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Déterminant et impact de l'investissement direct étranger sur la croissance économique au Cameroun

( Télécharger le fichier original )
par Nestor William ESSO
Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et de Gestion de Jendouba - Maitrise en Economie Bancaire et Financière 2009
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITE DE JENDOUBA

FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES, ECONOMIQUES ET DE GESTION DE JENDOUBA

Mémoire de fin d'étude pour l'obtention de la maîtrise en Economie Bancaire et Financière

Thème :

Déterminants et Impact de l'Investissement Direct Etranger

sur la Croissance Economique au Cameroun

(1980-2006)

Réalisé par :

William Nestor ESSO

Sous la direction de :

Mr Ouerhani Salah

2008-2009

Remerciements

Je tiens d'abord à remercier le Dieu de m'avoir guidé tout au long de cette formation. Ensuite ma famille pour son soutien et sa patience. à mon encadreur Mr Ouerhani SALAH pour son soutient, sa patience et sa disponible et pour tout le soutient qu'il a apporté pour la réalisation de ce travail.

Mes remerciements vont également au doyen de la Faculté Mr Mohamed Naceur Loued, à tout le corps professoral de la Faculté des Sciences Juridique, Economique et de Gestion de Jendouba qui ont de près ou de loin participé à ma formation tout au long de mon parcours académique à la FSJEGJ.

A tous les membres de l'Association des Etudiants Etrangers à Jendouba, à tous les étudiants de la Faculté, à tous les étudiants étrangers à Jendouba plus particulièrement à Djeutchang Ngakham Frederick Michael. Pour leur soutien et encouragement.

Dédicaces

Je dédie ce travail :

À Ma petite soeur Anzie Danielle Sonia,

À ma mère Paulette,

À toute ma famille,

À tous mes amis,

Ainsi qu'à tous mes enseignants.

William Nestor ESSO

Table des Matières

Résumé 2

INTRODUCTION GENERALE 3

Chapitre I : Investissement direct étranger 6

Introduction 6

Section I : Définition et distinction 7

Section II : Les IDE et leurs déterminants théoriques 10

Section III. Théorie de la croissance endogène : un cadre approprié pour l'étude de l'effet de l'IDE sur la croissance économique 16

Section IV : Revues des travaux empiriques traitant de la relation IDE-croissance 19

Conclusion 22

CHAPITRE II : Déterminant d'attractivité des IDE au CAMEROUN 25

Introduction 25

Section I : Bref aperçu de l'économie camerounaise 26

Section II : Les Investissement Direct Etranger 28

Section III : déterminants de l'attractivité des IDE au Cameroun 34

Conclusion 37

Chapitre III : Etude théorique et évaluation empirique 39

Introduction : 39

SECTION I : modèle de croissance de borenstztein. E, de Gregorio. J, J-W- Lee (1998) 40

SECTION II : estimation du modèle et résultat 45

Conclusion Générale 51

Bibliographie 54

ANNEXE 56

Résumé

L'IDE est l'un des éléments qui caractérisent le mieux l'économie mondiale pendant ces deux dernières décennies. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses, dans presque tous les secteurs de l'activité économique à élargir leurs activités à l'étranger par le biais de l'investissement direct étranger. En effet, toutes les économies mondiales se rivalisent pour attirer les firmes multinationales en créant un environnement socioéconomique sécurisant.

L'économie camerounaise n'est pas restée les bras croisés dans cette conquête des investissements directs étrangers. Depuis quelques années, nous constatons une ouverture sans précédent de l'économie camerounaise par le biais de la déréglementation, de la privatisation et de la participation du secteur privé à la fourniture des infrastructures. Nous pouvons prendre comme exemple les télécommunications et l'énergie où la participation du secteur privé entraîne une concurrence active dans ce secteur. La libéralisation des possibilités d'investissement fait partie intégrante de ce processus d'ouverture économique et l'un des éléments moteurs de toutes les réformes économiques est la volonté de créer un cadre macroéconomique stable dans le but d'attirer l'investissement privé national et étranger.

Selon les statistiques de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et de la Banque Mondiale l'économie camerounaise, durant toute la période allant de 1980 à 2006, a enregistré des volumes d'IDE allant de 300 à 3500 millions de dollars américains. Ce qui a permis à l'économie de développer une croissance assez importante. La question qui se pose ici est de savoir : Pourquoi ces investissements étrangers sont-ils entrés au Cameroun? Quels sont les déterminants des IDE au Cameroun? Comment est façonnée la capacité d'attraction de l'IDE au Cameroun?

INTRODUCTION GENERALE

L'investissement apparait aujourd'hui comme un facteur clé du développement et de la croissance des pays. Plus précisément, les investissements directs étrangers(IDE), qui étaient considérés il y'a une vingtaine d'années par les pays en voie de développement (PVD) comme un instrument utilisé par les pays développés (colonisateurs) en vue d'imposer leur dominations sur leurs économies. Or l'arrivée de la mondialisation avec son cortège de modifications structurelles et de règlementations internationales est venue favorisée l'intégration des économies et supprimer les distances qui jadis paralysaient les échanges entre les Etats. Nous assistons donc aujourd'hui à une concurrence acharnée des pays en développement dans le but d'attirer les nouvelles sources d'investissements que sont les IDE. C'est ainsi que depuis le début des années 80, les flux d'IDE mondiaux ont augmenté plus vite que les échanges commerciaux internationaux et même que production mondiale. Après avoir presque triplé entre 1984 et 1987, les flux d'IDE ont augmenté d'au moins 20% dans les années 1988 et 1989 pour atteindre un niveau absolu de $196 milliards de dollar américains. En 1989, le stock mondial total de ces investissements a atteint approximativement les 1500 milliards de dollars américains et aujourd'hui ce stock est de près de 12 474 milliard de dollars américain.

Les flux d'IDE vers les pays en développement ont connu une forte croissance tout au long des années 1990. Durant la dernière décennie du vingtième siècle on a assisté à un déferlement important des IDE dans les pays en voie de développement(PVD). Et ils représentent aujourd'hui une grande part dans les courants de capitaux vers les pays en développement. Les IDE ont ainsi submergé toutes les autres formes de flux financiers. Néanmoins, il convient de souligner que les IDE se déplacent vers les pays en voie de développement sous certaines conditions qui permettent l'implantation et la pérennité de ces dernières dans ces pays. Les PVD ont de ce fait entrepris une diversification de leur déterminants afin d'attirer et de maintenir les IDE sur place.

Notre travail tante ainsi de faire ressortir les déterminants des IDE dans les pays en voie de développement et plus particulièrement au Cameroun. Nous tenterons ainsi de voir dans quelle mesure les IDE influence la croissance dans ce pays.

Après une brève définition et distinction des formes d'Investissement dans le premier chapitre, nous passerons en revue une brève présentation des l'économie camerounaise, et mettrons en évidence les quelques déterminants les plus attractifs des IDE au Cameroun dans le deuxième chapitre. Le troisième chapitre de ce document est réservé à une étude théorique prolongé par une étude empirique dans laquelle nous avons construit un modèle à l'image de celui de borenstztein. E, de Gregorio. J, J-W- Lee (1998), afin d'analyser l'impact des IDE sur la croissance économique au Cameroun.

CHAPITRE I

``Investissement Direct Etranger''

Chapitre I : Investissement direct étranger

Introduction

Les IDE apparaissent la plus part de temps comme des vecteurs de transferts de richesse, de connaissance... d'un pays à un autre et stimulent ainsi la croissance dans les pays d'accueil, qui voient souvent leur niveau de développement s'accroitre du fait des biens faits des IDE. Toute fois il convient de faire une distinction entre les IDE et les autres formes d'investissement qui entrent également de façon considérable dans le processus de croissance des pays. Depuis quelques décennies, les IDE ne sont plus vue du mauvais oeil par les PVD qui considéraient jadis ces derniers comme une forme de domination des puissances étrangère sur leur économie. Aujourd'hui, nous assistons à une vraie chasse et à une concurrence entre les PVD qui se ruent de façon acharnée dans la diversification de leur économie en vue de mettre en valeur les déterminants susceptibles d'attirer le plus d'investisseurs direct étrangers et bénéficier ainsi de tous les avantages que véhicule l'IDE. Car les dirigeants des PVD sont conscients aujourd'hui que les IDE sont un véritable vecteurs de croissance et partant contribuent au développement économique du pays.

Ce chapitre est reparti en quatre sections. La première donne une définition des IDE dans leur cadre général, la seconde liste certains déterminants des IDE dans les pays en particulier les pays en voie de développement, la troisième section traite de quelques revues d'études ayant travaillé sur la relation IDE et croissance enfin la section quatre présente quelques études théoriques et empiriques ayant traité de la relation IDE- croissance.

Section I : Définition et distinction

L'investissement est l'opération qui vise soit à maintenir, soit à accroître le stock de capital d'un agent économique. Par exemple, les ménages investissent lorsqu'ils achètent un logement, l'État investit lorsqu'il construit une route et les entreprises investissent lorsqu'elles achètent une machine.... Toutefois, selon leur importance et leur nature, les investissements ne sont pas vus de la même façon au sein de l'entreprise qui accueil ces derniers. Ainsi, les flux de capitaux entrant dans une entreprise ou dans un Etat peuvent être classés en trois grandes catégories à savoir :

· Les flux financiers (principalement les prêts bancaires) ;

· Les placements de portefeuille (Investissement Indirect) ;

· Les Investissements direct.

Les prêts bancaires : ils désignent un ensemble de capitaux prêtés à des conditions commerciales, ils sont généralement instables et imprévisibles d'une année à une autre aux grés de la préférence ou de la défaveur manifestées par les banques d'affaires pour un pays ou une région donnée.

Les investissements de portefeuille : consistent entre autre à investir dans les actions ou les obligations d'une entreprise donnée. Ils n'ont pas pour but de prendre le contrôle de la firme en question. Il s'agit souvent d'investir à court terme en quête de rendement plus élevés.

Nous remarquons que les deux formes d'investissements précédents sont assez volatils et instables car ne possédant pas un caractère d'implantation leur permettant d'agir forcément dans la firme d'accueil. C'est pourquoi Hausmann et Fernandez-Arias(2000), tentant d'expliquer pourquoi maints pays hôtes même quand ils sont favorables aux entrées de capitaux, considèrent les flux de dette internationaux, en particulier à court terme, comme du « mauvais cholestérol », et avance ainsi que :

Les prêts à court terme de l'étranger sont motivés par des considérations spéculatives fondées sur les différentiels de taux d'intérêt et les anticipations en matière de taux de change, et non par des considérations à long terme. Leurs mouvements résultent souvent des distorsions relevant de l'aléa moral comme les garanties implicite du taux de change ou le fait que les gouvernements sont prêts à renflouer le système bancaire. Ils sont les premiers à se précipiter vers la sortie en cas de difficultés et ont été responsables des cycles expansion-récession des années 90.

Les Investissements Directs Etrangers : ils se définissent comme toutes opérations se traduisant par une création d'entreprise à l'étranger ou une prise de participation dans les firmes étrangères. Autrement dit, les IDE désigneraient les investissements qu'une entité résidente d'une économie (investisseur direct) effectue dans le but d'acquérir un intérêt durable dans une entreprise résidente d'une autre économie (l'entreprise d'investissement direct). Par intérêt durable, il faut entendre par là qu'il existe une relation à long terme entre l'investisseur direct et l'entreprise et que l'investisseur exerce une influence significative sur la gestion de l'entreprise.

Les investissements direct comprennent non seulement la transaction initiale, qui établit la relation entre l'investisseur et l'entreprise, mais aussi toutes les transactions ultérieurs entre eux et entre les entreprises apparentées, qu'elles soient ou non dotées d'une société et dont d'une personnalité morale.

De ce fait, Kojima (Kojima, 1986, P : 59-60) considère l'IDE comme un mouvement de capitaux impliquant des droits managériaux et/ou un contrôle managérial sur la compagnie, ce qui implique une propriété partielle ou totale de la firme :

· L'obtention des stocks (10% ou plus du capital social) d'une compagnie étrangère existant déjà avec l'objectif de participer à la gestion de la dite firme, ou l'achat d'une firme existante.

· L'établissement d'une filiale à propriété totale (cas d'un contrôle de capital à 100%) ou un joint-venture dans un pays étranger.

· L'acquisition des avoirs physiques d'une compagnie avec l'objectif d'entreprendre des activités commerciales comme l'établissement d'une nouvelle filiale, un office commercial ou une unité de production.

D'une manière générale, le Fonds Monétaire International (FMI) définit les Investissements Directs Etrangers (IDE) à travers son manuel de la balance de paiements, qui considère les IDE comme différentes opérations financières destinées à agir sur la marche et la gestion d'entreprises implantées dans un pays différent de celui de la maison mère. Ainsi, sous le terme d'IDE se regroupe essentiellement deux types d'opérations.

D'une part, celles réalisées à partir d'une croissance interne au sein d'une même firme transnationale entre la maison mère et ses différents établissements implantés à l'étranger (filiales, bureaux de représentation, etc.) : création ex nihilo de nouvelles unités, extension des capacités de production des unités déjà existantes, flux financiers entre établissements (augmentation de capital, prêt et avance de trésorerie par la maison mère, etc.) ; réinvestissement local des bénéfices.

D'autre part, celles réalisées par croissance externe, à condition d'atteindre au moins 10% du capital de l'entreprise étrangère convoitée. Ce seuil est désormais retenu internationalement pour distinguer les IDE des « investissements de portefeuilles », par définition beaucoup plus volatils et correspondants aux prises de participations inférieurs à 10% du capital d'une entreprise. Dans ce cas précis, l'investissement est considéré par l'entreprise comme une forme de diversification internationale de son portefeuille.

En résumé, on peut avancer que l'investissement direct étranger désigne l'opération effectuée par un investisseur résident d'une économie, afin d'acquérir ou d'accroître un intérêt durable dans une entité résidente d'une autre économie et de détenir une influence dans sa gestion. Il met en relation des entreprises apparentées, c'est-à dire : une entreprise investisseur direct maison mère et une entreprise investie qu'il s'agisse d'une filiale ou d'une succursale ; des entreprises détenant des participations croisées ou des entreprises affiliées à une même maison mère, sociétés soeurs.

Par convention, une relation d'investissement direct est établie dès lors qu'un investisseur acquiert au moins 10% du capital social de l'entreprise investie.

Cela étant, la question que nous nous posons ici est de savoir ce qui motive les investisseurs étranger à investir dans un pays A et non dans le pays B autrement dit, quels sont les déterminants que les pays doivent mètrent en place pour attirer assez d'IDE.

Section II : Les IDE et leurs déterminants théoriques

Les déterminants des IDE dans les pays en développement font de plus en plus l'objet de nombreuses études. Il existe aujourd'hui un nombre important de travaux ayant travaillé spécifiquement sur les déterminants des IDE entrants dans les pays en voie de développement. Ainsi les auteurs comme Assiedu (2001), stiglitz (2002), Dupuch (2004), mold (2004), Catin et Van Huffel (2004) et surtout Dunning (2001) ont largement contribué au développement de ces études.

Loewendahl et Ertugal-Loewendahl [2001] ou Kamaly [2003] recensent ainsi plus de vingt déterminants de la localisation qu'ils classent en déterminants économiques, politiques, institutionnels et d'incitation. Lim [2001] et Levasseur [2002] ne proposent pas de classification mais tirent de la même littérature empirique un ensemble convergents de facteurs décisifs dans l'explication des IDE reçus : la taille du marché domestique, la distance et les coûts de transport, les effets d'agglomération, les coûts factoriels, les incitations fiscales, le climat des affaires et l'environnement de l'investissement et le degré d'ouverture du pays comme étant des variables particulièrement importantes.

Toute fois, pour mieux cerner ces déterminants, il convient de les regrouper en deux grandes classes selon les liens qu'ils entretiennent avec l'action publiques ou économiques. Ainsi nous distinguerons dans la suite : les déterminants d'ordres institutionnels et les déterminants d'ordre économiques qui regroupent entre autre les déterminants industriels et commerciaux.

2.1. Les déterminants d'ordre institutionnels

Les pays en développement ont entrepris, depuis une décennie environ, de libéraliser leurs politiques nationales afin de créer un cadre réglementaire accueillant pour l'IDE en assouplissant le régime applicable à l'entrée sur le marché et aux participations étrangères, et en améliorant le traitement accordé aux firmes étrangères ainsi que le fonctionnement des marchés. Ces mesures «fondamentales» sont essentielles, car, s'il est interdit ou fortement entravé, l'IDE ne se produit pas.

Toutefois, les changements de politique ont un effet asymétrique sur l'implantation de l'IDE. Ceux qui visent une plus grande ouverture permettent aux entreprises de s'établir en un endroit donné, mais ne garantissent pas leur venue. En revanche, ceux qui tendent à réduire l'ouverture (nationalisations ou fermeture du marché, par exemple) réduisent à coup sûr l'IDE. De ce fait, nous pouvons cités les déterminants suivants comme agissant de façon considérable dans l'attraction des IDE.

Cadre de politique économique. Les pays en développement doivent se lancer dans des politiques de libéralisation de leurs politiques nationales afin de créer un cadre réglementaire accueillant pour l'IDE en assouplissant le régime applicable à l'entrée sur le marché et aux participations étrangères, et en améliorant le traitement accordé aux firmes étrangères ainsi que le fonctionnement des marchés. Ces mesures «fondamentales» sont essentielles, car, s'il est interdit ou fortement entravé, l'IDE n'aura pas lieu et se déplacera vers un autre pays qui impose moins de restriction.

La stabilité politique et sociale : cette dernière constitue le plus souvent un des déterminants visé par les investisseurs, ces derniers se sentent rassurer d'investir dans des environnements économiques stables et promoteurs. Étant toute fois donnée les situations d'instabilités politiques et sociales qui prônent dans les PVD, la situation est loin d'être satisfaisante en matière d'attraction d'IDE. Car investir dans un pays instable avec un risque pays élevé n'est pas assez rassurant d'où une forte nécessité d'amélioration des cadres politique et sociaux est nécessaire dans les PVD.

Lucas (1993) pense que l'instabilité politique est une préoccupation des investisseurs étrangers dans les pays en développement. Cette instabilité se manifeste souvent par la confiscation des biens, la dislocation des structures de production, le changement dans la gestion macroéconomique et surtout l'environnement réglementaire.

Le degré d'ouverture commerciale du pays d'accueil ; beaucoup d'IDE cherchant à exploiter l'avantage de localisation - en termes de coût de production bas, qualité de la main-d'oeuvre, développement des infrastructures, ... - en produisant dans un pays d'accueil en vue de l'exportation des biens produits vers des pays étrangers. Pour cela, il convient que le pays d'accueil soit ouvert au commerce international. Dès lors, le niveau d'ouverture commerciale du pays a un effet positif sur l'afflux des IDE.

Certains auteurs ont menés des études sur les déterminants d'ordre institutionnels des IDE dans les pays en voie de développement. D'aucun mettent l'accent sur le risque pays dans la décision d'implantation des FMN dans les PVD. Ainsi, Cecchini (2002) ou Hassane et Zatla (2001) tentent d'expliquer la répartition inégale des IDE dans les PVD par le risque pays. Michalet (1997) soutient quant à lui que lorsque l'environnement légal et réglementaire est constamment modifié de manière arbitraire, et qu'il n'existe pas de juridictions capables d'assurer le respect des règles, les firmes sont amenées à limiter voire à suspendre leurs engagements financiers.

Les auteurs comme J. Morisset et O. Lumenga Neso (2002) se sont penchés plutôt sur la corruption et la mauvaise gouvernance. Les auteurs soutiennent que la corruption augmente les coûts administratifs et par conséquent découragent l'entrée des IDE. D'autres études confirment la robustesse des facteurs politiques et institutionnels comme des déterminants importants de la localisation des IDE à destination des pays en développement [Stein et Daude (2001)] ou en Amérique Latine [Stevens (2000)].

2.2. Les déterminants d'ordre économiques

Les déterminants les plus importants pour l'implantation de l'IDE sont les considérations économiques, qui se manifestent de façon considérable dès qu'un cadre propice à l'IDE est en place. Ainsi distingue-t-on les déterminants qui ont trait aux ressources ou actifs disponibles sur place ; ceux qui sont liées à la taille des marchés de biens et de services ; et ceux liées aux avantages de coût de production.

Les déterminants ayant traits aux ressources disponibles dans les pays d'accueil concernent principalement les facteurs directement liés à la production tels que : la recherche des matières premières, une main-d'oeuvre non qualifiée abondante et bon marché ; main-d'oeuvre qualifiée, actifs technologiques, innovants et autres actifs créés...

La recherche de matière première : les PVD étant relativement plus doté en matière première que les pays développés, ces derniers se déplacent donc vers les PVD à recherche des inputs pour leurs firmes. Les pays en développements doivent donc mettre en valeur leur stock de matière première disponible en vue d'attirer les investisseurs.

Le coût et la qualité de la main-d'oeuvre ; le coût de la main-d'oeuvre est un déterminant important des IDE dans la mesure où beaucoup d'entreprises se délocalisent pour tirer profit de la disponibilité des facteurs de production, notamment du coût faible du facteur travail dans les PVD. Le faible coût de la main-d'oeuvre constitue donc un facteur clef d'attraction des IDE.

Cependant, les entreprises ne tiennent pas seulement compte du coût des facteurs de production mais également de leur qualité. En effet, les multinationales recherchent de plus en plus de la main d'oeuvre de très bonne qualité dans la mesure où ces entreprises s'intéressent davantage à la production de biens intensifs en capital et en technologie (Noorbakhsh et Paloni, 2001, pp.1594-1595). Ainsi, une main-d'oeuvre à coût bas et de bonne qualité permet d'accroître à la fois la productivité et le rendement des IDE.

Le développement des infrastructures : Lorsque, sur un territoire, l'infrastructure de base est développée, le coût de l'investissement est faible ainsi que son coût d'exploitation ; ce qui augmente le rendement de l'investissement et donc stimule l'IDE. Là où cette infrastructure manque, l'entreprise est obligée par exemple de construire elle-même les routes pour acheminer son produit ; ce qui augmente le coût de l'investissement. Le manque d'infrastructures de base ne permet pas aussi souvent à l'entreprise d'utiliser des techniques modernes de production, par exemple celles qui sont grandes consommatrices d'électricité dans un pays où celle-ci est rare.

La recherche de marchés : elle constitue également un important déterminant des IDE du fait que les FMN (firmes multinationales) se délocalisent le plus souvent vers des pays offrant une forte demande par exemple la taille du marché, le revenu par habitant qui sont des paramètres importants pour la demande car un revenu par habitant élevé contribue à une demande potentielle forte les PVD doivent donc s'efforcer à améliorer les niveaux de revenu moyen et à pratiquer des politiques de restructuration visant à améliorer la demande. De même la croissance des marchés, l'accès aux marchés régionaux et mondiaux, les préférences des consommateurs locaux ainsi que la structure des marchés constituent également d'autres déterminants importants entrant dans les incitations des investisseurs à la recherche des marchés potentiels.

En résumé, les IDE peuvent avoir pour objet de réduire les coûts de production globaux des entreprises parentes, en segmentant leur processus de production, les tâches standardisées les plus intensives en main d'oeuvre pouvant être menées à bien là où le travail le moins qualifié est le plus abondant et le moins coûteux. Ils peuvent également avoir pour objectif la conquête de nouveaux marchés, en rapprochant les sites de production des lieux de consommation. D'un point de vue microéconomique, le modèle OLI (Ownership, Location and Internalisation advantage), développé par Dunning, permet de résumer les conditions qui doivent être satisfaites pour qu'une entreprise s'engage dans un IDE. D'abord, l'entreprise doit avoir un « avantage lié à la propriété », pour un produit ou une technologie de production auquel les autres entreprises n'ont pas accès (brevet par exemple). Ensuite, le pays d'accueil doit présenter un avantage de localisation. Enfin, l'entreprise doit bénéficier d'un avantage à internaliser la production plutôt qu'à la sous-traiter à un partenaire étranger. Cela sera d'autant plus vrai que des économies d'échelle peuvent être réalisées sur les coûts de management, ou de développement des processus.

Section III. Théorie de la croissance endogène : un cadre approprié pour l'étude de l'effet de l'IDE sur la croissance économique

Le terme « croissance » désigne l'augmentation du volume de la production de biens et de services d'une année sur l'autre. Les chroniqueurs économiques parlent ainsi d'accélération ou de ralentissement de la croissance pour caractériser une année particulière. Toutefois, les économistes préfèrent réserver le terme de croissance à une augmentation tendancielle de la production par tête, qui entraîne sur une longue période une multiplication du volume de biens et de services disponibles en moyenne pour un habitant d'un pays.

Vue de cet angle, la croissance économique désignerait donc une interrelation entre des facteurs économiques, sociaux et politiques. Le phénomène de croissance date du 18ième Siècle avec les économistes comme Adam Smith, 1776 ; Thomas Robert Malthus, 1798 ; David Ricardo, 1817 qui ont ainsi mis l'accent sur l'importance de l'expansion quantitative des facteurs de base de la production à savoir : le capital, le travail et la terre, le rôle de la croissance des marchés dans l'amélioration de l'efficience et de la productivité d'une économie, et le rôle de la demande et des effets multiplicateurs de l'augmentation de l'investissement et les exportations.

Avec l'arrivée des modèles néoclassiques dans la deuxième moitié du 20 siècle, tel que celui de Solow (1957), le domaine de la recherche a changé, en accordant une grande importance au changement technique et du rôle que peuvent jouer des éléments tel que l'amélioration de l'organisation de la production dans la croissance économique.

Le modèle de Solow, avec l'hypothèse des rendements d'échelle décroissants du capital, stipule que les économies qui ont un niveau initial du stock de capital par tête plus faible, tendent à avoir des rendements d'échelle et des taux de croissance plus élevés. Ce qui va leur permettre de converger à long terme vers les pays riches.

Le principal défaut de ce modèle, est l'hypothèse des rendements décroissants du capital, qui signifie que la croissance de l'output pourrait ne pas dépendre de la croissance des inputs. L'existence des rendements décroissants, fait que, l'accumulation du capital ne peut rendre compte d'une croissance soutenue. Ainsi, une croissance de long terme, ne peut avoir lieu, que si l'on prend en compte les améliorations technologiques liées au progrès des qualifications et liées à l'innovation. Donc, l'apparition d'un facteur résiduel qui est attribué au progrès technique, est considéré comme exogène. Ce constat, a incité les spécialistes à chercher de savoir comment le taux de croissance peut être déterminé par un facteur exogène. Des modèles ont ainsi été développés, dans lesquels, les déterminants clés de la croissance de long terme sont endogènes.

La nouvelle théorie de la croissance ou la théorie de la croissance endogène a vu le jour avec des économistes tel que Romer(1986) ; Lucas(1988), Barro(1991), Barro et Sala-i-Martin(1995) et Grossman et Helpman(1991). Ces modèles ont mis l'accent, sur le rôle central de l'accumulation et de la diffusion de la technologie dans la croissance économique. L'existence des externalités technologiques et de connaissance viennent contrebalancer les effets des rendements décroissants de l'accumulation du capital et donc maintiennent l'économie à une croissance soutenue à long terme.

L'IDE peut contribuer significativement à l'accroissement du stock des connaissances dans le pays d'accueil, non seulement en fournissant des nouveaux biens d'équipement et des nouveaux procédés de production (changement technique incorporé), mais davantage, en offrant un nouveau savoir-faire en management et en améliorant le niveau des qualifications pouvant être diffusées aux firmes locales (changement technique incorporé). L'amélioration des qualifications peut avoir lieu par une formation formelle des travailleurs ou Learning-by-doing au sein des filiales étrangères. L'IDE en améliorant le stock des connaissances du pays hôte, aura aussi bien un effet à court terme qu'à long terme sur l'économie d'accueil, et augmente le taux de croissance à long terme (OCDE, 2001). Romer (1993), stipule que les firmes multinationales en fournissant des nouvelles connaissances aux PVD, réduisent les écarts technologiques entre ces pays et les pays avancés, ce qui peut constituer un facteur important de croissance et de convergence économique.

Plusieurs facteurs économiques (capital humain, l'accumulation du capital, le commerce international et la politique gouvernementale), qui selon la théorie de la croissance endogène expliquent la croissance à long terme, peuvent être véhiculés par l'IDE. L'IDE, est supposé, stimuler la croissance, par la création d'avantages comparatifs dynamiques conduisant au transfert de technologie, l'accumulation du capital humain et l'intensification du commerce international (Bende et al. 2000 ; et OECD, 2002). Ces avantages dynamiques, souvent connus sous le nom des spillovers, sont liés les uns aux autres, complémentaires, et ne doivent pas être étudiés séparément. En effet le gain engendré par l'IDE sur un facteur de la croissance est susceptible de stimuler le développement des autres facteurs, formant ainsi, une sorte de synergie (Bende et al. 2000).

Section IV : Revues des travaux empiriques traitant de la relation IDE-croissance

La contribution des IDE dans la croissance est un sujet qui a été traité d'une façon abondante et controverse dans la littérature. Plusieurs auteurs ont ainsi soutenu l'argument traditionnel selon lequel l'arrivé des IDE dans un pays augmente la croissance économique car elle augmente le stock de capital et donc les IDE sont bénéfiques au pays d'accueil. Cette thèse est refoulée par certains qui pensent que les IDE agissent de façon négative sur la croissance de certains pays.

Ainsi, une étude menée par la Banque mondiale en 1999 dans le but de trouver une relation entre les IDE et la croissance des pays en développement montre que les flux d'IDE augmentent l'investissement total et partant, la croissance des PVD. Borensztein, de Gregorio et Lee (1998) utilisant un modèle de croissance endogène vont dans le même sens : les IDE facilitent le transfert de technologie, élèvent le niveau de qualification des travailleurs et tendent à augmenter les exportations et la compétitivité dans les PVD. Leur étude de panel sur 69 pays en développement montre qu'une augmentation d'un point de pourcentage du ratio des IDE sur le PIB accroît le taux de croissance du PIB par tête du pays hôte de 0,8 pour cent. Pour Wacziarg (1998) à chaque point de pourcentage de ratio des IDE sur le PIB est associée une élévation du taux de croissance du PIB par tête de 0,3 à 0,4 pour cent. Ces résultats sont identiques à ceux de Blomstrom, Lipsey et Zejan (1992) dont l'étude porte sur des pays en développement à revenu élevé.

De même, Findlay (1978) avance que l'IDE augmente les progrès techniques dans les pays hôtes par un effet de contagion qui facilite l'adoption de procédures managériales avancées par les firmes locales. De Gregorio, 1992 analyse un panel de 12 pays de l'Amérique Latine pour la période de

1950-1985. Ses résultats font ressortir un impact positif et significatif de l'IDE sur la croissance économique. En plus, il trouve que la productivité des IDE est plus grande que celle des investissements domestiques.

Blomström, Lypsey et Zejan, 1992 par une analyse de données en coupes transversales pour un échantillon de 78 pays développés, relatent que l'impact des IDE sur la croissance est plus grand dans des pays de plus haut niveau de revenu par capital. Certaines études récentes ont avancé que la contribution des IDE à la croissance économique est extrêmement liée aux circonstances dans lesquelles les pays hôtes les reçoivent. Balassubramanyan et al, 1996 trouvent en fait que l'effet sur la croissance est plus fort dans des pays qui appliquent une politique de promotion des exportations que dans les pays qui poursuivent une politique de substitution aux importations.

Au vue de ces résultats, nous pouvons opter dans la logique selon laquelle l'IDE conduit à la croissance via des retombées technologiques qui augmentent les facteurs de productivité. Mais certaines conditions sont nécessaires aux pays hôtes pour s'assurer des effets positifs de ces retombées. Sanchez-Robles, (1998) examine la corrélation entre les infrastructures publiques et la croissance économique en Amérique latine pour la période 1970-1985. Elle trouve aussi un impact positif et significatif de l'IDE sur la croissance économique des pays de cette région.

Toutefois, une étude menée sur les effets des IDE dans 73 pays en développement par Singh (1988) ne fait pas apparaître d'effet significatif. Hein (1992) de son côté ne trouve pas d'effet significatif entre l'IDE et la croissance du PIB par habitant dans un échantillon de 40 pays en développement. Dans le même ordre d'idées, une étude économétrique menée par Nair-Reichert et Weinhold (2001) utilisant le test de causalité de Holtz-Eakin sur un panel de 24 pays en développement entre 1971 et 1995 ne trouvent aucune relation causale entre les IDE et la croissance. Aussi, et en utilisant une fonction de production néoclassique, Saltz (1992) trouve une corrélation négative entre l'IDE et la croissance économique. Selon lui, l'IDE augmente le niveau global de l'investissement, améliore la productivité dans certains cas, mais a tendance dans beaucoup d'autres à réduire le taux de croissance. Pour confirmer ses conclusions, l'auteur étudie la relation IDE-croissance dans un échantillon de pays divisé en deux groupes distincts, selon qu'ils reçoivent plus ou moins d'IDE. L'auteur trouve que dans les pays en développement qui acceptent le rapatriement des profits sans aucune contrainte, l'IDE n'a pas d'effet positif sur la croissance. En particulier, l'auteur soutient que si l'IDE se traduit par une levée des capitaux sur le marché du pays hôte, il en résulte une redistribution des industries intensives en travail vers les industries intensives en capital, créant ainsi une perte d'emploi nette et par la suite une baisse de la demande de consommation.

Un autre effet négatif peut résulter de l'extraction excessive de minerais ou de la spécialisation excessive de la production sur un bien particulier qui engendrerait une baisse des prix à l'exportation et une détérioration des termes de l'échange du pays hôte.

De même, Carkovic et Levine (2002) ne trouvent aucun lien entre l'IDE et la croissance dans un échantillon de pays de la Banque mondiale (BM). Abondant dans le même sens, Chowdhury et Mavrotas (2003) trouvent que « l'IDE ne cause pas la croissance » au sens de Granger au Chili, alors que cette relation de causalité est bidirectionnelle dans le cas de la Malaisie et de la Thaïlande.

Conclusion

Les IDE constituent aujourd'hui pour la majorité des PVD des véritables sources de financement, bien que ces derniers ne soient pas assez importants vis-à-vis de ceux destinés aux pays développés. Ainsi pour bénéficier d'une part assez importante dans ce résiduel qui leur est destiné, certains PVD ont entrepris de mettre en place des procédures visant à attirer les investisseurs dans leur économie. Ainsi, avons-nous assisté durant la dernière décennie à une forte libération des économies des PVD qui sont devenues très attractive face aux IDE, ce phénomène s'est d'autant accéléré avec la vague de la mondialisation et de la globalisation. Toutefois, le fait pour ces pays de considérer les IDE comme source de croissance n'est pas apprécié par tous les chercheurs. De ce fait, certains économistes, s'opposant à l'approche classique, selon laquelle les IDE contribuent fortement à la croissance de pays, considèrent que l'IDE n'affecte pas la croissance et à la limite serait dans certains cas source de décroissance.

Toutes ces plaidoiries contradictoires entre les témoins au sujet de l'impact de l'IDE sur la croissance économique ont suscité notre curiosité et nous ont incité à nous poser la question de savoir si l'IDE avait réellement un quelconque impact sur la croissance de l'économie et notamment des économies des PVD. Si oui, quels seraient les déterminants favorisant ainsi les firmes multinationales à se déplacer vers un pays ou zone donnés. Pour mettre en valeur ces effets, nous avons ciblé un pays d'Afrique subsaharienne plus précisément le Cameroun qui connait depuis presqu'une vingtaine d'année une stabilité politique, mais qui est sans doute confronté à des graves problèmes de corruption qui affaiblissent ainsi son système politique ainsi que sa gouvernance qui constituent comme nous l'avons vu ci-dessus des facteurs clef des déterminants des IDE, et qui mettent ainsi en péril son attractivité face aux IDE.

CHAPITRE II

``Déterminants d'attractivité des IDE

Au Cameroun''

CHAPITRE II : Déterminant d'attractivité des IDE au CAMEROUN

Introduction

L'économie camerounaise a connu depuis quelques années une croissance assez considérable aussi bien au niveau régionale qu'internationale, grâce entre autre à des politiques mises en oeuvre par les autorités gouvernementales en vue de sortir le pays de son impasse et de sa position qui dès lors n'étais pas assez encourageante. Le pays a ainsi réalisé un taux de croissance considérable, encouragé par l'initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) lancée par le FMI et la Banque Mondiale qui s'est achevée en 2006, et a ainsi permis au pays de se repositionné économiquement. Toute fois, le pays reste confronté à un fort problème de corruption et à un risque pays élevé qui se ont accrus en 2008 ce qui tend de ce fait à réduire un nombre important d'action et de partenariat avec des investisseurs à la quête de la rentabilité de leurs fonds.

Malgré tous ces défauts, le Cameroun constitue toutefois une destination des IDE qui ne cesse d'augmenter depuis quelques années. Bien que ces derniers représentent une proportion dérisoire au vu des flux d'IDE dans le monde et ceux entrant en Afrique. Ces IDE demeurent naturellement une manne que le pays compte bien rentabilisé et de ce fait, le pays s'est lancé dans une vaste campagne d'amélioration de son environnement politique, économique, et social afin de mettre en place un cadre favorable aux IDE.

La première section de ce chapitre est consacrée à un bref aperçu de l'économie camerounaise, position géographique et tendance économique. La deuxième section est consacrée aux investissements Directs Etrangers (IDE) au Cameroun. Et enfin la dernière section nous fait ressortir quelques déterminants d'attractivité des IDE dans le pays.

Section I : Bref aperçu de l'économie camerounaise

1. Situation géographique

Situé au creux du Golfe de Guinée, le Cameroun fait la jonction entre Afrique centrale et Afrique occidentale. Il revêt la forme d'un triangle dont le sommet se prolonge au nord et dont ¼ de la superficie totale est occupée par des massifs montagneux et hauts plateaux. La frange côtière procure au pays près de 200 Km d'ouverture sur l'Océan atlantique. D'une superficie de 475 442 Km², soit environ les 5/6 de la France et près de 3 fois la superficie totale de la Tunisie, le Cameroun est bordé au nord-ouest par le Nigeria, au nord par le Tchad, à l'est par la République Centrafricaine et au sud par le Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon. La population totale est d'environ 18 467 692 habitants en 2008 (source CNUCED) et le taux de croissance annuel moyen de la population à près de 2,3%. Environ 50% de la population a moins de 23 ans, 55% sont des citadins. Les langues officielles sont le français et l'anglais. La monnaie nationale est le francs CFA (1 euro=657 FCFA).

2. Situation économique

Le Cameroun est un pays potentiellement riche (pétrole, bois, cacao, coton, thé, banane, tourisme...) diversifié sur le plan des ressources et doté sur le plan humain, disposant d'un secteur industriel et jouissant d'une bonne position logistique avec un grand port et l'accès à la sous-région.

Au sein de la zone que constitue la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC), le Cameroun est l'élément fort avec près de 50% du PIB et de la population des six pays. Son assise politique lui confère un poids supplémentaire dans un ensemble régional dont la stabilité reste incertaine. Depuis près de 7 ans, le Produit Intérieur Brut réel a cru de 4% en moyenne par an (5,3% en 2000/01 à 9 634 millions EUR, 2001/02 : + 4,6%, 2007/2008 : 3,8%), l'inflation restant modérée (environ 2% par an) jusqu'à une période récente, où se manifestent des tensions inflationnistes persistantes. La même tendance est observée sur les autres pays de la zone CEMAC.

L'économie camerounaise repose sur les trois secteurs traditionnels : primaire 25 à 28% du PIB, secondaire 30 à 34% et tertiaire 40 à 42%. Alors que la croissance dépendait fortement du secteur pétrolier dans les années 80, c'est aujourd'hui le secteur tertiaire qui y contribue le plus fortement.

Principaux indicateurs économique

 

2005

2006

2007

2008

Croissance économique %

2,3

3,2

2,8

4,8

Inflation %

1,9

5,2

1,1

2,8

Exportations

13,6

16,9

1,8

11,9

Importations

10,1

8,1

6,9

14,6

PIB/ ht ($EU)

968,5

1020,8

1097,8

1289,0

Taux croi. Dem

2,6

2,6

2,6

2,6

 
 
 
 
 

Source : UNCTAD (Avril 2008)

Le Cameroun est le premier pays d'Afrique sub-saharienne récipiendaire d'aide publique au développement. Fin 2000, il a conclu avec le FMI un deuxième accord triennal au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la croissance (FRPC) portant sur la période octobre 2000 - septembre 2003. Parallèlement, le pays a été déclaré éligible à l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Cette décision s'est traduite par un allègement substantiel du service de la dette durant la période intérimaire, et du stock de la dette au-delà du point d'achèvement qui a eu lieu au second semestre 2003. Les fonds libérés par la remise de dette ont été affectés à des projets de lutte contre la pauvreté.

Le volet additionnel français de l'initiative PPTE s'est inscrit dans le cadre d'un Contrat de Désendettement et de Développement, mis en oeuvre à partir du point d'achèvement sous forme de refinancements en dons et échéances dues. Il portait sur des montants considérables, de l'ordre de 90 millions EUR par an pour les premières années et plus d'1 milliard EUR sur une quinzaine d'années.

L'UE est en bonne place parmi les bailleurs de fonds multilatéraux. Après la France, les principaux bailleurs de fonds bilatéraux sont l'Allemagne, la Grande-Bretagne et le Canada. Signé en juillet 2001, le 9ème Fonds Européen de Développement (Fed) porte sur un montant de 230 millions EUR (2000- 2005), en forte augmentation par rapport au 8ème Fed (133 millions EUR sur la période 1995-2000). Au total sur la période 1998-2003 et avec ses participations nationales, l'Union Européenne aura consacré 223 millions EUR à l'intégration économique régionale.

Section II : Les Investissement Direct Etranger

2.1. La position du Cameroun dans la répartition des flux d'IDE

Le Cameroun connaît depuis 1994 une croissance annuelle de l'ordre de 4 à 5%, avec un ralentissement en 2002 (3,7%), largement soutenue par l'IDE. L'appel aux capitaux étrangers est fortement sollicité dans le cadre des privatisations, initiées en 1994. Les groupes étrangers et principalement français sont les principaux repreneurs. L'assainissement de l'économie et les importants programmes d'investissements induits viennent contribuer au renforcement des flux et stocks d'IDE. Dans les faits, l'environnement des affaires (corruption, insécurité juridique et judiciaire, harcèlement fiscal...) bride le développement des IDE dans ce pays. Le tableau suivant présente les flux d'IDE entrés au Cameroun ces dernières années

Flux d'IDE ($ EU millions)

Destination des IDE

2002

2003

2004

2005

2006

Cameroun

601,746

383,000

319,335

224,658

308,998

Afrique

166274,712

178704,751

283006,002

314279,364

379052,283

Monde

621994,669

564078,250

742143,378

945795,352

1305851,891

Source : UNCTAD XII (Ghana 25 Avril 2008)

Comme on peut le constater, le flux d'IDE entrant au Cameroun reste marginal par rapport aux flux mondiaux, y compris ceux entrant en Afrique. Le Cameroun ne compte en flux que pour 0,01% de l'IDE mondial.

Ces montants doivent toutefois être considérés comme de simples indicateurs de tendances, la Banque de France signalant des flux de France vers le Cameroun largement supérieurs à ces valeurs. Globalement ces évolutions correspondent à la mise en oeuvre du processus de privatisations, qui a donné lieu à des investissements lourds de la part de sociétés étrangères.

S'agissant de la répartition sectorielle des IDE, des données locales estimaient la part du secteur privé pétrolier à plus de 75% de l'investissements brut total en 1999, proportion sans doute maintenue en 2001 et 2002 par la construction de l'oléoduc Tchad-Cameroun (1000 km de conduites et deux stations de pompage côté camerounais).

Toutefois, la France demeure le premier investisseur étranger au Cameroun avec plus de 160 filiales françaises employant quelque 30 000 personnes et il existe plus de 200 entreprises appartenant à des ressortissants français dans tous les secteurs d'activité.

Le Cameroun est pour sa part un investisseur insignifiant avec des flux compris entre 1 M et 7 M USD depuis 1997 et 3 M USD en 2002. Les stocks d'investissement directs détenus par le Cameroun à l'étranger en progression modérée mais régulière, sont évalués à 261 M USD en 2002.

Les privatisations dans des domaines aussi variés que l'énergie, les chemins de fer, les banques, les agro-industries ont drainé vers le Cameroun des IDE non négligeables jusqu'en 2003. D'autres privatisations sont annoncées et pourraient déboucher sur de nouveaux investissements étrangers d'une certaine ampleur, dans les secteurs du transport aérien, du coton, du palmier à huile, de la banane, de l'eau, du pétrole, etc. Les projets dans le domaine énergétique menés par la société AES Sonel (51% US, 49% Etat camerounais) en vue d'accroître la production d'électricité (barrage de Lom Pangar, centrale de Limbe...) vont générer des IDE non négligeables dans le pays au cours des années à venir.

Enfin, l'effet multiplicateur attendu de l'initiative PPTE, ainsi que la mise en oeuvre de l'aide française au travers du Contrat de désendettement et développement, D, viendront également influer sur les IDE.

2.2. Politique Camerounaise d'attractivité des IDE

a. Cadre juridique

Il existe au Cameroun un Code des investissements qui prévoit des avantages économiques, douaniers et fiscaux pour les investisseurs. Il s'agit d'un cadre assez incitatif dans la mesure où il prévoit des taux de douane modérés sur les équipements de production (10 %) avec une taxe sur le chiffre d'affaires (TCA) égale à zéro, ainsi que sur les matières premières entrant directement dans la fabrication des produits finis.

Pour éviter la concentration des unités industrielles dans les grands centres urbains, les entreprises sont encouragées à s'installer dans les zones éloignées, grâce à une réduction du revenu imposable d'un montant non reportable égal à 50 % des transports et utilités supportés, lorsque l'entreprise agréé est implantée en dehors des centres urbains. D'une manière générale, ce code des investissements prévoit des garanties générales et des avantages accordés, quel que soit le régime applicable, notamment :

· la liberté d'exercer une activité économique au Cameroun à toute personne physique ou morale camerounaise ou étrangère ;

· la jouissance dans le respect des lois et règlements en vigueur des droits de toute nature en matière de propriété, de concessions et d'autorisations administratives à toute personne physique ou morale quelle que soit sa nationalité;

· le bénéfice de la pleine protection du droit camerounais à tout investisseur étranger (il reçoit un traitement égal à celui réservé aux personnes morales et physiques camerounaises) ;

· le libre transfert hors du territoire des revenus de toute nature provenant des capitaux investis ;

· la liberté d'entreprendre une activité économique au Cameroun ;

· le libre choix de la procédure judiciaire d'arbitrage et de règlements des conflits ;

· la libre conclusion et exécution des contrats utiles pour les intérêts de l'investisseur en matière financière et commerciale.

Pour les entreprises à vocation exclusivement exportatrices, il existe le régime de la zone franche qui est régi par des textes encore plus avantageux.

b. Au niveau de la gouvernance

Le phénomène de gouvernance au Cameroun demeure un aspect auquel les dirigeants doivent encore le plus s'attarder étant donnés les positions occupées par le pays en 1997 et 1999, qui fut classé comme le pays le plus corrompu de la planète selon le classement de Transparency International(TI). Le gouvernement a ainsi mis en place des mesures afin de lutter et de réduire la corruption. Lutte qui a porté des fruits et en 2008 le Cameroun occupe la 141ième place sur les 180 pays classés par Transparency International avec un indice de perception de la corruption de 2,3. Par ailleurs, des efforts importants sont en train d'être déployés, notamment, en matière:

· de gouvernance ;

· d'amélioration de l'environnement des affaires ;

· d'incitations à l'investissement ;

· d'amélioration de la qualité des infrastructures ;

· de renforcement des capacités scientifiques.

En matière d'environnement des affaires (corruption, insécurité juridique et judiciaire, harcèlement fiscal...), plusieurs réformes sont en cours dans le cadre du Programme National de Gouvernance qui prévoit :

· la mise en place d'une administration publique de plus en plus performante, citoyenne et au service du développement ;

· la mise en oeuvre progressive de la réforme sur la décentralisation des institutions afin de promouvoir le développement et la démocratie de proximité ;

· l'élaboration et la mise en oeuvre de la réforme de l'institution judiciaire afin qu'elle devienne toujours plus indépendante, proche du justiciable et garante de l'Etat de droit et de la sécurité juridique et judiciaire des populations et des investisseurs, ainsi que de leurs biens ;

· la maîtrise du développement par la poursuite des politiques économiques et financières saines et adaptées aux exigences de la globalisation.

Ø Concernant le Risque Pays 

Un pays est d'autant plus attractif aux investissements étrangers qu'il présente le moins de risque possible. Le pays est dit à risque lorsqu'il peut y avoir un changement politique brusque, lorsqu'il y règne une atmosphère de corruption endémique et la non transparence institutionnelle, lorsqu'il peut suspendre le paiement ou peut modifier unilatéralement sa dette, ou tout simplement lorsqu'il est en guerre. Ces situations peuvent compromettre les bénéfices d'exploitation comme la valeur des capitaux. Ainsi, le risque pays peut prendre plusieurs facettes et reste très présent dans les transactions internationales.

En 2008, le Cameroun est classé 164ième sur 181 dans le classement des pays les plus risqués du monde et occupe la 2nde place dans la sous région d'Afrique centrale, selon une enquête menée par la Banque Mondiale et la Société Financière Internationale. Le Cameroun a ainsi reculé d'une dizaine de place par rapport à sa position de 2007 où il était classé 154ième

Section III : déterminants de l'attractivité des IDE au Cameroun

Le Cameroun comme la majorité des pays de l'Afrique sub-saharienne est potentiellement doté en ressources naturelles qui constituent ainsi souvent un appât, permettant à ces pays d'attirer les IDE à la recherche des ressources naturelles.

Une étude menée en 1998 par la CNUCED aurait estimé qu'il y a de façon générale une forte probabilité qu'un dollar investi en Afrique aille dans les ressources naturelles et particulièrement dans le secteur pétrolier. Parmi les déterminants pouvant attirés les IDE au Cameroun on distingue par exemple :

a. Les ressources naturelles

Les principales sont :

Le pétrole : le pays possède plusieurs puits en exploitation et de nombreuses réserves non encore exploitées faute de moyens. Toutefois sa production annuelle s'élève à 4,5 de tonnes par an. De même les gisements découvert et non encore exploité de Bakassi constituent pour le pays d'importantes réserves.

Le gaz naturel : Le Cameroun dispose aussi d'un gisement considérable de gaz et de bauxite à Mini Martap et à Kribi dans l'Océan atlantique, lesquels seront exploitables bientôt. Le Cameroun possède la deuxième réserve en gaz d'Afrique sub-saharienne et le retard constaté dans son exploitation est dû au coût exorbitant qu'il nécessite. Il est sans nul doute vrai que ces gisements sont les prochaines cibles des IDE dans la CEMAC. Son exploitation nécessite

4 milliards de $ US d'investissement et une firme Américaine vient de remporter ce marché que d'aucuns qualifient déjà de marché du siècle au Cameroun. La firme financera conjointement l'exploitation du gisement avec le gouvernement Camerounais.

La forêt : le Cameroun dispose d'un grand couvert forestier qui couvre tous les pays d'Afrique centrale. Cette forêt tropicale est la deuxième grande forêt tropicale du monde après la forêt amazonien. Malheureusement cette forêt connaît une réduction sérieuse de 6% par an due à la pression humaine croissante. Le bois tropical est un produit à valeur élevée qui s'exploite et se commercialise facilement, d'où la forte attractivité que ce secteur exerce sur les investisseurs. L'exploitation forestière peut donc générer d'importants bénéfices avec relativement peu d'investissements, et c'est à juste titre que les investissements étrangers dans le secteur forestier existent ici. Mais force est à ne pas oublier que l'exploitation de la forêt au Cameroun doit se faire aujourd'hui en tenant compte de l'objectif global de protection de l'environnement.

L'agriculture : le Cameroun dispose d'un potentiel agricole considérable, couvrant deux écosystèmes différents, avec une zone forestière et une zone sahélienne, le territoire se prête à une grande variété de productions. On peut les classer dans deux grands groupes: les cultures vivrières destinées à l'alimentation et les cultures de rentes destinées à l'exportation. Pour ce qu'il est des cultures de rentes, le pays pratique les principales cultures suivantes : café, cacao, coton, thé huile de palme, banane, tabac.

b. Autre déterminants

Main d'oeuvre abondante et bon marché : En ce qui concerne les coûts de la main d'oeuvre, ces derniers sont de loin très bas que dans les pays industrialisés. Le tableau 3 présente les salaires mensuels moyens du secteur privé au Cameroun.

Répartition des salaires au Cameroun par Secteur (FCFA)

 

Salaire moyen de base

Salaire moyen ajusté*

Secteurs

Cadre

Agent de maîtrise

Cadre

Agent de maîtrise

Agriculture et agroalimentaire

497 590

179 176

693 250

215 150

Industrie manufacturière

564 458

230 651

789 798

286 861

Transport et auxiliaire

369 231

233 750

593 500

319 808

Finances (banque, assurance)

300 000

215 000

512 500

291 916

Commerce et distribution

658 333

283 750

867 193

336 241

Autres services

495 000

241 271

728 771

312 662

Source : GICAM (2005)

*le salaire moyen ajusté comprend tous les avantages financiers.

Ø L'infrastructure :

Le Cameroun par sa position géographique représente un point stratégique pour les pays de la sous région d'Afrique centrale et également un atout pour le pays en vue d'attirer les IDE. Car disposant d'une ouverture sur la mer, de 3 aéroports aux trafics internationaux, et d'un assez important réseau routier, qui peuvent constitués des déterminants d'attractivité de l'IDE.

Comme le démontre certains auteurs tel que Assiedu (2002), qui avance que les infrastructures sont indirectement liées aux IDE en Afrique Sub-saharienne : les IDE dans cette région sont axés sur les ressources naturelles et nécessitent des infrastructures adaptées.

En matière de télécommunications, des investissements importants sont en cours pour étendre les réseaux sur toute l'étendue du territoire national.

Conclusion

Ce chapitre avait pour objectif de faire ressortir les différents aspects de l'attractivité que représente le Cameroun face aux IDE. Il ressort de cette revue que certains problèmes liés au développement des infrastructures, à la corruption, le risque pays, freinent le développement des IDE dans le pays. Mais certains efforts notables ont été accomplis par les autorités dans le but de rendre le pays économiquement et politiquement attirant. La Cameroun faisant partie de la sous région d'Afrique centrale et membre de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaire (OHADA) bénéficie ainsi des politiques mises sur pied par cette organisation pour attirer les investissements en Afrique et dans la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale) qui se résume en trois points essentiels :

1) la réglementation et le renforcement de la bonne gouvernance (Etat de droit, charte des investissements) ;

2) le renforcement et la consolidation de la stabilité économique et budgétaire par la politique de convergence macroéconomique au sein de la CEMAC (taux d'inflation, masse salariale etc.),

3) de favoriser l'exploitation des ressources naturelles existantes et améliorer les infrastructures.

CHAPITRE III

``Etude Théorique et Evaluation Empirique''

Chapitre III : Etude théorique et évaluation empirique

Introduction :

L'arrivé des modèles néo-classique tels que celui de Solow(1957), a changé le domaine de recherche, en accordant une grande importance au changement technique et au rôle que peuvent jouer des éléments tels que l'amélioration de l'organisation de la production dans l'économie. Le modèle de Solow avec l'hypothèse des rendements décroissants du capital, stipule que les économies qui ont un niveau initial du stock de capital par tête plus faible, tendent à avoir des rendements d'échelle et de taux de croissance plus élevés. Ce qui leur permettra de converger à long terme vers les pays riches.

L'avènement de la théorie de la croissance endogène a encouragé la recherche sur les canaux, par le biais desquels, l'IDE peut promouvoir la croissance à long terme. L'IDE peut contribuer significativement à l'accroissement du stock des connaissances dans le pays d'accueil, non seulement en fournissant des nouveaux bien d'équipement et de nouveaux procédé de production, mais d'avantage en offrant un nouveau savoir-faire en management et en améliorant le niveau des qualifications pouvant être diffusées aux firmes locales.

Pour bien appréhender les effets des IDE sur la croissance, nous avons divisé ce chapitre en deux sections. La Première section présente un modèle théorique de croissance endogène prenant en considération les IDE. En occurrence nous détaillerons le modèle développé par BORENSZTEIN, DE GREGORIO et J-W-LEE en 1998. La deuxième section portera sur une analyse empirique de l'effet des IDE sur la croissance, cette étude portera sur le cas du Cameroun.

SECTION I : modèle de croissance de borenstztein. E, de Gregorio. J, J-W- Lee (1998)

Le modèle développé par Borenstztein E, DE Gregorio et J-W-LEE est un modèle purement théorique qui permet de dériver un taux de croissance de l'économie en situation de croissance équilibrée. Le modèle est fondé sur un certains nombre d'hypothèses qui permettent de définir un cadre approprié de travail.

a- Hypothèses du modèle

H1 : par analogie aux modèles de Romer(1990), Grossman Helpman(1991) et Barro & sala-i-martin(1995), le progrès technique dans l'économie est dû à une introduction des nouvelles variétés des biens capitaux.

H2 : la technologie utilisée pour produire un seul bien de consommation finale et un ensemble de biens intermédiaires et capitaux est de la forme :

(1)

Où :

 : désigne la production

 : désigne le capital humain

 : désigne le capital physique

 : désigne l'état de la technologie

H3 : l'accumulation du capital physique se fait par l'expansion du nombre de variétés des biens capitaux .

H4 : le stock de capital domestique est donné par :

(2)

Avec est la quantité produite d'un bien .

H5 : le capital total est composé d'un nombre des variétés des biens capitaux. Le nombre total des variétés des biens capitaux est , dont les variétés produites par les firmes étrangères et les firmes locales sont respectivement et soit

(3)

H6 : les biens sont supposés vendus aux producteurs du bien de consommation final au prix

(4)

H7 : une augmentation dans le nombre des variétés des biens capitaux nécessite processus d'adaptation de la technologie disponible dans les pays développés. Cependant, ce processus d'adaptation de la technologie est coûteux, il entraîne un coup fixe dans le secteur des biens capitaux de la forme :

Et (5)

Ce coût fixe dépend négativement de la part relative des entreprises étrangères dans l'économie locale qui n'est autre que l'IDE. En effet, la réduction de coût d'introduction des nouvelles variétés des biens capitaux affecte la croissance économique des PED puisqu'il est avantageux d'imiter des technologies des pays développés que de les innover.

L'IDE dans l'économie hôte mesuré par est selon le modèle un canal principal du progrès technique et le processus de rattrapage se fait au fur et à mesure qu'on adopte les technologies avancées.

Le coût fixe dépend positivement du nombre des variétés locales des biens capitaux par rapport à ceux produits à l'étranger . En effet, si dans un pays est faible, le coût d'adoption des nouvelles technologies est faible t les possibilités d'imitation sont plus larges.

En plus du coût fixe , les producteurs des biens capitaux paient un coût marginal constant d'une unité pour la production d'une quantité .

A l'état stationnaire, avec un taux d'intérêt constant les producteurs des biens capitaux maximisent un profit :

(6)

b- Dérivation de l'équilibre

Pour déterminer l'équilibre, on égalise l'expression du taux d'intérêt de deux équilibres qui correspondent à des producteurs (optimisation du comportement des producteurs) et l'équilibre des consommateurs (optimisation des préférences).

b.1 Equilibre des producteurs

On dérive la quantité produite à l'équilibre de chaque bien j à partir de l'expression (4)

(7)

Les producteurs de biens capitaux sont symétriques, le prix d'un nouveau bien est :

(8)

Avec la libre entrée dans la branche de production des biens capitaux, la valeur actualisée de profit est égale à zéro :

(9)

L'expression du taux d'intérêt est :

(10)

Avec :

b.2 Equilibre des consommateurs

Les consommateurs maximisent une fonction des préférences de la forme suivante :

(11)

C : est la consommation du bien final.

Le taux de croissance de la consommation en fonction du taux d'intérêt est dérivé à partir de cette maximisation.

Sous la contrainte :

Le Hamiltonien courant s'écrit :

(12)

L'égalité des taux d'intérêts donnés respectivement par (10) et (12) détermine le taux de croissance de l'équilibre stable de l'économie.

(13)

L'équation (13) montre que l'IDE mesuré par la part relative des firmes étrangères existantes dans l'économie local réduit le coût d'introduction des nouvelles variétés des biens capitaux. Le taux de croissance de l'économie dépend donc, inversement de ce coût fixe assumé par les producteurs des biens capitaux. Ils augmentent avec l'entrée des firmes étrangères dans l'économie puisque ces dernières exercent des effets externes en matière de technologie sur les producteurs des biens capitaux.

L'effet de l'IDE sur la croissance économique est positivement associée au niveau du capital humain et donc à la capacité du pays hôte d'assimiler les nouvelles technologies. En effet, un niveau plus élevé du capital humain dans le pays hôte entraine un effet élevé de l'IDE sur le taux de croissance de l'économie.

SECTION II : estimation du modèle et résultat

a. Modèle et Spécification

Pour évaluer empiriquement l'effet des IDE sur la croissance économique camerounaise, nous avons construit le modèle définit comme suit :

PIBR = produit intérieur réel

IDE = Stock d'investissement direct étranger dans le pays

BC = solde commerciale

EXP = taux de croissance des exportations

INVPIB = Investissement National en proportion du PIB

POP = population totale

å = terme d'erreur

b. Spécification du modèle

Les facteurs qui déterminent les décisions d'investissement sont variés et ne relèvent pas du seul domaine économique. L'équation estimée englobe les variables quantifiables les plus fréquemment utilisées comme déterminants de la croissance. On admet certes qu'il existe des facteurs qualitatifs tels que la stabilité politique, les politiques incitatives qui sont d'une importance cruciale pour la détermination de la croissance. Mais les difficultés et les controverses afférentes à la définition et la quantification de ces variables, nous empêchent de les introduire dans cette analyse.

La variable PIBR représente l'hypothèse de croissance et à un degré moindre l'hypothèse de la dimension du marché. L'hypothèse de grandeur de marché souligne la nécessité d'un marché assez large pour l'utilisation efficace des ressources et l'exploitation des économies d'échelles. Selon cette hypothèse l'augmentation de la taille du marché peut engendrer l'arrivée des flux d'IDE, voire leur augmentation (Scaperlanda et Mauer, 1969 ; Torrisi, 1985). L'hypothèse de croissance prévoit une relation positive entre IDE et PIBR, elle stipule qu'une croissance rapide de l'économie offre relativement de meilleures opportunités pour faire des bénéfices qu'une économie qui croît lentement ou qui n'accuse aucune croissance (Lim, 1983). La relation entre la balance commerciale (BC) et PIBR est un peu controversée, les opinions étant partagées à ce sujet. Il est admis, d'une part, qu'un déficit commercial assez élevé du solde commercial extérieur affecterait le taux de croissance de l'économie donc le niveau de revenu et pourrait stimuler une certaine attraction pour l'IDE, ceci dans le but de poursuivre une politique de diversification des exportations et des stratégies de substitution des importations. Mais, d'autre part, un solde commerciale extérieur excédentaire peut aussi refléter le dynamisme, la bonne santé d'une économie et ipso facto servir d'attraction pour l'IDE (Torrisi, 1985).

Ainsi on s'attend à ce que le coefficient de IDE soit positif et que celui de la BC soit positif ou négatif. Sous l'hypothèse de modernisation, l'IDE stimule la croissance économique en apportant du sang neuf et de par cette croissance tous les autres secteurs de l'économie en bénéficient. Ainsi il est considéré comme un moteur de croissance pour les pays les moins avancés, donc on s'attend à ce que les coefficients des deux autres variables soient positifs. La variable EXP doit sa place dans cette équation du fait qu'on est unanime à reconnaître que les exportations stimulent la concurrence, permettent la réalisation d'un certain avantage comparatif, donnent aux pays la possibilité d'acheter des biens et services sur le marché international et leur offrent l'opportunité d'avoir accès aux nouvelles technologies aussi bien qu'aux nouveaux systèmes de gestion managériales. La variable POP représentant la population totale dans le pays à un instant est ici une variable déterminante dans la croissance et peu également stimuler les flux d'IDE qui sont à la recherche d'une main d'oeuvre abondante et bon marché.

c. Méthode d'estimation

Pour ce travail nous utilisons les données du CNUCED couvrant la période s'étalant de 1980 à 2006. Les paramètres seront estimés par la méthode des MCO (Moindres Carré Ordinaires) à partir du logiciel SPSS.

Nous partons pour ce fait du principe que toutes les hypothèses des MCO sont remplies et plus précisément l'hypothèse de l'absence d'auto corrélations des termes d'erreurs et des variables endogènes. Car dans plusieurs cas de figure, et au vu de la spécification de notre modèle, les variables qualitatives stocker dans le terme d'erreur peuvent avoir une influence significative sur les variables endogènes, comme par exemple les barrières que l'Etat pourrait imposer à l'entrée des marchandises dans le pays comme les droits de douane peuvent avoir des effets sur les importations et les exportations, d'où une éventuelle corrélation entre ces derniers. Pour pallier à ce type de problème, les chercheurs utilisent habituellement la méthode des moindres carrées généralisées (MCG) qui permet ainsi de prendre en compte les différentes dépendances possibles (auto corrélation ou hétéroscedasticité) entre les variables exogènes et les termes d'erreurs. De même il peut exister un problème de multi colinéarité qui n'est pas à exclure dans ce cas de figure. Il serait donc plus recommandé d'utiliser une autre méthode d'estimation (MCG, méthode à équation simultanées...) afin de pallier à ces problèmes.

Dans notre cas, nous avons choisit d'utiliser les MCO pour estimer notre modèle, n'est toute fois pas à exclure car, elle permet malgré ses hypothèses simplificatrice de faire ressortir les relations et les influences des variables exogènes sur la variable endogène, relations qui pourront nous permettre d'affirmer dans une moindre mesure si les variables exogènes agissent de façon significative ou non sur la variable endogène et de mesurer l'impact de ces dernières sur la croissance du pays plus particulièrement la relation taux de croissance - IDE, qui constitue ici notre centre d'intérêt.

d. Résultats de l'estimation dans l'économie camerounaise

Les résultats de la régression obtenus avec le logiciel SPSS11.5 dans le cas de l'économie camerounaise sont donnés dans les tableaux suivants.

Model

Coefficients

t

Sig.

B

Std. Error

 
 
 

(Constant)

8012.753

1994.915

4.017

.001

 

IDE

3.533

.652

5.422

.000

 

SBC

-1.442

.710

-2.031

.055

 

INVPIB

36.606

41.740

.877

.390

 

POP

.294

.148

1.986

.060

 

EXP

-.977

.696

-1.404

.175

Variable dépendante : PIBR

Model

R Carr

R carr Ajust

Std. Error of the Estimate

1

.952

.940

735.58360

Predictors: (Constant), EXP m, INVPIB, SBC m, POP ml, IDE m

A près remplacement des valeurs des cofficients dans l'équation du modèle, nous obtenons l'équation suivante, qui reflète l'évolution du PIBR en fonction des paramètre du modèle.

Les résultats obtenus ci dessus sont assez satisfaisant, les coefficients sont de signe attendus à l'exception du signe du coefficient de la population qui est ici positif. Ce qui signifierait que la population agit de façon positive sur la croissance du pays, ce qui serait contraire à certaines théories de la croissance qui stipulent une relation négative entre l'évolution du Produit Intérieur brut et la croissance de la population. La valeur de R-carré est assez élevée ici (0.952) ce qui témoigne que les variables explicatives expliquent bien l'évolution du Produit Intérieur Brut. Le fait que le coefficient des IDE soit significatif à 0,05 pour cent (et à 1pour cent), fait ainsi ressortir que les IDE agissent de façon significative dans l'augmentation du PIB et partant de ce fait permettent d'améliorer la croissance dans le pays. Le coefficient des IDE (3.533) montre que toute augmentation des IDE de 1 % implique une augmentation de la production du produit intérieur brut de 3.533 % toutes choses égales par ailleurs. Cette forte dépendance entre le produit intérieur brut et les IDE pourrait se justifier par les nouvelles stratégies mises en place par le pays cette dernière décennie afin d'attirer les capitaux étrangers telle que : la privatisation, l'exploitation des produits pétroliers et de plusieurs domaines énergétiques,... ce qui a conduit à une augmentation des IDE dans le pays et favoriser ainsi la croissance par le biais de l'augmentation du PIBR.

Le coefficient du SBC est significatif à 10% dans le cas du Cameroun, cela peut se comprendre du fait que depuis quelques années, le pays s'efforce d'améliorer sa balance de payement en encourageant les secteurs de production favorables à l'exportation. Le signe négatif de ce coefficient qui traduit une corrélation négative entre le PIB et le solde de la balance commercial pourrait laisser penser qu'une détérioration de la balance de commerciale agira en faveur du niveau de PIBR et serait donc de ce fait favorable à la croissance dans le pays. Tous les autres coefficients de l'équation sont de signe escomptés et à l'exception du coefficient de la population qui affiche un signe positif ici, ce qui serait contradictoire au fait qu'un taux de croissance démographique élevé induit une baisse du taux de croissance de l'économie. Toutefois, ce ci ne signifie pas que ces variables ne sont pas pertinentes dans la détermination du produit intérieur brut, elles le sont vue les valeurs assez élevés des paramètres.

Les résultats reflètent assez la situation économique du pays, le bas niveau d'IDE comparativement aux autres pays de la zone et de la sous régions se traduit par le manque de développement des infrastructures d'attraction des IDE, ce problème est actuellement la priorité du gouvernement qui s'est engagé à promouvoir les secteurs de l'économie pouvant attirer les IDE et de mettre en valeur les déterminants d'attractivité de ces derniers. Pour sortir de ce problème il faut se retourner également vers d'autres types de mesures pouvant attirer l'IDE. Ce qui pourra nous conduire à la théorie d'adaptation institutionnelle comme déterminant des IDE pouvant influer sur le niveau du PIB et donc sur la croissance. De ce fait, notre analyse peut ouvrir la voie sur d'éventuelles recherches sur l'adéquation de la théorie de l'adaptation institutionnelle dans le cadre des IDE au Cameroun.

Conclusion Générale

Les investissements directs étrangers sont importants pour les pays en développement, dans l'optique du développement durable, car ils représentent des apports de capitaux. Ils traduisent la confiance des investisseurs étrangers dans l'économie d'un pays, et montrent aussi le degré d'ouverture d'un pays à l'économie mondiale. La plupart des études économétriques concluent qu'au-delà de son impulsion macroéconomique initiale, l'IDE influence la croissance en améliorant, la productivité totale des facteurs et plus généralement, l'efficience de l'utilisation des ressources dans l'économie bénéficiaire ; au-delà de l'incidence qu'aurait normalement un investissement local. Pour les pays en développement, les économies émergentes et les pays en transition, l'IDE est devenu une source de plus en plus importante de développement économique et de modernisation, de croissance de revenus et d'emplois. Une large majorité d'études montrent que, avec des politiques adéquates dans les pays d'accueil, et un niveau minimum de développement, l'IDE a des retombés technologiques, contribue à la formation de capital humain, facilite l'intégration aux échanges internationaux, favorise la création d'un climat plus compétitif pour les entreprises et améliore le développement des entreprises. Tous ces facteurs contribuent à l'accélération de la croissance économique, instrument le plus puissant pour lutter contre la pauvreté dans les pays en développement.

Dans le cas du Cameroun qui fait objet de notre étude, pour la période étudiée, on a pu constater que les IDE contribuent fortement à l'amélioration du PBI réel dans le pays, tel n'est pas le cas pour le solde courant de la balance commerciale. On a pu aussi constater d'autre part un effet positif de l'investissement en proportion du PIB réel sur la croissance du PIB réel, de même les exportations contribuent de façon négative à l'augmentation du PIB. Mais en général, cet effet est de moindre portée. Cela s'explique par le fait que les avantages nets de l'IDE ne sont pas automatiques et que leurs ampleurs sont corrélées avec le contexte du pays hôte. Il aurait fallu que le Cameroun ait atteint un certain niveau de développement en matière d'éducation, de technologie, d'infrastructures, de santé et de cadres réglementaires adéquats pour pouvoir tirer pleinement profit d'une quelconque présence étrangère sur son marché, et simultanément attirer davantage d'IDE. Tel est le principal objectif des pouvoirs publics qui se sont lancé depuis peu à la pratique des politiques visant à renforcer les déterminants des IDE et attirer ainsi les Investisseurs étrangers à venir s'installer au Cameroun. On remarque ainsi que l'effet économique final de l'IDE sur le Cameroun, un pays qui n'a guère d'autres possibilités de faire appel à des moyens de financement, dépend essentiellement des politiques mises en oeuvre par les autorités de ce pays.

D'une part, il est à noter que l'IDE contribue à l'amélioration du Produit intérieur Brut du pays et de ce fait conduit à la croissance de l'économie d'autre part l'effet inverse est envisageable car la croissance de l'économie peut contribuer à attirer davantage d'IDE, mais tout comme l'aide publique au développement, il ne peut être considéré comme le principal remède aux problèmes de développement. Ses effets positifs ne sont pas moins tributaires de l'adoption en temps utiles de mesures adéquates par les autorités nationales compétentes qui sont au nombre de trois ordres :

· amélioration du contexte macroéconomique et institutionnel général.

· création d'un cadre réglementaire propice aux entrées d'IDE.

· amélioration des infrastructures, de la technologie et des compétences humaines pour les porter à un niveau tel que l'on puisse pleinement exploiter les avantages potentiels de la présence d'entreprises étrangères.

De ce fait, le Cameroun a encore beaucoup à faire pour, attirer davantage d'IDE et pour, ensuite, en tirer le maximum de profits, dans l'optique d'une croissance économique soutenue, pour l'accélération du processus de développement du pays.

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ANNEXE

ANNEE

PIB réel en million $

IDE en million $

FBCF par rapport au PIB

Population totale en millier

Solde de la balance commerciale

Exportation en million de $

1980

10317.439

330.390

24.899

9078.130

-218.190

1384.180

1981

12076.626

465.780

22.705

9348.904

-322.110

1104.890

1982

12990.028

577.220

23.790

9625.055

-147.970

1062.530

1983

13879.096

791.040

23.759

9909.186

-248.520

975.530

1984

14915.539

808.710

22.790

10205.021

-226.010

885.970

1985

16124.782

1124.940

23.365

10514.988

-429.220

722.120

1986

17219.830

1034.240

22.620

10839.694

-921.660

782.060

1987

16849.139

1150.170

19.140

11177.474

-924.220

828.560

1988

15524.000

1242.530

15.657

11525.660

-346.570

926.930

1989

15249.271

1156.800

15.559

11880.476

11.750

1272.660

1990

14309.746

1043.970

15.023

12238.909

602.210

2002.130

1991

13771.121

1029.470

26.824

12600.397

660.850

1834.020

1992

13351.080

1058.670

26.825

12964.906

677.530

1840.370

1993

12929.439

1063.800

13.671

13330.621

781.480

1883.160

1994

13224.898

1054.790

12.571

13695.543

402.920

1486.300

1995

13856.034

1062.080

13.296

14058.403

551.780

1630.310

1996

14580.639

1163.400

14.240

14417.597

401.780

1606.110

1997

15378.839

1241.730

15.130

14773.610

189.400

1685.850

1998

16165.589

1456.840

15.045

15129.840

175.850

1670.980

1999

16853.360

1441.350

14.859

15491.143

285.200

1600.940

2000

17620.884

1600.150

16.721

15860.778

349.440

1833.070

2001

18416.707

1673.440

20.311

16240.110

-99.330

1749.020

2002

19154.562

2275.180

19.789

16627.376

-66.000

1802.040

2003

19958.523

2658.180

14.830

17018.907

82.640

2246.040

2004

20980.243

2977.520

18.910

17409.433

71.720

2478.020

2005

21525.729

3202.180

19.607

17795.149

369.100

3104.250

2006

22427.657

3511.180

21.463

18174.696

757.530

3908.000

Source : CNUCED 2008 (Ghana) et Banque Mondiale

(Tableau 1)

REPARTITION DES SALAIRES AU CAMEROUN

 

Salaire moyen de base

Salaire moyen ajusté*

Secteurs

Cadre

Agent de maîtrise

Cadre

Agent de maîtrise

Agriculture et agroalimentaire

497 590

179 176

693 250

215 150

Industrie manufacturière

564 458

230 651

789 798

286 861

Transport et auxiliaire

369 231

233 750

593 500

319 808

Finances (banque, assurance)

300 000

215 000

512 500

291 916

Commerce et distribution

658 333

283 750

867 193

336 241

Autres services

495 000

241 271

728 771

312 662

(Tableau 2)

STOCK D'IDE DANS LE MONDE EN MILLION DE DOLLARS ($) US

Année

Cameroun

PVDAC

PVDA

PVD

MONDE

1980

330.390

2097.803

39836.408

140356.305

551221.384

1981

465.780

2442.966

39765.055

159934.324

601607.868

1982

577.220

2844.415

41514.933

183567.101

637000.827

1983

791.040

3142.594

41688.459

197235.130

670718.644

1984

808.710

3254.533

39783.087

208844.858

709844.917

1985

1124.940

4004.833

41716.665

222562.031

804195.411

1986

1034.240

4328.362

44367.369

238574.442

936712.509

1987

1150.170

4663.481

48563.223

265898.889

1140049.341

1988

1242.530

5022.677

48739.020

288170.615

1298778.904

1989

1156.800

5114.051

53747.665

317953.601

1511655.349

1990

1043.969

4769.441

59517.551

364682.533

1779197.855

1991

1029.471

5450.288

64006.517

403412.265

1939356.175

1992

1058.675

5893.703

67893.377

453322.055

2006578.466

1993

1063.796

6407.135

72222.812

531191.843

2182634.940

1994

1054.790

6517.789

80503.631

596412.257

2421200.356

1995

1062.082

6882.045

86634.827

675233.211

2761271.009

1996

1163.398

7061.024

89153.882

801956.165

3083105.684

1997

1241.734

7366.840

100516.148

1111464.292

3522058.228

1998

1456.844

9213.807

108881.861

1224051.556

4168215.351

1999

1441.350

12269.284

153248.246

1558687.290

4939445.765

2000

1600.152

12269.284

153220.619

1707639.404

5810188.671

2001

1673.437

17372.474

150359.431

1786913.403

6210762.295

2002

2275.183

21187.705

165273.847

1727499.149

6789206.147

2003

2658.184

24682.820

202979.286

1978067.069

8185386.680

2004

2977.519

28836.463

240918.484

2287693.886

9570522.085

2005

3202.178

31237.928

271476.177

2621614.666

10048015.152

2006

3511.176

33578.476

315127.890

3155855.601

11998838.367

PVDAC : Pays en voie de développement d'Afrique centrale

PVDA  : Pays en voie de développement d'Afrique

PVD  : Pays en voie de développement

(Tableau 3)

GRAPHE RAPPORT ENTRE LES IDE ET LE PIB REEL du Cameroun (1980-2006)

(Graphe 1)






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