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Impact du risque politique sur les investissements directs étrangers en Afrique subsaharienne

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par Didier Jol Kama N'GBESSO
Université d'Auvergne Clermont- Ferrand1, centre d'études et de recherches sur le développement international - Master 2 2010
  

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ABSTRACT

This study analyzes the impact of political risk on net flows of foreign direct investment inflows in 31 countries in Sub-Saharan Africa from 1984 to 2008. The results indicate a significant negative relationship between political risk and FDI inflows in SSA. Indeed, the indicator score political risk overall the International Country Risk Guide is positively related to FDI flows. This means that any increase in political risk leads to a decrease in net flows of FDI inflows in SSA. The result is robust to all tests in our analysis.

Keywords: foreign direct investment, political risk, Sub-Saharan Africa.

INTRODUCTION

Le développement économique dépend en majeure partie des investissements profitables (Busse et Hefeker, 2007). Pendant les années 1990, les investissements directs étrangers étaient une source de financement très importante dans les économies en développement. Ozturk (2007) souligne ainsi que « pendant les fluctuations des flux de capitaux dans les années 1990, les investissements directs étrangers étaient la principale source de flux dans les pays en développement ». En effet, par rapport aux autres sources de capitaux, les investissements directs étrangers étaient moins volatiles et n'étaient pas procycliques. La Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (2003) affirme que les investissements directs sont devenus un important facteur de développement économique global et d'intégration au cours des années 1990. De plus, Ludger Odenthal (2001) ajoute que l'accès aux IDE peut compléter l'épargne intérieure habituellement faible dans les pays en développement et donc apporter le capital nécessaire pour financer la croissance économique et le développement. En Afrique particulièrement, le taux d'épargne était très faible. Le taux d'épargne brut en Afrique Subsaharienne, évalué en pourcentage du PIB, diminuait de 21.3% sur la période 1975-1984 à 17.4% au cours de la période 1995-2002 (Dupasquier & Osakwe, 2005). C'est ainsi que bon nombre de dirigeants et de chercheurs ont conclu que les investissements directs étrangers peuvent avoir un effet positif important sur le développement du pays hôte. Plusieurs études ont par ailleurs confirmé l'impact positif des investissements directs étrangers sur la croissance économique dans les pays. Selon Alfaro L. et al (2009), les investissements directs étrangers en plus du capital financier qu'ils apportent, sont une source précieuse de technologie et de savoir-faire qui sont profitables aux entreprises locales et donc peuvent aider à la relance de l'économie dans le pays hôte. Les investissements directs étrangers devraient permettre aux pays en développement de disposer du capital nécessaire à l'investissement. Les gouvernements espéraient recevoir des investissements directs étrangers la technologie, les pratiques managériales et organisationnelles et l'accès aux marchés (UNCTAD, 1995). De plus, la théorie néoclassique prédisait un afflux des capitaux des pays riches à productivité du capital faible vers les pays pauvres à productivité du capital élevée. Si le capital circulait librement, les nouveaux investissements seraient exclusivement dirigés dans les pays pauvres, et cela continuerait à être vrai jusqu'à ce que les rendements du capital s'égalisent dans tous les pays (Alfaro et al, 2005). Les prévisions étaient encore plus optimistes pour l'Afrique. La tendance générale à la fin des années 80 était donc de mettre en place des mesures pour attirer les investissements directs étrangers. Le milieu des années 1990 a ainsi été caractérisé par un mouvement général vers la libéralisation et la facilitation des investissements directs étrangers » (UNCTAD, 1995). Les premières mesures s'orientaient vers la libéralisation des lois et politiques nationales sur les investissements directs étrangers. 108 des 110 nouvelles réformes adoptées dans 49 pays concernaient la libéralisation ou la promotion des investissements directs étrangers (UNCTAD, 1995).

Les premiers constats des entrées nettes d'investissements directs étrangers infirmaient la prédiction de la théorie néoclassique standard sur le mouvement des capitaux. On a constaté une part très faible des entrées nettes d'investissements directs étrangers dans les pays en développement. En 1990, la part des flux nets d'investissements directs étrangers entrants dans les pays en développement était seulement de 16.92% alors que celle entrant dans les pays développés faisait plus de 83%1(*). En 1994, l'Afrique Subsaharienne a reçu 1.8 milliards de dollars en investissement direct étranger, ce qui représentait la taille des flux de la Nouvelle Zélande à elle seule (WIR, 1995). En 2000, les IDE entrants dans le continent Africain restaient encore très faibles malgré leur progression dans le temps puisqu'ils représentaient à peine 0.6% des flux d'IDE dans le monde, ce qui équivalait à la quantité totale d'IDE en Finlande la même année (OECD, 2002). Les investissements directs étrangers à destination des pays en développement étaient ainsi très faibles comparés aux investissements directs étrangers à destination des pays développés, et ils étaient encore plus faibles en Afrique Subsaharienne. Le continent Africain n'a pas bénéficié de suffisamment d'investissements directs étrangers en dépit du fait que les pays de la région ont fait beaucoup d'efforts pour attirer les investissements... (UNCTAD, 1995). Lucas (1990) s'est penché sur cette réalité en cherchant à savoir pourquoi les pays en développement ont été incapables d'attirer les capitaux étrangers. C'est ce que l'on appellera le « paradoxe de Lucas »... Pourtant dans la période 1991-1996, les taux moyens de retour sur les investissements directs étrangers en Afrique étaient les plus élevés du monde. Ces taux moyens de retour sur les investissements en Afrique étaient de 30% tandis que ceux de l'Asie et Pacifique, de l'Amérique Latine et des autres pays en développement étaient respectivement de 21, 14% et 16% (UNCTAD, 1999 in Asiedu, 2002).

Plusieurs auteurs ont cherché alors à connaitre les facteurs qui pourraient attirer les IDE dans tel ou tel pays ou dans une région donnée plutôt qu'une autre. Le risque politique a été désigné comme l'un des facteurs les importants influençant les flux d'IDE. Pour Lucas (1990), le manque d'IDE dans les pays avec d'importants bénéfices marginaux du capital investi est dû au fait que les pays en développement font face à des niveaux de risques politiques plus élevés que les pays industrialisés. Le risque politique constitue l'ensemble des actions et des politiques de la société et du gouvernement, qui prennent naissance à l'intérieur ou à l'extérieur d'un pays, et qui affectent négativement un groupe spécifique, ou la majorité des affaires et des investissements des étrangers (Simon 1982 in Desbordes 2010). Un grand nombre d'études se sont intéressés à l'impact du risque politique sur les influx d'IDE dans les pays en développement mais très peu sur l'Afrique subsaharienne. Asiedu (2002) affirma que, « sachant que les investissements directs étrangers contribuent à la croissance, peu de travaux empiriques sur les investissements directs étrangers se sont concentrés sur l'Afrique qui est pourtant la région la plus pauvre du monde »2(*). Quel serait donc l'impact du risque politique sur les investissements étrangers en Afrique Subsaharienne ? L'Afrique Subsaharienne est-elle réellement exposée à des niveaux élevés de risques politiques comme le soutient Lucas pour l'ensemble des pays en développement ? Nous choisissons donc l'analyse du cas exclusif de l'Afrique Subsaharienne pour tenter d'appréhender l'impact réel du risque politique sur les influx d'IDE dans cette région en développement. Aussi, comme le souligne Samuel Adams (2009), la focalisation de l'Afrique subsaharienne qui offre des conditions sociales, économiques et politiques similaires peut aider à réduire les biais dus à la sélection de l'échantillon.

L'objet de cette étude est donc l'analyse de l'impact du risque politique sur les flux nets d'entrées d'investissements directs étrangers en Afrique Subsaharienne. Nous contrôlerons la robustesse des résultats obtenus avec les variables utilisées habituellement dans la littérature sur les déterminants des IDE. Notre analyse s'articule en deux grands chapitres. Le 1er chapitre sera consacré à l'analyse théorique. Il renfermera les réflexions théoriques existantes sur le Paradoxe de Lucas, la relation IDE - croissance économique, et la définition des IDE et du risque politique. Le second chapitre sera consacré à l'analyse empirique de l'impact du risque politique sur les flux nets d'entrées d'IDE en Afrique Subsaharienne. Nous utilisons différentes méthodes dans notre analyse. D'abord, nous utilisons la méthode des MCO Pooled qui donnera une première idée des résultats obtenus. Ensuite, nous utiliserons le modèle à effet fixe pour prendre en compte l'hétérogénéité individuelle et temporelle inobservée due aux données de panel. Enfin, nous corrigeons les problèmes d'autocorrélation des résidus et d'endogénéité de notre variable d'intérêt (le risque politique) avec respectivement la méthode Feasible Generalised Least Squares et celle des doubles moindres carrés.

* 1 Résultats issus des calculs de l'auteur : part des flux d'IDE respectifs des pays en développement et des pays développés rapportés aux flux d'IDE dans le monde à l'année 1990, exprimés en pourcentage.

Source : UNCTAD, FDI Online.

* 2 Selon Asiedu (2006), en se focalisant sur l'Afrique l'analyse empirique peut avoir une plus grande crédibilité auprès des décideurs Africains. En effet, elle affirme que l'opinion générale africaine pense que l'Afrique est structurellement différente du reste du monde, et donc pour les dirigeants Africains les résultats obtenus sur les continents Asiatique et Latino-Américain ne peuvent pas s'appliquer à l'Afrique.

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