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La politique étrangère des Etats Unis d'Amérique vis-à -vis de la République Démocratique du Congo: de 1990 à  2006


par Mahatma Julien Tazi K. Tien-a-be
Université de Kinshasa - Diplome d'Etudes Supérieures en Relations Internationales 2009
  

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3.2. Diplomatie transformationnelle

Comme pour la théorie de la paix démocratique, les américains ont fait recourt, pour la mise en place de leur politique étrangère et leur diplomatie envers la RDC, à une nouvelle doctrine ou force de pensée philosophique. Celle-ci est la diplomatie transformationnelle.

La diplomatie transformationnelle peut être définie comme une diplomatie qui agit de l'extérieur pour transformer en démocratie des régimes non démocratiques. Elle consiste essentiellement à soutenir des changements à l'intérieur des États plutôt que dans les relations qui les unissent. » (177(*))

Tout porte à croire que c'est de Condoleezza Rice, Secrétaire d'État sous le président Bush, que ce terme émane ou de son cercle très étroit (Jim Wilkison a été cité comme un « inventeur » possible de la formule), le terme s'étant peu à peu précisé au cours de l'année 2005, pour être employé couramment, dans son sens actuel, à partir de décembre 2005 - janvier 2006

Selon les termes de Condoleeza Rice, la diplomatie transformationnelle consiste à « oeuvrer avec (les) nombreux partenaires (des États-Unis) dans le monde, afin d'édifier et de soutenir les États démocratiques et bien gouvernés qui répondent aux besoins de leur population, réduisent la pauvreté et se conduisent de manière responsable au sein du système international.

Pour Georges Bush Junior, la diplomatie transformationnelle est une politique visant à chercher et à soutenir la croissance des mouvements et institutions démocratiques dans toutes les nations et cultures avec comme but ultime de mettre fin à la tyrannie dans le monde. Pour cela, la diplomatie ne doit plus se limiter à reporter ce que le monde est, mais à chercher à le transformer

Jusqu'à la fin de la guerre froide, les États-unis traitaient avec les autres États se conformant aux conditions dans lesquelles ils le trouvaient. Les diplomates faisaient des rapports au gouvernement, essayaient de prévoir les résultats des élections (au cas où il y en avait) et prévoyaient les conséquences de tel ou tel autre résultat. Avec la diplomatie transformationnelle, les diplomates américains essayeront de manoeuvrer la politique d'un pays afin qu'il y ait au minimum des élections, étant donné que celles-ci sont la condition sine qua non de la démocratie.

Pour Condoleezza Rice, dans le nouvel environnement géopolitique post-11 septembre (États faillis ou mal gouvernés, zones grises, terrorisme, etc.), il faut agir directement sur les sociétés étrangères, sur la gouvernance des États, plutôt que sur leur seule politique étrangère. La clé de la stabilité future se cache à l'intérieur des États et non pas seulement dans les relations qu'ils entretiennent. Du coup, le diplomate, le pourvoyeur d'aide au développement et le soldat se muent en agents de la bonne gouvernance, particulièrement dans les situations post-conflit et dans les sociétés fragiles (178(*)).

Il est indiqué que la politique étrangère américaine utilise habilement la notion de la diplomatie transformationnelle et la théorie de la paix démocratique à leur guise. En effet, la perception américaine selon laquelle la République Démocratique du Congo serait un pays qui a failli prédispose à l'application de ces théories. Ce discours a son importance. C'est que les structures étatiques qui ont faillie sont créatrices et exportatrices de l'instabilité sous régionale, du terrorisme et du danger. C'est le cas de la RDC. Elle est une base arrière des forces négatives qui sèment l'insécurité dans toute la sous région des grands lacs. Et de l'intérieur, c'est un État qui n'est pas géré. Par conséquent, il faut tout faire pour transformer ses structures internes et même la nature de son État afin qu'il devienne une démocratie qui rassure ses voisins et les grandes puissances qui pourront alors compter sur elle.

Transformer la nature de son État revient à dire qu'il faut lui donner la possibilité que sur ses cendres naissent de nouvelles entités et de nouvelles enveloppes juridiques. Il est question ici de comprendre que toutes ces forces scientifiques et philosophiques participent à la balkanisation de la RDC. L'équation simple à comprendre est que la RDC, État en faillite a besoin d'être transformée par « la diplomatie transformationnelle » afin qu'elle devienne une véritable démocratique de coopération avec ses voisins et ne plus être un État exportateurs de la guerre et de l'instabilité dans la sous région des grands lacs.

* 177 VAÏSSE, J., « États-unis : le temps de la diplomatie transformationnelle », in Cahier du Chaillot n°95, ISS, Décembre 2006, p. 11

* 178 CONDOLEEZZA, R., , cité par VAÏSSE J., op.cit. p.51

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