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Des Etats particuliers libres à l'organisation sociale mondiale


par RaphaŽl BAZEBIZONZAS
Saint Pierre Canisius - Bachelier en Philosophie 2006
  

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0. INTRODUCTION

Le monde actuel est caractérisé par une sorte de tension paradoxale entre d'une part, la détermination des Etats à jouir pleinement de leurs libertés fondamentales et, d'autre part, l'exigence d'une société mondiale, ou mieux, d'une mondialisation de la société humaine. En témoignent d'une part l'inter-dépendance des hommes entre eux et, d'autre part, les inter-actions entre les Etats qui se disent pourtant « souverains ». Cette prise de conscience des problèmes communs à toute l'humanité est tellement grande aujourd'hui que l'individu ou l'Etat qui déciderait de se frayer seul son chemin dans la modernité se jetterait assurément dans une fosse.

Le phénomène de la modernité, avec ses nouvelles technologies, conduit à une société humaine réellement unifiée sans pour autant devenir uniforme. Plus le monde tend à s'unifier, plus aussi les hommes et les nations particulières tiennent à sauvegarder leurs indépendances fondamentales. C'est comme si indépendances et désir d'universalisation s'exigeaient mutuellement tout en se repoussant. Paradoxe, équivoque ou simplement absurdité ?

Comment penser la réconciliation entre le vent fort de l'unification universelle et la volonté de maintenir les cultures particulières fragiles, vulnérables ? Où trouver les repères susceptibles d'assurer la cohésion entre les Etats autonomes et la société universelle ? Ou encore, comment satisfaire cette double tendance, audacieuse et paradoxale, d'une soif d'être soi-même à tout prix, tout en voulant et désirant s'identifier aux autres ?

Face à la complexité de cette problématique, le débat se limite trop souvent à une condamnation ou à une approbation collective. Pour certains, l'universalisation méconnaîtrait l'irréductibilité de chaque particularité, au point qu'il faudrait s'en isoler en se refermant sur les identités passées, habillées alors de toutes les vertus. Pour d'autres, l'organisation sociale mondiale serait capable de tout résoudre pourvu qu'elle ne soit pas étouffée par les Etats. Le débat, pour ou contre, se limite au surplus aux aspects économiques et politiques, délaissant le reste, tout aussi important cependant.

Il n'est du pouvoir de personne de s'abstraire totalement de l'organisation de la société mondiale ou de la refuser en bloc. En elle, il s'agit, sans doute, de l'épiphanie d'une civilisation planétaire dont tous les hommes sont partie prenante. Mais alors, comment accueillir un mouvement qui reconnaîtra l'autonomie de chaque Etat et appréciera sa place et son rôle dans toute société, et surtout dans la société moderne ?

L'Etat occupe une place privilégiée dans l'organisation et l'orientation de l'action des individus. Il est le lieu « où la liberté de chacun pourra coexister avec la liberté de tous », où « l'homme sera ce qu'il y a sur terre de plus grand pour l'homme »1(*). Sa vocation est de conduire les hommes à une vie digne et sensée, en leur procurant le minimum vital, l'éducation, la loi, la discussion responsable. Mais tout cela, sous la tutelle de la société universelle dans laquelle il s'insère.

Les lignes qui vont suivre ne sont pas signées par un expert en politique. Loin de nous la prétention d'indiquer l'action à accomplir ou le geste à poser. Nous voulons tout simplement présenter une clé de lecture, parmi tant d'autres, pour comprendre l'Etat et le vent fort de l'unification universelle. Sans pour autant sous-estimer la complexité du problème, nous ne démissionnons pas devant la tâche de transformer la réalité, le monde, « en le comprenant dans ce qu'il a de sensé »2(*).

Notre réflexion comportera trois chapitres. Le premier veut comprendre l'Etat et sa place dans la société. Il sera question de définir l'Etat weilien en présentant, de manière succincte et sélective, ses tâches, ainsi que ses rapports avec l'individu. Le second chapitre exposera les éléments de l'organisation sociale mondiale à travers un exposé, aussi objectif que possible, de l'aspect phénoménologique de l'organisation mondiale, de son mécanisme et des conditions d'une approche éthique. Le dernier chapitre est un essai portant sur l'anthropologie de l'organisation sociale mondiale. Il s'agira, dans cette partie, de comprendre les jeux et enjeux du problème, en abordant successivement, l'implacable logique du travail social, la constitution d'une organisation sociale mondiale, la place du continent africain dans cette réflexion. Une petite conclusion biographique récapitulera l'essentiel de notre réflexion.

* 1 Eric Weil, Christianisme et politique, in Critique, août-septembre, 1953. p.772

* 2 Eric Weil, Philosophie politique, quatrième édition, Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 6, Place de la Sorbonne, Vè. 1984, p. 57. Désormais cité sous l'abréviation PP.

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