de cette zone d'activités constitue un vrai quartier d'entreprises inséré parmi de vastes espaces verts, avec tous les services que l'on trouve dans une ville. Aujourd'hui, Paris Nord II est un Parc international d'activités qui constitue un des éléments structurants du futur centre d'envergure européenne de Roissy et représente un lieu stratégique pour l'implantation d'entreprises en région Parisienne.

C'est un site exceptionnel à la porte nord de Paris, au coeur d'un complexe multimodal unique au monde - aéroport, TGV, RER, autoroutes -. Atouts majeurs du pôle d'activités, sa localisation et ses infrastructures de transport lui confèrent d'emblée une vocation internationale. L'aéroport international de Charles de Gaulle est à quelques minutes du parc par une liaison routière directe et à six minutes par le RER. La gare d'interconnexion TGV/RER constitue une plaque tournante de communication de première importance : le coeur de Paris est à moins de trente minutes par le RER, Lille à une heure par le TGV, Bruxelles à 1h30, Lyon Satolas à 2h30 et Londres à 3h par le Tunnel sous la Manche .

Trois autoroutes irriguent le parc à partir duquel l'A1, l'A3 et l'A104 (la Francilienne) desservent Paris et toute la région et permettent de rejoindre n'importe quel point d'Europe.

Paris Nord II offre un cadre de travail adapté aux exigences des entreprises modernes. Le parc s'étend sur 385 hectares et se caractérise par la qualité architecturale de ses bâtiments et de son environnement. Le parc est un site d'exception pour les entreprises diversifiées offrant des entrepôts à proximité directe des bureaux et il est renforcé par la présence d'un grand centre commercial et d'un centre de vie et d'animation locale.

Aujourd'hui, Paris Nord II, c'est 360 entreprises dont Calberson, Guerbet, Sharp, Bull, SCV Audio, Hewlett Packard, L'Oréal, Akaï, Samsung, DHL ... représentant un pôle de 10 000 emplois.

Pour répondre aux besoins quotidiens de ces entreprises et des employés, le parc dispose de nombreux équipements et services : hôtels, restaurants (interentreprises), banques, La Poste, douanes, petits commerces, gare RER , trois lignes de bus, services de sécurité, complexe sportif ...

Un programme de bureaux « le parc des Nations » est déjà implanté sur le site ainsi qu'un parc d'affaires « Europarc » de 2,5 hectares.

Les secteurs d'activités des entreprises implantées sur le parc sont très diversifiés.

Au départ, la proximité immédiate de l'aéroport n'a pas été déterminante et les premières implantations sont plutôt le fait d'entreprises liées au stockage et à la distribution attirées par la qualité des dessertes routières. Une seule exception, la société Bull qui a implanté son centre de stockage lui permettant ainsi de livrer une pièce détachée en moins de quatre heures en Europe et 24 heures dans le monde après commande.

Par la suite, une deuxième vague d'entreprises s'est implantée sur le parc, des entreprises souvent étrangères et cherchant un ancrage commercial pour investir le marché local : Akaï, Samsung, Konica par exemple pour le stockage et la distribution de matériel électronique grand public.

Dans un troisième temps, le parc a vu certaines entreprises telles que Pilot Pen, Sharp France (bureautique et électronique) transférer leurs entrepôts sur des communes proches pour ne conserver dans Paris Nord II que les fonctions de direction (siège social), les services commerciaux et techniques.

A présent, le parc d'activités commence à attirer des établissements industriels cherchant à consolider leur position sur le marché européen et qui implantent des établissements dans le but d'adapter leurs produits aux normes françaises. Paris Nord II accueille de même des entreprises implantées à Paris qui recherchent des locaux mieux adaptés, une image de marque valorisante et une compétitivité temps garantie.

Le parc international d'activités jouit par ailleurs de la présence toute proche du Parc des Expositions de Villepinte. Ouvert depuis 1983 et géré par la Chambre du Commerce et de l'Industrie de Paris (CCI), le PEX accueille des grands salons professionnels et des congrès internationaux. Cet édifice de 60 hectares et de 275 000 m² de plancher est le premier site mondial pour la tenue des salons internationaux, ce qui contribue très fortement à la valorisation de l'image du secteur et à sa vocation économique internationale.

Gros inducteur d'emplois, ce carrefour économique et commercial de premier plan est une occasion exceptionnelle pour les entreprises françaises de s'ouvrir facilement sur les marchés extérieurs.

PHOTO N°40 : LE PARC DES EXPOSITIONS DE VILLEPINTE , UN IMMENSE HALL D'OÙ CONVERGENT LES DIFFÉRENTS ACCES AUX SALLES D'EXPOSITION.

La plate-forme logistique de Garonor, née antérieurement à l'aéroport contribue également à la vitalité du secteur. Née dans les années 1960, sur une idée des pouvoirs publics de créer des centres périphériques d'éclatement des marchandises pour l'agglomération parisienne. Au départ simple gare routière pour poids lourds, Garonor est devenue une importante plate-forme de transbordement de marchandises, instrument d'une logistique européenne avec des centaines de firmes spécialisées dans le transport. On y recense actuellement plus de 300 entreprises, dont 150 de transport, pour 4500 salariés.

Garonor peut traiter huit millions de tonnes de marchandises par an.

La plate-forme logistique de Garonor fonctionne en complémentarité avec CDG et profite du dynamisme économique généré par la présence de l'aéroport. Beaucoup d'entreprises se sont ainsi installées à Garonor car une implantation à Roissy était trop coûteuse pour elles.

Avec 400 000 m² de locaux sur 85 hectares, Garonor est aujourd'hui saturé. Une extension de la plate-forme n'est pas envisagée par les pouvoirs publics car cette activité est fortement consommatrice d'espace et à faible valeur ajoutée, elle nuirait par conséquent à l'image du secteur. En outre, l'extension de Garonor ne ferait qu'aggraver la saturation des autoroutes A1 et A3.

Le secteur sud de l'aéroport est donc un espace économique puissant et dispose de disponibilités foncières importantes pour l'accueil futur d'activités nouvelles.

Afin de préserver ce patrimoine foncier voué au développement des activités d'envergure internationale, l'Etat a engagé sur ces zones libres des procédures de Zones d'Aménagement Différé (ZAD). Les ZAD permettent à l'Etat d'acquérir progressivement des terrains par voie de préemption dans des secteurs d'urbanisation future. Elles permettent d'éviter la spéculation foncière et constituent une clé pour l'aménagement futur du secteur.

Ces mesures prises par l'Etat démontrent l'enjeu et l'importance de ce secteur, clé de voûte du développement du pôle international de Roissy.

Ce dernier est donc logiquement pris en compte par les collectivités locales concernées par cet espace, à savoir le département de la Seine Saint Denis et les communes avoisinantes.

La Seine Saint Denis est le département le plus favorablement touché par CDG en terme d'emplois (l'aéroport est d'ailleurs le premier pôle d'emplois du 93), mais aussi en terme de produits fiscaux.

TABLEAU N°10 :PRINCIPAUX PRODUITS FISCAUX DE L'AEROPORT CDG REVENANT AUX DEPARTEMENTS(1993) :

 

TAXE FONCIERE SUR LES PROPRIETES BATIES

TAXE PROFESSIONNELLE COMMUNALE

DEPARTEMENTS

TAUX en %

PRODUIT en fr

TAUX en %

PRODUIT en fr

SEINE SAINT DENIS

5,49

7197804

7,21

43205692

VAL D'OISE

6,00

3564812

5,80

13704598

SEINE ET MARNE

7,45

3954396

4,61

3282285

 

LA SEINE SAINT DENIS PERÇOIT BEAUCOUP PLUS D'ARGENT DE LA PART DE L'AÉROPORT QUE SES DEUX VOISINS. LA SEINE ET MARNE PARAÎT LA PLUS EN RETARD AVEC UN PRODUIT FISCAL ISSU DE LA TP EXCESSIVEMENT BAS

La Seine Saint Denis est dotée d'un réseau de communications, d'un tissu d'entreprises et d'un réseau de sous-traitance très denses. Le Sud de l'aéroport est une zone urbaine très peuplée de forte tradition industrielle.

Ces différents critères font que la Seine Saint Denis est, sur les trois départements, le mieux économiquement doté. Le secteur des transports est d'ailleurs la filière la plus répandue.

Les retombées économiques sur le département sont surtout indirectes. Air France, Servair, Lufthansa, par exemple, sous traitent des activités très diverses en Seine Saint Denis.

Pour le COMEX 93 (Comité d'Expansion Economique du 93), CDG représente l'un des deux atouts de la Seine Saint Denis après Paris. Celui-ci s'efforce activement de dynamiser l'expansion du département autour de Roissy en poussant les actions à la coopération économique.

Tremblay en France est la commune phare vis à vis de l'aéroport. Elle est la municipalité la plus bénéficiaire des retombées économiques de l'aéroport : Roissy Pôle, CDG 2 A et C et toute la zone de fret se situent sur les terrains communaux tremblaysiens et représentent 30000 emplois. Tremblay en France est ainsi la ville la mieux dotée en produit fiscal provenant de la taxe professionnelle : quelques 180 millions de francs par an (ZAC CDG comprise).

En plus des activités aéroportuaires, la commune possède une ZAC dynamique bénéficiant largement de l'attrait du pôle d'envergure internationale. La ZAC se nomme d'ailleurs ZAC Charles de Gaulle, un nom très attractif pour les entreprises intéressées par le secteur géographique aéroportuaire. On recense dans cette zone d'activités pas moins de 120 entreprises tournées essentiellement vers l'industrie et environ 2 500 salariés. La zone bénéficie de la présence d'un lycée dans lequel on trouve un BTS Transport, un IUT dans le domaine de la maintenance industrielle et de la logistique et d'autres formations adaptées aux activités de la plate-forme ou du secteur.

Malgré ces efforts de formation, Tremblay en France souffre comme presque toutes les communes environnantes ( sauf Roissy en France ) d'un effectif d'emplois sur la plate-forme aéroportuaire très faible. Sur les 50 000 emplois de la plate-forme, seuls 1000 sont habitants de Tremblay en France.

Le manque de formation et l'insuffisance des transports en commun en sont les causes principales. En effet, les exigences des entreprises aéroportuaires envers les demandeurs d'emplois sont draconiennes : pour un poste de bagagiste par exemple, l'usage de l'anglais est obligatoire, la présentation du candidat doit être irréprochable.

Autre commune concernée par le développement de CDG : Aulnay sous Bois. Cette ville de 100000 habitants a été la première à prendre la mesure de CDG. Plus éloignée de Roissy CDG que Tremblay en France, et ne bénéficiant d'aucune infrastructure aéroportuaire sur le territoire communal, la commune a néanmoins toujours cherché à jouir de la vitalité économique de Roissy CDG.

Elle a, en 1985, créé un institut de développement local (aides aux entreprises, formation, promotion de la ville). L'IADE (Institut Aulnaysien de Développement Economique) dirigé par des représentants des entreprises d'Aulnay sous Bois (industries, PME-PMI, commerçants, artisans, professions libérales) cherche un ancrage économique avec le pôle aéroportuaire par la participation à des actions de formation, d'aide à la mobilité et de valorisation de l'activité économique aulnaysienne auprès des entreprises de CDG. L'IADE va au contact de ces entreprises afin de promotionner les entreprises aulnaysiennes et créer des relations économiques avec le pôle aéroportuaire (mise en valeur de la sous-traitance surtout). L'IADE a par ailleurs mis en place des services en matière de formation professionnelle afin de proposer aux entreprises de Roissy des demandeurs d'emplois adaptés à leur fonctionnement et à leurs besoins.

La ville d'Aulnay sous Bois bénéficie en parallèle du projet européen « Urban » qui est un projet de restructuration urbaine. Un des objectifs de ce programme consiste à profiter du développement de Roissy pour résoudre les différents problèmes socio-économiques de la ville.

Par ailleurs, Aulnay sous Bois accueille sur son territoire de grandes entreprises de renom international attiré par la desserte routière et la proximité du pôle international : laboratoire Guerbet, L'Oréal (1350 personnes), Rank Xéros (600 personnes).

Les activités les plus représentées sur la commune sont les services aux transports (affrètement, fret express, transport terrestre). Le secteur d'Aulnay sous Bois bénéficie donc bien de l'influence économique du pôle aéroportuaire.

Villepinte est, à l'instar de cette municipalité, intégrée au développement du pôle grâce à la présence au Nord de la ville du Parc international des Expositions, élément structurant du pôle économique international de Roissy. Les initiatives communales sont cependant quasi-inexistantes.

L'aéroport représente néanmoins un impact économique important, un atout pour le développement du nord-est Séquano-dyonisien. Les communes et les entreprises s'efforcent d'en profiter au maximum. C'est dans cette perspective que s'est créée en 1996 « CDG Développement » sur l'initiative du GIPNEP (Groupement Interentreprises Patronal du Nord Est Parisien) : association groupant les municipalités de Sevran et Vaujours, de l'IADE, la Société Générale et d'autres organismes. Son objectif est de permettre aux entreprises, aux demandeurs d'emplois des communes riveraines de profiter des retombées économiques de CDG. L'association est constituée d'élus et de chefs d'entreprises qui marquent de leur présence le développement du pôle économique de l'aéroport Charles de Gaulle.

Cependant, le secteur même étant très attractif et dynamique souffre de problèmes qui empêchent l'homogénéité géographique du développement du pôle de Roissy. En effet, le sud de l'aéroport souffre comme le reste du secteur du problème des transferts des ressources. Certaines communes comme Tremblay en France perçoivent des recettes considérables (TP) alors que d'autres comme Sevran, plus éloignées des zones d'activités aéroportuaires, n'accueillent pratiquement que de l'habitat et ne disposent pas de ressources suffisantes pour répondre aux besoins de leur population. Elles se voient obligées de taxer leurs contribuables et deviennent de ce fait peu attractives.

Afin de rééquilibrer la situation financière de chaque commune et de favoriser l'extension du pôle économique, il serait nécessaire d'envisager des péréquations intercommunales des recettes provenant des entreprises à l'instar de la Communauté de communes Roissy porte de France. Tout accroissement de la richesse fiscale se ferait alors au bénéfice de tout le secteur sud de l'aéroport, ce qui augmenterait son dynamisme et son aire d'émission.

De nombreux projets sont ainsi proposés à partir de ces principes.

3. L'Est de l'aéroport : un impact économique quasi inexistant

Le retard de la Seine et Marne dans la prise en considération de la plate-forme aéroportuaire est la principale cause de ce désert économique à l'Est de Roissy.

Lors d'un colloque sur les aérovilles en 1991, la Seine et Marne n'a même pas été mentionnée, à l'inverse des deux autres départements, alors que les aérogares CDG 2 B et D , E et F sont pourtant comprises dans les limites départementales. Ni ADP, ni la Région, ni l'IAURIF, ni Air France, ni la SNCF, ni les promoteurs immobiliers, ni les géographes, personne n'a évoqué les effets de l'aéroport sur le développement de la Seine et Marne, à l'inverse du Val d'Oise, dont la situation économique à cette période était à peu près semblable à celle du 77, et qui a beaucoup insisté sur la volonté d'obtenir des retombées du pôle. Du côté seine et marnais, personne n'était présent pour prendre la parole et promouvoir le département.

En 1993, un colloque sur l'impact économique de Roissy Charles de Gaulle sur le pays de France n'avait que trois représentants seine et marnais contre plus de 50 pour le Val d'Oise.

Les rapports de la Mission Roissy (DRE) font référence aux zones économiques du pôle de Roissy, toutes hors des limites départementales de Seine et Marne. Pour les transports, les routes, la réhabilitation des logements sociaux, le Ministre n'évoque que Sarcelles, Goussainville, Villiers le Bel, mais jamais une commune de Seine et Marne.

Cette discrimination est particulièrement pénalisante pour les jeunes et les chômeurs seine et marnais.

La moitié de la superficie de CDG est pourtant en Seine et Marne. Ce n'est pourtant pas ce département qui bénéficiera le plus des emplois induits en compensation des nuisances complémentaires. Il existe beaucoup plus de possibilités d'urbanisation dans les zones Ouest et Sud de la plate-forme que dans la zone Est. En Seine et Marne, le secteur autour de l'aéroport est pour une grande partie classée non constructible. De nombreux villages situés dans l'axe des pistes n'évolueront plus, ce qui rend le secteur peu attractif.

Cependant, même si le département est quasi inexistant dans la promotion économique de cet espace, les collectivités locales s'efforcent de trouver des solutions pour profiter au mieux des retombées économiques de l'aéroport.

Au Mesnil-Amelot, M. le Maire a lui-même créé une petite zone d'activités dans laquelle on retrouve l'agro-alimentaire ( Servair ), l'hôtellerie et la logistique (Fedex) profitant de la proximité immédiate de l'aéroport.

En dix ans, la zone d'activités a créé 1200 emplois. De plus, depuis deux ans, la moitié de la gare TGV fonctionne sur le territoire communal du Mesnil-Amelot. Ainsi, le produit fiscal issu de la taxe professionnelle est plus intéressant : 8 millions de francs par an.

Cependant l'argent perçu par la municipalité était en grande partie ponctionné par le département et le secteur ne bénéficiait pas de ces recettes.

La taxe professionnelle fut alors transformée en taxe de zone (à condition pour le Mesnil-Amelot de toucher le même revenu) répartie au sein du district de la plaine de France (Mesnil-Amelot, Rouvres, Juilly, Moussy le Neuf, Mauregard, Nantouillet, Vinantes). Le district touche 60% des recettes ponctionnées par le département, ce qui permet la construction de divers équipements au sein de ces sept communes.

Les districts de Dammartin en Goële et de la Plaine de France se sont récemment rapprochés pour augmenter leurs ressources issues de l'activité aéroportuaire. Un grand pas été fait vers une forme d'intercommunalité fructueuse qui permettra au canton de Dammartin en Goële de récolter une grande brassée financière de l'aéroport de Roissy.

En créant une taxe professionnelle de zone sur les deux districts, les présidents feront gagner à la population 80 millions de francs par an, somme qui sera investie dans les services aux habitants (administration, transports).

Un syndicat intercommunal d'études et de programmation (SIEP) s'est aussi constitué pour élaborer un schéma directeur d'aménagement local sur le canton de Dammartin en Goële. Celui-ci sera d'ailleurs appuyé par un autre syndicat intercommunal : le SIEP Marne Nord incluant la commune de Mitry-Mory sur laquelle s'étend une partie de la plate-forme aéroportuaire.

Le SIEP Marne Nord voisin de l'aéropôle a ses objectifs d'aménagement local fixé sur le pôle de Marne la Vallée. Cela explique en partie que Mitry-Mory soit si peu concernée par le pôle de Roissy.

En effet, la ville de Mitry-Mory est amputée par la seule présence des pistes (pas d'activités), et l'aéroport n'apporte à cette ville que des désagréments tels que pollution atmosphérique et gêne sonore. La commune est, compte des nuisances phoniques sur son territoire (CDG + Le Bourget), peu favorable au développement d'activités économiques internationales à forte valeur ajoutée.

La zone industrielle de Mitry-Compans prévue par le SDAU de 1976 a par conséquent été conçue pour accueillir des activités classées dangereuses et polluantes. Cette zone industrielle constituée d'usines chimiques et de nombreux grands entrepôts contenant des produits dangereux n'a jamais mis en avant la proximité de l'aéroport. La plate-forme n'a d'ailleurs aucune relation avec cette zone industrielle hormis une entreprise (sur 200 recensées à Mitry-Compans) travaillant pour l'aéroport dans le domaine des toboggans de secours.

La zone industrielle s'étend sur 250 ha et représente 2500 emplois, ce qui est peu proportionnellement à la superficie de la zone, mais aussi peu en produit fiscal provenant de la taxe professionnelle, et cela en raison de l'importance des entrepôts. Ainsi, le produit fiscal de la taxe professionnelle de Mitry-Mory n'est que d'un million de francs par an (contre 180 millions pour Tremblay en France!).

La seule conséquence positive de l'aéroport sur la commune, c'est la constitution d'un réseau routier important : la desserte routière est le seul atout et le facteur principal de localisation des entreprises à Mitry-Mory. La filière des transports est ainsi sur-représentée à Mitry-Mory.

Les relations entre la plate-forme et Mitry-Mory en terme d'emplois sont également très faibles. Sur les 50000 emplois recensés à CDG, 288 seulement sont mitryens, ce qui est extrêmement faible pour une commune limitrophe de l'aéroport. Sur les 6000 actifs de la ville, 4% le sont à CDG. C'est l'effectif le plus bas de toutes les communes environnantes.

Aucune relation n'existe entre l'ANPE de Roissy et les demandeurs d'emplois locaux, le manque de structures de formation pour les emplois aéroportuaires fait cruellement défaut, la desserte en transports en commun est quasi inexistante. Même le projet Allobus (cf. III C) ne prend pas en compte la ville de Mitry-Mory. Il existe là une véritable dichotomie entre l'aéroport et son arrière-pays.

Aucun projet d'aménagement de zone d'activités n'est envisagé sur la partie mitryenne de la plate-forme aéroportuaire.

La ZAC La Villette aux Aulnes créée en 1992 est semblable à la ZI de Mitry-Compans avec la présence d'une seule entreprise en relation avec l'aéroport (ADP Bus).

L'Etat a néanmoins créé une ZAD sur près de 1500 ha de terrains mitryens, soit près de la moitié de la superficie de la commune. Le destin semblerait lié à celui de l'aéroport mais les pouvoirs publics n'ont émis à propos de cette zone aucun projet d'aménagement.

Les impacts constatés autour de l'aéropôle sont ainsi très divers. Il apparaît trois espaces différemment concernés par celui ci : un espace économique pauvre inintégré au pôle économique à l'Est, un espace économique modérément touché par l'émission du pôle aéroportuaire mais dont la dynamique de développement est très forte au Nord Ouest, et enfin un espace économique très attractif au Sud contribuant à faire de l'aéropôle un centre économique d'envergure internationale.

Ces trois espaces correspondent aux limites départementales sur lesquelles s'étend la plate-forme aéroportuaire. Il apparaît ainsi clairement le défaut de fonctionnement du pôle, dû aux frontières administratives qui s'avèrent être aussi des frontières économiques. Il paraît donc urgent de faire intervenir un interlocuteur et des mesures uniques sur l'ensemble du secteur afin de permettre un développement homogène favorable à l'extension économique du pôle de Roissy.

En attendant, le secteur est sujet à de nombreux projets d'aménagement ayant pour but d'améliorer la qualité et l'attractivité du site.

C. Projets d'aménagement pour une optimisation des capacités économiques autour de l'aéropôle

Les différents projets mis en oeuvre, par la région et par ADP essentiellement, ont pour but de développer les potentialités économiques du pôle par la bonne intégration de Roissy CDG dans son environnement, exemple caractéristique de la recherche actuelle du développement durable.

L'ambition affichée dans ces projets de conforter Paris dans la position de capitale internationale implique des efforts pour développer d'autres zones d'activités, l'accessibilité générale de l'aéropôle ainsi que la qualité de l'environnement et du cadre de vie qui représente désormais un enjeu économique.

1. Le Triangle de Gonesse

Pour la Direction Régionale de l'Equipement de la Région Ile de France (DREIF), le triangle de Gonesse est un des deux sites, avec le secteur de Tremblay-Villepinte, destiné en priorité, compte tenu des nuisances sonores, à l'accueil d'entreprises françaises ou étrangères ayant besoin d'être proche de l'aéroport, axées sur les transports, la communication, les échanges, la logistique de produits à forte valeur ajoutée, le marché des affaires, le commerce extérieur...

Ce programme est complémentaire du programme de bureaux Roissy Pôle développé sur l'aéroport.

Le Triangle de Gonesse est une vaste réserve foncière agricole situé entre l'A1, la RN 17, et le futur Boulevard Intercommunal du Parisis qui devrait voir se développer une zone d'activités de prestige permettant, à l'instar de Paris Nord II, l'accueil d'entreprises internationales à forte valeur ajoutée dans des locaux d'activités de grande qualité entourés d'espaces verts.

Les aménagements prévus devront en effet avoir un caractère très paysager car le paysage est devenu un enjeu économique, un facteur de développement pour les entreprises qui souhaitent fonctionner dans un environnement véhiculant une image forte autour de leur activité. Les entreprises émettent la volonté d'accueillir leurs clients dans un cadre architectural et paysager de qualité, facteur objectif de succès commercial (producteurs de cosmétiques et de parfumerie par exemple).

Ce projet de zone d'activités doit donc répondre à cette demande car la qualité paysagère des aménagements et la mise en valeur du site constituent un instrument désormais obligatoire pour l'accueil des sociétés high tech et un vecteur fondamental de réussite d'un centre d'envergure européenne.

L'aménagement d'espaces verts contribuerait également à développer la ceinture verte autour de Roissy CDG, l'agriculture sera d'ailleurs maintenue sur les franges de la future zone d'activités.

Ce secteur représenterait en tout environ 425000 à 475000 m² dont 375000m² d'activités et de bureaux, correspondant à la création de 5000 emplois et 75000m² résidentiels (2000 habitants).

Toutefois, cette réserve foncière n'est actuellement recouverte que par des activités agricoles et est par conséquent totalement vierge. Les transports en commun et la voirie locale sont inexistants. Il est ainsi envisagé un projet de gare RER avec ligne souterraine sur la ligne tangentielle Roissy Cergy, le développement de la voirie locale et l'aménagement d'une voie rapide par le BIP.

Un centre plus dense et mixte autour de la gare sur la tangentielle permettrait d'y accueillir hôtels, logements collectifs et para-hôteliers, bureaux, commerces, centres de formation et équipements.

L'aménagement de la zone d'activités du Triangle de Gonesse contribuerait fortement au développement des activités internationales autour du pôle aéroportuaire. Roissy Pôle, la zone d'activités internationales de Paris Nord II, le PEX et le Triangle de Gonesse constitueraient alors un vaste secteur économiquement dynamique et attractif pour les entreprises vouées aux échanges internationaux.

2. Agrandissement du Parc des Expositions et de Paris Nord II

La DRE envisage effectivement l'aménagement de 300 hectares sur les communes de Tremblay en France, Villepinte et Mitry-Mory :

la création d'une zone d'activités de 160 hectares (hors PEX) en prolongement de Paris Nord II, en synergie avec le PEX, destinée à recevoir des entreprises et des activités de haut niveau bénéficiant de la proximité de l'aéroport. Elle comporterait un pôle de formation, des logements et des équipements, notamment autour de la gare RER et en bordure du futur parc urbain. La zone bénéficiera, comme pour Paris Nord II, d'aménagements paysagers et environnementaux.

l'extension du Parc des Expositions (75 à 80 hectares) intégrant l'ensemble des activités et services nécessaires (accueil, réunion, réception, hôtellerie et restauration et un centre industriel de rencontres) pour face à la concurrence internationale. En raison d'une configuration actuelle proche de la saturation, la CCI de Paris qui gère le PEX a la volonté de doubler la surface d'exposition faisant du PEX une véritable «cité internationale d'exposition». La surface d'exposition serait ainsi portée à terme à 360000m² pour 700000m² HON totaux contre 164000m² et 241000m² HON aujourd'hui. Outre l'extension des surfaces d'exposition, le programme vise à développer les fonctions, de plus en plus sophistiquées, d'accueil et de services aux exposants et aux visiteurs.

Le secteur tout entier représentera à terme 550000m² de locaux d'activités et de bureaux, 180000m² de logements et 120000m² d'équipements, de commerces et de services correspondant à 8500 emplois et 5000 habitants supplémentaires (Vieux pays de Tremblay).

Le secteur verra notamment la construction de deux départements d'IUT insérés dans un aménagement paysager, la mise en place d'une navette RER entre la gare actuelle du PEX et une nouvelle gare desservant l'extension du Parc, l'élargissement de l'A104, des réaménagements de la voirie locale, la réalisation de la première phase d'aménagement du boulevard périphérique sud de l'aéroport (voie de contournement) et d'accès supplémentaires au PEX.

PHOTO N°43 : LA CONFIGURATION DU PARC DES EXPOSITIONS ETANT À SATURATION, LE DOUBLEMENT DE LA SURFACE DU BATIMENT PREVU EST EN COURS DE RÉALISATION.

Le développement attendu de la plate-forme CDG, le doublement du PEX et l'extension de Paris Nord II, leurs effets d'entraînement sur toute la zone nécessitent par ailleurs que soit maîtrisée et organisée la croissance du secteur, et que soit renforcée la qualité de l'environnement. Il s'agit notamment d'éviter une trop forte densification des activités pour limiter l'engorgement des infrastructures, de s'attacher à une urbanisation plus qualitative et bien desservie et de réaliser la ceinture verte de l'Ile de France dans cette zone.

Ces éléments qualitatifs en faveur de l'urbanisation et de l'environnement sont donc aujourd'hui pris en compte dans l'aménagement du secteur de Roissy car ils sont désormais facteurs de localisation au près des entreprises.

3. Aménagement d'un cadre de vie général attractif

Ce type d'aménagement est très important pour l'accueil des entreprises de haute technologie.

La mise en valeur du site et la qualité des aménagements confèrent au secteur une image forte susceptible d'attirer les entreprises. Le centre d'envergure européenne ne sera ainsi viable que s'il s'appuie sur une urbanisation requalifiée et active.

En effet, le secteur accueille des populations à faible et offre une image résidentielle assez médiocre. Il est de plus séparé de Paris par une banlieue ouvrière déstructurée par la désindustrialisation des dernières décennies.

Un aménagement qualitatif du cadre de vie doit ainsi offrir aux entreprises sur l'ensemble du secteur, des espaces et des liaisons restructurés, des quartiers et des pôles de vie mieux conçus dans un environnement proche ou éloigné mais aisément accessible depuis les zones d'emplois. La diversité des logements et la présence d'un habitat de qualité est, pour les entreprises notamment étrangères, un facteur important dans le choix d'une implantation.

Mais le secteur est actuellement déficitaire en ce domaine et beaucoup de cadres, en particulier ceux d'entreprises installées sur la plate-forme recherchent plutôt un logement dans la région de l'Oise.

L'amélioration du cadre de vie s'effectuera principalement par des réaménagements urbains et l'amélioration de l'habitat par la construction de logements qui devront contribuer à la restructuration des villes en s'intégrant dans des projets urbains de qualité, par le soutien aux communes pour des opérations de restructuration urbaine, par l'accélération de la réhabilitation des logements sociaux et de la diversification des communes telles que Tremblay en France, Goussainville, Villiers le Bel, Sarcelles, Aulnay sous bois, Sevran...

La réhabilitation des grands ensembles d'habitat collectif sera accompagnée d'actions visant à insérer les populations dans le tissu économique et social local : actions en faveur de l'emploi, la formation professionnelle, la lutte contre le chômage, la santé, l'école et le rééquilibrage habitat/emploi. Le développement de zones d'activités locales permettra d'accueillir des activités complémentaires et de rééquilibrer les taux d'emploi.

L'Etat interviendra sur les différents sites concernés par le biais de Contrats de Développement Urbain (CDU) négociés avec les collectivités locales sur la base d'un projet d'aménagement qui définit les objectifs en termes d'environnement, de logement, de développement économique, de politique foncière et d'équipements. L'Etat s'inscrit également dans une démarche partenariale par le biais de Contrats de Ville et de grands projets urbains, dans des actions lourdes de restructuration urbaine sur les quartiers en difficulté.

ADP veille de son côté à installer sur l'aéroport une Mission d'Aménagement du pôle de Roissy qui vise à :

proposer aux partenaires du site un environnement social de qualité facilitant leur fonctionnement et leur vie quotidienne

orienter son action de développement local dans le but de mieux intégrer l'aéroport dans son environnement

Dans le domaine de l'habitat, ADP a installé un « Comité Habitat CDG » pour apporter des réponses concrètes aux besoins d'habitat de proximité des salariés de la plate-forme.

Par ailleurs, l'augmentation du trafic de CDG et la création à terme de 50000 emplois nouveaux sur l'aéropôle pose un nouveau problème de logement. A l'horizon , la Région prévoit donc l'accueil dans tout le secteur de plus de 100000 habitants supplémentaires. Deux sites ont été désignés pour répondre aux besoins en logements avenir des actifs du pôle :

Louvres-Puisieux-Villeron au nord de la plate-forme autour d'une gare RER

Dammartin en Goële définie par le SDAURIF comme ville trait d'union

Ces deux pôles moyens sont les plus aptes à accueillir des milliers d'habitants supplémentaires mais aussi recevoir des activités de services liées à l'aéroport. De nouveaux quartiers seront ainsi aménagés autour des gares en réalisant une urbanisation équilibrée de qualité.

Aujourd'hui, la présence d'une université et des établissements de formation de haut niveau sont également des éléments fondamentaux pour inciter les entreprises à venir s'installer qui trouveront sur le site une main d'oeuvre qualifiée. Le pôle économique constitué autour de l'aéroport doit être un ensemble important d'établissements d'enseignements primaire, secondaire et supérieur.

La création de ces institutions incitera l'implantation de sociétés de haute technologie françaises ou étrangères et la domiciliation de leurs cadres. Un échange permanent entre Ecoles et Entreprises, pour le développement de la formation en alternance s'avère essentiel, en rapport avec les orientations économiques de la zone.

Seule la qualité du cadre de vie et de l'environnement pourra engendrer pour les entreprises des avantages en termes de compétitivité et de productivité.

L'accroissement des activités et la qualité du personnel employé seront d'autant plus grands que les conditions de logement seront plus attractives notamment pour l'habitat social dont il faut améliorer la conception et l'environnement.

L'environnement est également un facteur important dans l'amélioration du cadre de vie des employés et des entreprises. Comme il a été décrit précédemment, la qualité de l'environnement est à ce jour un facteur de développement économique car il concourt à la qualité de l'image du site si importante pour l'implantation des entreprises high tech. L'environnement est intimement lié à l'économie.

ADP va largement oeuvrer en faveur de la réhabilitation paysagère de CDG. Soucieuse de la qualité du développement économique de l'aéropôle, ADP a entrepris la reconquête paysagère de la plate-forme de Roissy.

Au fil du temps, l'aéroport se noyait peu à peu dans une banlieue indifférenciée où il perdait son identité territoriale. Il jouait de moins en moins son rôle de porte de France vis à vis des millions d'étrangers qui y débarquaient.

En 1993 fut donc prise la décision de revaloriser l'image visuelle de CDG et de ses alentours, de requalifier l'image du site.

Face à la densification urbaine environnante, il est en effet apparu nécessaire de créer une démarcation végétale forte au sud de l'aéroport susceptible de donner au voyageur ou à l'automobiliste arrivant l'impression de pénétrer dans une forêt. D' où l'idée d'une ceinture boisée de 200 mètres d'épaisseur à la périphérie sud sur laquelle la ville de Tremblay en France appuiera son propre aménagement paysager. Les grands axes de circulation feront aussi l'objet d'aménagements paysagers.

Cet aménagement paysager s'effectuera dans le cadre de la ceinture verte autour de Paris énoncé dans le SDAURIF. Les communes du sud seront donc séparées de la plate-forme par un aménagement paysager de qualité, symbole de la bonne intégration de l'aéroport dans son site.

Il s'agira sur le reste du secteur d'irriguer l'agglomération par des espaces verts et de valoriser le milieu rural.

D'ici 2001, l'aéroport Charles de Gaulle devrait devenir la porte verte de l'Ile de France et offrir un cadre de vie social, professionnel et environnemental de valeur permettant au pôle économique de renforcer son attractivité par sa qualité.

4. Une desserte routière de meilleure qualité et la mise en place de nouveaux moyens de transport

L'accessibilité de l'aéropôle est déterminante notamment vers la capitale dont la liaison est le point clé de la réussite du pôle de Roissy. L'accessibilité doit donc être améliorée notamment pour ceux qui y travaillent et y vivent.

Les progrès du réseau routier et des transports en commun représente un enjeu important dans la localisation des entreprises. Un grand nombre d'entre elles, et notamment les entreprises internationales, considèrent l'accès à cet équipement indispensable à leur fonctionnement. La fiabilité du temps de trajet à toutes heures de la journée et la qualité de l'accessibilité (variété des modes de transport, confort d'utilisation...) sont aussi absolument nécessaires.

L'accessibilité est aussi essentielle pour la bonne diffusion du pôle économique à travers le territoire. Le pôle de Roissy est voué à devenir un pôle spécialisé du commerce international en regroupant des fonctions qui constituent le fer de lance des activités tournées vers l'exportation, l'importation ou la relation internationale : activités qui nécessitent l'utilisation d'une excellente desserte.

Toutefois, le réseau routier autour de Roissy est extrêmement chargé, notamment aux heures de pointe de trafic et essentiellement sur les autoroutes A1 et A3 qui desservent la capitale.

Plusieurs facteurs sont à l'origine de cette forte difficulté d'accès à l'aéroport par automobile :

Ø la reprise de la croissance rapide du trafic aérien alors que ne s'atténuent pas la primauté de la voiture individuelle et du taxi et la prédominance massive du coeur de l'agglomération, et en particulier de Paris, pour la clientèle aérienne

Ø l'intensification des échanges internationaux et nationaux, pour le transport de marchandises, sur les autoroutes A1 et A3, principaux axes de liaison entre Roissy-CDG et Paris

Ø le remplissage rapide de l'espace libre entre l'aéroport et l'agglomération par des activités génératrices de flux routiers importants (entrepôts, parcs d'expositions)

Ce problème de gestion de l'accès à l'aéroport à certaines heures fait peser un risque sur la qualité de fonctionnement future du secteur de Roissy-CDG, compte tenu du développement prévu par l'effet Hub et l'augmentation du trafic engendrée par l'ouverture des terminaux CDG 2 E et F.

La voiture est le moyen de transport prédominant dans le secteur de Roissy-CDG malgré les efforts fournis en faveur des transports en commun. La gare routière située en plein coeur de Roissy Pôle peut concurrencer le transport individuel. Mais les transports par bus sont aussi tributaires de la saturation des principaux axes de circulation. De plus, les autobus ne couvrent pas la totalité du secteur.

Le réseau routier (national et départemental) est assez bien éclaté autour de Roissy-CDG. Les routes nationales N17 et N2 peuvent desservir l'aéroport mais ces itinéraires même s'ils sont assez rapides sont très méconnus du public.

Il en est de même pour les routes départementales D401 au nord est, D912 au sud est et D902 au sud ouest dont les itinéraires mentionnent que très rarement la direction de l'aéroport.

Par ailleurs, les taux d'utilisation des transports en commun par les voyageurs aériens et par les employés de la plate-forme sont faibles (respectivement 30% et 10%) bien que seuls ces modes garantissent les temps d'accès à l'aéroport. Ces taux doivent donc être augmentés par toute amélioration possible des dessertes ferroviaires (fréquence, rapidité, sécurité).

Le pourcentage important des passagers et des employés utilisant la voiture individuelle ou le taxi est et restera cependant prépondérant. La fluidité des accès routiers à l'aéroport est donc en même temps indispensable.

De nombreux projets d'aménagement au sein de l'aéroport et dans le secteur sont par conséquent prévus par les responsables de l'aménagement du secteur de Roissy-CDG afin de résoudre les difficultés d'accès à la plate-forme.

L'Etat prévoit ainsi toute une série de mesures visant à atténuer la saturation des principaux axes de circulation tels que la construction de l'A16, l'engagement des travaux sur le BIP qui doit raccorder l'A1 à Roissy à l'A15 vers Sannois, les élargissements des autoroutes A1, A3, A104, et de la RN2, le développement d'un réseau routier local pour insérer les développements dans l'urbanisation, l'achèvement de la Francilienne entre Mitry-Mory et Cergy Pontoise permettant la création d'un accès est sur l'aéroport, le prolongement de l'A104 vers Montmorency et l'A15 , la jonction A86-A16.

En milieu urbain dense, certaines voies anciennes, supports d'activités commerciales, d'équipements publics, lieux traditionnels d'animation urbaine seront réaménagés, des liaisons avec les zones d'activités locales susceptibles de recevoir des activités complémentaires et de sous-traitance seront développées.

Une nouvelle liaison avec Paris est tout aussi indispensable : une autoroute souterraine à péage reliant Paris à l'aéropôle est à l'étude.

En matière de transports en commun, de nombreuses réalisations sont aussi attendues. La plus importante est la tangentielle ferrée Marne la Vallée-Roissy-Cergy qui permettrait de relier directement les trois pôles régionaux. Il y a aussi le report progressif du terminal RER d'Aulnay sous bois à Roissy pour tous les trains et l'augmentation de leur fréquence, le prolongement de la ligne RER B jusqu'à Dammartin en Goële, la création d'une ligne de transport en commun en site propre avec Montfermeil, la création d'une liaison entre Creil et l'aéroport...

Ainsi, les autorités publics tentent de résoudre le problème de saturation des principaux axes routiers par l'amélioration de la desserte routière et de la qualité des transports en commun.

L'accessibilité de l'aéroport est aussi insuffisante pour les riverains. Effectivement, du fait des horaires décalés qui représentent sur la plate-forme plus de 80% des employés et de l'inexistence d'une offre de transport en commun adaptée, les habitants des communes environnantes ne peuvent se rendre à Roissy. L'amélioration de la desserte locale de l'aéroport est une priorité pour l'accès à l'emploi.

Deux mesures ont été ainsi prises pour supporter les demandeurs les demandeurs d'emplois locaux voulant travailler à Roissy CDG :

L'association Papa Charlie : la plate-forme aéroportuaire emploie 50000 personnes réparties dans 500 entreprises. Ces emplois sont, pour 81% d'entre eux, réalisés dans le cadre d'horaires décalés pour lesquels les transports en commun ne peuvent répondre à ces attentes.

Les entreprises du site recherchent principalement des agents résidant à proximité de l'aéroport. Pour faciliter ce recrutement, mais surtout pour permettre aux RMIstes, chômeurs ou jeunes diplômés des communes riveraines l'accès à l'emploi sur CDG, ADP a créé avec l'appui de du Conseil Général du Val d'Oise, d'Air France, de France Handling et du GIPNEP 93 une association dénommée Papa Charlie dont le but est de louer un véhicule usager à un chômeur accédant à l'emploi.

Ce service s'adresse à toute personne en passe d'être embauchée et ayant pour ce faire, la quasi obligation de disposer d'un véhicule, car il a été remarqué que pour les activités en horaires décalés, les entreprises de la plate-forme ne souhaitaient généralement embaucher que des agents disposant d'un véhicule personnel.

Compte tenu de cet élément, l'objectif est double et permet de lutter efficacement contre le chômage et l'exclusion tout en augmentant le taux de pénétration en matière d'embauches dans les communes voisines de l'aéroport.

Un futur embauché peut moyennant 600 francs TTC par mois (tarif le plus élevé de la carte orange) louer un véhicule pour se rendre sur son nouveau lieu de travail. En fin de location, l'utilisateur peut racheter le véhicule à sa valeur nette comptable pour résoudre ainsi définitivement son problème de transport.

Un système de transport collectif à la demande 24h/24h ayant les mêmes objectifs que Papa Charlie, Allobus , favorise l'accès à l'emploi de CDG pour les travailleurs locaux.

Il s'agit de trois lignes desservant Roissy Charles de Gaulle aux départs de Tremblay en France, Goussainville et Sarcelles, un service de transport en commun à la carte. Des minibus sont ainsi mis à disposition des usagers pour un titre de transport habituel (tickets, carte orange) 24h/24h. Il suffit de téléphoner et d'indiquer l'heure de passage désirée sur l'un des points de rendez vous indiqués sur chacune des lignes.

Ainsi donc, sur l'initiative d'ADP, un certain nombre de projets communs avec les partenaires des départements limitrophes, ont pu être bâtis afin d'améliorer les retombées économiques et sociales de l'aéroport sur son environnement.

CARTE N°14 : TROIS LIGNES DESSERVENT UN LARGE SECTEUR AU SUD ET À L'OUEST DE L'AEROPORT 24H/24H.

ON CONSTATE TOUTEFOIS DE NOUVEAU LA MISE À L'ECART DES COMMUNES À L'EST DE ROISSY .

Cette disposition favorise également les retombées locales de CDG en matière d'emploi. Il s'agit bien là, grâce au développement généré par la plate-forme aéroportuaire, d'entraîner avec elle tout un territoire en vue d'une polarisation économique ou plutôt d'une forte émission à travers le territoire.

CONCLUSION

Avec la mondialisation de l'économie, le transport aérien et les aéroports sont devenus des facteurs de localisation des entreprises internationales.

Le transport aérien est le moyen de transport le plus rapide sur lequel les entreprises internationales comptent beaucoup pour rationaliser leur fonctionnement tout en optimisant leurs capacités de développement. Sur les aéroports et à leurs abords se sont donc constituées des zones d'accueil d'activités économiques internationales.

C'est éminemment le cas de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle qui est devenu, grâce à la qualité de ses infrastructures de transport et à ses capacités d'accueil d'entreprises à forte valeur ajoutée, un véritable pôle de développement économique international et un pôle régional et local.

La présence sur l'aéroport d'activités économiques prestigieuses est alors une opportunité de constituer à partir de ce dynamisme économique un pôle émetteur de croissance.

L'environnement immédiat de l'aéroport va donc subir de profondes mutations économiques, mais aussi sociales, urbaines et environnementales qui caractériseront le pôle économique de Roissy.

Cependant, ce dynamisme économique généré par l'aéroport international ne se fait pas seul. L'action publique doit intervenir pour mettre en relations les hommes et les entreprises pour mettre en valeur les vertus économiques du site. Sans cette action, la diffusion économique à travers le territoire est quasi impossible.

C'est ainsi que l'Est du pôle est très peu touché par l'activité économique issue de l'aéroport car l'absence d'initiatives et l'inorganisation dont a témoigné la Seine et Marne vis à vis de l'aéroport n'ont amorcé quasiment aucun projet de développement économique en synergie avec Roissy Charles de Gaulle et les départements voisins.

A l'inverse, le Val d'Oise très actif et très entreprenant envers le pôle économique va mesurer, à l'avenir, les effets positifs de développement.

Le pôle de Roissy fait ainsi l'objet de nombreuses mesures d'accompagnement de la part des collectivités locales et de l'Etat. Chacun cherche de son côté, à développer les capacités économiques du pôle et de profiter de ses retombées. C'est ainsi que tous les échelons de l'administration publique française sont concernés dans l'aménagement du pôle de Roissy ce qui illustre bien l'immense intérêt qu'il dégage par l'importance de son potentiel économique.

L'aéroport de Roissy a un impact économique considérable au niveau local qui bouleverse tout un territoire avec ses différents enjeux humains, économiques, spatiaux, sociaux, urbains et environnementaux. Le territoire de la plaine de France vit aujourd'hui complètement à l'heure aéroportuaire.

BIBLIOGRAPHIE

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Brochures d'informations d'Aéroports de Paris :

§ ADP Cargo

§ Aéroport Charles de Gaulle : l'aménagement des infrastructures aéronautiques, 36p

§ Aéroports de Paris en chiffres, édition 1997

§ Aéroports de Paris et son développement, 9p

§ Aéroports de Paris : première place d'Europe continentale

§ Bilan environnement 1996, 31p

§ Connaître les entreprises et les populations de Roissy CDG, 40p

§ Evaluation des retombées économiques et sociales du système aéroportuaire sur la Région Ile de France (estimation 1988) , 1990 , 26p

§ Le journal d'ADP, n°36, octobre 1997

§ Mémento 1996 et 1997

§ Orientations quinquennales 1997-2001, 103p

§ Rapport annuel 1996, 87p

§ Rapport de la conférence de presse d'ADP le 12/03/1997, 50p

§ Recensement de la population CDG en 1995 et 1996

§ Roissy Charles de Gaulle, le partenaire économique et social, 3p

§ Roissy Charles de Gaulle, porte verte sur l'Ile de France, 23p

§ Roissy Charles de Gaulle, premier centre d'échanges européen, 28p

§ Structure des entreprises et des populations de CDG, 39p

Revues :

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§ « Aéroports Magazine », Aéroports de Paris, n° 232.270.273.274.277.278.280.281.282.

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§ « 93 » le magazine du Département de la Seine Saint Denis, n°17, Février 1998, 35p.

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§ « Ile de France Regards », INSEE, n°35 Mars1997, 26p.

Articles de presse :

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§ « A Roissy, l'aérogare minimale », Libération, 11/07/1997.

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§ « L'aéroport Charles de Gaulle donne des ailes au TGV », Les Echos, 2/11/1994.

§ « Fedex finalise son implantation à Roissy », Les Echos, 30/12/1996.

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§ « Le Grand Roissy a de l'avenir », L'usine nouvelle, 9/10/1997.

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§ « Propositions pour corriger les inégalités entre les communes proches de Roissy », Les Echos, 19 et 20/09/1997.

§ « La coopération intercommunale », Les Notes Bleues de Bercy, du 1 au 15/08/1993.

§ « Les emplois risquent de filer à l'Ouest », Le Parisien, 21/03/1989.

§ « Une union libre richement dotée », Le Parisien, 30/10/1997.

§ « Obtenir des retombées fiscales de Roissy », Le Parisien, 17/12/1997.

Ouvrages spécialisés :

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§ « Les cahiers de l'IAURIF », IAURIF, n°89  « Roissy et le bocage de France, porte d'entrée française en Europe », p8 à 26.

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§ « Paris et l'Ile de France, terres de rencontre, congrès, salons, tourisme d'affaires », Les cahiers du CREPIF, n°30, Avril 1990, Paris,159p.

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§ « Projet d'Aménagement de la Seine Saint Denis », DREIF Mission Roissy, Paris, sd, sp.

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§ « Paris Nord II, Parc international d'activités. Un parc à la mesure de vos ambitions », Brochure d'informations AFTRP.

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LISTE DES ENTRETIENS EFFECTUES

Monsieur Patrick DUGARD, Coopération Economique et Sociale, ADP.

Madame Sylvie DELAUNAY, Documentation Service Image, ADP.

Madame Anne-Marie GOUEDARD, Service Economique et Statistique du Ministère des Transports.

Mademoiselle Laurence MORIN, DRE Mission Roissy.

Monsieur Cyril AMORIN, CEEVO.

Monsieur Charles OTT, Directeur de l'Urbanisme et de l'Action Foncière à Roissy en France.

Monsieur Jean-Pierre PICARD, Service Développement Economique de la Ville de Gonesse.

Monsieur FRIBOURG, Comité d'Expansion Economique de la Seine Saint Denis (COMEX 93).

Monsieur BOUILLET, Service Développement Economique de la Ville de Tremblay en France.

Madame NAVAS, Service Développement Economique de la Ville de Villepinte.

Monsieur Pascal LAVAUD, Institut Aulnaysien de Développement Economique.

Madame Chantal NIASSOU, Chargée d'Etudes à la DDE de Seine Saint Denis.

Madame KIN, Service Développement Economique de la Ville de Mitry-Mory.

Monsieur DROY, Maire du Mesnil-Amelot.






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