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Efficience des banques dans la CEMAC : Approche Data Envelopment Analysis

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par T.H. Jackson Ngwa Edielle
Institut Sous - Régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA) - Ingenieur Statisticien Economiste 2007
  

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3.2 Frontière technique et efficiences techniques

La méthode DEA est utilisée pour analyser les efficiences relatives et les performances managériales des unités de production utilisant les mêmes facteurs de production. Cette méthode nous

3Voir Ryan (1997)

4Voir Fan et Gijbels (1992) et Pagan et Ullah (1999) pour des détails 5Generalized Cross Validation

permet de comparer les efficiences relatives de l'industrie bancaire en mesurant une frontière d' efficacité et en déterminant les inefficiences techniques des banques par rapport a cette frontière. Depuis les années 80, plusieurs analyses de l'efficience de l'industrie bancaire ont adopté cette approche6

3.2.1 Pertinence de l'approche

Pour développer une approche déterministe d'estimation de la frontière d'efficience, on part du fait qu'il existe une unique frontière de production du système bancaire a chaque date. De plus, on admettra que toutes les banques contribuent a la définition de la frontière et leur système de production est contraint par cette unique fonction de production. Considérons Yi,t = Ft(Xi,t) la fonction de production avec l'indice banque i = 1, ...m et l'indice temporel t = 1, ...T. La matrice d'inputsXi,tindique le panier de facteurs de production utilisé par la banque i a la date t. Il est ainsi possible pour chaque banque de définir un indice d'efficience technique. On notera ainsi:

Yi,t
Ft(Xi,t)

= Ai,t(7)

 

La méthode DEA permet ainsi pour un ensemble de production donné d'estimer les indices d'efficience de chaque banqueAi,tE [0 1] pour tout (i, t) E {1, ..., m} x {0, ..., T}. L'efficience telle que spécifiée a l'équation 7 est neutre car la distance a la frontière technologique est orthogonale àl'espace engendré par les inputs. Avec l'approche DEA, il est possible de spécifier plusieurs types de distance a la frontière.

Les pionniers dans l'approche DEA sont Farrell (1957) et Afriat (1972). Deux principales tendances dominent cette méthode: le modèle de Charnes et al. (1978) (CCR) qui consiste a maximiser le ratio output pondéré sur input pondéré, et le modèle de Banker et al. (1984) qui, contrairement au modèle CCR, admet des rendements d'échelle variables. Le second modèle permet d' estimer les coefficients d' efficience technique purs. L' approche générale consiste a déterminer la borne supérieure du plus petit ensemble convexe regroupant les données.

Le premier indice d' efficience développé par Debreu (1951) est en fait un coefficient d'utilisation optimale des ressources. Cet indice est inférieur a 1 si l'utilisation des ressources n' est pas optimal et se décompose en:

6On peut citer a titre d'exemple Sherman et Gold (1985), Rangan et al. (1988), Ferrier et Lovell (1990), Alyet al. (1990), Elayasiani et Mehdian (1990), Berg et al. (1993), Brockett et al. , et plusieurs autres publications...

· la sous utilisation des ressources physiques;

· l'inefficience technique des unités de production;

· l'inefficience de l'organisation économique.

Debreu (1951) pour calculer cet indice multiplie la distance entre les ressources optimales et les ressources disponibles par le prix pour chaque bien, ensuite divise la somme sur tous les biens par l'indice général des prix. On parle d'efficience allocative de production.OR

OQ tel que

représenté a la figure 2 représente l'efficience allocative telle que définie par Debreu (1951). Cet indice ne respecte pas la caractéristique "homothétie" du fait que la quantité disponible peut être inférieure ou supérieure a la quantité optimale. Une autre mesure d' efficience technique est celle de Farrell (1957) que l'on considère comme l'efficience technique de production, soit la production maximale que l'on peut obtenir d'un processus fixe a partir d'inputs donnés.

OQ

OP représente sur la figure 2 l'efficience technique de production. La difficulté ici est qu'il est important pour cette mesure de connaltre la fonction de production efficiente. D'oü l'intérêt de rechercher dans un premier temps la fonction de production efficiente a partir des observations avant de calculer l'efficience de chaque unité de production. En supposant que la courbe d'isoproduit est convexe par rapport a l'origine et que les rendements sont constants, la courbe 88* toujours sur la figure 2 représente l'estimation de l'isoproduit efficient.

Figure 2: Frontière d'efficience sur un ensemble convexe: Efficience Allocative et Efficience Technique. Cette présentation graphique est inspirée de deux graphiques de Farrell (1957). Les unités Q et C sont efficientes dans ce système de production hypothétique.

3.2.2 DEA : un estimateur statique

Considérons pour chaque banque i = 1, ..., N, à chaque date t = 1, ..., T, un vecteur d'inputs Xi,t un vecteur d'outputs Yi,t E p +. On supposera que chaque banque est soumise à une date

donnée à un unique niveau efficace de production tel que Y*

i,t = Ft(Xi,t).Ft : X ? <+ est la

borne supérieure de l' ensemble de production à la date t

Définition 2

Le niveau ef~cace de production est le maximum de produit qu'une banque peut obtenir pour un panier d'inputs donné.

On appelle de façon alternative cette efficacité, la capacité de mise en oeuvre par une banque de la technologie de transformation disponible dans le système à la date t ou distance à la

frontière technologique du système. On note:ei,t= Y *

i,t- Yi,t.

De façon formelle, l' estimateur DEA de la frontière technologique est donnée par le programme linéaire suivant:

àFt(X)=max{YE <+/Y=

XN

i=1

ëi,tYi,t etXi,t~

XN

i=1

ëi,tUi,t} (8)

 

avec U les différents facteurs.

Dans cette optimisation, on a X = ?Xi,t et Y = ?Yi, t. Les paramètres de lissage {ëi,t}N i=1 sont tels queëi,t~ 0 etPN i=1 ëi,t= 1. Deux cas de figure sont couramment envisagés:

· Si on n'impose aucune condition sur laPn j=1 ëj alors il s'agit d'un modèle DEA avec rendements d' échelle constants tel que développé par Charnes et al. (1978).

· Si par contre on considère quePn j=1 ëj= 1 on est dans le cadre d'un modèle DEA avec des rendements d' échelle variables tel que développé par Banker et al. (1984).

Banker (1993) formule les hypothèses suivantes pour caractériser les ensembles de production:

· L' ensemble d' inputs est convexe et compacte

· La fonction de production Ft est croissante monotone et concave

· La fonction de production Ft enveloppe chaque output Yi,t à la date t

· A la date t, si une fonction satisfait aux hypothèses de monotonicité, concavité et enveloppement, alors elle est inférieure à Ft

De l' estimation de la frontière, l' on peut déduire l'indice d' efcience définit au sens de Farrell (1957) selon la minimisation suivante:

E( Yi,t, Xi, t) = min{ë/(Yi,t/ë, Xi,t)E Ft} (9)

Cet indice de Farrell-Debreu est l'inverse de la proportion dans laquelle l'output peut être amélioré étant donnés la technologie et les quantités. Cet indice sera ainsi calculé en résolvant le problème pour chaque banque de l'échantillon. Cet indice est égal a 1 pour les unités efcientes et inférieur a 1 pour celles sous efficientes.

Les propriétés statistiques de l'estimateur DEA ne sont pas faciles a mettre en évidence du fait qu'il s'agit d'un estimateur non paramétrique (l'estimation d'un ensemble de points). Banker (1993) montre que l'estimateur DEA est un estimateur convergent dont la vitesse de convergence dépend du paramètre de lissage de la fonction de production. Par contre, cet estimateur est purement statique et sous estime énormément la vraie frontière technologique. De plus il laisse la possibilité d'une implosion de la technologie du fait que l'inefcience des unités les plus performantes réduit la frontière estimée d'une période a une autre. Pour éviter ce problème d' implosion, on considère qu' il existe une suite croissante d' ensembles de production (R())i avec {t = 0, ..., T}7. Ainsi, pour estimer la frontière technologique a la date T, il est important de considérer la réunion des ensembles de production entre t = 0 et t = T, d'oü l'intérêt de définir un estimateur dynamique.

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway