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Accès à la microfinance, inégalité et pauvreté en Cote d'Ivoire


par Ambroise ABANDA
Ecole Nationale Supérieure de Statistique (ENSEA) d'Abidjan-Côte-d'Ivoire en collaboration avec l'Université de Versailles - DESS en Analyses Statistique Appliquées au Développement 2004
  

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2.3 Place de la microfinance dans le système financier ivoirien 13(*)

Compte tenu de la faible capacité d'absorption des secteurs privé et public, la population active évolue en majorité dans le secteur informel. En effet, en 1990, le taux d'emploi informel était estimé à 85,9%14(*) et sa contribution au PIB non marchand était de l'ordre de 30,4% (J. Charmes, 1998). Ce secteur en expansion, certes pourvoyeur d'emplois précaires mais générateurs de revenus, fait de la microfinance une nécessité, d'autant qu'aucune des institutions du secteur bancaire formel n'a de volet microfinance parmi ses activités. Il est aussi reconnu par ailleurs que les pauvres ont une épargne mais, qui, jusqu'à présent n'a pu être complètement canalisée dans le circuit économique formel.

Après la dévaluation du Franc CFA du 12 janvier 1994, les pouvoirs publics ivoiriens ont, en plus du renforcement des politiques sectorielles de santé et d'éducation dont l'objectif est de doter le pays d'un important capital humain, amélioré les IMF et mis en place les fonds sociaux comme instrument de lutte contre la pauvreté. L'accès des pauvres au capital productif et aux technologies adaptées devait permettre l'accès à un emploi ou à une activité génératrice de revenu et par voie de conséquence au capital financier.

L'actualisation de la banque de données de la Côte d'Ivoire pour l'exercice 2001 a permis de recenser quinze institutions de microfinance ayant chacune communiqué des informations financières conformes aux prescriptions réglementaires.

Sur le plan structurel, la Fédération Nationale des COOPEC (FENACOOPEC) demeure le leader. Elle continue de dominer le marché de la microfinance en Côte d'Ivoire. En 2001, la FENACOOPEC regroupait à elle seule 89% de la clientèle, 91% des opérations de dépôts et 77% de l'activité crédit des SFD.

Il semble que l'on puisse aujourd'hui dénombrer une trentaine d'institutions intervenant dans la microfinance : celles-ci sont en majorité des institutions d'épargne et de crédit ; ce nombre connaît une augmentation qui peut être reliée, certes à l'existence d'une forte demande de finance décentralisée, mais aussi à la mise en place progressive depuis 1995 d'un cadre juridique sécurisant.

Le secteur est largement dominé par le réseau des COOPEC. Celui-ci mis à part, car son apparition remonte aux années 70, la majorité des institutions de finance décentralisée ont commencé leurs activités au début des années 90. Ce sont essentiellement des programmes jeunes, la moyenne en termes de durée d'activité étant de 2 ans, d'où le manque d'expérience souvent mentionné dans le secteur.

La répartition spatiale des IMF est très inégale, la majorité des initiatives étant regroupées dans le Sud du pays et les zones urbaines. Seul le réseau des COOPEC, avec sa centaine d'antennes locales, couvre l'ensemble du territoire ivoirien15(*).

La durée moyenne des prêts accordés par les microfinanciers est inférieure à un an. Le taux d'intérêt varie selon les objectifs et les cibles des institutions. Il peut être nul chez certaines institutions, et atteindre 20% chez d'autres ; le taux moyen pratiqué étant de 19% quand le taux d'usure en vigueur est de 27%. Ramené à un taux d'intérêt effectif, il peut atteindre 25%. Les taux les plus élevés sont généralement appliqués dans le secteur du commerce et des services16(*).

S'il convient de noter que des ressources internes sont dégagées lorsqu'il s'agit de mutuelles d'épargne et de crédit, néanmoins les fonds les plus importants sont octroyés par les agences donatrices, agences internationales, ou les ambassades. Les principaux bailleurs de fonds sont ainsi la Coopération belge, la Banque Mondiale, le Fonds de Développement ivoiro-belge, la Coopération canadienne, la Coopération française, et le PNUD avec son programme Microstart. L'Etat a également contribué à certains programmes (IRC, CMEC et CIFAD ainsi que le réseau des COOPEC à ses débuts).

Les crédits servent majoritairement au financement d'activités dans le secteur du commerce et des services. Cependant le montant moyen des crédits est encore trop faible pour permettre des investissements en équipement, il s'agit essentiellement de disposer de fonds de roulement.

Tableau 2 : Evolution des principaux indicateurs de la microfinance en 2001

Principaux indicateurs

2000

2001

Variations en

% par rapport

à 2000

Nombre d'institutions

16

15(1)

-6,3%

Nombre de points de services

287

185

-35%

Nombre de bénéficiaires

331 274

395 986

19,5%

Dépôts (millions de F CFA)

27 568

31 741

15,1%

Montant moyen des dépôts (FCFA)

85 308

78 849

-7,6%

Fonds propres (millions)

790

635

-19,6%

Nombre de crédits accordés

24 039

23 378

-2,7%

Crédits en cours (millions)

15 722

14 785

-6%

Montant moyen des prêts (FCFA)

638 317

649 984

1,8%

Crédits en souffrance (millions)

4 120

1 766

-57,1%

Placements (millions)

11 956

14 848

24,2%

Actif global (millions)

32 304

35 228

9,1%

Produits d'exploitation (millions)

6 203

6 736

8,6%

Charges d'exploitation (millions)

7 897

7 438

-5,8%

Résultat net (millions)

-1 694

-701

58,6%

(1) Non compris l'institution de crédit direct (PASI) et le FAFEC qui n'ont pas communiqué leurs données de 2001.

Source : www.tresor.gov.cifinances.htm.

CHAPITRE III : LES DÉTERMINANTS DE L'ACCÈS AU SYSTÈME FINANCIER

* 13 www.planetfinance.org/PlanetFinance/All/PDF/Library/CoteIvoireSynth-fr.pdf

* 14 En proportion de la population active occupée non agricole.

* 15 www.planetfinance.org/PlanetFinance/All/PDF/Library/CoteIvoireSynth-fr.pdf

* 16 www.planetfinance.org/PlanetFinance/All/PDF/Library/CoteIvoireSynth-fr.pdf

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