WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Quel avenir pour la presse quotidienne nationale française ?


par Marc LEIBA
Ecole Supérieure de commerce de Reims - Master in Management 2006
  

précédent sommaire suivant

1.3.2 Les entreprises connexes

Autres manifestations de l'emprise de l'Etat sur le secteur de la PQN, les entreprises connexes sont des entités soumises d'une manière directe, ou plus discrète, au contrôle public qui gravitent autour des entreprises de presse.

· L'Agence France Presse (AFP)

Pendant l'occupation, l'agence Havas devient l'Organisme français d'information (OFI). A la Libération, les pouvoirs publics voulant une information impartiale créent l'AFP, avec un statut d'établissement public administratif. Entièrement sous contrôle de l'Etat, l'agence sort de se statut en 1957 du fait du peu de crédibilité à l'étranger. Ses comptes sont à l'équilibre grâce à une subvention inscrite au budget de l'Etat.

· La société nationale des entreprises de presse (SNEP)

Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), était censé administrer les biens saisis sur les titres ayant paru pendant l'occupation. Opposée au syndicat du Livre dès 1947 et à la Fédération nationale de la presse française (FNPF), elle sera privatisée car incapable de faire face à ses problèmes de trésorerie.

· La société professionnelle des papiers de presse (SPPP)

Cette entité avait une triple mission : l'importation, le groupement d'achat auprès des industriels français du papier, et la péréquation des prix afin d'atteindre l'équité quels que soient l'importance des commandes passées et les coûts de transports induits. La SPPP se heurtera à la fronde des patrons de presse qui ont voulu s'approvisionner librement sur le marché mondial, alors que l'industrie papetière française perdait en compétitivité. L'entité sera finalement assouplie dans les années 1980, se transformant en centrale d'achat incitative.

· Les nouvelles messageries de presse parisienne (NMPP)

La distribution est une étape extrêmement sensible dans le processus industriel de la PQN, d'une part parce qu'elle peut représenter jusqu'à 25 % du coût total de la production d'un journal, et d'autre part elle cristallise les rapports conflictuels entre patronat et syndicat du Livre-CGT. Après guerre pour éviter de retomber dans la situation où la librairie Hachette détenait le monopole de la distribution, naquirent les Messageries de la presse française (MPF). Elle firent faillite après la longue grève ouvrière de 1947, faute de maîtriser les questions de logistique et de gestion. La loi Bichet du 2 avril 1947 donne naissance aux Nouvelles messageries de presse parisienne (NMPP). Les NMPP sont une coopérative contrôlée majoritairement par les sociétés éditrices de presse (51 %), mais conjointement avec une société privée (49 %) dont le savoir-faire est reconnu indispensable, en l'occurrence Hachette. A ce propos, Hélène Eck24(*) considère la naissance des NMPP comme « une étape du nécessaire retour de la presse au réalisme économique, après le temps des illusions ».

* 24 La distribution et la diffusion de la presse du XVIIIeme siècle au IIIeme millénaire, ouvrage collectif sous la direction de Gilles Peyel, Paris Panthéon Assas, 2002, p.253.

précédent sommaire suivant