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Impacts socio- économiques du projet Riz Centre sur les conditions de vie des paysans. Le cas des périmètres irrigués de Yamoussoukro

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par Danielle KOUADIO
Institut de formation à  la haute expertise de recherche (IFHER ) - Master 2 en économie de l'aménagement du territoire et du développement local 2010
  

Disponible en mode multipage

BNETD/IFHER EATDL

INTRODUCTION

Les discours officiels et les rapports scientifiques s'accordent à reconnaître que sous l'effet de l'urbanisation, le riz est la denrée alimentaire la plus consommée au monde. Il contribue pour 20% à l'apport calorifique total selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO).

En Côte d'ivoire, le riz est devenu l'aliment de base de la grande majorité de la population en bouleversant même les habitudes alimentaires, aussi bien dans les centres urbains que dans les zones rurales. La consommation nationale du riz, au fil des années est passée de 30kg/hbt/an en 1960 à 60kg/hbt/an en 1992 (N'DRI, 1994)1 pour atteindre 68kg/hbt/an en 2002 (INS, 2002)2. La part des dépenses de riz dans la consommation des ménages de la région d'Abidjan est passée de 11,4% en 1979, à 13,91% en 1992. Ce taux atteint les 17% dans les groupes sociaux les plus démunis (N'DRI, op cit).

Cependant, l'analyse sectorielle des données agricoles montre que la Côte d'Ivoire fait partie des pays qui enregistrent des déficits dans la production du riz et les protéines animales.

Aliment de base pour les populations urbaines, la demande de riz, par exemple s'est régulièrement accrue depuis l'indépendance à un taux moyen régulier de 6% provoquant un déficit de plus en plus croissant de la production locale par rapport aux besoins.

Ainsi, la dépendance extérieure de la Côte d'Ivoire n'a cessé de s'accentuer, passant de 30% en 1960 à environ 50% de nos jours. La conséquence de cette situation est la mobilisation de plus de 80 milliards de francs CFA par an pour faire face à la demande intérieure (FAOSTAT, 2007).

Par ailleurs, la pauvreté touche à des degrés divers le monde rural de la Côte d'Ivoire. Au plan national, le taux global moyen de la pauvreté est passé de 38,2 % en 2002 à 48,9% en 2008 et celui en milieu rural s'est davantage accentué en passant de 49% en 2002 à 62,45% en 2008. Le déficit en riz de la Côte d'Ivoire apparaît comme un paradoxe, eu égard à la disponibilité de nombreuses ressources hydrologiques favorables et susceptibles de servir de support à une production abondante de riz.

Bénéficiant de conditions agro-climatiques propices à la riziculture, l'Etat de Côte d'Ivoire va s'engager dans la promotion de riz à partir de 1963 à

1 N'DRI B., 1994. La production de riz en Côte d'ivoire évolution et contraintes. Séminaire sur le développement de l'agriculture irriguée de bas-fonds en Côte d'ivoire.8-9 novembre 1994. Abidjan.

2 INS, 2002 : Enquête du niveau de vie des ménages

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travers la mise en place d'une politique nationale de production de riz. Cette politique nationale de la promotion du riz a débuté avec la Société d'Assistance Technique pour la Modernisation de l'Agriculture en Côte d'Ivoire (SATMACI) en 1963 et la Société de Développement de la Riziculture (SODERIZ) en 1971.

Toutefois, l'accent sera mis sur la riziculture irriguée à cause des atouts décelées chez elle (possibilité de deux cycles de cultures annuelles ; rendement variant entre 3 et 8 tonnes à l'hectare).

Dans le souci de combler le déficit de consommation de riz, le gouvernement ivoirien, avec l'appui des partenaires au développement a initié plusieurs projets d'aménagement des bas-fonds à travers toutes les régions du pays.

Parmi les multiples projets réalisés entre 1997 et 2002, se trouve le « PROJET RIZ CENTRE », appuyé par l'Union Européenne (UE) qui a concerné 9 circonscriptions préfectorales dont celle de la localité de Yamoussoukro, faisant l'objet de cette étude, 22 périmètres et environ 1494 personnes.

Quel est l'état des lieux, quinze ans après la mise en place du Projet Riz Centre?

Le projet a-t-il apporté un changement dans la vie socio-économique des bénéficiaires ?

Telles sont les préoccupations essentielles de nos réflexions.

? OBJECTIFS DE L'ETUDE

? Objectif général

L'objectif général de l'étude est de promouvoir la culture du riz sur le territoire national dans l'optique de l'augmentation de la production nationale et la satisfaction de la demande nationale.

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? Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques rattachés à l'objectif général sont les suivants :

1- Améliorer le cadre de vie des paysans par la création d'équipements et infrastructures socio-économiques

2- Susciter la création et l'organisation de groupements coopératifs agricoles.

3- Lutter contre la pauvreté en milieu rural par l'augmentation du niveau de revenu des paysans.

? HYPOTHESES DE RECHERCHE

Conformément aux objectifs ci-dessus indiqués, les hypothèses de recherche sont les suivantes :

1- La mise en place du Projet Riz Centre a contribué au renforcement du niveau d'équipements et d'infrastructures dans la zone d'accueil.

2- Le Projet Riz Centre a permis d'initier et de susciter l'esprit coopératif et d'organisation socioprofessionnelle auprès des paysans.

3- La culture du riz irrigué apporte une nette amélioration des conditions de vie paysanne par l'augmentation du niveau de revenu.

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I/ CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L'ETUDE

I-1) Contexte de l'étude

Après la phase d'enseignement théorique à l'Institut de Formation à la Haute Expertise de Recherche (IFHER), ce travail de recherche s'inscrit dans la phase pratique sur le terrain. La recherche sur le terrain doit déboucher sur la production d'un rapport que l'impétrant doit défendre devant un jury.

C'est dans ce cadre que le Ministère de l'Agriculture en accord avec le Programme National Riz (PNR) et l'Institut de Formation à la Haute Expertise de Recherche (IFHER) nous ont proposé ce sujet de recherche.

I-2) Justification de l'étude

L'étude se justifie par deux raisons essentielles :

I-2-1- La raison scientifique

En choisissant de traiter le sujet «Impacts socio-économiques du Projet Riz Centre sur les conditions de vie des paysans : le cas des périmètres irrigués de Yamoussoukro», le moment nous paraît opportun de procéder à l'étude d'impact socio-économique d'un projet de développement agricole, celui de la riziculture irriguée dans la localité de Yamoussoukro. Notre intention est donc de contribuer à apporter un éclairage scientifique sur les fondements, les mécanismes et les résultats du projet au profit des gouvernants et des chercheurs.

Généralement les nombreux projets de développement initiés ne font jamais l'objet d'une évaluation scientifique pour peser les succès et les échecs afin de tirer les leçons pour s'en servir.

Pour garantir le succès d'un projet, il est primordial d'effectuer avant comme à la fin du projet, une étude d'impact. Ceci afin d'identifier et d'examiner les conséquences de celui-ci sur la vie des populations bénéficiaires afin que cela serve pour les projets futurs. Ainsi cette étude servira-t-elle :

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- Pour la Côte d'ivoire : les résultats de cette étude pourront inciter le gouvernement à initier d'autres projets de cette nature.

- Pour l'IFHER : ce travail permettra la mise en oeuvre d'outils pédagogique et la mise à disposition d'une documentation en matière d'étude d'impact socio-économique.

- Pour le PNR/ONDR : l'étude contribuera à la mise à disposition de rapport concernant l'impact d'un projet réalisé au profit des populations afin que cela serve pour les futurs projets à réaliser.

- Pour nous mêmes : elle apportera l'acquisition d'expérience pratique en étude d'impact socio-économique.

I-2-2- La raison socio-économique

L'étude des « impacts socio-économiques du Projet Riz Centre sur les conditions de vie des paysans : le cas des périmètres irrigués de Yamoussoukro », vise l'apport de lumières sur les avantages socio-économiques de la pratique de la culture du riz irriguée tant pour les paysans, pour l'Etat, que pour les collectivités décentralisées. Ainsi cette étude profitera-t-elle :

- Pour la population : la pratique de ce type de culture permettra de diversifier les sources de revenus et de s'investir dans un secteur négligé au profit des cultures d'exportations mais qui cependant rapporte beaucoup de devises.

- Pour l'Etat : l'avantage réside dans le fait que l'adoption de la riziculture irriguée par plusieurs personnes, augmentera la production interne et réduira le taux d'importation permettant ainsi de faire des économies pour d'autres investissements.

- Pour les collectivités décentralisées : cette étude vient dans le but de leur présenter un moyen d'insérer les jeunes sans emploi dans le tissu socio-économique de la Côte d'Ivoire.

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II/ CADRE METHODOLOGIQUE

II-1) Les unités d'observation

Deux principales unités d'observation ont retenu notre attention dans le cadre de l'étude.

? Les périmètres et les parcelles d'exploitation

En observant les périmètres et les parcelles d'exploitation, nous nous sommes rendu compte de l'ampleur et surtout de l'emprise spatiale du projet. La taille des parcelles nous a permis d'avoir une idée sur le caractère intensif des pratiques culturales du projet.

? Les villages

En retenant les villages comme unités d'observation, nos regards ont porté sur leur taille, l'organisation, le niveau d'équipement et le contenu social tout en les mettant en relation avec l'économie du riz initié par les pouvoirs publics ivoiriens.

II-2) Les variables d'analyse

La présente étude se veut une analyse intégrée, embrassant toutes les réalités socio-économiques. Il s'agit de sa multiple dimension sociale, économique et toutes les forces de changement du milieu. La réalisation des objectifs ci-dessus énumérés rend donc nécessaire l'utilisation des descripteurs ou d'indicateurs quantitatifs et qualitatifs, rassemblés en groupes de variables dont l'analyse nous permet de cerner le concept de changements intervenus quinze ans après la mise en place du projet.

? Les variables économiques

Elles permettent de prendre, principalement en compte : - Les tonnages de production

- Les revenus et les postes d'utilisation des revenus

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? Les variables liées au cadre de vie

L'observation du niveau d'équipements et d'infrastructures socio-économiques permet d'apprécier le cadre de vie des paysans et d'établir une relation avec leur niveau de vie. Il s'agit d'étudier le niveau d'équipements socio-collectifs et les infrastructures de base par rapport aux objectifs du projet

En outre, l'observation de l'habitat nous a permis d'apprécier le niveau de

confort de vie des paysans. Les variables retenues sont :

- le type d'habitat et l'état des habitations,

- le mode de gestion des équipements socio-collectifs,

- la nature du logement et les matériaux de construction,

- le nombre de pièces par logement etc.

? Les variables d'équipement et d'infrastructures socio-économiques

L'un des objectifs du projet était d'accroître le niveau d'équipements et infrastructures socio-économiques du milieu d'accueil. 15ans après la réalisation du projet, quel est l'état des lieux en terme d'équipements et infrastructures ?

Nous nous sommes intéressés aux variables suivantes.

- Le nombre des équipements et infrastructures

- La nature des équipements et infrastructures

- L'état actuel de fonctionnement des équipements et infrastructures socio-économiques.

III/ ACQUISITION ET TRAITEMENT DE

L'INFORMATION

La revue de la littérature et les enquêtes de terrain ont été utilisées comme modes opératoires de collecte d'informations.

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III-1) La littérature

La première démarche qui nous a permise d'appréhender notre sujet a consisté à effectuer un inventaire des connaissances déjà réunies sur le sujet et sur l'espace étudié. Nous avons eu recours à des sources variées de référents bibliographiques. Le potentiel documentaire disponible nous a permis de réunir des connaissances sur des aspects, allant dans le sens de nos préoccupations.

Certains référents bibliographiques développent des aspects assez pointus et proches de nos préoccupations, en fournissant des informations récentes, grâce à des spécialistes des sciences sociales et économiques. Les sources documentaires utilisées sont de quatre ordres. Il s'agit des documents relatifs au Projet Riz Centre, des documents généraux portant sur l'agriculture, notamment le riz, des documents statistiques portant sur les recensements démographiques et agricoles de Côte d'Ivoire et des documents de théories générales sur les projets de développement.

Outre la recherche bibliographique et documentaire, l'analyse des faits, souvent complexes requiert un travail de terrain, seul moyen d'obtenir des renseignements les plus objectifs.

III-2) Les enquêtes de terrain

Elles se sont avérées nécessaires, afin de compléter les données fondamentales qui ne sont pas toujours disponibles dans la revue de littérature. Plusieurs techniques d'enquête ont été utilisées dans la collecte d'information sur le terrain. Elles ont été conduites selon deux principes: la détermination des sites d'enquête et les techniques d'acquisition des données.

- Les sites d'enquête

La couverture de toute l'étendue du territoire de l'étude est une épreuve de longue durée qui engage des moyens financiers, matériels et humains considérables qui, malheureusement ne sont pas toujours disponibles. C'est pourquoi un choix raisonné de 4 localités d'enquête a été opéré, en tenant compte des facteurs d'ordre social et économique.

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Tableau 01 : Répartition des localités d'enquête

Localité

Population

Kpoussoussou

534

Nanan

1032

Subiakro

769

Zatta

3887

Source : Recensement 1998

Notre enquête s'est déroulée dans les quatre villages de la sous préfecture de Yamoussoukro qui représente les sites de l'enquête. A ce niveau, nos préoccupations ont porté sur la présentation de la population totale par village d'enquête (tableau 01).

III-3) Les techniques de collecte des données

La méthodologie de collecte des données comporte les techniques

telles:

- l'observation directe,

- l'entretien semi-directif,

- le questionnaire.

III-4) Les types d'enquête

D'abord, nous avons procédé à une pré-enquête qui a servi de base à l'enquête proprement dite et s'est déroulée du 10/11/2010 au 12/11/2010. Elle nous a permise de retirer les redondances, les questions incompréhensibles pour les enquêtés, afin de les rendre plus accessibles et faciliter leur administration. Si certaines questions ont été retirées, d'autres par contre, ont été simplifiées ou simplement reformulées.

En outre, elle a permis de prendre contact avec les Autorités politiques, administratives et coutumières, ainsi qu'avec les bénéficiaires du projet. Les populations locales ont été étroitement associées pour leur permettre de donner leurs points de vue sur les différentes questions soulevées. Cette étape a été l'occasion pour nous de recenser les divers problèmes, afin d'identifier les principales variables de l'étude et les unités d'observation. Au

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cours de cette phase, de nombreux entretiens libres et interviews ont été organisés avec les Autorités politiques, administratives et coutumières.

Ensuite, notre propre observation et perception des réalités locales a été une source de collecte d'informations utiles. Notre présence physique dans plusieurs localités de la zone d'étude a permis de fixer à l'aide de nos yeux, plusieurs images des réalités socio-économiques de la zone de l'étude.

Enfin, l'enquête proprement dite a été administrée auprès des chefs de ménages des populations bénéficiaires du projet du 08/02/2011 au 20/02/2011. Elle a été élaborée en fonction des variables d'analyse identifiées et des objectifs visés. Nous avons élaboré à cet effet un questionnaire (voir annexe) destiné aux exploitants agricoles.

III-5) La technique d'échantillonnage

Compte tenu de son aspect global, l'enquête par questionnaire comporte à la fois des variables quantitatives et qualitatives. Les paysans interrogés sont choisis au hasard à leur lieu de résidence.

Faute de moyens et de temps nécessaires pour réaliser une enquête exhaustive, un échantillonnage a été retenu pour la collecte des informations sur le terrain et a conduit à expliquer les critères de choix des unités d'analyse.

Tableau 02 : Répartition des populations enquêtées par localité

Localités
d'enquête

Nombre de
bénéficiaires

Effectif

%

Kpoussoussou

13

09

69,23

Nanan

22

11

50

Subiakro

42

33

78,60

Zatta

36

28

77,80

Total

113

90

100

Source : Enquête, 2011 Yamoussoukro

L'échantillon analysé porte sur 90 personnes sur 113, soit 79,64% de l'ensemble des bénéficiaires du projet. Compte tenu du nombre relativement moins important des bénéficiaires du projet dans la localité de Yamoussoukro (113), l'enquête se voudrait de toucher l'ensemble des bénéficiaires.

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Cependant le nombre total n'a pu être atteint en raison des départs et des décès. Ainsi, l'enquête a pu toucher 90 personnes, soit 79,64% (tableau 0-2).

Le seul critère qui nous a guidées dans le choix des personnes interrogées, est d'être chef de ménage exploitant agricole et bénéficiaire du « PROJET RIZ CENTRE ». A cet effet, les exploitants ont été tirés au sort. Le nombre d'exploitants interrogés est proportionnel au nombre total de bénéficiaires par localité choisie.

Malgré ces difficultés inhérentes à notre travail, l'enquête a connu un dénouement heureux grâce à la compréhension et à la collaboration des autorités administratives et surtout, grâce à l'importante contribution des paysans. Une fois les bases de la collecte d'informations établies, il importe de définir les méthodes de traitement des données et de restitution des résultats.

III-6) Les méthodes du traitement des données

Le traitement des données a été réalisé à l'aide de l'outil informatique selon trois phases:

- la phase pré-informatique: elle consiste à la codification manuelle des réponses obtenues aux questions posées, par une numérotation des variables de l'enquête,

- la phase de saisie informatique: elle consiste à la configuration d'une maquette de saisie à l'aide du logiciel informatique EPI INFO version 5.1,

- la phase d'exploitation des données: elle procède par une tabulation et de croisements de tableaux avec le logiciel EPI INFO afin de dégager les tendances.

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PREMIERE PARTIE

PRESENTATION DU «PROJET
RIZ CENTRE»

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Première partie : Présentation du «Projet

Riz Centre»

La première partie du travail se présente sur deux chapitres. Dans le chapitre premier, l'analyse se porte sur le contexte de la mise en place du Projet Riz Centre. Quant au chapitre deuxième, il renseigne sur le fonctionnement de ce projet.

CHAPITRE I : Le contexte national de la mise

en place du «Projet Riz Centre»

I/ LA POLITIQUE NATIONALE DE RIZ

I-1) Le déficit de production du riz

« L'économie de la Côte d'Ivoire repose sur l'agriculture », affirme feu Félix HOUPHOUET BOIGNY, premier Président de la Côte d'Ivoire indépendante. Avec 66% de la population active et 38% du PIB, le secteur agricole constitue la base de l'économie ivoirienne et sa principale source de devises (World Bank, 2007).

Cependant, malgré l'importance de l'agriculture dans la formation de la richesse nationale, la filière de la production vivrière s'apparente encore à une activité d'autosubsistance, menée essentiellement par les femmes. Par conséquent, la production est nettement inférieure aux besoins nationaux.

Face à la croissance démographique et au changement des modes de consommations, la Côte d'Ivoire reste dépendante vis-à-vis de l'extérieur en ce qui concerne certaines principales productions, notamment le riz. Elle importe environ 50% de ses besoins en riz sur une consommation annuelle de 290.491 tonnes.

En outre, les difficultés de production et de valorisation des produits vivriers exposent les producteurs à une forte prévalence de la pauvreté. La

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quasi-totalité des études et réflexions menées sur la vie des paysans font apparaître la prépondérance de la pauvreté en milieu rural. En Côte d'Ivoire, le taux de pauvreté en milieu rural est passé de 15% en 1985 à 49 % en 2002 pour atteindre 62,5% en 2008. (ENV 2008).

Dans cette situation de dépendance alimentaire de la Côte d'Ivoire, il est paradoxal que l'agriculture vivrière peine à se développer, alors que le pays regorge d'énormes potentialités naturelles sans oublier l'importance et le soutien que les pouvoirs publics lui accordent dans le développement national.

I-2) La mise en place des programmes de production du riz

En Côte d'Ivoire, le riz est l'une des céréales les plus cultivées (650 000 ha) et les plus consommées (58 Kg/hbt/an). Cependant, la production de riz estimée à 650 000 tonnes, est insuffisante pour couvrir les besoins nationaux. Aussi, des importations massives sont-elles nécessaires depuis la fin des années 1970 pour combler le déficit annuel évalué à plus de 600 000 tonnes. Ces importations coûtent plus de 100 milliards de francs CFA au pays. Aujourd'hui, le contexte mondial du riz est marqué par l'épuisement du stock mondial (5 à 7% de la production mondiale); la destruction des cultures par les calamités naturelles (tsunami, inondation, etc.) dans les pays pourvoyeurs du grenier mondial et l'accroissement de la consommation domestique dans les pays producteurs et exportateurs, notamment la Chine et l'Inde.

Dans un tel contexte, la production de riz constitue pour la Côte d'Ivoire un véritable défi économique et de sécurité alimentaire. Pour relever ce défi, outre les aspects institutionnels et structurels, il importe de lever les principales contraintes agronomiques du secteur.

La nécessité de développer les cultures vivrières pour répondre aux besoins de plus en plus croissants de la population ivoirienne elle-même en croissance rapide, a été une préoccupation essentielle du gouvernement ivoirien. C'est dans les années 1960 que le riz a été l'objet de préoccupation constante des autorités politiques de la Côte d'Ivoire. Il est perçu comme une denrée stratégique et est devenu progressivement une denrée de consommation de masse. Dès lors, des politiques nationales de riz vont être mises en place. Ces politiques se sont déroulées pendant les périodes de la Société d'Assistance Technique pour la Modernisation de l'Agriculture en Côte d'Ivoire (SATMACI 1960-1970), de la Société de Développement de la Riziculture (SODERIZ 1971-1977), des Sociétés Régionales (1978-1998). Grâce à celles-ci, plusieurs ouvrages vont essaimer sur l'ensemble du pays et

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la Côte d'ivoire va même connaître « l'âge d'or » de la riziculture en exportant 32 000 tonnes de riz blanc (sous l'ère de la SODERIZ 1971-1977). Cependant,

toutes ces structures ont rencontré plusieurs difficultés (d'une part des problèmes d'ordre pécuniaire et d'autre part dans la mise en pratique des politiques envisagées) sur le terrain et ont dû fermer.

A la suite de la libéralisation de la filière riz en 1996, l'Etat crée le « Projet National Riz » qui fait suite à la SOPRORIZ (Société de Production de RIZ) et qui deviendra par la suite le « Programme National Riz (PNR) » puis ONDR (Office National de Développement de la Riziculture) depuis 2011. Cet organe (PNR) est chargé de coordonner les activités de la filière et devient la seule structure spécialisée du Ministère d'Etat, Ministère de l'agriculture en matière de politique rizicole.

Crée par arrêté conjoint n°107 du 1er Juillet 1996, le « Projet National Riz » avait une durée de cinq ans. Devant l'absence de structure spécialisée en matière rizicole et le faible niveau de production locale de riz, les autorités de Côte d'ivoire, dans le but d'accroître cette production, ont trouvé nécessaire dans le temps, la mission du PNR. C'est dans ce sens que par arrêté conjoint n°015 du 12 Mars 2003 du Ministère de l'agriculture et du développement rural et du Ministère de l'Economie et des Finances, le Projet National Riz est devenu Programme National Riz (voir organigramme en annexe III) auquel sont directement rattachés tous les projets rizicoles notamment le Projet Riz Centre faisant l'objet de cette étude.

Le Programme National Riz a pour mission de :

- Participer à l'élaboration des politiques et stratégies de développement et de promotion de la riziculture ;

- Coordonner et suivre la mise en oeuvre des programmes et projet rizicoles ; - Organiser et gérer un système d'information permettant d'évaluer l'ensemble des opérations de production, d'importation, de transformation du paddy et de mise en marché du riz.

Ainsi, les statistiques données par le Programme National Riz stipulent que le riz pluvial représente 80% de la production nationale. Il occupe 95% des superficies cultivées soit environ 600.000 ha avec 500.000 exploitants et un rendement moyen de 1t/ha.

Le riz irrigué quant à lui représente 20% de la production et utilise 5% des superficies cultivées soit environ 33.500ha. Il emploie 35.000 exploitants et produit un rendement moyen de 3.5t/ha (PNR, 2008)3.

3 PNR : Rapport d'activité 2008

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La riziculture irriguée est perçue alors par l'Etat de Côte d'Ivoire comme le canal par lequel le pays pourrait accroître rapidement sa production interne, diminuer ses importations et soulager la demande de la population en riz. Outre la possibilité offerte à l'Etat de favoriser l'autosuffisance en riz, la riziculture irriguée est vue comme une culture qui peut apporter aux paysans des revenus considérables pour l'amélioration de leur condition et cadre de vie.

Ainsi le Projet Riz Centre mis en place comporte plusieurs volets dont :

- Le composant « Génie Rural » qui devrait permettre de réaménager 1384 ha de périmètres irrigués afin d'étendre les superficies aménagées sur 767ha tout en réhabilitant des barrages hydro-agricoles et des pistes rurales;

- La composante « Organisations Professionnelles Agricoles » comportant l'organisation des paysans en groupement coopérative avec un appui logistique ;

- La formation des paysans (producteurs, administrateurs et membres des GVC) ;

- Le Projet Riz Centre a bénéficié de la mise en place d'une ligne de crédits.

I-3) La culture irriguée du riz, un choix stratégique

Pour atteindre l'autosuffisance alimentaire, la Côte d'Ivoire a initié depuis

1966 différents programmes de développement de l'irrigation. Quatre types de

cultures principales sont pratiqués sous irrigation:

- le riz irrigué,

- la canne à sucre,

- la banane plantain de contre-saison et

- les cultures maraîchères.

En Cote d'ivoire, il y a trois principaux types d'aménagements pour l'irrigation

- Les aménagements avec barrages,

- Les aménagements avec prise au fil de l'eau (PFE) et

- Les aménagements irrigués par pompage.

Dans l'ensemble, il existe 362 périmètres hydro-agricoles dont 184 avec

barrages et 178 sans barrages ; 32.500 ha de terres sont exploités dont

21.900 ha avec barrages et 10.600 ha sans barrages.

La superficie irriguée par pompage représente la plus forte proportion en Côte d'Ivoire, s'élevant à 65 % des superficies totales irriguées. Une vingtaine de sites sont à usage mixte et servent également, en plus de l'agriculture, aux besoins en eau de la population ou du bétail.

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Les aménagements réalisés et propres à la riziculture irriguée sont de plusieurs types et se différencient selon l'origine des ressources en eau et la nature des aménagements. Le choix est dicté principalement par les caractéristiques hydro-climatiques de la région, la disponibilité en terres irrigables, la dimension et la forme des bas-fonds. On distingue principalement:

- Les Aménagements type "Prise au fil de l'eau" (PFE) qui utilise les écoulements naturels du cours d'eau et les distribue par gravité. Ce type d'aménagement limite les frais de mise en valeur au strict minimum, mais il n'assure généralement qu'un seul cycle d'irrigation par an. Ce type d'aménagement n'est réalisable que si le bassin versant ne dépasse pas 50 km2 sous peine d'être endommagé régulièrement par les crues importantes.

- Aménagement en aval de barrages construits sur des marigots à écoulement saisonnier. Ce type de périmètre assure une bonne maîtrise de l'eau.

- Aménagement de plaines alluviales irriguées par pompage de l'eau du fleuve.

- Aménagement avec maîtrise de la nappe phréatique; contrôle du niveau de la nappe en aménageant un réseau de drains équipés d'ouvrages de régulation.

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II/ LE MILIEU D'ACCUEIL DU PROJET

II-1) Présentation du cadre de l'étude

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II-1-1- Situation géographique et administrative du cadre de l'étude

Le District de Yamoussoukro, créé par la loi n°2002-44 du 21 janvier 2002, est une collectivité territoriale qui recouvre le territoire du département actuel de Yamoussoukro. Il est administré par un gouverneur, nommé par le chef de l'État. A 248 km d'Abidjan, Yamoussoukro se situe au centre du pays. Il est limité au nord par les départements de Tiébissou et de Bouaké, à l'est par le département de Attiégouakro, à l'ouest par les départements de Bouaflé et de Sinfra et au sud par le département de Toumodi. D'environ 3 500 km2, le département administratif de Yamoussoukro comportait 03 sous-préfectures : Attiégouakro, Didiévi et Tie Ndiékro devenues aujourd'hui des départements.

La population autochtone de Yamoussoukro est constituée essentiellement de Baoulés avec leurs nombreux sous-groupes, lesquels, avec 3 millions de personnes, représentent environ 23% de la population du pays. Parmi les 169 localités du district de Yamoussoukro, figurent les villages de Kpoussoussou, Nanan, Subiakro et Zatta, cadres physique de l'étude (Figure 01).

II-1-2- Ressources climatiques et végétales

La région de Yamoussoukro est soumise à un climat équatorial de transition comportant quatre saisons.

o Une longue saison sèche de mi-novembre à mi-mars, caractérisée par la présence, en décembre et janvier, de l'harmattan, un vent sec et puissant venu du Sahara, qui abaisse considérablement l'humidité ;

o Une longue saison des pluies, de mi-mars à mi-juillet ;

o Une courte saison sèche de mi-juillet à mi-septembre et

o Une courte saison des pluies, de mi-septembre à mi-octobre.

En saison des pluies, il peut pleuvoir sans discontinuité pendant plusieurs jours consécutifs ou alors pleuvoir intensément pendant une heure, période à laquelle succède un très fort ensoleillement.

Les moyennes des quantités de pluie varient de 900 à 1100 mm par an avec une répartition spatiale très variable dans l'année et d'une année à l'autre. La température moyenne de la région est d'environ 26°C. L'humidité relative varie entre 75 et 85 % avec des chutes à 40 %. Zone de transition, la région bénéficie à la fois de ressources forestières et de savanes.

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II-1-3- L'économie locale

En constituant la source principale de revenus pour la moitié des habitants, l'agriculture constitue l'activité économique la plus importante de la région. La région comporte des plantations de cacaoyers et de caféiers 4 000 exploitants de café et 5 000 exploitants de cacao ont été recensés dans la région.

L'exploitation vivrière reste diversifiée dans ses productions avec des rendements relativement faibles: igname (22,4 t/ha), manioc (16,6t/ha), maïs (3T/ha), riz pluvial (1,7t/ha), le riz irrigué (5,1t/ha). La superficie totale aménagée et rizicultrice en double culture annuelle est évaluée à 2260 hectares.

II-2) Le « Projet Riz Centre »

II-2-1- Généralités

Le PRC a été mis en oeuvre de janvier 1997 à décembre 2002 avec une période de prolongation jusqu'en décembre 2003. Ce projet était géré par une cellule autonome placée sous la tutelle du Programme national Riz (PNR) qui est une structure rattachée au Ministère de l'Agriculture afin de coordonner et impulser les programmes rizicoles.

Le PRC a été financé par l'Etat de Côte d'Ivoire, en collaboration avec l'Union Européenne (UE) à travers le FED n°7 ACP IVC 070.

II-2-2- L'objectif global

L'objectif global du projet est l'amélioration durable du niveau de vie des familles rurales (environ 2000) par la riziculture irriguée.

II-2-3- Les objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques visés par le Projet Riz centre sont les suivants : - Augmenter la production du paddy de 15000t/an au terme du projet par la réhabilitation et l'extension des périmètres en aval des barrages collinaires et par la professionnalisation de la riziculture irriguée ;

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- Fournir des intrants aux agriculteurs ;

- Contribuer à l'émergence des coopératives ;

- Accéder au crédit à travers un fond de garanti remboursable en fin de culture

et de commercialisation

- faciliter à l'achat et à l'utilisation des motoculteurs.

II-3) Les mécanismes de la mise en place

II-3-1- Approches socio-économiques

Les conditions politiques et naturelles étant favorables au projet, il restait tout de même à gagner l'adhésion des populations locales, compte tenu de certaines réticences sociales. Ainsi, les études d'appui à l'intéressement des populations à la riziculture irriguée ont consisté à la mise en place d'une politique d'approches sociales. Elle a porté sur la sensibilisation et le recensement des populations afin de constituer l'ossature des riziculteurs.

Les activités préliminaires de la mise en place du projet ont porté, d'abord sur la sensibilisation des autorités administratives et villageoises locales et les paysans, les principaux acteurs du projet.

Les discussions ont porté principalement sur les conditions de cession des terres à aménager, le transfert de la gestion des périmètres aux groupements à Vocation Coopératives (GVC) et surtout comment accorder le droit d'exploitation aux riziculteurs. Au niveau des paysans, la phase de sensibilisation a été complétée par une phase de formation à la riziculture irriguée.

Tableau 03 : Répartition des paysans candidats à la riziculture irriguée

Localités

Population

Effectif

(%)

Kpoussoussou

534

13

2,43

Nanan

1 032

22

2,13

Subiakro

769

42

5,46

Zatta

3 887

36

0,92

Total

6 222

113

100

Source : Rapport PRC, 1997-2003

Les efforts de motivation et de sensibilisation des autorités et des paysans ont permis de recenser 113 candidats à la riziculture irriguée à

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Yamoussoukro sur une population de 6 222 personnes. L'effectif de candidats fournis par chaque localité va de 13 (2,43%) à 42, soit 5,46% (Tableau 03).

Suite au recensement des paysans candidats à la riziculture, l'accent à été mis sur la formation et l'organisation de ces derniers. Ainsi, le projet a assuré l'éducation coopérative des riziculteurs en les organisant en mouvements coopératifs et en formant le personnel des coopératives. Une phase importante de la formation a porté sur la gestion des coopératives, en phytotechnie du riz irrigué et en gestion des ressources hydriques et surtout à l'application des thèmes techniques.

L'intérêt croissant des paysans pour l'activité de la riziculture a exhorté les pouvoirs publics à doter le `'Projet-riz centre» de moyens conséquents.

II-3-2- Approches techniques et financiers

La mise en place du projet a bénéficié des infrastructures hydro agricoles existantes. Ces infrastructures hydro-agricoles ont vu le jour du temps de la SATMACI et de la SODERIZ dans les années 1970.

Suite à la réalisation des études hydrologiques, topographiques et pédologiques, 23 barrages hydro agricoles ont été réfectionnés avec 1384 ha de rizières et une extension de 767 ha au niveau des 22 périmètres concernés par le projet. Sur les 1384 hectares de rizières réfectionnées et l'extension des 767, Yamoussoukro a bénéficié de 239 hectares repartis entre les périmètres consignés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 04 ; Répartition des superficies couvertes par le projet

Sites

Superficie (ha)

 

Réhabilitation

Extension

Total

Nanan

25

8

33

Kpoussoussou/ N'dakonankro

38

11

49

Seman/Djamalabo

43

7

50

Subiakro

70

-

70

Zatta

37

-

37

Total

213

26

239

Source : MINAGRA, 2002

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Les résultats de l'enquête indiquent que le projet a permis de mettre en place 239 ha de parcelles de cultures dont 213 ha réhabilités et 26 nouvelles créations (Tableau 04). Les espaces aménagés concernent 22 périmètres dont 04 la sous-préfecture de Yamoussoukro qui sont les localités de Kpoussoussou, de Zatta, de Nanan et de Subiakro, cadres de l'étude. Les localités ont toutes bénéficiées de réfections de pistes villageoises. Ces travaux ont été réalisés dans le but d'améliorer les conditions de travail et d'agrandir l'espace cultivable.

Photo1 : Aménagement rizicole du périmètre de Nanan. Photo2: Aménagement du périmètre de

Subiakro.

Les travaux de réhabilitation ou de construction ont porté sur le bétonnage des canaux, le remplacement et/ou la protection des vannes au niveau des barrages ainsi que l'uniformisation des unités parcellaires par la création systématique de prises irrigables, appelé unités de production (Photos n°1 &2)..

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Photo 3 : Une vue du barrage hydro-agricole de Zatta. Photo 4 : Vue du barrage hydro-agricole de

Nanan.

D'importantes retenues d'eau ont été mises en place à Yamoussoukro pour permettre aux riziculteurs de bénéficier en permanence de l'eau suffisante en toute saison. (Photos 3 et 4). Outre la réhabilitation des barrages, le projet a reprofilé environ 88 km de pistes et a construit 5180 m2 de magasin de stockage. Le financement du « Projet Riz Centre » provient de plusieurs sources.

Tableau 05 : Répartition des sources de financement (millions de francs)

Source de
financement

Montant

%

Etat de Côte d'Ivoire

138

16,57

Union

Européenne

695

83,43

Total

833

100

Source : PRC : Programme d'action annuelle, 1997

Le « Projet Riz Centre » a été conjointement financé par l'Etat de Côte d'Ivoire et par l'Union Européenne. Le coût du financement du budget 1997 est estimé à 833 millions de francs CFA dont 138 millions pour l'Etat de Côte d'Ivoire, soit 16,57% et 695 millions pour l'Union Européenne, soit 83,43% (Tableau 05).

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Tableau 06 : Répartition des catégories de dépenses

Catégorie de
dépenses

Montant (en million)

%

Dépenses de fonctionnement

266, 28

31,96

Dépenses

d'investissement

504, 50

60,54

Imprévus

62, 22

7,47

Total

833, 00

100

Source : PRC : Programme d'action annuelle, 1997

Trois postes de dépenses ont été prévus sur le montant de financement du budget de l'exercice 1997. Il se répartit en dépenses de fonctionnement avec un montant de 266, 28 millions de fracs CFA, soit 31,96% du financement total, en dépenses d'investissement à hauteur de 504.50 millions de francs CFA, soit 60,54 et en dépenses imprévues de 62.22 millions de francs CFA, soit 7,47% (Tableau 06).

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CHAPITRE II : Le fonctionnement du projet

I/ LES ORGANISATIONS PAYSANNES

I-1) Le Projet Riz Centre et l'innovation dans le domaine agricole

Le PRC a apporté une innovation de taille au projet. En effet, le diagnostic des organisations paysannes existantes a montré que les groupements à vocation coopérative (GVC) rencontrés sur les périmètres en 1997 montraient de manière évidente des faiblesses majeures. Ces faiblesses se situaient dans un premier temps au niveau des responsables des GVC. Ceux-ci en effet, étaient inopérants suite au désengagement de l'Etat dans les fonctions d'irrigations, d'approvisionnement en engrais, de commercialisation et de machinisme. Ensuite, dans un deuxième temps, il y avait un attentisme contre-productif des autres riziculteurs qui justifiaient leur incitation par la carence opérationnelle des mêmes responsables.

Face à cette situation, le PRC a proposé un nouveau mode organisationnel, basé sur le principe de « responsabiliser les producteurs eux-mêmes et, ne déléguer à un niveau supérieur, que les tâches qui ne peuvent être assurées de manière satisfaisante qu'à l'échelle supérieure ».

En outre, elle a Replacé le producteur devant ses responsabilités dans une logique de professionnalisation et d'autonomie en rupture avec les interventions de type artisanal. Elle a également séparé la gestion de l'eau (propre à chaque périmètre) des autres besoins d'appui liés à la production agricole (problème commun à tous les périmètres).

Ainsi, la première unité d'organisation regroupe tous les producteurs appartenant à la même maille hydraulique (c'est-à-dire appartenant au même périmètre irrigué par le même barrage hydro-agricole) et qui ont l'obligation de gérer en commun la ressource « eau » sous l'autorité d'un comité de gestion des aménagements (CGA) dirigé par eux.

Le PRC a également transféré les fonctions d'approvisionnement en intrants, de formation, d'information, de commercialisation à un niveau supérieur, c'est-à-dire à une coopérative de services (CORERIZ)4.

4 Coopérative Régionale des Riziculteurs

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La nature et l'objet de ce type de coopérative ont nécessité d'expliquer aux riziculteurs sa profonde différence avec une coopérative de production où les flux d'argent rendent le plus souvent difficile le maintien d'une gestion équitable et démocratique.

Une fois ces principes admis, le PRC a procédé par voie d'appel d'offre, le recrutement d'ingénieurs agronomes. Ces ingénieurs agronomes ont pu être choisis par les paysans eux-mêmes après des présélections organisées par le PRC. Ce processus a permis d'introduire un changement majeur en matière d'encadrement rural où pour la première fois les paysans devenaient des chefs d'entreprises rémunérant des services d'appui conseil5.

Aujourd'hui ces coopératives se sont fusionnées pour donner naissance à la CORIZ centre. La particularité de la CORIZ centre est qu'elle est la fusion des quatre coopératives nées des cendres du PRC. Ce sont : CORERIZ Katiola, COPRORIZ6 Tiébissou, CORERIZ Sakassou et COPRORIZ Yamoussoukro.

Sur les sites de Yamoussoukro, 367 producteurs ont été recensés. La principale coopérative spécifique à la riziculture irriguée dans la région des lacs, est la Coopérative des Riziculteurs du centre (CORIZ centre) dont le siège se trouve à Nanan. Elle se constitue d'un comité de gestion des aménagements (CGA) installé sur chaque périmètre et regroupant l'ensemble des riziculteurs du même périmètre. Ces CGA ont en charge la gestion de leur périmètre, l'entretien de celui-ci, la gestion de l'eau, le suivi de l'itinéraire technique et la mise en oeuvre des facteurs de productions. De plus, toutes ces organisations paysannes ont reçu l'appui technique et l'encadrement des structures comme l'antenne PNR et l'Agence National d'Appui au Développement Rural (ANADER).

La CORIZ centre a pour mission :

? d'approvisionner en facteurs de production

? d'acheter des équipements collectifs

? de favoriser l'accès des membres au crédit

? de collecter, stocker et de transformer des produits agricoles-riz.

5 Rapport final du PRC ; Juin 2002

6 Coopérative des Producteurs de Riz

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I-2) Des initiatives d'appui logistique

Photo 5: Du riz récolté prêt à transporter à l'aide de motoculteur

Le projet a appuyé les coopératives et les producteurs dans la mise en place de la consolidation des services. Ces appuis se sont révélés par la mise en place d'une convention signée avec la FENACOOPEC-CI par les coopératives et le PRC pour le financement des services, des approvisionnements en intrants, la commercialisation du paddy et l'achat d'équipement au profit des producteurs. Le taux d'intérêt fixé est de 8% sur six mois pour les deux premiers services et de deux ans pour le dernier ; par la création d'un fond de garanti de dix million de francs CFA pour les quatre coopératives pour servir de garanti aux producteurs auprès de la FENACOOPEC-CI7 en cas de sinistre et impayés ; l'ouverture d'un compte COOPEC pour chaque producteur avec une épargne bloquée à raison de 50.000f/ha qui sert de nantissement pour les prêts ; par l'octroie de 100 motoculteurs (Photo 5) attribués aux producteurs à raison d'un motoculteur pour 10 hectares de parcelles planées ; par la mise en place d'un règlement intérieur de gestion des aménagement et des formations dispensées etc et enfin par la mise à disposition de logiciels de gestion des intrants, des crédits, des comptes d'exploitation etc.

En somme, selon les conclusions du PRC, un environnement propice a été crée de même qu'un cadre de professionnalisation pour les riziculteurs.

7 Fédération Nationale des COOPEC de Côte d'ivoire

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I-3) Les superficies allouées aux paysans

Tableau 07: Répartition des superficies allouées à chaque paysan

Superficies (ha)

Effectif

Pourcentage (%)

] 0,25-0,50 [

12

13,33

[0,5-1 [

25

27,77

[1-1,5[

16

17,77

[1,5-2 [

18

20

[2-2,5[

9

10

[2,5- 3[

6

6,66

] 3+8 [

4

4,44

Total

90

100

Source : Enquête, 2011

Les chiffres consignés dans le tableau 07 représentent les superficies des parcelles allouées aux paysans Ces parcelles sont en effet situées au niveau de chaque village, sur un même site et sont morcelées en des superficies allant de 0,25 à 1 hectare.

Elles ont été morcelées ainsi pour permettre à plusieurs personnes désireuses de cultiver le riz irrigué, d'avoir part au terrain. Cependant certaines personnes occupent plusieurs parcelles parce que beaucoup ont abandonné les leur. Ces terrains abandonnés, sont récupérés par ceux qui désirent agrandir leur champ. C'est ce qui explique le fait que certaines personnes ont plus d'un hectare.

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II/ LES PRATIQUES CULTURALES ET LE CYCLE DE

PRODUCTION

II-1) Les pratiques culturales

Schéma 1 : Itinéraire culturale du riz irrigué

Les pratiques caractérisant la culture du riz, sont: - le nettoyage/ labour ou préparation du sol :

- le repiquage du riz

- la récolte

La culture du riz débute par la préparation des parcelles qui nécessite des activités de défrichement (fauchage), de labour, de planage des casiers, de l'épandage des produits chimiques, l'occurrence le NPK et de mise en pépinière du riz.

Le labour se fait en deux phases : le labour proprement dit et la reprise du labour. On procède à la mise en eau des casiers avant chacune des deux opérations. Le labour se fait mécaniquement avec un motoculteur. Le premier labour constitue le premier jour du lancement des activités agricoles.

Deux semaines après le premier labour et la mise en eau des casiers, on effectue le second labour qui se fait également avec un motoculteur. Le second labour consiste à débarrasser la parcelle de tous les débris d'herbes;

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à briser les mottes de terre et à enfouir les pailles ainsi que les mauvaises herbes encore en surface. En outre, le second labour fait office de planage. Il fait intervenir la daba et une planche. Le rôle de la daba c'est de remuer la terre pour que la planche puisse niveler facilement la terre. Le planage consiste à diminuer la pente des casiers pour que l'eau d'irrigation puisse circuler correctement dans tout le casier. Suite à ces deux labours, les parcelles exploitées nécessitent par moment d'autres désherbages. Le désherbage sert à lutter contre les adventices. Il se fait quand besoin se présente.

La mise en place d'une pépinière trouve son importance dans l'opération de repiquage qui a lieu entre le 15ème et le 21ème jour après le deuxième labour. Afin d'obtenir une germination homogène et rapide de la semence, il est recommandé d'éliminer les grains vides par flottaison dans l'eau ; de procéder à la pré-germination des semences (trempage pendant 24heures, mise sous ombrage pendant 24 heures). Le repiquage se fait en ligne en adoptant un écartement de 20 cm x 20 cm ou 25 cm x 25 cm entre les plants. Le riz irrigué peut aussi être semé directement à la volée, mais le repiquage donne un avantage certain.

L'épandage de la fumure de fond, dans le cadre de la fertilisation du sol intervient au moment du second labour ou au lendemain du repiquage. L'engrais utilisé est le NPK (10-18-18) à la dose de 150 à 200 kg/ha.

La dose d'urée à apporter est de 75 à 100kg/ha. L'épandage de l`urée qui est l'engrais de couverture se fait en deux apports. Un premier au début du tallage (21 jours après repiquage), de 50 à 75kg/ha et un second apport de 25 kg à l'initiation des panicules.

Le sarclage (désherbage) et la surveillance commencent dans la deuxième étape et se prolonge dans la troisième avant l'étape de la récolte (Schéma 2).

Photo 6: Une riziculture en maturité

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La troisième, la dernière étape de la culture du riz concerne la récolte qui se fait lorsque le paddy atteint la période de maturité (Photo 6). Afin d'éviter l'égrenage au champ, il est conseillé de récolter le riz lorsque les deux tiers supérieurs du rachis principal de la panicule sont de couleur paille. Le riz récolté est ensuite entassé pour le battage. Suite au battage, les grains sont séchés puis vannés avant d'être mis en sac pour le stockage. Le paddy est stocké dans un local propre et aéré. Les sacs doivent être disposés sur des caillebotis, distants des murs. Pour une conservation de longue durée, il faut prévoir des traitements chimiques avec des insecticides appropriés. Les superficies cultivées vont de 0,5 à 3 ha par paysan

II-2) Le cycle de production

Les riziculteurs font deux cycles de cultures dans l'année, à l'exception de quelque uns qui arrivent à faire trois cycles de production. Les deux cycles, généralement réalisés dans l'année donne le calendrier agricole suivant.

Tableau 08: Calendrier de la culture du riz irrigué

Activités

Période

Semailles

Février - Mars

Aout - Septembre

Récoltes

Juin - Juillet

Novembre- Décembre

Source : Enquête, 2011

Les activités de préparation des parcelles ainsi que celles des semailles ont lieu de février à Mars pour le premier cycle et d'août à septembre pour le deuxième cycle. Quant à l'activité de récolte, elle a lieu de juin à juillet pour le premier cycle et de novembre à décembre pour second cycle (Tableau 08). Il convient de signaler que les activités de semailles et de récoltes ne respectent toujours pas le calendrier agricole, en raison de certaines contraintes liées à la disposition de matériels agricole ou même de fonds nécessaires à des achats.

De plus avec la disponibilité permanente de l'eau dans la riziculture irriguée, les activités de semailles peuvent se faire tout le long de l'année.

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II-3) Le niveau de production

Tableau 09 : La production moyenne des paysans par cycle

Effectif

(%)

Production moyenne (tonne)

12

13,33

1,04

25

27,77

2,72

16

17,77

4,03

18

20

5,7

9

10

12,02

6

6,66

14,65

4

4,44

16,05

90

100

56,21

 

Source : Enquête, 2011

La production totale de 90 paysans enquêtés est de 56,21 tonnes. Sur cette base, la production moyenne par paysan est de 0,62 tonne. Toute fois, une répartition du niveau de production par tranche de cultivateur montre plusieurs niveaux de production. Ainsi, sur 90 paysans interrogés le niveau de production va de 1,04 tonne à 16,05 tonnes. Plus de 2/3 des paysans interrogés produisent plus de 2 tonnes de riz par cycle (tableau 09).

II-4) Le circuit de commercialisation

Les principaux acteurs qui interviennent dans le circuit de commercialisation du riz dans la sous-préfecture de Yamoussoukro sont, d'abord les producteurs, ensuite les collecteurs et enfin les commerçants dont les grossistes, les demi-grossistes et les détaillants.

Après la récolte du riz, les producteurs réservent une certaine quantité pour leur propre consommation et vendent le reste. Les grossistes, les collecteurs indépendants, les demi-grossistes et les détaillants sont ceux qui achètent la production au bord champ ou au magasin. Ils arrivent parfois que les producteurs vendent eux-mêmes leurs marchandises sur le marché de Yamoussoukro. Cet itinéraire change dans le cas où la CORIZ centre obtient des marchés pour l'achat du paddy aux profits des paysans. Dans ce cas, le paddy est convoyé dans les magasins des différents périmètres où l'acheteur se rend pour l'achat. Par ailleurs, les commissionnaires assurent le transport du riz pour les grossistes.

33

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CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE

La première partie de notre étude, nous a amené à présenter le Projet Riz Centre dans toutes ses composantes. Le chapitre I révèle que la riziculture et spécifiquement la riziculture irriguée a été la préoccupation de nos gouvernants depuis la période des indépendances jusqu'à l'heure actuelle. Ceci à travers les différentes politiques et organismes mis en place qui ont réalisé de nombreux ouvrages en vue de promouvoir la riziculture et par devers d'atteindre l'autosuffisance en riz en raison de l'importance du riz dans l'alimentation.

Au chapitre II, l'analyse montre que le Projet Riz Centre (PRC) dont le but était de développer la riziculture irriguée en région Centre et Centre-Nord, a été mis en oeuvre de 1997 à 2003 et a aménagé plusieurs périmètres dans cette optique. Aussi, l'objectif global de ce projet est l'amélioration durable du niveau de vie des familles rurales par la riziculture irriguée. De ce fait, le projet a été doté de moyens financiers conséquents.

34

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DEUXIEME PARTIE

LES CHANGEMENTS SOCIO-

ECONOMIQUES INTERVENUS

DANS LA VIE DES PAYSANS

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DEUXIEME PARTIE : Les changements

socio-économiques

intervenus dans la

vie des paysans

Le chapitre deuxième est composé de deux chapitres. Le premier chapitre parle des modifications intervenues dans la vie paysanne des bénéficiaires après le Projet Riz Centre et le deuxième chapitre porte sur l'évolution du niveau d'équipement et du cadre de vie.

CHAPITRE 1: Les nouvelles conditions de vie

socio-économiques

I/ LE NIVEAU DE REVENU DES RIZICULTEURS ET LES

POSTES DE DEPENSES

Dans la zone géographique de l'étude, le riz est acheté, soit à 150 f. CFA, soit à 200 f. CFA en fonction des périodes conjoncturelles.

I-1) Le niveau moyen de revenu par paysan au prix d'achat de 150F. CFA. /kg

Dans l'optique d'avoir une idée du revenu brut des paysans, nous présentons deux types de tableaux contenant les revenus des paysans calculés avec les différents prix au kilogramme ci-dessus indiqués. N'ayant

36

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pas des données statistiques fiables de production et surtout la part réservée à la vente, nous nous sommes intéressées aux gains annuels.

Tableau 10 : Répartition du niveau de revenu net moyen par paysan

Effectif

%

Revenu
brut

Charges

Revenu net

12

13,33

312.000

182.474

129.526

25

27,77

822.000

522.552

299.448

16

17,77

1.209.000

597.366

611.634

18

20

1.710.000

1.037.306

672.694

9

10

3.606.000

1.019.532

2.586.468

6

6,66

4.395.000

1.338.672

3.056.328

4

4,44

4.815.000

1 381 252

1.381.252

3.433.748

90

100

16.869.000

6.079.154

10.789.846

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête indiquent qu'au prix d'achat du riz de 150 f.CFA, le revenu brut total de 90 paysans interrogés est de 16.869.000 f.CFA. Les charges se chiffrent à 6.079.154 f.CFA. Le revenu net est de 10.789.846 f.CFA. Cependant, en analysant le revenu net par groupes de paysans, nous remarquons une différence notable qui va, pour le revenu brut de 312.000 f.CFA à 4 815.000 f.CFA et pour le revenu net de 129.526 f.CFA à 3.433.748 f.CFA La répartition moyenne des charges par groupe de paysans est de 182.474 f.CFA à 1.381.252 f.CFA (Tableau 10).

37

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I-2) Le niveau moyen de revenu par paysan au prix d'achat de 200 F.CFA/kg

Tableau 11 : Répartition du niveau de revenu net moyen par paysan

Effectif

%

Revenu brut

Charges

Revenu net

12

13,33

416.000

182.474

233.526

25

27,77

1.096.000

522.552

573.448

16

17,77

1.612.000

597.366

1.014.634

18

20

2.280.000

1.037.306

1.242.694

9

10

4.808.000

1.019.532

3.788.468

6

6,66

5.860.000

1.338.672

4.521.328

4

4,44

6.420.000

1.381.252

5.038.748

90

100

22.492.000

6.079.154

16.412.846

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête indiquent qu'au prix d'achat du riz de 200 f.CFA, le revenu brut total de 90 paysans interrogés est de 22.492.000 f.CFA. Les charges se chiffrent à 6.079.154 f.CFA. Le revenu net est de 16.412.846 f.CFA. Cependant, en analysant le revenu net par groupes de paysans, nous remarquons une différence notable qui va, pour le revenu brut de 416.000 f.CFA à 6.420.000 f.CFA et pour le revenu net de 233.526 f.CFA à 5.038.748 f.CFA La répartition moyenne des charges par groupe de paysans va de 182.474 f.CFA à 1.381.252 f.CFA (Tableau 11).

L'une des innovations notables que le projet apporte dans la vie des paysans est le passage d'une structure annuelle de revenus à une structure quasiment journalière de revenus. La masse monétaire réelle que brassent les paysans au cours d'une année est loin d'être parfaitement connue, compte tenu des ventes parallèles qui échappent au contrôle des données statistiques.

Les charges des paysans se répartissent en dépenses d'achat d'outil ou de matériel de travail, de main d'oeuvre, de produits d'entretien des parcelles et même de crédits.

38

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I-3) Comparaison du niveau de revenu avant et après projet

Aucune statistique du niveau de revenu des paysans avant l'adoption de la riziculture irriguée n'est fiable, en raison de l'agriculture d'autoconsommation qui a prédominé avant la mise en place du projet. Les principales cultures portaient sur l'igname, la banane plantain, le manioc et les agrumes. Par conséquent, il est difficile d'établir une comparaison scientifique entre le niveau de production de ces cultures et celui du riz. Néanmoins, selon les paysans eux-mêmes les revenus tirés de la culture du riz irrigué sont nettement supérieurs à ceux issus des autres cultures telles que l'igname. Par ailleurs, le `'Projet riz centre» se justifie davantage par rapport à la lutte contre la pauvreté en milieu rural. Depuis la pratique de la riziculture irriguée les paysans perçoivent des revenus assez significatifs qui permettent de subvenir à d'autres types de besoins.

I-4) L'affectation des revenus nets tirés de la vente du riz

Tableau 12 : Répartition des postes de dépenses

Poste de dépenses

Eff avant projet

%

Eff avant projet

%

Achat de produits consommables

90

100

87

96,66

Achat d'appareils électroménagers

4

4,44

25

35,55

Outils de travail

2

2,22

6

6,66

Nombre d'enfants scolarisés

60

66,66

82

91,11

Payement de dettes contractées

50

55,55

90

100

Frais de mariage

2

2,22

10

11,11

Frais de décès

3

3,33

20

22,22

Cotisation pour le développement du village

6

6,66

50

55,55

Achat d'un vélo

23

25,55

40

44,44

Achat de moto

9

10

9

10

Achat d'un véhicule

1

1,11

2

2,22

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête montrent que les principaux postes de dépenses des paysans portent sur les achats divers de produits d'entretien,

39

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les appareils électroménagers, les moyens de déplacement, les frais de scolarisation, le social et le payement des dettes.

En comparant les postes de dépenses d'avant projet et ceux d'après projet, nous remarquons une nette évolution de la condition paysanne (Tableau 12).

Le pourcentage d'individus qui achètent les appareils électroménagers a connu une hausse de 31,11%. Les moyens financiers étant désormais présents, les populations pensent à satisfaire leurs besoins en électroménagers. Les outils de travail sont constitués de faucheuse, de bâches pour sécher le riz, de vanneuse etc. Les dépenses pour les frais de scolarisation ont augmenté de 24,45%. Cela est dû au fait de l'augmentation du nombre d'enfants.

Dans l'ensemble des paysans enquêtés arrivent à rembourser les dettes contractées. Les riziculteurs vivent pour la plus grande majorité, en concubinage. Le pourcentage de mariage légal est passé de 2,22% à 11,11%. Le mariage civil n'est pas encore encré dans les coutumes en Afrique. Le taux de riziculteurs dépensant dans les décès a connu une hausse de 18,89%. Une hausse significative de 48,89% a été notée au niveau de la participation au développement. L'ensemble des moyens de déplacement a connu une évolution de 22,22% signifiant ainsi le désir des paysans à faciliter l'accès à leurs parcelles. Cette évolution positive des postes de dépenses est incontestablement due aux revenus substantiels issus de la culture du riz. Le niveau de revenu a une incidence sur la participation des paysans au développement local.

Tableau 13 : Répartition des paysans en fonction de leur participation ou non au développement local

Réponse

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Oui

6

6,66

50

55,55

Non

84

93,33

40

44,44

Total

90

100

90

100

Source : Enquête, 2011

Avant la mise en place du projet, seulement 6 personnes, soit 6,66% des paysans enquêtés levaient des cotisations pour le développement local contre 84 (93,33%). Après le projet, le nombre de participants est passé à 50

40

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(55,55%) contre 40, soit 44,44% (Tableau 13). L'augmentation du pouvoir d'achats du plus grand nombre de paysans modifie la répartition et l'organisation du pouvoir politique local (Tableau 13).

En effet, l'économie marchande introduite par le projet riz centre modifie les relations au sein des groupes sociaux et l'ordre social traditionnel et coutumier. Le projet riz centre a donné la possibilité au plus grand nombre de paysans, quelque soit le rang social de sortir de l'anonymat par le travail. Cette situation a fait naître une nouvelle hiérarchie sociale fondée non plus sur le droit d'aînesse, les attributs sociaux, mais plutôt sur le pouvoir financier.

Dans l'ensemble, l'influence des `'nouveaux riches» sape, le plus souvent l'autorité des chefs traditionnels. Il joue un rôle de premier plan à tous les niveaux de la vie sociale. C'est à eux qu'on demande, généralement des crédits, des avances pour le financement de certains projets communautaires, l'organisation des réceptions d'officiels, le transfert d'un malade ou la mise en route d'élèves et écoliers pendant l'ouverture des classes.

Il convient de signaler que dans la nouvelle vie socio-économique, les paysans font de nombreuses dépenses somptuaires et occasionnelles. En effet en Afrique, la solidarité sociale voudrait que toute personne en deuil, par exemple trouve assistance auprès des autres membres de la communauté. Ainsi, tout individu, exception faite aux enfants doit participer financièrement aux obsèques. Cette contribution concerne l'organisation des funérailles. Le principe est le même quand il s'agit du mariage d'un membre de la communauté, surtout quand c'est l'individu lui-même qui se donne l'occasion de se marier pour la première fois ou de se prendre une deuxième, voire troisième épouse.

En outre, chaque fin de cycle de production constitue une traite pour les paysans qui coïncide avec des moments festifs qui sont des occasions pour eux de se réjouir. La fête de paques, par exemple constitue un événement important dans la vie des Baoulé (KOUASSI, 2001).Toutes ces cérémonies occasionnent dans la vie des paysans des dépenses somptueuses.

41

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II/ COMPARAISON DE LA VIE FAMILIALE AVANT ET

APRES PROJET

I-1) La situation matrimoniale et la taille de la famille

Tableau 14: Répartition de la situation matrimoniale des riziculteurs

Etat

matrimonial

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Célibataire

15

16,66

7

7,77

Marié

2

2,22

10

11,11

Concubinage

72

80

69

76,66

Veuf

1

1,11

4

4,44

Total

90

100

90

100

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête indiquent que de 15 avant la mise en place du projet, le nombre de célibataires est descendu à 7, soit une baisse de 7,77%. De 2, le nombre de mariés est passé à 10, soit 11,11% de l'ensemble des paysans enquêtés. De 72, soit 80%, le nombre de vie concubine est passé à 69, soit un taux de 76,66% sur l'ensemble (Tableau 14).

Tableau 15 : Répartition de la taille des ménages

Membre

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

1-3

20

22,22

10

11,11

4-6

43

47,77

20

22,22

7-9

19

21,11

40

44,44

9 et plus

08

8,88

20

22,22

Total

90

100

90

100

Source : Enquête 2011

La taille de ménage après le projet a connu une évolution par rapport à celle d'avant projet. Avant projet, 20 paysans enquêtés sur 90 avaient entre 1

42

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et 3 enfants, soit 22,22%. Le nombre est passé à 10 après projet, soit un taux de 11,11%. 43 ménages avaient entre 4 et 6 enfants, soit 47,77%. Le nombre est passé à 20, soit 22,22%. De 19 ménages ayant entre 4 et 7 enfants, soit 21,11%, le nombre est passé à 40 ménages, soit 44,44% sur l'ensemble. En somme, nous remarquons, dans l'ensemble une augmentation de la taille des familles après projet. L'augmentation de la taille des ménages est due au nombre de femmes et d'enfants relativement élevé par ménage (Tableau 15).

I-2) Le nombre de femmes par ménage

Tableau 16: Répartition du nombre d'épouses par ménage

Nombre

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Aucune

15

16,66

7

7,77

1-2

56

62,22

70

77,77

2-3

13

14,44

8

8,88

3-4

6

6,66

5

5,55

Total

90

100

90

100

Source : Enquête, 2011

Avant la mise en place du projet, 15 paysans, soit 16,66% n'avaient aucune épouse dans les ménages. Le nombre est passé à 7 après le projet, soit une baisse de 7,77%. Entre 1 et 2 épouses, le nombre est passé de 56 (62,22%) à 70 (77,77%). Cependant, l'on constate une baisse entre 2 et 3 épouses et entre 3 et 4 épouses.

En somme, nous constatons que la polygamie est en vigueur dans le cadre géographique de l'étude (Tableau 16).

43

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I-3) Le nombre d'enfants par ménage

Tableau 17 : Répartition du nombre d'enfants par ménage

Nombre

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Pas d'enfant

10

11,11

02

2,22

1

08

8,88

05

5,55

1- 2

04

4,44

16

17,77

2-3

15

16,66

10

11,11

3-4

20

22,22

15

16,66

4 enfants et plus

33

36,66

42

46,66

Total

90

100

90

100

Source : Enquête, 2011

Si avant le projet 10 ménages n'avaient aucun enfant, soit 11,11% le nombre est passé à 02 après projet, soit 2,22%. La majorité des ménages a entre 1 et 4 enfants. 42, soit 46,66% des ménages ont plus de 4 enfants après projet contre 33 après projet, soit 36,66% (Tableau 17).

L'augmentation de la taille des ménages par le nombre d'épouse et celui des enfants peut s'expliquer, d'abord à l'augmentation du niveau de vie (amélioration de l'état de santé, l'augmentation du niveau de revenu...etc).

Ensuite, elle aide à résoudre le déficit de main d'oeuvre pour les travaux champêtres. En effet, dans le système de l'économie agricole, les actifs de chaque famille constituent la première source de main d'oeuvre. Cette main d'oeuvre familiale comprend, le père, le ou les épouses, les enfants en âge de travailler. Chaque ménage a donc une capacité interne d'auto production alimentée par le fruit du travail de tous les membres du lignage.

Enfin, dans la société traditionnelle dont certaines valeurs persistent, le nombre élevé d'enfants et d'épousent constituent pour le chef du ménage une source de promotion sociale et de considération dans la société (KINDO, 1995).

44

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CHAPITRE II : L'évolution du niveau

d'équipement et du cadre

de vie

I/ LE NIVEAU D'EQUIPEMENT

I-1) L'électricité

Tableau 18 : Répartition des modes d'éclairage

Nature de
l'éclairage

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

CIE

82

91,11

87

96,66

Lampe tempête

8

8,88

3

3,33

Autre

-

-

-

-

Total

90

100

90

100

Source: Enquête, 2011

Avant la mise en place du projet riz centre, 82 paysans interrogés sur 90, soit 91,11% étaient connectés au réseau électrique de la Compagnie Ivoirienne d'Electricité (CIE) contre 8, soit 8,88%. Après le projet le nombre d'abonnés est passé à 87, soit 96,66% contre 3 représentants 3,33% (Tableau18). La tendance à la généralisation du courant électrique dans tous les ménages est une réponse à la modernisation des villages (Tableau 18).

45

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I-2) BNETD/IFHER EATDL

L'eau courante

Tableau 19: Répartition des modes d'alimentation en eau

Mode

d'alimentation

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Eau courante

61

67,77

74

82,22

Fontaine ou pompe villageoise

24

26,66

13

14,44

Puits traditionnel

5

5,55

3

3,33

Total

90

100

90

100

 

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête indiquent que 61 (67,77% des ménages étaient connectés au réseau de distribution d'eau potable de la Société de Distribution d'Eau de Côte d'Ivoire (SODECI) 24 (26,66%) s'approvisionnaient avec une fontaine publique et 5 ; soit 5,55% utilisaient les puits traditionnels. Après le projet, l'on enregistre respectivement 74 (82,22%), 13 (14,44%) et 3 (3,33%). Avec l'évolution du temps, l'utilisation de l'eau potable se généralise dans tous les ménages (Tableau 19).

I-3) L'utilisation des appareils électroménagers

Tableau 20 : Répartition des biens d'équipement

Nature

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Réfrigérateur

08

08,88

12

13 ,33

Télévision

50

55,55

77

85,55

Radio

73

81,11

86

95,55

Téléphone portable

00

00

100

100.00

Gazinière

10

11,11

12

13,33

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête indiquent une évolution positive du niveau d'équipement des paysans. Avant la mise en place du projet, 8 paysans sur 90 interrogés, soit 08,88% possédaient un réfrigérateur. Après le projet, le

46

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nombre est passé à 12, soit 13,33%. Un autre progrès est enregistré au niveau du poste téléviseur. 50 paysans, avant le projet détenaient chacun un poste téléviseur, soit 55,55%. Le nombre est passé à 77 (85,55% après le projet. L'écoute radiophonique se généralise avec 86 postes de radios (95,55% après le projet, alors que le nombre n'était que 73 avant le projet, soit 81,11%. L'acquisition de téléphone portable a enregistré le grand succès avec un record de 100% après le projet. De 10 gazinière avant le projet, soit 11,11% le nombre est passé à 12, soit13,33% (Tableau 20).Grâce à la télévision, à la radio et au téléphone portable, les paysans suivent l'actualité nationale et internationale et participent à la lutte contre la pauvreté en milieu rural.

I-4) Les sources d'énergie pour la cuisine

Tableau 21: Répartition des types de combustible utilisé

Nature du combustible

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Gaz butane

10

11,11

12

13,33

Bois de chauffe

77

85,55

78

86,66

Charbon

73

81,11

78

86,66

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête montrent que trois sources d'énergie sont à la fois utilisées par les paysans. Ainsi, avant et après la mise en place du projet, le nombre de ménages qui utilisent le bois de chauffe et le charbon a très peu changé. Pour le bois de chauffe, on enregistre 77 (85,55%) avant le projet et 78 (86,66%). Quant au charbon, l'évolution est de 73, soit 81,11% et 78, soit 86,66%. En raison du mode de vie traditionnel dans les villages, l'utilisation du gaz butane n'est pas encore généralisée (Tableau 21).

47

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I-5) Le moyen de déplacement des chefs de ménage

Tableau 22 : Répartition des moyens de déplacement

Nature de l'engin

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Bicyclette

20

22,22

40

44,44

Moto

9

10

9

10

Voiture

1

1,11

2

2,22

Aucun

60

66,66

39

43,33

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête montrent que la bicyclette est le moyen de déplacement le plus utilisé des paysans. Ainsi de 20 bicyclettes avant la mise en place du projet, soit 22,22%, le nombre de bicyclettes est passé à 40, soit 44,44%. Ils s'en servent pour se rendre sur leurs parcelles de cultures et revenir. Quant aux engins motorisés, seulement 2 paysans possèdent, chacun un véhicule après le projet, soit 2,22% contre 1 avant le projet (Tableau 22).

II/ EVOLUTION DE L'HABITAT ET DU CADRE DE VIE

II-1) Type de logement

Tableau 23 : Répartition du type de matériau de construction

Type de
matériau

Eff avant
projet

%

Eff après projet

%

Maison en bois

-

-

-

-

Maison en banco

07

7,77

5

5,55

Maison en dur

83

92,21

85

94,43

Total

90

100

90

100

Source : Enquête, 2011

48

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Les constructions en bois ont disparu du cadre de vie des paysans pour faire place à des constructions en dur dont la moyenne tourne autour de 92%. Toute fois, il existe quelques constructions en banco, soit 5,55% (Tableau 23).

II-2) Le mode d'habitation

Tableau 24 : Répartition du mode de logement

Mode de
logement

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Logement familial

66

73,32

34

37,77

Logement personnel

04

4,44

09

10

Location

20

22,22

47

52,22

Total

90

100

90

100

 

Source : Enquête, 2011

Avant la mise en place du « Projet Riz Centre », 66 paysans, soit 73,32% occupaient des logements familiaux. Après le projet, le nombre est tombé à 34, soit 37,77%. La diminution du nombre de paysan vivant dans des habitations familiales s'explique par le départ de certains paysans du cercle familial après avoir bâti un logement.

Cependant, le nombre de paysans possédant leur propre logement est relativement bas. Car avant la mise en place du projet, seulement 4 paysans possédaient eux-mêmes leurs logements, soit 4,44%. Après le projet, ils sont 9, soit 10%. Par ailleurs, de 20 paysans, soit 22,22% qui vivaient en location, le nombre a augmenté pour atteindre 47, soit 52,22% (Tableau 24).

II-3) Les infrastructures socio-économiques de base

Si tous les villages enquêtés possèdent chacun une école primaire, seuls Subiakro et Zatta ont des centres de santé. Ce sont des centres de santé communautaires dotés de maternité et d'infirmerie. Le centre de santé de Subiakro est aussi spécialisé dans le traitement de l'ulcère de Buruli, maladie due à une infection micro-bactérienne présente dans la zone de Yamoussoukro. Il a été mis en place par les religieuses de l'Eglise catholique

49

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et est dirigé par elles. Le centre de santé de Zatta a été mis en place par le gouvernement ivoirien. En outre, Zatta possède un dépôt de pharmacie (Figure 01).

Le programme d'électrification rurale a touché tous les villages enquêtés ainsi l'accès à l'eau potable, distribuée par Société de Distribution d'Eau de Côte d'Ivoire (SODECI).

Outre la réhabilitation de barrages hydroélectriques, le projet a reprofilé environ 88 km de pistes et a construit 5180 m2 de magasin de stockage. La majorité des infrastructures laissées est aujourd'hui en désuétude par manque d'entretien.

50

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CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE

La deuxième partie de notre recherche s'est axée sur les changements intervenus après le Projet Riz Centre dans la vie des paysans bénéficiaires.

Il ressort de l'étude que le projet a favorisé la création et la satisfaction de plusieurs besoins vus les revenus que la culture du riz irrigué a apportés aux bénéficiaires. En effet, elle assure aux riziculteurs des revenus fixes assez conséquents qui leur permettent de s'assumer et d'assumer les différentes charges auxquelles ils font face et ainsi donc d'améliorer leurs conditions de vie. Aussi l'augmentation du pouvoir d'achats du plus grand nombre de paysans a-t-elle modifié la répartition et l'organisation du pouvoir politique local en changeant les relations au sein des groupes sociaux et l'ordre social traditionnel et coutumier. Ces informations relèvent du chapitre I.

Le chapitre II quant à lui, parle de l'évolution du niveau d'équipement et du cadre de vie des riziculteurs après la culture du riz irrigué. Ce chapitre expose la nouvelle situation matrimoniale, le type d'habitat et leur niveau d'équipement ainsi que les moyens de déplacement de nos enquêtés. En outre, ce chapitre met en exergue les infrastructures socioéconomiques de base des villages de l'enquête.

51

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CONCLUSION GENERALE

Notre intention en abordant ce sujet de : « Impacts socio-économiques du Projet Riz Centre sur les conditions de vie des paysans: le cas des périmètres irrigués de Yamoussoukro » était d'étudier l'apport de la riziculture irriguée dans l'amélioration des conditions de vie paysanne et par dévers, de promouvoir la culture du riz sur le territoire national dans l'optique de l'augmentation de la production nationale et la satisfaction de la demande nationale.

Nous nous sommes efforcées d'atteindre dans notre analyse, les objectifs fixés et de vérifier les hypothèses assignées au départ. Nous avons exposé dans cette étude les conditions de réalisations du Projet Riz Centre. Notre intérêt s'est également porté tout au long du travail sur les changements intervenus dans les différents domaines de la vie des bénéficiaires après le projet.

Au terme de l'étude, l'on a pu constater les changements intervenus dans la vie des bénéficiaires du projet. Le Projet Riz Centre a pu fournir à ces paysans des revenus substantiels qui leur permettent d'apporter des réponses à leurs besoins quotidiens, d'améliorer ainsi leur existant.

Aussi dans l'optique d'augmenter la production nationale et de lutter contre la pauvreté, quelle initiative doit-on prendre pour inciter la production de riz et quelle politique faut-il initier afin d'insérer les jeunes gens sans emplois dans le tissu socio-économique par la riziculture irriguée ?

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LISTE DES PHOTOS ET SCHEMA

Photo 1 : Aménagement rizicole du périmètre de Nanan

Photo2 : Aménagement du périmètre de Subiakro

Photo 3 : Une vue du barrage hydro-agricole de Zatta

Photo 4 : Vue du barrage hydro-agricole de Nanan

Photo 5 : Du riz récolté prêt à transporter à l'aide de motoculteur

Photo 6 : Une riziculture en maturité

Schéma 1: Itinéraire culturale du riz irrigué

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Répartition des localités d'enquête

Tableau 2 : Répartition des populations enquêtées par localité

Tableau 3: Répartition des paysans candidats à la riziculture irriguée par

localité

Tableau 4: Répartition des superficies couvertes par le projet

Tableau 05 : Répartition des sources de financement

Tableau 06 : Répartition des catégories de dépenses

Tableau 07 : Répartition des superficies allouées à chaque paysan

Tableau 8 : Calendrier de la culture du riz irrigué

Tableau 9 : La production moyenne des paysans par cycle

Tableau 10: Répartition du niveau de revenu net moyen par paysan

Tableau 11: Répartition du niveau de revenu net moyen par paysan

Tableau 12: Répartition des postes de dépenses

Tableau 13: Répartition des paysans en fonction de leur participation ou non

au développement local

Tableau 14: Répartition de la situation matrimoniale des riziculteurs

Tableau 15: Répartition de la taille des ménages

Tableau 16: Répartition du nombre d'épouses par ménage

Tableau 17: Répartition du nombre d'enfants par ménage

Tableau 18: Répartition des modes d'éclairage

Tableau 19: Répartition des modes d'alimentation en eau

Tableau 20: Répartition des biens d'équipement

Tableau 21: Répartition des types de combustible utilisé

Tableau 22 Répartition des moyens de déplacement

Tableau 23: Répartition du type de matériau de construction

Tableau 24: Répartition du mode de logement

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BIBLIOGRAPHIE

I/ OUVRAGES DE METHODOLOGIE

AFFOU Y. S. et GOURENNE G., 2005. Guide pratique de la rédaction scientifique. Edition EDUCI, 67p.

N'DA P., 2000. Méthodologie de la recherche, de la problématique à la discussion des résultats ; comment réaliser un mémoire, une thèse en Sciences sociales et en Education ? Edition EDUCI, Abidjan.

II/ THESES ET MEMOIRES

DINGUI A. J., 2001. Appui à la production et contribution à l'amélioration de la commercialisation du riz en région Centre : cas des périmètres irrigués de Yamoussoukro. Mémoire de fin de cycle, INPHB Yamoussoukro.

KOUAME K. A., 2001. Analyse de la gestion des semences de riz et de l'adaptation des variétés modernes en milieu paysan. Mémoire de fin de cycle, INPHB Yamoussoukro.

DJEA Y. F.A., 2003. Estimation des fonctions d'offre et de la demande de riz en Côte d'ivoire (1960-2000). Mémoire de fin de cycle, INPHB Yamoussoukro.

SILUE M., 2005. Les déterminants de l'adoption de la riziculture irriguée dans une perspective de promotion: cas de la région des lacs. Mémoire de fin de cycle, INPHB Yamoussoukro.

III/ RAPPORT S

Direction de l'Aménagement du Territoire (DAT), octobre 1974. Les projets industriels des villes de l'intérieur, leur impact sur l'économie régionale. SIGES, Abidjan.

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ETTE J., Emmanuel J.B., VEIL L., GBAKA A. & TOPLE Y., 1999. Evaluation de l'impact des fonds sociaux sur la réduction de la pauvreté en Côte d'ivoire. Vol 1/Rapport principal, CEPRASS, Abidjan.

E.M.C., 2002. Etude pour la formulation de la politique rizicole de la Côte d'ivoire.

N'DRI B., 1994. La production de riz en Côte d'ivoire évolution et contraintes. Séminaire sur le développement de l'agriculture irriguée de bas-fonds en Côte d'ivoire.8-9 novembre 1994. Abidjan.

ABN. 2004. Projet « Fonds pour l'environnement mondial (FEM) » - Inversion des tendances à la dégradation des terres et des eaux du bassin du fleuve Niger. Cadre de gestion environnementale et sociale (CGES) des projets pilotes de démonstration et du programme des micro-subventions.

Kouadio Y. 1994. Rapport sur l'agriculture irriguée en Côte d'Ivoire.

Mott MacDonald International. 1991. Évaluation hydrologique de l'Afrique sub-saharienne. Pays de l'Afrique de l'Ouest. Rapport de pays: Côte d'Ivoire.

Diomande, K. 1995, Dévaluation et autosuffisance alimentaire : le cas de la filière riz en Côte d'Ivoire, CIRES, 77 p.

Dozon JP., 1979, Impasses et contradictions d'une société de Développement: l'exemple de l'opération riziculture irriguée en Côte d'Ivoire, cahiers ORSTOM, Volume 16.

MINAGRA, 1993. Projet de développement de la riziculture irriguée et des productions alimentaires connexes dans les régions Centre et Centre-Nord de la Côte d'ivoire. Annexes

MINAGRA et N.B.B. Consultant, 2002. La politique rizicole, diagnostic de la filière riz.

MINAGRI et BETPA., 1979. Etudes des potentialités de la riziculture irriguée. DCGTX., 1991. La riziculture irriguée et les aménagements hydro-agricoles.

ANADER [Agence nationale d'appui au développement rural]. 1994. Aménagements rizicoles.

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FAO, Banque Mondiale. 1998. Côte d'Ivoire - Programme de sécurité alimentaire et petite irrigation, Note de stratégie et projet de première phase. Rapport provisionnel. 98/079 CP-IVC.

FAO, HCH. 1999. Élaboration d'outils de gestion intégrée des ressources en eau en Côte d'Ivoire: projet pilote dans le bassin du Bandama. Rapport de la mission de consultation de Dr. Maziliauskas Antanas, qui s'est tenue en Côte d'Ivoire du 11-01-1999 au 18-02-1999.

HCH, République de Côte d'Ivoire. 1999. Programme national hydraulique 2000-2010 Tome 1 - Politique, stratégies et composantes du programme.

FAO, PAM. 2004. Rapport spécial - Mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires en Côte d'Ivoire.

IV/ ARTICLES

BONO, 1984. Quelques aspects actualisés du problème. FAO. 1996. Stratégie du secteur agricole à l'horizon de 2010.

FAO. 1999. Côte d'Ivoire - Éléments de stratégie nationale de développement de la petite irrigation et plan d'action opérationnel.

FAO. 2000. Gestion intégrée des ressources en eau - Côte d'Ivoire. TCP/IVC/6713.

FAO. 2001. Étude prospective du secteur forestier en Afrique (FOSA) - Côte d'Ivoire.

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TABLE DES MATIERES

SOMMAIRE I

SIGLES ET ABREVIATION II

DEDICACE III

REMERCIEMENT IV

AVANT PROPOS V

INTRODUCTION

OBJECTIFS DE L'ETUDE

 
 

1

 

2

? Objectif général

 
 
 
 

2

? Objectifs spécifiques

 
 
 
 

3

HYPOTHESES DE RECHERCHE

 
 
 
 

3

I/ CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L'ETUDE

 
 
 

3

 

I-1 Le contexte de l'étude

 
 
 
 

3

I-2 La justification de l'étude

 
 
 
 

4

I-2-1) La raison

scientifique

 

4

 
 
 

I-2-2) La raison socio-

économique

5

 
 
 
 

II/ CADRE METHODOLOGIQUE

 
 
 

6

 

II-1 Les unités d'observation

 
 
 
 

6

II-2 Description des données : Les variables d'analyse

 
 
 
 

6

III/ AQUISITION ET TRAITEMENT DE L'INFORMATION

 
 

7

 
 

III-1) La littérature

 
 
 
 

8

III-2) Les enquêtes de terrain

 
 
 
 

8

III-3) Les techniques de collecte de données

 
 
 
 

9

III-4) Les types d'enquête

 
 
 
 

9

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III-5) La technique d'échantillonnage 10

III-6) Les méthodes du traitement des données 11

PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DU «PROJET RIZ

CENTRE»

CHAPITRE I : Le contexte national de la mise en place du «Projet Riz Centre»

I/ LA POLITIQUE NATIONALE DE RIZ

I-1) Le déficit de production du riz

I-2) La mise en place des programmes de production du riz

I-3) La culture irriguée du riz, un choix stratégique

II/ LE MILIEU D'ACCUEIL DU PROJET

II-1) Présentation du cadre de l'étude

II-1-1- Situation géographique et administrative du cadre de l'étude II-1-2- Ressources climatiques et végétales

II-1-3- L'économie locale

II-2) Le « Projet Riz Centre » II-2-1- Généralités

II-2-2- L'objectif global

II-2-3- Les objectifs spécifiques

II-3) Les mécanismes de la mise en place II-3-1- Approches socio-économiques II-3-2- Approches techniques et financiers

CHAPITRE II : Le fonctionnement du projet I/ LES ORGANISATIONS PAYSANNES

I-1) Le Projet Riz Centre et l'innovation dans le domaine agricole

I-2) Des initiatives d'appui logistique

I-3) Les superficies allouées aux paysans

II/ LES PRATIQUES CULTURALES ET LE CYCLE DE PRODUCTION

II-1) Les pratiques culturales

II-2) Le cycle de production

II-3)Le niveau de production

II-4) Le circuit de commercialisation

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CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE

DEUXIEME PARTIE : LES CHANGEMENTS SOCIO-ECONOMIQUES INTERVENUS DANS LA VIE DES PAYSANS

CHAPITRE 1: Les nouvelles conditions de vie socio-économiques

I/ LE NIVEAU DE REVENU DES RIZICULTEURS ET LES POSTES DE DEPENSES

I-1) Le niveau moyen de revenu par paysan au prix d'achat de 150F. CFA. /kg

I-2) Le niveau moyen de revenu par paysan au prix d'achat de 200 F.CFA/kg

I-3) Comparaison du niveau de revenu avant et après projet

I-4) L'affectation des revenus nets tirés de la vente du riz

II/ COMPARAISON DE LA VIE FAMILIALE AVANT ET APRES PROJET

I-1) La situation matrimoniale et la taille de la famille

I-2) Le nombre de femmes par ménage

I-3) Le nombre d'enfants par ménage

CHAPITRE II : L'évolution du niveau d'équipement et du cadre de vie

I/ LE NIVEAU D'EQUIPEMENT

I-1) L'électricité

I-2) L'eau courante

I-3) L'utilisation des appareils électroménagers

I-4) Les sources d'énergie pour la cuisine

I-5) Le moyen de déplacement des chefs de ménage

II/ EVOLUTION DE L'HABITAT ET DU CADRE DE VIE

II-1) Type de logement

II-2) Le mode d'habitation

II-3) Les infrastructures socio-économiques de base

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CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE

CONCLUSION GENERALE Liste des photos et schéma Liste des tableaux

Bibliographie

Table des matières

Annexe

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ANNEXES

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



Appel aux couturier(e)s volontaires

Hack the pandemiuc !

Moins de 5 interactions sociales par jour



BOSKELYWOOD from Ona Luambo on Vimeo.