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Etude socio économique de l´allocation de la main-d´oeuvre salariée et utilisation des pesticides chimiques de synthèse

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par Wilfried AFFODEGON
Université d´Abomey Calavi/Faculté des Sciences Agronomiques - Ingénieur Agronome 2005
  

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2. CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE

2.1. Définition des concepts

+ Exploitation agricole

Chombart et al. (1963) définissent l'exploitation agricole comme une unité économique dans laquelle l'agriculteur pratique un système de production en vue d'augmenter son profit. Dufumier (1996) abonde dans le même sens en définissant « l'exploitation agricole comme une unité de production au sein de laquelle l'exploitant mobilise des ressources de natures diverses (terres, main-d'oeuvre, cheptel, plantes, intrants, matériel, bâtiments...) et les combine dans des proportions variables, pour obtenir certaines productions végétales et / ou animales, et satisfaire ainsi des besoins et des intérêts ». De ce fait, l'exploitation agricole est gérée sous l'autorité d'un centre de décision unique (individuel ou collégial) pour ce qui se réfère à l'emploi des ressources disponibles et au devenir des productions et revenus obtenus. Dans un sens beaucoup plus large, Osti (1978) la définit comme un système finalisé par les objectifs de l'agriculteur et de sa famille. Pour cet auteur, étudier l'exploitation agricole comme un système revient à considérer d'abord l'ensemble de l'exploitation avant l'étude à fond de ses différentes composantes. Il s'agit de prendre en compte, même qualitativement, les relations internes essentielles et notamment leur articulation dans le temps. Pour ce faire, le diagnostic des exploitations agricoles est nécessaire.

En effet, le but du diagnostic est d'analyser les décisions des agriculteurs, de s'interroger sur l'évolution de leurs exploitations, en particulier leur devenir et les conditions de leur "reproduction", de mettre en évidence les problèmes et les difficultés que rencontrent les agriculteurs dans la conduite de leurs exploitations (Jouve et al., 1994). Ainsi, on pourrait réellement identifier les exploitations agricoles si on se réfère aux définitions données précédemment, même en Afrique où l'unité de résidence, l'unité de consommation, l'unité de production et l'unité d'accumulation sont dissociées (Gastellu, 1980).

On retiendra de tout ce qui précède que dans le cadre d'un diagnostic axé sur les modes d'exploitations agricoles, il faut privilégier "l'unité de production" comme unité

d'analyse, tout en gardant à l'esprit, les relations qu'elle a avec les autres unités mentionnées précédemment.


·:
· Unité de production

Pour pouvoir cerner les unités de production dans le cadre de notre recherche, nous allons nous référer aux 3 critères recommandés par Gastellu (1996) cité par Dounias (1998) que sont : (i) l'unité de production (UP) correspond à un groupe de personnes qui dépendent d'un même responsable, le chef de ménage, qui effectue les choix principaux pour l'organisation des activités quotidiennes, même si chaque individu pourrait jouir d'une autonomie dans l'accomplissement de ses tâches; (ii) l'UP est un groupe de personnes qui constituent une équipe de travail permanente, même si cette dernière est affectée de nombreuses variations. Ce groupe se distingue de celui occasionnel qui se forme à l'occasion d'une entraide; (iii) l'UP est un groupe de personnes qui disposent en propre de leurs outils de travail dont certains en commun.

En nous référant au développement conceptuel ci-dessus, nous identifierons l'unité de production dans le cadre de notre étude aux ménages agricoles. De ce fait, le ménage agricole sera «le petit groupe de personnes apparentées ou non qui reconnaissent l'autorité d'une seule et même personne (le chef de ménage), vivent dans un même logement, prennent souvent leurs repas en commun et subviennent en commun aux dépenses courantes » (Sala-diakanda, 1988). Cette définition n'est pas applicable dans tous les contextes car les critères « même logement » et « prise de repas en commun » sont discutables. A Dridji par exemple, des chefs de ménages disposent hormis les enfants qui sont avec eux dans le village, d'autres qui résident dans le village d'origine et qui sont sous leur autorité. Dans ce cas tous les membres du ménage ne vivent pas dans le même logement, ni ne prennent en commun leur repas. Le ménage est défini comme étant l'ensemble constitué d'un père, ou d'une mère (chef de ménage), des personnes à charge (femmes, époux, enfants et collatéraux), au sein de ce groupe de personnes il existe un réseau de droits et devoirs acquis par le biais des us et coutumes (normes) de la société dont ils font partie intégrante.


·:
· Main-d'oeuvre agricole

La main-d'oeuvre agricole est une ressource précieuse dont dispose le ménage rural pour la production agricole. C'est grâce à cette main-d'oeuvre et aux connaissances dont elle dispose, que le ménage est en mesure d'utiliser les ressources naturelles telles que le sol, l'eau, la végétation et le climat, de même que les intrants achetés tels que l'engrais, les produits phytosanitaires et les outils (Dvorak, 1995). L'Encyclopédie des sciences sociales, précise que, le terme de main-d'oeuvre dans la terminologie anglo-saxonne, se réfère généralement aux termes "work force", ou "Manpower" ou "labour force". Sur le plan macro, ce concept est défini comme la portion de la population qui est économiquement active (Jaffe et al., 1972), c'est-à-dire la portion de la population qui entre dans l'organisation du travail caractéristique de la culture de chaque société. Ainsi, dans les sociétés primitives par exemple, la force de travail qui représente la main-d'oeuvre se distingue difficilement de la population totale, car on remarque la participation de la population entière aux tâches communes de production des biens et services nécessaires à la subsistance. Ceci est dû au faible niveau de développement des technologies.

De nos jours, la main-d'oeuvre se distingue-t-elle clairement de la population totale. On peut dire que la main-d'oeuvre est fonction de la structure socio-économique de la société et du niveau de progrès. Les récentes études de Aho et Kossou (1997) ont permis d'opérationnaliser le concept de la main-d'oeuvre agricole en Afrique tropicale. Pour eux, c'est l'ensemble des personnes utilisées par l'exploitant agricole contre une rémunération en espèce ou en nature, et liées à celui-ci par un contrat de travail écrit ou verbal, précisant les droits et obligations de chaque partie sauf les membres de la famille qui ne sont généralement pas couverts par des contrats de travail. Cette définition fait ressortir les différentes catégories de main-d'oeuvre: la main-d'oeuvre salariée, la main-d'oeuvre familiale, l'entraide et l'invite à l'aide, et fait aussi allusion à la nature des contrats qui lient le paysan et le travailleur.

Cette définition reste pourtant insuffisante en ce sens qu'elle ne donne aucune précision sur les facteurs qui caractérisent l'utilisation de la main-d'oeuvre. Ainsi, en nous référant à la théorie de Long (1984), la main-d'oeuvre doit être définie en tenant compte de l'environnement socio-économique et culturel de l'exploitation.

+ Allocation et productivité des ressources

L'étude de l'allocation des ressources permet de se rendre compte du niveau et de l'efficacité d'utilisation des ressources, et leurs affectations à des activités alternatives (Biaou, 1991).

Biaou (1995) dans son étude sur l'analyse de l'organisation et du fonctionnement du système d'exploitation agricole sur le plateau Adja (Bénin) constatait que contrairement à ce à quoi on devrait s'attendre, l'efficacité de l'utilisation des ressources productives ne s'explique pas, par le niveau de dotation en celles-ci. Elle n'est pas non plus fonction des types de ménage (cycle de vie des ménages). Ogunfowora et al. (1978) cités par Affomassè (1982) pensent que pour mesurer cette efficacité de l'utilisation des ressources, il faut déterminer le ratio individuel extrant-intrant. Par exemple la productivité de la main-d'oeuvre peut être mesurée en termes de ratio de la production totale à la quantité de main-d'oeuvre investie. C'est ainsi qu'ils ont montré qu'à partir d'une estimation de l'utilisation des ressources, peuvent être déduites, le calcul de la productivité marginale de n'importe quelle ressource ou de toutes les ressources prises ensemble. Ils ont par suite d'autres analyses, conclu que l'agriculture de l'Etat de Kwara au Nigeria est improductive, car le ratio de la production totale à la quantité de main-d'oeuvre investie est très faible et est un exemple d'une utilisation excessive et inefficace de la main-d'oeuvre en agriculture traditionnelle. Cette définition paraît incomplète dans la mesure où elle ne tient par compte des facteurs d'allocation de la maind'oeuvre, et de la marge brute obtenue après utilisation de cette main-d'oeuvre.

+ Revenu du ménage

Le revenu agricole est la différence entre la production et les charges liées à cette production. On distingue deux types de revenu : le revenu net et le revenu brut.

Selon Adégbidi (1994), le Revenu Agricole Net (RAN) = Valeur Ajoutée (VA) - Rente Foncière (RF) - Taxes et Impôt (T) - Intérêts sur emprunts (I) - salaires des travailleurs extérieurs (W). Dans ce cas, Valeur Ajoutée (VA)= Produit Brut (PB) - Consommations Intermédiaires (CI) - Amortissements (Am). Ce revenu prend en compte l'autoconsommation, l'accumulation en nature et le revenu monétaire.

Le Revenu Agricole Brut (RAB) par contre est la différence entre la production brute et les charges réelles payées pour cette production. Les charges comprennent les coûts des intrants variables à savoir les semences, les différents engrais, les insecticides et le coût de la main-d'oeuvre (défrichement, labour, semis, sarclages, fumures, pulvérisation, récolte). Il est calculé pour une seule campagne agricole. C'est en réalité, cette forme de revenu qui sera utilisée dans la présente étude. A ce revenu sera ajouté, le revenu des autres activités (RA) génératrices de revenu au sein du ménage. Avec RA = ÓRAi ; Rai étant la recette issue d'une activité donnée de laquelle sont déduites les dépenses effectuées pour réaliser l'activité.

Le revenu annuel du ménage sera alors RAB + RA.

+ Autres concepts

Des études de OBEPAB (2005) ont permis d'opérationnaliser certains concepts. Dans son étude sur la problématique du genre dans la gestion des produits chimiques de synthèse, l'OBEPAB a recensé trois catégories de producteurs : riche ou aisé (gros producteur), moyennement riche (moyen producteur), pauvre (petit producteur).

Tableau n°1 : Eléments de conceptualisation des catégories de producteurs.

Catégories

Caractéristiques

Gros producteur

- Possède grosse moto (sanili, corbillard, etc. voire voiture comme moyen de déplacement).

- Possède de titre de propriété dans les grandes villes ou est propriétaire de beaucoup de terres.

- Construction en matériaux définitifs.

- Prend 3 repas par jour avec assez de poissons et de viande dans la sauce. - Possession de plantations (anacardiers, palmeraies, orangeraies, etc.).

- Peut recruter des ouvriers agricoles et commercialiser les vivres sans difficultés. - Possède de moulin à maïs.

- Peut supporter les frais de santé de ses enfants.

Moyen producteur

- Possède comme moyen de déplacement BBCT, AV 85, Mate, etc.

- Prend au moins 2 repas par jour, peut se nourrir de viande et trouve à manger toute l'année.

- Construction en matériaux définitifs ou toit en tôle.

- Peut contracter de prêt pour recruter des ouvriers.

- Possède de jeunes plantations avec possibilité de transformer le vin de palme en sodabi.

- Greniers non vides à aucune période de l'année.

- Possède des ressources financières pour satisfaire les problèmes d'urgence.

Petit producteur

- Construction en matériaux locaux.

- Possession de vélo comme moyen de déplacement.

- Prend 1 repas par jour.

- Pas de garantie pour contracter des prêts dans les institutions de micro-crédit

- Pas de ressources financières pour faire face aux besoins quotidiens du ménage. - Contracte des prêts auprès des usuriers pour payer la main-d'oeuvre salariée,

- puis ne parvient pas à rembourser ces crédits.

- Exploite de petites superficies.

- Vend les produits juste après la récolte.

- Achète les vivres en période de soudure ou pendant la saison sèche à crédit.

Source : OBEPAB, (2005)

Cette catégorisation présente à notre avis des limites, car elle met plus l'accent sur le bien matériel. En effet, certains producteurs sont riches mais n'investissent pas dans le bien matériel. Il n'est pas rare de voir des producteurs âgés qui sont la plupart du temps riches, ne pas disposer de grosses motos ou d'un moulin à maïs. D'autres, par contre ne construisent pas en matériaux définitifs. Ces derniers accordent peu d'attachement à ces biens. C'est pourquoi nous avons retenu les critères contenus dans le tableau n°2 pour la catégorisation des producteurs.

Tableau n°2 : Conceptualisation des catégories de producteurs.

Types de producteurs

Caractéristiques

Gros producteur « do koun non lè »

- superficie emblavée par saison > 5 ha.

- propriétaire d'assez de terres.

- peut recruter des ouvriers agricoles et commercialiser les vivres

sans difficulté.

Moyen producteur
« mè glo a do lè»

- superficie emblavée par saison 2-5ha.

- possession de peu de terres par rapport au gros producteur.

- peut contracter des prêts pour recruter des ouvriers.

Petit producteur
« wa man mon non lè »

- superficie emblavée par saison < 2ha.

- dispose de moins de terres que le précédent.

- contracte des prêts auprès des usuriers pour payer la main- d'oeuvre

salariée mais ne parvient pas à rembourser les crédits.

Source : Nos enquêtes de terrain juillet - septembre 2005

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"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo