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La problématique de l'exploitation minière artisanale dans la province du Katanga ( cas du district de Kolwezi)

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par Joseph KUMWIMBA MUSAO
Institut Supérieur d'Etudes Sociales - Licence en sociologie industrielle 2009
  

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0.3. Etat de la question

Dans le but d'éviter les redites, de prélever les failles ainsi que les conclusions auxquelles les autres chercheurs ayant abordé le même thème ont abouti, cette phase de la recherche scientifique nous a été d'une importance capitale.

Dans cette rubrique, nous retraçons certaines idées sur les travaux de nos prédécesseurs et nous dirons en quoi notre travail est original ou en quoi consiste notre dépassement.

Cette partie nous a permis, par des lectures soutenues de faire un éventail ou un bilan des connaissances antérieurement acquises (préacquis) ainsi que de tous les différents documents écris (ouvrages, mémoires, articles, revues ...) que nous avons dû consulter pour l'élaboration de ce mémoire.

Ces divers documents consultés nous ont servi des références et ont sans doute enrichi la partie théorique de ce mémoire.

En voici les résumés critiques :

Le groupe one ASBL, dans son rapport d'activités 2006 intitulé « lutte contre le travail des enfants dans les mines artisanales d'hétérogénite au sud du Katanga (bassins de Kalukuluku et de la Ruashi)1(*) a abordé la problématique du travail des enfants dans les carrières. Il a dénoncé les abus d'exploitation dont ils sont l'objet et a proposé le processus d'évacuation de ces derniers dans les mines. Il a donné son plan de réalisation qui passe par les recherches en matière de travail infantile minier au Katanga, la prévention du travail infantile minier, la réinsertion durable d'enfants creuseurs artisanaux et la sensibilisation et la responsabilisation d'opérateurs économiques.

Ce rapport s'articule aux enjeux du projet qui consiste en :

· L'information et la sensibilisation communautaire,

· La formation et l'éducation ;

· La reconversion du secteur minier artisanal ;

· L'encadrement et la formalisation du secteur minier artisanal ;

· L'exploitation des ressources naturelles et la bonne gouvernance économique ;

· La responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Enfin, le groupe one a mis en place des stratégies consistant à

ü Prévenir le travail des enfants dans les mines par des interventions qui concourent à maintenir tout enfant de moins de 18 ans hors de sites miniers ;

ü Retirer et réinsérer 500 enfants creuseurs du travail dans les mines : le projet vise à retirer ces enfants des mines et à leur offrir une alternative viable et durable au travail dans la mine.

ü Impliquer socialement les opérateurs économiques ; le projet développe une triple stratégie afin d'accroître l'implication des opérateurs économiques tout au long de la filière d'exploitation, de transformation et de commercialisation de cuivre et de cobalt.

Pour sa part, MUJINGA TSHIKUTA Arsène, dans son rapport de fin d'études cycle long technique, option sociale ayant pour titre : « l'attitude de la mairie face à la fermeture des carrières d'exploitation artisanale et ses conséquences sur la vie socio-économique »2(*), a fait la genèse de l'exploitation artisanale qui a débuté au Katanga lorsque la Gécamines, qui à l'époque était la seule productrice de cuivre et de cobalt, a connu une forte récession. L'option était la privatisation du secteur minier et l'artisanat est devenu une disposition palliative.

Il a également donné les raisons qui expliqueraient la fermeture de certains sites d'exploitation artisanale telles que la présence des produits radioactifs très dangereux surtout pour les enfants et les femmes, l'exploitation des enfants avec ses conséquences comme la délinquance juvénile, l'analphabétisme, privilégier l'exploitation mécanisée et industrielle plus rentable. Comme conséquence, il a relevé le chômage, la paupérisation des familles qui hier vivaient de l'artisanat minier ; le banditisme.

Faustin KUEDIASALA, dans son article : « problématique de l'exploitation minière artisanale au Katanga »3(*), a contextualisé la pratique de l'exploitation minière artisanale qui trouve son droit de cité depuis la déconfiture de la Gécamines, passant par son institution par le code minier congolais promulgué en 2002,du reste renforcé par le règlement minier de 2003. Il dénonce l'escroquerie dont était l'objet les creuseurs perpétrée par la Gécamines à travers son département NOUCO qui devait coopérer avec l'association des exploitants miniers artisanaux du Katanga(EMAK). Il fustige la manière dont les concessions Gécamines sont envahies par des éléments incontrôlés de l'armée qui s'adonnent également à l'exploitation artisanale et qui causent de l'insécurité tant pour la Gécamines que pour les creuseurs forcés souvent de travailler bénévolement au profit de nouveaux maitres des lieux.

Concluant son article Faustin a abouti à un constat pessimiste, que selon lui, « l'exploitation artisanale des mines au Katanga est un marché self-service et anarchique, à la limite de l'informel et duquel le pays ne tire en réalité aucun bénéfice substantiel. Tout au plus permet-il aux masses désoeuvrées de s'assurer provisoirement une certaine survie. Dans les conditions actuelles, il est illusoire de compter sur l'exploitation artisanale des mines pour générer les ressources liquides dans la RDC, en général et sa province du Katanga en particulier.

Ces propos pessimistes rejoignent certains autres plus alarmants de Baudouin HAMULI KABARHUZA qui au sujet de l'exploitation minière, il aborde le rôle de l'artisanat minier dans les activités illégales, la sécurité et le conflit en RDC.4(*)

Dans cet article HAMULI fustige les pratiques illégales dans le secteur artisanal malgré la promulgation en juin 2002 du code minier et l'adoption du règlement minier en mars 2003.

Il constate paradoxalement qu'on consacre l'exploitation artisanale sans que sur terrain qu'on ne détermine les zones y afférentes. En effet, il dénonce la violation des droits humains avec la pratique du travail des enfants dans les zones d'exploitation minière artisanale, comme une main d'oeuvre bon marché.

Dans la problématique de travail des enfants dans les mines artisanales au Katanga, le groupe one5(*), contextualise l'exploitation minière artisanale qui trouve son droit de cité avec la déconfiture de la Gécamines, vers la fin des années 80, précipitée par une série des problèmes tels que :

· L'éboulement de la mine souterraine de Kamoto à Kolwezi,

· La vétusté de son outil de production,

· Le manque d'investissement dans le renouvellement de l'outil de production, l'affectation irrationnelle des ressources de l'entreprise et,

· Le départ massif des agents de provinces de 2 Kasaï.

En conséquence, une grande partie des activités minières a été reprise par des exploitants du secteur informel qui exploitent de manière artisanale les concessions de la Gécamines. Ces travailleurs, appelés creuseurs, extraient l'hétérogénite dans les mines à ciel ouvert au moyen d'outils manuels (pioches, pelles etc.)

Poursuivant son propos, le groupe one constate la présence d'enfants et de femmes surtout dans les carrières d'extraction et autour des puits. Les conditions de travail de ces enfants sont mauvaises et surtout très dangereuses. Ils travaillent pieds nus et sans équipement de protection individuelle.

Congo blog Baleki, dans «  Kipushi : les femmes en lutte contre la misère »6(*)décrit la situation des femmes et des enfants de Kipushi qui, pour survivre, avec leurs marteaux, pioches, bêches et brouettes se livrent, sous le soleil de plomb, au concassage manuel des graviers de la carrière du puits 5 au quartier Lumumba. Cela dans le but de faire vivre leurs familles. Selon le blog, les femmes déplorent le désintéressement, l'indifférence, et surtout le manque d'une politique d'encadrement pour les femmes de Kipushi de la part du gouvernement provincial du Katanga.

Jean Marie MULULU MUGINIBWA, traitant de « l'exploitation minière artisanale et l'amélioration des conditions socio-économiques des exploitants et des habitants de l'hinterland minier à Likasi7(*) », a voulu savoir si l'exploitation minière artisanale contribue-t-elle à l'amélioration des conditions de vie des habitants et des exploitants de Likasi.

De ses analyses, il conclut qu'elle a diminué le nombre des sans emplois à Likasi et qu'elle est un facteur de l'amélioration des conditions socio-économiques des exploitants et des habitants de cette ville et qu'elle constitue également une activité de sauvegarde à la situation de manque d'emploi liée aux difficultés conjoncturelles que connaissent la plupart d'entreprises du pays en général et de la province du Katanga en particulier.

Quant à MUYUMBA NDAZWI Martin, dans «De l'exploitation minière artisanale et le développement économique local, expérience de SAESSCAM au Sud du Katanga 8(*)», abonde dans le même sens que MULULU en cherchant à ressortir la contribution de l'exploitation minière artisanale à l'amélioration des conditions socio-économiques et au développement de la province du Katanga.

A son questionnement, il conclut que la contribution de l'exploitation artisanale au développement local est loin d'être obtenu au regard des expériences tentées sur le terrain. Il pense que la mise à la disposition des moyens financiers au SAESSCAM facilitera le développement de ce secteur.

Dans la problématique du travail des enfants dans le secteur artisanal minier, cas de la ville de Lubumbashi, KASONGO WA KASONGO9(*), dénonce l'exploitation économique, les mauvaises conditions de travail dont sont victimes ces enfants qui sont, pour la plupart des enfants de ex ou travailleurs « dopés » et ou « partants volontaires Gécamines ».

Au centre de ses préoccupations, il considère la pauvreté des parents engendrée par la suppression du travail et de la précarisation de la vie, à la suite de salaire de misère et payé irrégulièrement.

Aussi, nous inscrivant dans cette perspective du plaidoyer à la faveur de la protection des enfants et des exploitants miniers artisanaux, car contraints de travailler dans des conditions inhumaines sans aucun encadrement étatique réel ; parfois laissés à la merci des opérateurs miniers véreux et des services étatiques qui profitent du dysfonctionnement dont cette activité semble incarner ;ce mémoire se voudrait d'être une analyse critique de la pratique de cette activité.

Ainsi, nous avons introduit la dimension « inefficacité d'encadrement technique et ignorance des textes juridiques » parmi les écueils qui entachent l'exploitation minière artisanale.

Enfin, nous avons essayé de comprendre les causes pour finalement tenter de proposer nos modestes contributions, voies et moyens en vue de juguler cette situation pour que les artisanaux et les communautés locales de notre province et du district de Kolwezi en particulier puissent y tirer profit.

* 1 Groupe one ASBL RDC-KT, lutte contre le travail des enfants dans les mines artisanales d'hétérogénite au sud du Katanga, rapport d'activités 2006.

* 2 MUJINGA TSHIKUTA Arsène, l'attitude de la mairie face à la fermeture des carrières d'exploitation artisanale et ses conséquences sur la vie socio-économique(rapport d'observation effectuée à la mairie de Kolwezi),rapport de fin d'études cycle long technique option sociale, institut technique Twayayi, Kolwezi,2009.

* 3 Faustin KUEDIASALA, « problématique de l'exploitation minière artisanale au Katanga », in le potentiel, édition 3679, Kinshasa, du samedi 18 mars 2006.

* 4 HAMULI KABARHUZA, le rôle de l'artisanat minier dans les activités illégales, la sécurité et le conflit en RDC, in conférence internationale sur la paix dans la région des grands lacs, 15-16 aout 2006, Kinshasa.

* 5 Groupe one, Problématique de travail des enfants dans les mines artisanales au Katanga, conférence du 15 au 16 octobre 2007, KINSHASA.

* 6 CongoBlog, Kipushi : les femmes en lutte contre la misère, in http//www.congoblog.net, 15 mars 2009.

* 7 MULULU MUGINIBWA, l'exploitation minière artisanale et l'amélioration des conditions socio-économiques des exploitants et des habitants de l'hinterland minier de Likasi (cas du site de SHAMITUMBA), mémoire de licence en sciences sociales, ISES-L'SHI, septembre 2000.

* 8 MUYUMBA NDAZWI, De l'exploitation minière artisanale et le développement économique local, expérience de SAESSCAM au Sud du Katanga, mémoire de licence en développement communautaire, ISES-L'SHI, 2008.

* 9 KASONGO WA KASONGO, la problématique du travail des enfants dans le secteur artisanal minier, cas de la ville de Lubumbashi, mémoire de licence en sciences du travail, ISES l'SHI, juillet 2006.

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