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L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel: cas de la centrale électrique de Kounoune

( Télécharger le fichier original )
par Alassane BARRO
Ecole Nationale d'Economie Aplliquée (ENEA) - Ingénieur des travaux en aménagement du territoire environnement et gestion urbaine 2010
  

Disponible en mode multipage

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L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

REMERCIEMENTS

Au terme de ce travail, je tiens à remercier chaleureusement toutes les bonnes volontés qui m?ont apportées leur soutien, leur sympathie

· M. Souleymane DIA, mon directeur de mémoire pour avoir accepté de diriger ce travail. La pertinence des ses conseils, de ses suggestions et de ses remarques ont été d?une importance capitale dans ce travail de recherche.

· M. Mouhamadou SY professeur au Département PEGO

· M. Gilbert. M. FAYE Intendant à l?ENEA

· Mme BADIANE à travers elle, tout le personnel de la DEEC

· M.Youssoupha FAYE mon Directeur de stage

· Mme KEBE à travers elle, tout le personnel de la DRECC.

· M. Babacar DIOUF le chargé de la sécurité de la centrale électrique de Kounoune

A mes amis à Richard Toll : Ibrahima Lo, Abdoulaye Thiam, Ibrahima Sarr, Doudou Diallo, Oumar Sow, Alassane Tall, Alhousseynou Ba, etc.

A mes camarades : Medoune Ndiaye, Leyti Ndiaye, Djibo Ka, Amadou Doudou Seck, Rodrigues Louis Mendes, Abdoulaye Ndiaye, Omar Ndiaye, El hadji Baboucar Ndiaye, Pape M.B. Ndiaye, Peuyeu Ben Walaly Mbaye, Jeanne Diouf, Ndéye Coumba Drame, Korka Dieng, Mame Khadijatou Combo, Mame Diarra Diop (39°),

A mes voisins du bâtiment G et aux étudiants du département ATEGU A toutes les promotions de la 36° à la 39°.

A la famille DIOP à la cité Keur Mbaba Guissé

A tous ceux qui de prés ou de loin ont participé à la production de ce
document.

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

DEDICACE

Par la grace d?ALLAH le Tout puissant, le Miséricordieux, je dédie ce mémoire :

n A mon père Amadou BARRO pour votre affection, pour l?éducation que vous

m?avez donnée, pour tous les efforts que vous ne cessez de fournir pour la réussite de nos études et pour la confiance que vous ne cessez jamais de renouveler en ma personne ;

n A ma mère Maimouna TALL, votre bénédiction, votre tendresse, votre

attachement, votre sagesse, votre amabilité, votre serviabilité, votre cordialité ont fait de moi ce que je suis ; (SANTATI SAMA YAYE REC)

n A ma tante Khadijatou LO ;

n A mes parents à Rebeuss Moussa BARRO, sa femme Maimouna DIALLO et ses enfants ;

n A mes fr4res et soeurs Lamine BARRO, Moussa BARRO, Oumar BARRO,

Adama BARRO, Marième BARRO, Dieynaba BARRO, Dialalo BARRO et Marième BA.

n A mes voisins de chambre M. Mody DIOP Ingénieur statisticien et M.

Abdoulaye THIAM Economiste tous deux très généreux quand il s?agit particulièrement du partage de savoir. Ils n?ont jamais tardé également d?apporter leur soutien moral, financier et matériel. Je vous dis MERCI

n A Ndéye Coumba NDONG pour tes conseils, tes encouragements et ton

assistance

n A Abibatou SOW (37°promo)

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS I

DEDICACE II

TABLE DES MATIERES III

LISTE DES ABREVIATIONS ET SIGLES VII

LISTE DES TABLEAUX IX

LISTE DES GRAPHIQUES X

LISTE DES CARTES ET PHOTOS XI

RESUME DU MEMOIRE XII

INTRODUCTION 1

PREMIERE PARTIE : CADRE DE REFERENCE 5

CHAPITRE I : REVUE CRITIQUE DE LITTERATURE 5

CHAPITRE II : CADRE CONCEPTUEL 15

CHAPITRE III : PROBLEMATIQUE 23

CHAPITRE IV : CADRE OPERATOIRE 27

1. Objectifs de recherche. 27

2. Question générale de recherche 28

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

3. Hypothèse de recherche 28

4. Construction d?indicateurs de recherche suivant les hypothèses 29

DEUXIEME PARTIE : METHODOLOGIE ET CADRE DE L?ETUDE 35

CHAPITRE V : METHODOLOGIE 35

5.1. Justification du choix du sujet de recherche 35

5.2. Revue documentaire 36

5.3. Identification de la population cible 37

5.4. Choix et l?élaboration des outils de collecte 40

5.5. Le pré-test 41

5.6. Traitement des données 41

5.7. Difficultés rencontrées et limites de l?étude 41

5.8. Les principaux acteurs concernés à la gestion du risque industriel

42

CHAPITRE VI : CADRE DE L?ETUDE 45

6.1. Présentation de la CR de Sangalkam 45

6.2. Présentation de la centrale électrique 51

TROISIEME PARTIE : ANALYSE ET INTERPRETATION DES

RESULTATS 56

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

CHAPITRE VII : La protection des personnes et des biens face au risque incendie est assurée par les barrières de sécurité efficaces. 56

7.1. Dispositif de protection interne mis en place par la centrale électrique 56

7.2. Le Plan d?opération interne comme second moyen de protection 67

7.3. Les itinéraires de secours mis en place par la centrale 67

CHAPITRE VIII : Les niveaux d?exposition déterminés par les distances d?effets 69

8.1. Elaboration d?un scénario d?accident majeur de référence susceptible de se produire 69

8.2. Analyse de la pertinence des modèles utilisés pour le calcul des distances de sécurité 71

CHAPITRE IX : La vulnérabilité du quartier Darou Rahman face au risque généré par la centrale électrique de Kounoune 81

9.1. Proximité du quartier à la centrale 81

9.2. Inventaire des éléments rendant vulnérables le quartier « Darou Rahman » 83

9.3. Perception du risque selon les populations 85

9.4. Perception du risque selon les acteurs institutionnels 87

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

9.5. La mission des différentes structures 89

CHAPITRE X : Recommandations 91

10.1. Recommandations générales 91

10.2. Recommandations spécifiques 92

CONCLUSION 94

Bibliographie 97

Annexe i

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

LISTE DES ABREVIATIONS ET

SIGLES

AEF: Afrique Equatoriale Française

ANSD : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie AOF: Afrique Occidentale Française

ATEGU: Aménagement du Territoire Environnement et Gestion Urbaine BLEVE: Vaporisation d?un Liquide porté à Ebullition

CLIC : Comités Locaux d?Information et de la Concertation

CO2 : Dioxyde de Carbone

CR : Communauté Rurale

CSE : Centre de Suivi Ecologique

DAT : Direction de l?Aménagement du Territoire

DBS: Limite des risques de Brulures Significatives

DEEC: Direction de l?Environnement et des Etablissements Classés DEL : Limite des Risques Effets Létaux

DPC : Direction de la Protection Civile

DREEC: Division de l?Environnement et des Etablissements Classés DUA : Direction de l?Urbanisme et de l?Architecture

EIE: Etude d?Impact Environnemental

ENEA: Ecole Nationale d?Economie Appliquée

ERP : Etablissement Recevant du Public

GPL : Gaz et Produit Liquéfié

HO : Monoxyde

ICPE : Installation Classée pour la Protection de l?Environnement ICS: Industrie Chimique du Sénégal

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

IFEN : Institut Français de l?Environnement

ISE : Institut Supérieur de l?Environnement

JO : Journal Officiel

KP: Kounoune Power

MW: Mégawatt

OCDE : Organisation pour la Coopération et le Développement Economique

OMD : Objectif du Millénaire pour le Développement ONG : Organisation Non Gouvernementale

PDU : Plan Directeur d?Urbanisme

PISA : Programme International pour le Suivi des Acquis PLD: Plan Local de Développement

PNUD : Programme des Nations pour le Développement POI: Plan d?Opération Interne

PPI : Plan Particulier d?Information

PPRT : Plan de Prévention et Risques Technologiques PUD : Plan d?Urbanisme et de Détail

RIA : Robinet Incendie Armée

SDE : Société Dakaroise d?Entreposage

SENELEC : Société Nationale d?Electricité du Sénégal

SONACOS: Société Nationale de la Commercialisation des Oléagineux du Sénégal SPSS: Statistical Package for the Social Sciences

UCAD: Université Cheikh Anta Diop

UVCE : Explosion d?un nuage ou d?une nappe de gaz en atmosphère libre

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Hypothèse spécifique 1 et ses indicateurs 29

Tableau 2 : Hypothèse spécifique 2 et ses indicateurs 30

Tableau 3 : Hypothèse spécifique 3 et ses indicateurs 32

Tableau 4 : Echantillonnage des populations ciblées selon les villages 39

Tableau 5 : Répartition des outils de collecte selon les cibles 40

Tableau 6 : Distance entre les villages cibles et la centrale électrique 49

Tableau 7 : Base de données spécifiques des produits stockés 54

Tableau 8 : Relevé des émissions de NOx et de SOx dans les cheminées 65

Tableau 9 : Emission normale de NOx et de SOx selon l?EIE 65

Tableau 10 : Tableau récapitulatif du scénario 78

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

LISTE DES GRAPHIQUES

GRAPHIQUE 1: Evolution de la population de 1976 à 2010 48

GRAPHIQUE 2: Répartition du personnel de la centrale électrique de

kounoune 52

GRAPHIQUE 3 : Répartition des équipements de lutte contre l?incendie 58

GRAPHIQUE 4 : Répartition des différentes causes susceptibles de

provoquer le risque incendie 63

GRAPHIQUE 5 : Rose des vents mesurés entre Janvier et mars 2010 73

GRAPHIQUE 6 : Occupation des logements actuels par rapport à la centrale électrique 77 GRAPHIQUE 7: Niveau d?information des chefs de ménages sur le risque

encouru 82

GRAPHIQUE 8 : Typologie d?habitat dans le quartier Darou Rahman 84

GRAPHIQUE 9 : Réponses des chefs de ménages sur l?existence du risque

86
GRAPHIQUE 10 : Répartition des populations de l?échantillon selon le

niveau d?instruction 87

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

LISTE DES CARTES ET PHOTOS

Carte 1 : Carte de la communauté rurale de Sangalkam 46

Photo1 : Carte de localisation de la centrale électrique de Kounoune 51

Photo 2: Poteau d?incendie 58

Photo 3 : Extincteur à poudre ABC mobile 59

Photo 4 : Réservoir Eau Incendie 60

Photo 5: Local pompe incendie 61

Photo 6 : Les trois (3) cheminées de la centrale électrique de kounoune 66

Photo 7 : Réservoir d?hydrocarbure de HFO 70

Photo 8 : Ecole élémentaire de Darou Rahman 76

Photo 9 : Zone de confrontation des risques et la vulnérabilité dans la communauté rurale de Sangalkam 79
Photo 10: Développement des constructions autour de la centrale

électrique 80

Photo 11 : Cohabitation habitation et centrale électrique de kounoune 81

Photo 12 : Les travaux de l?autoroute à péage Dakar-Thiès se trouvant entre Darou Rahman et la centrale électrique 84

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

RESUME DU MEMOIRE

Depuis longtemps, le risque industriel a constitué un problème dont la maitrise totale et définitive reste recherchée. Ce qui constitue une préoccupation et une inquiétude majeure de toutes les sociétés qui connaissent aujourd?hui une forte industrialisation. Certes la survenance d?un incendie au sein d?une installation industrielle, par exemple, peut être préjudiciable aux travailleurs de la dite installation. Mais les dommages de cet incendie peuvent aller au-delà des limites prescrites par l?étude de danger de l?installation et porter atteintes aux habitations alentours.

Située dans le village de Kounoune, la centrale électrique est créée en 2007. Son implantation dans un tissu à urbanisation rapide et confuse fait qu?elle représente un danger potentiel pour les populations des villages alentours. Ce danger est d?autant plus important que les activités et les produits utilisés comme le fuel lourd s?avèrent très redoutés en matière d?insécurité industrielle.

Par ailleurs, la centrale électrique de Kounoune a fait l?objet d?une étude d?impact environnementale (EIE) en 2005. Cette dernière est réalisée par Kounoune Power qui doit mettre en oeuvre conjointement le projet. Ainsi, Kounoune Power a choisi par la suite Environnemental Resources Management pour produire l?étude d?impact environnementale.

Cependant, l?adoption des politiques, stratégies et législations nationales relatives à la réduction des risques de catastrophes n?a pas eu de résultats escomptés car l?urbanisation est devenue galopante dans la zone de Sangalkam. Or de nos jours, la communauté rurale de Sangalkam, eu égard à sa position géographique, est le lieu de convergence de beaucoup de ménages provenant de Dakar.

La non maitrise de cette urbanisation aura inévitablement comme corollaire l?augmentation du niveau d?exposition des populations qui ignorent dans la plupart des cas le danger généré par le rapprochement de leur habitat avec cette unité à haut risque.

D?ailleurs cette cohabitation entre installation à haut risque et habitats décrit l?intérêt de
cette présente étude qui a pour objectif d?étudier l?ampleur des conséquences sur les

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

personnes et les biens suite à un éventuel accident majeur dans les périmètres de la centrale électrique de Kounoune.

La recherche a permis de connaitre la perception des populations sur le risque encourus. Mieux de constater que des catastrophes industrielles comme celle de la SONACOS, survenue en 1992, ont permis à la population résidant à proximité de la centrale d?être consciente du risque qu?elle court. En revanche, elle ignore le danger potentiel généré par le rapprochement de leur habitation avec la centrale électrique.

Cette étude a également montré que la centrale électrique a mis en place des dispositifs sécuritaires efficaces pour réduire la probabilité d?occurrence et/des effets d?un éventuel accident. Certaines de ces mesures sont dites préventives et d?autres curatives.

En outre, l?éloignement des habitations au détriment de la protection demeure le levier le plus fondamental pour une atténuation effective des conséquences sur les personnes et les biens. La détermination des concessions et des ERP exposés a été faite à travers un modèle de scénarios supposé être le plus pénalisant et le plus redoutable susceptible d?engendrer des conséquences humaines, environnementales et matérielles énormes. Nous avons par la suite pu calculer les distances d?effets létaux et irréversibles. Ces dernières obtenues, nous ont permis d?avoir le nombre de ménages et de biens exposés aux effets du risque incendie. Ils sont entre autres 31concessions, des lignes hautes tensions et une école élémentaire de plus de 550 élèves.

Au regard de la gravité des conséquences, il a été nécessaire de recommander une meilleure prise en compte et une intégration de la gestion du risque industriel dans les programmes de développement et de réduction de la pauvreté.

La clôture des périmètres sécuritaires de la centrale électrique serait d?une importance incommensurable. Elle permettra de connaitre ces limites exactes et empêcher l?évolution des constructions.

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

INTRODUCTION

« Plus les risques sont faibles, meilleure est l'entreprise »
Sophocle

Après plusieurs décennies de développement euphorique, on avait oublié les manifestations éventuelles d?un risque industriel, ce qui s?expliquait par la confiance générale accordée aux ressources de la science et de la technologie. Le développement industriel a eu comme conséquence l?accroissement de production et de stockage des produits souvent dangereux dans l?enceinte des usines. Ce développement est à l?origine d?une urbanisation croissante des zones où sont installées ces usines. Il a également engendré une multitude d?accidents au point qu?on parle désormais de risque industriel. Le risque est le « produit » d?un aléa1 avec un enjeu, à savoir la gravité des conséquences sur les éléments vulnérables. L?augmentation du niveau de risque peut donc être liée soit à l?aggravation de l?aléa, soit à celle des enjeux. Ainsi, le risque est d?autant plus élevé que la densité de population et les potentiels économiques exposés augmentent, ceci combiné à la probabilité de survenance de l?accident.

Les accidents d?origine industrielle se produisent particulièrement dans des zones stratégiques où on note en général de forte concentration humaine et d?intenses activités économiques. C?est la raison pour laquelle ces accidents industriels favorisent souvent des transformations considérables bouleversant le milieu humain, le tissu économique, la structure urbaine et l?environnement, entre autres.

Ainsi, depuis la fin des années 60, le nombre d?accidents industriels majeurs n?a cessé de prendre de l?envergure. Ces accidents2 se sont produits aussi bien dans les pays développés et dans ceux en voie de développement. On peut ainsi citer parmi ces accidents l?explosion d?un réacteur chimique en juillet 1976 à SEVESO en Italie, la fuite de 40 tonnes de gaz toxique de l?usine de pesticides d?union Carbide en décembre 1984 à Bhopal en Inde, l?explosion du réacteur de type RBMK n°2 de la centrale

1 L'aléa correspond à la probabilité de manifestation d'un phénomène accidentel se produisant sur un site industriel

2 http://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

nucléaire de Tchernobyl le 26 avril 1986 en URSS ou encore l?explosion d?une citerne d?ammoniaque de la SONACOS le 25 mars 1992 au Sénégal.

Tous ces accidents ont mis à nu des dysfonctionnements sécuritaires au niveau des zones industrielles. En conséquence, ils ont rendu les pouvoirs publics conscients des impacts négatifs de ces accidents et du danger que comporte le système technologique actuel. En dépit de toutes les politiques relatives à la planification urbaine et à la sensibilisation des populations sur les accidents industriels, l?évolution progressive de l?urbanisation autour des installations classées à haut risque devient un phénomène incontrôlable. D?ailleurs, cette évolution a comme corollaire le non respect des périmètres de sécurité. Les employés préfèrent souvent habiter à proximité de l?usine en vue de réduire les coûts de transport. Le Sénégal n?a pas échappé à ce fléau et a connu des catastrophes entrainant des pertes humaines et matérielles inestimables. Ces catastrophes se sont produites sur plusieurs endroits du territoire sénégalais en général et, en particulier dans la zone franche qui concentre le plus grand nombre d?entreprises. En effet, nous nous rappelons toujours les accidents constituant des exemples révélateurs et illustratifs. Ils se sont distingués dans le transport aérien, ferroviaire, routier, maritime. L?accident le plus meurtrier s?est produit en 2001 avec le naufrage du bateau le Joola3 qui a causé deux mille (2000) morts. La Direction de la protection civile a répertorié 387 industries en 2003 à Dakar (Gueye, 2003). La centrale électrique de Kounoune, d?une puissance de sortie de 67,5Mw, fait partie des 70 industries de première classe de l?agglomération urbaine de Dakar. Cette centrale est à haut risque car susceptible de causer des dangers pouvant porter atteinte aux personnes, aux biens et à l?environnement. Elle se situe dans la communauté rurale de Sangalkam et précisément dans le village de Kounoune. Il faut noter que ce village est entrain de connaitre une urbanisation croissante où les habitations se rapprochent de plus en plus de la centrale électrique. Une survenance éventuelle d?un accident dans les périmètres de la centrale peut être préjudiciable aux personnes et aux biens bouleversant ainsi le tissu économique, social, environnemental et politique.

Voilà donc les principaux arguments qui nous ont stimulés, par le biais de cette présente
étude à nous intéresser à l?urbanisation non maitrisée face au risque industriel. Etant un
domaine où le degré de la réticence des acteurs mis en jeu est très significatif, nous

3 Nom de la principale ethnie de la Casamance (Sénégal)

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

essayerons d?apprécier les moyens de protection, d?évaluer le niveau d?exposition des personnes et de calculer les distances d?effets en vue d?estimer l?ampleur des conséquences sur l?étendue du territoire considéré comme vulnérable.

Ainsi, ce présent document traitera trois grandes parties : Le cadre de référence, la méthodologie et le cadre de l?étude, l?analyse et interprétation des résultats. Nous finirons par la formulation de recommandations et la conclusion.

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

PREMIERE PARTIE

CADRE DE REFERENCE

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

PREMIERE PARTIE : CADRE DE

REFERENCE

CHAPITRE I : REVUE CRITIQUE DE LITTERATURE

Dans l?une de ses oeuvres ?vie de relation au Sénégal : la circulation des biens (Dubresson, 1979) traite essentiellement de l?historique de l?implantation industrielle. La première impulsion de l?industrie a eu lieu au cours de la période coloniale où Dakar servait de base à toute l?Afrique Occidentale Française. Cette situation se justifie par la particularité de la région tant sur le plan géographique que celui climatologique. Get aspect trouve son importance dans l?approvisionnement en matières premières réceptionnées à partir du port, transformées dans la zone industrielle et réembarquées à partir de ce même port en destination des pays occidentaux. Après les indépendances ce processus s?est renforcé avec une extension de la zone industrielle vers la zone franche industrielle qui s?étend jusqu?à Bargny. Désormais, l?essentiel des unités industrielles de Dakar se trouve concentrées sur la zone allant du port de Dakar à Bargny. Il faut souligner que l?industrie sénégalaise a connu quatre étapes dans le développement de son infrastructure (Bonnardel, 1978)4 :

- Avant la Seconde Guerre Mondiale, Dakar a été pratiquement la seule ville d?Afrique à bénéficier de l?implantation d?unités industrielles, notamment des huileries, brasseries, biscuiteries, fabriques d?air liquide. ..Ces implantations ont été facilitées par la présence du port et le rôle phare que jouait le Sénégal dans les colonies françaises,

- Pendant la seconde guerre mondiale, les difficultés d?approvisionnement en matières premières ont impulsé le développement d?industries tournées vers l?intérieur et qui transforment les matières premières locales. C?est la naissance des cimenteries, poissonneries, fabriques de chaussures etc.,

- Après la seconde guerre mondiale, jusque dans les années 1950, prend naissance une diversification de l?industrie sénégalaise du fait de la libéralisation

' Vie de relation au Sénégal:la circulation des hiens. Dakar.

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

du secteur par la politique métropolitaine. On assiste ainsi à la modernisation et à l?extension des unités déjà existantes mais également à la naissance des premières unités industrielles dans les secteurs tels que la chimie, les emballages etc.,

- De 1960 à 1980, le déclin des confédérations africaines (AOF et AEF) qui représentaient un marché de plus 100 millions de consommateurs a occasionné une chute de la production de l?industrie, avec la fermeture de nombreuses unités ;

L?analyse de l?évolution de l?industrie montre donc un essor sous l?impulsion de la puissance coloniale. Dans le souci de rattraper le retard économique, les pays africains ont développés des stratégies incitatives pour attirer les investisseurs et relancer l?activité économique à travers le développement de nouvelles industries. Cependant, au-delà de l?essor économique, les populations des pays du Nord sont conscientes contrairement à celles du Sud des inconvénients que ce secteur peut entrainer. Les substances nuisibles souvent utilisées par l?industrie comme matière, peuvent être tout aussi dangereuses que les divers rejets dans le milieu avec des conséquences négatives aussi bien pour l?environnement que pour les populations.

Le développement industriel ne va sans créer des catastrophes et risques sur l?environnement, les biens et les personnes. En effet, selon l?Agence Européenne de l?Environnement et de l?OCDE, le risque industriel est une source de sinistres à grande échelle caractérisée dorénavant par une hyper corrélation des risques. Les dommages causés par un accident ne se limitent pas à des dégâts matériels car une catastrophe industrielle peut avoir d?une part des impacts financiers et sociaux importants et d?autre part, des conséquences graves sur la santé humaine et sur l?environnement. Mais le rapport sur les risques émergents au 21éme siècle révèle que méme si l?accumulation d?événements catastrophiques durant les dernières années a permis d?envoyer un tel signal d?alerte aux gouvernements, force est de constater que les mesures prises pour obtenir une réduction de l?ampleur des sinistres quelle que soit leur origine avaient été jusqu?à présent peu efficaces.

Ainsi, le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) indique que la protection sociale et la gestion des risques constituent les instruments privilégiés pour une croissance accélérée et une réduction durable de la pauvreté.

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

Les risques et catastrophes auxquels les populations sont exposées maintiennent les groupes les plus vulnérables dans la précarité et font basculer d?autres dans la pauvreté. Du fait de leurs conséquences sur les personnes, les biens et l?environnement, ils font perdre à l?économie nationale des gains de croissance importants.

A cet égard, le gouvernement a pris des mesures incitatives importantes marquées par l?adoption d?un arsenal juridique et la mise en place de la commission supérieure de la protection civile, des organes de gestion et de prévention des catastrophes dont le plus connu est le plan ORSEC5. Mais, il convient de souligner que les modalités d?application des textes et règlements posent problèmes.

Les exemples récents d?accidents qui se sont produits dans le monde montrent la vulnérabilité des sociétés développées. LAGADEC (1981) effectue le rapprochement avec des crises historiques et préconise la mise en place de dispositifs permettant de rassembler des moyens suffisants, de mesurer l?importance du risque et d?en combattre les effets de façon appropriée. Il prétend que la difficulté résulte tout de même à développer à la fois des capacités techniques, organisationnelles et sociopolitiques qui sont trois composantes fondamentales de toute action cohérente en situation de crise. (LAGADEC, 1981) a inventé le terme « risque technologique majeur » pour qualifier ces risques dont les conséquences sont potentiellement très importantes mais dont la probabilité de se produire est faible. Ainsi, ces nouveaux risques sont rares mais susceptibles de se produire à n?importe quel moment et provoquer de gros dégâts. Il s?agit de risques « proliférant » qui, s?ils se réalisent, agissent en multiplicateur, et leurs conséquences peuvent dépasser la capacité financière des assurances à indemniser les dommages. « L?effet domino » est particulièrement redouté.

Pour mieux illustrer le danger généré par une installation classée face aux enjeux du milieu qui l?entoure Amel et Ali (2005) proposent de montrer des scénarios de risque selon une approche déterministe. Cette dernière est faite à partir d?un scénario maximum lié au stockage atmosphérique c'est-à-dire un accident majeur susceptible de se produire physiquement dans une installation quelle que soit la cause, sans qu?aucun système de prévention, de protection ou d?intervention ne puisse en limiter les effets.

Or, le stockage atmosphérique inclus toujours l?ensemble des capacités contenant des substances à une pression sensiblement égale à la pression atmosphérique. Ainsi, pour

5 Organisation de secours

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

ce type d?équipement, Amel et Ali (2005) prétendent que l?événement central le plus redouté est la perte de confinement de la substance dangereuse.

Et à partir de cette idéologie, il est alors possible d?imaginer la survenance de certains phénomènes tels que le Boil over, par exemple.

Pour DUPLESSIS (2006) dans son ouvrage intitulé « risque industriel et structure urbaine, » certains accidents qui se sont déjà produits tels que l?explosion de l?usine AZF ont induit une prise de conscience des risques encourus par les ménages résidant à proximité des industries à risque (DUPLESSIS, 2006). Selon DUPLESSIS (2006), la meilleure façon de combattre les risques industriels serait d?instaurer une implication accrue des riverains dans les décisions ou les débats publics concernant les établissements à risque. Il a montré les enjeux d?une politique publique de maitrise de l?urbanisation et prétend que la réglementation de l?urbanisation autour des sites à risque est le levier privilégié de l?action publique et ceci ne pourrait se faire que par l?implication des acteurs. Cependant, il est possible de parvenir à un certain degré de réduction du risque sans pour autant espérer atteindre le risque zéro qui demeure inaccessible. Il souligne que le nombre d?accidents industriels majeurs n?a cessé d?augmenter et la taille des problèmes a changé d?échelle depuis la fin des années 60. Et face à ces problèmes qui ont entrainé des conséquences humaines, économiques et environnementales, l?opinion est cependant alertée sur la dangerosité des systèmes industriels.

Malgré la mise en place d?une politique de prévention des risques majeurs, il n?a pas été selon lui possible de contrecarrer l?évolution inévitable de l?urbanisation vers les installations industrielles génératrices de risques majeurs. Cela dénonce le décalage entre le développement industriel et la planification urbaine et propose une réflexion sur les modalités de cohabitation à moindre danger entre les industries dangereuses et la vie urbaine

C?est Ulrich BECK (2001) qui a sans doute le plus fermement souligné la nécessaire recomposition des points de vue résultant de cette importance de la notion du risque (BECK, 2001).

Dans son célèbre ouvrage de 1986, il souligne que « la société industrielle, en s?affirmant c'est-à-dire dans le cadre discret de la normalité, quitte la scène de l?histoire mondiale par la petite porte des effets qu?elle induit (...) (p-13).

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

Les risques sont avant tout des risques invisibles ou peu visibles, autant nichés dans les formules des scientifiques que dans les demandes productivistes des agriculteurs ou celles consommatoires des classes moyennes. Il va évoquer les multiples facettes du risque.

Ils sont démocratiques c'est-à-dire il affecte le riche comme le pauvre et modifie les systèmes économiques, juridiques et politiques.

Ils sont également mondialisés car aucun pays ne peut espérer s?en sortir tout seul (idée d?une politique intérieure mondiale).

Toujours selon BECK (2001), les progrès des sciences ne diminuent pas le risque, mais autorise tout à la fois l?augmentation de la conscience du risque et la critique du savoir scientifique lui-même. Ainsi, la peur tend à dominer notre vie et la sécurité traitée comme un bien public mesurable économiquement, s?impose aux citoyens autant qu?elle répond à leur peur. Cependant, il est revenu également sur le « risque terroriste » pour le distinguer du risque écologique et celui économique.

(BECK, 2001), montre que notre société évolue vers une société du « risque incompressible » dans laquelle ce mode de protection s?amoindrit paradoxalement à mesure que croît l?ampleur du danger. Face à ce type de risque, la collectivité pourrait devenir une « société sans assurances ».

Les dégâts éventuels en jeu sont « illimités, globaux et souvent irréparables, ce qui enlève toute signification à l?idée de compensation monétaire » (p.45). De plus, ce méme auteur relève que l?accident n?a plus de limites (spatiales et temporelles) et change de ce fait de signification : il devient un incident dont on voit le début mais non la fin « une débauche de destruction rampante, galopante et se superposant les unes aux autres ». Or, cela signifie qu?il n?y a plus de critères de normalités ni de méthodes de mesures et donc de base pour évaluer les dangers. On compare ce qui n?est pas comparable, l?évaluation devient dissimulation.

Il va jusqu?à méme dire qu?il y aurait confusion de deux siècles :

+ Les dangers auxquels nous sommes exposés sont de ce siècle ;

+ Les moyens grâce auxquels on promet de les maitriser pour assurer notre sécurité appartiennent à un autre siècle (héritage de la société industrielle du XIXème et du XXème siècle).

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Giddens et Beck (1986) nous ont expliqué que notre société n?est pas proportionnellement plus dangereuse que celle d?autre-fois mais qu?elle doit repenser son attitude face aux aléas en terme de risque puisque la science ne peut plus prétendre contrôler les risques et que les technologies anti-risques accroissent les risques.

Selon Knight (1986) « les risques à l?âge de la globalisation ne sont donc pas des interruptions isolées du service normale mais font partie de l?activité habituelles ". Et pour faire face à ces risques qualifiés de « technologiques "par opposition aux risques naturels, S. Charbonneau, dans « L?acceptabilité du risque d?accident majeur », affirme que l?homme peut emprunter deux voies d?actions opposées. D?abord, il peut choisir de neutraliser définitivement le risque en annihilant la source de celui-ci. Envisagée de manière globale, et certes peu réaliste, par certains mouvements écologistes des années 60, à travers la théorie de la « croissance zéro », cette méthode consiste à cesser l?activité dangereuse pour l?homme et l?environnement. Il s?agit de «l?option zéro pour motif de sécurité en matière de projets industriels«

Ensuite, la société doit-elle supporter ces risques, ce qui ne l?oblige en rien à se confiner dans l?action. Certes, la reconnaissance du droit de réparation des dommages subis par les tiers du fait d?une activité dangereuse est reconnue depuis longtemps.

Mais cette solution, indispensable lorsque l?accident a eu lieu, ne doit pas faire oublier que le meilleur moyen contre le risque technologique est de prévenir l?éventualité de sa survenance.

Cependant, cet objectif de prévention devra être appliqué de façon modulée, différenciée, selon l?activité source de risques.

Il est important de rappeler que les notions de risque technologique ou d?accidents majeurs n?existaient pas explicitement. Ces anciens textes visaient essentiellement à prévenir les troubles de voisinages et les risques pour la salubrité publique que faisaient peser les activités qu?ils encadraient sur les propriétaires riverains.

Il s?agissait par exemple d?éloigner les abattoirs des zones urbanisées mais encore de réglementer les dépôts de bois ou de chiffons afin que leur localisation ne facilite pas la propagation des incendies à des zones habitées.

Ewald (2001) a quand à lui essayé de faire des différents facteurs qui sont susceptibles de transformer le risque notamment les évolutions démographiques, les progrès de la

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connaissance, les progrès scientifiques et technologiques, la mondialisation et la mutation du système productif.

Son analyse montre comment ces facteurs impactent sur les risques mais aussi sur le système de protection ; par exemple, les progrès de la connaissance ont permis d?améliorer potentiellement le niveau d?information sur les risques en sachant leur origine. Egalement, la consistance de leur travail ne va pas sans prétendre que le risque doit être perçu comme endogène.

Le cahier des préludes est consacré à la prévention et à la gestion des risques urbains et rassemble les contributions des différents acteurs qui ont analysé les modalités de réduction des risques ou la façon de limiter les conséquences en cas de catastrophes.

Et de ces auteurs, il ya Jean BROT et Jacques POIROT en 2005 dans (« Risques urbains : de la prévention à la gestion ») avancent des stratégies visant à prévenir et à gérer les risques urbains.

Ces stratégies sont devenues progressivement une préoccupation majeure des citadins et des responsables des différents acteurs (industriels, Etat, ONG, etc.).

Pour eux, il ne suffit pas simplement de mener une politique de prévention mais aussi d?appliquer le principe de précaution étant entendus que l?article 5 de la charte de l?environnement stipule en effet que « lorsque la réalisation d?un dommage, bien qu?incertaine en l?état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et réversible l?environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution à l?adoption des mesures provisoires et proportionnées afin d?éviter la réalisation du dommage ainsi qu?à la mise en oeuvre des procédures d?évaluation des risques encourus ».

La recherche de solutions aux problèmes technologiques est complexe puisque entre en jeu une diversité de valeurs et de positions qui s?imbriquent dans des questions institutionnelles, en consensus pour sauvegarder un système sociopolitique, ou dans les menaces et les dangers qui affectent un espace (Estacion, 2004).

Il a montré la meilleure façon de comprendre la dynamique et la complexité des risques actuels.

Selon lui, il est important que la définition de départ du risque inclue les relations entre les aspects « purement » techniques et les aspects sociopolitiques. Pour que les aspects sociopolitiques soient techniquement adaptés et satisfaisants (aspects importants pour la

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stabilité des décisions) ils doivent être traités à l?intérieur de la conception des solutions et non comme externalités, sinon sera créée une tergiversation dans les décisions.

Le principe de précaution, par rapport à la responsabilité du comportement éthique de l?homme et le respect à la vie se présente comme un des ponts possibles entre la gouvernabilité et le risque De Marchi y Funtowicz (2002). Cela est dû au fait que dans ses propositions, il est capable d?articuler des objectifs scientifiques et éthico-politiques afin de guider l?élaboration de politiques publiques en relation aux risques, soutenues par des consensus plus amples et plus stables.

Un des postulats sur le principe de précaution est décrit par (Lowell, 2001)qui mentionne les éléments nécessaires pour le mettre en pratique: « la défense du droit de base de chaque individu et des futures générations pour un environnement sain et promoteur de vie ; l'action préventive quand il existe une évidence crédible qu'un dégât se produit ou peut se produire, même quand la nature exacte et la magnitude du dégât ne sont pas totalement connues ; l'identification, l'évaluation et la mise en pratique des chemins les plus sûrs pour satisfaire d'une manière viable les nécessités sociales ;

assigner aux promoteurs des activités potentiellement dangereuses la responsabilité d'étudier à fond les risques pour pouvoir les réduire, ainsi qu'évaluer et choisir les alternatives les plus fiables pour satisfaire une nécessité particulière, dans une révision indépendante du processus ; et appliquer des processus de prise de décisions transparents et complets pour augmenter la participation de tous les acteurs impliqués et des communautés (particulièrement ceux qui seraient potentiellement affectés par une décision au niveau des politiques). ».

TOUTAIN, E6 (2007) a essayé de faire le rapport entre installations classées et droit de l?urbanisme. Ce dernier constitue, selon lui l?outil fondamentale permettant de réglementer et si nécessaire d?interdire l?implantation de nouvelles activités ou populations, à proximité d?une installation dangereuse préexistante. Les législations régissant les installations et l?urbanisme sont différents d?où le principe d?indépendance. En effet, l?autorisation accordée au titre de la législation des installations classées n?est aucunement liée à la délivrance du permis de construire de cette installation. Même si l?exploitant voit son projet autorisé par le préfet, le permis de construire pourrait

6 Eric TOUTAIN, Mémoire de DEA : Installations Classées et Prévention des risques technologiques majeurs

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néanmoins lui etre refusé en raison du risque technologique que génère l?installation en cause. Et PRIEUR (2005) de faire la distinction entre « constructions d?habitations à proximité d?installations classées » et des « constructions d?installations classées à proximité d?habitations existantes«.

La difficulté à appliquer le règlement repose sur les conflits d?intérêt entre l?Etat et la collectivité devant recevoir l?installation. Le premier cherche à créer le plein emploi et renforcer la collecte des taxes et impôts en encourageant les investisseurs à s?implanter. La collectivité locale, quant à elle compte sur le prix du mètre carré du sol étant donné que ce dernier augmente en fonction du rapprochement de l?installation ceci dans les communautés européennes.

Enfin, NOVEMBER (2000) dans sa thèse sur le territoire du risque va plus loin en affirmant que le risque est un facteur d?accélération des dynamiques urbaines en ce sens qu?il entraine des processus et de renouvellement.

Le territoire et le risque entretiennent des relations étroites. L?ouvrage indique les grandes traditions de prise en compte des risques en géographie. Certains praticiens du risque distinguent le risque spéculatif, qui apporte la possibilité de gain ou de perte, du risque pur, qui ne donne que des possibilités de perte.

Les études en matière de risque ont une approche trop souvent fragmentée. Ce manque d?ambition ne semble pas sans remède. Par exemple en gestion des risques des collectivités territoriales, certaines études ont déjà porté sur l?ensemble des traductions de connaissance du risque au sein de chaque entité d?administration.

Le programme méthodologique de November (2000) insiste beaucoup sur la dimension imaginaire du territoire. Pour lui, le territoire n?est qu?une connaissance du risque. Ce programme méthodologique peut être résumé à travers trois termes : dynamique, réseaux, pouvoir-capacité.

En ce qui concerne la dynamique, NOVEMBER (2000) défend que la cartographie des risques soit trop prenante. Cette cartographie "point-ligne-surface" n?est pas stable selon l?échelle de la carte. L?opposition entre des risques avec un "bassin naturel" et des risques diffus s?atténue lorsqu?il est pris en compte les "lignes", c?est-à-dire les réseaux. Par exemple, pour le risque incendie, qui est considéré comme un "point", c?est-à-dire

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un risque diffus, son traitement repose sur des réseaux d?alerte et de bouches à incendie, c?est-à-dire des "lignes". Une stratégie de spécialisation des espaces est génératrice de dynamique d?accumulation de risques en longue période.

Pour en revenir sur le Sénégal, le rapport du PNUD-UNCHS7-BANQUE MONDIALE montre que la majeure partie des unités industrielles est localisée dans la zone de Dakar qui est un site privilégié à cause des infrastructures comme le port, les institutions administratives, le marché, etc.

En effet, Dakar abrite 80% des industries par rapport au reste du pays. L?importance de l?industrialisation de Dakar, démontre tout le poids économique de la région pour le Sénégal. Ce qui d?ailleurs doit justifier amplement les investissements dans la prévention des risques. Selon toujours le rapport, la gestion des risques industriels est perçue comme une affaire relevant de la seule compétence de l?Etat au niveau central. Elle est de plus en plus prise en charge par les autorités et les entreprises privées. Cependant, elle implique plusieurs acteurs dont les activités ou la position sont directement ou indirectement liées aux risques et à leurs conséquences. Et des ces acteurs, nous retenons ceux institutionnels par exemple le gouvernement central et ses ministères, les démembrements de l?Etat, les collectivités locales composées par des communes et des communautés rurales.

Et selon le classement par rapport aux communes les plus impliquées, la municipalité de Rufisque avec la centrale du Cap des Biches et la SOCOCIM, vient en troisième dans la concentration d?industries à risque. Ce qui la classe au sein des communes à problèmes. Mais l?action de ces secteurs institutionnels ne saurait être efficace sans le concours de ceux du secteur socio-économique. Les industries constituent la source des risques du fait de la qualité de leurs technologies ou de la nature de leurs activités. Depuis environ 3ans, la situation a changé à la SOCOCIM où l?Etat a passé avec la société un protocole de gestion des problèmes de pollution.

Le rapport du PNUD-UNCHS-BANQUE MONDIALE révèle que la plupart des installations technologiques de ces industries sont obsolètes et posent donc des

7 United Nations Centre For Human Settlements

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problèmes de maintenance et de surveillance permanente. Il montre également l?importance de la prise en compte de la dimension environnementale en l?illustrant par l?exemple de la SOCOCIM où avec une non pose de filtres ou leur fonctionnement défectueux au niveau des cheminées de l?usine fait perdre des milliers de tonnes de ciment car l?évaluation en terme de valeur financière de ces pertes aurait permis d?acheter des filtres, de minimiser les nuisances et pollutions et d?accroitre le production de l?entreprise.

Et le rapport avance une conclusion selon laquelle il n?y a pas une intégration des chapitres de gestion sécuritaires et prévention des risques dans la budgétisation des entreprises. Ce sont 5 à 10% des entreprises qui opèrent des contrôles de maintenances systématiques. Et certaines d?entre elles le font souvent sous contrainte.

CHAPITRE II : CADRE CONCEPTUEL Vulnérabilité

Au sens commun et étymologique la « vulnérabilité » est issu du bas latin vulnerabilis, lui-même tiré de vulnerare, qui signifie blesser, et de vulnus, qui veut dire blessure. La vulnérabilité est le caractère de ce qui est vulnérable, c'est-à-dire de ce qui est sensible, fragile, faible, défectueux, à la merci de la moindre atteinte, blessure, attaque REVET (2008)

Dans le langage courant, la vulnérabilité est donc utilisée pour désigner un état de fragilité, une propension à subir des dommages. La vulnérabilité possède aujourd?hui un champ sémantique extrêmement large résultant de la diversité des disciplines et des courants de pensées qui se sont à chaque fois emparés de cette notion et l?ont définie en l?adaptant à leurs exigences propres. Les domaines de recherches dans lesquels la notion a été conceptualisée sont très nombreux.

En sociologie par exemple, la vulnérabilité permet de qualifier un état des sociétés face aux risques majeurs et à des changements socio-économiques qui s?accélèrent DOBRE (2003)

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La vulnérabilité peut alors être définie comme « l?état qui se caractérise par l?absence d?alternative, tant matérielles que symboliques ou culturelles, à une situation personnelle ou collective de grande fragilité ou de menace.

Ceci dessine les contours d?un monde « sans-abri » où la question des ressources civiles et politiques pour rendre possible la poursuite de la vie sociale se pose avec la plus grande acuité » DOBRE, M (2003)8.

Dans le domaine de la psychologie et de la psychanalyse, la vulnérabilité se définit comme un état de moindre résistance des sujets aux nuisances et aux agressions extérieures. Elle évoque les sensibilités et les faiblesses patentes ou latentes immédiates ou différées et peut être comprise d?une capacité (ou d?une incapacité) de résistance aux contraintes de l?environnement ANAUT, (2005)9.

Dans un tout autre domaine, la notion de vulnérabilité a également été utilisée dans la recherche en informatique, en matière de climatologie : la vulnérabilité comme le degré par lequel un système risque de subir ou d?être affecté négativement par les effets néfastes des changements climatiques (Estacion, 2004)en matière d?archéologie : la vulnérabilité exprime le niveau de détérioration ou de perte d?un objet archéologique soumis à un phénomène donné [PISA10, 2002]. Dans le cadre des recherches portant sur les risques, elle représente la propension d?un territoire donné à subir des dommages et des dérèglements en cas de manifestation d?un phénomène dangereux (R.D'ERCOLE, 1994)

Dans le seul domaine de la recherche sur le risque majeur, de multiples études ont été développées sur la vulnérabilité, tant du point de vue théorique que méthodologique. Dans ce même ordre d?idées, la vulnérabilité a pu aussi être envisagée comme la propension d?un territoire et de ses enjeux à subir ou à résister aux aléas. Elle dépend alors de facteurs tels que la présence de population, la qualité du bâti ou des caractéristiques techniques du territoire

IFEN11, (2006). C?est une de ces visions simplifiées de la vulnérabilité qu?a adopté le
ministère français de l?Ecologie, de l?Énergie, du Développement Durable et de
l?Aménagement du territoire en, pour qui la vulnérabilité est la propension qu?ont

8 Michelle DOBRE, l?écologie au quotidien : Elément pour une théorie sociologique de la résistance ordinaire, Harmattan, 352 pages, 2003.

9 Marie ANAUT, soigner la famille, collection sociétale, Paris, Armand colin, 2005

10 Programme Internationale pour le Suivi des Acquis

11 Institut Français de l?environnement

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certains éléments vulnérables (ou enjeux), tels que les personnes, les biens ou les différentes composantes de l?environnement susceptibles de subir des dommages, du fait de l?exposition au danger.

De la même façon, la notion de vulnérabilité a également pu être décomposée en vulnérabilité géographique (qui dépend des caractéristiques physiques du territoire et de l?aléa), structurelle (relatives aux caractéristiques architecturales et techniques des matériaux et constructions), organisationnelle (qui dépend de la capacité à gérer la crise et à revenir à la normale), individuelle (qui correspond à la fragilité intrinsèque et au degré d?exposition des personnes) DIA, (2008).

Cette définition combinée avec celle évoquée par REGHEZZA dans son excellent travail de thèse où il considère la vulnérabilité comme un mot à la mode et que sa promotion est liée à un contexte, à une conjonction d?événements catastrophiques survenus ces dernières années est la plus appropriée à notre travail de recherche. En effet, dans les périmètres de la centrale les populations les plus vulnérables sont ceux dont leurs ménages jouxtent la centrale mais également les personnes utilisant les voies de circulation et pour les biens ce sont principalement les équipements tels que les établissements éducatifs, électriques et sanitaires.

Le risque

Le risque comme étant la prise en compte d?une exposition en danger, un préjudice ou événement dommageable, inhérent à une situation ou une activité.

Le risque est défini par la probabilité de survenue de cet événement et par l'ampleur de ses conséquences (aléa et enjeu). Il peut être appliqué à une personne, une population, des biens, l'environnement ou le milieu naturel. Frank Knight12 (1921) a proposé une distinction qui fait référence entre le risque et l?incertitude : à un risque peuvent être assignées des probabilités mathématiques mais pas à une incertitude. Ce concept présente une ambiguïté étant donnés qu?il est différemment utilisé par des auteurs et suivant des domaines précis.

Bernoulli, D (1978)13, apporte la première définition scientifique : « le risque est l'espérance mathématique d'une fonction de probabilité d'événements ». En termes plus simples, il s'agit de la valeur moyenne des conséquences d'événements affectés de leur

12 Economiste (1885-1972) connu pour sa distinction entre risque et incertitude proposée en 1921

13 Dans Spécimen théorie novae de mensura

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probabilité. Ainsi, un événement e1 a une probabilité d'occurrence p1 avec une conséquence probable C1 ; de même un événement en aura une probabilité pn et une conséquence Cn, alors le risque r vaudra p1.C1 + p2. + ... + pn.Cn. Le produit pi. Ci est appelé valeur de l'aléa i.

La directive SEVESO2 a quand à elle défini en 1996 le risque comme étant la probabilité qu?un effet spécifique se produise dans une période donnée ou dans les circonstances déterminées. En conséquence, un risque se caractérise par deux composantes : la probabilité d?occurrence d?un événement donné, la gravité des effets ou des conséquences de l?événement supposé pouvoir se produire.

Cependant, en matière de risques une des difficultés majeures est liée à leur imprévisibilité du fait de l?émergence de nouveaux périls. Il existe tout de méme des risques technologiques qui sont d?ores et déjà prévisibles alors les moyens pour les prendre en compte et de limiter sont disponibles. Ainsi, lors du sommet de la terre de Stockholm (1972), le phénomène de changement climatique, apparu depuis une trentaine d'années, et identifié, a montré qu'il existe un risque d'origine anthropique sur l'environnement, qui peut avoir des impacts sur la société.

GRANVORKA, G a affirmé depuis Rio (1992) que les sociétés contemporaines sont désormais admises comme hautement empreintes de risque. Et une fois acceptée son universalité, la nécessité d?une prise d?une prise en compte de sa gestion et du besoin de protection qui l?accompagne s?imposent dans une démarche duale qui implique à la fois le scientifique et certainement la collectivité. Le scientifique, en raison du rôle préventif qui lui est attribué et la collectivité car il lui revient de gérer ce risque.

Toutefois, une double distinction doit être opérée entre « risque " et « incertitude ". En effet, si au sens du dictionnaire, le risque représente la « possibilité d?une perte, blessure ou péril » et l?incertitude définie comme la chose « indéfinie, indéterminée " + JIIJE's, ff (2006) dans leur acception courante, la distinction entre les deux est que le risque dénote une probabilité positive d?occurrence d?un évènement négatif, alors que l?incertitude n?implique pas nécessairement un jugement de valeur ou de classement d?une possible occurrence. Fondamentalement donc, les deux termes se réfèrent à une même situation dans laquelle certains aspects du futur ne peuvent être prévus.

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Selon Knight (1921) le risque est présent quand des évènements futurs se réalisent avec une probabilité mesurable, et l?incertitude est réelle quand ces mémes évènements à venir sont indéfinis ou non calculables.

Le couple risque/incertitude devient une distinction entre probabilités mesurables ou non, le risque étant une situation assortie de probabilités différentes. Dans le modèle de Knight (1921), le risque couvre deux situations distinctes : l?incertitude mesurable et l?incertitude non mesurable. Dans une hypothèse de risque quantifiable, les agents sont en mesure de se protéger du risque, de le convertir en certitude.

Ce faisant, ils peuvent créer les synergies, les institutions nécessaires à la protection ou encore à la précaution. Les agents fonctionnant sur un principe de mutualisation de leurs efforts, connaissances ou expériences, le risque peut être éliminé, mieux cerné, ce qui conduit à une réduction de l?incertitude.

Dans le cadre de notre étude, le concept risque serait utilisé dans les installations classées et de la protection de l?environnement à l?exemple de la centrale électrique et des industries susceptibles de causer des dommages graves sur les personnes et à l?environnement. Dia (2008)14 conçoit le risque comme la rencontre entre l?aléa et la vulnérabilité. Or, l?aléa est selon ce dernier un phénomène ou une situation éventuelle qui peut générer un danger pour les personnes, les biens ou les moyens de production et il est éventuellement irréversible. Il avance trois critères fondamentaux pour caractériser le risque dont la temporalité, l?intensité et territoires et chacune d?entre eux présente des spécificités

Effets dominos

Tiré du langage commun, il pourrait être sommairement défini comme désignant la transmission successive d?un événement entre plusieurs personnes ou choses, à raison de la proximité que celle-ci entretiennent entre elles.

Ainsi, sont par exemples sujets à effets dominos les automobiles impliquées dans une collision en chaine, ou encore ces arbres déracinés lors d?une tempéte, non par le vent mais par la chute d?autres arbres.

Cependant, dans l?hypothèse où les installations ainsi rapprochées sont dangereuses, la survenance d?un accident dans l?une d?entre elle fait courir le risque supplémentaire de sa transmission aux autres installations dont le fonctionnement était jusque là normal.

14 Cours gouvernance des risques ATEGU II, ENEA, 2008

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Peuvent ainsi être imaginées la propagation d?un incendie, des explosions «en chaine«. En définitive, un tel regroupement d?installations dangereuses, s?il est mal maitrisé, peut aboutir à la multiplication exponentielle des dommages pour l?homme et l?environnement. (Ewald, 2001)

Urbanisation

L?urbanisation c?est le mouvement de développement des villes, à la fois en nombre et en taille, numérique et spatial ; il concerne tout ce qui est lié à la progression directe du phénomène urbain et transforme peu à peu les villes ou les banlieues et souvent les deux Garnier, J(1995)15. Dans le langage courant, le mot urbanisation vient du latin urbs qui désigne la cité, la ville. L?urbanisation représente donc l?action d?urbaniser c'est-à-dire d?organiser le développement des villes. La banque mondiale quant à elle définit l?urbanisation comme un changement de proportion de la population nationale résidant dans les zones urbaines.

Pour BORIES V. (2006), l'urbanisation peut-être définie comme l'expansion de la population, des activités et des espaces urbains est le phénomène majeur de ce siècle. Elle s'effectue à un rythme de croissance moyenne de 2 % à l'échelle mondiale. Le monde compte aujourd'hui trois milliards de citadins. Les villes sont le moteur de la croissance économique et jouent un rôle fondamental dans la mondialisation. Ces dynamiques se traduisent dans l'organisation des espaces et dans les paysages urbains. Cependant l'ampleur de ce phénomène est inégale selon les régions du monde. L'urbanisation progresse beaucoup plus rapidement dans les pays en développement que dans les pays industrialisés et riches et elle profite davantage aux très grandes villes qu'aux plus petites : la population urbaine dans les pays du Sud est deux fois supérieure à celle des pays du Nord et le nombre de villes de plus de dix millions d'habitants a été multiplié par trois en cinquante ans.

Abordant dans le même sens, POURTIER R. (1993) signale que « L'urbanisation représente à n'en point douter, la transformation la plus spectaculaire de l'Afrique contemporaine, celle aussi qui pose le plus de problème. Les grandes villes d'Afrique ont atteint et dépassé les dimensions de l'ingérable... parce qu'ayant réussi à absorber

15 Jean Beaujeu Garnier dans Précis de géographes urbains ; 1995

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des excédents démographiques dont le rythme de croissance n'a son égal nulle part ailleurs au monde ». Cette explosion urbaine pose de nombreux problèmes sociaux et environnementaux selon l'auteur. ATTA K. (2005) aborde dans le même sens et définit l'urbanisation comme un processus de concentration de la population en un lieu donné. Lorsque cette population atteint un certain seuil, elle suscite de nouveaux modes de production et de consommation. L'urbanisation se déroule à des rythmes différents selon les pays et les régions du monde.

Quant à TROTSKY M. (2003), il fait la situation de l'urbanisation à Bondoukou. Pour lui, la ville de Bondoukou a connu une évolution spatiale de 1897 à nos jours. Cette dynamique spatiale a permis à la ville de s'étaler dans toutes les directions. Cependant, l'évolution de la ville n'a pas été suivie par les infrastructures adéquates et de nombreuses activités non encadrées ont émergé, entraînant la baisse du pouvoir d'achat et la montée de la pauvreté par le manque d'activité motrice. Ainsi, la dégradation de l'environnement et du cadre de vie est-il le signe patent de la pauvreté. C'est pourquoi l'auteur fait des recommandations dans le sens de la génération d'une croissance économique durable. Cette action doit se faire selon trois pôles qui sont la création de revenus pour les pauvres, une prestation mieux ciblée des services sociaux de base et la prévision d'une marge de sécurité pour les plus démunis.

Pour FRACHON A. (1996), l'urbanisation est un des mouvements en profondeur qu'occulte l'actualité immédiate, mais qui n'en sont pas moins déterminants pour l'avenir car l'Afrique n'est plus rurale. Il faut donc renouveler les stocks de représentations traditionnelles, celle d'un continent encore dominé par la " nature ", sauf à manquer une des grandes évolutions en cours : l'Afrique s'urbanise très vite. L'auteur pense que cette urbanisation est un facteur de modernisation car c'est en ville que les Africains trouveront les modes d'organisation de la société et les modes de production adaptés à leur culture.

Quant à KOUZMINE Y. (2005), il fait savoir que l'urbanisation du Sahara Algérien constitue aujourd'hui une donnée essentielle dans l'appréhension des dynamiques spatiales complexes qui l'animent. Cet auteur souligne qu'en moins de cinquante ans, le Sahara s'est massivement urbanisé, bouleversant les morphologies urbaines ainsi que les

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pratiques et rapports socio-spatiaux des populations dans la ville. En conséquence, de cette urbanisation rapide, de nouveaux problèmes sont apparus sur les espaces urbains. Il s'agit de la crise du logement, de la dégradation de l'environnement et du manque de cohérence au plan des morphologies urbaines. Aussi, les modalités d'évolution de ces milieux urbains se posent aujourd'hui car ces espaces sont fragiles et contraignants. L'auteur salue l'intégration des politiques d'aménagement du territoire au concept de durabilité au sein des législations. Ces politiques doivent déterminer l'action Étatique au travers de la conduite des différents schémas, plans et programmes d'aménagement du territoire.

Etude de danger

Le dictionnaire environnement et développement durable définit l'étude de dangers comme étant une étude prévue dans le décret du 21 septembre 1977 de la réglementation française et requise lors du dépôt d'un dossier de demande d'autorisation pour les installations classées pour la protection de l'environnement. L'étude de dangers est révisable à tout moment sur demande du Préfet et d?autres services compétentes comme la Direction de l?Environnement et des Etablissements Classés. Les informations relevées doivent permettre d'identifier les sources de risque, les scénarios d'accident envisageables et leurs effets sur les personnes et l'environnement.

Les études de dangers constituent la base indispensable pour l'établissement des Plans d'Opération Interne (POI) et des Plans Particuliers d'Intervention (PPI). Avec la directive SEVESO II, l'étude de dangers doit être désormais réactualisée au moins tous les cinq ans.
La définition donnée par le JO du 12 avril 2009 : Étude précisant l'ensemble des risques auxquels se trouvent exposés, lors d'un accident d'origine interne ou externe, les personnes et les biens situés à l'intérieur ou à proximité d'une installation, ainsi que les dommages qui en résultent pour l'environnement. L'étude de dangers identifie les sources de dangers et expose les scénarios d'accident. L'étude de dangers comporte une analyse des mesures propres à réduire la probabilité et les conséquences des accidents.

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CHAPITRE III : PROBLEMATIQUE

Dans la plupart des pays industrialisés, le développement des zones périurbaines a conduit à l?installation des zones résidentielles et commerciales au voisinage de sites industriels présentant des risques majeurs que Francois Ewald qualifie de mot-valise qui sert à désigner tout type d?événement, individuel ou collectif, mineur ou catastrophique (Ewald, 2001)16. L?activité industrielle apparaît comme une forme particulièrement sophistiquée et extreme d?intervention de l?homme sur son environnement. Après s?être adapté pour vaincre l?aridité ou le froid, il a commencé à tirer profit des diverses ressources disponibles pour enfin développer celles de l?agriculture et de l?élevage. Avec l?industrie, il va également chercher à modifier, à contraindre et à maîtriser son environnement, pour satisfaire des besoins sans cesse renouvelés.

Or, les établissements humains requièrent la mise en place d?infrastructures, de biens, de produits et de services afin d?assurer leur bien-être et leur développement. La recherche de ce bien être et de ce développement a contribué, depuis l?ère industrielle, à l?apparition du risque technologique qui s?est concrétisé durant les XIXe et XXe et siècles par de graves accidents industriels qui ont sérieusement affecté les villes et, de manière générale, les centres peuplés.

Avec la complexification des activités économiques, la mondialisation, la concurrence accrue en matière de développement industriel, la concentration urbaine toujours plus importante qui en résulte, montre que le risque industriel devient endogène c'est-à-dire qu?il dépend des activités de l?ensemble des agents économiques. Cette proximité de l?industrie et de la population a pour effet d?accroître les conséquences d?un éventuel accident ; comme le montrent de nombreux drames17 survenues dans le monde.

16 Ewald, François (2001) : le principe de la précaution, Paris, PUF

17 Voir Risques et accidents industriels majeurs de Nichan Margossian pour la liste des accidents dans le monde

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Kounoune

· Les accidents de Flixborough (Grande-Bretagne, 1974) et SEVESO18 (Italie, 1976) accélèrent la prise de conscience du risque industriel

· Le 3 décembre 1984 : une fuite de 40 tonnes de gaz toxiques de l'usine de pesticides d'Union Carbide à Bhopal19 en Inde fait plus de 8 000 morts dans les trois premiers jours et plus de 20 000 en près de 20 ans.

· Le 26 avril 1986 : explosion du réacteur de type RBMK n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en URSS. C'est l'accident nucléaire le plus grave à ce jour, notamment en raison de ses importantes conséquences sanitaires

· En 1992, s?est produit un accident20 meurtrier au Sénégal celui de la SONACOS au moment du transvasement du contenu d?un camion citerne d?ammoniaque liquide. Ce gaz hautement toxique et inflammable, est composé d?azote et d?hydrogène. Le souffle a projeté les débris du véhicule à plusieurs dizaines de mètres, tuant sur le coup une quarantaine d?ouvriers se trouvant près des cuves et brûlant grièvement ceux qui travaillaient dans les ateliers. Au Sénégal, à coté de ces accidents, se sont produites également des catastrophes majeures dont les causes ne sont pas exclusivement attribuables à des défaillances technologiques. Parmi ces catastrophes nous pouvons retenir particulièrement les accidents de transport :

v' Aériens (Kafountine, Ngaparou, Tambacounda); ferroviaires;

v' routiers (600 morts et 2000 blessés graves par an);

v' maritimes (pêcheurs, naufrage du bateau« le Joola », en septembre 2002 avec prés de 1800 personnes décédées.

Cependant, la région dakaroise entre aujourd?hui dans une phase d?accélération de sa croissance démographique occupant 23% de la population totale du Sénégal. Elle a un taux d?urbanisation qui avoisine 97% expliquant ainsi un manque d?espace pour la mise en place de certains investissements.

18 Directive 96/82/CE est une directive européenne officialisée le 24/06/1982, modifié le 09/12/1996

19 Une ville et une ancienne principauté de l?Inde : capitale du Modhya Pradesh avec environ 1.5millions d?habitants

20 http://www.humanité.fr; D?huile et de Sang 26/03/1992

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Kounoune

De plus une faible partie du territoire nationale (0.3%) concentrent la zone franche des activités de l?entreprise et de l?industrie (Diop 1992). Cette zone franche est à l?origine du développement de quartiers spontanés mais aussi de l?occupation anarchique de l?espace dans les zones périphérique telles que Mbao et Rufisque principalement.

L?Etat du Sénégal, confronté à un problème de couverture énergétique sur le territoire nationale a mis en place des unités de production et de redistribution d?électricité.

La centrale électrique de Kounoune (village situé dans la communauté rurale de Sangalkam) d?une capacité de 67.5 MW fait partie de ces nouvelles unités. L?installation de la centrale de kounoune est classée de 1ére catégorie ou à haut risque c'est-à-dire présentant de graves dangers ou inconvénients.

Selon l?article L13 du code de l?environnement du Sénégal « les installations rangées dans la première classe doivent faire l?objet d?une autorisation d?exploitation délivrée par arrété du Ministre chargé de l?environnement dans les conditions fixées par décret avant leur construction ou leur mise en service . Cette autorisation est obligatoirement subordonnée à leur éloignement, sur un rayon de 500m au moins, des habitations, des immeubles habituellement occupés par des tiers, des ERP, d?une voie de communication, d?un captage d?eau.».

A cet égard, le Gouvernement du Sénégal a pris des initiatives importantes telles l?adoption d?un arsenal juridique et la mise en place des organes de gestion et de prévention des catastrophes. Il a également élaboré un programme de prévention et gestion des risques majeurs et catastrophes qui vise principalement à promouvoir des stratégies et mécanismes de prévention et de gestion des risques et catastrophes, à réduire les facteurs de vulnérabilité dans les secteurs et renforcer l?assistance sociale aux groupes vulnérables en cas de catastrophes.

Et aujourd?hui, la zone de kounoune vit une urbanisation qui s?opère dans toutes les directions se rapprochant à grand pas des périmètres de la centrale électrique.

Cette dernière qui est à haut risque peut être source de conséquences. Et ces conséquences peuvent aller bien au-delà des limites du site de la centrale électrique. C'est pourquoi, la maîtrise de l'urbanisation aux alentours est strictement nécessaire.

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Kounoune

Or, les réglementations relatives aux risques et à l?aménagement du territoire au Sénégal ont évolué et limitent l?installation de constructions vulnérables dans des zones dangereuses aux effets létaux et irréversibles.

Il s?avère indispensable alors d?instaurer un dispositif performant de maitrise de l?urbanisation performant dans la mesure où, seule une volonté politique forte combinée à une sensibilisation aux méthodes de prévention pourrait contrecarrer les évolutions inéluctables de rapprochement de la ville et de la centrale électrique car prévenir et gérer les risques urbains est devenu progressivement une préoccupation majeure des citadins et des responsables des secteurs publics et privés(S, 2005)21.

Au regard de toutes ces catastrophes résultant de la cohabitation entre installations classées et établissement humain, l?on se demande alors «Quelle est l?ampleur des conséquences sur les biens et les personnes d?un risque incendie dans les périmètres de la centrale électrique de Kounoune ? ».

Cette étude permettra de déterminer d?abord, les zones à risques en s?appuyant sur l?outil indispensable que constitue l?étude de danger qui permet de calculer les impacts et les conséquences prévisibles de la survenance d?un accident ensuite, de délimiter les nouveaux périmètres de sécurité mais également de faciliter aux populations et acteurs l?acquisition des connaissances en matière de gestion du risque enfin de régler durablement des situations existantes non résolues mais également de prévenir la formation de nouveaux quartiers exposés à des risques majeurs.

Elle serait indispensable pour les riverains, les services techniques, les industriels, l?Etat, la collectivité locale et le conseil rural de Sangalkam.

21 Barles(2005) : L'invention des déchets urbains, France, édition champ vallon, 304 pages

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CHAPITRE IV : CADRE OPERATOIRE

Pour mener à bien notre travail de recherche, nous avons établi un certain nombre d?objectifs dont un général et quatre spécifiques. Et les objectifs généraux et spécifiques se voient attribuer respectivement des questions générales et spécifiques de recherche. Cependant, pour répondre à ces interrogations, nous avons pu formuler quelques hypothèses qui sont en adéquation avec les questions de recherche. Ainsi, la vérification de ces hypothèses ne pourrait se faire sans avancer des indicateurs pertinents selon les variables dépendantes ou indépendantes. Tout ce travail renvoie à l?aboutissement de résultats.

1. Objectifs de recherche.

Ils sont constitués d?abord d?un objectif général, ensuite des objectifs spécifiques. Objectif général

Etudier l?ampleur des conséquences sur les biens et les personnes face à un éventuel risque incendie dans les périmètres de la centrale électrique de kounoune.

Objectifs spécifiques Objectif spécifique 1 :

Mesurer l?efficacité des barrières de sécurité face au risque incendie dans les périmètres de la centrale électrique de kounoune.

Objectif spécifique 2 :

Evaluer les distances aux effets létaux et irréversibles dans un scénario d?accident majeur de type incendie dans les périmètres de la centrale électrique de Kounoune.

Objectif spécifique 3:

Evaluer la vulnérabilité du quartier Darou Rahman aux effets létaux et irréversibles et la perception des populations par rapport au risque avec lequel elles cohabitent.

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2. Question générale de recherche

Quelle est l?ampleur des conséquences sur les biens et les personnes d?un éventuel risque incendie dans les périmètres de la centrale électrique de Kounoune ?

Question spécifique1 :

Quelle est l?efficacité des barrières de sécurité face un risque incendie dans les périmètres de la centrale électrique de Kounoune ?

Question spécifique 2 :

Quelles sont les distances d?effets dans l?éventualité d?un accident de type incendie dans les périmètres de la centrale électrique de Kounoune?

Question spécifique 3 :

Quel est le niveau de vulnérabilité du quartier Darou Rahman et la perception des populations face au risque incendie dans les périmètres de la centrale électrique de Kounoune?

3. Hypothèse de recherche

Hypothèse générale de recherche

La survenance d?un éventuel risque incendie dans les périmètres de la centrale électrique de Kounoune aurait des effets sur les biens et les personnes.

Hypothèse spécifique 1 :

La délimitation des périmètres de sécurité autour de la centrale électrique de Kounoune a permis de protéger les biens et les personnes face un éventuel risque incendie.

Hypothèse spécifique 2 :

Les distances d?effets physiques des rayonnements incluent de nombreuses habitations, des voix de communication et des établissements recevant du public exposés au risque incendie.

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Hypothèse spécifique 3 :

La vulnérabilité du quartier Darou Rahman face aux risques générés par la centrale électrique est relativement élevée, ce que les populations perçoivent faiblement.

4.

hypothèses

Tableau 1 : Hypothèse spécifique 1 et ses indicateurs

Hypothèse spécifique1 :

Le niveau d?efficacité suffisant des barrières de sécurité de la centrale électrique de kounoune permet de réduire l?ampleur des conséquences sur les biens et les personnes.

Variable :

Variable indépendante :

le niveau d?efficacité des barrières de sécurité de la centrale électrique de kounoune

Variable dépendante :

la réduction de l?ampleur des conséquences sur les biens et les personnes.

Indicateurs

Nature des constructions

Fréquence d?entretien des équipements de sécurité Nombre de personnes formées/mois

Type de réservoir

Ecart existant entre unité productrice de danger. Bassin de rétention

Fréquence des inspections et contrôles (techniques et administratives)

Profondeur des nappes

Nombre de casques et de gants

Nombre de masque à gaz

Les moyens et procédures d?alerte

Nombre de réservoirs de refroidissement des cuves Nombre d?écran de surveillance

Nombre de téléphones standards

Nombre de RIA (Robinet Incendie Armé) Nombre de poteau incendie

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Nombre de chambre à Mousse Nombre d?extincteurs à eau Nombre d?extincteurs poudre ABC Nombre de personnes blessées Quantité de biens perdus

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA ,2010

Tableau 2 : Hypothèse spécifique 2 et ses indicateurs

Hypothèse spécifique2 :

Les distances d?effet physique des rayonnements incluent de nombreuses habitations, des voix de communication et des établissements recevant du public exposés au risque incendie.

variables

 
 
 

Indicateurs

dépendante

 
 
 

Distance de la clôture à la limite de chaque zone Caractéristiques des types de risques

Les distances

rayonnements

d?effet

physique

des

Masse d?hydrocarbures

Caractéristiques de l?environnement physique

 
 
 
 

(Températures, régime et vitesse des vents)

 
 
 
 

Quantité de matières dangereuses

 
 
 
 

Types de stockage

 
 
 
 

Distance à effet létal et irréversible

 
 
 
 

La cartographie des zones à risque

 
 
 
 

Le niveau de remplissage des cuves

 
 
 
 

Les caractéristiques du risque.

 
 
 
 

Dimension des cheminées

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indépendante :

L?introduction de nombreuses habitations, des voix de communication et des établissements recevant du public

Tracé de l?autoroute à péage

Le nombre d?équipements éducatifs et sanitaires Nombre de lignes haute tension

Le nombre de maisons à l?intérieur du rayon

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA ,2010

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Tableau 3 : Hypothèse spécifique 3 et ses indicateurs

Hyphothèse3 :

La vulnérabilité du quartier Darou Rahman face aux risques générés par la centrale électrique est relativement élevée, ce que les populations perçoivent faiblement.

.

La vulnérabilité élevée du quartier Darou Rahman

Indicateurs

Délai d?intervention des secours

Nombre de maladies recensées après le projet Dangerosité des produits

Densité des populations

La proximité par rapport à la centrale électrique

Quantité d?effluents rejetés dans l?atmosphère La nature des produits rejetés

Diminution de la visibilité Niveau de revenus

Niveau d?instruction

Distance séparant la cible de l?itinéraire Effectifs permanents et temporaires

Nombre d?établissement recevant du public

La topographie de la zone La mobilité des personnes

Existence d?autres installations dangereuses Nombre de personnes blessées

Rayon de proximité

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La perception faible des populations sur le risque incendie

Le niveau d?implication à la prise de décision Le niveau de sensibilisation

Le niveau d?information des acquérant et des locataires des biens situés dans les zones exposées

Densité des populations dans les concessions de proximité

Compréhension de la démarche d?un PPRT La création de comités locaux d?information et de concertation

Les manifestations d?un risque

Connaissance des risques

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA ,2010

DEUXIEME PARTIE

METHODOLOGIE ET

CADRE DE L'ETUDE

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

DEUXIEME PARTIE :

METHODOLOGIE ET CADRE DE

L'ETUDE

CHAPITRE V : METHODOLOGIE

Dans toute recherche et particulièrement celle quantitative, l?adoption d?une démarche méthodologique est une nécessité pour mener convenablement un exercice. Cependant, la méthodologie doit définir la nature des indicateurs sur la base des questions de recherche posées par la problématique. Et ces indicateurs seront traduits en questionnaire pour le recueil d?informations relatives à notre contexte. Ce processus aura comme corollaire l?aboutissement à des résultats. Les différentes étapes que nous allons entreprendre sont les suivantes :

· La justification du choix du sujet de recherche

· La revue documentaire

· L?identification de la population cible

· Choix et l?élaboration des outils de collecte

· Présentation et analyse des résultats

· Enoncé des limites de la recherche et des difficultés rencontrées

5.1. Justification du choix du sujet de recherche

Le risque est devenu de nos jours un phénomène récurrent dans notre société et une préoccupation majeure dans les politiques de développement. De plus, le manque notoire d?études ayant trait à la gestion et à la prévention des catastrophes naturelles comme technologiques, est également un des éléments explicatifs du choix du sujet.

Il s?intitule comme suit, l?urbanisation non maitrisée et le risque industriel : cas de la centrale électrique de kounoune. Cependant, il est encore d?autant plus important que les Allemands aient beaucoup insisté pour que la prévention et la gestion des risques soient l?un des thèmes de la conférence de Johannesburg sur le développement durable,

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Kounoune

arguant que cette prise en compte était une condition nécessaire à un développement à long terme.

5.2. Revue documentaire

Elle nous permet de recueillir des données secondaires relatives au risque industriel et à l?urbanisation. Elle renvoie également à :

v' une synthèse des documents concernant l?environnement de l?installation classée. Et ces documents sont géographiques, cartographiques (anciennes et nouvelles de la zone d?étude), environnementaux et démographiques.

v' Une synthèse des documents techniques sur les installations à haut risque (guide méthodologique de l?étude de danger, la nomenclature des installations classées).

Elle s?est faite dans les bibliothèques de l?ENEA, de l?ISE, de l?UCAD, du CSE, les centres de documentation brève dans les différents services susceptibles de fournir des documents et informations ayant trait à l?objet d?étude. Cette documentation a permis d?une part de faire la revue critique de littérature, la clarification conceptuelle et d?autre part de dresser la problématique

La recherche nous a orientée au niveau de la communauté rurale de Sangalkam pour acquérir des données sur les caractéristiques physiques et démographiques de la zone d?étude à travers leur PLD, à la direction de l?environnement et des établissements classés qui a la prérogative de veiller à la protection de l?environnement contre les nuisances et certaines formes de pollution, à la direction de la protection civile, au siège du PNUD, à la direction des industries et des mines, au centre de suivi écologique, à la direction des travaux géographiques et cartographiques et au quartz Afrique une structure qui oeuvre dans les études d?impacts environnementaux mais également à la gouvernance des risques.

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Les données sur la population22 de la communauté rurale de Sangalkam ont été obtenues auprès de la collectivité locale et à l?ANSD et pour celles relatives à l?aménagement et l?urbanisme nous nous sommes rendus aux services déconcentrés du Ministère de l?urbanisme dont principalement la DUA, la DAT et aux cadastres, pour s?approprier des outils de planification urbaine mis en oeuvre en vue de la répartition et l?occupation de l?espace dans l?agglomération Dakaroise et particulièrement celle de Rufisque.

Ainsi, les supports de données recherchées sont multiples : livres, rapports, mémoires, thèses et cartes.

5.3. Identification de la population cible

Le choix des villages est lié à leur proximité à la centrale électrique et du nombre d?individus exposés qui sont des critères pertinents pour créer des strates homogènes et de plus un rayon de 1800m a été alors choisi pour une délimitation de la zone d?étude. Or, la pertinence des critères pour créer des strates ici les villages nécessite une connaissance soit intuitive, soit venant d?études réalisées antérieurement. En partant sur ce principe, ce rayon de 1800m correspond à la distance d?effet aux brûlures significatives qui est obtenu dans un scénario d?accident lié au risque incendie.

Et pour faire le calcul, on a utilisé des formules23 techniquement et scientifiquement admises par les communautés européennes. A l?intérieur de ce périmètre il n?y a qu?approximativement quatre villages parmi les 33 que compte la communauté rurale de Sangalkam. Il convient de rappeler que le quartier de Darou Rahman faisant parti des strates est un élément de la ville de Rufisque. Il a été choisi parce que c?est l?unique quartier qui présente des spécificités c'est-à-dire une partie des chefs de ménages a leur concession se trouvant être à moins de 500m des limites de la centrale électrique et l?unique où on arrive à distinguer deux types de vulnérabilités stratégiques et structurelles : la présence d?établissement recevant du public (écoles élémentaire de

22 Recensement administratif 2009 de la communauté rurale de Sangalkam

23 Formule réglementaire: arrêté du 09/11/1989 du code français fixant les distances d'isolement aux effets létaux et irréversibles

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Kounoune

Darou Rahman), une voix de communication (tracé de l?autoroute à péage Dakar-Thiès) et de nombreuses habitations en construction.

Nous avons choisi une méthode non probabiliste en faisant une répartition proportionnelle. En effet, le choix de cette méthode s?explique par l?indisponibilité d?une base de sondage mais également pour que la probabilité de sélection des ménages dans les strates soit égale. Plus le nombre de ménages est important dans un village choisi, plus sa représentativité dans l?échantillon n?est importante.

Ainsi, le choix d?un échantillon de 120 ménages s?explique entre autre par deux (2) critères : Cout-Temps. En effet, pour faire à bien une enquête à l?échelle ménage surtout quand le nombre d?enquêtés est important et en plus de cela l?existence d?un écart consistant entre les villages. Alors, il s?avère opportun dés lors de mobiliser tout un arsenal de ressources financières. Ces dernières assureront d?une part la reproduction des questionnaires en autant d?exemplaires mais aussi des guides d?entretien qui seront respectivement adressés aux ménages, à la DEEC, à la DPC, à la DUA et au Préfet du Département de Rufisque.

Il y a également les coûts de transport pour les déplacements au sein des villages se trouvant être dispersés dans les quatre directions. Compte tenu du calendrier de travail pour l?élaboration de notre mémoire de fin d?étude, il était retenu une durée de 10 jours pour enquêter les 120 chefs ménages des quatre villages qui sont : kounoune, kounoune Ngalap, Keur Daouda Sarr et Darou Rahman. Ce faisant, on se retrouverait en moyenne 12ménages/jour

Cependant, nous allons emprunter la méthode des itinéraires c'est-à-dire choisir d?abord les quatre(4) directions que sont (Nord, Sud, Est et Quest) dont les noms sont inscrits dans des bouts de papiers. Pour mettre en oeuvre cette méthode, il suffit de se positionner au centre du village choisi puis on fait le tirage au hasard sans remise d?une direction ensuite, on se dirige vers cette direction et on prend la première concession en interrogeant tous les chefs de ménages.

Il existe toute même des contraintes pour une application effective de cette méthode car c?est une zone qui n?est pas totalement lotie.

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Pour une bonne compréhension de la méthode, essayons de l?illustrer par l?exemple du village de kounoune où nous devons enquêter 60 ménages.

En principe, suite à une répartition équitable en vue d?avoir une hétérogénéité des réponses mais permettre aux autres de s?exprimer par rapport au sujet, on aura 15 ménages par direction. Si après le tirage on fait sortir la direction Nord.

La première étape, on se dirige alors vers cette dernière puis on entre dans la première concession et on interroge s?il y en a deux chefs de ménages.

La deuxième étape, on fait à chaque fois 10m pour prendre une nouvelle concession où on procède de la méme manière jusqu?à ce que l?on interroge les 15chefs de ménages

Enfin la troisième étape, on retourne au point de départ afin de procéder à un nouveau tirage pour obtenir la deuxième direction

Tableau 4 : Echantillonnage des populations ciblées selon les villages

Villages

Nombre de

ménages

Pourcentage des

ménages dans la population totale

Echantillon

Pourcentage

Taille de

l?échantillon

Kounoune

272

42%

42%

50

Kounoune Ngalap

61

10%

10%

12

Keur Daouda

Sarr

111

17%

17%

20

Darou Rahman

209

31%

31%

38

Total

653

100%

100%

120

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA ,2010

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5.4. Choix et l'élaboration des outils de collecte

Dans le cadre de notre mémoire, nous avons utilisé le questionnaire et le guide d?entretien pour collecter le maximum d?information sur le terrain qui pourront servir à l?approfondissement d?autres pistes de recherche.

5.4.1. Le questionnaire

Le questionnaire a été administré aux ménages. Il a été élaboré de telle sorte qu?apparaissent les rapports de dépendance qu?entretiennent les différents acteurs. Il est composé de 52 questions réparties en trois items :

1. Identification

2. Perception sur l?installation

3. Rapport centrale électrique et habitation

5.4.2. Le guide d'entretien

La technique consiste à organiser des entretiens avec des personnes susceptibles de fournir des informations importantes. Elles ont été choisies du fait de leur grande connaissance du sujet. Ainsi, quatre guides ont élaborés pour mieux approcher les cibles.

Tableau 5 : Répartition des outils de collecte selon les cibles

Outils de collectes

Cibles

Nombre

Questionnaire

Chefs de

ménage à :

kounoune

50

Kounoune Ngalap

12

Keur Daouda Sarr

20

Darou Rahman

38

Personnel de la centrale

01

Guide d'entretien

DEEC

DPC

DUA

PREFECTURE

01 01 01 01

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Kounoune

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA ,2010

5.5. Le pré-test

Après la conception de chaque questionnaire en général, un test est alors fait permettant de valider sur un nombre restreint de personnes, les choix effectués dans le cadre de l?étude.

Ce test a une importance capitale dans la mesure où, il montre des imperfections (erreurs et oublis) sur la forme et le fond des contenus du questionnaire. Il permet également de supprimer les questions qui ne répondent pas directement à l?objectif visé.

Ainsi, dans cette présente étude nous avons pris l?occasion de tester le questionnaire sur cinq(5) chefs de ménages. Et au retour, nous nous sommes rendu compte qu?il y avait des imprécisions dans certaines questions d?une part et l?inutilité d?autres.

5.6. Traitement des données

Les données collectées sont d?ordres qualitatifs et quantitatifs. Il est cependant question de les traiter, de les analyser, de faire leur synthèse et leur interprétation. Une fois ce travail terminé, on a fait des tableaux tri à plat et de croisement afin de mieux montrer leur dépendance et de faire des analyses statistiques par l?utilisation des logiciels tels que le SPHINX, le SPSS. Ces derniers ont permis également de faire des histogrammes, courbes et diagrammes. Quant aux données qualitatives, elles seront soumises à une analyse systématique.

5.7. Difficultés rencontrées et limites de l'étude

Comme tout travail de recherche, cette présente étude a connu certaines difficultés.

D?abord, on était confronté à des problèmes relatifs à la documentation. En effet, la recherche dans les bibliothèques a fait état d?insuffisances notoires d?écrits ayant trait à la gestion du risque industriel.

Ensuite, pendant la phase de collectes où certaines informations n?ont pas été recueillies à temps faute d?indisponibilité des agents concernés mais aussi de leur réticence étant entendus que l?étude du risque dans les industries sénégalaises est trop complexe pourvu que bon nombre d?industriels ne respectent pas les conventions mises sur place. Egalement, il avait fallu tout une démarche pour accéder à la centrale électrique Il s?y ajoute l?indisponibilité des autorités de la préfecture dont le Préfet, de la communauté

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rurale dont le PCR, de la municipalité dont le Maire de la ville de Rufisque. Ainsi, le chef du service départemental d?urbanisme très préoccupé par les problèmes de recasement des populations victimes d?inondation dans la banlieue ne nous a pas accordé un moment suffisant d?échanges pour être imprégner de l?évolution des habitations dans la zone. Cela a eu des effets dans la rédaction du mémoire.

Cette présente étude repose essentiellement et uniquement sur la centrale électrique de kounoune qui se trouve être dans la CR de Sangalkam et ne traite que les questions relatives au risque industriel.

5.8. Les principaux acteurs concernés à la gestion du risque industriel

On avait toujours cru que la gestion du risque industriel devait être assurée par le
pouvoir central c'est-à-dire l?Etat. Contrairement à ce que l?on constate aujourd?hui les acteurs tels que les autorités et les entreprises privées participent véritablement à la

gouvernance des risques. Cette dernière a en effet connu des avancées significatives telles que l?adoption de nouvelle politique visant la réduction de la vulnérabilité mais aussi l?implication effective de plusieurs autres acteurs.

Et parmi ces acteurs, on peut retenir au niveau institutionnel, l?Etat avec ses représentants nommés par les pouvoirs publics (Gouverneur dans les régions, Préfet dans les départements et les sous-préfets dans les arrondissements), les collectivités locales (communes et communautés rurales), il y a également les populations, les chercheurs, les médecins etc.

a) I'[tat

Il est l?organe central et la gestion du risque lui incombe en premier lieu. Compte tenu de la gravité des conséquences potentielles d?un accident industriel, l?intervention des pouvoirs publics se justifie pour deux raisons essentielles :

D?une part, les individus minorent dans leur comportement la probabilité de tels évènements.

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D?autre part si le phénomène et ses conséquences dépassent les capacités des individus à y faire face, il n?est pas anormal que la prévention de ces phénomènes, ou son contrôle, relève au moins en partie des autorités publiques. De sorte que si le renforcement de la sécurité des installations classées incombe aux exploitants, la sécurité des populations aux alentours constitue une mission d?ordre public relevant de la compétence de l?Etat et de la collectivité

Il exerce son autorité par le biais de ses représentants dans les régions, dans les départements et dans les arrondissements mais aussi au niveau des départements ministériels.

b) Le Minist~re de l'environnement

Il se situe en amont et en aval de la politique gouvernementale en matière de gestion des risques industriels et a la charge de protéger et de mettre en valeur l?environnement. Il veille au respect de la réglementation en vigueur en matière de protection de l?environnement et des ressources naturelles.

c) Le Minist~re de l'industrie et des mines

Son rôle demeure fondamental et son avis incontournable en matière d?investissements stratégiques et de choix technologiques.

d) Le Ministère de l'urbanisme

Par sa politique de planification de l?espace urbain et de contrôle des normes architecturales de constructions, il a une grande responsabilité dans la cohabitation entre installations industrielles et zones d?habitation. Donc, il détient les solutions au problèmes des risques en gérant au mieux les permis d?occuper et les zones d?affectation.

e) Le Minist~re de l'intérieur

Il a en charge la protection civile, la sécurité publique et coordonne le plan ORSEC et donc déclenche les interventions d?urgence en cas d?accidents, de catastrophes. Donc il est au coeur du problème de la gestion des risques. En fait, ce sont ses services (Dieye, 2008)décentralisés qui coordonnent également les actions d?intervention d?urgence sur

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l?ensemble du territoire national. La DPC qui est sous son tutelle, se charge de gérer et de protéger les populations, d?assister les personnes en quête de protection.

La réglementation qui est en vigueur ne connait pas de grands changements et elle a été élaborée en 1969. Elle doit en principe être révisée pour qu?elle soit en adéquation car les effets que peuvent entrainer les progrès de la nouvelle technologie risquent d?aller de leurs moyens actuels de lutte

f) Le Minist~re de l'économie et des finances

Il a la prérogative d?encourager ou de décourager les technologies génératrices de risques majeurs. En cela, il contrôle les instruments juridiques et économiques d?incitation à la création d?entreprises et à leurs performances

g) Le Ministère de la santé

Il est une structure gouvernementale chargée de la politique sanitaire de l?Etat. Quelque soit les conséquences des accidents ou catastrophes industrielles, l?intervention du Ministère dans l?identification préalable des types possibles d?atteintes générées par tel ou tel risque est très souhaitée pour la mise en place d?un plan de secours, d?urgence.

h) Le Ministère de la communication

Par le biais des télévisions, des radios et des presses écrites, il a une fonction essentielle dans l?information et la sensibilisation des populations aux risques industriels. Ce Ministère est au centre des solutions des problèmes de gestion des risques.

Tous ces départements ministériels et leurs démembrements sont complétés dans leurs actions par les collectivités locales.

Ici ce sont la commune de Rufisque et la communauté rurale de Sangalkam qui nous intéressent à propos de la gestion des risques industriels. La première vient en troisième position dans la concentration d?industries à risque. Ce qui la classe au sein des communes à problème.

Il ya également au niveau du secteur privé formel, les industries constituant la source
même des risques du fait de la qualité de leurs technologies utilisées ou de la nature de

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leurs activités. En cela s?ajoute le non respect des normes et règles en vigueur en matière de sécurité des installations et de pollutions.

CHAPITRE VI : CADRE DE L'ETUDE 6.1. Présentation de la CR de Sangalkam

6.1.1. Situation de la CR

La communauté rurale de Sangalkam est localisée dans l?arrondissement du même nom situé dans le Département de Rufisque, région de Dakar (cf. carte1). Elle est limitée géographiquement :

v A l'Est par les communes de Sébikhotane et de Pout dans la région de Thiès,

v A l'Ouest par la commune de Keur Massar,

v Au Nord par l?océan atlantique et la communauté rurale de Diander,

v Au Sud par les communes de Bargny, Rufisque et Diamnadio

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Carte 1 : Carte de la communauté rurale de Sangalkam

Source : CSE, 2010

Elle est devenue collectivité locale en 1985, le territoire communautaire de Sangalkam regroupe 33 villages qui s?étendent sur une superficie de 195 km2. Le zonage de la Cr donne trois (3) zones dont Sangalkam, Niague et Bambilor. La première est celle qui regroupe les villages faisant notre objet d?étude.

6.1.2. Evolution de la population de la CR

Elle est marquée au cours de ces vingt (20) dernières années par une croissance moyenne de 9,99%/an. C?est ainsi qu?entre 1976 et 2010, la population de Sangalkam est passée de 16000 à 84768 habitants (graphique1). Cette évolution de la population sur cette période peut s?expliquer par des causes différentes :

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D?abord, il y a une forte tendance d?urbanisation de la localité, ensuite une forte croissance de la population et enfin un flux migratoire trop important.

D?ici 2014, cette tendance risque d?aboutir à un doublement de la population c'est-à-dire les 84768 atteindront le gap des 121000 habitants (PLD Sangalkam). Ceci risque d?avoir comme corollaire l?occupation pressante des espaces existants aux abords de la centrale électrique

Ainsi, les tailles des villages dont kounoune, kounoune Ngalap, Keur Daouda Sarr choisis dans cette présente étude sont respectivement de 3811, 510, 1045 et celle de Darou Rahman, un quartier de la ville de Rufisque est comprise entre 1500 et 2000 habitants.

Cependant, la densité de population dans cette zone est de 434,4 hbts/km2 qui est sept (7) fois plus élevée que la moyenne au Sénégal qui est de 61,1hbts/km2. Cette situation, si elle n?est pas contrôlée entrainera une occupation pressante de l?espace disponible bouleversant ainsi les normes urbanistiques en vigueur. En effet, le PUD prévoit des zones d?habitation, agricoles, des réserves etc.

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GRAPHIQUE 1: Evolution de la population de 1976 à 2010

90000

80000

40000

70000

60000

50000

30000

20000

10000

0

1976 1988 1999 2004 2010

16000

1 2 3 4 5

24000

34183

60768

84768

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

Avec ses 84768 habitants, la communauté rurale de Sangalkam dispose d?une population majoritairement jeune. En effet, 48% de la population ont moins de 15 ans. Cette classe d?age combinée à celle comprise entre 15 et 35 ans dégage une proportion très forte estimée à 73,18%.

Quant à la structure par sexe, la population féminine est dominante avec un rapport de masculinité de 0,89 (soit 100 femmes pour 89 hommes). En d?autres termes la gente féminine représente prés 56,58% des habitants. Toutefois, une disparité sur le ratio homme / femme est notée selon les tranches d?age.

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La distance entre ces villages les plus proches et la centrale électrique : Tableau 6 : Distance entre les villages cibles et la centrale électrique

Villages

Ecart en Km

Centrale électrique

Kounoune

1.5

Kounoune Ngalap

1.6

Keur Daouda Sarr

1

Darou Rahman

450-500m

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010 6.1.3. Milieu physique

a) Le relief

Le relief de la communauté rurale est relativement homogène. Cependant, on remarque dans la zone maritime des dunes longitudinales pouvant atteindre des hauteurs moyennes de 15 à 25 m

b) Le climat

Située entre les isohyètes 300 et 600 mm, la communauté rurale de Sangalkam a un climat sub canarien doux qui est caractérisé par l?alternance de deux saisons peu contrastées.

c) Les vents

Les vents forts dans cette zone soufflent du Nord vers le Sud. Il joue un rôle majeur dans la formation et le développement des incendies. Il agit en favorisant le renouvellement de l?oxygène. Or, nous savons que les gaz ne s?enflamment qu?en présence d?un comburant comme l?oxygène. Par conséquent, si le vent souffle, le foyer est davantage alimenté, activant ainsi la combustion.

Le vent, en fournissant une réserve d?oxygène et donc en attisant la réaction de combustion, favorise la progression d?un feu.

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Ces caractéristiques ont une influence significative et font parties des éléments qui peuvent aggraver le niveau de propagation du risque quelque soit sa nature.

6.1.4. La communication

a) Le téléphone

Dans la communauté rurale, on note un taux de desserte qui effleure les 50%. Le territoire est bien couvert par le réseau satellitaire soit 1441 lignes téléphoniques sur 33villages.

b) La radio

La communication radio est fortement appréciée dans la localité. Les différents émetteurs radiophoniques ont fini de couvrir toute l?étendue du territoire communautaire. Ainsi, le canal radiophonique est une réponse adéquate à l?éloignement des villages. C?est ainsi que les populations qui disposent au moins d?une radio par ménage, ont affirmé que la radio communautaire facilite l?annonce des avis et informations.

Ce réseau communicationnel joue un rôle très important dans la diffusion des messages et permet aux populations de suivre de prés l?actualité de la zone en générale et de la centrale en particulier.

6.1.5. Le réseau électrique

Bien qu?il y ait la centrale électrique, seuls 17 villages sont électrifiés sur 33 que compte la communauté rurale. L?éclairage public fait défaut.

6.1.6. Les équipements

Dans notre zone étude, on note 07 écoles, 01 case de santé, 81 boutiques, 01 marché et une garderie d?enfants. Ces équipements sont des lieux de fréquentation de beaucoup de

Source : Google Earth

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personnes. Seuls les marchés et la garderie sont dans les périmètres sécuritaires. Tout de même cette zone connait un déficit en équipements.

6.2. Présentation de la centrale électrique

6.2.1. Situation géographique

Photo1 : Carte de localisation de la centrale électrique de Kounoune

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6.2.2. La caractérisation de la centrale électrique et acquisition de terrain

S?étalant sur une superficie de 3ha, la centrale électrique est implantée sur le village de Kounoune dans la communauté rurale de Sangalkam, à 23 km à l?Est de Dakar. Elle est accessible par la voie latéritique qui mène à Keur Massar. SENELEC24 a préféré le site de kounoune à Tobène (renvoyé pour ultérieurement) du fait de la proximité des sources d?approvisionnement en fioul et des lignes de transport d?électricité déjà existantes. La parcelle appartenait au domaine public et faisait partie d?un terrain plus vaste de 14ha, avant qu?elle ne soit immatriculée au nom de la SENELEC. Ainsi, la puissance de sortie de la centrale est de 67,5Mw et fonctionne à partir du fuel lourd pendant les opérations habituelles et au diesel pour des opérations de démarrage et d?arrêt de cycle. Son effectif est composé de 49 employés permanents, 20 et 40 agents temporaires qui sont sélectionnés en fonction des opérations de maintenance qui sont organisées.

GRAPHIQUE 2: Répartition du personnel de la centrale électrique de kounoune

45

40

50

35

30

25

20

15

10

5

0

permanents temporaires

49

30

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

24 Société anonyme créée en 1984 pour la production, du transport, de la distribution et de la vente de l'énergie électrique

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6.2.3. Description de la centrale électrique

La centrale électrique comporte des équipements répartis en 5 zones (voir plan) :

· Zone des aérorefrigérant

· Zone des échappements

· Bâtiment central, administratif et un poste de garde

· Local de protection incendie

· Zone d?évaporation naturelle

La centrale contribuera au ?renforcement de la capacité de production du système électrique et permettra d?améliorer de façon notable la qualité du service de l?électricité. Elle va également contribuer à combler le déficit en infrastructures modernes et performantes dans le domaine de l?énergie électrique au Sénégal.

Elle fait partie des installations de classe I car pouvant entrainer de graves dangers et inconvénients s?agissant de la santé, de la sécurité, de la salubrité publique, la nature et l?environnement en général. La centrale électrique est alors soumise au régime de l?autorisation.

6.2.4. Fonctionnement de la centrale électrique

Le fuel lourd venant de la SENELEC du Cap des biches via un pipeline est stocké dans les 2 cuves de 3000m3 faisant au total 6000 m3 de capacité de stockage à travers le module de dépotage composé de 2 pompes dont chacune est équipée de filtres. Il ya des cuves qui contiennent du gazole de 100 m3 chacune. Parmi les normes sénégalaises limitatives de la pollution atmosphérique, il y a la teneur en soufre qui ne doit pas dépasser 2% et relevé des analyses des combustibles sur site. C?est donc une mesure préventive importante de préservation de la qualité de l?air.

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Tableau 7 : Base de données spécifiques des produits stockés

Produits

Quantité
stockées

Types de
stockage

Points clairs

Rétention

Nature du conte

nant

R1

R2

3000 m3
3000 m3

Aériens

Enterré

 

Diam ètre

Epais- seur

Haut

Volu me

Acier noir

Oui

 

20m

5mm

10.94

 

2 Cuves de Diésel

100 m3 chacune

 

Oui

L 59m

l 30m

 

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

Le fuel lourd puisé dans les réservoirs est d?abord traité à partir des séparateurs ensuite le buffer serait rempli. Il existe une pompe de transfert qui remplit les deux

cuves de service qui à leur tour vont alimenter les neufs (9) groupes électrogènes. Et chaque groupe a un module de combustible (1ére étape)

La 2nde étape fait montrer que c?est de l?air comprimé qui est utilisé au démarrage. Ainsi, quand le diésel tourne, il entraine l?alternateur qui, couplé au réseau donne la production d?électricité.

A la sortie de la turbine, la vapeur est à nouveau transformée en eau grâce à un condensateur

Le circuit combustible se subdivise en 3 grands circuits selon la nature des fluides véhiculés et leur emploi :

-Circuit de carburant diesel appelé « circuit DO » -Circuit de fuel lourd appelé « circuit HFO » -Circuit commun HFO/DO

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TROISIEME PARTIE

ANALYSE ET INTERPRETATION

DES RESULTATS

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TROISIEME PARTIE : ANALYSE ET

INTERPRETATION DES RESULTATS

CHAPITRE VII : La protection des personnes et des

biens face au risque incendie est assurée par les

barrières de sécurité efficaces.

7.1.Dispositif de protection interne mis en place par la centrale électrique

7.1.1. Typologie des équipements et leur rôle dans la lutte contre les

manifestations du risque.

Les barrières de sécurité ont pour but de réduire la probabilité d?occurrence et/ou des effets et conséquences d?un événement non souhaité dans un système.

Elles constituent les moyens et le dispositif mis en place par l?unité pour parer aux accidents possibles de se produire à l?intérieur de la centrale électrique. L?établissement doit disposer en son sein une organisation interne solide et du matériel adaptés à la gestion d?un accident sur son site.

Nous distinguons des barrières de sécurité curatives ou correctives et celles préventives.

Les Premières correspondent aux mesures curatives ou correctives c'est-à-dire qui peuvent être utilisées quand l?accident se produirait.

Les secondes dites mesures préventives, qui lorsqu?elles sont inefficaces, entrainent des bouleversements des premières.

L?incendie est un fléau qui atteint indistinctement les personnes présentes, les bfitiments et le matériel. Pour qu?il y ait incendie, il faut inévitablement trois éléments fondamentaux : le comburant, le combustible et une source d?énergie

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Le comburant corps qui, en se combinant avec un combustible permet la combustion (oxygène ou air par exemple).

Le combustible, toute matière capable de se consumer (charbon, essence, fuel, butane par exemple).

La source d?énergie qui est une énergie nécessaire au démarrage d?une combustion.

Ces trois éléments forment ce que l?on appelle le triangle de feu et l?absence d?un d?entre eux empéche la manifestation du phénomène.

?Le feu s?éteint dans la première minute avec un verre d?eau, dans la deuxième minute avec un sceau d?eau, dans la troisième minute avec une tonne d?eau, après......., on fait ce que l?on peut??. Cet adage dit que plus on attend pour attaquer un début d?incendie, plus les moyens de lutte ne deviennent importants. La priorité étant d?éviter un incendie mais si celui-ci se déclare, il faut empêcher sa propagation et le combattre le plus rapidement possible. C?est pourquoi les descentes faites au niveau de la centrale a permis de déceler l?existence d?un arsenal de moyens de lutte contre l?incendie mis sur place, il s?agit des équipements tels que :

? Les poteaux d?incendie (photo2), les extincteurs poudre-ABC, à CO2, à eau (photo2), le robinet incendie armé-RIA et les Postes d?incendie Additives qui sont spécifiques aux dispositifs d?émulsion. Leur répartition en pourcentage est traduite au graphique 3

Ils prennent tous leur source au niveau du local incendie qui est alimenté lui aussi par le réservoir eau incendie. Et chaque équipement présente des spécificités en termes de réponses pour combattre un feu. Il faut distinguer en interne trois niveaux d?intervention :

D?abord, avec les extincteurs qui ont pour rôle de limiter la propagation du feu. Ils sont rapidement mis en oeuvre et correctement par quiconque qui constate un commencement d?incendie (premier niveau)

Ensuite, les RIA (Robinet Incendie Armée) et les PIA qui permettent une première intervention d?urgence dans la lutte contre l?incendie en attendant que des moyens plus puissants soient mis en oeuvre. Ils sont utilisables par tous et ont une action immédiate sans mis en oeuvre spécifique.

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Cependant, lorsque l?accident se produit au niveau des postes ou des transfos, certaines précautions sont quand méme à prendre par exemple couper d?abord le courant HT en amont du transformateur ensuite attaquer le feu au CO2 ou à la poudre. Il est possible aussi de faire le jet pulvérisé pour lutter contre un feu d?origine électrique

Enfin les poteaux d?incendie qui sont toujours alimentés et prêts à entrer en action sur ouverture du réservoir qui leur est associé (deuxième niveau).

Le troisième niveau est celui des secours extérieurs comme les Sapeurs Pompiers GRAPHIQUE 3 : Répartition des équipements de lutte contre l?incendie

12

11

10

8

6

5

4

4

2

2

0

4

Poteau
d'incendie

Extincteur
poudre ABC

Extincteur à
CO2

Extincteur à
EAU

Robinet
Incendie Armée

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010 Photo 2: Poteau d?incendie

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

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Photo 3 : Extincteur à poudre ABC mobile

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010


· Le réservoir d?eau incendie (photo4) d?une capacité de 500m3 qui, combinée au stock d?émulseur disponible donne ce qu?on appelle la mousse. Ainsi, la DEEC et la Direction de la Protection Civile suite à un contrôle au sein de la centrale, leur ont recommandé de renforcer tout de méme la quantité d?émulseur car celle disponible ne peut avoir que vingt minutes de temporisation part rapport à la normale qui est d?une heure.

Et si, éventuellement un accident de type incendie se produit sur l?un des réservoirs contenant le fuel lourd alors il suffit tout simplement de déclencher la lance mousse composée d?une solution moussante pour stabiliser et éteindre le feu pour une durée d?une heure. Or, cette lance mousse est reliée à un dévidoir fixé au local incendie qui

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Photo 4 : Réservoir Eau Incendie

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010


· Un local pompe incendie (photo5) où prennent leur source, le réseau des chambres à mousse accolé aux deux réservoirs, le réseau RIA entourant la salle de machine, le réseau des poteaux d?incendie qui est au nombre de quatre (4) dont trois (3) au niveau de la zone de stockage HFO source potentielle de danger et un (1) jouxtant le bâtiment central, le réseau d?arrosage des cuves.

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Photo 5: Local pompe incendie

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

n Deux écrans de surveillance dont l?un est dans le poste de garde et l?autre dans le local contrôle commande. C?est dans ce dernier où s?installent les chefs de quart ayant la prérogative de veiller d?une part aux différentes variations des réserves d?hydrocarbures avant et pendant le fonctionnement de l?installation et d?autre part au contrôle des détecteurs d?incendie.

n Des moyens de transmission tels que les téléphones standards permettant une synchronisation entre les différents acteurs se trouvant à l?intérieur de la centrale et des équipements de protection individuelle adéquats mis à la disposition des opérateurs (des gants pour se protéger contre l?acidité des produits utilisés, des casques car les chutes de matériel relèvent un peu de l?imprévisible, des bouches oreilles pour temporiser l?excessivité des bruits pendant le fonctionnement des installations, des chaussures de sécurité etc.)

n Des moyens de secours immédiats dont une voiture de liaison et les premiers secours

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· La nature du contenant qui a une caractéristique de résister aux effets thermiques. Il est alors équipé d?une rétention suffisante pour contenir les fuites accidentelles

· Des pancartes lumineuses montrant les issus de sortie en cas d?événements majeurs.

7.1.2. La formation comme un facteur opportun pour l'utilisation des équipements

A la suite des entretiens que nous avons tenus avec le chargé de la sécurité au sein de la centrale, il nous a fait savoir que 90% du personnel employé a fait une formation allant dans le sens de l?utilisation des équipements de protection, à la manipulation des produits chimiques, aux équipements de sécurité électrique, à la protection et à la prévention des incendies. En effet, on retient parmi les causes susceptibles d?engendrer le risque incendie la défaillance matérielle et la défaillance humaine qui ont respectivement chacune d?entre elles 74.6% et 33.3% selon le critère indépendant non cumulable et détiennent les parts les plus importantes. Ceci pour dire que pour une réduction effective des quelques rares accidents, il faut un contrôle, une aisance et une grande attention à l?utilisation des matériels. Cette réduction ne pourrait également se faire sans la maitrise du risque à la source.

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GRAPHIQUE 4 : Répartition des différentes causes susceptibles de provoquer le risque incendie

80% 75%

Défaillance
matérielle

Défaillance
humaine

Défaut de maitrise
de procédés

Agression d'origine
naturelle

70%

60%

50%

40%

30%

20%

33%

8%

10%

0%

5%

Source : Etude d'impact environnemental de la centrale électrique

Or, L?apparition d?un point chaud peut provenir :

· D?opérations d?entretien ou de réparations, incluant les travaux par points chauds (soudage, meulage, découpage),

· D?une étincelle d?origine électrique ou provenant d?un choc d?objets en acier contre le même métal,

· D?une imprudence de fumeur,

· D?un défaut électrique (échauffement au niveau d?un cable électrique en mauvais état, d?un raccord électrique mal réalisé),

· D?un échauffement de nature mécanique

C?est la raison pour laquelle des mesures ont été prises pour une bonne protection du personnel mais aussi la mise en place de plans de formation efficaces pour parer à toute éventualité.

Le site est entièrement clôturé et surveillé par des gardiens (poste de garde à l?entrée) 24H/24h, 365jours/365jours Une astreinte d?une semaine est organisée avec les agents d?encadrement de la centrale afin de disposer d?un responsable en cas de besoin d?intervention 24h/24h.

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La centrale dispose d?un chef de sécurité siégeant au local électricien-automaticien. Il est habilité à définir des procédures relatives à l?organisation et la formation du personnel, à l?identification et à la prévention des risques, à la gestion des modifications et des situations d?urgence, à la gestion des retours d?expérience et au contrôle du système.

Hormis les défaillances humaines, on peut citer entre autre les causes d?ordre naturel tel que la foudre qui, suivant ces manifestations peut être préjudiciables à l?installation du fait de l?utilisation de liquides inflammables. Une décharge de la foudre peut être à l?origine d?un incendie au niveau des bacs de stockage de fuel. Conscients de ce phénomène, les responsables ont mis au dessus de chaque cheminée des paratonnerres au nombre de trois (3) afin de contrecarrer ces décharges.

7.1.3. L'analyse des rejets atmosphériques pour réduire les risques sanitaires et environnementaux

Le fonctionnement de la centrale nécessite l?utilisation de certains produits intermédiaires comme l?acide chlorhydrique, de la soude etc. Ces produits sont parfois source potentielle de danger surtout quand il s?agit de leur manipulation.

Pour ce qui est du rejet de certaines particules dans l?atmosphère devant normalement perturber la qualité de l?air et de plus causer des maladies respiratoires à l?endroit des personnes riveraines, la centrale électrique dispose d?un testeur t 350s en vue de faire des analyses hebdomadaires des gaz d?échappements pour chaque groupe ceci dans le but d?être conforme aux normes sénégalaises ainsi qu?aux directives du groupe de la banque mondiale.

Dans le cadre du mémoire, nous avons pu prendre des informations relatives aux quantités de SOx, de NOx, de GO, de NO issus à chaud des cheminées et d?autres dans l?air ambiant au niveau du container placé au Sud où les vents dominants soufflent (voir relevé du 29/10/2009 des émissions de gaz en annexe).

Les données recueillies ne sont pas en adéquation avec celles fixées par le projet kounoune Power. En effet, les quantités de NOx, de SOx rejetées sont différentes selon les cheminées (3groupes/cheminée).

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Tableau 8 : Relevé des émissions de NOx et de SOx dans les cheminées

Cheminée

Relevés des émissions

Période

1

GROUPE 1 : (NOx : 1581 mg/m; SOx : 296ppm)
GROUPE 2 : (NOx : 1890 mg/m; SOx : 264ppm)
GROUPE 3 : (NOx : 1610 mg/m; SOx : 274ppm)

29/10/2009

2

GROUPE 1 : (NOx : 1608 mg/m ; SOx : 275ppm) GROUPE 2 : (NOx : 1748 mg/m; SOx : 302ppm) GROUPE 3 : (NOx : 1842 mg/m; SOx : 346ppm)

 

GROUPE 1 : (NOx : 1946mg/m ; SOx : 278ppm) GROUPE 2 : NOx : 1888 mg/m ; SOx : 294ppm) GROUPE 3 : (NOx : 1783mg/m; SOx : 297ppm)

 

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

Or, les émissions atmosphériques prévisibles de NOx, SOx dans l?étude d?impact environnemental sont regroupées dans le tableau suivant :

Tableau 9 : Emission normale de NOx et de SOx selon l?EIE

Polluant

Centrale électrique

Limites d?émission

sénégalaise

Banque mondiale

NOx

1376 mg/Nm3

2000 mg/Nm3

2000 mg/Nm3

SOx

1035 mg/Nm3

2000 mg/Nm3

2000 mg/Nm3

 

Source : EIE centrale électrique, enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

La comparaison des données recueillies par rapport à celle du tableau montre les quantités NOx et de SOx rejetées dans l?atmosphère respectent les normes de la banque mondiale et du Sénégal mais ne l?est pas pour la centrale électrique.

Cet excédent de rejets peut porter atteinte à la santé des personnes et à l?environnement immédiat de la centrale électrique. Cette dernière doit en contrepartie passée à des opérations de compensations comme le dicte le principe pollueur payeur.

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Get exercice de prélèvement, de diagnostic a comme avantage de faire part au personnel des défaillances techniques et de quelques dysfonctionnements mais aussi de réduire les risques sanitaires aux quels les populations sont exposées.

La hauteur des cheminés (photo6) qui est de 63m permet de diminuer l?impact sur le milieu immédiat car le foyer de dispersion aura une très grande étendue et de ce fait les employés et les populations riveraines ne pourront pas subir des risques dus à l?inhalation de gaz dangereux.

Photo 6 : Les trois (3) cheminées de la centrale électrique de kounoune

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

De méme, pour protéger d?avantages l?environnement de la centrale contre d?éventuels risques de pollution, de salubrité etc. le comité toujours se charge de prendre du sable et de remblayer les zones où il ya déversement d?huile morte.

Ainsi, des opérations d?entretien s?effectueront tous les mois où les couronnes d?eau de refroidissement devront être testées pour s?assurer de leur situation normale. D?ailleurs, c?est la meilleure méthode étant donnés que le risque a toujours ce caractère improbable et imprévisible.

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7.2. Le Plan d'opération interne comme second moyen de protection

Le plan d?opération interne dont dispose la centrale mentionne l?ensemble des sources de danger , prévoit la mise en place de schémas opérationnels adaptés et efficaces à partir d?études de danger car le Chapitre VI du Titre II du Code de l?Environnement Sénégalais indique que «l?exploitant de toute installation classée soumise à autorisation est tenu d?établir un plan d?opération interne propre à assurer l?alerte des autorités compétentes et des populations avoisinantes en cas de sinistre ou de menace de sinistre, l?évacuation du personnel et les moyens de circonscrire les causes du sinistre».

Son déclenchement est alors de la responsabilité de l?industriel. Celui de la centrale est conçu en 2009 et doit connaitre quelques rectificatifs énoncés par la direction de l?environnement et celle de la protection civile. Une prise en compte de l?ensemble des remarques et observations serait synonyme d?une validation.

7.3. Les itinéraires de secours mis en place par la centrale

Les différentes prescriptions faites suite à la survenance d?un risque incendie au sein de la centrale électrique sont les suivantes :

· Prévenir le chef de quart ou le chef de sécurité chargé d?alerter les sapeurs pompiers et de donner des consignes ou instructions à l?équipe sécurité (cela doit être le premier réflexe)

· Localiser clairement le feu au sein de l?établissement

· Utiliser les extincteurs les plus proches de la zone où s?est produit l?incendie

· Localisation du sinistre, indiqué clairement

-le nom et l?adresse exacte de l?établissement ou de la section

-indiquer l?accès le plus rapide c'est-à-dire les issues de secours.

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

NB : La rapidité des secours dépend du premier témoin Consignes générales pour le 1ér témoin

Toute personne qui apercevra un début d?incendie doit immédiatement le combattre avec les moyens les plus proches (extincteur, sable etc.) et donner l?alerte au chef de sécurité sur le numéro de la salle de commande en précisant de façon précise et très claire la localisation du feu

Exemple : Le dépôt d?hydrocarbure de la centrale électrique de kounoune, il y a incendie d?une grande importance dans la cuvette de rétention des réservoirs d?hydrocarbure.

Dés lors, le chargé de la sécurité doit alerter immédiatement les Sapeurs Pompiers en précisant clairement l?adresse de l?établissement et l?accès le plus rapide mais aussi le cadre d?astreinte et l?équipe sécurité de l?établissement.

Exemple : La centrale électrique de kounoune, il ya du feu dans une cuvette de rétention du dépôt d?hydrocarbure juste derrière le local séparateur

Ainsi, un membre de l?équipe de sécurité attend les sapeurs pompiers à l?entrée de l?établissement pour les guider.

Ce qui rendrait efficace ces barrières de sécurité de la centrale électrique de kounoune serait la maitrise de l?urbanisation autour du site. Cette maitrise est un levier fondamental pour une meilleure gestion des risques industriels. Il s?est avéré indispensable de mobiliser l?ensemble des outils dont disposent certains acteurs comme les services techniques urbanistiques, le Préfet et leur PPRT, la DPC et le DEEC pour le contrôle des POI et des études de danger, les populations locales et autres.

Et pour le faire, il s?agit d?après notre enquête de régler d?abord les problèmes existants c'est-à-dire de passer à une délocalisation de l?école élémentaire se trouvant à Darou Rahman et exproprier les quelques concessions dans les périmètres de la centrale.

Ainsi, l?évolution inéluctable des constructions risque d?être un facteur aggravant dans la mesure où un simple accident provoquerait des effets dominos sur les biens et les personnes.

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Kounoune

En somme, la question relative à la protection des personnes et des biens dans les périmètres de la centrale ne constitue plus une énigme étant entendu que tout un dispositif est mobilisé pour parer à toute éventualité.

La centrale électrique n?étant pas encore une installation vieille alors ces équipements sont fonctionnels sans porter préjudice.

En d?autre terme, nous pouvons dire que les personnes et les biens dans les périmètres de celle-ci sont potentiellement protégés à 90%.

CHAPITRE VIII : Les niveaux d'exposition déterminés par les distances d'effets

8.1. Elaboration d'un scénario d'accident majeur de référence susceptible de se produire

Pour mieux illustrer le danger ou l?ampleur des conséquences générées par la centrale électrique de kounoune face aux enjeux du milieu qui l?entoure, nous allons dresser un scénario afin de pouvoir déterminer et évaluer les distances d?effets suivant une approche déterministe. Celui-ci s?est fait à partir des informations recueillies, les matières dangereuses présentes, les quantités en cause et les accidents passés. Il permet aussi d?établir la liste des événements anormaux susceptibles de se survenir.

Il a été retenu dans cette étude le risque incendie sur l?un des réservoirs d?hydrocarbure d?une capacité de 3000m3 de fuel lourd (photo7). Le scénario prend en compte le modèle CODRES qui a servi à la conception du réservoir.

De cette manière, ils sont frangibles, c?est-à-dire que le cordon de soudure de l?assemblage robe/toit est de moindre résistance que la jonction robe/fond.

Par conséquent, sous l'effet d'une surpression interne accidentelle le bac se rompt au niveau de l'assemblage de la liaison robe/toit et non au niveau de la jonction robe/fond. Cette rupture libératrice diminue les conséquences d'une élévation forte et soudaine de la pression interne.

Par conséquent, le modèle est conçu comme un cas extrême, possible certes mais qui tient compte quand même de la mesure préventive du modèle initial de construction.

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Une quantification objective du risque industriel et particulièrement celui d?incendie est souvent difficile du fait de l?incertitude scientifique qui la caractérise. Etant donnés que les conséquences maximales atteignent l?extérieur de la centrale électrique alors un potentiel d?accident majeur est présent.

Nous avons identifié des scénarios plus plausibles et procéder à une analyse détaillée des accidents potentiels.

Les accidents potentiels

a) Rupture du réservoir et contact avec une source de feu

Des études ont montré que lorsqu?un réservoir est exposé au flux thermique d?un incendie, il se produit une augmentation de la pression intérieure de ce réservoir et une diminution de la phase liquide (parfois ébullition). De plus, la résistance du réservoir diminue. Ainsi, la rupture initiale se produit généralement sur la partie du réservoir en contact avec le ciel gazeux donc celle d?en haut.

En effet, cette partie est susceptible de s?échauffer plus rapidement que la partie du réservoir en contact avec le liquide. Lorsque la pression intérieure est supérieure à ce que peut supporter le réservoir, le contenant se rompt et une fissure se crée. Au contact avec une source de feu, il se produit alors un incendie.

b) Risque d'incendie dans l'atelier mécanique

L?énergie calorifique issue des travaux mécaniques et électriques (soudure, meule, frottement etc.) en contact avec des combustibles (réserve d?hydrocarbure, chiffons, papiers, etc.) peut donner naissance à un incendie.

c) Le déversement

Une perte de confinement donne lieu à un déversement de produits. Ces caractéristiques sont fonction notamment de la nature du produit, des conditions de la perte de confinement et des caractéristiques du sol. Il peut entrainer la contamination du sol et de l?eau.

Photo 7 : Réservoir d?hydrocarbure de HFO

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
Kounoune

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

8.2.Analyse de la pertinence des modèles utilisés pour le calcul des distances de sécurité

8.2.1. Analyse des modèles

Ainsi, le scénario le plus pénalisant est celui d?un accident se produisant sur le réservoir d?hydrocarbure à fuel lourd qui a le volume de stockage le plus consistant. Mais tout compte fait d?autres scénarios peuvent provenir des autres secteurs (atelier, magasin, poste et transfos etc.).

Nous avons retenus les distances d?atteintes mortelles appelées également zone d?effets létaux et les distances d?atteintes irréversibles appelées aussi les zones d?effets irréversibles. Les principaux dangers que présente un BLEVE25 sont le feu, le rayonnement thermique etc. Il est alors possible de déterminer le rayon de feu qui est

25 Boiling Liquid Expanding Vapor Explosion ou Vaporisation explosive d?un liquide porté à ébullition

Mémoire de fin d'étude Alassane BARRO, ENEA, 2010 Page 71

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une distance de sécurité en fonction des 3000m3 d?hydrocarbure selon la méthode suivante :

R boule de feu=3M1/3 où M est la masse d?hydrocarbure, R est le rayon de la boule de feu.

R boule de feu=3x (1800000)1/3 =365m

Et le temps de la boule de feu vaut T=0.15R boule de feu

T=0.15x365=55mn

Conclusion : La boule de feu va se propager jusqu?à un rayon de 365m pendant 55mn

L?efficacité et la puissance des modèles utilisés sont reconnues certes par les scientifiques. Il reste que le phénomène étudié ici est particulièrement complexe car soumis à de nombreux paramètres influents : turbulence, vitesse et direction des vents, variation des températures etc. Ces paramètres ne sont d?ailleurs pas bien maitrisés car difficilement modélisables.

En conséquence, les résultats obtenus ne sont que des approximations du phénomène et il serait hasardeux de croire que nous avons une parfaite vision de ce qui pourrait se passer dans telles circonstances et que nous soyons capables d?avancer des distances précises à partir desquelles les effets de l?accident ne seraient plus ressentis.

Ainsi, compte tenu de cette marge d?incertitude et de probabilités, nous sommes alors contraints de développer une logique d?approximation et dés lors, il est possible de définir deux périmètres circulaires ou deux zones d?effets distincts autour d?une meme source de risque. L?idée plus ou moins intuitive ainsi développée est la suivante : Plus on s?éloigne de la source, moins le danger est grand et plus il est envisageable de diminuer les contraintes d?urbanisme. Aussi intuitif soit-il notons que ce principe ne se vérifie pas à chaque fois.

La méthode de calcul des distances d?isolement est basée sur les formules suivantes :

· Pour le seuil 5 kW/m2 : D1 (m) = 2,8 x L0.85 x (1 -- 2,2 x 10-3 x L0.85)

· Pour le seuil 3 kW/m2 : D2 (m) = 3,8 x L0.85 x (1 - 3 x 10-3 x L0.85)

Où L (en mètres) est la longueur du bord de cuvette au regard de la zone à protéger (cible). Ces distances sont mesurées par rapport au bord de la cuvette de rétention.

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Au regard de la rose des vents (voir graphique5) on constate que ceux-ci soufflent du Nord et de nord-nord-est en général. La plus grande fréquence des vitesses est entre 2 et 5m/s. Il n?y a en quelques rares fois des vents de secteur nord-ouest et sud-est.

Par conséquent les effets de l?accident seront plus représentatifs dans les habitations qui se trouvent au nord et au nord-est. On a alors choisi 59m parce que c?est le coté qui a la plus grande hauteur.

GRAPHIQUE 5 : Rose des vents mesurés entre Janvier et mars 2010

Source : DEEC/CGQA/2010/RAPPORT TRIMESTRE

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Exemple de scénario : Incendie dans la cuvette de rétention des bacs de stockage qui a une forme rectangulaire 59x30m. Ici on considère le coté le plus grand c'est-à-dire les 59m

Zone délimitée par un flux thermique de 3kw/m2 qui correspond à la limite des risques de brulures significatives

D(m)=3.8xL0.85x (1-3x10-3xL0.85) où L(m) est la longueur du plus grand coté de la cuvette

D(m)=3.8x590.85x (1-3x10-3x590.85)

D(m)=109.94 m

Ce résultat justifie ce qui a été mentionné dans le guide de l?étude de danger où il est dit que la distance d?isolement des ERP ne peut etre inférieure à 100m bien entendu avec un flux inférieur à 3kw /m2. A partir de ce résultat, plusieurs parties de la centrale sont en danger notamment : le bâtiment combustible, les bâtiments effluents, le réservoir de service, de dépotage, le local pompe incendie, l?atelier mécanique, la salle des machines, la zone de service (réservoir huile neuve et usée), l?atelier électricité et ventilo aérorefrigérant. Ils se trouvent dans la zone enveloppée correspondant aux effets de mortalité de l?onde de choc.

 

Zone délimitée par un flux thermique 5kw/m2 qui correspond au début des

ILiVFWeV P IILIHV SIWILIWQE IEWILOI IEMSIViIiPQ IERI0V

D (m)=2.8xL0.85x (1-2.2x10-3xL0.85) D (m)=2.8x590.85x (1-2.2x10-3x590.85) D(m)=83.30m

Ce résultat est satisfaisant car un flux supérieur à 5kw/m2 ne doit avoir une distance d?isolement inférieure à 50m.

Certaines parties sont en danger dont : le bâtiment combustible, les bâtiments effluents,
le réservoir de service, de dépotage, le local pompe incendie, l?atelier mécanique,

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l?atelier électricité. Ils se trouvent dans la zone enveloppée correspondant aux premiers dégâts et blessures notables.

8.2.2. Détermination des distances sécuritaires utiles pour la centrale a) Zone d'effets létaux et énoncé des populations et biens exposés Zone d'effets létaux

On a :

D=1.26RR est le rayon boule de feu calculé et trouvé en dessus

D=1.26x365m=460m

460m est la distance sécuritaire du danger létal d?un éventuel BLEVE au niveau du réservoir de stockage de fuel lourd.

Les résultats de notre enquête ont révélé 31 chefs de ménages ont une concession qui sont à moins de 500m de la centrale électrique de kounoune. Et de ces 31, seuls 12 étaient là-bas avant la mise en place de l?installation contre 19 qui y sont implantés après (graphique 6). Un éventuel accident peut avoir des répercutions horribles sur la santé humaine tel que les difficultés respiratoires, les maux de tête, les nausées etc.

Or, l?étude d?impact environnemental produit en 2005 par l?ERM26 faisait part de cinq (5) maisons seulement à relocaliser. Il est de la responsabilité de l?Etat d?établir une évaluation des impenses et de SENELEC d?assurer les compensations. Le Ministère de l?Environnement devra définir avec les services du Cadastre et les autorités locales les limites de cette zone de sauvegarde et SENELEC devra suivre les consignes de la loi sénégalaise relative au déplacement involontaire des personnes ou se conformer aux procédures proposées dans la Politique de Déplacement Involontaire et de Réinstallation (PDIR) pour réinstaller et compenser les populations situées dans la zone de sauvegarde. Cependant, il est à noter que ces propriétaires de terrains ne sont jusque là pas identifiés à fortiori de les indemniser.

L?école élémentaire de Darou Rahman (photo8) qui reçoit plus de 550 élèves n?a pas fait l?objet d?une relocalisation. Elle est entre 450 et 550m de la centrale électrique.

26 Environnemental Resources Management

L'urbanisation non maitrisée et le risque industriel : Cas de la centrale électrique de
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Photo 8 : Ecole élémentaire de Darou Rahman

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

Le temps a évolué et les données ont changé c'est-à-dire qu?il y a vingt six (26) maisons de plus construites sur une période de cinq (5) et d?années et d?autres constructions s?achèveront dans peu de temps. Toujours est-il que l?école élémentaire de Darou Rahman à cycle complet et qui reçoit plus cinq cent (+500) élèves27 est considérée comme un établissement recevant du public susceptible d?empirer les conséquences au cas où un accident industriel se produirait.

En effet, un (1%) des personnes risquerait de perdre la vie. La survenance de cet accident industriel mettra non seulement les installations de la centrale électrique en danger mais aussi la vie de son personnel.

27 Etude d'impact environnemental de la centrale électrique page 106

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GRAPHIQUE 6 : Occupation des logements actuels par rapport à la centrale électrique

Avant l'installation
Après l'installation

65

12

19

24

70

60

50

40

30

20

10

0

moins de 500m plus de 500m

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

b) Zone d'effets irréversibles et énoncés des populations et biens exposées Zone d'effets irréversibles

C?est la distance qui correspond au seuil des brûlures significatives. Elle est cependant calculée à partir de l?équation suivante :

D=4.71M0.405 D : distance

D=4.71x(1800000)0.405 D=1609m=1.6km

Un rayon de 1609m définit alors l?espace touché par les atteintes irréversibles pour la santé humaine en cas d?accident.

Il faut signaler que les fragments et d?autres débris provenant du réservoir, peuvent atteindre cette distance de 1609m et constitueront un danger pour les personnes. Et ces fragments compte tenu de la proximité des deux réservoirs, peuvent provoquer une autre réaction en perforant l?autre réservoir.

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C?est des interactions possibles entre équipements existant dans une même installation d?où l?effet de chaine. Cette dernière est donc une synergie d?accidents caractérisée par l?aggravation du phénomène initial.

Tableau 10 : Tableau récapitulatif du scénario

Scénario

 
 
 

Zone d?effets

 

Incendie sur

d?hydrocarbure

l?un

des

réservoirs

Z1 : zone d'effets létaux

Z2 : zone

irréversibles

d'effets

460m

1609m

 

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

La délimitation des rayons des risques générés par la centrale électrique sur l?espace susceptible d?être touché par les effets des différents accidents nous a permis de faire ressortir les zones sensibles pouvant être touchées en cas d?accident majeur avec les concentrations de la population et des constructions éventuellement menacées

Ainsi, les quartiers tels que Kounoune, Keur Daouda Sarr sont les moins exposés et Darou Rahman le plus vulnérable. En effet, cette zone est un prolongement de la ville de Rufisque qui était sujette à l?érosion côtière du fait de la proximité de la mer raison pour laquelle les habitations s?étendent de plus en plus vers le Nord.

Certaines populations dont les maisons sont détruites par l?avancée de la mer rachètent des terres pour y construire des habitations (Voir carte de la zone de confrontation des risques majeurs et la vulnérabilité dans la communauté rurale de Sangalkam)

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Photo 9 : Zone de confrontation des risques et la vulnérabilité dans la communauté rurale de Sangalkam

Source : PUD kounoune, réalisée par Alassane BARRO

Au regard de la rose des vents, on constate que leur vitesse est de 5m/s et de plus les vents soufflent du Nord vers Sud. Ceci est un facteur pouvant aggraver les conséquences sur les biens et les personnes.

L?achèvement de la construction de l?autoroute à péage serait un facteur catalyseur de la mise en valeur de l?espace existant d?où l?importance de mettre sur place un dispositif adéquat de maitrise de l?urbanisation autour de la centrale dans le seul but d?amoindrir les conséquences sur les biens et les personnes.

Habiter à coté d?une voix de circulation offre un avantage considérable à toute personne dans la mesure où d?une part il permet de maximiser du temps et d?autre part de minimiser les coûts de transport.

Face à l?explosion démographique au sein de l?agglomération dakaroise combinée à
celle de la communauté rurale de Sangalkam mais aussi à un manque d?espace pour

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d?éventuelles constructions à usage d?habitation, les personnes convergent vers les zones périphériques.

De ce fait, ceux qui possédaient des terres à vocation agricole ou autres saisiront cette occasion pour renchérir les prix du m2 sans se fier des prescriptions édictées par le code de l?urbanisme. C?est pourquoi tous les acteurs sont impliqués à la prévention et à la gestion des risques industriels.

Egalement, du fait des indemnisations offertes à toutes personnes frappées de servitude publique, ces propriétés terriennes construisent pour gagner plus (photo9). La mise en oeuvre d?une politique de maitrise de l?urbanisation ne va sans rencontrer de nombreux obstacles qui découlent des polémiques au sujet de son impact immobilier.

Photo 10: Développement des constructions autour de la centrale électrique

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

La centrale électrique n?a qu?un effectif restreint composé de quelques permanents et temporaires. Elle n?est pas un établissement qui demande une main d?oeuvre importante raison pour laquelle la question de savoir qu?est ce qui stimule réellement ces personnes à habiter à coté de telle installation qualifiée dangereuse, nous poussent à réfléchir sur d?autres causes.

Généralement, c?est des chefs de ménages locataires à revenu faible ne pouvant pas s?offrir un habitat dans des zones où le risque est presque inexistant, qui s?y implantent.

En somme, disons qu?il y a des contraintes toujours liées à la gestion actuelle des
risques. Entre autre la non prise en compte des risques industriels dans l?aménagement

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urbain. Il apparait de plus en plus que l?attribution des zones d?habitation comme l?implantation de certaines usines ne se font plus en fonction des risques qu?elles peuvent engendrer en cas d?accidents.

CHAPITRE IX : La vulnérabilité du quartier Darou

Rahman face au risque généré par la centrale

électrique de Kounoune

9.1. Proximité du quartier à la centrale

Darou Rahman est le quartier qui connait parmi ceux choisis dans cette présente étude les dynamiques urbaines les plus importantes. Il constitue cependant une extension de la ville de Rufisque tendant à se rapprocher de plus en plus à la centrale électrique. La présence future de l?autoroute à péage d?ailleurs qui est en construction est un élément explicatif des spéculations des réserves foncières existantes et du développement accrue de plusieurs habitations autour de la centrale électrique (photo10).

Photo 11 : Cohabitation habitation et centrale électrique de kounoune

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

L?accident de la SONACOS toujours pris comme situation de référence a mis en lumière l?extreme vulnérabilité des populations face au risque industriel qui peut se concrétiser à tout moment et à une large échelle. La vulnérabilité est difficile à mesurer et ne se résume pas à une simple note d?exposition à un aléa.

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Dans le quartier de Darou Rahman, il n?existe pratiquement que des locataires et ceuxci ne sont pas en mesures de répondre à la question liée aux éventuels relogements. Mais tout compte fait, nos enquêtes ont révélées que 71% des chefs de ménages ?locataires?? ont un niveau d?information très insuffisant des risques encourus en étant à côté de la centrale et seulement 7% pour un niveau suffisant. Nombreux sont ceux qui s?activent dans le commerce, la péche, l?agriculture et peu travaillant dans les entreprises voisines et les travaux de l?autoroute à péage.

Par contre 5% bénéficient des services de la centrale à l?exemple de l?utilisation gratuite de l?eau et l?éclairage de proximité.

Cependant, la question de savoir le genre de titre d?occupation dont ils disposent a entrainé une certaine réticence. Or, la réponse devait nous permettre à juste titre d?identifier les véritables motivations de leur implantation dans la zone à risque mais aussi de remettre en cause certains passages du code de l?urbanisme notamment son article L72. En effet, toute autorisation de construction doit être faite sur certaines bases particulièrement des dispositions législatives et réglementaires en vigueur en matière de sécurité, de santé, d?hygiène et d?environnement.

GRAPHIQUE 7: Niveau d?information des chefs de ménages sur le risque encouru

80%

 

71%

70%

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%

7%

2%

7%

13%

suffisant peu suffisant insuffisant trés insuffisant ne sait pas

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

Ce quartier constitue aujourd?hui une préoccupation majeure de tous les acteurs raison pour laquelle il devrait exister une synergie adéquate entre eux en vue de régler durablement le problème.

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En effet, l?appréhension qu?ont les uns ne l?est forcément pas pour les autres. Les représentants de l?Etat, motivés par des impératifs de sécurité, les élus locaux partagés entre le principe de précaution et les intérêts du développement économique et foncier de la commune de Rufisque, les riverains désireux de maintenir les possibilités de valorisation et d?aménagement de leurs biens immobiliers en ne souhaitant pas être exposés à un risque et les industriels souhaitent consolider leur présence sur le site sans être entrainer dans des mécanismes d?indemnisation trop lourd financièrement.

9.2. Inventaire des éléments rendant vulnérables le quartier « Darou Rahman »

Il existe des éléments de vulnérabilité lié à la structure physique comme la topographie, la climatologie, la densité de peuplement etc.

Ce quartier englobe en son sein plusieurs concessions et a une densité de peuplement assez grande (3hbts/chambre). Il n?a pas fait l?objet d?un lotissement raison pour laquelle les maisons se sont regroupées fortement et sont construites en dure le plus souvent.

La rose des vents de la zone, représentant les quatre points cardinaux et marquée des 32 directions des vents montre que ceux-ci quitte le plus souvent du Nord vers le Sud de la centrale où se trouve le quartier Darou Rahman. Elle est un élément important dans l?analyse des facteurs susceptibles de faire propager les effets de flamme issus dans un incendie.

Il existe toujours dans cette zone des équipements tels que l?école élémentaire, des magasins commerciaux et autres souvent appréhendé comme des établissements recevant du public, des voies de communications tels que l?autoroute à péage (photo10) où bientôt la circulation s?intensifiera tant en terme d?augmentation des moyens de transport que des personnes devant l?emprunter et enfin l?existence de réseau électrique des lignes haute tension. Tout ceci ne fera qu?augmenter l?ampleur des conséquences aussi bien environnementales qu?humaines. La convoitise récente de cet espace s?explique par la présence des terres agricoles en grande partie privée qui sont, de plus en plus, cédés à une urbanisation majoritairement anarchique au profit de l?habitat individuel comme le montre le graphique suivant :

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GRAPHIQUE 8 : Typologie d?habitat dans le quartier Darou Rahman

23%

0,7

0,6

0,5

0,4

0,3

0,2

0,1

0

13%

64%

habitat moderne individuel habitat moderne collectif habitat précaire

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

Photo 12 : Les travaux de l'autoroute à péage Dakar-Thiès se trouvant entre Darou Rahman et la centrale électrique

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

En somme, l?étude révèle que la vulnérabilité du quartier Darou Rahman est relativement élevée.

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9.3. Perception du risque selon les populations

9.3.1. La connaissance du risque

Au regard du graphique 9, on constate que 80 chefs de ménages enquêtés soit 66,6% prétendent connaitre l?existence d?un risque susceptible de se produire dans les périmètres de la centrale électrique mais sa nature demeure toujours méconnaissable. Mais tout compte fait, ils sont en mesures d?inventorier les conséquences telles économiques et environnementales. Nombreux sont ceux qui disent que le risque « zéro » n?existe pas donc un accident majeur est toujours possible de se produire malgré la mise en oeuvre des mesures de sécurité. Tout de méme, ils ignorent l?existence d?une distance d?isolement et d?un signal d?alerte. Ils dénoncent ce manque de communication et de sensibilisation entre populations exposées et techniciens. Malgré cette connaissance, certains ont construit leur maison tout en ignorant la distance d?isolement qui est une norme réglementaire fixée par le code de l?environnement et de l?urbanisme.

La zone de Kounoune abritant cette unité est aujourd?hui une zone d?extension. Gela ne signifie pas que les populations ont été informées sur les probabilités de survenance de ce dernier. Ils ont su les manifestations d?un risque et de ses conséquences à travers l?exemple de l?accident de la SONACOS en 1992 et dont les pertes humaines, économiques étaient consistantes. Get événement a marqué un tournant dans l?appréhension et la gestion des catastrophes industrielles.

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GRAPHIQUE 9 : Réponses des chefs de ménages sur l?existence du risque

40

80

70

60

30

20

50

10

0

80

35

5

oui non ne sait pas

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

9.3.2. L'information et la sensibilisation par rapport au risque encouru

L?information et la sensibilisation des personnes exposées au risque sont un droit reconnu aux citoyens. Elles sont l?un des piliers de la politique de prévention des risques majeurs. Cependant, recevoir cette information préventive influence-t-il la connaissance des risques et de leur gestion ? Quels sont les dangers auxquels les populations sont exposées ?, quelles sont les conduites à tenir en cas de catastrophes ?, l?organisation institutionnelle est-elle claire ?

Si ces populations riveraines sont informées sur l?existence du risque, sur leurs effets et sur les consignes de sécurité, on peut s?attendre peut être à une diminution de leur vulnérabilité et donc à une limitation des conséquences dramatiques. C?est l?éloignement qui est le plus favorable que l?information.

Mais, la mise en oeuvre d?une politique systématique se heurte souvent aux traditions de secret des divers acteurs. Pourtant, l?information préventive du public est reconnue de plus en plus comme un facteur de prévention à part entière, si l?on tient compte des victimes des incidents passés. Les médias jouent un rôle non négligeable en matière de sensibilisation des populations. Il n?y a aucune organisation dans la zone à l?exemple du Comité Local d?Information et de Concertation pour assurer la coordination entre industriels et population. Plusieurs chefs de ménages ont fait part de leur difficulté à être tenu régulièrement informés de la situation de l?installation classée implantée dans leur territoire. L?évolution permanente de nos sociétés est à la fois la cause et le facteur aggravant de toute catastrophe et rend incertaines non seulement les probabilités

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d?occurrence mais également l?ampleur des conséquences qu?une catastrophe peut entrainer pour les personnes et l?environnement. Le niveau d?instruction a facilité la compréhension du concept risque chez la plupart des personnes. En effet, le graphique ci-dessous montre effectivement que 30 chefs de ménages ayant eu un niveau entre le moyen et le secondaire ont donné une perception assez profonde du risque allant de sa caractérisation jusqu?à son évaluation.

GRAPHIQUE 10 : Répartition des populations de l?échantillon selon le niveau d?instruction

25

20

15

10

0

5

9

23

1

23

14

3

9 9

3

0

0 0

12

0

0

6

2

2

Source : Enquête mémoire Alassane Barro, ENEA, 2010

9.4. Perception du risque selon les acteurs institutionnels

Du côté institutionnel, les structures telles que la DEEC et la DPC sont conscientes de l?existence du risque étant entendues que c?est elles qui ont la prérogative d?autoriser une installation à faire une exploitation si cette dernière ne porte pas des atteintes significatives sur les personnes, les biens et l?environnement en s?appuyant sur les principaux instruments de gestion des risques industriels. Mais aussi de la pré-validation à la validation des documents tels que les études d?impact environnemental et les plans d?opération interne. Ils conduisent des inspections au niveau de la centrale et environs pour s?assurer de la prise en compte des différentes recommandations avancées par les membres du comité technique. S?agissant des quelques concessions et l?école trouvées sur place avant le projet, ces acteurs ordonnent toujours leur relocalisation ou passer aux opérations d?indemnisation à ces personnes frappées de servitude publique. Ceci dit

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qu?il y a des situations d?urgence prévisibles étant entendu que la centrale électrique est une installation classée à haut risque. Ces chefs de ménages se verront accorder un certain nombre de garantie financière face aux restrictions de leur ?droit??. En matière de délaissement et d?expropriation, la valeur du bien est appréciée en vue de son acquisition, sans tenir compte de la dépréciation supplémentaire éventuelle causée par les interdictions prise en application de l?article L13 du code de l?environnement. Ici le seul problème de ces chefs de ménages resterait de retrouver une autre concession avec ce montant financier qui leur est alloué. Contrairement, si l?Etat utilisait le droit de préemption où le prix qui leur serait proposé à l?occasion de la cession sera nécessairement influencé par la situation géographique de la concession. Ainsi, ceci pourra favoriser un départ spontané des chefs de ménages des lieux.

Et maintenant, si toutes les démarches entreprises n?ont pas donné de résultats satisfaisants c'est-à-dire sur le prix à payer ou bien le consentement à payer, l?Etat peut s?appuyer sur le droit d?expropriation pour cause d?utilité publique.

En se référant au modèle français, l?inexistence d?un PPRT dans le droit sénégalais que le Préfet du Département devrait se procurer, constitue une limite à la prévention. Le PPRT considéré comme maillon de la protection donnait le Préfet d?imposer dans un périmètre donné des servitudes d?utilités publiques28 censées prévenir les effets de toutes explosions, incendies dues à une cause accidentelle.

Les PPRT appréhendés selon (BAROCCA et al, 2005) comme un outil devant permettre la réduction de la vulnérabilité des biens et des personnes par la révision des conceptions urbanistiques, des modes d?urbanisation et de la cartographie réglementaire qui découler non de la seule étude des aléas mais aussi de l?analyse de la vulnérabilité des territoires.

Toujours est-il que ce représentant de l?Etat est conscient de l?existence du risque. L?indisponibilité de cet outil explique les insuffisances au niveau institutionnel alors là il importe de mettre l?accent sur l?harmonisation des politiques sectorielles définissant de manière claire et précise la responsabilité de chaque acteurs (Préfet, Sous-préfet, le PCR, le responsable industriel et urbanisme, la population etc.).

28 Article L13 du code de l'urbanisme au Sénégal

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Par contre le plan ORSEC demeure l?unique arme disponible pour faire face aux risques naturels comme technologiques,

Et jusque là, la procédure tarde à arriver à terme. Les politiques de réduction des conséquences des accidents constituent une économie pour la collectivité. Cette dernière n?a jamais considéré les coüts de prévention comme des investissements rentables mais plutôt comptabilisés comme des dépenses.

La perception suffisante des populations et des acteurs avec le risque au quel ils cohabitent infirme l?hypothèse de départ qui sous tendait que la perception était insuffisante.

9.5. La mission des différentes structures

La DEEC : Sous l?autorité du Ministre de l?Environnement et de la protection de la nature, elle est chargée de la mise en oeuvre de la politique du Gouvernement en matière d?environnement, notamment de la protection de la nature et des hommes contre les pollutions et les nuisances. Elle élabore les textes législatifs et réglementaires concernant l?environnement, met en oeuvre les moyens propres à assurer la prévention et le contrôle des pollutions et nuisances.

La DPC : C?est l?arrêté n°539 du 12 janvier 1990 qui organise la DPC au Sénégal, elle est chargée de l?élaboration des textes qui régissent le domaine de la prévention des risques. Elle est chargée d?étudier des dossiers de construction ou de transformation des ERP en vue de s?assurer de leur conformité avec les dispositions législatives et réglementaires en vigueur, de veiller à la coordination des activités de prévention de prévention et de gestion des catastrophes menées dans la région.

La Direction de l?Urbanisme et de l?Architecture (DUA) : Selon le Décret n°2004-84 du 23 janvier 2004 portant organisation du Ministère de l?urbanisme et de l?aménagement du territoire, la DUA se charge d?élaborer et de suivre l?application des lois et règlements en matière d?urbanisme et de l?aménagement du territoire, d?élaborer et de mettre en place des outils de gestion urbaine.

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Pour la DEEC, la loi 2001 demande bien le POI et l?étude d?impact et pour les deux l?étude de danger est une nécessité. Cette dernière repose sur une nomenclature des ICPE et surtout un guide méthodologique des dangers.

Il est à noter également le la DEEC et la DPC travaillent ensemble dans le POI. Il y a les coordinations régionales de sécurité qui sont des structures interministérielles regroupant tous les services compétents qui s coordination entre elles étant entendus que chacune ne va sans solliciter les services de l?autre. De méme, il est reproché aux textes de n?avoir pas rendu obligatoire la responsabilisation civile des chefs d?entreprises en cas d?accidents. A cela s?ajoute que les considérations relatives à l?environnement sont intégrées dans des textes sectoriels qui, par conséquent n?ont pas une vision globale des problèmes. Enfin, les textes sont rarement appliqués et respectés.

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CHAPITRE X : Recommandations

10.1.Recommandations générales

Les recommandations retenues dans cette présente étude sont essentiellement :

n Faire les exercices du POI, former le personnel à cela ;

n Harmoniser les textes réglementaires et législatifs afin qu?ils soient un préalable pour une meilleure gestion des risques industriels ;

n Renforcer la synergie entre les différentes structures qui oeuvrent pour la gestion et la prévention du risque industriel ;

n Opérationnaliser les principaux textes adoptés ;

n Informer, sensibiliser les populations exposées aux risques ;

n Aider les collectivités à acquérir amplement des outils de gestion par le biais de la formation et de la dotation de moyens matériels ;

n Choisir efficacement les espaces d?implantation future d?industries à haut risque

n Doter les représentants de l?Etat à l?exemple des Préfets des départements les PPRT et les PPI ;

n Promouvoir l?organisation nationale d?un colloque sur le risque industriel ;

n La redéfinition d?une charte pour la maitrise du risque industriel ;

n Anticiper le problème de la cohabitation entre installation à risque et urbanisation au moyen de l?éloignement ;

n Renforcer les mécanismes juridiques permettant d?interdire la progression lente mais permanente des habitations ;

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· Intégrer dans l?éducation l?enseignement du risque industriel afin qu?il soit une culture ;

· Doter l?ensemble des structures étatiques concernées par cette politique des moyens financiers, matériels et humains nécessaires pour un contrôle efficace de l?ensemble des industries classées en catégorie 1 ;

· Constituer à l?échelle des collectivités des comités locaux d?information et de prévention sur les risques industriels ;

· Asseoir un système d?information apte à identifier et évaluer les risques vulnérables et intégrer ces données dans la planification et l?aménagement urbain ;

10.2. Recommandations spécifiques

Nous retenons celles qui sont les principales :

· Tenir compte de l'état d'évolution de la technique et de la technologique

· Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle

· Relocaliser l?école élémentaire de Darou Rahman

· Indemniser les populations frappées de servitude publique

· Augmenter le rayon de 500m fixé par le code de l?environnement sénégalais dans son article L13

· Veiller aux produits utilisés et stockés dans les industries

· Limiter et freiner l?évolution des constructions autour de la centrale électrique

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? Clôturer les périmètres sécuritaires en vue d?une meilleure sécurisation des populations et des biens

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CONCLUSION

Le développement technologique qui s?est affirmé depuis la nouvelle ère industrielle a sans doute favorisé l?émergence de beaucoup de secteurs tant en terme d?acquisition d?équipements sophistiqués qu?en terme d?accroissement de la production. Cette complexité croissante des technologies utilisées ne va, sans accroitre la survenance des risques industriels qui se traduisent par une augmentation des pertes humaines, matérielles et de grands dangers pour l?environnement à chaque fois qu?ils surviennent.

En effet, l?urbanisation galopante combinée au niveau faible d?information et de sensibilisation en matière de risques susceptibles de se produire au voisinage des installations à haut risque, est une cause de l?accroissement du niveau d?exposition des biens et des personnes. Ce présent mémoire avait pour principal objectif l?étude de l?ampleur des accidents industriels sur les personnes et les biens. Et pour atteindre cet objectif, nous avons adopté une démarche méthodologique basée sur une revue documentaire, l?identification des populations cibles, l?élaboration des outils de collectes d?information et l?analyse des données.

Il a été possible d?évaluer les barrières de sécurité dont dispose la centrale électrique. L?analyse a montré que tout un dispositif sécuritaire a été mis sur place pour empêcher ou maitriser la survenance d?un éventuel accident. Il a été noté que les équipements tels que les poteaux d?incendie et les extincteurs sont en nombre suffisant. En plus, au regard du plan de masse, ils sont plus placés dans des zones où les risques ont une forte probabilité d?apparaitre à l?exemple des réservoirs de stockage de fuel lourd. Nous avons également relevé la présence de consignes de sécurité et le personnel a reçu une formation qui lui permet de les respecter. L?efficacité de ces barrières de sécurité constitue un levier fondamental en vue d?une atténuation des conséquences majeures dans les périmètres de la centrale électrique. Cependant, les limites de cette présente étude reposent vraisemblablement sur les questions de réticence de certains acteurs et un manque d?écrits sur le risque industriel.

Pourvu que le risque ait toujours un caractère improbable et ses effets peuvent aller audelà des limites prescrites et énoncées par l?étude de danger de la centrale.

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Il est nécessaire de définir des stratégies en vue de stopper non seulement l?évolution des constructions mais aussi de délocaliser les autres qui se trouvent etre à l?intérieur du rayon d?effets mortels.

La détermination, dans cette présente étude, des distances d?effets létaux et irréversibles suite à un risque incendie, a permis d?identifier les habitations, les ERP et les voies de communications telles que les routes, l?autoroute et les lignes haute-tension, qui sont très exposés. Tout compte fait, les valeurs trouvées ne sont que des approximations étant donné que les paramètres comme la vitesse des vents sont difficilement modélisables. Leur calcul est basé sur un scénario d?accident le plus pénalisant parmi tant d?autres. Dés lors, nous retenons que le quartier Darou Rahman est le plus vulnérable car une partie de sa population réside dans la zone interdite.

S?agissant de la perception des populations et des acteurs sur le risque avec lequel ils cohabitent, l?étude a montré que beaucoup parmi eux n?ignorent pas l?existence de ce risque. Mais, la relative faiblesse de l?accès à l?information et du niveau de sensibilisation est resté un problème entier. Cette situation se justifie par la variation de l?occupation des espaces pendant et après le projet de la centrale. Ainsi, la plupart des chefs de ménages ont occupé ses lieux pour des raisons économiques, culturelles et sociales alors que les autorités de l?urbanisme continuent à `'autoriser» ou à `'ignorer» les constructions au-delà des limites des zones exposées.

L?absence d?un PPRT devant permettre, dans une certaine mesure, d?agir sur la vulnérabilité du territoire globale constitue un handicap dans cette zone. Avec la décentralisation caractérisée par le transfert des compétences aux collectivités locales, force est de constater que des ressources financières doivent être encore allouées à ces zones réceptrices d?entreprises à risques pour sécuriser les populations mais aussi les biens.

Il convient donc de corriger les insuffisances constatées à tous les niveaux institutionnels comme communautaires.

Au niveau institutionnel, l?Etat du Sénégal a affiché une prise de conscience et s?est engagé à mettre l?accent sur l?harmonisation des politiques sectorielles qui doivent définir de manière précise la responsabilité du Préfet, du Sous-préfet,

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des agents techniques des différentes directions et du PCR en matière de prévention, de gestion et des questions de risques.

· Au niveau communautaire, il s?est avéré important de valoriser le potentiel d?organisation des associations, des ONG et des groupements s?activant dans le milieu urbain comme rural.

· Sur les documents de base comme le code de l?environnement, il serait alors judicieux de freiner l?urbanisation galopante dans le long terme afin de réduire l?ampleur des conséquences sur les personnes exposées au risque et de faciliter l?intervention en cas d?accident.

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Annexe

1. Guide d'entretien adressé à la Centrale électrique de Kounoune

FICHE D'ENQUÊTE

Nom et prénom de l?enquêté : Enquêteur :

Statut : Date :

Base de données spécifiques de la centrale électrique de Kounoune

I. Identification :

Nom de la société

Adresse

Activité Principale

Date de
la visite

Responsable du site

Effectif permanent

Effectif temporaire

Date de la création

 
 
 
 
 
 
 
 

II. Situation administrative par rapport à l'environnement

Entreprise soumise à autorisation Entreprise soumise à déclaration

Société

Catégorie

Etude

de

danger réalisée

Date de réalisa- tion

Date de présen- tation

Date de
révision

POI Réalisé

Date de réalisa tion

Date de présen- tation

Date

de révision

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

III. Fréquence des contrôles et inspections

Contrôle administratif

DEEC

DPC

Fréquence

 
 

IV. Prévention et protection

Société

Système de détection

Dispositif

d?incendie ou

d?extinction

Cuvette de rétention

Plan

d?évacuation

Plan de formation

 

Incendie

Fuite de produits dangereux

 
 
 
 
 
 

Base de données spécifique aux risques

a. Le risque incendie lié aux liquides inflammables

Produits

Quantité
stockées

Types de stockage

Points clairs

Rétention

Nature du conte

nant

 
 

Aériens

Enterré

 

Long

Large

Haut

Volum e

 
 

b. Le risque explosion lié produits inflammables

Matières

Quantité stockée

Niveau de remplissage

Pression de service

Evaluation des moyens d'intervention en cas d'accident

1. Moyens privés (dispositif de l?installation en cas de d?accident) :

2. Ces moyens se trouvent à quelle distance ?

3. Existe-t-il des moyens publics ?

4. Autres moyens extérieurs ?

5. Est-ce que l?établissement est répertorié par les services d?incendie :

Les moyens d?alerte du voisinage :

Les moyens d?alerte de l?installation :

Existence et opérationnalité d?un plan d?intervention : Evaluation du niveau de robustesse des barrières de sécurité : Le traitement de l?alerte

Un accident s?était il produit dans la centrale ?

Quelle était la cause ?

Y?avait-il des dégâts matériels ?

Y?avait-il des blessures graves ?

Constatez-vous l?évolution des constructions dans les périmètres de la centrale électrique ?

Avez-vous pris des dispositions par rapport à cela ?

Si oui, lesquelles ?

1. Accidents ou incidents industriels survenus sur le site

o Ayant eu des effets seulement à l?intérieur du site

o Ayant eu des effets à l?extérieur du site

o Aucun accident connu

2. Payez-vous des taxes de superficie ?

3. Payez-vous des taxes à la pollution ?

4. Disposez-vous de matériels et moyens adéquats de prélèvements et d?analyse ?

5. Les substances chimiques nocives et dangereuses sont-elles soumises au contrôle et à l?analyse des services compétents ?

2. GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE A LA DPC

Date :

Enquêté :

Identification

Date de création

Objectif

Mission

Rôle

Rapport entre les autres structures

Quels sont vos rapports avec la DEEC ?

Quels sont vos rapports avec la DUA ?

Quelles sont vos relations avec les chefs d?établissement ?

Fonctionnement

· Les dispositions prises en matière de politique de gestion et de prévention du risque

· La prise en compte des risques technologiques est-elle :

o Nouvelle

o Ancienne

· Quels sont les moyens que vous disposez pour faire convenablement votre travail ?

· Des conférences sur les risques technologiques sont-elles organisées ? o Oui

o Non

Si oui ! Quand et où ?

· Faites-vous des opérations de sensibilisation aux éventuels accidents ?

· Avez-vous des programmes de formation sur les risques technologiques ?

· Quels sont les changements majeurs dans la réglementation ?

· Disposez-vous une cartographie des risques ?

o Oui

o Non

Si oui ! Est-elle ancienne ou nouvelle ?

3. Guide d'entretien adressé à la DUA Identification

1. Prénom et nom de l'enquêté

2. Catégorie socioprofessionnelle

3. Date de l'enquête ___/___/

Présentation de la structure

4. Quels sont les objectifs de la DUA?

5. Quelle est la loi régissant la DUA?

6. Avez-vous la prérogative d'autoriser les industriels à occuper un espace? 1. Oui 2. Non

7. Existe-t-il une relation entre la DUA et la DEEC?

1. Oui 2. Non

8. Si oui, laquelle?

9. La gestion du risque industriel est-elle intégrée dans vos programmes?

1. Oui 2. Non

10. Quand?

11. Comment?

12. Par rapport à la cohabitation entre installation classée et habitation, que prévoit la réglementation?

13. Est ce qu'il vous est possible de délocaliser les habitations autour de la centrale électrique de kounoune?

1. Oui 2. Non

14. Si oui, comment?

15. Les plans de gestion spatiale sont-ils respectés dans l'agglomération dakaroise particulièrement celle de Rufisque?

1. Oui 2. Non

16. Si non pourquoi?

17. Pourquoi le choix du Rufisque pour accueillir la centrale électrique de kounoune?

18. La centrale électrique est une installation à haut risque, quelles sont les mesures prises pour atténuer les conséquences si un éventuel accident se produirait?

19. Quelles sont les difficultés rencontrées par votre direction? 4. Guide d'entretien adressé à la DEEC Date :

Enquêté :

Présentation de la structure

1. Quels sont les objectifs de la DEEC?

2. Quelle est la mission de la DEEC?

3. Quelles sont les principales difficultés rencontrées par la DEEC en matière de prévention des risques industriels?

4. Existe-t-il une loi relative à la gestion des risques technologiques?

1. Oui 2. Non

5. Si oui, laquelle?

6. Si non, pourquoi étant donnés que les risques existent?

7. Quelles sont les limites en matière de prévention des risques technologiques?

8. Le code de l'environnement présente-t-il des insuffisances?

1. Oui 2. Non

9. Si oui, lesquelles?

Relation DEEC et autres structures

10. Existe-t-il des rapports entre la DEEC et la DUA?

1. Oui 2. Non

11. Si oui, lesquels

12. Existe-t-il des rapports avec la direction des mines et des industries?

1. Oui 2. Non

13. Si oui, lesquels?

14. Quels sont vos rapports avec la direction de la protection civile?

15. Quels sont vos rapports avec les collectivités locales devant loger les installations classées?

Rôle de la DEEC face aux risques technologiques majeurs

16. La prévention et la gestion des risques technologiques sont-elles intégrées dans vos programmes?

1. Oui 2. Non

17. Sont-elles efficaces?

1. Un peu efficace 2. Très efficace

3. Pas du tout

18. existe-t-il une division chargée de gérer les catastrophes industrielles?

1. Oui 2. Non

19. Si, oui laquelle?

20. Est-elle suffisamment outillée pour mener convenablement son exercice?

1. Oui 2. Non

21. Disposez-vous des moyens de transport pour sillonner tout le territoire national?

1. Oui 2. Non

22. Si non comment vous faites pour faire les visites ?

23. Pourquoi l'appellation d'installation classée à la place d'équipements?

24. Toutes les installations classées sont-elles contrôlées par la DEEC?

1. Oui 2. Non

25. Si non qui d'autres les contrôlent?

26. Quelles sont les sanctions prévues en cas de non respect des règlements énumérés dans le code de l'environnement?

27. Quelle est la fréquence des contrôles au niveau de la centrale électrique de Kounoune?

28. Êtes-vous au courant de l'existence de certaines constructions dans les périmètres réservés à la centrale électrique?

1. Oui 2. Non

29. Si oui quelle est votre réaction par rapport à ce rapprochement?

30. Qui supporterait les indemnités si un éventuel accident se produisait?

31. Avez-vous une idée sur les barrières de sécurités de la centrale électrique?

1. Oui 2. Non

32. Quelle appréciation en faites-vous?

33. Savez-vous les substances utilisées à la centrale électrique de kounoune?

1. Oui 2. Non

34. Si oui, citez-les

35. Quelles sont leur nature?

1. Toxiques 2. Inflammables 3. Volatiles 4. Autres à préciser

36. Quelles sont les normes retenues par la banque mondiale concernant le rejet de NOx et de SOx dans l'atmosphère?

37. Les études de danger sont-elles réactualisées?

1. oui 2. Non

38. Si non, pourquoi étant donnés que la structure de la zone à changer

39. La centrale électrique a-t-elle un plan d'opération interne? 1. oui 2. Non

40. Si oui depuis quand?

41. quelle est la nature des déchets?

1. Matières organiques biodégradables

2. Déchets métalliques

3. Matières plastiques

4. Autres

42. contrôlez-vous la gestion des déchets solides comme liquides? 1. oui 2. Non

43. selon vous, la gestion est-elle bonne?

1. oui 2. Non 3. Ne sait pas

44. êtes-vous au courant du passage de l'autoroute à péage sur une partie des périmètres de la centrale électrique de kounoune?

1. oui 2. Non 3. Ne sait pas

45. Des mesures sont-elles prises pour atténuer les conséquences sur les biens et les personnes si un éventuel accident se produisait?

1. Oui 2. Non 3. Ne sait pas

46. lesquelles?

5. Guide d'entretien adressé au Préfet du Département de

Rufisque

1. Disposez-vous d?un Plan de Prévention des Risques technologiques?

1. Oui 2. Non

2. Quelle est la loi relative au PPRT au Sénégal?

3. Quels sont les objectifs prioritaires d'un PPRT?

1. Protéger les personnes 2. Protéger les biens 3. Protéger l'environnement 4. Déplacer les établissements industriels à haut risque 5. Tous à la fois

4. Quels sont les moyens d'action du PPRT pour atteindre ces objectifs?

1. Réduction des risques par l'industriel 2. Réduction des pollutions et nuisance 3. Maitrise d'urbanisation future 4. Toutes à la fois

5. Avez-vous une vision claire de la démarche d'un PPRT?

1. Tout à fait 2. Globalement oui 3. Pas du tout

6. Quelles sont les clés de la réussite d'un PPRT?

1. Financement 2. L'implication et l'écoute des riverains 3. La volonté politique 4. Autres à préciser

7. Avez-vous des attentes particulières concernant le PPRT

1. Oui 2. Non

8. Si oui, lesquelles

9. Avez-vous des craintes particulières concernant le PPRT?

1. Oui 2. Non

10. Si oui, préciser lesquelles?

11. Le PPRT peut-il exproprier?

1. Oui 2. Non

12. La centrale électrique a-t-elle fait l'objet d'un PPRT?

1. Oui 2. Non

13. Si oui, quand?

14. Si non pourquoi?

6. Questionnaire adressé aux ménages Identification de l'enquêté(e)

1. Nom de l'enquêté(e)

2. Prénom de l'enquêté(e)

3. Lien avec le chef de ménage

? 1. Conjoint ? 2. Oncle ? 3. Frère s 4. Soeur ? 5. Cousin ? 6. Autre à préciser

Identification

4. Prénom

5. Nom

6. Age

? 1. 0-14 ? 2. 15-34 ? 3. 35-64 ? 4. 65 et plus

7. Sexe

? 1. M ? 2. F

8. Adresse

9. Niveau d'instruction ? 1. Aucun/coranique? 2. Primaire ? 3. Moyen ? 4. Secondaire ? 5. Supérieur ? 6.

ne sait pas

10. Secteur d'activité

? 1. Agriculture ? 2. Commerce ? 3. Education ? 4. Transport ? 5. Construction ? 6.

Autres

11. Avez-vous un revenu?

? 1. Oui ? 2. Non

12. Si oui, est-il?

? 1. Journalier ? 2. Mensuel ? 3. Annuel ? 4. Ne sait pas

13. Quel est le montant?

14. Quel est le nombre de personnes dans le ménage?

15. Avez-vous des enfants?

? 1. Oui ? 2. Non

16. Si oui, fréquentent-ils une école? ? 1. Oui ? 2. Non

Perception sur l'installation

17. Quelle est la distance entre la centrale et l'école?

? 1. Moins de 500m ? 2. Plus de 500m ? 3. Ne sait pas

18. Quelle est votre perception sur l'installation?

19. Étiez-vous impliqué à la prise de décision pendant la mise en place de la centrale

électrique?

? 1. Oui ? 2. Non

20. Si oui, est ce que les objectifs fixés sont respectés?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

21. Avez-vous perdu des terres lors de son implantation?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

22. Si oui combien d'hectares

23. Savez-vous qu'il existe des risques en habitant à coté de la centrale électrique?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

24. Le risque incendie?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

25. Si oui, quelles sont les mesures de protection relatives à ce type de risque?

26. Le risque explosion?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

27. Si oui, quelles sont les mesures de protection relatives à ce type de risques

28. Le risque toxique?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

29. Si oui quelles sont les mesures de protection relatives à ce risque?

30. Depuis quand avez-vous occupé votre logement actuel :

? 1. Avant l'installation ? 2. Après l'installation ? 3. Ne sait pas

31. Saviez-vous de l'existence de distance d'isolement?

? 1. Oui ? 2. Non

32. Êtes-vous prêt à être relogé plus loin de la centrale électrique?

? 1. Oui ? 2. Non

33. Selon vous, les raisons sont-elles d'ordre?

34. Social?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

35. Culturel?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

36. Économique?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

37. L'installation de la centrale de kounoune a-t-elle provoqué des changements dans

votre environnement?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

38. Changements économiques? ? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

39. Changements sociaux?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

40. Changements environnementaux? ? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

41. Bénéficiez-vous des services de la centrale?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

42. Citez ces services

43. Êtes-vous une fois victime d'accidents provenant de la centrale électrique?

? 1. Oui ? 2. Non

44. Quand?

45. Étiez-vous indemnisé?

? 1. Oui ? 2. Non

46. Quel était le montant?

47. Quel genre de titre d'occupation du sol disposez-vous?

? 1. Titre foncier ? 2. Droit de superficie ? 3. Autres

48. Votre niveau d'information globale sur les risques encourus

? 1. Suffisant ? 2. Peu suffisant ? 3. Insuffisant ? 4. Très insuffisant

49. La centrale électrique dispose un système d'alerte, le saviez-vous?

? 1. Oui ? 2. Non ? 3. Ne sait pas

50. Êtes-vous sensibiliser sur les consignes qu'il faut respecter suite à un éventuel

accident?

? 1. Oui ? 2. Non

51. Distance entre la centrale et votre maison.

? 1. Moins de 500m ? 2. Plus de 500m

52. Êtes-vous proche d'un centre sanitaire?

? 1. Oui ? 2. Non

7. Les principes de la prévention

Les obligations de sécurité du chef d'établissement et de l'employeur. Ils sont euxmêmes extraits de la directive 89/1139/CEE.

Les neuf principes généraux de prévention sont :

a) éviter les risques,

b) évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités,

c) combattre les risques à la source,

d) adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail

et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé,

e) tenir compte de l'état d'évolution de la technique,

f) remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux,

g) planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants,

h) prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle,

i) donner les instructions appropriées aux travailleurs. Ces instructions, prises dans le cadre du règlement intérieur, précisent en particulier lorsque la nature des risques le justifie, les conditions d'utilisation des équipements de travail, des équipements de protection individuelle, des substances et préparations dangereuses ; elles doivent être adaptées à la nature des tâches à accomplir.

Ces principes montrent que la démarche de prévention est construite à partir d?une évaluation des risques. Ils sont redondants pour le traitement de tous les types de risques (chimiques, électriques, etc.).

8. Les textes réglementaires

1. Décret n° 64 #177; 563 du 30 juillet 1964 organisant la protection civile et fixant la structure de la Direction de la Protection Civile ;

2. Décret n° 66-1076 du 31 décembre 1966 portant Code de l?Urbanisme (partie réglementaire);

3. Décret n° 72-611 du 23 Mai 1972 instituant les règles de sécurité contre les risques d?incendie et de panique dans les immeubles de grande hauteur ;

4. Décret n° 94-244 du 07 Mars 1994 fixant les modalités d?organisation et de fonctionnement des Comités d?Hygiène et de Sécurité du Travail ;

5. Décret n° 99 #177; 158 du 22 février 1999 abrogeant et remplaçant le décret n° 93 - 1289 du 17 novembre 1993 fixant la composition, le fonctionnement et les attributions de la Commission Supérieure de la Protection Civile ;

6. Décret n° 99 #177; 172 du 04 mars 1999 abrogeant et remplaçant le décret n° 93- 1288 du 17 novembre 1993 portant adoption du Plan ORSEC ;

7. Décret n° 2001 #177;282 du 12 avril 2001 portant application Code de l?Environnement ;

8. Décret n° 2004-1153 du 18 août 2004 abrogeant le décret n° 2003-685 du 13 septembre 2003 portant création d?une cellule nationale de prévention et de lutte contre les inondations.

9. Décret N°64-574 du 30 juillet 1964 portant sur l?application de l?article 3 de la loi n°64-46 du 17 juin 1964, relative au domaine national autorisant, à titre transitoire, l?immatriculation au nom des occupants ayant réalisé une mise en valeur à caractère permanent

Cette législation régit la propriété publique et privée de l?Etat et des autres organismes publics

10. Décret N°77-563 du 3 juillet 1977 portant sur l?application de la loiN°76-67 du 2 juillet 1976 relative à l?expropriation pour cause d?utilité publique et des autres opérations foncières d?utilité publique

11. Les textes législatifs

A. Lois relatives au secteur de l'électricité

La loi n°98-29 du 14 Avril 1998 relative au secteur de l?électricité crée un nouveau cadre institutionnel et réglementaire destiné à attirer les investissements privés que requiert le développement du secteur de l?électricité. L?article 33 de la Loi traite des servitudes sur les propriétés privées. Il indique que le « titulaire d'une concession de transport ou de distribution d'énergie électrique peut bénéficier de l'autorisation d'occuper le domaine public ou privé de l'Etat ».

B. Législation nationale relative à l'environnement

Le principal ensemble de lois qui gouverne la protection environnementale au Sénégal est le Code de l?Environnement (2001), administré par le Ministère de l?Environnement La Direction de l?Environnement et des Etablissements Classés est responsable de toutes les questions relatives à l?évaluation de l?impact environnemental et à l?octroi des permis.

C. Textes Législatifs et Normes

1. Loi N°2001-01 du 15 janvier 2001 portant Code de l?Environnement

2. Norme de Rejets NS 05-062 de décembre 2004 sur la Pollution Atmosphérique

3. Normes de Rejets NS 05-061 de juillet 2001 sur les Eaux Usées

D. Législation en matière de consultation publique

La participation du public est un élément constitutif de l?étude d?impact environnemental (Article L52 de la Loi portant Code de l?Environnement).

L?article L53 définit le rôle du public dans la procédure de prise de décision des projets ou programmes susceptibles de porter atteinte à l?environnement :

« La participation des populations répond à la volonté de démocratiser le processus de prise de décision et elle est garantie par l'Etat dans le sens de la décentralisation et de la régionalisation. » (Article L52)

E. Lois et décrets concernant le droit foncier

1. Loi N°64-46 du 17 juin 1964 relative au domaine national

2. Loi N°76-66 du 2 juillet 1976 portant sur le code du domaine de l?Etat Cette législation régit la propriété publique et privée de l?Etat et des autres organismes publics

3. Loi N°76-67 du 2 juillet 1976 relative à l?expropriation pour cause d?utilité publique et des autres opérations foncières d?utilité publique

La loi définit les procédures d?expropriation des terres à des fins publiques et les mesures compensatoires nécessaires conformément à la Constitution et à la législation foncière.






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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway