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La réception des actes intrinsèquement mauvais d'après Bernard HàĪring

( Télécharger le fichier original )
par Daniel KIMBMBA KAHYA
Université catholique du Congo - Licence 2012
  

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DEDICACE

A Eric KONGO, pilier de cette promotion, mort avant,

A Emmanuel PEMBELE, mon ainé,

retourné auprès du Père il y a quelques mois...

Je dédie ce travail !

AVANT-PROPOS

Nous voici au terme de ce deuxième cycle universitaire à la Faculté de Théologie. Ce présent travail vient couronner tous les efforts consentis au cours de ces cinq longues années de licence passées à l'Université Catholique du Congo. Pour y parvenir, nous avons eu l'assistance de plusieurs personnes qui nous ont aidé à réaliser ce travail scientifique. Ainsi, nous faisons notre, le devoir de nous acquitter de la dette de reconnaissance envers toutes ces personnes.

Nous tenons de ce fait à remercier sincèrement le Professeur Monseigneur Sébastien MUYENGO, évêque auxiliaire de Kinshasa qui, malgré le temps qu'il devait consacrer à sa nouvelle et lourde tâche épiscopale, a bien voulu diriger ce travail. Nous le remercions de tout coeur. A travers lui, nous pensons également à tout le corps professoral de la Faculté de Théologie qui nous a donné une solide formation scientifique. Aux amis et combattants de lutte de notre promotion, nous réitérons les mêmes sentiments.

Nos remerciements s'adressent aussi à la Société Saint Paul qui a eu confiance en nous, en nous envoyant étudier dans une bonne institution académique. Nous pensons ainsi à tous les confrères de notre circonscription et plus encore aux membres de notre communauté du Juniorat. Que le Père Roberto PONTI, recteur de la Communauté du Juniorat et en même temps l'actuel Supérieur Régional, trouve à travers ces lignes, l'expression de notre sentiment de reconnaissance à cause de ses encouragements.

A tous ceux qui nous ont aidé de près ou de loin, afin d'arriver à ce stade où nous nous retrouvons actuellement, qu'ils retrouvent à travers ces pages notre sentiment de reconnaissance.

Daniel KAHYA, ssp

SIGLES ET ABREVIATIONS

- AAS : Actae Apostolicae Sedes

- AM : Africae Munus

- CEC : Catéchisme de l'Eglise Catholique

- CENCO : Conférence Episcopale Nationale du Congo

- DC : Documentation Catholique

- ES : Ecclesia Suam

- G.S : Gaudium et Spes

- H.V : HumanaeVitae

- O.T : Optatam Totius

- R.P : Reconciatio et Poenitentia

- SCEAM : Symposium des Conférences Episcopales d'Afrique et de Madagascar

- V.S : Veritatis Spendor

0. INTRODUCTION GENERALE

0.1 Problématique

L'appréciation de la bonté ou de la malice morale d'un acte n'est pas chose simple. Les éléments dont il faut tenir compte sont si nombreux qu'on ne sait pas toujours par où commencer. Si l'on cherche conseil auprès des gens plus avisés que soi, les uns diront qu'il faut accorder un poids prépondérant à l'intention de celui qui agit. D'autres insisteront sur l'objectivité de l'acte et sur son rapport de conformité à la loi ou à ce qui est socialement reconnu et accepté. Suivant une autre sensibilité, la priorité ira aux circonstances concrètes dans lesquelles se déroule l'action. Certains refuseront encore qu'on puisse apprécier un acte à sa juste valeur tant qu'on n'a pas pris en compte ses multiples conséquences. Les plus pointilleux voudraient enfin que la marche à suivre et les critères d'appréciation dépendent de l'acte en question. Ils feront valoir que ce n'est pas de la même manière qu'on analyse et apprécie une action ou une omission, ni un acte dont on est soi-même l'instigateur et que l'on commet seul, ou un acte que l'on commet sous le conseil ou avec le concours d'un autre. Ils voudront aussi que l'on tienne compte des facteurs qui ont pu diminuer, voire supprimer la liberté de l'agent, puisque la responsabilité n'est pas la même lorsqu'on agit avec plein consentement et en parfaite lucidité, ou sous l'influence de la pression sociale, de la contrainte, de la colère, de l'ignorance ou de la peur. Sans oublier bien sûr qu'un jugement éthique sérieux suppose la prise en considération de la complexité même du contexte dans lequel l'acte se déroule et de la ou des multiples significations qu'il revêt alors.

Au-delà de ce débat, le Catéchisme de l'Eglise Catholique, affirme : « Il y a des comportements concrets qu'il est toujours erroné de choisir parce que leur choix comporte un désordre de la volonté, c'est-à-dire un mal moral. Il n'est pas permis de faire le mal pour qu'il en résulte un bien. »1(*) Il s'agit en particulier des actes qui ne peuvent pas être orientés à Dieu, parce qu'ils sont en contradiction radicale avec le bien de la personne, créée à l'image de Dieu. Ce sont des actes qui, dans la tradition morale de l'Église, ont été appelés intrinsèquement mauvais (intrinsece malum) puisqu'ils le sont toujours en eux-mêmes, c'est-à-dire indépendamment de leur objet.2(*)

En effet, le problème des actes intrinsèquement mauvais est l'une des questions de discussion du renouveau provoqué en théologie morale par le Concile Vatican II et les débats soulevés par les encycliques Humanae vitae3(*) (1968) et Veritatis Spelendor (1993).4(*) En fait depuis quelques décennies déjà la théologie morale était entrée dans une phase nouvelle de son histoire : après une période d'exploitation relativement paisible des doctrines et des solutions élaborées au cours des siècles derniers, elle a connu un regain d'activité et d'actualité comme le dit B. Häring : « Au cours de ce siècle, il n'est pas sans doute de discipline théologique qui ait connu des mutations aussi profondes que la théologie morale. Ces mutations vont de pair avec la conception que l'Eglise a d'elle-même, avec la relation Eglise-monde, avec le renouveau biblique, le dialogue avec les sciences humaines, l'ouverture oecuménique, le pluralisme culturel... Il s'agit donc d'une profonde crise d'identité concernant l'enseignement de la théologie morale dans l'Eglise catholique et de l'identité même du théologien moraliste »5(*).

Partant de ce qui précède, nous pouvons affirmer que cette crise de la théologie morale était due à la confrontation avec les problèmes et les mouvements d'idées que provoque un monde en effervescence obligeant ainsi les chrétiens et les théologiens moralistes catholiques à une révision des exposés anciens de la morale.

Plusieurs auteurs ont corroboré cette idée de renouveau de la théologie morale comme S. Pinckaers qui affirme à ce propos: « On parle beaucoup aujourd'hui d'une révision de la morale. Certains s'en réjouissent, d'autres s'en effraient. Le problème est posé et le théologien ne peut se dispenser de l'aborder, car il lui revient de rendre compte du dépôt révélé de la foi, de la défendre au besoin, d'en rechercher et d'en manifester les richesses (...) sous l'inspiration de la foi et la direction de l'Eglise »6(*). Et comme nous l'avons souligné ci-haut, durant cette crise, la question des actes intrinsèquement mauvais était aussi au centre de préoccupations et de discussions de moralistes catholiques et des autre chercheurs et penseurs.

A la suite du Concile et de la publication de l'encyclique Humanae vitae, la question des actes intrinsèquement mauvais a suscité beaucoup d'interrogations et a dicté différentes prises de position, d'abord sur des problèmes concrets et toujours d'actualité dans le grand public comme la contraception, l'avortement, la torture... Des problèmes concrets, la question est remontée aux raisons et aux principes qui fondent les solutions, jusqu'à la conception de l'agir moral sur laquelle on s'appuie et où on trouve la doctrine classique des actes intrinsèquement mauvais.

Ainsi le problème s'est généralisé et s'est étendu jusqu'à mettre en cause la systématisation traditionnelle de la morale, fondée sur la loi naturelle avec ses préceptes considérés comme universelles et immuables. Puisque, pour certains auteurs, s'il n'y a pas d'actes intrinsèquement mauvais, aucune loi ne peut être véritablement, parfaitement universelle et immuable, soit s'appliquer toujours sans exception aucune dans l'espace et dans le temps, quelle que soit l'époque ou la culture.7(*)

Partant d'une telle affirmation, nous pouvons nous demander : dans quelle mesure, un acte défini comme intrinsèquement mauvais peut-il l'être pour tous sans exception, chrétien, bouddhiste, musulman, athée, juif, païen, africain, asiatique, ... Par ailleurs, quelle est l'actualité des actes intrinsèquement mauvais aujourd'hui ? En d'autres termes, face aux changements continuels et au progrès multiformes que l'humanité ne cesse de réaliser, comment est perçu aujourd'hui la question des actes intrinsèquement mauvais ?

* 1 Catéchisme de L'Eglise Catholique. Paris, Racine/Fidélité, 1998, n°1761.

* 2Cfr. S. PINCKAERS, « La structure de l'acte humain suivant Saint Thomas », 55 (1955), p. 393-412 et IDEM, « La question des actes intrinsèquement mauvais », dans Revue Théologique 84 (1984), p. 618-624.

* 3 L'encyclique Humanae Vitae paraît marquer un recul par rapport aux perspectives ouvertes par le Concile Vatican II en morale. Sa référence à un concept ambigu de loi naturelle et l'interdiction de la contraception dite artificielle, acte intrinsèquement illicite ne semblent pas prendre en compte les personnes adéquatement considérées dans leur contexte historique et relationnel. Lire PAUL VI, Humanae vitae (Encyclique sur le mariage et la régulation des naissances), dans Actae Apostolicae Sedes, désormais AAS, 60, 1968.

* 4 Jean Paul II, Veritatis Splendor (Encyclique sur quelques questions fondamentales de l'enseignement moral de l'Eglise), dans Documentation Catholique désormais DC, 85, 1993.

* 5 B. HÄRING, La Théologie morale. Idées maîtresses. Paris, Cerf, 1992, p. 14.

* 6 S. PINCKAERS, Le renouveau de la morale. Etudes pour une morale fidèle à ses sources et à sa mission présente. Paris, Téqui, 1979, p. 9.

* 7 Cfr. S. PINCKAERS, Ce qu'on ne peut jamais faire. La question des actes intrinsèquement mauvais. Histoire et discussion. Fribourg-Paris, Editions universitaires, 1986, p. 20.

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