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Analyse du système de recouvrement des impayés au sein des institutions de microfinance: cas de l'Association PADME- Bénin

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par Gardy L. MARCELLUS
Université d'Abomey- Calavi au Bénin - Licence professionnelle 2012
  

Disponible en mode multipage

INTRODUCTION

L'extension de l'économie monétaire, l'interdépendance des marchés de capitaux et le mouvement des opérations de change ont favorisé l'intensification des relations des banques et des établissements de crédit avec les autres agents économiques. Cependant, la grande crise économique des années 80 qui a entrainé la faillite du système bancaire a contraint les pays en voie de développement (PVD) au Programme d'Ajustement Structurel (PAS). Ce programme, couplé à la dévaluation du franc CFA en 1994 a eu de graves répercussions sur le développement économique de ces pays. De ce fait, les acteurs s'accordent à reconnaître que le phénomène de la pauvreté prend une ampleur de plus en plus inquiétante et constitue une menace pour ces pays dont une bonne partie de la population active, évolue dans le secteur informel.

Le secteur informel n'étant pas accessible au système bancaire classique, il fallait chercher un moyen pour satisfaire les besoins de cette population afin d'améliorer son bien-être économique et social. A cet effet, les agents économiques exclus du système financier classique ont mis en place des pratiques et des circuits de financements alternatifs communément appelés microfinance, finance décentralisée ou finance de proximité.

Initiés par des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et des banques commerciales telles que la Brut-Unit Desa (Indonésie), la Gramen Bank (Bangladesh) et K-Rep (Kenya), Prodem/Bancosol (Bolivie), ces financements alternatifs ont pour objectif de satisfaire la demande de produits financiers de leurs populations cibles.

C'est dans ce cadre que le Bénin, à l'instar des autres pays en voie de développement, a adopté une stratégie de réduction de la pauvreté dans laquelle les problèmes de financement des activités des « pauvres » exerçant pour la plupart dans le secteur informel occupent une place de choix. Quelques années plus tard on assiste à une prolifération des Institutions de Microfinance dont l'Association PADME, avec comme activité principale l'octroi de crédit et la collecte de l'épargne aux agents exclus du système classique.

Depuis leur création, les activités de ces institutions sont conformes aux attentes du monde rural et urbain par leurs proximités, leurs capacités à couvrir le territoire national et l'importance des capitaux injectés dans l'économie nationale.

Aujourd'hui, le secteur de la microfinance se trouve confronté à de multiples problèmes. La
fragilité du secteur, la défaillance des prêts et la difficulté de recouvrement des impayés. Ce
dernier apparait comme important car il est susceptible de porter atteinte à la pérennité des IMF.

C'est en raison de cette importance et des difficultés qu'éprouvent actuellement les dirigeants de PADME à recouvrer les impayés que nous avons jugé utile de développer le thème intitulé : « Analyse du système de recouvrement des impayés au sein des Institutions de Microfinance : Cas de PADME-Bénin ».

Cette étude vise à analyser le système de recouvrement des impayés, à prendre connaissance de leurs causes et de leurs conséquences réelles afin de proposer des approches de solutions liées au problème d'accumulation des impayés. La restitution de nos travaux est faite en trois chapitres.

Le premier chapitre présente le cadre institutionnel de l'étude. Le deuxième est consacré au développement du cadre théorique et méthodologique de l'étude. Le troisième chapitre a trait à la présentation et l'analyse des résultats ainsi qu'aux propositions de solutions pour améliorer le système de recouvrement des impayés.

CHAPITRE I : DESCRIPTION

PHYSIQUE ET INSTITUTIONNELLE

DE LA STRUCTURE D'ACCUEIL

Dans ce chapitre, nous allons présenter le cadre institutionnel de l'étude. Section 1: PRESENTATION DE PADME-BENIN

PADME-Bénin est présenté au travers de ses objectifs, sa structure organisationnelle, son environnement et ses services offerts.

Paragraphe 1 : L'historique, Objectif et Structure organisationnelle de PADME

Nous exposons dans cet ordre l'historique, les objectifs et la structure organisationnelle de PADME.

I. Historique du PADME

Le secteur financier béninois a connu de profondes mutations au cours des années 1990 dans le cadre des différents Programmes d'Ajustement Structurel. Afin de répondre à la disparition des banques de développement publiques et de financer le secteur informel rural et urbain, plusieurs IMF sont nées, souvent avec l'appui de la coopération internationale. Ainsi, le PADME (Projet d'Appui au Développement des Micro Entreprises) a été créé sous forme de projet le 1er septembre 1993 par le Gouvernement béninois, sous financement de la Banque Mondiale, avec l'assistance technique de VITA pour atténuer les effets sociaux du Programme d'Ajustement Structurel (PAS). Ensuite ont suivi les principales évolutions institutionnelles suivantes :

Une phase pilote à Cotonou : du 1er septembre 1993 au 30 août 1995 pour tester les différentes stratégies et mécanismes afin d'assister efficacement les micros entreprises ;

Une phase de consolidation : du 1er septembre au 31 octobre 1998 pour le perfectionnement du système et l'ouverture d'une agence à Porto-Novo ;

Une phase d'institutionnalisation : elle est caractérisée par :

1. la création le 23 décembre 1997, d'une Association de type « Loi 1901 » pour prendre le relais du projet PADME ;

2. la reconnaissance officielle de l'Association par le Ministère de l'Intérieur, de la Sécurité et de l'Administration Territoriale comme une Association de type loi 1901 (récépissé) n° 98/400/MISAT/DC/SG/DAI/SAAP/-ASSOC du 31décembre 1998 ;

3. la reconnaissance de l'Association comme une Association d'utilité publique par le décret présidentiel n° 99-250 du 18 mai 1999 ;

4. le transfert de l'actif et du passif du projet à l'Association par une convention datée du 06 septembre1999 entre le Ministre des Finances et de l'Economie et le Président de l'Association ;

5. la signature de la convention n° 99-0002-du 06/09/99 avec le Ministère des Finances et de l'Economie autorisant le PADME à « effectuer sur le territoire de la République du Bénin, les opérations de crédit et d'épargne, selon les conditions prévues par ses textes organiques qui fixent également ses règles de fonctionnement, pour une durée de cinq ans renouvelable par tacite reconduction ;

6. le renouvellement de la convention n° 1652-C du 24/06/2005 pour une durée de cinq ans renouvelable par tacite reconduction.

Compte tenu de la nécessité d'un renouvellement tous les cinq ans de la convention et de certains inconvénients de la loi PARMEC, le PADME mène actuellement les démarches pour une éventuelle transformation en une institution privée commerciale de microfinance. Le statut actuel n'entrave pas la bonne marche des opérations, mais il ne garantit pas la pérennité institutionnelle.

II. Mission, Vision et Objectifs du PADME

Nous allons définir la mission, la vision et les objectifs de PADME.

A) Mission

L'équipe de Direction et le Conseil d'Administration adhèrent à la mission du PADME : « Accès facile et rapide au crédit à toutes les personnes à faibles revenus ». Elle transparaît à tous les niveaux de l'institution. Cette mission combine les objectifs sociaux et financiers. L'équipe de direction est consciente de l'importance de l'autonomie financière du PADME mais elle fait le choix de servir sa population cible (les pauvres). Ainsi, le PADME offre une gamme variée et différenciée de services financiers ou non adaptés aux besoins spécifiques de chaque groupe et spécialement au développement de la micro entreprise. Il vise à accroître l'efficacité et la rentabilité des micros entreprises et à consolider les emplois créés dans ce secteur.

B) Vision

L'Association PADME a pour vision d'offrir des services financiers adaptés aux micro-
entreprises et aux personnes à faibles revenus. Cette offre jouera un rôle important dans le
renforcement du dynamisme et l'efficacité des micro-entreprises à travers l'amélioration des

conditions socio-économiques des personnes à faibles revenus au Bénin. Aussi, en résultera-t-il une réduction significative et durable de la pauvreté et un renforcement de la croissance économique.

C) Objectifs du PADME

Les principaux objectifs de l'Association PADME se résument en la promotion de la croissance, le développement économique et la diversification du secteur des micro-entreprises au Bénin. Il s'agit précisément d'accroitre l'efficacité et la rentabilité des micro-entreprises déjà existantes de manière à assurer leur passage dans le secteur formel et à consolider les emplois créés dans le secteur des micro-entreprises, l'apport des appuis en services de micro-finance aux particuliers ayant de faibles revenus pour satisfaire leurs besoins financiers

III. Structure organisationnelle et Fonctionnement du PADME

L'organisation de l'Association et les différents organes techniques sur lesquels la Direction Générale s'appuie pour orienter et coordonner ses activités au sein du réseau PADME sont ici abordés.

A) Structure organisationnelle

Le PADME est une association de personnes morales. Les membres fondateurs sont répartis dans cinq (05) groupes.

Groupe 1 : Les micro-entrepreneurs représentés par l'Association des clients du PADME (FIDELIA- PADME) et la Confédération Nationale des Artisans du Bénin (CNAB).

Groupe 2 : Le personnel de l'institution représenté par le Président de l'Association du personnel (ASP).

Groupe 3 : Les partenaires financiers représentés par l'Association Professionnelle des Banques, les Etablissements Financiers du Bénin et NSIA-Bénin.

Groupe 4 : Les institutions d'appui représentées par la Chambre du Commerce et d'Industrie du Bénin (CCIB), l'ONG Américaine AFRICARE-BENIN et le Cabinet d'Expertise SERFIAfrique.

Groupe 5 : L'Etat représenté par le Ministère de la Microfinance de l'Emploi des Jeunes et des Femmes (MMEJF).

L'association jouit de la double autonomie administrative et financière. Elle assure sa propre gestion et est administrée conformément à son manuel de procédures, ses statuts, son règlement intérieur et aux dispositions des conventions qu'elle a conclues.

Les principaux organes de l'Association sont : l'Assemblée Générale et l'Organe Exécutif sans oublier le Réseau PADME

1. L'Assemblée Générale

L'Assemblée Générale (AG) est l'organe suprême du PADME. Elle est composée des membres fondateurs de l'Association cités plus haut. Elle se tient au moins une fois par an pour définir l'orientation et la politique générale de l'Association en vue de la réalisation de l'objectif social, de l'adoption du règlement intérieur et de l'élection des membres du Bureau Exécutif (BE) aux différents postes. L'Assemblée Générale examine et approuve le programme d'activités présenté par le BE de l'association. Elle décide également de la révocation et de la nomination du Directeur Général après examen de la proposition du Bureau Exécutif. Enfin, elle vote après examen le budget présenté par le Bureau Exécutif.

2. L'Organe Exécutif

L'Organe Exécutif est l'organe d'administration et de gestion de l'association. Il est constitué du Bureau Exécutif et de la Direction Générale. Il se réunit ordinairement une fois par trimestre et est composé de quatre (04) membres : un président, un secrétaire et deux (02) membres.

Quant à la Direction Générale, elle assure la gestion courante de l'institution. A ce titre, elle est responsable de la gestion des ressources humaines, techniques et financières de l'Association.

Le siège de PADME est le centre de définition de la stratégie de l'institution, de mise au point des outils de gestion et de contrôle de l'organisation. C'est le lieu d'exercice du Directeur Général, du Directeur Général Adjoint, des chefs de services et de leurs Assistants. Dans l'organigramme du PADME, les fonctions se répartissent de la façon suivante :

a) Le Directeur Général

Il a pour rôle d'assurer la gestion courante et le bon fonctionnement de l'institution et rend compte au Bureau Exécutif.

b) Le Service Gestion des Risques Il est chargé d'identifier les risques et de mettre en place des politiques de prévention.

c) Le Service Audit Interne

Son rattachement au Directeur Général lui confère une indépendance vis-à-vis des services qu'il audite. Il est principalement concerné par les tâches d'évaluation de contrôle de conformité et de vérification de la fiabilité du système global. Ses principales activités concernent :

- la supervision de la conception et la mise en oeuvre des procédures ; - le contrôle du respect strict des procédures ;

- l'accomplissement des missions diverses à lui confiées par le Directeur Général.

d) Le Service Administratif Son rôle est de :

- approvisionner et de gérer les moyens généraux ;

- gérer le stock et les immobilisations ;

- veiller à la bonne gestion des problèmes logistiques du PADME et à la sécurité des biens de ce dernier ;

- rédiger les rapports du PADME.

e) Le Service Juridique

Il assure l'organisation des affaires juridiques (contrats, garanties, etc.) et du recouvrement des crédits passés en contentieux.

f) Le Service Informatique

Il assure la conception du système informatique et la maintenance des outils informatiques. Il garantit aussi la qualité du traitement de l'information

g) Le Service des Ressources Humaines Il a pour mission de :

- assurer la conception des stratégies de rémunération, de recrutement, d'évaluation et de formation du personnel ;

- assurer la mise en application de la politique de gestion des ressources humaines.

h) Le Service Marketing, Recherche et Développement

Il a à charge la conception des stratégies marketing, l'identification des outils performants pour améliorer l'efficacité sociale et financière de l'organisation, puis la mise en application des politiques marketings et des initiatives orientées vers la satisfaction de la clientèle.

i) Le Service Comptable et Financier

Il s'occupe de la gestion comptable et financière du PADME, la gestion des dépenses et la préparation des missions d'audit et d'inspection. Il rédige les rapports financiers de l'institution.

3. Le Réseau PADME

Le réseau de PADME couvre les principales villes du Bénin. Les activités du PADME ont pour cadre le siège de l'organisation, les agences régionales et les bureaux de zones. Ce réseau comprend le siège qui est le centre de prise de décisions stratégiques, les agences (au nombre de cinq actuellement) qui ont pour démembrement les bureaux de zones. Les Bureaux de zone jouissent d'une grande délégation de pouvoir et de responsabilités pour conduire l'ensemble des opérations dans leur région. Une agence a pour vocation d'apporter le soutien logistique nécessaire à l'activité de crédit que développent les bureaux de zone. Actuellement, le PADME intervient sur toute l'étendue du territoire national et dispose de cinq agences: Cotonou A, Cotonou B, Porto- Novo, Parakou, et Abomey.

· Bureaux de zone : ils constituent les subdivisions opérationnelles d'une agence. Chaque bureau de zone dispose des chargés de prêts dont les activités sont coordonnées par un chef de bureau. Chaque chargé de prêts opère sur un périmètre bien délimité appelé secteur.

· Secteurs : le secteur est le périmètre sur lequel opère chaque chargé de prêts. Le PADME compte actuellement 75 chargés de prêts.

B) Fonctionnement de PADME

Pour l'orientation et la coordination des activités au sein du réseau PADME, la Direction Générale s'appuie sur quatre (04) organes techniques.

1. Le Comité de Direction (CODIR)

Le Directeur Général, le Directeur Général Adjoint et les Chefs Services constituent le Comité de Direction (CODIR) qui est une structure d'aide à la décision de la Direction Générale. Le CODIR se réunit une fois par semaine et ses travaux font l'objet d'un rapport.

2. Le Comité de Crédit

Le Comité de Crédit est une instance d'analyse et d'application des demandes de crédit. Il existe trois niveaux de décisions et d'analyse des demandes de crédits.

a) Le Comité de crédit du bureau de zone Il est composé de :

- Président ; le Chef Bureau (CB) ;

- Secrétaire ; l'Agent Vérificateur (AV) ;

- Membres ; les Chargés de Prêts (CP), les Superviseurs CAE ou MCPP, les animateurs (rices), CAE ou MCPP et les Agents Vérificateurs.

Il étudie et approuve définitivement les demandes de crédits dont le montant se situe entre 20.000 et 2.000.000 de francs CFA. Celles dont le montant est supérieur à 2.000.000 de francs CFA obtiennent une première approbation de ce Comité avant d'être transmises au comité de crédit de l'agence.

b) Le Comité de Crédit de l'agence Il est constitué de :

- Président ; le Chef d'Agence (CA) ;

- Secrétaire ; l'Assistant Juriste ;

- Membres ; au moins un Chef Bureau de zone de l'agence.

Ce comité étudie les crédits approuvés par le comité de crédit de bureau dont le montant est supérieur à 2.000.000 de francs CFA. Il approuve définitivement les crédits dont le montant est compris entre 2.000.001 et 5.000.000 de francs CFA. Ceux dont le montant est supérieur à 5.000.000 obtiennent une deuxième approbation du comité avant d'être transmis au comité de la Direction Générale.

c) Comité de crédit de la Direction Générale : Il est composé de :

- Président ; le Chef Service Crédit ;

- Secrétaire : le Chef Service Gestion des Risques ; - Membre ; le Chef Service Juridique.

3. Le Comité d'Achat

Le comité d'achat ad hoc comprend des cadres ou des agents de services différents qui se réunissent pour étudier les offres pour tout achat de biens et services dont le montant excède la limite de cent mille francs (100.000 FCFA) au niveau du siège. La limite au niveau des Agences est de vingt mille francs (20.000 FCFA).

4. Le Comité Contentieux

Le PADME organise trimestriellement dans chaque agence un comité de contentieux qui statue sur tous les crédits en souffrance. Un crédit en souffrance est un crédit dont les remboursements accusent un retard de plus de 90 jours. Ce comité qui se réunit par agence est présidé par le chef d'agence entouré des chefs des différents bureaux de zone administrés par l'agence, de l'assistant administratif, de l'assistant informaticien et du comptable d'Agence.

Paragraphe 2 : Environnement du PADME et services offerts

Dans ce paragraphe, nous décrivons l'environnement de PADME et les services offerts par le PADME.

I. Environnement du PADME

L'environnement d'une institution est l'ensemble des éléments internes et externes qui peuvent influencer positivement ou négativement son fonctionnement. Le Service Marketing a le devoir de surveiller en permanence l'environnement de PADME.

A) Le microenvironnement

Le micro-environnement est l'ensemble des acteurs sur lesquels l'Association PADME peut agir. Il est composé de la clientèle, de la concurrence, des fournisseurs et des partenaires.

a. La clientèle

Le client est le poumon de toute entreprise. L'entreprise a le devoir de connaitre ses clients, leurs propriétés, leurs besoins et leurs désirs. La clientèle de PADME est composée des particuliers qui sont des personnes physiques, des professionnels de bureau, des fonctionnaires, des institutions étatiques et des organisations non-gouvernementales (ONG) locales. Les différentes catégories de clients de l'Association PADME sont les micro-entrepreneurs, les ONG, les artisans et les salariés.

b. La concurrence

La concurrence est la structure d'un marché caractérisé par une confrontation libre d'un grand nombre d'offreurs dans tous les domaines pour tout bien et service. La concurrence prend deux formes : la forme directe et la forme indirecte. Les concurrents directs de l'Association PADME sont les établissements de crédits ayant la même activité que lui. Il s'agit de PAPME, VITAL FINANCE, BRS, FINADEV et CLCAM. Quant aux concurrents indirects, ce sont les tontiniers et autres coopératives évoluant dans le secteur informel.

c. Les fournisseurs

Ils fournissent à l'entreprise des ressources nécessaires à la production ou à la commercialisation. Les fournisseurs de PADME sont les bailleurs de fonds tels que la Banque Mondiale, l'USAID, la BOAD, l'AFD, l'Ecobank-Bénin, la BIBE, la SGBBE, la Continental Bank Bénin et la Financial Bank Bénin.

d. Les partenaires

Ils sont les institutions auprès desquelles l'Association PADME place les titres, les obligations et les actions qui lui génèrent d'intérêts. Il s'agit du Consortium Alafia, la Cellule de Microfinance, la BOA-Bénin, la BIBE, l'Ecobank-Bénin, le Diamond Bank Bénin, le Financial Bank Bénin, la Bank Sahélienne pour l'industrie et le commerce, le Fonds International de Garantie Women's World Banking, la Banque Mondiale, l'Action Commerciale Blue ORCHARD Financial Networks, la Centrale d'Echange d'Information, la Planète Finance, le Care Internationale et la Freedom From Hugues (FFH).

B) Le macro-environnement

Le macro-environnement est l'ensemble des facteurs sur lesquels l'entreprise n'a aucune emprise. Il comprend l'environnement économique, légal, réglementaire et politico-juridique.

1. L'environnement économique

Le Produit Intérieur Brut (PIB) du Benin est de 1097,3 milliards en 2002 contre 1377,2 milliards en 1998 soit un taux de croissance qui varie entre 4,5 et 6% sur la période.

Le taux d'inflation annuel s'améliore. Il passe de 6% en 1998 à 2% en 2002. Par ailleurs, depuis l'année 90 où l'économie béninoise a repris sa croissance, les secteurs tertiaire et primaire ont généralement contribué à environ 50%, 30% du PIB contre 14% pour le secteur secondaire.

2. L'environnement légal

Au Benin, les opérations de crédit, quel qu'en soit l'initiateur et le montant, relèvent de la loi portant la règlementation bancaire N0 90 018 du 27 juillet 1990 en remplacement de celle de 1975. La nouvelle règlementation marque une nouvelle approche dans l'exercice d'épargne et de crédit et offre un cadre juridique qui se veut résolument libéral. Elle s'inscrit dans les dispositifs et règlements adoptés par l'ensemble des pays de l'UEMOA. Cette loi a été complétée par le décret N0 89-392 du 7 novembre 1989 portant classement, forme juridique et opération du système bancaire classique. Les établissements bancaires et financiers sont considérés alors comme des entreprises jugées selon les critères de rentabilité.

3. L'environnement règlementaire

La loi portant règlementation des institutions mutualistes ou coopératives d'épargne de crédit (la loi PARMEC) a été initiée dans l UEMOA. Les efforts de formalisation entamés par les autorités monétaires ont abouti à l'élaboration et au vote, le 08 août 1997 de la loi PARMEC. Ainsi, ces structures signent une convention cadre avec le Ministère des Finances pour une durée maximale de 5 ans renouvelables. C est le cas de l'Association PADME et d'autres structures de microfinance de la place. Cette loi détermine les conditions d'exercice des activités, les modalités de reconnaissance de ces structures ou organismes, les règles de leur fonctionnement et les modalités de leur contrôle. Quant aux opérations financières, elles sont réglées par une série de textes législatifs et de règlements.

4. L'environnement politico-juridique

Le Benin est un pays politiquement et socialement stable. Le système démocratique instauré depuis 1990 fonctionne normalement .En effet, toutes les institutions républicaines et les organes prévus sont installés et fonctionnent suivant les dispositions constitutionnelles. L'environnement juridique béninois d'aujourd'hui est le reflet des mutations politiques qu'a connu le pays et qui ont débouché en 1990 sur l'option de la conférence nationale qui a opté pour la construction d'un Etat de droit caractérisé par une double liberté : la liberté de conviction politique et la liberté d'entreprise. Dans ce cadre, d'importantes reformes ont été entreprises pour assainir l'environnement des affaires. La ratification par le Benin des conventions à vocation régionale telles que celles de l'OHADA et le code CIMA a créé dans le pays de réelles conditions juridiques favorables aux affaires.

II. Activités du PADME

PADME offre à sa clientèle deux (02) types de services : les services non financiers et les services financiers.

A) Les services non financiers

Avant la mise en place des crédits, le PADME organise deux séances d'information, de sensibilisation et de formation à la bonne gestion des micros entreprises. Ces séances permettent aux clients potentiels d'être informés de manière générale sur le PADME et sur ses produits (conditions d'égalité, frais, garanties, etc.). De même, les clients sont sensibilisés sur l'importance de la tenue de la comptabilité (notamment la tenue des cahiers d'achat et de vente), la séparation de la caisse de l'entreprise de leur propre poche. Des aspects concernant le marketing et le respect de l'engagement envers les fournisseurs et les partenaires financiers sont aussi abordés. A ces séances, s'ajoute l'appui conseil des chargés de prêts aux bénéficiaires des crédits.

B) Les services financiers offerts

Les services financiers sont constitués essentiellement par les types de crédits, consentis aux personnes à faible revenu (les particuliers ayant une source de revenu régulière, les micros entrepreneurs exerçant ou désireux d'exercer une activité et/ou les ONG à volet micro finance). Il s'agit :

- du microcrédit individuel ;

- du microcrédit de caution solidaire (crédit aux groupes de trois personnes et crédit aux groupements de cinq à trente personnes) ;

- des crédits relais aux ONG locales ;

- du microcrédit de promotion de l'artisanat.

1. Le microcrédit individuel

Le PADME consent des crédits individuels d'un montant variant de 20 000 FCFA à 10 000 000 FCFA, pour une durée maximale de 18 mois avec un taux d'intérêt de 2% dégressif par mois. Ce crédit est destiné au financement des activités génératrices de revenus et est assorti obligatoirement d'une garantie réelle (parcelle, nantissement de biens ou gages sur véhicules ou d'une caution sur salaire). Cette garantie peut être la propriété de l'emprunteur lui-même ou celle d'une tierce personne appelée avaliseur. Le client peut solliciter une période de différé pouvant atteindre 6 mois si son activité l'exige. Aussi, faut-il préciser que pour le premier crédit, le montant ne peut excéder 2.000..000 FCFA sauf dérogation obtenue de la Direction Générale.

2. Le microcrédit de caution solidaire

Ils sont de deux types à savoir les crédits de caution solidaire et les crédits aux groupements. a) Microcrédit de caution solidaire ou crédit groupe

Ce sont des crédits accordés aux membres de groupes de caution solidaire constitués par trois micros entrepreneurs. Les membres du groupe doivent provenir de la même couche socioéconomique. Ils se choisissent eux-mêmes et s'entendent pour désigner leur responsable. Ils sont toujours au nombre de trois (03). Chaque membre du groupe possède sa propre entreprise et reçoit le même montant de crédit que les autres. Dans le groupe, chacun est étroitement lié au succès de l'entreprise de l'autre car, en cas de cessation de paiement de l'un, les autres prennent sur eux la responsabilité de rembourser son crédit. Le montant du crédit qu'un membre du groupe peut obtenir varie entre 20.000 FCFA et 500.000 FCFA pour une durée maximale de 18 mois avec un taux d'intérêt dégressif de 2% par mois. La périodicité de remboursement est mensuelle avec un délai de différé pouvant atteindre 6 mois si l'activité menée l'exige. En dehors de la caution solidaire que les membres du groupe s'offrent les uns les autres, aucune autre garantie n'est demandée.

b) Microcrédit aux groupements

On distingue le groupement d'entreprises et le groupement d'entrepreneurs. Le groupement d'entreprises est constitué par des micros entrepreneurs exerçant en commun une activité génératrice de revenu. Le crédit sollicité est investi dans cette activité menée ensemble par tous les membres du groupement.

Le groupement d'entrepreneurs quant à lui est composé des micros entrepreneurs ayant chacun son entreprise indépendante de celle des autres membres du groupement.

Chaque membre du groupement reçoit un montant de crédit correspondant à la capacité de remboursement de son entreprise.

Les membres du groupement doivent provenir de la même couche socio-économique. Ils se choisissent eux-mêmes, élaborent leur statut et règlement intérieur puis désignent leur responsable. Dans le groupement, chacun est étroitement lié au succès de l'entreprise de l'autre lorsqu'il s'agit d'un groupement d'entrepreneurs ou au succès de l'activité menée en commun s'il s'agit d'un groupement d'entreprises ; car, en cas de cessation de paiement de l'un, les autres prennent sur eux la responsabilité de rembourser son crédit.

Le taux et la durée sont identiques à ceux des autres crédits. La périodicité peut être mensuelle ou trimestrielle, etc., avec un délai de différé pouvant atteindre 6 mois si l'activité menée l'exige. Les groupements sont constitués de 05 à 30 personnes.

c) Les crédits relais aux ONG locales

Ce crédit permet au PADME de refinancer les ONG locales afin d'atteindre les micros entrepreneurs situés hors de sa zone d'intervention. Dans le système de crédits relais, l'ONG partenaire est considérée comme un client du PADME et bénéficie d'un crédit global à un taux d'intérêt préférentiel de 1% dégressif par mois pour une durée maximale de 18 mois. La périodicité peut être mensuelle, bimensuelle, trimestrielle ou semestrielle, avec un délai de différé pouvant atteindre 3 mois.

Les bénéficiaires finaux du crédit relais sont des clients de l'ONG. Le montant du crédit global dépend de leur nombre. Le montant maximum accordé par l'ONG partenaire à chaque bénéficiaire final ne doit pas dépasser le montant minimum accordé par le PADME aux membres des groupes de caution solidaire sans que le montant global mis à la disposition de l'ONG ne dépasse le plafond de 10.000.000 F CFA.

d) Les microcrédits de promotion de l'artisanat

On y distingue le crédit de démarrage d'activité : ce crédit est destiné au financement des achats d'équipements ou de fonds de roulement pour l'installation des jeunes artisans diplômes sans emploi dans les différents corps de métiers qui sont en manque des moyens financiers pour le faire. Ces jeunes constituent la cible visée par ce produit. Une priorité est donnée aux jeunes femmes artisanes diplômées sans emploi. Ce crédit appelé CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) comporte deux types de prêts : les crédits individuels et les crédits de groupe qui fonctionnent comme les crédits de caution solidaire et les crédits individuels ci- dessus présentés. Le montant du crédit varie de 20.000 FCFA à 1.000.000 FCFA pour les crédits individuels et 20.000 FCFA à 300.000 FCFA pour les crédits de groupes. La durée maximale est de 24 mois. Chaque emprunteur, s'il le désire, peut solliciter un délai différé allant de 1 à 6 mois. En dehors de ces produits qui sont fonctionnels, des projets de constitution de garantie sont en cours pour faciliter d'avantage l'offre de services financiers pour certains corps de métiers. Ces fonds en projets sont :

- les fonds de Garantie des Tisserands (FG Tisserands) orientés vers les artisans spécialisés dans le métier de tissage ;

- le crédit CQP (Certificat de Qualification Professionnelle).

Il faut reconnaître que ces types de crédits sont des fruits de partenariats noués avec d'autres institutions.

e) Le crédit FAAR

Il est un produit né pour appuyer tout promoteur béninois menant des activités agricoles, le stockage, ainsi que les investissements y afférents. Il répond aux mêmes critères que les autres sauf au niveau du taux qui peut être de 10% pour la production et l'investissement et de 12% pour le stockage et la commercialisation.

Le montant du crédit est de 1.000.000 FCFA au maximum pour les individuels et 300.000 FCFA maximum pour les cautions solidaires

Section 2 : DEROULEMENT DU STAGE

Les travaux effectués durant le stage et les différentes difficultés rencontrées font l'objet de cette section.

Paragraphe 1: Travaux effectués

Nous avons accompli certaines tâches au niveau de différents services des Agences Gbegamey et Calavi

I. Présentation du bureau de Gbegamey

Le bureau de Gbegamey de l'Association PADME compte un guichet et une fonction opérationnelle : réception des clients potentiels, séance d'animation destinée à informer les clients sur les produits offerts, mise en place et le suivi des clients .Il est compose de cinq (5) postes :

- chef Bureau ;

- chargés de Prêts ;

- agent de Bureau ;

- agent de vérification ;

- agent de recouvrement.

A) Le Chef Bureau

Le Chef Bureau est l'autorité supérieure du Bureau de Sikè-Codji de l'Association PADME. Il a pour mission d'assurer :

- la gestion et le bon fonctionnement du bureau ;

- la réception des clients ;

- le contrôle et le déboursement des crédits ;

- le suivi des clients et les relances de recouvrement (clients en impayés et défaillants) ; - la réalisation des opérations administratives et le développement de son portefeuille.

B) Les Chargés de Prêts

Les Chargés de Prêts sont les principaux acteurs dans la mise en place des crédits. Ils ont pour rôle de :

- recevoir les clients ayant suivi l'animation et ceux qui veulent effectuer un renouvellement ;

- assurer le montage et la présentation des dossiers de crédit au comité de crédit ;

- assurer le suivi des clients et les relances de recouvrement (clients en impayés et défaillants) ;

- assurer la mise en place des opérations administratives et le développement de son portefeuille.

C) Agent de Bureau

Encore appelé agent administratif, il s'occupe du secrétariat du bureau. L'agent du bureau a pour activités de :

- assurer l'accueil ;

- informer les clients potentiels sur l'activité et les conditions d'accès aux différents types de crédit ;

- effectuer les travaux préparatoires avant déboursement ;

- assurer l'hygiène et la sécurité du bureau.

D) Agent de vérification

Il a pour fonction :

- d'identifier le domicile des clients et les garanties ; - de faire le dessin d un plan descriptif ;

- d'enquêter sur la moralité du client auprès de ses voisins.

E) Agent de recouvrement

Il a à charge le recouvrement des créances en souffrance et en perte conformément à la politique et procédures en la matière. Il a pour mission :

- d'auditer les crédits en souffrances et en perte ;

- de recouvrer les crédits en souffrances et en perte.

II. Tâches effectuées

Au cours du stage, nous avons participé au montage des dossiers de prêts des différents clients que ce soit des crédits collectifs ou individuels. Nous avons pris connaissance des différentes pièces que doit comporter un bon dossier de clients ainsi que la gestion qui doit être faite des pièces justificatives ou correspondances relatives au séjour de l'employé dans l'entreprise. Nous avons également procédé à l'accueil des clients, au remplissage des bordereaux de détails de monnaie, des fiches de rendez-vous et des bons de déboursement. Nous avons participé aux

ateliers organisés à l'endroit des nouveaux et anciens clients, au transport des dossiers de notre bureau de Sikè-Codji vers l'Agence A à Suru-Lèrè et nous avons pris les dossiers approuvés par le Comité du siège de PADME situé à Jéricho vers notre bureau.

Paragraphe 2 : Difficultés rencontrées

Au nombre des difficultés rencontrées ayant un impact significatif sur le travail présenté, nous avons :

- l'indisponibilité de certains clients qui mettent du temps à répondre à nos questions à cause des exigences de leurs activités et parfois de leurs obligations familiales surtout les femmes ;

- le mauvais classement des dossiers dû à l'absence de centre ou d'armoires suffisants ; - l'absence de manuel de procédure ;

- l'empressement des clients ;

- la réticence de certains agents à nous livrer quelques informations jugées confidentielles.

CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE ET

METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE

La présente étude repose sur un cadre théorique et une méthodologie que nous allons exposer dans ce chapitre.

Section 1 : CADRE THEORIQUE DE L'ETUDE

Il regroupe la problématique, les objectifs et les hypothèses de l'étude. Paragraphe 1 : Problématique et Intérêt de l'étude

Nous allons élaborer la problématique et mentionner l'intérêt de notre étude. I. Problématique

Les Institutions de Microfinance ont pour mission de rendre l'accès facile et rapide aux services financiers de proximité pour les micro-entrepreneurs et les personnes à faibles revenus. Toutefois, si le fait de rendre ces services financiers permet d'atténuer les difficultés d'accès au crédit des individus, une bonne performance en matière de remboursement constitue un enjeu stratégique pour toute Institution de Microfinance qui veut assurer sa pérennité et sa viabilité financière.

L'une des difficultés à laquelle sont confrontées les IMF est celle du recouvrement des impayés aux échéances normales. En effet, selon une étude publiée en janvier 2002 par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), les créances en souffrance de l'ensemble des Systèmes de Financement Décentralisé ont connu une progression inquiétante dont le montant s'établit à plus de 12% de l'encours de crédit.

Le constat est plus pointu au niveau de l'une des plus grandes institutions du secteur au Bénin : L'Association pour la Promotion et l'Appui au Développement des Micro-Entreprises (PADME). Le taux de recouvrement des impayés est passé de 66,54% en 2010 à 63,59% en 2011, soit une baisse de près de 3%. Ainsi, la perte que subit l'IMF en cas de non paiement des échéances en retard par rapport aux encours globaux de crédit est en forte progression. A cela s'ajoute le niveau élevé du montant des impayés au sein de la PADME1 qui a atteint 1.076.538.252 de francs CFA en 2011. De plus, le taux de respect des échéances qui était de 92,33% en 2009 est passé à 91,02% en 2011. Cela constitue d'ailleurs un frein à l'évolution des activités de l'institution en ce qu'il augmente son portefeuille à risque.

1 PADME, Rapport annuel d'activités (2011)

Malgré la nouvelle politique de crédit adoptée, les missions permanentes d'inspection et le recrutement des agents chargés de recouvrement, la situation n'est pas encore bien maitrisée.

La nécessité pour le PADME d'assurer sa viabilité et de faire face aux défis de performance entraine des questionnements et des remises en causes. Le spectre des impayés et les conséquences se répercutent sur le résultat. Le non-remboursement des crédits déclenche des actions de recouvrement, mais aussi une réflexion sur la gestion des impayés. Il est donc indispensable d'analyser le système de recouvrement des impayés des IMF, en particulier celui de PADME afin de proposer des suggestions pour son amélioration.

Notre problématique peut donc se formuler comme suit : En quoi l'analyse du système de recouvrement des impayés peut contribuer à l'amélioration de la gestion des impayés au sein du PADME-Bénin?

II. Intérêt de l'étude

La question du système de recouvrement et du montant accumulatif des impayés abordée dans cette étude est d'une importance capitale car la question à laquelle sont confrontées la plupart des IMF découle de la gestion stratégique et opérationnelle des différents acteurs aussi bien internes qu'externes. De plus, la baisse inquiétante des résultats d'une IMF en raison des créances en souffrance et des pertes sur crédits désigne l'importance du problème qui s'observe à travers la détérioration du portefeuille de crédit. Ainsi, notre étude présente un triple intérêt à savoir :

- prendre connaissance des causes et conséquences réelles des impayés ;

- collecter des informations sur le PADME afin de nous prononcer sur son système de recouvrement et de formuler des suggestions et recommandations pouvant améliorer la politique de gestion des impayés ;

- mettre en pratique les enseignements théoriques reçus au cours de notre formation.

Paragraphe 2 : Objectifs et hypothèses de l'étude

Les objectifs de l'étude sont exposés d'abord et les hypothèses ensuite.

I. Objectifs

Les objectifs de l'étude ont été fixés par rapport aux problèmes à résoudre. Ils se déclinent en un objectif général et en des objectifs spécifiques.

A) Objectif général

L'objectif global poursuivi par notre étude est d'analyser le système de recouvrement des impayés en vue de l'amélioration de la gestion du PADME.

B) Objectifs spécifiques Spécifiquement, nous aurons à :

- déterminer les causes des impayés à PADME ;

- identifier les conséquences des impayés sur le portefeuille-client de PADME.

II. Hypothèses de l'étude

Notre recherche est basée sur deux (2) hypothèses qui sont les suivantes :

H1 : L'inefficacité du processus d'octroi et de suivi de crédit est l'une des causes principales des impayés au sein de PADME-Bénin

H2 : L'accroissement des charges de fonctionnement et la diminution de la rentabilité de PADME constituent les conséquences des impayés.

Section 2 : REVUE DE LITTERATURE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE

Cette section expose la revue de littérature et la méthodologie utilisée pour la recherche. Paragraphe 1 : Revue de Littérature

Dans ce paragraphe, nous allons définir quelques concepts et exposer des cas d'études antérieurs liés à notre problème.

I. Définition des concepts

Pour faciliter la compréhension de notre développement, nous allons passer en revue la définition de quelques concepts comme crédit, portefeuille de crédit, microfinance, institution de microfinance et impayés.

A) La notion de crédit

Etymologiquement, le mot crédit vient du latin credere qui signifie, « avoir confiance », « se fier à». De nos jours, le crédit porte sur des activités bien variées et revêt diverses formes.

Le crédit peut être défini comme un prêt consenti par un banquier moyennant une rémunération prenant en compte la durée du prêt et le risque lié à la situation de l'emprunteur. C'est un « acte de confiance se traduisant par un prêt en espèce ou en nature consenti en contrepartie d'une promesse de remboursement dans un délai généralement convenu à l'avance ». (Martinet et Silem, 2000). Le crédit consiste à utiliser le capital d'autrui en échange d'un engagement de le rembourser et de payer le prix de son emploi à la fin d'une période déterminée. Selon le Manuel du droit de crédit de Pascal ANCEL, le crédit est, légalement, tout acte par lequel une personne met ou promet de mettre des fonds à la disposition d'une autre personne, ou prend un engagement par signature (aval, cautionnement) éventuellement avec intérêt.

En fonction de l'usage que l'emprunteur propose de faire du montant prêté, nous distinguons deux types de crédit.

- le crédit à des fins personnelles

Il est destiné à l'acquisition de biens ou services au niveau du ménage. L'objet du crédit n'est pas générateur de revenu et son remboursement se fait à partir de revenus réguliers provenant d'une source autre que l'objet du prêt. Dans ce type de crédit, les habitudes d'épargne du client deviennent souvent un gage de sa capacité à rembourser.

- le crédit productif

Il est sollicité par un individu ou une entreprise dans le but d'améliorer ses activités. On dit du crédit productif qu'il est générateur de revenus. Le remboursement de ce type de crédit est généralement supporté par les revenus générés par l'objet du prêt.

B) Portefeuille de crédit

Le portefeuille de crédit d'une institution de microfinance est l'ensemble des différents types de crédits qu'elle peut accorder à ses clients, d'une autre manière qui comprend toutes les facilités de crédit de nature directe ou indirecte octroyées aux clients. Il est le principal actif des IMF et donc leur principal générateur de revenu. Il est primordial pour leur gestion financière qu'elles disposent des informations précises et régulières sur la situation de leur portefeuille.

C) Microfinance

Le terme « microfinance » est apparu à la fin des années 1970 à la suite des initiatives du
Professeur MUHAMMAD Yunnus qui fonda la Grameen Bank du Bengladesh et octroya des

petits prêts aux populations à très faibles revenus, à des taux d'intérêts insignifiants. La microfinance peut être perçue comme l'offre de services financiers de proximité. Cette définition n'est pas toujours acceptée de tous. Selon certains, la microfinance est un outil qui permet de préparer les populations à faibles revenus d'accéder au système bancaire et par ricochet, de réduire la pauvreté.

Pour James WOLFENSOHN2, « la microfinance représente un de outils que nous utilisons pour essayer de réduire la pauvreté ».

AGNIKPE A. (1998) présente la microfinance comme un outil performant au service du développement à la base. En ce sens, elle constitue l'un des leviers essentiels de lutte contre la pauvreté en créant des emplois, en augmentant les revenus et en diminuant les dépendances vis-à-vis des fournisseurs et des usuriers. Pour ROBINSON (1996), la microfinance est utilisée pour désigner les services de financement offerts aux petites et micro-entreprises de différents secteurs.

Mr. Jacob YARON, Senior Advisor, définit la microfinance comme l'offre de services financiers (épargne et crédit) de faibles montants à destination des micro-entreprises ne constituant pas de clientèle intéressante pour la banque commerciale.

Dans les pays de l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), même si les IMF identifiées ont des pratiques différentes, elles ont toutefois en commun certaines caractéristiques. Elles naissent avec l'appui des bailleurs de fonds et certaines évoluent vers le sociétariat afin d'atteindre une autonomie financière. Pour renforcer cette autonomie, le Gouvernement béninois, à travers la Cellule de Microfinance du Ministère des Finances et de l'Economie, a insisté sur la nécessité pour les IMF de disposer d'une liberté totale dans la définition de leur politique. Ces Institutions sont toutes régies par la loi PARMEC et ceci dans une perspective de compétitivité.

D) Micro-entreprise

Le rapport de l'état de l'économie nationale édité en décembre 1997 définit la micro-entreprise comme étant l'ensemble des activités économique et commerciale de moindre importance auxquelles s'adonne une population de personnes qui font montre de dynamisme et ont acquis un certain nombre de savoir-faire dans les domaines de commerce, de l'artisanat et de l'industrie.

2 Troisième Président de la Banque Mondiale ayant effectué deux mandats (1995-2000 puis 2000-2005)

E) Institutions de Microfinance et typologie

Dans une publication de la Banque Mondiale (BM) éditée en août 1998 à propos de microfinance en Afrique sub-saharienne, il est écrit ceci : Par institution de microfinance, on désigne des agents et des structures qui effectuent des transactions financières relativement faibles en ayant recours à une méthodologie spécifique basée sur la moralité du client. Ce sont des institutions qui s'adressent à des ménages à faibles revenus, à des micro-entrepreneurs, à des petits exploitants agricoles et à d'autres individus qui n'ont pas accès au système bancaire. Au milieu du 19ième siècle, l'Europe comptait déjà les premières mutuelles d'épargne et de crédit à l'initiative des hommes qui voulaient combattre l'usure et surtout la pauvreté tels que Friedrich Wilhelm Raiffeisen en Allemagne, Johann Evangelist Traber en Suisse, Alphonse Desjardins au Québec et Ludovic de Besse et Louis Durand en France. Ces hommes, sans être des banquiers, sont reconnus comme des pionniers des Systèmes de Financement Décentralisés (SFD) au service des pauvres ou des exclus des systèmes bancaires dits classiques.

En 1994, la Banque Mondiale, à travers sa banque de données sur les SFD, a démontré que les plus anciens banquiers ambulants sont originaires de l'aire socioculturelle Yoruba et qu'il est probable que l'essaimage de cette activité se soit opéré au Bénin, à travers la même ethnie, dans les années 50 à partir du Nigéria.

Selon BIO TCHANE A. (1998), « les IMF ont commencé leur installation au Bénin vers les années 1980, en réplique à la mauvaise intermédiation financière formelle ». Les IMF sont donc installées au Bénin suite aux défaillances du système bancaire. Ainsi, le Bénin a connu une éclosion des initiatives de création des mutuelles d'épargne et de crédit sous diverses formes pour répondre au mieux aux multiples besoins des populations défavorisées. La microfinance est apparue comme un outil efficace dont les gouvernements des pays en développement se servent pour lutter contre la pauvreté qui caractérise leurs peuples. Elle devient ainsi incontournable et, de ce fait, doit être mieux formalisée afin de continuer par jouer le rôle qui lui est dévolue dans l'émergence de ces pays.

F) Notion d'impayés et typologie

Un crédit en impayé (ou un crédit en retard) est un crédit sur lequel des remboursements sont en retard (calme dow). Selon l'Agence Américaine pour le Développement International (USAID), les impayés appelés aussi arriérés ou retards de remboursement, mesurent le pourcentage du portefeuille à risque. Pour sa part, le Small Enterprise Education and Promotion Network (SEEP) considère les échéances impayées ou en retard comme des remboursements dont l'échéance est

dépassée ; des crédits en retard sont des crédits sur lesquels au moins un remboursement est en retard. Cette notion d'impayés nous amène à distinguer trois formes de crédit.

- crédits sains

Ils concernent les prêts non échus accordés aux sociétaires et les prêts échus en retard de moins de trois mois. Ces crédits ne font pas l'objet de provisions.

crédits en souffrance

Ce sont des crédits dont une échéance au moins est impayée depuis plus de trois mois (loi PARMEC). Dès lors, la totalité de l'encours du crédit échu ou non doit être désignée sous cette rubrique. Les crédits en souffrance doivent faire l'objet de provisions à constituer en fin d'exercice.

- crédit irrécouvrable

Un crédit est irrécouvrable lorsqu'un emprunteur ne peut ou ne veut pas rembourser son crédit et que l'institution n'espère plus percevoir le remboursement. L'IMF devrait toutefois continuer ses efforts de recouvrement. En général, un crédit est considéré irrécouvrable quand l'emprunteur est en impayé de deux ou trois échéances.

II. Contributions antérieures liées aux impayés dans les IMF

Des études théoriques ont été réalisées autour du phénomène d'impayés et de leurs manifestations au sein des Institutions de Microfinance.

A) Etudes théoriques

Certains auteurs ont abordé partiellement ou totalement les problèmes que nous évoquons dans le cadre de ce travail. Ils ont fait les analyses et des conclusions auxquelles que nous allons retracer. Nous présentons également les différents travaux qui tentent d'expliquer les manifestations des impayés dans les IMF.

Selon Joanna LEDGERWOOD (1999), la gestion des impayés nécessite un examen complet des méthodes de crédit3, des procédures opérationnelles et de l'image institutionnelle de l'IMF.

Les problèmes d'impayés sont le plus souvent le résultat d'une mauvaise conception des produits
de prêt et des procédures d'octroi de crédit. Il existe aussi les impayés volontaires. Ce sont des

3 Joanna LEDGERWOOD « Manuel de Microfinance: Une perspective institutionnelle et financière » Washington

cas où l'individu disposant des sommes dues, préfère en prolonger unilatéralement la durée de leur usage car, conscient qu'un remboursement immédiat n'offre pas automatiquement l'opportunité d'un renouvellement immédiat de crédit. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les remboursements retardés sont aussi dangereux que les créances irrécouvrables. Non seulement il est associé au retard de remboursement des coûts de recouvrement mais également, il fausse la programmation financière et peut entrainer la panique des déposants des SFD or, ces derniers, contrairement aux banques classiques ne sont pas généralement reliés à un préteur de dernier ressort qui pourrait les refinancer.

Par ailleurs, HONLONKOU et al. (2001), dans une étude réalisée sur la problématique de remboursement de crédits dans les SFD4, aboutissent à des conclusions dont les plus illustratives révèlent que la performance des IMF en matière de remboursement est liée aussi bien aux caractéristiques des caisses (caractéristiques du gérant, supervision adéquate après l'obtention du crédit), aux activités financières qu'aux caractéristiques des clients (sexe, proximité géographique de la caisse, type de garantie, volume d'activité, expertise accumulée dans l'activité à financer, la taille de l'emprunt).

ELEGBEDE (1999), SOGLOHOUN et LONTCHEDJI (2000), dans leurs recherches sur les problèmes de remboursement dans le réseau FECECAM, ont identifié plusieurs causes d'impayés parmi lesquelles ont peut citer la pression exercée par les membres élus sur les techniciens (le gérant et son personnel) pour les obliger à octroyer des prêts à des clients ne remplissant pas toutes les conditions de solvabilité, le manque de suivi des projets financés , l'insuffisance des montants de crédit pour financer les projets, les périodes de décaissements inappropriées, le détournement des crédits pour la consommation ou le remboursement des usuriers et la perception du financement public dit « argent froid ».

Selon le Professeur Magloire LANHA (2002), le taux de recouvrement des créances augmente chez les clients ayant une ancienneté de zéro à quatre ans. Mais à partir de la cinquième année, on constate une baisse du taux de remboursement. Cela est dû au manque d'exigence de la part des gérants et aux saturations du marché au niveau de l'activité du client.

DENAKPO et DEGBO, dans une étude sur la sélection des projets suivis et risque d'insolvabilité
au niveau des CLCAM en République du Bénin, ont montré que les taux d'impayés sont plus
élevés au niveau des prêts individuels qu'au niveau des prêts cautionnés par les groupes de

4 Albert N. HONLONKOU, Denis H. ACCLASSATO, Célestin Venant C. QUENUM « Problématique de remboursement des crédits dans les systèmes financiers décentralisés et garantie de prêts aux petits opérateurs économiques au Bénin », Cahier de Recherche ELIFID 00-2, Septembre 2001

solidarité ou les prêts au niveau des groupements coopératifs. Dans cette même étude, ils ont montré que les emprunteurs ne bénéficient qu'une partie du crédit demandé. Mais ils n'ont pas abordé dans leur étude l'approche genre et l'influence du délai de remboursement sur le remboursement des crédits.

S'intéressant à l'importance du taux de recouvrement pour les SFD, GENTIL D. et FOURNIER Y. (1993) affirment qu'il constitue un outil de connaissance et de jugement qui permet de définir les orientations des systèmes de financement et doit donc concerner l'ensemble des agents impliqués. Il apporte des informations sur des activités d'épargne et de crédit et sur la gestion des caisses locales et de l'ensemble du réseau qui peut être évaluée par l'analyse du compte d'exploitation et de l'équilibre financier.

B) Manifestations des impayés au sein des IMF 1. Impayés et groupe solidaire

Gueye (1999) démontre que le risque de défaillance d'un membre est amplifié lorsque le groupe est de petite taille. Néanmoins, la taille du groupe ne doit pas être trop élevée car l'application du contrôle par les pairs y serait plus difficile. En effet, la défaillance d'un membre conduisant au non renouvellement des crédits pour tout le groupe, les autres membres ne voudront pas rembourser même s'ils en ont la capacité (Basley et Coate, 1995 ; Paxton, Graham et Thraen, 2000). Bratton (1986) soutient cette thèse en affirmant qu'un individu accepterait de rembourser son crédit si et seulement si le groupe a une réelle chance de maintenir un bon crédit. Ce mécanisme n'échappe pas aux risques exogènes qui sont dus aux incertitudes globales qui caractérisent les projets financés. Une mauvaise récolte, une chute des cours mondiaux d'un produit dominant chez les emprunteurs peuvent annihiler tous les records de remboursement. Les controverses autour de la caution solidaire font que certaines IMF optent pour de nouvelles formes de garanties réelles, le warrantage et les fonds de garantie.

Par contre, Paxton et al. (2000), dans une étude réalisée sur les « Mécanismes internes aux groupes au Burkina », ont identifié une augmentation de la probabilité des impayés avec le cycle de prêt. Ceci sous-entend que, plus le groupe développe de l'expérience en matière de crédit, plus il a tendance à devenir défaillant à cause d'un contrôle moins soutenu des officiers de prêt.

Quant à Basley et Coate (1995) dans leur modèle de défaillance stratégique, ils montrent que les
bons emprunteurs décident de ne pas rembourser s'ils observent que les autres sont défaillants et
qu'ils ne bénéficient plus de prêts. Dans ce cas, si les prêts étaient individuels, ces bons

emprunteurs auraient remboursé. Les prêts de groupe sont beaucoup plus risqués que les prêts individuels. De plus, lorsque la gestion des impayés n'est pas optimale, le défaut de certains emprunteurs dans le groupe entraine une réaction des autres emprunteurs avec un effet domino (Paxton et al. 2000) ou des risques de collusion entre emprunteurs (Armandariz de Aghion et Morduch, 2005).

2. Impayés et asymétries d'information

Les principaux facteurs influençant les impayés sont liés aux asymétries d'information, aux chocs négatifs auxquels sont confrontés les emprunteurs ou encore à la mauvaise qualité de certaines institutions (Godquin, 2006). Varian (1990) atteste que l'asymétrie de l'information apparait lorsqu'un agent économique est plus informé qu'un autre sur ses propres risques et les actions qu'il va entreprendre. Ces asymétries créent des problèmes d'anti-sélection (attribution de prêts aux emprunteurs très risqués) ainsi que des problèmes d'aléa moral (situation où l'emprunteur agit d'une manière non-appropriée en faisant peu d'effort ou des efforts insuffisants pour faire fructifier son prêt ou en l'utilisant de manière non-appropriée). Les problèmes d'anti-sélection et d'aléa moral augmentent la proportion d'emprunteurs qui ne peuvent rembourser leur prêt à la date d'échéance car le rendement de l'utilisation de leur prêt ne leur permet pas de le faire. Pour Desaii et Meller (1993) cités par Honlonkou, Acclassato et Quenum, les facteurs liés à la sélection adverse trouvent leurs origines dans la croissance rapide du portefeuille, le mauvais ciblage des clients, le sous-financement des activités et le rééchelonnement inadéquat des crédits. Par ailleurs, les emprunteurs qui ont assez d'argent pour rembourser peuvent toutefois décider de faire défaut sur le remboursement.

3. Impayés et mauvaise politique de crédit

Selon EDMOND P. (1994), une trop grande spécialisation du crédit pour les campagnes agricoles et la non-couverture des besoins financiers pour les acteurs socio-économiques entrainent le détournement des crédits de la part des clients. Pour ADJIMAVO H. (2002), les causes des impayés sont : le manque de professionnalisme des administrateurs, la mauvaise volonté de certains clients de ne pas rembourser, la non prise en compte des avis des techniciens et le détournement de l'objet de crédit.

4. Impayés et période de prêt

Selon Chao-Beroff (1999), la période où le prêt est octroyé est un facteur à prendre en
considération car elle pourrait affecter le remboursement. En effet, si l'IMF tarde à accorder le

prêt à causes des formalités administratives trop contraignantes, le crédit pourrait être octroyé à un moment où le client n'en manifestera plus le besoin réel. Le crédit serait alors inefficacement utilisé, ce qui pourra occasionner d'éventuels impayés.

Zeller (1998) montre que lorsque le crédit est accordé à temps, son impact sur les taux de remboursement est positif.

5. Impayés et pré-défaillance

La pré-défaillance est une situation à prendre en compte dans le cas d'un client d'une IMF qui n'honore pas ses engagements à l'échéance convenue (LANHA, 2001). La difficulté de remboursement ne se situe pas à l'échéance définitive mais à une échéance intermédiaire. Cela suppose que le remboursement du crédit soit échelonné dans le temps. Lorsque ce type de remboursement est utilisé avec l'intérêt calculé sur le capital restant dû, il en résulte la réduction des charges financières supportées par l`emprunteur. D'autres avantages consistent à limiter les risques de non-remboursement consécutif à la détention par l'emprunteur d'importantes sommes sans emploi immédiat (cause de la tentation conduisant à affecter ces sommes à des activités parfois plus risquées voire improductives). Il y a donc pré-défaillance, lorsque l'une quelconque de ces échéances intermédiaires n'est pas respectée, chacune d'elles comptant pour un crédit. Même si le non-remboursement d'une échéance n'implique pas la défaillance définitive, la prédéfaillance permet de détecter le plus rapidement possible les difficultés éventuelles de l'emprunteur et de prévenir la défaillance définitive.

Quant à Caire et Kossman (2003), le crédit scoring est un processus d'assignation d'une note à un emprunteur potentiel pour estimer la performance future de son prêt. La probabilité de mauvaise performance telle que définie par le prêteur est un modèle de décision et techniques sous-jacentes qui aident dans la décision d'octroi de crédit avec un objectif en aval de minimiser les impayé (Thomas et al. 2002).

Paragraphe 2 : Méthodologie de recherche

.La méthodologie, selon GRAWITZ (1993, page 301)5 « est constituée de l'ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontre, les vérifie ».

5 Madeleine GRAWITZ, « Méthodes en Sciences Sociales »

Pour KAPLAN repris par MULLER (2000, page 25), « le propre de la méthodologie est d'aider à comprendre au sens le plus large, non les résultats de la recherche, mais le processus de la recherche lui-même ».

Nous allons aborder dans ce paragraphe les techniques de collecte des données puis la technique de dépouillement et les outils d'analyse des données.

I. Collecte de données d'enquête

Il s'agit de définir la population d'étude et l'échantillonnage dans un premier temps puis les outils de collecte des données dans un second.

A) Population d'étude et échantillonnage

Pour recueillir les informations pertinentes et complètes, nous avons ciblé la population et l'échantillonnage.

1. Population

Notre recherche a été menée dans les agences Gbegamey et Calavi de PADME-Bénin. Ce choix se justifie par la densité des IMF (environ 60%) et le développement des activités à caractère économique dans cette zone.

Nos investigations sont portées sur les clients en impayés, les charges de prêts et les agents de recouvrements de cette institution afin d'avoir des jugements clairs et précis sur les causes et les conséquences des impayés des IMF.

2. Echantillonnage

L'échantillonnage peut être défini comme une partie de la population, sélectionnée dans le but d'arriver à des conclusions générales pouvant être valables pour l'ensemble des individus composant cette population.

Notre échantillonnage est constitué de 150 clients, de 10 chargés de prêts et de 5 agents de recouvrement choisis au bureau de Gbegamey et de Calavi.

Tableau N°1 : Répartition de l'échantillon d'enquête

Eléments

Population (effectif)

Echantillonnage (effectif)

Personnel

288

15

Clients en impayés

11185

150

Total

11473

165

Source : Conçu par nous-mêmes

B) Outils de collecte de données

Pour mieux collecter les données, nous avons recouru à la recherche documentaire et la préenquête puis à l'enquête et aux entretiens directs..

1. Recherche documentaire et pré-enquête

a) Recherche documentaire

Elle est d'une grande utilité dans la collecte des informations théoriques et est une source d'inspiration.

Les consultations documentaires sont effectuées de façon interne au siège de PADME-Bénin. Compte tenu de notre thème, nous avons mobilisé le Manuel de Procédure de PADME, les documents techniques, les guides et les revues spécialisées.

Ensuite, nous avons consulté d'autres documents dans les bibliothèques universitaires ainsi que les centres de documentation de certaines institutions de la place telles que le Consortium Alafia. Aussi, la recherche sur l'internet nous a-t-elle permis d'avoir certaines informations entrant dans le cadre de notre étude.

b) Pré-enquête

Avant d'effectuer notre étude sur PADME-Bénin, nous nous sommes imprégnés de la réalité des activités que mène PADME-Bénin à travers ses services de microfinance.

2. Questionnaire d'enquête et entretien direct

a) Questionnaire d'enquête

Le questionnaire a été administré aux clients autour des rubriques suivantes :

- le profil de l'enquêté ;

- l'appréciation des dispositifs internes de PADME-Bénin ; - les causes des impayés de PADME-Bénin ;

- les suggestions des clients.

b) Entretiens directs

Les entretiens ont été directifs et nous ont permis d'avoir des informations pertinentes sur le fonctionnement de PADME et sur les changements opérés dans l'institution ; tout ceci grâce à un guide d'entretien.

Cette démarche nous a permis de parcourir différents services de PADME, pour nous enquérir des informations nécessaires au travail. Les questions adressées au personnel de PADME sont axées sur trois rubriques :

- actions de PADME pour la gestion des impayés ;

- participation de la Cellule de Recouvrement à la diminution du nombre d'impayés ; - suggestions du personnel.

II. Techniques de dépouillement et outils d'analyse de données

Dans cette partie, il est question de mettre en exergue les techniques de dépouillement et les outils d'analyse des données.

A) Techniques de dépouillement

Une fois les données recueillies, elles ont été mises sous forme exploitable. Nous avons procédé au dépouillement des données de façon manuelle. Nous nous sommes servis également du logiciel Microsoft Office (Excel et Word).

B) Outils d'analyse de données

Des tris à plat et des tris croisés qui sont des tableaux nous ont servis pour l'analyse des données. A ces outils se sont ajoutés les diagrammes à bande, les ratios et les courbes qui ont facilité davantage notre analyse.

C) Cadre opératoire

L'hypothèse H1 qui stipule que « l'inefficacité du processus d'octroi et de suivi de crédit est l'une des causes principales des impayés au sein de PADME-Bénin » sera vérifiée si après analyse des résultats, on constate que les impayés sont en partie dus au manque de suivi, par la mauvaise sélection des clients et au délai de déblocage des crédits.

Par rapport à l'hypothèse H2 selon laquelle « l'accroissement des charges de fonctionnement et la diminution de la rentabilité de PADME constituent les conséquences des impayés », si après analyse des résultats, on constate que les impayés entrainent une augmentation des charges de fonctionnement et une réduction de la rentabilité alors elle sera validée.

CHAPITRE III : ANALYSE CRITIQUE

DU SYSTEME DE RECOUVREMENT

DES IMPAYES DE PADME-BENIN ET

SUGGESTIONS

Nous ferons, en premier lieu, l'analyse critique du système de recouvrement des impayés et, par la suite, formulerons quelques recommandations et suggestions permettant de juguler le phénomène d'impayés.

Section 1 : ANALYSE CRITIQUE DU SYSTEME DE RECOUVREMENT DES IMPAYES DU PADME-Bénin

Le diagnostic du système de recouvrement des impayés et l'analyse des données relatives aux impayés de PADME-Bénin sont faits à ce niveau.

Paragraphe 1 : Présentation et diagnostique du système de recouvrement des impayés du PADME

Avant de diagnostiquer le système de recouvrement des impayés de PADME, nous allons faire sa présentation.

I. Présentation du système de recouvrement des impayés du PADME

Le traitement des impayés repose sur le principe d'immuabilité du portefeuille selon lequel tous les crédits octroyés doivent être absolument recouvrés. Au cours de la procédure de recouvrement, les institutions reçoivent des retours d'information sur les politiques générales et les activités spécifiques de chaque processus. Le remboursement des crédits n'est aucunement justifiable et le processus est à considérer comme étant une partie essentielle du cycle de crédit et non pas seulement comme la dernière étape. Les procédures de recouvrement des crédits se font selon qu'il s'agit des crédits sains et impayés ou des crédits en souffrance et en perte.

A) Recouvrement des crédits sains et des crédits impayés

Les crédits sains sont des crédits dont le remboursement s'effectue normalement alors qu'un crédit est en impayé, lorsque ce montant n'est encaissé à la date programmée c'est-à-dire lorsque la date d'échéance est dépassée. L'Association PADME dispose d'un logiciel qui établit une liaison entre l'échéancier et la liste des impayés car, lorsque le montant attendu à une date n'est pas recouvrée le jour suivant le client est en impayé et son nom figure sur la liste des impayés. Dès ce constat, le Chargé de Prêt en charge de ce dossier se rapproche du client pour comprendre la cause de la défaillance et fait à ce dernier le point des pénalités. Il explique au client la nécessité de la régularisation immédiate de sa situation.

Si au bout du 30ième jour de retard le client ne régularise pas sa situation, son avaliseur et lui
reçoivent chacun une première lettre de relance. A partir de ce moment, ils reçoivent

fréquemment les visites de relance des Chargés de Prêt. Si au bout du 60ième jour de retard le client et son avaliseur ne se son pas manifestés, ils reçoivent chacun une deuxième lettre de relance. A partir de ce moment, le Chef Bureau et les autres Chargés de Prêt viennent en appui à leur collègue et ils effectuent des visites répétées au domicile ou sur le lieu de travail du client et/ou de son avaliseur.

B) Recouvrement des crédits en souffrance et des crédits en perte

Si au bout de 90 jours le client ou son avaliseur ne se sont toujours pas manifestés, le Chargé de Prêt envoie le dossier du client en contentieux. Le recouvrement des crédits en contentieux, c'est-à-dire les crédits dont le remboursement accuse un retard de 90 jours à 24 mois est assuré par l'agent de recouvrement. En effet, la nouvelle loi sur les SDF exige le maintien au bilan des crédits en souffrance jusqu'à 24 mois contrairement à 12 mois exigés par le passé. Ainsi, au 31 décembre 2011, les crédits n'ayant pas atteint 24 mois de retard sont demeurés en souffrance. C'est ce qui explique également la baisse enregistrée sur le taux de perte et l'augmentation du taux de provisions.

A cet effet, un comité de contentieux se réunit trimestriellement au niveau de chaque agence pour statuer sur les créances en souffrances. L'assistant administratif de l'agence établit un rapport qui précise pour chaque client les informations ci-après : le nominal du crédit, le nombre de jours de retard, le solde contentieux, la date de passage du crédit en contentieux, les raisons du passage du crédit en contentieux. Le règlement des contentieux se fait de deux manières : le règlement à l'amiable et le règlement judiciaire.

1. Règlement à l'amiable :

Ce mode de règlement est beaucoup plus utilisé car l'Association PADME, comme toute entreprise, tient à conserver et à accroitre son portefeuille client et ne veut pas s'éloigner de sa mission principale qui est de sortir les populations à faibles revenus de la pauvreté. Mais ce mode de règlement des contentieux n'est possible que si le client et son avaliseur sont coopératifs. Dans ce cas, les deux parties s'entendent sur de nouvelles conditions de remboursement qui tiennent compte de la capacité financière du client et/ou de son avaliseur. Pour matérialiser cet accord, ils signent des engagements de paiement. Les règlements ainsi effectués viennent en déduction du solde contentieux.

2. Règlement judiciaire :

En cas d'absence totale de volonté de coopération du client ou de son avaliseur, les dossiers des clients dont le règlement à l'amiable n'a pas réussi sont transférés au service juridique. Ces dossiers sont classés par type de crédit (individuel ou groupe) et par garantie. Le Chef Service Juridique met en oeuvre les diligences ci-après :

a) cas des cautions solidaires : le Chef Service Juridique procède à l'inventaire des biens des membres du groupe, prend contact avec les conjoints et éventuellement avec les membres de famille et étudie dans quelle mesure il faut faire intervenir la police ou tout autre auxiliaire de justice.

b) cas des crédits individuels : pour les crédits garantis par fiche de paie, le Chef Service Juridique saisit l'employeur par lettre pour prélèvement au profit de PADME et confie le dossier à l'huissier dans le cas où l'employeur ne manifeste pas sa bonne foi pour exécuter le prélèvement ou au cas où l'avaliseur n'est pas en poste ou est licencié.

Pour tout crédit garanti par une parcelle, le Chef Service Juridique sollicite les services d'un géomètre pour leur identification et la mise en oeuvre de la procédure d'immatriculation et confie les dossiers à l'huissier pour recouvrement.

Pour tout crédit garanti par un véhicule, le Chef Service Juridique s'assure que le véhicule existe ou non et confie les dossiers à l'huissier pour recouvrement.

Pour les crédits en perte, on les considère comme étant des crédits qui accusent un retard de paiement de plus de 24 mois. Ces crédits sont considérés comme perdus par PADME après toutes les tentatives possibles. Il faut noter que les agents de recouvrement doivent continuer de relancer le client jusqu'au règlement total de sa dette car aucune raison ne justifie le nonremboursement des crédits octroyés.

II. Diagnostic du système de recouvrement des impayés du PADME

Réaliser le diagnostic du système de recouvrement des impayés de PADME revient à identifier ses forces et ses faiblesses.

A) Forces

Le système de recouvrement des créances des impayés de PADME présente les avantages ciaprès:

- le recouvrement est un service important permettant à la fois de conserver les clients et de libérer des fonds pour le décaissement de nouveaux prêts ;

- le recouvrement est un processus stratégique clé permettant de générer de bonnes habitudes et une culture de remboursement auprès des clients ;

- le recouvrement peut être considéré aussi comme une activité commerciale dont l'objectif principal est de générer des revenus par l'institution pour la conversion des pertes en revenus ;

- les agents de recouvrement constituent des personnels formés et spécialisés capables de consacrer le temps nécessaire aux activités de recouvrement ;

- le système de recouvrement permet d'avoir des informations sur le processus d'octroi et de suivi des prêts dans son ensemble ;

- la base de données interne concerne les informations pour la mise en place d'opérations de recouvrement prédictives.

B) Faiblesses

Nous avons relevé au niveau du système de recouvrement les défaillances suivantes :

- les coûts des activités de supervision et de contrôle du processus de recouvrement ;

- le système de recouvrement nécessite une formation spécialisée du personnel impliquant des coûts élevés ;

- l'utilisation des techniques d'intimidation ou de coercition comme la force physique, l'humiliation et des contacts à des heures inclues ou la saisie de biens qui soient essentiels au suivi quotidien des clients ;

- le manque d'agent de recouvrement par rapport au volume d'impayés ;

- la tendance à la subjectivité : Il est mieux de considérer certains clients et cas comme des pertes totales. Compter sur la bonne volonté des clients risque de minimiser le processus de recouvrement, d'entrainer à une perte de temps et d'argent pour l'institution.

Paragraphe 2 : Analyse des données relatives aux impayés de PADME-Bénin

L'analyse des données relatives aux impayés de PADME-Bénin en deux temps.

I. Analyse des Indicateurs de Performance du PADME

Nous présentons dans un tableau les indicateurs de performance avant leur analyse et les commentaires y relatifs.

Tableau No.2 : Réalisation des activités de crédit

Eléments

2007

2008

2009

2010

2011

Nombre de crédits déboursés

29.671

25.499

29.875

29.100

27.408

Montant total de crédits
déboursés

19.784.397.800

18.946.526.940

24.115.238.500

26.277.988.000

26.954.077.500

Encours de crédits en fin
d'année

14.642.774.357

14.446.264.607

16.668.677.565

17.939.644.467

19.079.818.048

Nombre de crédits encours

29.732

26.395

28.561

28.602

27.547

Taux de remboursement

96.76%

96.03%

97.80%

97.29%

96.76%

Taux de respect des échéances

89.54%

88.85%

92.33%

91.17%

91.02%

Taux de risque sur portefeuille
(à 90 jours)

6.39%

5.54%

2.84%

3.52%

5.1%

Taux de recouvrement des
crédits en souffrance

95.91%

96.03%

97.80%

97.29%

96.76%

Taux de recouvrement des
impayés

22.11%

56.60%

65.29%

66.54%

63.59%

Source : Rapport d'activités du PADME (2007-2011) Graphique No.1 : Evolution du taux de recouvrement des impayés

Taux de recouvrement des impayés

70.00% 60.00% 50.00% 40.00% 30.00% 20.00% 10.00% 0.00%

 
 
 
 
 
 

Taux de recouvrement des impayés

2007 2008 2009 2010 2011

Source : Conçu par nous-mêmes

Commentaire

Le nombre de crédits déboursés a connu une baisse entre 2007 et 2008 en passant de 29.671 à 25.499 à cause de la crise économique mondiale, puis a remonté de 2009 à 29.875 avant de chuter en 2010 et en 2011 à cause des mesures prises par la Direction Générale du fait de la conjoncture économique difficile du pays. Le montant total déboursé, après une régression en 2007 et 2008, évolue progressivement de 2008 à 2011 à cause des montants de renouvellement des crédits réellement constatés. En effet, conformément au système de rating du PADME et suite à une évaluation financière concluante, les clients qui se comportent bien et qui le souhaitent, obtiennent au renouvellement de leur crédit, une augmentation qui peut aller jusqu'à hauteur de 50% du montant du prêt précédent. L'encours de crédit a connu la même évolution de 2007 à 2011. Le taux de remboursement a baissé également de 2007 à 2008 puis a remonté en 2009 avant de baisser à nouveau de 2010 à 2011. Malgré cette baisse du taux de remboursement, PADME respecte la norme qui est au moins 90%. Entre 2008 et 2009, le taux de portefeuille à risque à 90 jours (PAR90) est au-dessus de la norme prévue par la loi PARMEC (au plus 5%). Cela traduit une mauvaise qualité du portefeuille de crédit. En 2009 et 2010, le PAR90 est respectivement de 2.84% et 3.52%. Cela traduit une amélioration de la qualité du portefeuille de crédit. Le PAR90 s'est légèrement dégradé en 2011 en passant à 5.1%.

Tableau No.3 : Etats financiers de PADME

Eléments.

2007

2008

2009

2010

2011

Résultat

173.212.858

405.045.822

1.003.993.508

1.329.286.439

1.030.351.129

Bilan

25.205.725.586

25.278.256.647

26.600.100.235

29.792.350.140

30.862.891.168

Source : Rapport d'activité du PADME (2007-2011)

Commentaire

L'analyse du tableau permet de remarquer une hausse croissante des résultats du PADME de 2007 à 2010. En 2011, le résultat s'est traduit par une baisse de 22% à cause du niveau des impayés enregistrés sur la période.

Tableau No.4 : Indicateurs de la qualité de portefeuille du PADME

Eléments

2007

2008

2009

2010

2011

Norme

Portefeuille
classé à risque

6.37%

5.55%

2.85%

3.43%

4.93%

<3%

Taux de provision
pour créances en
souffrance

55.84%

55.14%

49.64%

49.63%

60.26%

>40%

Taux de perte sur
créances

13.15%

6.64%

4.51%

2.38%

1.42%

<2%

Source : Rapport d'activité de PADME (2007 à 2011)

Commentaire

On constate que la qualité de portefeuille s'est améliorée de 2007 à 2009 avant de se dégrader au cours des deux dernières années. En effet, le taux de portefeuille classé à risque est de 3.43% en 2010 et 4.93% en 2011. Ce qui explique que PADME ne respecte pas la norme BCEAO. Le taux de perte sur créances a évolué positivement sur les cinq années de notre étude. Mais ce taux est passé en dessous de la norme en 2011 à cause de la nouvelle loi sur les SFD qui exige le maintien au bilan, des crédits en souffrance jusqu'à 24 mois contrairement à 12 mois par le passé. Ainsi, au 31 décembre 2011 des crédits n'ayant pas atteint 24 mois de retard sont demeurés en souffrance. C'est ce qui explique également l'augmentation de taux de provision en 2011 qui était en baisse les quatre années précédentes.

Tableau N°5 : Indicateurs d'efficacité et de productivité

Type de ratios

2007

2008

2009

2010

2011

Normes

Productivité des agents
de crédit

402

230

257

283

262

>130

Productivité du personnel

120

151

168

224

191

>115

Charges d'exploitation
rapportées au
portefeuille de crédit

34.29%

29.27%

27.68%

23.32%

23.67%

<35%

Ratios des frais généraux
rapportés au portefeuille
de crédit

12.39%

14,61%

15.62%

13.76%

12.42%

<15% (pour les
structures de crédit
direct)

Ratios des Charges de
personnel

7.57%

9.85%

10.55%

9.46%

9.29%

<5% (pour les

structures de crédit direct)

Source : Rapport d'activité de PADME (2007 à 2011)

Commentaire

L'Association PADME affiche sur les cinq dernières années les indicateurs de productivité et de charges d'exploitation qui respectent les normes. Cela traduit l'efficacité de la politique de recrutement du personnel de terrain mise en place par l'association. En ce qui concerne le ratio des frais généraux, on note une augmentation de 2007 à 2009 où le taux passe légèrement au dessus de la norme avant de connaitre une baisse en 2010 et 2011.On peut conclure que l'institution est financièrement viable.

La baisse de la productivité et d'efficacité constatée à travers ce tableau s'explique par les mesures prises par la Direction Générale pour renforcer l'effectif des opérationnels dans le but d'améliorer la qualité du portefeuille et le recouvrement des impayés .En effet la dégradation du portefeuille est due en partie à la forte productivité (nombre élevé de crédit par agent) des opérationnels qui n'arrivaient plus à faire le bon suivi de leur portefeuille. Il est à noter que les nouveaux opérationnels n'ayant pas une productivité importante les premiers mois, cela a engendré des charges de personnel supplémentaires qui ont impacté l'ensemble des indicateurs d'efficacité et de productivité.

Tableau No.6: Indicateurs de Rentabilité

Nom du ratio

2007

2008

2009

2010

2011

Norme

Rentabilité des fonds
propres

0.42%

3.71%

9.29%

9.23%

7.78%

>15%

Rendement des actifs

0.15%

1.35%

3.65%

4.27%

3.77%

>3%

Autosuffisance
opérationnelle

98.21%

96.72%

125.94%

129.96%

128.21%

>130%

Marge bénéficiaire

0.77%

8.93%

18.54%

23.05%

20.77%

>20%

Coefficient
d'exploitation

-

124.31%

88.49%

61.67%

57.37%

<40%

Source : Rapport d'activité de PADME (2007 à 2011)

Commentaire

Pour une norme de 15% au moins, la rentabilité des fonds propres est restée en deçà de la norme. La dégradation de ce ratio est le signe que les actifs et les fonds propres ne génèrent pas suffisamment de profit. Cela s'explique par les effets de la baisse de la qualité du portefeuille, la stabilité des revenus d'intérêts du fait d'une faible croissance du portefeuille. Le rendement a évolué positivement de 2007 à 2010 avant de chuter en 2011 (3.77%). Malgré cette baisse, PADME respecte la norme qui est de 3% au moins. Le ratio d'autosuffisance opérationnelle s'est progressivement amélioré durant les cinq dernières années. Toutefois, le niveau de cet indicateur en 2011 est légèrement en dessous de la norme BCEAO qui est de 130% au moins. On déduit que l'institution n'arrive pas à couvrir ses charges directes par des produits générés.

II. Analyse des données d'enquête

Les données d'enquête sont présentées puis analysées et leurs limites ont été précisées. A) Présentation et Limites des données d'enquête

Nous présentons dans cette partie les données de notre enquête ainsi que leurs limites. 1. Présentation des données d'enquête

- Répartition des clients débiteurs par sexe

Tableau N° 7 : Répartition des clients débiteurs par sexe

Sexe

Effectif

Pourcentage

Hommes

45

30%

Femmes

115

70%

Total

160

100%

Source : Notre enquête du mois d'octobre 2012 - Répartition des clients en impayés par secteur d'activité Tableau N°8 : Répartition des clients par secteur d'activité

Secteur d'activité

Effectif

Pourcentage

Commerce

08

5%

Agriculture

105

65%

Artisanat

16

10%

Elevage

32

20%

Total

160

100%

Source : Notre enquête du mois d'octobre 2012

- Degré d'appréciation du suivi des chargés de prêt par les débiteurs ayant une ancienneté d'au moins 5 ans.

Tableau N°9 : Degré d'appréciation du suivi des chargés de prêt par les débiteurs ayant une ancienneté d'au moins 5 ans

Réception de visite et d'appel

Effectif

Pourcentage

Fréquente

38

30%

Peu fréquente

20

16%

Rare

67

54%

Total

125

100%

Source : Notre enquête du mois d'octobre 2012 - Appréciation des clients sur le coût du crédit

Tableau N°10 : Appréciation des clients sur le coût du crédit

Appréciation du client

Effectif

Pourcentage

Elevée

128

80%

Raisonnable

32

20%

Total

160

100%

Source : Notre enquête du mois d'octobre 2012

- Degré d'appréciation par le bénéficiaire du montant du crédit accordé au renouvellement

Tableau N°11 : Degré d'appréciation par le bénéficiaire du montant du crédit accordé au renouvellement

Appréciation du
bénéficiaire

Effectif

Pourcentage

Suffisant

89

41%

Insuffisant

61

59%

Total

160

100%

Source : Notre enquête du mois d'octobre 2012

- Appréciation des clients par rapport au délai de mise en place de crédit

Tableau N°12 : Appréciation des clients par rapport au délai de mise en place de crédit

Avis du client

Effectif

Pourcentage

Long

86

54%

Raisonnable

49

21%

Court

25

15%

Total

160

100%

Source : Notre enquête du mois d'octobre 2012 2. Limites des données d'enquête

Signalons que du fait de la concurrence qui prévaut dans le secteur, l'accès aux informations
financières ne nous a pas été facile. Au niveau des clients en impayés, certains ont
catégoriquement refusé de répondre car ils nous assimilaient aux espions envoyés par PADME-

Bénin. De plus, compte tenu de nos moyens financiers limités, nous n'avons pas pu enquêter sur un nombre important de clients.

B) Analyse des résultats d'enquête

A la lecture du tableau n°7, nous constatons que 70% des clients en impayés sont des femmes et 30% sont des hommes. Cela s'explique par le fait que l'aléa moral joue beaucoup plus du coté des femmes que des hommes. Cela se justifie également par l'importance de la participation des femmes à l'équilibre familial.

Le tableau n°.8, montre que le commerce présente un fort taux débiteur (65%). Cela est généralement attribué au fait que le commerce constitue une grande part du portefeuille de PADME. Certains débiteurs commerçants nous ont expliqués que la raison de leur défaillance est la morosité économique et la mévente de leurs marchandises. L'agriculture, l'élevage et l'artisanat présentent respectivement 5%, 10% et 20% des clients défaillants.

A la lecture du tableau n°. 9, nous remarquons que 30% des clients qui ont une ancienneté de 5 ans au moins estiment que le suivi des chargés de prêt est fréquent, 16% ; de ces clients ont déclaré que les visites de chargés de prêt sont peu fréquentes alors que 54% jugent le suivi des chargés de prêt rare. Il en résulte un manque d'exigence vis-à-vis des anciens clients.

Graphique N°.2 : Degré d'appréciation de la visite des chargés de prêt

Degré d'appréciation de la visite des chargés de prêt

60% 50% 40% 30% 20% 10% 0%

 
 
 
 

Degré d'appréciation de la visite des chargés de prêt

Fréquente Peu fréquente Rare

Source : Conçu par nous-mêmes

Le tableau n°.10 fait ressortir l'appréciation des enquêtés par rapport au coût du crédit. 60% des impayés trouvent le coût du crédit élevé contre 40% qui le jugent raisonnable. Selon ces derniers, l'Association renonce à son objectif principal qui est la prise en compte spécifique des besoins des populations cibles, notamment l'accès au crédit bon marché. Certains ont affirmé qu'une partie du crédit est utilisée pour couvrir le coût du crédit, ce qui réduit le montant affecté aux besoins des clients.

Il ressort du tableau n°11 que 41% des clients en impayés estiment que le montant à eux accordés au renouvellement est suffisant. Par ailleurs, 59% des clients en impayés jugent le montant insuffisant, car le montant accordé ne correspond pas au montant demandé, ou bien le montant obtenu en renouvellement ne varie pas par rapport au prêt précédent ou le montant est réduit par rapport au prêt précédent. Cela augmente la probabilité de détournement du crédit du fait de sa fongibilité.

Le tableau n°.12 révèle que 54% des clients en impayés ont jugé que le processus de mise en place du crédit est long contre 28% qui ont reconnu que ce processus est raisonnable. Seulement, 13% ont déclaré qu'il est court. Ils nous ont fait savoir que PADME tarde à leur accorder les prêts à cause des formalités administratives contraignantes. De ce fait, le crédit pourrait être octroyé à un moment où ils n'en manifestent plus le besoin réel.

D'après nos différents entretiens avec les agents de PADME, 58% des chargés de prêt et 65% des agents de recouvrement pensent qu'ils sont surchargés dans leur travail contre 42% des chargés de prêt et 35% d'agents de recouvrement qui estiment ne pas l'être. Cela ne permet pas de réduire le délai de mise en place du crédit, le suivi quotidien des clients par les chargés de prêt et les visites de routine par les agents de recouvrement.

De même, 60% des chargés de prêt et 55% des agents de recouvrement jugent leur formation insatisfaisante contre 40% des chargés de prêt et 45% des agents de recouvrement qui pensent le contraire. Ce qui remet en cause la bonne analyse des dossiers de crédits.

Enfin, 80% des chargés de prêt et 72% des agents de recouvrement pensent subir des pressions de la part des dirigeants contre 20% des chargés de prêt et 28% des agents de recouvrement qui déclarent ne pas en subir. Cela augmente la dégradation du portefeuille des chargés de prêt.

C) Vérification des hypothèses

Les hypothèses qui ont été formulées dans le cadre de notre travail seront vérifiées ci-après :

1. Vérification de l'hypothèse H1 :

- 80% des débiteurs de plus de 5 ans d'expérience pensent que le suivi effectué par les chargés de prêt est rare ;

- 59% des bénéficiaires jugent le montant octroyé surtout au renouvellement insuffisant ;

- 54% des clients estiment que le processus d'octroi de crédit est long ;

De tout ce qui précède, l'hypothèse H1 selon laquelle « l'inefficacité du processus d'octroi et du suivi du crédit est l'une des principales causes des impayés de PADME » est vérifiée.

2. Vérification de l'hypothèse H2 :

Avec les tableaux ci-dessous, nous pourrons apprécier la corrélation entre d'une part les taux d'impayés et les charges de fonctionnement et la corrélation entre le taux d'impayés et la marge bénéficiaire d'autre part.

Tableau N°13 : Calcul de la corrélation linéaire entre le taux d'impayés et les charges de fonctionnement

 

2007

2008

2009

2010

2011

Taux d'impayé

3.24%

2.71%

2.20%

3.97%

4.11%

Charges de
fonctionnement

4902955330

3888698190

3921492086

3837774668

4345580520

Source : Conçu par nous-mêmes

r = 0.22

Commentaire :

Le coefficient de corrélation entre le taux d'impayés et les charges de fonctionnement est de 0.22. Suivant notre cadre opératoire, nous retiendrons qu'il y a un lien étroit entre ces deux variables. De plus, les deux variables évoluent dans le même sens. En conséquence, plus le montant des impayés s'accroit, plus les charges de fonctionnement s'accroissent.

Tableau N°14 : Calcul de la corrélation linéaire entre le taux d' impayés et la marge bénéficiaire

 

2007

2008

2009

2010

2011

Taux d'impayés

3.24%

2.71%

2.20%

3.97%

4.11%

Marge bénéficiaire

0.77%

8.93%

18.54%

23.05%

20.77%

Source : Conçu par nous-mêmes

r = 0.34

Graphique No.3 : Evolution du taux d'impayés et la marge bénéficiaire

25.00%

20.00%

15.00%

10.00%

0.00%

5.00%

2007 2008 2009 2010 2011

Taux d'impayés Marge bénéficiaire

Source : Conçu par nous-mêmes

Commentaire :

On constate que la baisse du taux d'impayés entre 2007 et2009 qui est passée de 3.24% à 2.20%

bénéficiaire qui est passée

s'est traduit par l'accroissement de la marge de 0.77% à 18.54%. De

même, l'augmentation du taux d'impayés entre 2010 et 2011 qui est passée de 3.97% à 4.11% a eu pour conséquence la chute de la marge bénéficiaire qui est passé

e de 23.05% à 20.77%. Le

coefficient de

corrélation entre le taux d'impayés et la marge bénéficiaire est de 0.34. Ainsi, suivant notre cadre opératoire, nous retiendrons qu'il y a un lien étroit entre ces deux variables. De plus, on remarque que les deux variables évoluent dans le sens contraire. Par conséquent,

, plus la marge bénéficiaire diminue.

plus le montant des impayés s'accroit

De tout ce qui précède, l'hypothèse H2 selon laquelle « l'accroissement des charges de fonctionnement et la diminution de la rentabilité des IMF constituent des conséquences des impayés » est vérifiée.

Section 2 : APPROCHES DE SOLUTIONS ET CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE

Le système de recouvrement des impayés de PADME-Bénin comporte certaines insuffisances. Il est important que de diverses stratégies puissent être mises en place afin de juguler les causes de non-remboursement et les nouvelles pratiques pour améliorer l'efficacité du système de recouvrement des impayés car il n'y a pas de mauvais emprunteurs mais de mauvais crédits.

Paragraphe 1 : Approches de solutions

Le système de recouvrement des impayés et la procédure d'octroi et de suivi du portefeuille de crédit de PADME comportent encore certaines insuffisances. Pour cela, il est important que de diverses stratégies soient mises en place pour limiter les impayés dans les proportions plus acceptables. A cet effet, PADME devra :

- éduquer les clients sur les caractéristiques du produit, son coût et les frais de recouvrement ;

- établir les dates de paiement convenues mutuellement ;

- traiter diligemment les plaintes et les recommandations ;

- sélectionner et former le personnel chargé de recouvrement ;

- créer un système d'incitation pour le personnel de terrain ;

- développer des systèmes efficaces d'information et de support ;

- établir les politiques de contact client ;

- recouvrer en fonction du niveau du risque ;

- établir une méthode de segmentation en fonction du type de client en impayé ;

- mettre en place un système de suivi des impayés qui permet à l'institution d'analyser régulièrement les tendances ;

- organiser la visite de terrain régulièrement pour tous les clients sans distinction ;

- mettre à disposition les moyens adéquats (matériels, humains et financiers) pour un bon suivi des clients ;

- mettre en place des actions contraignantes pour amener les clients de mauvaise foi à payer (association des forces de l'ordre dans le recouvrement).

Paragraphe 2 : Conditions de mise en oeuvre des solutions proposées

Afin de juguler le phénomène des impayés, nous formulons les recommandations suivantes :

- la création d'un service spécial chargé du suivi des crédits : afin de respecter le principe de proximité et de garder le contact avec l'emprunteur. La clientèle doit sentir la présence du prêteur via ses représentants ;

- le degré de rationnement : pour éviter les problèmes d'aléa moral et les difficultés de remboursement, il est préférable dans certains cas de rejeter le prêt plutôt que d'octroyer la moitié du montant demandé car la réduction du montant demandé peut amener l'emprunteur à changer son plan initial d'utilisation du prêt ;

- les délais de mise en place : PADME doit éviter de rendre le processus de mise en place du crédit trop long car cela augmenterait les coûts de transaction et d'opportunité pour l'emprunteur ;

- les innovations : l'Association doit innover en créant par exemple le crédit relais aux clients ayant subi des dégâts (accidents, incendies, etc.) ; mettre en place une assurance marchandise pour tous ses clients ;

- la création d'un cadre de concertation pour les IMF afin de réfléchir sur l'évolution de leur secteur ainsi que les risques de crédit auxquels elles sont confrontées ;

- la création d'un central de risques au profit des IMF afin de les aider à partager les informations relatives au portefeuille de leurs clients ;

- l'élaboration d'un système de règlementation souple et adaptée à la situation des IMF. Les procédures liées aux garanties conduisent certains clients à la mauvaise volonté. Cela peut s'expliquer par la lenteur du système judiciaire qui fait que les emprunteurs n'ont pas peur des poursuites.

CONCLUSION

Le phénomène des impayés constitue un frein pour le développement des Institutions de Microfinance. Cela éloigne les IMF de leurs objectifs qui sont de servir d'outils au service des besoins et des aspirations des populations pauvre, et du développement économique. C'est ainsi que notre étude s'est basé sur le système de recouvrement des impayés du PADME.

Dans cette perspective, nous nous sommes entretenus avec les personnes ressources aussi bien dans les bureaux, à la Direction Générale de l'institution que sur le terrain.

Cette étude a pour objectif d'identifier les causes et les conséquences des impayés du PADME. Il ressort de l'analyse des informations recueillies que la politique de mise en place et de suivi du crédit constitue la cause fondamentale des impayés. L'une des conséquences des impayés est l'accroissement des charges de fonctionnement et la baisse de la rentabilité des IMF.

Le souci majeur des dirigeants de PADME étant la satisfaction des clients, une bonne politique d'octroi et de suivi des crédits puis de recouvrement des impayés efficace doit être définie afin d'améliorer la rentabilité de l'institution. Dans ce cadre nous avons formulé des approches de solution ainsi que leurs conditions de mise en oeuvre.

Nous espérons, par ce travail, avoir apporté notre contribution à la résolution des problèmes que rencontre PADME en matière de recouvrement des impayés.

Enfin, comme le recouvrement des impayés constitue un thème d'actualité pour tous les IMF, ce travail n'a pas la prétention d'être parfait. C'est pourquoi, nous le soumettons à votre appréciation en vue de l'améliorer.







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