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Facteurs de risque cardiovasculaire, maladies cardiovasculaires et gradient social en milieu professionnel (cas de la Société Nationale d'Electricité)

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par Joséphine NKOY BELILA
Université de Kinshasa (RD CONGO) - Spécialiste en médecine interne 2002
  

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INTRODUCTION

Les maladies cardio-vasculaires, jadis affections des pays développés ou industrialisés, montrent une prévalence croissante dans les pays en voie de développement ou en urbanisation (1-4). Les maladies cardio-vasculaires, telles que les coronaropathies et l'hypertension artérielle (H.T.A) vont constituer après l'an 2020 un important problème de santé publique en Afrique Sub-Saharienne (5).. .

En Afrique, on suppose que ses taux augmentent avec l'urbanisation. Le taux d'urbanisation y est passé de 3% au début du 20è siècle, à 12% vers les années de l'indépendance et a atteint un rythme croissant supérieur à 7%, qui perdure depuis plusieurs décennies(6).

Au cours de ces deux dernières décennies, le taux d'urbanisation a été estimé à 30-39% pour le Congo-Kinshasa, ce dernier ayant fait partie du groupe des pays les mieux organisés avec un début d'industrialisation et une proportion non négligeable de la population urbaine dans le secteur industriel(6).

En effet, de nombreux facteurs liés à l'industrialisation et l'urbanisation sont incriminés dans l'émergence des maladies chroniques non transmissibles (diabète sucré, hypertension artérielle, cancer, accident de trafic routier, obésité, athérosclérose, insuffisance coronarienne et accident vasculaire cérébral(A.V.C)): la consommation excessive de sel, le tabagisme, l'abus d'alcool, l'inactivité physique, la consommation excessive de graisses animales, les régimes alimentaires pauvres en fibres, K+, Ca2+ et Mg+2(7).

Ainsi, l'industrialisation, facteur d'induction de l'urbanisation, entraîne un changement des statuts socio-économiques et socioculturels (niveau d'instruction, niveau de revenu, transport, régime alimentaire, santé) et de style de vie (tabagisme, alcoolisme, etc.) et crée des catégories sociales ou socio-professionnelles(8).

L'interaction de ces différents facteurs de risque influerait probablement chez les Noirs Africains sur l'incidence ou non de l'HTA et des maladies cardio-vasculaires selon le niveau social de l'individu.

Plusieurs auteurs ont émis à ce sujet des hypothèses explicatives:

· pour H.M Colhoun et coll., l'industrialisation entraîne l'élévation du niveau socio-économique et ce dernier expose la population aux habitudes et comportements à haut risque cardio-vasculaire tels que la sédentarité, le tabagisme, l'alcoolisme, le régime alimentaire hypersodé et riche en graisses animales(9);

· pour MORGENSTERN, l'association entre le niveau socio-économique et la pathologie cardio-vasculaire à plutôt changé en direction de la population rurale et les classes socio-économiques inférieures alors que par le passé, les classes socio-économiques élevées et le milieu urbain payaient le lourd tribut de cette pathologie (10).

Il n'est pas toujours facile de définir le concept de classe sociale aussi bien dans les pays développés que ceux en voie de développement. Aux Etats-Unis, les sujets sont classés en fonction de leur revenu ou de leur loyer payé, alors qu'en Europe, ils le sont en fonction du niveau d'éducation ou du niveau socio-professionnel(2).

En Afrique, la notion de classes sociales est diluée par la solidarité caractéristique de la culture bantoue; toutefois, les études actuelles relatives au risque cardio-vasculaire ont démontré que la migration de la campagne vers les agglomérations urbaines entraîne une élévation significative de la pression artérielle (P.A) (11,12) et la prévalence de l'hypertension artérielle (HTA) est élevée aussi bien en milieu rural avec 14,2% qu'en milieu urbain avec 9,9%(13).

En Côte d'Ivoire, l'HTA est présente chez 29,7% de travailleurs du port d'Abidjan(14). A la société nationale d'électricité de la République Démocratique Congo, Mbala a rapporté des taux de prévalence d'HTA (26%) et d'obésité (19%) plus élevés chez les cadres que chez les subalternes(15).

Ces facteurs méritent donc une étude détaillée en milieu professionnel avec gradient social. D'ailleurs, il a été constaté un niveau de scolarisation plus élevé chez les coronariens Noirs Africains et que pour les catégories professionnelles, les cadres ivoiriens étaient plus touchés par la maladie coronarienne que les non-cadres (16,17).

En Belgique, aucune relation significative n'a été démontrée entre la morbidité coronarienne et les classes socio-professionnelles mais l'incidence d'événements coronariens aigus était plus élevée chez les ouvriers que les cadres (2).

Le manque de données sur le gradient social et les facteurs de risque cardio-vasculaire nous pousse à effectuer la présente étude.

Il est urgent de mener des études épidémiologiques dans la communauté pour identifier les facteurs de risque d'athérosclérose typique de l'Africain Noir et leurs impacts dans la survenue plus fréquente des A.V.C (18-20) et des cardiopathies ischémiques(21). L'HTA de l'éthnicité noire est considérée comme une forme particulière et grave de la maladie hypertensive (12).

Hypothèse de travail

La distribution des facteurs de risque de l'HTA et des maladies cardio-vasculaires (cardiopathie hypertensive ou ischémique, accident vasculaire cérébral) est totalement différente entre les classes sociales en général aussi bien dans les pays en voie de développement que ceux développés ou industrialisés. A côté de l'influence de l'environnement sur les maladies cardio-vasculaires, l'éthnicité serait aussi un marqueur culturel et psychosocial de ces affections. Les différences sociales dans les connaissances sanitaires et dans l'accès aux soins de santé pourraient expliquer le gradient social de morbidité.

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