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Menaces et perspectives pour la préservation de la biodiversité de l'archipel Juan Fernàíndez (Chili)


par Julien Vanhulst
Université Libre de Bruxelles - Master en sciences et gestion de l'environnement 2009
  

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3.2. Les "services rendus par les écosystèmes"

La notion de "services rendus par les écosystèmes" ou "services écologiques" suppose une évaluation écologique, économique, sociale et éthique de la biodiversité. Cette notion, philosophiquement discutable car empreinte d'anthropocentrisme (elle repose en effet sur la dualité historique homme/nature et laisse entendre que la nature fournit des services à l'homme alors qu'il s'agit par essence de sa mécanique intrinsèque), permet de situer un deuxième niveau d'association entre l'homme et son environnement.

Les "services rendus par les écosystèmes" représentent l'ensemble des facteurs naturels qui créent les conditions nécessaires à l'existence de l'humanité.

On distingue 4 catégories (selon la classification du << Millenium Ecosystems Assesment ») :

1) Les services d'approvisionnement

La nourriture, l'eau propre, le bois, les fibres (coton, chanvre, soie), les ressources génétiques (produits pharmaceutiques et biochimiques) et les ressources énergétiques.

2) les services de régulation

La régulation du climat, de la qualité de l'air et de l'eau, des maladies, des parasites.

3) Les services culturels (non matériels)

Les services récréatifs (loisirs, tourisme, relaxation), les valeurs spirituelles et religieuses ou encore les valeurs esthétiques (créations artistiques,...).

4) Les services de soutien (indispensables aux autres services)

Le cycle de l'eau, la photosynthèse, la production d'oxygène, la formation et la protection des sols, le cycle des éléments nutritifs, la pollinisation,...

<< La biodiversité influence les processus clés liés aux écosystèmes, tels que la production de matière vivante, les cycles des éléments nutritifs et de l'eau, ainsi que la formation et la rétention des sols. Tous ces processus régissent et assurent les services de soutien qui sont nécessaires à tous les autres services fournis par les écosystèmes. [...] Bien que des pertes de biodiversité pourraient n'avoir, à court terme, que de faibles impacts sur un écosystème, elles pourraient réduire sa capacité à s'adapter à des environnements changeants dans le futur. » (Greenfacts, 2006)

CHAPITRE II - La PERTE DE BIODIVERSITÉ 1. Qu'est-ce que la perte de biodiversité ?

Du gène à l'écosystème, la biodiversité est capitale pour l'humanité. Au niveau micro, la variation génétique est cruciale car elle influence les capacités d'adaptation. Plus une espèce est diversifiée sur le plan génétique mieux elle pourra s'accommoder à des changements survenant dans son environnement (et inversement). Au niveau macro, la relation entre la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes fait écho au niveau micro au travers de la notion de résilience des écosystèmes, c'est-à-dire la capacité d'un écosystème à retrouver un état d'équilibre après une perturbation. La perte de biodiversité, quant à elle, risque d'engendrer des perturbations écologiques qui affecteront les différents mécanismes liés aux écosystèmes.

Dans l'histoire évolutive de la Terre, les extinctions comme les apparitions de nouvelles espèces sont des processus qui ont toujours existé. Le processus d'évolution produit en permanence, à l'échelle des temps géologiques, de nouvelles espèces. Parallèlement, d'autres s'éteignent. L'extinction est un phénomène normal de l'histoire des espèces. Néanmoins, l'histoire de la Terre est marquée de vagues d'extinctions massives. La particularité de ces extinctions est qu'elles ont provoqué une baisse extraordinaire de la biodiversité non pas de manière graduelle mais abrupte sur de courtes périodes de temps. Les tendances des extinctions observées actuellement montrent des signes d'intensification inquiétants. Selon la liste rouge 2008 de l'UICN, actuellement 16.928 sur 44.838 (soit 38% des espèces) sont menacées d'extinction. Parmi ces dernières, 3 246 se trouvent dans la catégorie la plus menacée, << en danger critique d'extinction », 4 770 sont << en danger» et 8 912 << vulnérables » à l'extinction.

Ainsi, près de 12 % de toutes les espèces d'oiseaux, 23 % des mammifères, 25 % des conifères, 32 % des amphibiens et 52 % des cycadales sont actuellement menacés de disparition (Baillie, Hilton-Taylor et Stuart, 2003). A lui seul, le climat pourrait causer une augmentation supplémentaire de 15 à 37 % des chiffres de l'extinction prématurée des espèces existantes au cours des 50 prochaines années (Levrel, 2007).

Figure 02. L'indice planète vivante

Source: Greenfacts, 2005. 2. Les facteurs de perte de biodiversité

<< Un facteur de changement désigne tout facteur, naturel ou induit par l'homme, qui entraîne un changement dans la biodiversité, directement ou indirectement. Les facteurs de changement directs qui influencent de manière non équivoque les processus des écosystèmes comprennent les changements dans l'affectation des sols, le changement climatique, les espèces envahissantes, la surexploitation et la pollution. Les facteurs de changement indirects, comme les changements dans la démographie humaine, les revenus ou le mode de vie, agissent de façon plus diffuse en modifiant un ou plusieurs facteurs de changement directs. Les changements dans la biodiversité sont déterminés par des combinaisons de facteurs de changement qui opèrent avec le temps, à différentes échelles, et qui ont tendance à s'amplifier les uns les autres. Par exemple, la croissance de la population et des revenus conjuguée à certaines avancées technologiques peut conduire au changement climatique. » (Greenfacts, 2006)

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