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Inventaire des techniques de lutte anti érosive dans le degré carré de Ouahigouya au Burkina Faso

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par Abdoulaye RABDO
Université de Ouagadougou Burkina Faso - Maà®trise en géographie 2006
  

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I.3.1.1. L'érosion pluviale

Elle est due à l'action directe des gouttes de pluies sur le sol. Ces gouttes d'eau martèlent le sol nu ou peu couvert. L'impact de ces gouttes fait éclater les agrégats et déplacent les particules qui se déposent plus ou moins loin de l'endroit du choc. C'est ce qu'on appelle "'effet splash" ou érosion pluviale (voir figure n° 4). Il provoque un tassement des particules et la formation d'une croûte à la surface. La structure fragmentaire des sols est transformée en structure massive. L'érosion pluviale est maximale dans les régions à sol dépourvu de végétation.

Figure n° 4 : Etapes successives de l'effet splash

Source : Rochette, R.M. 1989 Septembre 2007 Rabdo, A.

I.3.1.2. Le décapage pelliculaire

Dès que le sol n'est plus en mesure d'absorber l'eau qui tombe, le ruissellement commence. Lorsque les chemins empruntés par l'eau correspondant à des sortes de "filets", on parle de ruissellement diffus. Cependant, si le ruissellement est en large front sous forme de "rouleau", on parle de ruissellement en nappe. Selon le cas, le ruissellement correspondra à un type donné d'érosion.

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Le décapage pelliculaire est donc l'action érosive du ruissellement en nappe et du ruissellement diffus. On distingue deux principales formes de décapages pelliculaires14.

- Le décapage pelliculaire généralisé : il est tributaire du ruissellement en nappe et est caractérisé par une ablation uniforme des fines à la surface du sol. Toutes les aspérités du sol sont atteintes par ce type d'érosion. Les marques de ce type d'érosion sont peu visibles. La couche superficielle diminue d'épaisseur et ce sont les éléments les plus fins et les plus fertiles qui sont emportés. On observe à la surface du sol une ablation presque homogène et de faible intensité.

- Le décapage pelliculaire localisé : ce type est lié au ruissellement diffus et parfois au ruissellement dit en rigoles. Il se manifeste par une ablation qui ne concerne pas toute la surface du sol. En effet, certaines aspérités du sol ne sont pas atteintes par ce type d'érosion dont la manifestation la plus forte se situe au niveau des zones de concentration des eaux (cf. planche photographique n° 2, photo n° 2, page 55).

Le décapage pelliculaire s'observe dans les zones à pente assez faible et surtout à très petites lignes de partage des eaux. Il dégage des entailles assez larges mais peu profondes (inférieures à 30 cm). Celles-ci peuvent évoluer en rigoles si rien n'est entrepris.

I.3.1.3. L'érosion régressive

Elle est le plus souvent tributaire du ruissellement concentré. L'érosion régressive se présente sous trois principales formes : l'érosion en rigoles, l'érosion ravinante et l'érosion des berges des cours d'eau.

- L'érosion ravinante : elle est à l'origine des profondes dissections dans les terres et prennent le nom de ravine. L'érosion ravinante intéresse la couche arable et les couches les plus profondes jusqu'à la roche mère. L'érosion ravinante est le processus de mise en place des ravines. La taille des ravines est de 1,5 mètres à plusieurs dizaines de mètres de large (cf. planche photographique n° 3, photo n° 1 page 56).

- L'érosion en rigoles : cette forme contribue à l'accentuation des dépressions naturelles dues aux ruissellements de surface. La concentration des eaux sur les accidents de surface est le facteur déterminant de l'érosion en rigole. A la faveur de la pente, les filets d'eau trouvent un chemin d'écoulement et creusent de petits canaux ou griffes qui se rassemblent en rigoles. Les rigoles sont souvent invisibles à l'oeil nu sans ruissellement. L'érosion dite par rigole façonne le relief et attaque le sol jusqu'à l'horizon B. les rigoles se transforment alors en ravines.

- L'érosion des berges des cours d'eau : cette érosion est à la base des fortes incisions que connaissent la plupart des cours d'eau (cf. planche photographique n° 3 photo n° 2 page 56). Elle ronge les berges et favorise leur recul par la chute de masse de terre (éboulement).

L'accroissement du ruissellement demeure l'une des principales causes de l'érosion hydrique. L'intensité du ruissellement dépend des caractéristiques naturelles : régime pluviométrique, topographie des sols mais aussi de facteurs directement liés aux activités humaines et en particulier aux modes de culture.

14 SANOU D.C., 2005, cours : processus géomorphologiques Actuels.

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Figure n° 5 : Processus général de l'érosion hydrique des sols

Régime pluviométrique

Topographie

Taux de couverture du sol

Déstructuration et compaction du sol

Taux de matière organique du sol

Infiltration

Ruissellement

Erosion hydrique

Source : P.JOUVE.200215

15 Lutte conte la désertification dans les projets de développement. Mai 2002, Ouvrage collectif

coordonné par Philippe JOUVE, Constance CORBIER-BARTHAUX, Antoine CORNET. Editions MIMOSA, 158 P.

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Planche photographique n° 2 : Déboisement et décapage pelliculaire localisé

Photo n° 1 : Action anthropique de l'érosion : déboisement à Toubyego / Boussou

Rabdo, A. Mars 2007.

Pour la réalisation d'un nouveau champ, les paysans procèdent à un abattage des arbres et arbustes. Un déboisement qui ne respecte pas très souvent les normes des directions provinciales de l'environnement. Comme on le constate sur la photographie, parmi les espèces abattues on a Acacia nilotica en premier plan de la photo.

Photo n° 2 : Erosion hydrique : décapage pelliculaire localisé à Nodin / Thiou

Rabdo, A. Mars 2007.

Le décapage pelliculaire localisé, entraîné par le ruissellement a provoqué une incision sur le glacis. Le fond de cette incision est parsemé d'herbacé tel que Pennisetum pedicellatum.

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Planche photographique n° 3 : Erosion ravinante et érosion des berges

Photo n° 1 : Erosion hydrique : érosion ravinante (ravine) à Lougouri / Oula

Rabdo, A. Mars 2007.

L'érosion régressive a mis à nu la surface cuirassée, et entraîné un élargissement des berges de la ravine.

Photo n° 2 : Erosion hydrique : érosion des berges (ravin) à Ouahigouya

Rabdo, A. Septembre 2007.

Cette prise de vue montre une érosion des berges provoquées par le ruissellement. Les berges sont rongées progressivement, ce qui provoque un élargissement de la ravine.

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I.3.2. L'érosion éolienne

L'érosion éolienne, bien que moins spectaculaire que l'érosion hydrique, est une forme de dégradation qui a tendance à s'accroître avec l'accentuation de l'aridité. Comme dans le cas de l'érosion hydrique, elle comporte, elle aussi, une phase d'abrasion en amont et une phase d'accumulation en aval.

Elle provoque un tri sélectif des matériaux déplacés, en entraînant préférentiellement les particules les plus fines du sol. Ces fines particules sont transportées en suspension. Ce processus affecte à la fois les caractéristiques physiques mais aussi chimiques et biologiques des sols. Les sols les plus exposés à ce type d'érosion sont les sols meubles et secs dont les agrégats sont de faibles dimensions (diamètre = 0,84 mm). Les sols sableux sont, par conséquent, les plus sensibles, dès lors qu'ils sont peu couverts par la végétation.

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