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Libéralisation financière et intermédiation bancaire: le cas de la Côte d'Ivoire

( Télécharger le fichier original )
par Fidelia Beugre DAGO
Université de Cocody-Abidjan, UFR Sciences économiques et de Gestion, Programme PTCI - DEA-PTCI 2005
  

Disponible en mode multipage

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    REPUBLIQUE DE CÔTE D'IVOIRE

    Union - Discipline - Travail

    MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

    UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE

    DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

    (UFR-SEG)

    PROGRAMME DE TROISIEME CYCLE INTERUNIVERSITAIRE EN ECONOMIE

    (P.T.C.I)

    MEMOIRE de DEA-PTCI

    Spécialité : Macroéconomie Appliquée

    Option : Economie Internationale

    Libéralisation financière et intermédiation bancaire :

    Le cas de la Côte d'Ivoire

    Présenté par DAGO Fidelia Beugré

    Sous la direction de Pr. Agrégé SEKA P. Roche

    ( DECEMBRE 2005 )

    Président du Jury : Pr. BAMBA N'galadjo, Maître de conférence

    Membre du Jury : Pr. SEKA Pierre Roche, Maître de conférence agrégé

    Dr. NIAMKEY Madeleine

    SOMMAIRE

    DEDICACE................................................................................................i

    REMERCIMENTS.......................................................................................ii

    LISTE DES SYGLES ET ACRONYMES..........................................................iii

    RESUME................................................................................................. vi

    INTRODUCTION.......................................................................................1

    PREMIERE PARTIE : ASPECTS THEORIQUES ET CADRE DE L'ETUDE..........8

    CHAPITRE I : FONDEMENT DE LA THEORIE DE LA LIBERALISATION

    FINANCIERE ET DE L'INTERMEDIATION BANCAIRE................9

    I.1- Une approche de la théorie de la libéralisation financière...........................9

    I.2- Une approche de la théorie de l'intermédiation bancaire...........................17

    CHAPITRE II : CARACTERISTIQUES PROPRES A LA CÔTE D'IVOIRE............23

    II.1- Intérêt et cadre de l'étude..............................................................23

    II.2- Politique de mobilisation des dépôts et de financement bancaire en

    Côte d'Ivoire..............................................................................27

    DEUXIEME PARTIE : ASPECT ANALYTIQUE ET EMPIRIQUE......................30

    CHAPITRE III : ANALYSE DU MODELE.........................................................31

    III.1- Les variables, leurs définitions opérationnelles et la spécification

    du modèle ..............................................................................31

    III.2- Présentation des tests économétriques.............................................37

    CHAPITRE IV : ANALYSES ET INTERPRETATIONS DES RESULTATS...............41

    IV.1- Interprétation des résultats au niveau de la mobilisation des

    dépôts bancaires..............................................................................................41

    IV.2- Interprétations des résultats au niveau du financement bancaire...............46

    CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS............................................52

    REFERENCES BIBLOGRAPPHIQUES.......................................................56

    TABLE DES MATIERES......................................................................... 63

    ANNEXES .............................................................................................66

    DEDICACE

    Je dédie ce mémoire ;

    A l'Eternel des armées, pour son soutien et sa pleine grâce à mon égard ;

    A ma mère, qui trop tôt quitta ce monde ;

    A la famille N'guetta pour tout l'amour et le soutien reçus ;

    A Christelle N'Guetta pour tout son Amour et sa patience.

    REMERCIEMENTS

    Ce mémoire est le fruit de notre toute première expérience en matière de recherche scientifique. Nous voudrions, ici, exprimer notre sincère reconnaissance au Seigneur Dieu de miséricorde et à tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à sa réalisation sans toute fois engager leur responsabilité quant aux éventuelles erreurs qu'il pourrait contenir.

    Nous aimerions d'abord remercier le professeur SEKA Pierre Roche , notre directeur de mémoire, qui en dépit d'un emploi du temps particulièrement chargé, n'a ménagé aucun effort pour nous suivre et nous faire des critiques très constructives pour l'amélioration de la qualité scientifique de notre travail. Notre reconnaissance s'adresse particulièrement au Professeur AKE G. M. N'Gbo, Doyen de l'UFRSEG, pour sa rigueur légendaire et son amour pour le travail bien fait. Que les Professeurs du tronc commun du PTCIE -Abidjan, trouvent à travers ces mots, l'expression de toute notre gratitude. Nous tenons également à remercier particulièrement le Professeur MAMA Ouattara, Directeur du CIRES.

    Ce travail n'aurait pu être effectué sans la collaboration et le soutien de la BCEAO-ABIDJAN. Nous tenons donc à remercier Mr Timité Kokou, chef du Service de la Recherche et de la Statistique, Mr Dingui Charles, adjoint au chef de service et tous leurs collaborateurs pour l'assistance qu'ils nous ont apporté lors de notre stage à la BCEAO-Abidjan. Notre gratitude s'adresse également à Mr N'guetta Frank, cadre à la SGBCI pour son soutien sans faille.

    Que nos parents reçoivent l'expression de notre gratitude pour leur soutien moral, matériel et surtout pour leur investissement sur notre personne et leur compréhension durant ces années d'études. Nous adressons un Merci particulier à la famille Eba, la famille Bangoura, la famille Kacou Nando.

    Nous ne saurons terminer sans rendre hommage à la 10ème promotion du PTCI pour l'ambiance de solidarité et l'esprit du travail bien accompli qui l'a caractérisée durant ces dix-huit mois de formation. Que DIEU bénisse cette promotion et qu'Il renforce les liens qui lient tous ses membres.

    Liste des sigles et acronymes

    ACP : Analyse en Composante Principale

    ADF : Augmented Dickey Fuller

    AEN : Avoir Extérieur Net

    AR : Auto Régressif

    BCEAO : Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest

    BICICI : Banque Internationale pour le Commerce et l'Industrie de Côte d'Ivoire

    BM : Banque Mondiale

    BNI : Banque Nationale d'Investissement

    CAA : Caisse Autonome d'Amortissement

    CFA : Communauté Financière d'Afrique

    COOPEC : Coopérative d'Epargne et de Crédit

    CREP : Coopérative Régionale d'Epargne

    CRI : Créance Irrécouvrable

    DBP : Dépôt Bancaire sur Pib

    FBP : Financement Bancaire sur Pib

    FMI : Fond Monétaire International

    IPF : Indicateur de Politique Financière

    INS : Institut National des Statistiques

    INSTA : Indicateur de risque d'Instabilité sociopolitique

    MCO : Moindre carré Ordinaire

    OHADA : Organisation de l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires

    PAS : Programme d'Ajustement Structurel

    PIB : Produit Intérieur Brut

    PASFIN : Programme d'Ajustement Structurel du Secteur Financier

    PME : Petite et Moyenne Entreprise

    PRH : Pib Réel par Habitant

    PVD : Pays en Voie de Développement

    SGBCI : Société Générale des Banques en Côte d'Ivoire

    TCRE : Taux Créditeur Réel

    TDRE : Taux Débiteur Réel

    UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

    LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES

    Tableau I  : Les composantes des différentes mesures de la marge

    d'intermédiation des banques et établissements financiers (1990-1999)

    Tableau II : Marges d'intermédiation bancaire dans l'UEMOA, de 1990- 1999

    Tableau III : Résultats des tests ADF

    Tableau IV : Résultats du test de Johansen

    Tableau V : résultat de l'estimation

    Tableau VI : Résultats des tests ADF

    Tableau VII : Résultats du test de Johansen

    Tableau VIII : résultat de l'estimation

    Graphique I : l'évolution de l'indice de politique financière

    Graphique II : l'évolution de l'indice de la dégradation du portefeuille des banques

    I. RESUME

    Bien vrais que de nombreuses études ont montrées l'importance du secteur financier dans le processus de développement d'une économie, l'effet de la libéralisation financière sur l'intermédiation bancaire reste encore théoriquement ambigu, non seulement parce que la relation entre taux d'intérêt et intermédiation bancaire est elle-même complexe, mais aussi à cause de l'aspect multidimensionnel du processus de libéralisation financière.

    Cette étude se propose de mettre en évidence à partir des données ivoiriennes, l'impact indirect (capturé à travers le taux d'intérêt) et direct (mesuré à travers un indicateur de politique financière construit à partir de la méthode de l'Analyse en Composante Principale) de la libéralisation financière sur l`intermédiation bancaire. L'intérêt particulier de cette étude est qu'en plus de la prise en compte de l'effet direct et indirect de la libéralisation financière, nous considérons la capacité et la fiabilité du système d'information des banques dans un environnement financier libéralisé à travers l'impact de la dégradation du portefeuille des banques sur le financement bancaire. En outre, un indicateur d'instabilité sociopolitique fut construit pour prendre en compte son effet sur le système bancaire ivoirien, qui depuis quelques années fait face à une crise sociopolitique.

    Les résultats obtenus à partir d'estimations effectuées par la méthode des Moindres Carrés Ordinaires, indiquent l'existence d'un impact indirect négatif de la libéralisation financière sur la mobilisation des dépôts bancaires et un impact indirect positif sur le financement bancaire. Quant à l'impact direct de la libéralisation financière, il est positif sur la mobilisation des dépôts bancaires, mais négatif sur le financement bancaire à l'économie. Par ailleurs, les résultats permettent de montrer que la faiblesse et l'incapacité du système d'information des banques est l'un des obstacles à la réussite de la politique de libéralisation financière en Côte d'Ivoire. De plus, la crise sociopolitique a rendu davantage le système bancaire méfiant au financement de l'économie.

    Ce qui laisse penser qu'après quinze années, depuis son amorcement, le processus de libéralisation financière semble ne pas encore avoir atteint les objectifs escomptés pour le développement et l'approfondissement financier du système bancaire ivoirien et que la faiblesse du système d'information des banques, ait contribué à cela. Dès lors, le processus de libéralisation financière devrait s'accompagner nécessairement de reformes juridiques, institutionnelles et structurelles profondes afin d'améliorer la capacité des banques à capter l'information nécessaire et juste dans l'exercice de leurs activité de financement de l'économie. Ce qui d'ailleurs, inciterait le système bancaire ivoirien à s'engager réellement dans le processus de libéralisation du secteur financier

    II. INTRODUCTION

    Au cours de ces trente dernières années, la littérature sur le financement du développement a beaucoup évolué. Suite à la baisse de l'aide au développement et à la crise de l'endettement extérieure, l'attention a été portée sur les conditions nécessaires pour que les systèmes financiers bancaires nationaux des PVD puissent mobiliser suffisamment des ressources et soutenir la croissance.

    En effet dans les PVD, les gouvernements ont utilisés les systèmes financiers bancaires nationaux comme un instrument de politique de financement en intervenant dans les différentes phases de l'intermédiation financière. L'orientation de la politique financière interventionniste s'inscrit dans la conception selon laquelle dans les PVD, la croissance économique est contrainte par la rareté des ressources financières. L'Etat doit intervenir pour assurer le financement des secteurs porteurs de croissance. Cette conception a été abandonnée car il s'agirait moins de la rareté que d'une mobilisation insuffisante des ressources financières (Fry, 1995). C'est ainsi que les recherches se sont davantage intéressées aux conditions d'intermédiations bancaires dans les PVD.

    C'est ainsi que l'on a assisté à la naissance de « l'école de la libéralisation financières », qui recouvre à l'origine les travaux de R.I Mc Kinnon (1973) et E. Shaw (1973). Dans cette analyse, la libéralisation financière doit se substituer à la répression financière mise en place par de trop nombreux pays en développement, notamment la Côte d'Ivoire. Les deux auteurs sont en effet persuadés que de nombreux Etats en voie de développement font peser des contraintes tellement fortes sur la sphère financière que celle-ci est incapable de se développer.

    Ces politiques de contrôle monétaire sont contre productives puisqu'elles affaiblissent la croissance. Ceci justifie alors la levée de la répression financière (Mc Kinnon, 1973).

    En effet, depuis la fin des années 70, la Côte d'Ivoire est confrontée à de graves difficultés économiques, celles-ci ont pour nom, chômage, inflation, déficit commercial, déficit budgétaire, crise financière, résultantes d'une contraction des activités bancaires et d'un manque de compétitivité des entreprises ivoiriennes. Il faut rappeler qu'à ces difficultés économiques, il s'est ajouté de façon plus intense des difficultés socio-politiques, entraînant une instabilité politique qui a fortement perturbé l'activité bancaire, et qui d'ailleurs s'est soldée par une partition du territoire national en Septembre 2002 (rapport annuel de la zone franc, 2003). Il  faut souligner que cette crise d'instabilité sociopolitique a entraîné la perte de nombreux emplois, a ralenti la croissance économique et affectée significativement le système bancaire ivoirien (rapport annuel de la zone franc, 2003). Les causes de la contre-performance de l'économie ivoirienne sont multiples. Nous retenons ici quelques unes. Elles sont d'origine macroéconomique, institutionnelle et principalement sectorielle.

    Les causes macroéconomiques se résument essentiellement par le recours aux politiques keynésiennes expansionnistes pour maintenir la croissance à la fin des années 70 et au début des années 80, le recours à l'endettement extérieur pour financer des déficits provoqués par ces politiques expansionnistes. L'inflation qui en ait résultée, a surévalué la monnaie nationale et a rendu moins compétitive les entreprises ivoiriennes.

    Au plan institutionnel, les causes se caractérisent par une détérioration de l'environnement gestionnel. Elles se résument par des erreurs techniques de gestion, une forte corruption et également la présence de fraude massive dans la gestion des fonds publics.

    A ces deux causes, s'ajoutent des problèmes sectoriels qui se caractérisent principalement par la répression du système financier. Répression caractérisée par le maintien des taux d'intérêt et de change à un niveau inférieur au taux d'inflation. Cet état de fait a eu pour conséquence la baisse de la valeur réelle des actifs financiers, une désintermédiation financière, la faiblesse des marges bancaires ...etc.

    Pour résoudre le problème de la crise financière, les autorités ivoiriennes ont mis en place, avec l'aide des institutions de Brettons Woods (BM, FMI) des programmes d'ajustement structurel (PAS) à partir des années 80. Ces programmes visent à assainir le secteur réel de l'économie et également le secteur financier (PASFIN). Sous la conduite de la Banque Mondiale, du Fond Monétaire et de L'UEMOA, les autorités ivoiriennes ont opté pour une politique de libéralisation financière (au sens de Mc Kinnon et Shaw) à la fin des années 80. En effet, cette théorie propose que la politique monétaire basée sur des instruments de contrôle indirect améliore les rémunérations sur les dépôts. Ce qui a pour effet d'accroître l'épargne, devenue plus attrayante pour les agents économiques dans la gestion de leur portefeuille. Cet accroissement de l'épargne augmente les ressources des banques, leur permettant ainsi de financer l'économie.

    En Côte d'Ivoire, la libéralisation financière a été amorcée en 1989 avec la nouvelle politique de la monnaie et du crédit de la BCEAO, et affirmée avec les reformes de 1993.

    La politique de libéralisation financière se justifie pour plusieurs raisons :

    D'une part, les banques détiennent une part importante de la masse monétaire. Elles créent de la monnaie et constituent le principal instrument d'application de la politique monétaire ;

    D'autre part, elles administrent le système de paiement et elles réalisent l'intermédiation entre épargne et investissement. Autrement dit, elles collectent l'épargne et assurent sa transformation en prêts, nécessaires au financement de l'activité économique.

    Cette politique est de nature à permettre au système bancaire ivoirien d'évoluer dans un environnement concurrentiel et de tarifer librement ses services d'intermédiation dans la perspective de dégager des marges suffisantes pour remplir ses fonctions d'intermédiaire financier.

    Par ailleurs, comme l'ont indiqué Stiglitz et Weiss (1981), la politique de libéralisation à la Mc Kinnon et Shaw (1973), augmentant les taux d'intérêt, provoquera un effet de sélection adverse, c'est-à-dire l'éviction du marché du crédit des emprunteurs les moins risqués (ou ce qui ont une forte probabilité de remboursement). La hausse du taux d'intérêt accroît le rendement espéré mais aussi le réduira à cause de l'accroissement de l'incertitude. En définitive, du fait de cette sélection adverse, seules les créances potentiellement douteuses sont retenues, les meilleurs clients préfèrent s'abstenir si le complément d'information qu'ils offrent ne fait pas baisser la surprime de risque (Nagel O, 1997).

    En outre, Pindick et Rubinfeld (1994), Fry (1995), en plus du problème de la sélection adverse, mettent en évidence lorsque les crédits sont débloqués, celui de l'aléa moral. Le degré d'aléa moral, qui exprime d'une certaine manière le risque de non remboursement du fait du débiteur négligent ou malveillant, influence directement le niveau des créances non performantes des établissements bancaires. L'aléa moral justifierait donc l'importance des garanties exigées par les banques et incite l'emprunteur à participer aux outils de réduction du risque de non remboursement que la banque aurait dû assumer seule. Cependant, du fait des insuffisances des garanties constituées, le système bancaire ivoirien semble assez exposé aux conséquences de l'alea moral dont la résultante serait la dégradation du portefeuille des banques (NIS, BCEAO). Ainsi, dès lors que l'on tient compte des contraintes internes et externes susceptibles d'influencer la coordination des objectifs, quelques fois divergents, entre emprunteurs et prêteurs, le contrat de dette standard cesse de devenir optimal. L'appréciation de la fiabilité du système d'information à travers l'évolution des créances irrécouvrables est donc un élément important pour la réussite de la politique de libéralisation financière. En effet un système d'information inefficient est l'une des principales sources d'erreurs en matière d'appréciation du risque. La capacité des banques à générer à moindre coût, toutes informations utiles sur leurs clients, leur permet d'en assurer un suivi régulier. Un tel système pourrait permettre des simulations sur le sort probable d'un projet soumis au financement et réduire ainsi la probabilité du risque de défaut. En Côte d'Ivoire, la fiabilité du système d'information est assez douteuse. Il s'est distingué par une accumulation des créances irrécouvrables dans les années 1980- 1990 (Caprio et klingebiel ,1996) et une légère amélioration de ces créances dans les années 1996-2002 (NIS, BCEAO).

    Mais au-delà de la controverse théorique (l'approche néostructuraliste), et compte tenu du caractère « opérationnel » de la libéralisation financière, il convient de déterminer si, oui ou non, cette politique financière a permis d'accélérer le développement et l'approfondissement du système bancaire de l'économie ivoirienne. Autrement dit la libéralisation financière a-t-elle un impact sur l'intermédiation bancaire en Côte d'Ivoire ? Quelle est l'ampleur de l'influence de la libéralisation des taux d'intérêt sur la mobilisation des dépôts bancaires ? Le processus de libéralisation financière a-t-il un impact sur le volume du financement bancaire à l'économie ivoirienne ? Le système d'information des intermédiaires bancaires ivoiriens contribue t'il à l'efficacité de la politique de libéralisation financière ?

    Comme nous le signalions plus haut, les recommandations de Mc Kinnon et Shaw ont très rapidement reçu un écho favorable. Beaucoup y ont vu une manière simple et efficace de sortir un certain nombre d'économie, notamment celle de la Côte d'Ivoire, du sous développement. De nombreuses études économétriques ont essayé de vérifier empiriquement les impacts de la libéralisation financière sur l'intermédiation bancaire (Thornthon 1991 ; Fry, 1995 ; Demetriades et Luintel, 1997). Ces études, en général, ont mis l'accent sur le sens de la corrélation entre taux d'intérêt et le niveau de développement financier (Impact indirect). S'appuyant sur ces études, nous essayerons sur la base des travaux de Courakis (1984), Stiglitz (1994), Demertriades et luintel (1996), Bandiera et alii (2000), Ary tanimoune (2001) et de Mouldi et Mourad (2004), de mettre en évidence l'impact direct de la libéralisation financière sur l'intermédiation bancaire capturer à partir d'un indicateur d'orientation de la politique financière. L'intérêt de prendre en compte l'impact indirect et direct tient au fait que dans plusieurs évaluations empiriques les résultats demeurent assez ambigus. En outre, en établissant que les mesures de politiques financières et leurs conséquences, notamment la hausse des taux d'intérêt et la dégradation du porte feuille des banques, les développements de la théorie de l'intermédiation bancaire sont donc susceptibles d'affecter la nature et les formes des contrats financiers, offrant ainsi une voie de recherche sur l'efficacité de la politique de libéralisation financière en prenant en compte la fiabilité des systèmes d'information bancaire. Dès lors, l'analyse du cas ivoirien nous conduit à la poursuite d'un objectif principal et de trois objectifs spécifiques.

    Objectifs de recherche

    Objectif principal : le but de l'étude est de proposer ici une analyse empirique de l'impact de la libéralisation financière sur l'intermédiation bancaire en Côte d'Ivoire. Ceci fait appel à trois objectifs spécifiques.

    Objectifs spécifiques :

    - D'une part, montrer l'impact indirect (à travers les taux d'intérêt) de la libéralisation financière sur l'intermédiation bancaire ;

    - D'autre part, montrer l'impact direct de la libéralisation financière (à travers un indicateur de politique financière) sur l'intermédiation bancaire ;

    - Et enfin, montrer que le système d'information des intermédiaires bancaires (à travers un indicateur de la dégradation du portefeuille des banques) a contribué à l'inefficacité de la politique de libéralisation financière sur l'intermédiation bancaire.

    Hypothèses de recherche

    Les objectifs ci-dessus énumérés reposent sur les hypothèses de recherche suivantes :

    - Les dépôts bancaires (épargne) augmentent au fur et à mesure que le taux d'intérêt créditeur s'élève ;

    - Le financement bancaire augmente avec la diminution de l'indicateur de politique financière ;

    - Le financement bancaire évolue positivement avec l'indicateur de dégradation du portefeuille des banques.

    Méthodologie de l'étude

    Pour tester nos différentes hypothèses, nous analysons d'abord nos variables en effectuant des tests de multicolinéarité, de stationnarité et de cointégration, puis nous estimons nos relations par la méthode appropriée, en fin, nous validons nos résultats économétriques par d'autres tests disponibles à cet effet.

    Plan de l'étude

    Le mémoire est organisé de la façon suivante :

    - La première partie, composée du chapitre I et du chapitre II, sera consacrée aux aspects théoriques des relations qui existent entre la libéralisation financière et l'intermédiation bancaire d'une part et la présentation des caractéristiques propres au système bancaire de la Côte d'Ivoire d'autre part.

    - La deuxième partie, composée du chapitre III et du chapitre IV, sera respectivement celui de la présentation du modèle et de l'interprétation des résultats.

    PREMIERE PARTIE

    Cette partie consistera essentiellement à analyser les différentes approches de la théorie de la libéralisation financière et de l'intermédiation bancaire, d'une part, et la mise en évidence des caractéristiques propres au système bancaire ivoirien, d'autre part.

    CHAPITRE I : FONDEMENT DE LA THEORIE DE LA LIBERALISATION FINANCIERE ET DE L'INTERMEDIATION BANCAIRE

    Ce chapitre présente essentiellement une approche de la théorie de la libéralisation financière d'une part, et d'autre part celle de l'intermédiation bancaire.

    I-1- Une approche de la théorie de la libéralisation financière

    Cette section nous conduit à analyser la théorie de la libéralisation financière d'une part et d'autre, part expliquer la construction de l'indicateur de politique financière.

    I-1-1- Une analyse de la théorie de la libéralisation financière

    I-1-1-1- L'approche de Mc Kinnon et E. Shaw, et quelques travaux de leurs

    Successeurs

    I-1-1-1-1- L'approche de Mc Kinnon et E. Shaw

    Du point de vue théorique, le concept de libéralisation financière apparaît au début des années 70 dans les écrits de R.I Mc Kinnon (1973) et E .Shaw (1973). Ces deux auteurs présentent la libéralisation du secteur financier comme un moyen efficace et simple pour accélérer la croissance économique des pays en voie de développement. Cette théorie trouve rapidement un écho favorable, tant auprès des grands organismes internationaux (FMI, Banque Mondiale) qu'auprès de certains pays en voie de développement. Elle séduit par la simplicité de sa mise en oeuvre. Pour ces deux auteurs, les pays en voie de développement souffrent moins d'un manque de ressources financière que d'une intermédiation, essentiellement bancaire, devenue inefficace du fait des distorsions liées à l'administration des taux d'intérêts. Le développement de leurs travaux a donné lieu au paradigme de la répression financière (Galbis, 1977, Mathieson, 1980, Fry, 1995). La principale proposition de politique économique est la libéralisation des conditions financières des banques, le taux d'intérêt étant la principale variable de contrôle. En l'occurrence, il devrait s'en suivre une hausse des taux d'intérêt qui permettent aux banques d'être plus performantes dans la mobilisation de l'épargne et le financement de l'économie.

    Situant l'économie des PVD dans un cadre d'économie fragmentée, où compte tenu du manque de marchés financiers organisés, Mc Kinnon affirme que toutes les unités économiques sont réduites à l'autofinancement, sans qu'il y'ait besoin de faire une distinction entre les épargnants (ménages) et les investisseurs (entreprises). Ces entreprises-menages ne prêtent pas ou ne s'empruntent pas les unes aux autres. Dès lors, l'investissement supposé indivisible, est donc autofinancé et nécessite une accumulation préalable. Celle-ci peut prendre deux formes distinctes : une épargne sous forme d'actifs réels improductifs ou une épargne sous forme d'encaisses monétaires réelles (dépôt bancaire). Cette épargne financière, sous forme de dépôt bancaire, est supposée être une fonction croissante de sa rémunération réelle (taux d'intérêt créditeur). Plus cette rémunération est élevée plus le désir ou l'incitation à épargner est grande. Cela montre bien que, les encaisses réelles jouent un rôle très important dans la conduite de la formation du capital. Ici la monnaie et le capital ne seraient pas substituables mais seraient plutôt complémentaires. L'apport fondamental de Mc Kinnon se situe donc dans la reformulation de la demande de monnaie. Il existerait donc une corrélation positive entre la quantité de monnaie demandée et le taux d'intérêt. En fait, il décrit la situation d'une économie peu monétarisée. Accroître le taux d'intérêt réel permet d'enclencher un processus de monétarisation de l'économie via la création d'un marché de l'épargne.

    Pour E. Shaw, la hausse du taux servi sur les dépôts, en encourageant la demande de dépôts des agents, accroît la capacité de crédit du secteur bancaire. Cela stimule l'investissement qui est financé de façon externe.

    I-1-1-1-2- Quelques travaux des successeurs de Mc Kinnon et Shaw

    Kapur (1976), en intégrant un modèle dynamique, affirme que la réduction du rythme de croissance de la masse monétaire (politique monétaire restrictive) n'est pas la solution appropriée. Il conclut qu'il est préférable d'accroître le taux nominal servi sur les dépôts car cela permettra d'atteindre simultanément deux objectifs : La réduction de l'inflation et la stimulation directe de l'épargne.

    Quant à Galbis (1977), il construit un modèle à deux secteurs : un secteur traditionnel dans lequel le rendement du capital est faible et constant, et un secteur moderne dans lequel le rendement du capital est aussi constant mais élevé.

    Dans son modèle, la libéralisation financière par la hausse des taux servis sur les dépôts bancaires, conduit à un accroissement de la productivité moyenne de l'investissement dans la mesure où elle permet un déplacement de l'épargne du secteur traditionnel vers le secteur moderne.

    Mathieson (1979) prend en compte l'extérieur. Dans son modèle de libéralisation financière en économie ouverte, il analyse principalement les variations possibles du taux de change. En effet, l'augmentation des taux d'intérêt réels consécutive à la levée de la répression financière peut susciter de très importantes entrées de capitaux. Ce qui provoquera une pression sur le taux de change. Mathieson propose donc une dévaluation progressive pour réajuster le taux de change.

    I-1-1-2- Remise en cause de la politique de libéralisation financière et

    quelques évaluations empiriques des politiques de libéralisation

    financière

    I-1- 1-2- 1 - Remise en cause de la politique de libéralisation financière

    Toutes fois, les arguments de ce paradigme dominant ont été largement remis en cause et les résultats obtenus décevants. Pour les néo-structuralistes (Van Wijnbergen, 1983), cela tient au fait que le paradigme de la répression financière ne prend pas en compte la segmentation des systèmes financiers dans les pays en développement et en particulier les interactions entre les différents secteurs financiers (Eboué, 1990). Par ailleurs, de nombreux auteurs s'appuyant sur l'existence des asymétries d'informations et le coût de l'information financière (en particulier dans les PVD), montrent que les déséquilibres du marché peuvent être indépendants de la rémunération des services bancaires (Owoundi, 1992 ; Stiglizt, 1994). Le point commun de ces thèses alternatives est la nécessité de prendre en compte les caractéristiques de chaque économie et en particulier la structure des systèmes financiers dans la formulation des politiques de financement. Hellman et al (1997) montrent que l'administration des taux pouvant se justifier sous certaines conditions, il convient de mettre en oeuvre des mesures de politique financière contrainte. En l'occurrence, il s'agit des mesures de politique financière administrées qui permettent de créer une rente d'intermédiation dont les institutions bancaires seraient les bénéficiaires contrairement à la théorie de la répression financière pour laquelle la rente est récupérée par les Etats.

    Il est extrêmement important de souligner que pour Fry (1988), les modèles structuralistes reposent sur cinq assertions radicalement différentes de celles de Mc Kinnon :

    § Les salaires sont déterminés de manière exogène (ou institutionnelle) au travers de conflits entre les classes ;

    § L'inflation est déterminée par le poids relatif des capitalistes et des travailleurs (qui sont eux-mêmes influencés par l'état de l'économie) ;

    § L'épargne se détermine comme une fraction des profits et non des salaires ;

    § Le niveau général des prix est déterminé par des marges fixes sur les coûts du travail, les importations et le financement du capital productif (taux d'intérêt) ;

    § Les pays en voie de développement dépendent de façon critique de leurs importations de matières premières, de biens d'équipement et de biens intermédiaires.

    § Les mécanismes d'ajustement des modèles néo-structuralistes sont keynésiens : le taux d'intérêt de marché du secteur informel s'ajuste de telle manière que l'offre et la demande de monnaie, et de crédit s'égalisent. Sur le marché des biens, l'ajustement entre l'offre et la demande se fait par les quantités et non par les prix.

    Par ailleurs, l'inflation y est déterminée par les coûts. Ainsi, appliquer la logique des modèles « Mc Kinnoniens » ne pourrait que détériorer la situation économique du pays. En effet, augmenter les taux d'intérêt nominaux (suite à une politique monétaire restrictive) ne peut qu'accroître l'inflation. De même, pratiquer une dévaluation (comme le prône Mathieson) ne ferait que renchérir le coût des importations et donc ralentir la croissance. Pour les neo-structuralistes, la libéralisation financière ne conduirait donc qu'à la stagflation.

    I.-1-1-2-2- Quelques évaluations empiriques de la politique de

    libéralisation financière

    Il faut tout d'abord rappeler brièvement que sur le plan théorique, l'effet de la libéralisation financière sur l'épargne reste plus ou moins ambigu à cause de l'aspect multidimensionnel du processus de reforme. Certains aspects comme la libéralisation du taux d'intérêt et l'offre de nouveaux produits financiers agissent positivement sur l'épargne. D'autres dimensions comme l'allégement des contraintes de liquidité et la levée de l'encadrement des crédits sont susceptibles de réduire l'incitation à épargner. L'impact sur l'épargne dépend donc de l'effet de ces différentes dimensions de la libéralisation financière.

    Les évaluations empiriques des impacts de la libéralisation financière sur le développement financier sont pour le moins diverses. Dans une étude portant sur sept pays asiatiques, Fry (1978) établit une corrélation positive et significative entre l'épargne nationale et le taux d'intérêt réel. Cependant, en reformulant les estimations de Fry (1978), Giovannini (1983) aboutit à des résultats différents. La conformité de la relation entre les différentes mesures de l'épargne et le taux d'intérêt créditeur réel (i.e. positive pour l'épargne financière et négative pour l'épargne physique) n'a été établie que dans moins de la moitié des douze pays asiatiques é étudiés par Gupta (1984). Diery et Yasim (1993) trouvent que le taux d'intérêt créditeur réel agit positivement et de façon significative dans la constitution de l'épargne dans neuf pays d'afrique. Dans une étude, Bandiera et al (2000) analysent la fonction d'épargne privée dans un échantillon de huit pays en développement. Dans six pays, les régressions entre l'épargne privée et le taux d'intérêt créditeur réel conduisent à une corrélation négative.

    En outre pour Bandiera et al (2000), l'effet à long terme de la libéralisation financière sur l'épargne peut être observé lorsque les réformes viennent d'être mises en place (effet à court terme). Une évaluation de l'impact des différentes réformes financières sur l'épargne nécessite une analyse des différents canaux de transmission de la libéralisation financière et la séparation entre les effets de court terme et de long terme véhiculés par le processus de transmission.

    La littérature tant théorique qu'empirique distingue plusieurs canaux de transmission de la politique de la libéralisation financière : le taux d'intérêt, les crédits, les produits financiers, les institutions de collecte de l'épargne. Ils auront à court terme un effet négatif sur l'épargne et un effet positif à long terme. L'effet à court terme provient essentiellement d'une variation des taux d'intérêt et des quantités de crédits disponibles.

    En effet si les consommateurs déterminent leur niveau de consommation selon leur cycle de vie, un accroissement de l'offre de crédit par les banques les amène à réviser leur niveau d'épargne de précaution. Plus précisément, les ménages qui ne sont plus contraints financièrement vont consommer plus par rapport à la période de leur vie ou ils étaient rationnés de crédit. Dans ce cas l'épargne pourra chuter pendant les premières années de la libéralisation financière laissant la place à un boom de la consommation (effet direct de la libéralisation) (Muellbauer, 1994).

    A long terme, la libéralisation financière aura permis un développement financier qui influencera positivement la croissance de la production et du revenu, et donc de l'épargne (S) (effet indirect de la libéralisation).

    Effet à court terme : allégement de la condition de liquidité, baisse de S

    Libéralisation financière

    Effet à long terme : développement financier croissance éco hausse de S

    Un autre point important qui mérite d'être pris en considération concerne l'omission d'autres actifs d'épargne. Le taux d'intérêt concerne ici l'épargne financière et notamment les dépôts bancaires. Or l'épargne des ménages peut être détenue sous formes d'actifs corporels ou physiques (logement, terrains), actifs boursiers comme les actions et les obligations, libellées en monnaie locale ou en devises. Honohan (1999) insiste sur le fait qu'il faut tenir compte non pas uniquement du taux d'intérêt sur les actifs financiers mais aussi du taux de rentabilité de l'achat de logement ou d'un terrain, du taux de rentabilité des obligations et des actions et du taux de change. Le choix du seul taux d'intérêt ne donne pas une vision claire des effets de la libéralisation financière sur l'épargne. Il est valable uniquement dans le cas d'une seule forme d'épargne à savoir les dépôts bancaires.

    La libéralisation financière est censée favoriser, à travers la hausse du taux d'intérêt créditeur réel, l'accroissement des investissements et l'augmentation des ressources investies en capital productif. Dans la plupart des analyses économétriques traitant de ce sujet, il s'agit d'identifier, la relation entre taux d'intérêt créditeur réel et le volume du crédit intérieur disponible et/ou de déterminer s'il y'a une corrélation positive entre les crédits disponibles et le niveau d'investissement (relation de complémentarité de Mc Kinnon).

    Fry (1981) trouve des résultats significatifs et conformes à la relation positive entre le taux d'intérêt réel et le volume de crédits intérieurs sur un échantillon de douze pays asiatiques. Par contre, Green et Villanueva (1991) trouvent que la hausse des taux d'intérêt réduit les investissements dans 33 pays en développement. Demetriades et Devereux (1992) aboutissent à une conclusion similaire sur un échantillon de 64 pays en développement. La Banque Mondiale (1989), après avoir classé en quatre groupes un échantillon de 34 pays en développement en fonction de leur taux de croissance, montre dans une analyse comparative que plus le taux d'intérêt réel créditeur moyen est élevé, plus l'efficacité des investissements (la variation de l'inverse du taux d'investissement) est importante.

    I-1-2- Analyse de l'indicateur de politique financière

    Mesurer le développement du secteur financier ou le processus de la libéralisation financière est une procédure très compliquée parce qu'il n'y a pas une définition précise et concrète de ces notions. Comme il a été mentionné par Bandiera et al (2000), un meilleur indicateur de la libéralisation financière est celui qui intègre les aspects réglementaires et institutionnels du processus, ce qui leur parait une tâche difficile à mettre en place.

    Cependant des références à l'impact direct de la politique financière sur le développement financier des PVD sont présentées à travers la littérature empirique depuis quelques années. En effet, défini comme un indice qui permet de quantifier le niveau de répression financière ou de libéralisation financière, l'indicateur de politique financière est utilisé dans de nombreuses études.

    Afin de capturer l'impact direct de la libéralisation financière, Demetriades et Luintel (1997) construisent, à l'aide des composantes principales, un indice synthétique de politique financière (IPF) dans le cas de l'Inde. Lorsqu'ils régressent cet indice sur le ratio dépôts bancaires sur PIB, le coefficient est négatif et significatif. Par contre, appliquant la même méthode à la Corée du Sud, Arestis et Demetriades (1997) établissent une relation positive et significative entre les deux variables. Dans le même esprit, Chai et Laurenceson (1998) trouvent que le coefficient d'un indice similaire n'est pas statistiquement significatif dans le cas de la Chine.

    En effet, pour le cas de la Côte d'Ivoire, il s'agit ici pour nous de codifier les différentes mesures considérées comme étant représentatives d'une politique financière, puis de présenter la méthode de calcul de l'indicateur de politique financière.

    II-1-2-1-La codification des mesures de politiques financières (voir annexe 2)

    La codification des mesures de politiques financières consiste d'une part à identifier les mesures qualitatives et d'autre part, à les quantifier.

    Il faut rappeler que la Côte d'Ivoire, en tant que membre de l'UEMOA, applique les différentes mesures de politiques financières mise en place par les autorités de l'union. Dès lors onze mesures ont été considérées comme étant des mesures de répression financières (Ary tanimoune, 2001) selon la terminologie de Fry (1995). Elles sont donc susceptibles d'agir à travers l'indice de politique financière. Il s'agit donc du taux d'usure, de la rémunération maximale et minimale des crédits bancaires, de la rémunération fixe et minimale des dépôts bancaires à terme supérieur à un an, du plafond sur le refinancement des crédits de campagne, du programme de crédit, du taux d'escompte préférentiel, de l'encadrement du crédit, des réserves obligatoires, de l'organisation du marché monétaire. Compte tenu de la politique financière commune des pays de l'UEMOA, il serait donc intéressant de rendre particulier l'indicateur de politique financière de la Côte d'Ivoire en intégrant dans la matrice des variables initiales (voir annexe2) deux variables macroéconomiques : le ratio de liquidité et le ratio des avoirs extérieurs nets.

    Le ratio de liquidité permet de rendre compte de l'efficacité relative du système de paiement (King et Levine, 1993). Quant au ratio des avoirs extérieurs nets, il a été inclut pour tenir compte de la couverture appropriée de l'émission monétaire par les réserves de change dans le cadre du compte d'opération. On a donc au total 13 variables (11 mesures de politiques financières et 2 variables macroéconomiques).

    Selon la méthode de codification binaire, les onze mesures qualitatives ont été transformées en variables quantitatives. Dès lors, pour chaque mesure de politique financière, on affecte la valeur 1 lorsque l'administration par les autorités monétaires de la variable est effective, et 0 lorsque la mesure est libéralisée (voir annexe 2). Par exemple, concernant les taux d'intérêt créditeur, on attribue la valeur 1 à la période durant laquelle il y'a eu des taux planchers et 0 lorsque la rémunération de l'épargne n'est plus soumise à la mesure.

    I-I-2-2-La méthode de construction de l'indicateur d'orientation de politique financière.

    Calculée à l'aide de l'analyse en composante principale (ACP), l'indice de politique financière (IPF) se déduit à partir des valeurs propres et du pourcentage de variation de chaque composante principale. Cette méthode permet de synthétiser les informations contenues dans plusieurs variables, en transformant les p variables quantitatives brutes corrélées entre elles (les différentes mesures de politique financières), en au plus m nouvelles variables quantitatives (avec m = p) non corrélées. Les nouvelles variables sont appelées composantes principales. Il y'a lieu de noter que lorsque les variables initiales sont de nature différente ou caractérisées par des unités de mesures différente, la transformation se fait à partir de la matrice des corrélations (division par leur écart type respectif), de façon à leur affecter le même poids.

    La première composante principale explique la plus grande proportion de la variable totale de la variable initiale. Si l'information qu'elle fournie n'est pas satisfaisante, on construit la deuxième composante principale. Ce calcul se fait sous deux conditions : La deuxième composante principale présente une corrélation nulle avec la première et explique la seconde grande proportion de la variation totale des variables initiales. On procède de la sorte jusqu'à l'obtention de la composante principale. On parvient à déduire le poids des individus (ou des années) dans la composition des nouvelles variables à l'aide de la matrice diagonale des vecteurs propres des éléments de la diagonale représentant les parts relatives de chaque composante dans l'explication de toutes les variables initiales. En définitive, les composantes principales et leur pourcentage d'inertie respectif permettent de calculer pour chaque individu (ou par chaque année) un indice qui synthétise l'information totale contenue dans toutes les variables initiales. En l'occurrence, l'IPF, est calculée à partir de la somme pondérée des facteurs liée au six premières composantes principales par les pourcentages d'inertie correspondante sur la période allant de 1970 à 2003. Avec les mêmes notations, pour : i, l'année donnée et la composante principale. Nous avons donc :

    Enfin, l'IPF s'interprète de la façon suivante : lorsque le système financier est soumis à des mesures de répression, l'IPF a une évolution ascendante. Par contre, lorsque les autorités monétaires mettent en place une politique de libéralisation financière, la tendance de l'IPF sera à la baisse.

    II-2- Une approche de la théorie de l'intermédiation bancaire

    Dans cette sous-section nous présenterons les activités de la firme bancaire d'une part et d'autre part la nécessité de l'intermédiation bancaire.

    II-2-1- Les activités de la firme bancaire

    Elle peut être résumée par son activité de transformation et son rôle dans la création monétaire et la gestion du système de paiement.

    II-2-1-1- La firme bancaire et l'activité de transformation

    Cette section a pour objectif de pénétrer au coeur de la firme bancaire pour analyser et comprendre la logique de fonctionnement de celle-ci et la manière dont le résultat bancaire se forme.

    Schématiquement, voici comment est structuré le bilan de la firme bancaire :

    « Produits » : Emplois illiquides

    (crédits)

    Titres acquis

    « Matière première » : Ressources liquides

    Titres émis

    Fonds Propres

     
     
     
     
     
     

    De manière simple, on peut présenter la banque comme gestionnaire de l'épargne d'une part et comme financeur de projets d'autre part.

    La particularité (et la complexité) de la firme bancaire est :

    - de fabriquer une dette  (moyens de paiement scripturaux en circulation dans l'économie);

    - de produire du financement en achetant des projets (monétisation de créances).

    La firme bancaire est particulièrement complexe à analyser puisqu'il est difficile d'identifier clairement les inputs, les outputs ainsi que le processus de production : la monnaie est bien produite par les banques mais ce produit est aussi une « matière première » ; les produits de financement sont « vendus » (crédits) mais aussi« achetés » (en finançant un projet, la banque « achète » un titre de créance sur ce projet futur). De plus, le résultat de la banque est particulièrement sensible à une donnée en partie non maîtrisable : les taux d'intérêt.

    On ne peut expliquer et comprendre le fonctionnement de la banque si on sépare les deux activités de gestion de l'épargne d'une part et de financement de projets d'autre part.

    Dans les deux cas en effet, c'est parce qu'elle parvient à mobiliser une épargne publique que la firme bancaire peut vivre en parallèle des systèmes d'intermédiation de marché (marchés financiers). La banque attire des épargnants pour financer les agents à besoin de financement (ménages, entreprises, administrations) parce que sa gestion du risque de non remboursement est conduite de manière plus efficace que la surveillance par les marchés. Elle peut de ce fait apporter des fonds là où les marchés financiers n'en auraient pas fournis ou en auraient fournis à un coût supérieur pour l'emprunteur.

    Son activité d'intermédiation est donc fondée sur le fait qu'elle propose aux détenteurs de capitaux de transformer à leur profit un placement spécifique (le crédit) en un placement ayant d'autres spécificités (le dépôt bancaire).

    C'est cette transformation qui fait de la banque un intermédiaire financier à part dans l'économie.

    Si on considère l'intermédiation, respectivement du côté des ressources et des emplois, la banque :

    - collecte l'épargne de sa clientèle et/ou émet des titres sur les marchés de capitaux 

    - assure le financement de projets par le biais de l'octroi de crédits ou par l'achat de titres négociables (actions, obligations...).

    Cette activité d'intermédiation produit une marge financière (différence entre coût de revient et prix de vente en quelque sorte). La marge financière provient de la différence entre les produits perçus et le coût des ressources collectées.

    Marge financière = produits perçus sur les emplois - coût des ressources collectées.

    NB : D'autres activités prises en charge par les banques (prestation de service, intermédiation sur les marchés...) génèrent des commissions (et ne sont pas fondées sur la notion de marge).

    En tant qu'usine traitant des matières premières, les usinant pour en faire un produit fini, les contraintes d'exercice de la firme bancaire sont les suivantes :

    1. Du côté des « achats » :

    - réduction du coût d'accès aux ressources ;

    - diversification des sources d'approvisionnement (dépôts collectés, ressources mobilisées sur le marché monétaire, obligataire, ressources propres).

    2. du côté des « produits » :

    - développer le portefeuille des crédits ;

    - développer le portefeuille titres.

    3. du côté de la combinaison des deux :

    - maintien des marges d'intermédiation sur crédits ;

    - hausse des marges d'intermédiation sur titres ;

    - hausse des commissions d'intermédiation de marché et des commissions liées à une prestation de services (paiements par exemple)

    II-2-1-2- La firme bancaire dans son activité de création de monnaie et de

    gestion des mécanismes de paiement

    II-2-1-2-1- La création de monnaie

    Les intermédiaires bancaires créent de la monnaie soit par la vente d'actifs réels, la conversion de devises ou par offre de crédit ex-nihilo. Cette monnaie est dite monnaie scripturale.

    II-2-1-2-2- La gestion des mécanismes de paiement

    Du fait des coûts et des risques liés au transport d'espèces, les intermédiaires bancaires ont mis en place des systèmes de paiement efficaces et qui garantissent la sécurité. On appelle systèmes de paiement, les réseaux qui facilitent le transfert de fonds entre les comptes bancaires des agents économiques.

    II-2-2- La nécessité de l'intermédiation bancaire

    Cette nécessité des intermédiaires bancaires est manifeste dans la mesure où ils permettent la minimisation des coûts de transaction et l'assurance de liquidité d'une part et d'autre part l'activité de production et de gestion de l'information.

    I-2-2-1- La minimisation des coûts de transaction et l'assurance de liquidité

    I-2-2-1-1- La minimisation des coûts de transaction

    Cette minimisation peut être observée tant au niveau des économies d'échelle dont bénéficient les intermédiaires financiers bancaires qu'au niveau de l'activité de diversification des actifs.

    I-2-2-1-1-1-Les économies d'échelle

    Les intermédiaires financiers bancaires bénéficient de rendements croissants dans la technologie de transaction. En effet, si par exemple à chaque transaction financière est associée un frais fixe, les déposants (ou emprunteurs) préféreront en vue de diviser les coûts de transaction, déléguer leurs opérations à un intermédiaire financier bancaire. Egalement, un intermédiaire financier bancaire est beaucoup plus capable d'investir dans des actifs certes illiquides mais plus profitables que ne le feraient les investisseurs individuels. Un autre type d'économie d'échelle c'est que pour des raisons d'indivisibilité, un intermédiaire financier bancaire a plus d'avantage à gérer un portefeuille plus diversifié (et par conséquent moins risqué) que les investisseurs individuels.

    II-2-2-1-1-2-La diversification d'actifs

    Le risque de détention d'un actif unique amène parfois les agents économiques à diversifier leur portefeuille, cependant la raison majeure de la diversification du portefeuille par les intermédiaires financiers bancaires, résulte de la prise en compte des asymétries d'information. En effet, les prêteurs qui ont des doutes sur la crédibilité des emprunteurs, pour ce faire ils confieront cette tâche à l'intermédiaire financier bancaire qui se chargera de gérer les portefeuilles d'actifs.

    II-2-2-1-2-L'assurance de liquidité

    Nous allons présenter succinctement le modèle de Diamond et Dybvig (1983) avant de déterminer l'allocation optimale.

    II-2-2-1-2-1-Le modèle de Diamond et Dybvig (1983)

    Considérons une économie à trois périodes, un bien dans laquelle il y a un continuum d'agents, chacun d'eux doté d'une unité de bien à la date t=0, veut consommer aux dates t=1 et t=2. Ces agents sont identiques ex ante, mais sont victimes de chocs de liquidité distribués indépendamment et identiquement avec une certaine probabilité : , ils expriment le besoin de consommer à la date t=i.

    L'utilité des agents de type i=1(consommateurs impatients) est , alors que celle des agents de type i=2 (consommateurs patients) <1 est un facteur d'actualisation. Ex ante tous les agents on la même utilité :

    Supposons que U est croissante et concave. Il y a une technologie qui permet le transfert d'un bien sans coût d'une date à une autre. Plus important, il y a également une technologie illiquide de long terme (avec des rendements d'échelle constants) : une unité investie à t=0 donne un rendement R>1 en t=2. Le terme « illiquide » reflète le fait que les investissements dans cette technologie de long terme donne un faible rendement L<1 s'ils sont liquidés prématurément en t=1.

    II-2-2-1-2-1 -L'allocation symétrique optimale

    En absence de coopération entre agents, le résultat de leurs investissements ex post est inefficient, ce qui nécessite la présence d'un marché financier pour assurer cette efficience. Cependant, à cause du risque de liquidité qui prévaut sur ce marché, l'allocation est en général non paréto-optimale. C'est ce qui va justifier l'apparition des intermédiaires financiers pour assurer la liquidité aux déposants. Cette assurance de liquidité se manifestera par le fait que les intermédiaires financiers vont proposer aux déposants des dépôts à vue rémunérés d'une part et en plus la possibilité de retirer leurs dépôts à tout moment.

    II-2-2-2-L'activité de production et de gestion de l'information

    Le premier économiste qui mit en évidence les effets des asymétries d'information sur les marchés fut Akerlof (1970). Il a pris l'exemple du marché des voitures d'occasion ou l'asymétrie d'information entre vendeurs et acheteurs est très forte .La conséquence de cette asymétrie sera l'existence de sélection adverse et du hasard moral.

    Le modèle d'Akerlof (1970) a donc permis de développer toute une littérature autour du marché des fonds prêtables .L'existence des asymétries d'information sur ce marché va conduire à l'apparition des intermédiaires financiers.

    Pour Leland et Pyle (1977) c'est l'asymétrie ex ante qui justifie la création des intermédiaires financiers bancaires. Leur modèle est une simple évaluation de la firme, dans lequel l'implication de l'entrepreneur dans son propre projet signale la qualité de la firme ou de son projet. Les entrepreneurs sont mieux informés sur la qualité, la rentabilité anticipée de leurs projets, lesquelles sont ignorées du prêteur. L'idée est que l'implication de l'entrepreneur dans son propre projet s'apparente à une diversification sous optimale de son propre portefeuille, traduit sa confiance et ,dans la mesure ou cette stratégie peut être observée, elle véhicule une information positive sur la valeur de la firme ou de son projet.

    Pour Diamond (1984), c'est l'asymétrie ex post qui justifie la création des intermédiaires financiers bancaires. En effet, dès lors qu'un contrat est signé entre un prêteur et un emprunteur et qu'une asymétrie d'information existe postérieurement à la signature du contrat, un problème de risque moral survient, lié au comportement opportuniste du détenteur de l'information, susceptible d'altérer les relations entre le principal (prêteur) et l'agent (l'emprunteur). Afin d'éviter d'être trompé par l'emprunteur notamment par le biais de mauvais rendement fictif les prêteurs se doivent de surveiller la gestion et le résultat du projet.

    CHAPITRE II : CARACTERISTIQUES PROPRES A LA COTE D'IVOIRE

    Ce chapitre sera subdivisé en deux sections, la première présentera l'intérêt et le cadre de l'étude, puis la seconde présentera la politique de mobilisation de l'épargne financière et celle du financement bancaire en Côte d'Ivoire.

    II-1- Intérêt et cadre de l'étude

    II-1-1- Intérêt de l'étude

    L'essentiel du débat sur le financement des pays en voie de développement durant ces trente dernières années se rapporte essentiellement à la politique de libéralisation financière. Elaborée par Mc Kinnon et Shaw, les fondements théoriques de la libéralisation financière, s'articulent autour de certaines mesures qui ont pour nature de favoriser le libre choix des banques dans la tarification de leurs services d'intermédiation.

    En effet, ces mesures permettent au système bancaire d'évoluer dans un environnement concurrentiel et conduisent les banques à dégager une marge suffisante pour bien remplir leur fonction d'intermédiaires financiers.

    Cependant, les résultats obtenus ont souvent été décevants (Mahar et Williamson, 1998). En outre, le bien fondé de ces recommandations est contesté lorsqu'il est pris en compte la structure des systèmes financiers des PVD (Van winjbergen, 1983) et les imperfections des marchés du crédit liées aux asymétries d'information (Stiglitz, 1994).

    La Côte d'Ivoire étant un pays en développement, l'idée la plus admise est que l'épargne financière nationale (dépôt à vu et à terme) doit participer pour une grande part à la formation du capital productif. Une telle stratégie fondée sur des projets plus diversifiés, plus liés aux besoins immédiats peut, et doit avoir recours prioritairement à des sources de financement internes. La réussite de ce type d'orientation est conditionnée par l'existence d'une épargne financière abondante et un financement bancaire productif, et surtout la formation d'un marché financier jouant un rôle de mobilisation de l'épargne et d'affectation de ressources financières. Il faut également rappeler que la présence d'un environnement socio-politique stable est extrêmement important pour un meilleur développement économique en général et particulièrement pour un développement financier dans la mesure où la confiance et la maîtrise de la qualité du risque sont nécessaires pour les intermédiaires bancaires. En effet, bien que la Côte d'Ivoire ait connu durant ces trois dernières décennies une relative stabilité politique, elle est confrontée depuis 1990 à des crises sociopolitiques récurrentes, qui d'ailleurs se sont soldées par une partition de son territoire depuis Septembre 2002. Les conséquences de cette crise ont été dramatiques pour l'économie ivoirienne en général et particulièrement pour le fonctionnement de son système bancaire.

    Dès lors, au delà du débat sur la politique de libéralisation financière, il serait donc intéressant d'analyser les effets attendus (indirect et direct) d'une telle politique sur l'intermédiation bancaire en Côte d'Ivoire, tout en considérant la fiabilité et la capacité du système d'information des banques à travers l'effet de la dégradation du portefeuille des banques sur le financement bancaire.

    II-1-2- Cadre de l'étude

    Dans cette section, nous ferons un aperçu du système bancaire ivoirien, nous énumérons les mesures de libéralisation financière. En outre, nous montrerons les effets de la crise socio-politique sur le système bancaire et enfin, un bref rappel de la politique de mobilisation de l'épargne financière et du financement bancaire de la Côte d'Ivoire.

    II-1-2-1- Organisation du système bancaire de la Cote d'Ivoire

    Le système bancaire se compose d'une banque centrale (BCEAO), de 22 établissements de crédit, dont 17 banques et 5 établissements financiers. Parmi les banques, l'on observe 11 établissements de crédit à vocation général. Une banque de l'habitat, deux établissements spécialisés dans le financement des PME, ainsi que la Banque Nationale d'Investissement (BNI), ex Caisse Autonome d'Amortissement (CAA), qui assurait la gestion de la dette publique. Les établissements financiers pour leur part se caractérisent par une activité orientée essentiellement vers le crédit-bail mobilier et immobilier. Le secteur bancaire ivoirien est assez concentré, puisque les quatre principaux établissements représentent les trois quarts du total des bilans de la place. Les établissements de crédit de la Côte d'Ivoire représentent 32 % du poids de l'ensemble des bilans bancaires de l'UEMOA, soit une part sensiblement inférieur à celle du PIB ivoirien dans l'économie sous régionale (rapport de la zone franc, 2003).

    II-1-2-2- Les mesures de libéralisation financière (voir annexe 2)

    Face à la crise financière et bancaire que traversaient les pays de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA), les autorités de l'union ont opté pour une politique de libéralisation financière (au sens de Mc Kinnon et Shaw) à la fin des années 80.

    En Côte d'Ivoire, comme d'ailleurs dans toute l'UEMOA , la libéralisation financière a été amorcée en 1989 avec la nouvelle politique de la monnaie et du crédit, et affirmée avec les reformes de 93. La BCEAO (Banque Centrale des Etats de L'Afrique de l'Ouest) a significativement modifié sa politique de taux d'intérêt d'abord avec le remplacement du taux d'escompte préférentiel et du taux d'escompte normal par un taux d'escompte unique (1989) et ensuite la mise en place du taux de prise en pension (un taux intermédiaire entre le taux du marché monétaire et le taux d'escompte, 1993). Par ailleurs le fonctionnement du marché monétaire de l'union a été adapté avec la création d'un marché interbancaire, d'un guichet d'appel d'offres et la fusion des trois compartiments en un seul guichet hebdomadaire (1993). Du point de vue des taux d'intérêt débiteurs ils ont été totalement libéralisés,suite à la suppression des niveaux planchers en 1989 et des niveaux plafonds en 1993, même s'il existe un taux d'usure que les banques sont tenues de ne pas dépasser. En outre, à l'exception de la rémunération minimale pour placement privés de moins d'un an et inférieurs à 5 000 000 de f CFA et le taux fixe pour les placements contractuels, toutes les autres conditions créditrices ont été libéralisées en 1993.Il est tout aussi intéressant de noter que les programmes sectoriels de crédit ont été supprimés en 1989 et l'encadrement du crédit a été remplacé en 1993 par la constitution de réserve obligatoires en règle générale non rémunérées.

    II-1-2-3- La crise socio-politique et le système bancaire ivoirien

    II-1-2-3-1- Un aperçu du système bancaire avant le 19 septembre 2002

    Dans cette sous-section, nous analyserons d'une part l'évolution de l'intermédiation bancaire et d'autre part l'évolution de la marge bancaire sur la période de 1990 à 1999.

    En effet, la libéralisation financière a été amorcée à partir de 1989, ce qui a permis la hausse des dépôts bancaires de 7,55 % en moyenne. De façon spécifique le taux de croissance des dépôts à vue a été plus important que ceux des dépôts à terme. Quant au financement bancaire, on assiste durant cette période à une hausse du taux des crédits de long et moyen terme relativement à celui de court terme. De -1,22% avant la période, il est passé à 3,32 %.

    L'évolution de la marge bancaire durant la période de 1990 à 1999, prend en compte les différentes caractéristiques principales de sa composition. Il faut préciser entre autre que grâce au processus de libéralisation financière, la majorité des banques du système ont vu la hausse de leur marge d'intermédiation.

    En effet, il apparaît que les produits des créances bancaires sont relativement supérieurs aux charges des dépôts effectués par la clientèle. En moyenne, le produit des créances bancaires s'est fixé à 130,2 milliards de FCFA contre 24,3 milliards de FCFA  pour les charges sur prestations de services. (Voir tableau 1).

    Tableau 1 : Les composantes des différentes mesures de la marge d'intermédiation des

    banques et établissements financiers (1990-1999)

     

    Taux de croissance

    Moyenne simple en milliard de FCFA

    Produits des créances sur la clientèle

    2,5

    130,2

    Créances sur la clientèle

    2,7

    1317,5

    Charges des dépôts de la clientèle

    -1,0

    34,7

    Dépôts de la clientèle

    7,6

    1001,7

    Produits sur prestations de services

    1,7

    18,4

    Charges sur prestations de services

    24,3

    1,6

    Actif (bilan)

    1,9

    1898,4

     

    Source : Rapport annuel de la commission bancaire, Note d'Information Statistique de la BCEAO

    La marge d'intermédiation bancaire se subdivise en deux éléments. D'une part la marge nette d'intermédiation bancaire et d'autre part, la marge nette d'intermédiation élargie. Durant cette période le taux de croissance annuel de la marge nette d'intermédiation a été de 3,44%. (Voir tableau 2)

    Tableau 2 : Marges d'intermédiation bancaire dans l'UEMOA, de 1990- 1999

     

    Taux de croissance

    Moyenne simple en pourcentage

    Marge nette d'intermédiation

    3,44

    6,04

    Marge nette d'intermédiation élargie

    2,75

    7,31

     

    Source : Rapport annuel de la commission bancaire, Note d'Information Statistique de la BCEAO.

    II-1-2-3-2- L'impact de la crise socio-politique sur le système bancaire

    La crise socio-politique, il faut le rappeler a un impact extrêmement négatif sur le système bancaire ivoirien. En effet depuis 2002, date du déclenchement total et ouverte de la crise, la croissance des crédits à la clientèle a été interrompue et a reculé de 10 %. Le recul des concours à l'économie a touché aussi bien les crédits à court terme (71 % des encours de crédits) que les crédits à moyen et long terme. Cette tendance résulte du recul de la demande globale de crédit et de la fermeture des agences bancaires situées dans la zone de conflit. Les crédits de campagne ont connu également une forte baisse (-150 %). La qualité des risques a continué de se dégrader. Les créances en souffrance brutes se sont en effet alourdies(+ 20 %) et leur taux , rapporté à l'ensemble du porte feuille de clientèle, net de provisions, a continué de progresser (10% fin 2003, contre 3,1% fin 2000).

    L'alourdissement des provisions pour risque et la baisse des produits sur opérations de clientèle, a fait reculé le résultat net de l'ensemble du système bancaire ivoirien. Avec un bénéfice net de 8,9 milliards de frs. CFA en 2002, elle affiche en 2003 un bénéfice net de 6,7 milliards de frs CFA. Dans un contexte général de dégradation de la qualité des risques, l'instabilité et l'insécurité grandissante, les établissements bancaires ont accéléré la restructuration du tissu bancaire ivoirien. L'implantation des agences a été revue, même dans les zones épargnées par le conflit, réduction des effectifs...La SGBCI et la BICICI ont ainsi fermé environ un tiers de leurs agences et réduit leurs effectifs dans des proportions comparables (rapport de la zone franc, 2003).

    II-2- Politique de mobilisation de l'épargne financière et de financement

    bancaire de la Côte d'Ivoire

    II-2-1- La politique de mobilisation de l'épargne financière

    La politique de mobilisation de l'épargne financière s'est basée essentiellement sur la politique de prix des matières premières agricoles, la politique de revenu d'une part et d'autre part sur le mode de fonctionnement du système financier.

    II-2-1-1- La politique de prix et la politique de revenu

    En effet, le monopole autrefois détenu par la caisse de stabilisation des prix des produits agricoles a permis à l'Etat de Côte d'Ivoire de mobiliser des ressources financières excédentaires, générées par cette structure. L'agriculture étant la source principale du revenu national, les autorités ivoiriennes ont observé étroitement l'évolution du prix des produits agricoles. D'une amélioration des cours, se dégage une ponction sur la valeur ajoutée qui constitue pour l'Etat une épargne financière.

    La politique de revenu élaborée par la Côte d'Ivoire favorise la constitution d'une épargne obligatoire des ménages. Ces derniers se doivent d'épargner des ressources financières dans le cadre du système de protection sociale (retraite, assurances ...). L'excédent de ces ressources a servi à la constitution d'épargne par les autorités. De telles politiques ont été conduites à cause de la faiblesse de l'épargne intérieure. Les taux d'intérêt débiteurs et créditeurs étant faible, incitent les ménages à écarter toute réalisation d'épargne financière.

    II-2-1-2- Le mode de fonctionnement du système financier ivoirien

    Le système financier ivoirien comme d'ailleurs, la majorité des systèmes financiers des PVD, est caractérisé par le dualisme.

    En présence du système financier formel, il faut noter le développement du système financier informel. L'Etat de Côte d'Ivoire, pour mobiliser les ressources financières, a institué la modernisation et le développement de ce secteur. Dès lors, l'on a assisté à la création des structures de microfinance. Ces structures reparties sur l'ensemble du territoire permettent aux ménages relativement pauvres de constituer une épargne financière.

    En effet, les coopératives d'épargnes et de crédit, et les caisses rurales d'épargne constituent l'essentiel de ces structures décentralisées. Ce circuit financier s'est développé à partir de 1976. Les COOPEC sont localisées dans les villes comme le sont les banques alors que les CREP sont localisées dans le monde rural. Ce réseau a connu trois grandes phases dans son évolution :

    - une phase de croissance (1976-1985) avec la création de 75 caisses ;

    - une phase de stagnation (1985-1993) caractérisé par un assainissement dans la distribution du crédit ;

    - et une phase de forte croissance à partir de 1994.

    II-2-2-La politique de financement bancaire

    Cette politique, depuis 1962, a évolué sur deux périodes. Celle qui a été conduite de 1962 à 1989 et celle de la mise en application de la reforme de la politique financière dans l'UEMOA depuis 1989.

    II-2-2-1- La politique de financement bancaire de 1962 à 1989

    Sur la première période la politique de réescompte et la politique sélective de crédit furent les instruments de contrôle qualitatif de crédit. En effet, par le réescompte les banques empruntent directement de la liquidité  auprès de la banque centrale par le biais des titres privés qu'elles disposent en porte-feuille. Cet emprunt est assorti par un taux d'intérêt appelé taux de réescompte. Ce taux qui est à la fois le taux de refinancement et le taux directeur du crédit, protège et garanti les banques contre les fluctuations de la valeur de leurs titres et leurs assure un profit connu d'avance. Par le contrôle de ce taux, la BCEAO dirige la politique de refinancement monétaire des banques de second rang.

    Après une décennie de fonctionnement, il est apparu que cet instrument en vigueur depuis 1962, ne pouvait plus assurer le contrôle qualitatif du crédit. En fait, la conjugaison du maintient des taux d'intérêt bas et des mutations du système monétaire international du début des années 70 ont conduit à une profonde adaptation des instruments de politique monétaire et des règles d'intervention de la banque centrale.

    Dès lors, en remplacement de la politique de réescompte, il sera institué à partir de 1975, la politique sélective de crédit. Elle a pour caractéristique principale, l'obligation des banques et des établissements financiers à respecter les coefficients maxima ou les quotas dans la répartition du crédit aux différents secteurs d'activité de l'économie. L'objectif principal est d'éviter que certains secteurs ne trouvent pas de financement nécessaire à leur développement alors que d'autres non prioritaires, disposent d'encours trop abondants alors qu'ils ne présentent pas une solvabilité plus assurée. L'objectif est donc pour les autorités ivoiriennes de développer de façon significative le tissu industriel ivoirien.

    II-2-2-2- La reforme de la politique de financement bancaire

    Sur la seconde période, notamment de 1989 à nos jours, la politique de financement est celle de la reforme, initiée par les autorités de la BCEAO. La mise en oeuvre de cette politique s'est faite de manière graduelle. Tout d'abord d'Octobre 89 à Septembre 93, puis de Septembre 93 à nos jours.

    En effet, d'octobre 89 à Septembre 93, les autorités monétaires de l'UEMOA cherchent à assurer un meilleur contrôle de la liquidité et la mobilisation des dépôts à terme. En outre, la surveillance de la qualité du crédit devient une préoccupation majeure. Il sera donc mis en place à partir de 1990, la commission bancaire de l'UEMOA, chargée de contrôler le système bancaire. L'objectif des autorités sera donc d'abandonner la politique dirigiste de financement et surtout d'accorder la liberté aux banques en matière d'octroi de crédits.

    A partir de 1993, les autorités de la BCEAO, vont adopter un nouveau dispositif de gestion monétaire et plus particulièrement du crédit. La politique va dès lors se focaliser essentiellement sur l'utilisation des instruments tels que le système de réserves obligatoires, le marché monétaire, la titrisation des encours consolidés, et de nouvelles dispositions pour le financement de la campagne agricole.

    III. DEUXIEME PARTIE

    Dans cette partie, le modèle utilisé sera l'objet d'une analyse qui consistera essentiellement à présenter les variables et la méthode statique utilisée, d'une part, et l'interprétation des résultats de l'estimation, d'autre part.

    CHAPITRE III : ANALYSE DU MODELE

    Dans ce chapitre, nous présenterons les variables et la spécification du modèle économétrique, puis la méthode d'analyse.

    III-1- Les variables, leurs définitions opérationnelles et

    la spécification du modèle

    III-1-1-Les variables et leurs définitions opérationnelles

    Défini comme la diminution du coût de conversion d'un actif non liquide en un actif liquide (Baptiste Venet, 2000), le développement financier améliore la croissance de long terme de l'économie grâce à l'augmentation de la productivité marginale de l'investissement qu'il génère. .Du point de vu du développement financier (DF), nous étudierons l'évolution de l'épargne et du financement bancaire de l'économie.

    Nous croyons que leurs choix tiennent au fait que ces indicateurs contiennent les informations suffisantes à l'appréciation du développement financier dans les PVD en général, et particulièrement en Côte d'Ivoire.

    III-1-1-1- Présentation des variables expliquées

    Selon Demetriades et Luintel (1997), Demetriades et Hussein (1996a) nous utiliserons le ratio Dépôt bancaire (dépôt à vu et à terme) sur le produit intérieur brut, pour analyser l'évolution de la mobilisation de l'épargne. Ce ratio noté LDBP, nous permettra d'observer la capacité des banques à mobiliser les dépôts dans un environnement financier segmenté.

    L'indicateur du financement de l'économie a été choisi parmi les mesures standard proposées par King et Levine (1993). Il se rapporte essentiellement au financement bancaire. Cet indicateur noté LFBP englobe le financement du secteur privé et le financement du secteur public. LFBP représente la somme des créances fournie par le système bancaire à l'économie, le tout rapporté au PIB.

    III- 1-1-2- Présentation des variables de contrôle

    Les variables de contrôle que nous utiliserons sont une mesure du développement économique, les taux d'intérêt, l'indicateur de l'option de politique financière, un indicateur qui mesure la dégradation du portefeuille bancaire, un indicateur d'instabilité sociopolitique et en fin, un indicateur d'effet d'encaisse réelle.

    La mesure du développement économique retenue ici est le produit intérieur brut réel par habitant, noté LPRH. Cet indicateur montre de façon générale l'évolution du revenu des populations et leur capacité à accéder au bien être. Cet indicateur montre donc le rôle du revenu dans la décision d'épargner. Le signe attendu du coefficient est positif.

    Quant aux taux d'intérêt, le taux créditeur réel (TCRE) a été retenu pour l'analyse de l'évolution des dépôts bancaires. Le taux d'intérêt constitue le principal déterminant de l'épargne chez les classiques (Tchétché, 1995). Dans cette optique, le taux d'intérêt apparaît comme la rémunération du transfert temporaire du pouvoir d'achat. L'agent économique qui réalise une épargne à la période t se prive de la consommation présente.

    La libéralisation financière permet d'augmenter le taux d'intérêt en terme réel, ce qui est susceptible d'encourager l'épargne si l'effet substitution domine l'effet revenu. Le signe attendu du coefficient est positif. Concernant la rémunération des créances bancaires le taux débiteur réel (TDRE) est le mieux indiqué. Nous n'avons pas préféré le taux du marché monétaire parce que selon Diop (1998), ce dernier n'exerce pas d'effet statiquement significatif à long terme sur les taux d'intérêt débiteur de l'UEMOA. Pour transformer les taux d'intérêts nominaux en taux réels, nous avons utilisé la formule suivante : , avec î le taux d'intérêt réel.

    Nous avons alors î= {TCRE ; TDRE} avec i le taux d'intérêt nominal, ð le taux d'inflation.

    Le choix des taux d'intérêt met en évidence l'impact indirect de la libéralisation financière sur l'intermédiation bancaire.

    Analysé sous l'angle de la politique financière contrainte, l'indice de politique financière (IPF) mesurant l'impact direct de libéralisation financière sur le développement financier peut être considéré comme un indicateur de l'efficacité des banques dans leur rôle d'intermédiaire. Cet indicateur tente aussi de quantifier le niveau de l'ensemble des mesures directes de politique financière libérale mises en place par des autorités monétaires. En effet, suivant Courakis (1984), Demetriades et Luintel (1996) montrent que les banques en position de monopole et soumises par exemple à un taux d'intérêt créditeur fixe sont contraintes de s'y prendre autrement pour accroître leurs fonds prêtables (ouverture de nouvelles agences, publicité etc.). King et Levine (1993 b) présentent un impact direct négatif en montrant que les impôts sur les services financiers affectent les innovations financières proposées par Pagano (1993). Bandiera et al (2000), analysant l'impact de la libéralisation financière sur l'épargne dans huit pays en développement, trouvent que la libéralisation financière a eu un impact direct positif.

    En effet, la libéralisation financière a pour but de développer et d'approfondir le système financier par rapport à la situation de répression financière où le système financier est administré. Le développement financier et l'approfondissement financier (output) peuvent être considérés comme le résultat des politiques de libéralisation financière (input).

    En ce qui concerne la Côte d'Ivoire l'indicateur de l'option de politique financière noté IPF, est construit également suivant la méthodologie proposée par Demetriades et Luintel (1997). Cette méthode consiste à élaborer un indicateur d'orientation de la politique financière en utilisant la technique de l'Analyse en Composante Principale (ACP) (voir le chapitre II). Selon la méthode de codification binaire, onze mesures qualitatives (voir annexe II) de politique financière ont été transformées en variables quantitatives. Dès lors, pour chaque mesure de politique financière, on affecte la valeur 1 lorsque l'administration par les autorités monétaires de la variable est effective, et 0 lorsque la mesure est libéralisée (voir annexe 2). Par exemple, concernant les taux d'intérêt créditeur, on attribue la valeur 1 à la période durant laquelle il y'a eu des taux planchers et 0 lorsque la rémunération de l'épargne n'est plus soumise à la mesure. Une évolution ascendante indique une répression financière et le cas échéant, une libéralisation financière.

    Graphique 1 : l'évolution de l'indice de politique financière

    Source : nos calculs

    En générale, le risque d'instabilité sociopolitique, est contenu dans le calcul de l'ICRG (International Country Risque Guide). En effet, l'ICRG est un indice synthétique de plusieurs types de risque. Cet indice met en évidence la capacité et la volonté des pays à honorer leurs obligations financières, et surtout donne une idée du risque attaché aux investissements et aux financements bancaires. Nous croyons que le système bancaire considère l'évolution de cet indicateur, qui d'ailleurs s'est dégradé ces dernières années.

    Pour des raisons simplificatrices et en absence d'une longue série de l'ICRG pour la Côte d'Ivoire, nous construisons un indice de risque d'instabilité sociopolitique. Nous avons donné la valeur « 0 » aux années de stabilité sociopolitique et la valeur « 1 » aux années d'instabilité sociopolitique. La valeur « 2 » a été donnée aux années de grande instabilité sociopolitique. En effet, la valeur « 0 » a été affectée à la période 1970-1989. Avec l'avènement du multipartisme en 1990, la société ivoirienne a amorcé une phase d'instabilité sociopolitique récurrente. La valeur « 1 » a donc été affectée à la période 1990-1999. La valeur « 2 », par contre a été affectée à la période 2000-2003, compte tenu des différentes manifestations sociopolitiques violentes et surtout de la partition du territoire ivoirien. D'après cette construction, le signe du coefficient devrait être négatif.

    Nous retenons l'inflation comme variable. Le taux d'inflation ( Ð) est mesuré par l'indice de prix à la consommation. Il agit sur l'épargne, à travers l'effet d'encaisse réel, qui s'exprime par le comportement des individus qui cherchent à compenser l'érosion de leur patrimoine lorsque l'inflation s'accélère. En effet, pour les économistes classiques, il existe un comportement de reconstitution des encaisses réelles qui inciteraient les ménages à préserver le pouvoir d'achat de leurs économies et donc à épargner davantage dans un contexte inflationniste. Pour d'autres (les keynésiens), ce même contexte les inciterait à la consommation, soit qu'ils anticipent des hausses de prix de plus en plus fortes, soit qu'ils considèrent inutile de conserver par devers eux des liquidités qui se déprécient.

    Le taux d'inflation a été approximé par le taux d'inflation actuel pour la simple raison que la Côte d'Ivoire appartient à la zone UEMOA, zone de faible inflation (Eboue, 99). Dès lors, nous considérons à ce titre les anticipations d'inflation comme statique.

    L'indicateur retenu pour mesurer la qualité des crédits est le taux brut de dégradation du portefeuille des banques. Il est défini comme le rapport entre les créances irrécouvrables bancaires et le total des crédits bancaires. Les créances irrécouvrables sont la somme des crédits impayés et immobilisés (c'est-à-dire dont au moins une échéance est impayée depuis moins de 6 mois), des crédits douteux et litigieux (c'est-à-dire dont au moins une échéance est impayée depuis plus de 6 mois). Cet indicateur de risque traduit la probabilité moyenne de défaut des clients bancaires. Nous l'utilisons comme une variable Proxy pour mesurer la capacité et la fiabilité du système d'information des banques. Il faut souligner que la question des créances irrécouvrables a fait l'objet de nombreuses analyses, notamment sous l'égide de la BM, surtout lorsque leur niveau a atteint dans plusieurs pays en développement, un stade proprement alarmant, pour reprendre les propos de Fry (1995). Amable et Châtelain (1995) montrent que l'efficacité de l'intermédiation bancaire dépend entre autres, de l'aversion pour le risque des ménages, des coûts de fonctionnements liés au contrôle du système financier, des coûts liés aux problèmes d'agence et des inerties liées à l'imperfection du marché du crédit. Par ailleurs les créances bancaires irrécouvrables constituent la problématique centrale de l'étude de Keeton (1999), qui porte sur les Etats-Unis. Toutefois, l'optique prise limite l'analyse aux rapports entre, d'une part, l'accélération du rythme des crédits bancaires aux entreprises commerciales et industrielles, et, d'autre part, le taux d'accumulation des pertes sur ces créances. L'auteur montre que cette relation est positive si seulement si la source d'une croissance rapide des prêts bancaires est un mouvement de la courbe d'offre de crédits. Il faut toute fois noter qu'un niveau élevé du taux de dégradation du portefeuille des banques dans un système bancaire peut être un signe de la fiabilité douteuse du système d'information. Dans le cas de la Côte d'Ivoire, nous mettons en évidence la fiabilité et la capacité du système d'information des banques à travers l'impact du taux brut de dégradation du portefeuille des banques sur le financement bancaire.

    Graphique II : évolution du taux de dégradation du portefeuille des banques

    Source : nos calculs

    III-1-2- La spécification du modèle économétrique.

    Nous présenterons d'abord le modèle puis la méthode d'analyse.

    III-1-2-1- Présentation du modèle

    Le modèle économétrique général utilisé dans le schéma présenté par Demetriades et Luintel (1996), Arestis et Demetriades (1997) est le suivant :

    Avec DF, un indicateur de développement financier;

    DE, un indicateur de développement économique;

    TI, les taux d'intérêt;

    IPF, l'indicateur de politique financière ;

    Ut, le terme de l'erreur.

    Le L placé devant les variables traduit l'utilisation du logarithme népérien.

    Le point commun des thèses sur la théorie de la libéralisation financière est le fait de prendre en compte les caractéristiques de chaque économie et la structure des systèmes financiers dans la formulation des politiques financières. Compte tenue de nos hypothèses et de la définition opérationnelle de notre spécification en nous appuyant sur celui de Bandiera et alii (2000). Nous avons donc deux équations :

    -D'une part, celle qui met en évidence l'impact indirect de la libéralisation

    financière sur la mobilisation des dépôts bancaires ou l'épargne

    financière ;

    Avec LDPB, le logarithme du ratio Dépôt bancaire (dépôt à vu et à terme) sur le produit intérieur brut ;

    LPRH, le log du produit intérieur brut réel par habitant ;

    TCRE, le taux d'intérêt créditeur réel ;

    IPF, le log de l'indicateur de politique financière ;

    Ð, le taux d'inflation ;

    -D'autre part, celle qui met en évidence l'impact direct de la libéralisation financière sur le financement bancaire de l'économie et qui met en évidence l'impact de la dégradation du portefeuille des banques sur le financement bancaire.

    Avec LFBP, le log de l'indicateur de développement financier relatif au financement bancaire :

    LPRH : le log du produit intérieur brut réel par habitant :

    TDRE, le taux débiteur réel bancaire ;

    LCRI, le log de l'indicateur de dégradation du portefeuille bancaire ;

    IPF, le log de l'indicateur de politique financière ;

    LINSTA, le log de l'indicateur d'instabilité socio-politique ;

    Ut, le terme de l'erreur.

    III-2- La méthode d'analyse

    La méthode d'estimation économétrique est celle des MCO (Moindres Carrés Ordinaires).Notre échantillon se portera sur des séries statistiques qui recouvrent 33 années (1970-2003). La collecte des données s'est faite auprès des institutions telles que la BCEAO, l'INS (Institut National de la Statistique), la commission bancaire de l'UEMOA. Pour l'application de la régression, nous utiliserons Eviews 4.1 qui est un logiciel disponible à cet effet. L'estimation de telles équations par les MCO, nécessite l'application de certains tests.

    III-2-1- Présentation des tests économétriques

    Dans cette section, nous analyserons les différents tests économétriques qui nous permettrons d'effectuer une bonne estimation de nos différents coefficients.

    III-2-1-1- Multicolinéarité et ordre d'intégration des variables.

    Il s'agira ici de faire le test de multicolinéarité, puis celui de racine unitaire.

    III-2-1-1-1-Test de multicolinéarité

    Le test de multicolinéarité entre les variables explicatives des modèles vise à faire une meilleure sélection des variables. En effet l'existence d'une multicolinéarité entre les variables peut avoir trois principales conséquences (bourbonnais, 1998) :

    - une augmentation de la variance estimée de certains coefficients.

    - Une instabilité des estimateurs des coefficients des moindres carrés, dans la mesure ou de faibles fluctuations concernant les données entraînerait de fortes variations des valeurs estimées des coefficients.

    - Une singularité de la matrice (X'X) des variables explicatives en cas de multicolinéarité parfaite. L'estimation des coefficients estimés est alors impossible, et leurs variances sont infinies.

    Pour la détection d'une éventuelle multicolinéarité, nous utiliserons le test de Klein (1962). Ce test consiste à comparer les coefficients de détermination y de chaque équation de long terme estimée aux coefficients de corrélation simple (Xi ;Xj) des variables explicatives. Si (Xi ;Xj) alors on conclut qu'il n'y a pas de présomption de multicolinéarité (Y étant la variable dépendante et Xi, Xj les variables explicatives).

    III-2-1-1-2- L'ordre d'intégration des variables

    III-2-1-1-2-1- Analyse de la stationnarité

    Le test de ADF (Augmented Dickey-Fuller) est le plus souvent celui qui est utilisé pour l'analyse de la stationnarioté des variables. Selon plusieurs auteurs (Engle et Granger ,1987) ; Engle et Yoo (1987)), pour faire le test ADF, il faut considérer individuellement chaque variable en faisant une régression de cette variable par rapport à ses valeurs retardées. Ainsi, par exemple si Xt est une variable, on fait la régression suivante :

    Le test ADF consiste à vérifier l'hypothèse nulle Ho selon laquelle b1= 0 contre l'hypothèse alternative H1 : b1> 1 (absence de racine unitaire). D'après Engle et Yoo (1987), cette hypothèse nulle est rejetée si la pseudo statistique t résultant de l'équation nulle est inférieure à la valeur absolue de la valeur critique. Autrement dit,

    - si la valeur de l'ADF test statistique est supérieure à la valeur critique au seuil á choisi, on accepte H0 c'est-à-dire que la série admet une racine unitaire. Ceci équivaut à dire que la série n'est pas stationnaire ;

    - si la valeur de l'ADF test statistique est inférieure à la valeur critique au seuil á choisit, on rejette H0, c'est-à-dire que la série n'admet pas une racine unitaire. Ceci veut dire que la série est stationnaire.

    b- Analyse de la cointégration

    La cointégration permet de vérifier l'existence d'une relation de long terme entre les variables du modèle. Deux méthodes sont utilisées, à titre comparatif, pour tester la cointégration des variables, notamment celle de Engle et Granger (1987) et celle de Johansen (1988). Dans notre étude nous utiliserons celle de Johansen (1988)

    La méthode de Johansen

    Le test de cointégration développé par Johansen (1988) et appliqué par Johansen et Juliesus (1990) utilise la méthode du maximum de vraisemblance pour déterminer la présence de vecteurs cointégrants dans les séries stationnaires. La méthode de Johansen établit les séries non stationnaires comme un vecteur autorégressif (VAR) :

    ÄXt = c+ Ói ÄXt-i + Ët-1 + ït

    Ou est un vecteur de variable non stationnaires (en niveau) et c le terme de la constante. La matrice d'information entre les variables Ë est décomposée de sorte que Ë = á â', á étant la matrice des coefficients d'ajustement et â la matrice des vecteurs cointégrants. La constance est introduite pour capturer les caractéristiques de tendances des séries testées.

    Cette méthode permet de détecter le nombre de vecteurs cointégrant et de tester leur significativité. L'existence d'un ou de plusieurs vecteurs significatifs indique alors la présence d'une relation stable de long terme.

    III-2-2- Les tests de validation du modèle

    Cette série de tests comprend les tests de normalité, d'hétéroscédasticité, d'autocorrélation des erreurs.

    III-2-2-1- Test de normalité

    Le fait de savoir si les erreurs de notre modèle suivent une loi normale se vérifie par le test de Jarque- Bera (J-B). La statistique J-B suit, sous l'hypothèse de normalité, une loi du Khi- Deux à deux degré de liberté. Ainsi, on accepte, au seuil de 5 % l'hypothèse de normalité si J-B < 5,99 ou si Probabilité > 0,05.

    III-2-2-2-Test d'hétéroscédasticité

    En présence d'autocorrélation, l'estimateur des MCO est sans biais, mais n'est plus à variance minimale. A ce niveau, c'est le test de White qui a été effectué sur notre modèle. Il ressort de ce test qu'il n'existe pas de problème d'heteroscedasticité puisqu'il suffit que Probabilité soit supérieur à 5 %.

    III-2-2-3-Test d'autocorrélation

    En présence d'autocorrélation, les conséquences sont les mêmes puisque lorsque le modèle est hétéroscédastique, les MCO sont sans biais mais pas à variance minimale. Ici, on adopte le test de Durbin-Watson. Celui-ci nous indique qu'il existe une autocorrélation des erreurs.

    Pour corriger l'autocorrélation, on utilise la méthode de Cochrane Orcutt

    CHAPITRE IV : RESULTATS ET INTERPRETATIONS

    Dans ce chapitre, nous procéderons d'abord à l'analyse des résultats économétriques puis à leurs interprétations.

    IV-1- Analyse des résultats économétriques

    Dans cette section, nous exposerons les résultats des différents tests économétriques au niveau de l'évolution des dépôts bancaires d'une part, et nous procéderons, d'autre part, à la présentation des résultats de l'évolution du financement bancaire.

    IV-1-1-Au niveau de la mobilisation des dépôts bancaires

    Le résultat du test de présomption de multicolinéarité nous a permit de constater qu'il n'existe aucune corrélation entre les variables explicatives du modèle. En effet (Xi ;Xj).

    Dans le cadre de notre étude, nous avons utilisé le test de stationnarité ADF. Les résultats des tests effectués sur EVIEWS 4.1 pour toutes les variables, sont donnés dans le tableau ci-dessous. Les décisions sont prises à 5 %.

    Tableau3 : Resultats des tests ADF

    Variables

    Stationnarité en niveau

    Stationnarité en différence première

    Conclusion générale

    ADF

    Valeurs critiques à 5 %

    Stationnarité

    ADF

    Valeurs critiques

    Stationnarité

    DBP

    0,14

    -1,95

    Non

    -4,67

    -1,95

    Oui

    I (1)

    PRH

    -0,88

    -1,95

    Non

    -5,07

    -1,95

    Oui

    I (1)

    IPF

    -1,02

    -1,95

    Non

    -3,007

    -1,95

    Oui

    I (1)

    INFL

    -2,22

    -1,95

    Oui

    -

    -1,95

    -

    I(0)

    TCRE

    -3,15

    -1,95

    Oui

    -

    -1,95

    -

    I(0)

    Source : nos calculs

    Il ressort du tableau que les variables dépôt bancaire sur pib (dbp), produit intérieur brut réel par habitant (prh) et l'indicateur de politique financière (ipf) sont I(1), c'est-à-dire intégré d'ordre 1, donc stationnaire en différence première, par contre l'inflation (infl) et le taux créditeur réel (tcre), sont I(0), donc stationnaire à niveau.

    Le fait que ces variables soient non stationnaires, il existe un risque de cointégration entre elles. En effet, l'existence d'une cointégration peut être à l'origine du caractère non stationnaire observé sur les séries.

    Seule la mise en oeuvre du test de cointégration peut nous renseigner sur l'existence ou non d'une relation de cointégration entre les séries.

    Dire que les variables sont cointégrées signifie que le mécanisme de transmission entre les variables explicatives et la variable à expliquer est stable et plus prévisible au cours du temps. Cependant des chocs peuvent conduire ces variables à s'écarter de leur tendance commune. Ce qui très souvent aboutit à de mauvaise prévision. Le théorème de représentation de Granger préconise l'utilisation d'un modèle à correction de déséquilibre pour la prévision dans le cas où les variables sont cointégrées. Ce théorème établit que tout système cointégré admet une représentation ECM (Modèle à Correction d'Erreur). Relativement à la méthode de Engle et Granger (1987) qui est en deux étapes, nous utiliserons celle de Johannsen (1988), qui est en une étape, pour effectuer le test de cointégration.

    La procédure du test de Johansen nous donne deux statistiques qui sont comparées aux valeurs critiques. Eviews 4.1 nous donne les statistiques et les valeurs critiques. Les résultats sont consignés dans le tableau ci-dessous.

    Tableau 4 : Résultats du test de Johansen

    Trace test

    Hypothèses

    Statistique

    Valeur critique

    contre

    11,68

    24,31

    Source : nos calculs

    Le test de Johansen est effectué sur les séries intégrées de même ordre I (1) : il s'agit des variables DBP, PRH, IPF. Comme le suggère Johansen, le test se fait de façon séquentielle. Ici, seule la première étape est présenté dans le tableau, car l'hypothèse Ho du rejet de l'existence de cointégration entre les variables est retenue. En effet, cette hypothèse est retenue car les statistiques sont inférieures aux valeurs critiques. Cette hypothèse étant retenue, le test s'arrête là et on conclut à l'inexistence de cointégration entre les variables. Les statistiques sont obtenues avec un modèle VAR et constante (voir annexeIII)

    Dans ce cas c'est l'approche classique qui est utilisée pour l'estimation du modèle. Le modèle estimé comporte des variables retardées qui améliorent le pouvoir explicatif.

    Le test nous indique qu'il n'existe pas de relation de long terme, nous avons donc utilisé une régression standard en différentiant les séries non stationnaires en niveau.

    Dès lors l'équation estimée nous donne les résultats suivants :

    Avec = 0,60 ; ajusté = 0,40 DW=2,039 F-stat = 3,027

    Prob(F-stat) =0,021 N=34

    variables

    paramètres

    Tcalculé

    P-value

    interprétation

    C

    LPRH

    TCRE

    LIPF

    LPRHt-1

    LIPFt-1

    0,181

    0,002

    -2,075

    0,107

    -2,348

    0,208

    -0,060

    4,229

    0,0027

    -3,845

    2,106

    -3,926

    4,202

    -1,871

    0,0005

    0,978

    0,0012

    0,0494

    0,0010

    0,0005

    0,07

    Significatif

    Non significatif

    Significatif

    Significatif

    Significatif

    Significatif

    Significatif

    Tableau 5 : résultat de l'estimation

    Source : nos calculs

    Lede notre estimation est de 0,60 ; ceci traduit que 60 % de la variation des dépôts bancaires est imputable aux variables exogènes. Par contre, il faut noter que le modèle contient assez d'insuffisance, ce qui se traduit par leajusté qui montre que seulement 40 % de la variation des dépôts bancaires est imputable aux variables exogènes. Les P-value sont les probabilités critiques. Les coefficients dont les P-value sont inférieures à 5 % (0,05) et10 % (0,10) sont significatifs. Les T-calculés sont les statistiques de Student et la valeur critique du T de Student ou T lu est 1,96.

    Après cette estimation, nous avons procédé aux tests de validation du modèle estimé. Les résultats de ces tests sont présentés en annexes de ce document.

    Pour le test de Durbin-Watson, les conditions de son utilisation sont vérifiées. Par contre, la statistique de Durbin-Watson exhibait une possibilité d'autocorrélation d'ordre 3. La méthode de correction proposée par le logiciel consiste à introduire dans l'équation à estimer AR (1), AR (2) et AR (3), dont les coefficients sont respectivement -1,04 , -0,99 , -0,61. Après avoir appliqué cette méthode, la statistique obtenue est de 2,03. Cette valeur permet de conclure la résolution du problème d'autocorrection survenue ci avant.

    Le test de White donne une P-value qui est égale à 0,74. Cette valeur est supérieure à 0,05. On conclut qu'à 5 %, les résidus sont homoscédastiques.

    Le test de normalité des résidus de Jarque-Béra effectué montre la normalité des résidus au seuil de 5 %. En effet, la valeur de Jarque-Bera, JB= 3,36. Elle est inférieure à 5,99, la valeur limite. On accepte que les résidus puissent s'ajuster suivant une distribution normale.

    En somme, les erreurs sont non corrélées, normales et homoscédastiques. Donc les estimateurs par les moindres carrés ordinaires sont BLUE. Par ailleurs les tests de Cusum montrent que le modèle est structurellement stable. Car la courbe représentant les coefficients ne coupe pas le corridor, et le corrélogramme en annexe montre que les résidus ne sont pas autocorrélés.

    IV-1-2- Au niveau de l'évolution du financement bancaire

    Le résultat du test de présomption de multicolinéarité nous a permit de constater qu'il n'existe aucune corrélation entre les variables explicatives du modèle. En effet (Xi ;Xj).

    Au niveau du financement bancaire, le test de stationnarité utilisé est également celui du test ADF. Les résultats du test sont donnés dans le tableau suivant et les décisions sont prises à 5 %. Il faut rappeler que certaines variables telles que le PRH, l'IPF, avaient déjà subit le test.

    Tableau 6 : Résultat des tests ADF

    Variables

    Stationnarité en niveau

    Stationnarité en différence première

    Conclusion générale

    ADF

    Valeurs critiques à 5 %

    Stationnarité

    ADF

    Valeurs critiques

    Stationnarité

    FBP

    -0,25

    -1,95

    Non

    -4,35

    -1,95

    Oui

    I (1)

    CRI

    -0,85

    -1,95

    Non

    -5,86

    -1,95

    Oui

    I (1)

    INSTA

    -0,86

    -1,95

    Non

    -5,56

    -1,95

    Oui

    I (1)

    TDRE

    -3,13

    -1,95

    Oui

    -

    -1,95

    -

    I (0)

    Source : nos calculs

    Les résultats nous révèlent que le financement bancaire à l'économie sur pib (fbp), le taux brut de dégradation du porte feuille-bancaire (cri) et l'indicateur de risque d'instabilité sociopolitique sont I(1), donc stationnaire en différence première. Quant au taux débiteur réel bancaire, il est I(0), stationnaire à niveau.

    Comme nous l'avions déjà signalé plus haut, l'existence de variables non stationnaires suppose une présomption d'une relation de cointégration. Dès lors, la nécessité du test de Johansen s'impose.

    Tableau 7: Résultat du test de Johansen

    Trace test

    Hypothèses

    Statistique

    Valeur critique

    contre

    25,022

    39,89

    Source : nos calculs, les résultats d'Eviews 4.1

    L'hypothèse H0 du rejet de l'existence de cointégration entre les variables est retenue. En effet, cette hypothèse est retenue car les statistiques sont inférieures aux valeurs critiques.

    Le test nous indique qu'il n'existe pas de relation de long terme, nous avons donc utilisé une régression standard en différentiant les séries non stationnaires en niveau.

    L'équation estimée nous donne les résultats suivants :

    =0,999 ajusté =0,998 DW=1,86 Prob(F-stat) = 0,0014 F-stat=675,075 N=34

    Tableau 8; résultat de l'estimation

    variables

    Paramêtres

    T-calculé

    P-value

    interprétations

    C

    LPRH

    TDRE

    LIPF

    LINSTA

    LCRI

    -0,114

    -0,663

    0,514

    -0,062

    -0,047

    0,022

    -21,52

    -7,972

    12,13

    -13,376

    -6,661

    6,725

    0,002

    0,015

    0,006

    0,005

    0,026

    0,021

    Significatif

    Significatif

    Significatif

    Significatif

    Significatif

    Significatif

    Source : nos calculs

    Le de notre estimation est de 0,99 ; ceci traduit que 99 % de la variation du financement bancaire est imputable aux variables exogènes du modèle. Quant auajusté, il montre que 98 % des variations du financement bancaire sont expliquées par les variables exogènes. La Probabilité de Fischer ou Prob(F-stat) est inférieur à 5 % , ce qui montre bien la significativité globale du modèle. Les P-value sont les probabilités critiques. Les coefficients dont les P-value sont inférieures à 5 % (0,05) et10 % (0,10) sont significatifs. Les T-calculés sont les statistiques de Student et la valeur critique du T de Student ou T lu est 1,96.

    Après cette estimation, nous avons procédé aux tests de validation du modèle estimé. Les résultats de ces tests sont présentés en annexes de ce document.

    Pour le test de Durbin-Watson, les conditions de son utilisation sont vérifiées. Par contre, la statistique de Durbin-Watson exhibait une possibilité d'autocorrélation d'ordre 3. Comme précédemment nous avons utilisé la méthode de correction proposée par le logiciel qui consiste à introduire dans l'équation à estimer AR (1), AR (2) et AR (3), dont les coefficients respectifs sont -1,54 , -0,85 , -0,11. C'est la methode de Cochrane orcut. Après avoir appliqué cette méthode, la statistique obtenue est de 1,86. Cette valeur permet de conclure la résolution du problème d'autocorrection survenue.

    Le test de White donne un P-value qui est égal à 0,29. Cette valeur est supérieure à 0,05. On conclut qu'à 5 %, les résidus sont homoscédastiques.

    Le test de normalité des résidus de Jarque-Béra effectué montre la normalité des résidus au seuil de 5 %. En effet, la valeur de Jarque-Bera, JB= 0,21. Elle est inférieure à 5,99, la valeur limite. On accepte que les résidus puissent s'ajuster suivant une distribution normale.

    Au total, les erreurs sont non corrélées, normales et homoscédastiques. Donc les estimateurs par les moindres carrés ordinaires sont BLUE. Par ailleurs les tests de Cusum montre que le modèle est structurellement stable. Car la courbe représentant les coefficients ne coupe pas le corridor, et le corrélogramme en annexe montre bien que les résidus ne sont pas autocorrélés.

    IV-2- Interprétations des résultats

    Nous ferons d'abord l'interprétation au niveau de la mobilisation des dépôts bancaires, puis au niveau du financement bancaire.

    IV-2-1-Au niveau de la mobilisation des dépôts bancaires

    Notre analyse économique des résultats nous permettra de présenter dans un premier temps l'impact direct de la libéralisation financière capturé par l'indice de politique financière, dans un second temps, l'impact indirect mesuré par le taux d'intérêt créditeur réel, puis nous saisirons l'impact du niveau de richesse et en fin celui de l'inflation sur la mobilisation de l'épargne.

    Capturé à travers l'indicateur de politique financière, la libéralisation financière semble avoir un impact direct sur la mobilisation des dépôts bancaires ou de l'épargne financière en Côte d'Ivoire. Si nous tenons compte de l'analyse de nos variables et de notre estimation, l'absence de cointégration révèle une relation de court terme entre l'évolution des dépôts bancaires et les autres variables explicatives. En effet, le coefficient de l'indice de libéralisation financière est positif et statiquement significatif (0,107) à 5 % de risque. Ceci infirme notre hypothèse par rapport à la capacité de mobilisation de l'épargne. En effet le signe négatif attendu indique que la libéralisation financière améliore la capacité de mobilisation de l'épargne financière ou des dépôts bancaires. Cela s'explique par la méthode de construction de l'indice, car une évolution ascendante indique une forte répression, par contre une baisse, la libéralisation financière. Il semble d'après ces résultats, qu'en Côte d'Ivoire la libéralisation financière ait entraîné une baisse des dépôts bancaires ou de l'épargne financière (il est important de souligner que ce coefficient positif montre que les mesures directes de la politique de libéralisation financière agissent négativement sur la mobilisation l'épargne). Ce résultat peut être expliqué par le fait que la libéralisation financière a permis d'alléger les contraintes d'accès des ménages aux crédits bancaires notamment sous forme de crédit à la consommation. En effet, les différentes mesures de politique financière amorcées par l'UEMOA depuis 1989, ont tendance à faciliter l'accès aux crédits bancaire. Dès lors, les ménages ne sont plus incités à épargner. Ces derniers ont donc tendance à différer leur consommation dans le temps parce qu'ils peuvent consommer aujourd'hui plus que leur revenu grâce à l'emprunt bancaire. Les résultats de notre étude montrent bien que l'allègement de la contrainte de liquidité serait le facteur dominant dans le processus de libéralisation financière en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, les autres aspects de la libéralisation financière comme la création des nouveaux produits d'épargne plus attractifs en terme de rentabilité et de risque se sont éclipsés devant les facilités d'obtention de crédits à la consommation. D'autres études, notamment celles de Bandiera et al (1998, 2000), avaient déjà mis en évidence de tels comportements d'épargne. Ils ne sont donc pas seulement spécifiques aux ménages ivoiriens. En effet, s'interrogeant sur l'impact direct de la libéralisation financière sur la mobilisation de l'épargne dans huit pays en développement, ces auteurs trouvent que la libéralisation financière a un impact direct au Ghana , en Turquie, en Corée et au Mexique. Ils ont même estimé la baisse du taux d'épargne à cause de la libéralisation financière à 12 % pour la Corée et 6 % pour le Mexique.

    Mesuré à travers le taux d'intérêt créditeur réel, l'impact indirect de la libéralisation financière semble avoir également un impact sur la capacité des banques à mobiliser les dépôts ou l'épargne financière. En effet, le coefficient affecté à cette variable est négatif et significatif (-2,075) à 5 % de risque. Ceci infirme notre Hypothèse, car le signe attendu selon la théorie de la libéralisation financière est positif. Cependant notre résultat peut s'expliquer par le fait que l'absence de relation de long terme dans la relation estimée met en évidence l'effet de court terme et non l'effet de long terme de la théorie de la libéralisation financière. Il est important de noter que le canal du taux d'intérêt ne permet pas d'observer de façon précise l'impact de la libéralisation financière sur le comportement d'épargne à cause de ces effets contradictoires. Le signe de l'élasticité de l'épargne par rapport aux taux d'intérêt reste ambigu tant sur le plan théorique qu'empirique. Un taux d'intérêt élevé fait accroître l'épargne grâce à son effet de substitution (effet de long terme), Bandiera et al (2000). Par contre, un taux d'intérêt élevé fait réduire l'épargne si les effets de revenu et de richesse sont importants (effet de court terme) (Muellbauer, 1994).

    Ceci confirment bien nos résultats et montre qu'en Côte d'Ivoire l'effet de richesse a dominé l'effet de substitution. La reforme des taux d'intérêt (taux du marché monétaire, taux d'escompte, taux de prise en pension...etc.) de la BCEAO, a facilité l'acquisition de ressource financière aux banques. Ces dernières ont donc octroyé des crédits, mais des crédits à la consommation (crédits de court terme) et non des crédits à l'investissement (crédits de long terme).

    L'impact du produit intérieur brut réel sur la mobilisation de l'épargne financière est très souvent mitigé. Dans le cadre de notre étude, le coefficient de cette variable est positif et non significatif (0,002) à 5 et 10 % de risque.

    Il semblerait donc que le système national de production n'ait pas suivi l'évolution du système financier. En fait ce résultat en apparence aberrant, pourrait s'expliquer par le fait que la production du secteur informel rentre pour une large part dans la composition de la production. Or, les acteurs qui oeuvrent dans ce segment de l'économie sont généralement exclut du système bancaire. Cela peut s'expliquer aussi par le fait que la crise économique des années 80, qui s'est soldée par la dévaluation de 1994 ait entraîné une pauvreté généralisée.

    Quant à l'inflation, elle semble jouer un rôle négatif et significatif (-2,348) à 5 et 10 % de risque. En effet, pour les économistes classiques, l'existence d'un comportement de reconstitution des encaisses réelles inciteraient les ménages à préserver le pouvoir d'achat de leurs économies et donc à épargner davantage dans un contexte inflationniste. Par contre, pour les économistes Keynésiens ce même contexte inciterait les ménages à la consommation, donc à désépargner car ils anticiperaient des hausses de prix de plus en plus fortes. Nos résultats se conforment alors à ceux des économistes Keynésiens.

    Au total, du point de vue de la mobilisation de l'épargne, il semblerait qu'il y'ait un impact direct de libéralisation financière, une influence positive du taux d'intérêt créditeur réel (impact indirect) et négative du taux d'inflation. Par contre, nous avons constaté une non significativité du produit intérieur réel brut.

    Qu'en est il pour le développement financier mesuré à travers le financement bancaire à l'économie en Côte d'Ivoire ?

    IV-2-2- Au niveau du financement bancaire.

    Notre analyse économique des résultats nous permettra d'exposer d'abord l'impact direct de la libéralisation financière sur le financement bancaire à l'économie à travers l'indicateur de politique financière, puis le taux d'intérêt débiteur réel (impact indirect) et le produit intérieur brut réel et enfin l'impact de l'indicateur de risque d'instabilité sociopolitique et de l'indicateur de la dégradation du portefeuille des banques.

    Mesuré à travers l'IPF, la libéralisation financière semble avoir également un impact direct sur le financement bancaire de l'économie ivoirienne. En effet, le coefficient affecté à cette variable est négatif et significatif (-0,062) à 5 et 10 % de risque. Ce résultat confirme notre hypothèse est conforme à la théorie de la libéralisation financière. Comme nous l'avons déjà expliqué plus haut, le signe négatif met en évidence la sensibilité des banques à réagir favorablement ou positivement à l'ensemble des mesures de politique de libéralisation financière amorcé dans l'UEMOA en général et en Côte d'Ivoire en particulier depuis 1989. Ce résultat peut donc s'expliquer par le fait que les impulsions données par la BCEAO, à travers ces différentes mesures (voir annexe I ) ont activement joué dans les décisions de financement bancaire de l'économie ivoirienne. Par contre, il est extrêmement nécessaire de noter que cet impact direct favorable, s'est exprimé par une augmentation du financement bancaire de court terme qui se caractérise essentiellement par des fonds de roulements aux entreprises qui ne fait que suivre le rythme de la production et des échanges, le financement de la commercialisation des produits agricoles (crédit de campagne), du crédit à la consommation et non de long terme (crédit à l'investissement, indispensable pour amorcer et entretenir le processus de développement), ce qui d'ailleurs à conduit certains auteurs à montrer que les banques n'ont pas joué le jeu de la libéralisation financière. Pour ces derniers, elle n'a pas contribué véritablement au développement économique des pays africains (Eboué C, 1998 ; Ary Tanimoune, 2001).

    L'impact indirect de la libéralisation financière sur le financement bancaire à l'économie ivoirienne, a été saisi à travers le taux d'intérêt débiteur réel. Nos résultats montrent que le coefficient affecté à cette variable est positif et significatif (0,514) à 5 et 10 % de risque. Il est extrêmement important de souligner que la part relative du financement bancaire de court terme dans l'ensemble du crédit à l'économie est très élevée. Elle se chiffre en moyenne à 65 % (NIS, BCEAO).

    Ce résultat peut s'expliquer par le comportement de prudence que se sont imposées les banques, qui d'ailleurs opèrent dans un environnement très risqué, avec une imperfection et un coût très élevé de l'information. Les banques expliquent de tels comportements non pas parce qu'il n'existe pas de projet viable pour un financement de moyen ou de long terme mais l'inaccessibilité des banques à l'information par laquelle les risques et la viabilité peuvent être évalués de manière adéquate, et des mécanismes effectifs pour contraindre au remboursement du crédit. Dans son étude, Konan (2001) montre qu'en Côte d'Ivoire, le taux débiteur bancaire n'est pas significatif à long terme. Dès lors, la majorité des projets à besoin de financement de long terme sont exclu. Ce qui, par ailleurs, pourrait être l'une des causes du phénomène de surliquidité en Côte d'Ivoire.

    Le produit intérieur brut réel par habitant apparaît négatif et significatif (-0,663) dans notre estimation. Comme nous l'avons déjà noté plus haut, de tels résultats laissent penser que le système bancaire ivoirien n'est pas adapté à l'activité de production. Ces résultats nous laissent soupçonner les structures d'intermédiation informelles et décentralisées qui d'ailleurs gagnent de plus en plus de terrain depuis leur officialisation par les autorités monétaires.

    Capturé à travers l'évolution d'un indicateur, l'instabilité socio politique est un facteur extrêmement déterminant dans la prise de décision du financement bancaire. Le coefficient associé à cet indicateur est négatif et significatif (-0,047) à 5 et 10 % de risque. La présence d'un environnement sociopolitique stable est extrêmement important pour un meilleur développement économique en général et particulièrement pour un développement financier dans la mesure où la confiance et la maîtrise de la qualité du risque sont nécessaires pour les intermédiaires bancaires. En effet, bien que la Côte d'Ivoire ait connu durant ces trois dernières décennies une relative stabilité politique, elle est confrontée depuis 1990 à des crises sociopolitiques récurrentes. Ces crises ont un impact négatif sur le financement bancaire. Elle décourage également directement comme indirectement l'investissement privé comme public. Cette instabilité sociopolitique a créé un environnement d'insécurité généralisé et malsain pour une bonne conduite des affaires. Dans de telles conditions, il est difficile au banquier d'octroyer des crédits.

    L'analyse de l'évolution du financement bancaire en fonction du taux de dégradation du portefeuille des banques dans un système bancaire est d'une importance capitale. Comme nous l'avons déjà mentionné cette relation met en évidence la capacité et la fiabilité du système d'information des banques. Le taux de dégradation du portefeuille des banques a été donc utilisé ici comme variable Proxy pour mesurer cette fiabilité.

    Le coefficient affecté à cette variable est positif et significatif (0,022) à 5 et10 % de risque. Il confirme le résultat attendu. Les banques, pour supposer qu'un contrat de prêt sera bien respecté et le cas échéant qu'elles pourront assez facilement réaliser les collatéraux (garanties), doivent évoluer dans un environnement bien adapté à leurs fonctions d'intermédiaires financier. Cette confiance à priori des banques naît en partie grâce à l'efficacité relative du système d'information, positivement influencé par les institutions administratives et juridiques officielles en place (Servet, 1990). En effet, ces dernières doivent être en mesure notamment, de faciliter l'exécution rapide et efficace des contrats de dette et sinon de sanctionner le manquement aux règles du jeu. En Côte d'Ivoire, les institutions juridiques officielles et administratives ne semblent pas avoir faciliter la mise en place d'un système fiable d'information pour les banques. Nos résultats nous permettent d'affirmer que le système d'information des banques ivoiriennes semble être un obstacle à l'approfondissement du système financier ivoirien et contribuerait à l'inefficacité de la politique de libéralisation financière. En outre, confrontées à une conjoncture plus ou moins mauvaises et surtout à un risque inhérent d'instabilité sociopolitique, les entreprises ivoiriennes, à majorité des PME, PMI, font difficilement face au remboursement des dettes contractées auprès du système bancaire. Nos résultats sont aussi confortés par le fait que la structure du portefeuille des ressources des banques ne leur permet pas de se lancer dans le financement réel de l'économie dès lors que la majorité des ressources qu'elles possèdent sont à vue (Konan Sylvère, 2001).

    En définitive, dans l'explication du financement bancaire de l'économie ivoirienne, cinq tendances semblent déterminantes : l'impact direct de la libéralisation financière, significative, le taux d'intérêt débiteur réel et le produit intérieur brut réel par habitant significatifs également, ainsi que l'impact de l'instabilité sociopolitique et le taux de dégradation du porte feuille des banques.

    CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

    Après avoir présenté la théorie de la libéralisation financière de Mac Kinnon et Shaw (1970), nous avons fait une analyse de celle de l'intermédiation bancaire. Les caractéristiques propres au système bancaire ivoirien ont été exposées et les différentes mesures de politique financière ont été également présentées. Nous avons construit à l'aide de la méthode de l'analyse en composante principale un indicateur qui synthétise l'ensemble des mesures majeures de la politique de libéralisation financière entamée depuis 1989 dans l'UEMOA et particulièrement en Côte d'Ivoire, par les autorités monétaires.

    Nous avons tenté de mettre en évidence les corrélations entre les indicateurs de développement financier (mobilisation de l'épargne et financement bancaire de l'économie) d'une part avec un indicateur de politique financière, les taux d'intérêt (créditeur et débiteur) et d'autre part avec certaines variables macroéconomiques. Les relations ont été estimées par la méthode des moindres carrés ordinaires.

    Nos résultats nous laissent penser qu'en plus de l'existence d'un impact indirect, il existe un impact direct de la libéralisation financière sur la mobilisation de l'épargne financière et du financement bancaire à l'économie.

    Nos résultats, par ailleurs, ont montré également l'impact négatif de l'instabilité socio politique dans notre pays sur le financement bancaire et une corrélation positive entre le taux de dégradation du portefeuille bancaire (variable Proxy qui a mis en évidence la fiabilité du système d'information des banques ivoiriennes) et le financement bancaire.

    Nos résultats démontrent bien que le processus graduel de la libéralisation financière entrepris en Côte d'Ivoire depuis plus de quinze ans, n'a pas atteint ses objectifs en matière de développement financier et d'approfondissement financier. Il semble donc que l'effet de court terme de la libéralisation financière et la structure du système d'information des banques ivoiriennes sont parmi les éléments qui font obstacle à l'objectif final de la politique de libéralisation financière. La conséquence immédiate de ces obstacles est notamment le phénomène de surliquidité du système bancaire ivoirien.

    Nous voudrons à travers ces différents résultats, apporter notre modeste contribution, en proposant quelques recommandations de politique économique.

    Sur le plan macroéconomique, il serait intéressant de mettre en oeuvre une politique de libéralisation financière sous contrainte par les autorités monétaires. En effet, les marges d'intermédiation relativement importantes dégagées par les banques (voir tableau I et II) d'une part et l'insuffisance relative du financement à moyen et long terme du secteur privé, engendrée essentiellement par un système d'information bancaire pas assez fiable, d'autre part, indiquent que les autorités monétaires semblent avoir une marge de manoeuvre pour le financement administré sans pourtant revenir à celui de la répression financière. Une telle politique permettra à l'Etat et le secteur privé de ne pas se substituer, mais de se compléter dans le cadre du développement du secteur financier et du secteur réel. Quant n'est il de l'aspect microéconomique ?

    En effet, au niveau de la capacité des banques à mobiliser l'épargne financière il serait intéressant que les taux d'intérêt sur les dépôts soient totalement libéralisés, de sorte que la concurrence entre les banques dans le secteur financier améliore le niveau du taux créditeur bancaire à fin de les rendre plus attractifs et permettre à l'effet de substitution de dominer l'effet revenu. Elles se doivent aussi de proposer des produits financiers nouveaux et attractifs. En d'autres termes, promouvoir l'épargne à long terme. Il serait donc souhaitable de développer davantage des produits d'épargne contractuelle à des taux d'intérêt créditeur plus intéressant. Les diverses formules de crédit aux ménages doivent être liées à une épargne préalable ce qui réduira sensiblement l'effet de revenu.

    Au niveau du financement bancaire à l'économie, les banques se doivent de reformer leur système d'information. En effet, le faible niveau de ce dernier contraint les banques à ne pas s'engager dans les financements de long terme à cause d'une forte asymétrie d'information sur le marché des fonds prêtables. Elles devraient réaliser un audit approfondit de leur système d'information afin de définir un standard minimum commun. La bonne qualité des ressources humaines qui sont chargées d'examiner les projets à financer est de mise.

    La politique de crédit des banques étant un élément fondamental dans leur portefeuille, il importe pour celles ci de respecter les treize principes cardinaux en matière d'octroi de crédit tel que définis par Roger H. Hale (2001). Ces principes sont les suivants :

    1- La qualité des prêts doit absolument primer sur la quantité ;

    2- Il faut distinguer chez l'emprunteur deux sources distinctes et indépendantes de remboursement.

    3- L'intégrité de l'emprunteur ne doit faire aucun doute ;

    4- Il est indispensable de comprendre l'environnement et le fonctionnement de l'entreprise ;

    5- La décision du conseiller en crédit doit être indépendante et libre de toute influence.

    6- Le type de financement doit être en relation avec le but du prêt ;

    7- L'analyse doit prendre en compte les cycles économiques ;

    8- L'évaluation du management des entrepreneurs est aussi importante que celle des états financiers.

    9- Les garanties ne sont pas un substitut à la capacité de remboursement ;

    10- L'évaluation des garanties doit être faite de façon professionnelle et impartiale ;

    11- Le suivi des prêts et la documentation sont aussi importants que l'analyse financière ;

    12- Il faut prendre le temps de faire une analyse complète ;

    13- L'intégrité des déposants prime sur celui des emprunteurs.

    Les banques se devraient d'effectuer une prise de participation active dans le capital des entreprises afin de réduire l'asymétrie d'information entre elles et les entreprises. Aussi, elles se doivent de mettre en place des relations de long terme avec leurs clients à travers un traitement répété des contrats de crédit, ce qui permettra de produire l'information nécessaire à la gestion des risques.

    Les pouvoirs publics se doivent de créer et entretenir un climat de stabilité sociopolitique favorable à une bonne conduite des affaires, ce qui augmentera la probabilité de recouvrement des prêts. Elles se doivent également de renforcer le système juridique et administratif à fin que soit bien définit les règles du jeu et les droits de propriété, ce qui permettrait aux banques de produire des informations et de mieux cerner les garanties. Ces lois renforcées, permettraient aussi de contraindre les débiteurs à rembourser les prêts octroyés. En effet, ce n'est plus un secret car il est constaté que la Justice ivoirienne est très lente et sans spécialisation en matière bancaire (le même juge intervient au pénal, au social, au commercial,...). Dans la pratique, les juristes de banque estiment que l'avènement des textes de l'OHADA n'a pas favorisé le saut qualitatif espéré. Ainsi, l'environnement juridique (les textes, la justice et ses auxiliaires) ne parait pas assez dissuasif pour prévenir le risque de défaut, et semble assez lourd pour faciliter le recouvrement des créances.

    Au terme de notre étude, il est nécessaire de noter que des limites relatives à sa pertinence s'imposent.

    En effet, notre étude a été fortement tributaire de la qualité de nos données qui d'ailleurs, ont été collectées en différentes sources. Il est aussi important d'émettre des réserves sur la qualité de notre indicateur de politique financière (IPF). D'ailleurs, l'estimation de la relation qui met en évidence la capacité des banques à mobiliser les dépôts bancaires montre que seulement 40 % des fluctuations des variables de contrôle expliquent la variation de la variable endogène. La significativité des constantes dans les différentes équations nous prévient sur l'omission de certaines variables qui expliqueraient davantage nos variables endogènes. Pour une meilleure compréhension de la libéralisation financière et de son impact sur le système bancaire, il serait intéressant de mener une étude profonde sur l'évaluation du système d'information des banques, d'analyser les déterminants de la dégradation du portefeuille des banques de l'UEMOA d'une part et d'analyser d'autre part, les nouvelles conditions de financement du crédit de ces dernières.

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    TABLE DES MATIERES

    SOMMAIRE................................................................................................i

    REMERCIMENTS.......... .............................................................................ii

    DEDICACE................................................................................................iii

    LISTE DES SYGLES ET ACRONYMES .........................................................iii

    LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES.....................................................v

    RESUME.....................................................................................................................................1

    INTRODUCTION........................................................................................2

    PREMIERE PARTIE : ASPECTS THEORIQUES ET METHODOLOGIQUES

    CHAPITRE I : FONDEMENT DE LA THEORIE DE LA LIBERALISATION 9

    FINANCIERE ET DE L'INTERMEDIATION BANCAIRE

    I.1- Une approche de la théorie de la libéralisation financière 9

    I.1.1- Analyse de la théorie de la libéralisation financière 9

    I.1.1.1- L'approche de Mc Kinnon et Shaw, et quelques travaux 9

    de leurs successeurs

    I.1.1.1.1- L'approche de Mc Kinnon et Shaw 9

    I.1.1.1.2- Quelques travaux des successeurs de Mc Kinnon 10

    I.1.1.2- Remise en cause de la politique de libéralisation financière et

    quelques évaluations empirique de la politique de libéralisation

    financière 11

    I.1.1.2.1- Remise en cause de la politique de libéralisation financière 11

    I.1.1.2.2- Quelques évaluations empiriques de la politique de

    libéralisation financière 12

    I.1.2- Analyse de l'indicateur de politique financière 14

    I.1.2.1- Codification des mesures de politique financière 15

    I.1.2.2-La méthode de construction de l'indicateur de

    politique financière 16

    I.2- Une approche de la théorie de l'intermédiation bancaire 17

    I.2.1- La firme bancaire et ses activités 17

    I.2.1.1- La firme bancaire et l'activité de transformation 17

    I.2.1.2- La firme bancaire dans son activité de création monétaire

    et de gestion des mécanismes de paiement 19

    I.2.1.2.1- L'activité de création monétaire 19

    I.2.1.2.2- L'activité de gestion des mécanismes de paiement 19

    I.2.2. La nécessité de l'intermédiation bancaire 19

    I.2.2.1- La minimisation des coûts de transaction et l'assurance

    de liquidité 20

    I.2.2.1.1- La minimisation des cout de transaction 20

    I.2.2.1.1.1- Les économies d'échelle 20

    I.2.2.1.1.2- La diversification des actifs 20

    I.2.2.1.2- L'assurance de liquidité 20

    I.2.2.1.2.1- Le modèle de Diamond et Dybvig (1983) 20

    I.2.2.1.2.2- L'allocation symétrique optimale 21

    I.2.2.2- L'activité de production et de gestion de l'information 21

    CHAPITRE II : CRACTERIRIQUES PROPRES A LA CÔTE D'IVOIRE 23

    II.1- Intérêt et cadre de l'étude 23

    II.1.1- Intérêt de l'étude 23

    II.1.2- Cadre de l'étude 24

    II.1.2.1- Organisation du système bancaire de la Cote d'Ivoire 24

    II.1.2.2- Les mesures de libéralisation financière 24

    II.1.2-3- La crise socio-politique et le système bancaire ivoirien 25

    II.1.2.3.1- Un aperçu du système bancaire avant le 19 septembre 25

    II.1.2.3.2- L'impact de la crise socio-politique sur le système bancaire 26

    II.2-Politique de mobilisation de l'épargne financière et de financement

    Bancaire de la Côte d'Ivoire 27

    II.2.1- La politique de mobilisation de l'épargne financière 27

    II.2.1.1-La politique de prix et la politique de revenu 27

    II.2.1.2-Le mode de fonctionnement du système financier ivoirien 28

    II.2.2-La politique de financement bancaire 28

    II-2-2-1- La politique de financement bancaire de 1962 à 1989 28

    II.2.2.2- La reforme de la politique de financement bancaire 29

    DEUXIEME PARTIE : ASPECT ANALYTIQUES ET EMPIRIQUES 30

    CHAPITRE III : ANALYSE DU MODELE 31

    III.1- Les variables, leurs définitions opérationnelles et la spécification

    du modèle 31

    III.1.1-Les variables et leurs définitions opérationnelles 31

    III.1.1.1- Présentation des variables explicatives 31

    III.1.1.2- Présentation des variables de contrôle 31

    III.1.2-La spécification du modèle économétrique 36

    III.1.2.1-Présentation du modèle 36

    III.1.2- La méthode d'analyse 37

    III.2.1- Multicolinéarité et ordre d'intégration des variables 37

    III.2.1.1-Test de multicolinéarité et l'ordre d'intégration des variables 37

    III.2.1.1.1-Test de multicolinéarité 37

    III.2.1.1.2- L'ordre d'intégration des variables 38

    III.2.1.1.2.1- Analyse de la stationnarité 38

    III.2.1.1.2.1.1- Analyse de la cointégration 39

    III.2.1.1.2.1.1.a- La méthode de Johansen 39

    III-2-2- Les tests de validation du modèle 39

    III-2-2-1- Test de normalité 39

    III-2-2-2-Test d'hétéroscédasticité............................................................39

    III-2-2-3-Test d'autocorrélation................................................................40

    CHAPITRE IV : INTERPRETATIONS DES RESULTATS..............................................41

    IV.1- Analyse des résultats économétriques...................................................41

    IV-1-1- Au niveau de la mobilisation des dépôts bancaires.................................41

    IV-1-2- Au niveau du financement bancaire................................................ 44

    IV-2- Interprétations des résultats .............................................................46

    IV-2-1- Au niveau de la mobilisation des dépôts bancaires.................................46

    IV-2-2- Au niveau du financement bancaire................................................. 49

    CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS...............................................52

    REFERENCES BIBLOGRAPPHIQUES............................................................56

    ANNEXE..................................................................................................66

    ANNEXES

    ANNEXES 3 : résultats des estimations et test de validation

    Date: 07/24/05 Time: 13:14

    Sample(adjusted): 1972 2003

    Included observations: 32 after adjusting endpoints

    Trend assumption: No deterministic trend

    Series: DBP IPF PRH

    Lags interval (in first differences): 1 to 1

     
     
     
     
     

    Unrestricted Cointegration Rank Test

    Hypothesized

     

    Trace

    5 Percent

    1 Percent

    No. of CE(s)

    Eigenvalue

    Statistic

    Critical Value

    Critical Value

    None

    0.260778

    11.14384

    24.31

    29.75

    At most 1

    0.044681

    1.474834

    12.53

    16.31

    At most 2

    0.000379

    0.012115

    3.84

    6.51

    *(**) denotes rejection of the hypothesis at the 5%(1%) level

    Trace test indicates no cointegration at both 5% and 1% levels

     
     
     
     
     

    Method: Least Squares

    Date: 07/21/05 Time: 11:46

    Sample(adjusted): 1975 2002

    Included observations: 28 after adjusting endpoints

    Convergence achieved after 15 iterations

    Newey-West HAC Standard Errors & Covariance (lag truncation=3)

    Variable

    Coefficient

    Std. Error

    t-Statistic

    Prob.

    D(LOG(IPF))

    0.107282

    0.050923

    2.106730

    0.0494

    D(LOG(PRH))

    0.002161

    0.077636

    0.027840

    0.9781

    TCRE

    -2.075139

    0.539634

    -3.845454

    0.0012

    C

    0.181314

    0.042870

    4.229432

    0.0005

    INFL

    -2.348638

    0.598107

    -3.926787

    0.0010

    D(LOG(PRH(-1)))

    0.208895

    0.049707

    4.202540

    0.0005

    D(LOG(IPF(-1)))

    -0.060772

    0.032468

    -1.871765

    0.0776

    AR(1)

    -1.046933

    0.136297

    -7.681241

    0.0000

    AR(2)

    -0.993087

    0.235064

    -4.224747

    0.0005

    AR(3)

    -0.619111

    0.265611

    -2.330890

    0.0316

    R-squared

    0.602178

    Mean dependent var

    0.010650

    Adjusted R-squared

    0.403268

    S.D. dependent var

    0.245088

    S.E. of regression

    0.189327

    Akaike info criterion

    -0.218228

    Sum squared resid

    0.645205

    Schwarz criterion

    0.257559

    Log likelihood

    13.05520

    F-statistic

    3.027379

    Durbin-Watson stat

    2.039324

    Prob(F-statistic)

    0.021746

    Inverted AR Roots

    -.13 -.88i

    -.13+.88i

    -.79

    White Heteroskedasticity Test:

    F-statistic

    0.549261

    Probability

    0.849503

    Obs*R-squared

    8.547569

    Probability

    0.741011

     
     
     
     
     

    Test Equation:

    Dependent Variable: RESID^2

    Method: Least Squares

    Date: 07/26/05 Time: 10:50

    Sample: 1975 2002

    Included observations: 28

    Newey-West HAC Standard Errors & Covariance (lag truncation=3)

    Date: 07/24/05 Time: 13:39

    Sample(adjusted): 1972 2003

    Included observations: 32 after adjusting endpoints

    Trend assumption: No deterministic trend

    Series: FB CRI INSTA IPF PRH

    Lags interval (in first differences): 1 to 1

     
     
     
     
     

    Unrestricted Cointegration Rank Test

    Hypothesized

     

    Trace

    5 Percent

    1 Percent

    No. of CE(s)

    Eigenvalue

    Statistic

    Critical Value

    Critical Value

    None

    0.422889

    42.61377

    59.46

    66.52

    At most 1

    0.303502

    25.02272

    39.89

    45.58

    At most 2

    0.285725

    13.44863

    24.31

    29.75

    At most 3

    0.080271

    2.681056

    12.53

    16.31

    At most 4

    0.000107

    0.003421

    3.84

    6.51

    *(**) denotes rejection of the hypothesis at the 5%(1%) level

    Trace test indicates no cointegration at both 5% and 1% levels

     
     
     
     
     

    Dependent Variable: D(LOG(FB))

    Method: Least Squares

    Date: 07/07/05 Time: 19:15

    Sample(adjusted): 1993 2003

    Included observations: 11 after adjusting endpoints

    Convergence achieved after 12 iterations

    Newey-West HAC Standard Errors & Covariance (lag truncation=2)

    Variable

    Coefficient

    Std. Error

    t-Statistic

    Prob.

    LOG(INSTA)

    -0.047331

    0.008102

    -5.841781

    0.0281

    D(LOG(IPF))

    -0.062008

    0.004956

    -12.51219

    0.0063

    D(LOG(PRH))

    -0.663499

    0.089027

    -7.452776

    0.0175

    D(LOG(CRI))

    0.022462

    0.002617

    8.581704

    0.0133

    TDRE

    0.514929

    0.044019

    11.69778

    0.0072

    C

    -0.114341

    0.005520

    -20.71316

    0.0023

    AR(3)

    -0.119872

    0.034805

    -3.444102

    0.0749

    AR(1)

    -1.544709

    0.073251

    -21.08794

    0.0022

    AR(2)

    -0.858790

    0.103917

    -8.264228

    0.0143

    R-squared

    0.999630

    Mean dependent var

    -0.076426

    Adjusted R-squared

    0.998149

    S.D. dependent var

    0.086877

    S.E. of regression

    0.003738

    Akaike info criterion

    -8.409076

    Sum squared resid

    2.79E-05

    Schwarz criterion

    -8.083525

    Log likelihood

    55.24992

    F-statistic

    675.0753

    Durbin-Watson stat

    1.868593

    Prob(F-statistic)

    0.001480

    Inverted AR Roots

    -.21

    -.67+.37i

    -.67 -.37i

    White Heteroskedasticity Test:

    F-statistic

    4.134383

    Probability

    0.365372

    Obs*R-squared

    10.71211

    Probability

    0.295959

     
     
     
     
     

    Test Equation:

    Dependent Variable: RESID^2

    Method: Least Squares

    Date: 07/26/05 Time: 10:53

    Sample: 1993 2003

    Included observations: 11

    Newey-West HAC Standard Errors & Covariance (lag truncation=2)






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"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo