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Impact socio-économique des programmes économiques du gouvernement de la République Démocratique du Congo de 1997 à  2008


par Willy ILUNGA TSHIBANGU
Université Libre de Kinshasa - Licence en économie de développement 2009
  

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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE

UNIVERSITE LIBRE DE KINSHASA

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

 L'IMPACT SOCIO-ECONOMIQUE DES PROGRAMMES ECONOMIQUES DU GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO DE 1997 A 2008, STRATEGIES D'AVENIR. 

par 

Willy ILUNGA TSHIBANGU

Mémoire présenté pour l'obtention

du titre de Licencié en sciences économiques

Option : Economie de Développement

-Sous la direction du Professeur

M. NZANDA-BUANA Kalemba

- Rapporteur : Assistante

Rachel MASAMU Landu

Année Académique 2008-2009

DEDICACE

Je dédie ce travail à ma défunte fille Nice Mukanya Tshibangu,

décédée en septembre 2006 à l'age de 17 ans ;

Elle qui n'avait jamais cessé de me demander de rentrer à l'université

car elle voulait avoir un papa licencié.

AVANT-PROPOS

A l'issue de ce cycle de licence en Economie de Développement, nous nous faisons un agréable devoir de remercier de tout coeur tous ceux qui ont contribué de quelle manière que ce soit à nos études.

Notre reconnaissance s'adresse en premier à Dieu Tout Puissant qui par sa miséricorde et sa bonté a permis que nous puissions arriver au terme de nos études.

Nous resterons obligé vis-à-vis de l'Université Libre de Kinshasa (ULK), qui malgré les multiples difficultés et l'environnement combien difficile, n'a ménagé aucun effort afin de nous dispenser un enseignement de qualité. A travers cette institution nous disons grand merci aux autorités académiques et à tous nos professeurs, chefs de travaux et assistants.

Nous tenons particulièrement à remercier, à tout seigneur tout honneur, le professeur Mathias Nzanda-Buana Kalemba, qui, en dépit de ses multiples occupations, a bien accepté de diriger notre présent mémoire de mains de maître, ses remarquables suggestions nous ont largement inspiré. Qu'il daigne trouver ici l'expression de notre profonde gratitude. Nous n'oublions pas l'assistante Rachel Masamu Landu, pour son suivi et son soutien moral en tant que rapporteur.

Nous serons ingrat si nous passions sous silence l'aide précieuse que nous a apportée le professeur Kabeya Tshikuku que nous avons consulté pendant la rédaction de notre travail, et qui n'a pas hésité un seul instant à partager avec nous les préoccupations qu'on avait sur tel ou tel problème en rapport avec notre étude, en nous donnant des sages conseils et en étant toujours disponible, qu'il trouve ici l'expression de nos sincères remerciements et de notre reconnaissance. Notre gratitude va aussi à l'endroit du chef des travaux Joseph Lungwangu qui nous a fait profiter de sa documentation lors de la récolte des données.

Notre reconnaissance s'adresse également à toute notre famille, en particulier à notre chère et bien aimée épouse, Cathy Kabedi Kalenda et nos précieux enfants Christian Ilunga, Jonathan Kalenda, Roland Tshibangu et Dan Mubenga, qui ont consenti des sacrifices énormes pour l'accomplissement de nos études, ce travail est le fruit de leur amour et de leur abnégation, qu'ils en soient tous honorés. Comment oublier nos compagnons de vie de tous les jours, notre jeune soeur Natacha Manyonga, notre belle soeur Laetitia Kapinga, notre neveu Théo Ilunga, notre beau frère Pitchou Kamunga et son ami Georges Mongo ; nous les remercions tous pour l'amour et le soutien nous témoigné. Que notre ami d'enfance Simon Yamba Yamba accepte nos remerciements pour tous les encouragements et encadrement qu'ont a bénéficié de sa part

Nous remercions également nos amis de deuxième licence de la faculté de l'économie et de gestion, spécialement nos 9 collègues de promotion, avec qui nous formons la première promotion de l'économie de développement de l'ULK, pour l'esprit de solidarité et de tolérance qu'ils ont toujours témoigné à notre endroit ; ces pionniers sont : Alphonsine Kapinga, Armand Kwankata, Béthuel Paluku, Claude Nzeza, Esther Mbiyatta, Eugène Muwondo, Jérôme Liongo, Robert Kayembe et Séraphin Kazadi.

Que tous ceux qui de loin ou de près nous ont apporté un soutien moral, matériel ou financier, acceptent aussi nos remerciements

Willy ILUNGA TSHIBANGU

INTRODUCTION GENERALE

1. PROBLEMATIQUE

Considérée comme scandale économique, la République Démocratique du Congo (RDC), l'un des pays les plus potentiellement riches au monde en ressources naturelles diverses, occupant une position géopolitique stratégique en Afrique, et ayant une population jeune et vigoureuse, n'a pas su profiter de son extraordinaire potentiel ;

Près d'un demi siècle après son accession à l'indépendance, elle se débat dans un marasme économique inexplicable. Et même la grande euphorie et l'immense espoir suscités par les élections présidentielles, législatives et locales de 2006 semblent donner place à un désespoir qui s'apparente à une descente aux enfers au point que l'on est amené quelques fois à soutenir que le Congolais moyen vivait mieux du temps de la colonisation et même durant la deuxième République de MOBUTU ; et qu'aujourd'hui il serait devenu plus pauvre qu'il ne l'était il y a trois décennies.

« Quelles que soient les nuances que l'ingéniosité de l'économiste puisse introduire dans l'interprétation statistique, aucune analyse ne peut faire fi du paradoxe le plus frappant du continent ; pays le plus potentiellement riche d'Afrique, le Congo possède, en effet, une économie parmi les moins performantes du continent »écrit M. Nzanda-Buana K.((*)1)

L'économie congolaise est devenue une économie de survie repliée sur des activités de subsistance, des activités informelles. Malgré un taux de croissance positif depuis 2001, l'inflation est remontée à plus de 26% à fin 2008, le taux de change ne fait que se déprécier et le Congo était classé parmi les pays à l'IDH (indice du développement humain) faible, (0,391) suivant les statistiques de la Banque Mondiale pour l'année 2007.((*)2)

Les esprits sensés ne peuvent que s'émouvoir devant un tel désastre au point que d'aucuns n'hésitent à considérer le Congo comme un pays maudit.

Et pourtant les différents gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays ont élaboré une multitude des programmes, des plans et des nombreuses mesures institutionnelles, qui pour la plupart ont connu un triste sort d'échec.

Nous voudrions donc dans ce travail analyser quelques programmes et plans lancés par le Gouvernement congolais depuis 1997 jusqu'à ce jour pour juger de leurs résultats. Il s'agit entre autres de

· Programme triennal économique et social (1997 à 1999)

· PIR (le programme intérimaire renforcé) (2001 à 2002)

· PEG (le programme économique du Gouvernement) (2002 à 2005),

· PMURR (le programme multisectoriel d'urgence pour la réhabilitation et la reconstruction) (2002 à 2005);

· PRC (le Programme Relais de Consolidation) (Avril 2006 à décembre 2006)

· Document des stratégies de réduction de la pauvreté (DSRP et DSCRP final);

Tous ces programmes visaient la relance et/ou le maintien de la croissance économique, fort malheureusement jusqu'à ce jour, l'économie congolaise a connu globalement, au-delà des fluctuations conjoncturelles, un déclin prolongé du PIB réel et une dégradation continue de la situation sociale de sa population.

Mabi Mulumba, alors Président de la Cour des comptes de la RD Congo, a retracé les programmes économiques exécutés par le Gouvernement congolais avec ou sans appui financier des Institutions de Bretton Woods de 2001 à 2006 en soulignant que de 1990 à 2000 le Congo était sous embargo financier donc en cessation de coopération structurelle avec les institutions de Bretton Woods, suite entre autre à l'importance de son endettement extérieur évalué à plus ou moins 14 milliards de dollars US et à la cessation des paiements du service de la dette.(1(*))

Il a poursuivi que cette coopération a repris à la suite de l'exécution plus que satisfaisante du « Programme Intérimaire Renforcé (PIR) de juin 2001 à mars 2002. Ce programme sera suivi par le « Programme Economique du Gouvernement (PEG) », programme triennal soutenu par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC) approuvé par le Conseil d'Administration du FMI le 12 juin 2002.

Tshiunza Mbiye((*)4) quant à lui souligne le risque d'accroissement du service de la dette consécutif au nouvel accord de coopération signé en 2007 entre la République Démocratique du Congo et les entreprises Chinoises, alors que l'une des exigences des Institutions de Bretton Woods en vue de permettre au gouvernement congolais d'atteindre le point d'achèvement consiste à ne pas alourdir l'endettement extérieur pendant l'exécution du Document de stratégies de Croissance et de la Réduction de la Pauvreté (DSCRP) et de l'initiative Pays Pauvre Très Endetté (PPTE) au risque de replacer le pays dans la situation de surendettement et compromettre ses chances de croissance et de réduction de la pauvreté.

Au regard de ce qui précède, nous pouvons nous poser la principale interrogation suivante :

· Quel est l'impact socio-économique de ces programmes économiques que le gouvernement congolais applique de 1997 à ce jour ?

A cela nous pouvons ajouter les autres questions secondaires ci-après :

· A quoi tient la récurrence des échecs apparents au Congo en matière de stabilisation macroéconomique autrement dit à quoi serait dû l'échec dans l'exécution des programmes économiques du gouvernement congolais durant la période sous étude ?

· que nous révèle l'analyse des programmes exécutés par le gouvernement de la République Démocratique du Congo durant la période allant de 1997 à 2008 sous les aspects suivants : objectifs, montants affectés, bilans et impacts socio-économiques?

· Pourquoi certains indicateurs économiques sont restés au rouge, pourquoi la croissance du produit intérieur brut ne s'est pas accompagnée d'une amélioration du niveau de vie de la population congolaise ; pourquoi l'exécution des programmes s'est accompagnée d'une amplification des pillages des ressources naturelles de la République Démocratique du Congo ; pourquoi le taux d'inflation qui avait baissé à un certain moment est remonté par la suite ; pourquoi l'autorité monétaire du pays n'a pas recouru à la politique de taux d'intérêt et de taux de change pour stabiliser le cadre macroéconomique dont la stabilité est indispensable pour l'exécution réussie des programmes économiques ; pourquoi l'Accord signé par le Congo avec la Chine inquiète les experts du FMI ; etc.?

Notre problème consiste dès lors dans le constat d'inefficacité apparente des programmes économiques appliqués dans notre pays.

2. OBJET DE L'ETUDE

Un triple objet s'impose à notre étude. Il consiste

§ d'abord à expliquer l'inefficacité apparente des programmes économiques par l'inventaire des différents programmes de relance de croissance économique du pays de 1997 à 2008,

§ ensuite à comparer les résultats obtenus par ces programmes avec les objectifs préalablement arrêtés, et

§ enfin à proposer des solutions d'avenir qui tiennent compte de l'interaction des variables macroéconomiques dans un modèle de croissance et une vision du développement

3. OBJETIFS POURSUIVIS

L'objectif principal est dès lors de faire ressortir à partir d'une approche analytique approfondie, l'inefficacité et/ou l'inadaptabilité des différents programmes que le gouvernement de la République Démocratique du Congo a mis en place de 1997 à 2008 et proposer des nouvelles approches et visions qui tiendraient compte des choix rationnels des moyens et des hommes engagés dans le processus de croissance et de développement de notre pays.

L' objectif spécifique poursuivi est d'éclairer la lanterne des chercheurs et décideurs afin qu'ils sachent que les variables macroéconomiques à incorporer dans un programme économique doivent tenir compte des priorités, des niveaux de vie des populations et des niveaux du produit intérieur brut que l'on aimerait atteindre.

4. HYPOTHESES DE TRAVAIL

L'hypothèse étant « une proposition de réponse à la question posée, elle tend à formuler une relation entre les faits significatifs. Même plus ou moins précise, elle aide à sélectionner les faits observés»(2(*))

Pour notre étude nous formulons les trois hypothèses suivantes :

1. Les programmes économiques exécutés de 1997 à 2008 sont inefficaces et inadaptés par rapport aux objectifs arrêtés.

2. En outre ils sont inappropriés par rapport aux structures économiques, culturelles, sociales voire institutionnelles du pays.

3. La quasi-totalité des programmes du gouvernement de la République Démocratique du Congo ont été conçus sans référence, sans une vision nouvelle de développement intégrée ni à l'Afrique ni à l'empire marchand mondiale.

5. METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

Toute démarche scientifique use de manière variable d'un groupe de méthodes de compréhension et d'un autre groupe de méthodes explicatives.(3(*))

Dans ce mémoire et pour vérifier nos hypothèses, nous allons utiliser principalement les méthodes compréhensives  dont:

§ la méthode structurelle doublée d'une approche systémique afin de bien appréhender l'essentiel de la théorie de développement avant de nous pencher sur le cas des programmes économiques appliqués par la RDC et leur impact socio-économique,

§ les méthodes descriptive et dialectique pour chercher à comprendre la façon dont les programmes économiques ont été élaborés, exécutés, suivis et évalués.

Ces méthodes seront accompagnées des techniques suivantes

· La technique documentaire qui consistera en la consultation des ouvrages et autres documents relatifs à notre sujet ;

· La technique statistique sera utilisée non seulement pour la présentation et la collecte des données, mais également pour l'exploitation et l'interprétation des séries statistiques.

· La technique d'interview nous permettra d'enregistrer les réponses de certaines personnes que nous avions interviewées ; professeurs, collègues, fonctionnaires et hommes de science.

· Afin de compléter les informations et les données utiles que nous ne pouvions pas trouver dans les bibliothèques de Kinshasa, nous allons procéder à des consultations à l'Internet.

6. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Arrivé au terme de notre deuxième cycle d'études universitaires nous avons choisi d'évaluer l'impact socio-économique des programmes économiques exécutés par la République Démocratique du Congo, de 1997 à 2008.

L'intérêt est double, d'abord passer en revue les différentes théories de développement; et ensuite démontrer l'efficacité ou l'inefficacité des programmes économiques par l'analyse critique des différents programmes de relance de croissance économique du pays de 1997 à 2008 en les comparant aux résultats obtenus par rapport aux objectifs préalablement arrêtés et par rapport aux conditions de vie enregistrées par la population.

Nous espérons que la présente étude pourrait servir d'outil de réflexion pouvant permettre autres chercheurs et pourquoi pas aux dirigeants du pays et aux institutions économiques d'avoir une autre lecture de la politique économique afin d'ajuster leur politique économique et de définir un processus de développement adéquat que l'on veut appliquer en vue d'un développement durable.

7. DELIMITATION DE L'ETUDE

Du point de vue spatial, notre champ d'investigation est la RD Congo.

Du point de vue temporel, notre période d'examen va de 1997 à 2008. Le choix de cette époque nous est motivé par le souci d'étendre l'espace temporel d'au moins 10 ans afin d'avoir des tendances fiables pouvant nous permettre de faire une analyse significative. Par ailleurs 1997, l'année du début de nos analyses est celle de changement de régime politique, à savoir, le renversement du régime de la IIème République par l'Alliance des Forces Démocratiques et de Libération (AFDL).Enfin la politique économique appliquée depuis cette date jusqu'à ce jour tiendrait-il de la nouvelle impulsion économique menée depuis lors.

L'année 2008 a été choisie du fait qu'elle est l'année la plus proche de l'achèvement de notre étude et dont nous disposons des données.

* (1) M. NZANDA-BUANA Kalemba, « Principaux problèmes de gestion du développement au Congo (RDC), Sur fond de l'expérience empirique au Congo-Zaire »; Lettre de l'I.R.E.S. N S 2-3/ Kinshasa, p.8

* (2) J. LUNGWANGU, « cours d'Economie du développement », L1 Eco dvt, ULK, Kinshasa, 2007-2008

* 1 MABI MULUMBA, «Perspectives de la relance économique et exécution du Programme Economique du Gouvernement», in Digital Congo, Kinshasa, 2007

* (4) TSHIUNZA MBIYE, article in Le Potentiel, Congo-Kinshasa: «  RDC entre la Banque Mondiale-FMI et le financement chinois »,Kinshasa, 15 Juillet 2008

* 2 Grawitz Madeleine, Méthode des sciences sociales, éd. Dalloz, Paris, 1993, P .345.

* (3) M. Nzanda-Buana K «  Séminaire de développement II », L2 Eco développement, ULK, Kinshasa, 2008-2009

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