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Inventaire des techniques de lutte anti érosive dans le degré carré de Ouahigouya au Burkina Faso

( Télécharger le fichier original )
par Abdoulaye RABDO
Université de Ouagadougou Burkina Faso - Maà®trise en géographie 2006
  

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II.1.3.1. La végétalisation

La technique de végétalisation des diguettes anti-érosives consiste à réaliser des plantations ou de semis direct de végétaux herbacés ou ligneux dans une zone déjà traitée, le long des ouvrages, afin de les protéger. Les principaux types de végétalisation sont réalisés soit à l'aide de graminées, de légumineuse pérennes, ou enfin d'arbres et d'arbustes.

La végétalisation à l'aide d'herbacées est fortement recommandée sur des sites qui ont déjà bénéficié d'aménagement anti-érosifs en particulier les cordons en pierre ou en terre. Les principales espèces utilisées par les paysans sont : Andropogon gayanus31 (cf. planche photographique n° 11, photos n° 1 page 99), Andropogon sanguinaris, Andropogon ascinodis, Pennsetum pedicelatum, Pennisetum purpureum et le Cenchrus ciliaris, Cenchrus biflours.

31 Andropogon gayanus est l'herbacée la plus utilisée dans la zone. C'est l'espèce que les paysans plantent plus compte tenu de ses multiples usages (nattes, toit...).

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La végétalisation à l'aide d'arbres et d'arbustes se fait tout le long des diguettes (cf. planche photographique n° 11, photo n° 2 page 99), en général en amont de l'ouvrage pour renforcer le dispositif et éviter du même coup le colmatage.

Le choix des espèces à planter dépend en grande partie des besoins des populations mais aussi des espèces techniquement adaptées. La diversification de ces espèces est toutefois conseillée pour procurer aux bénéficiaires une plus grande variété des produits utiles. Les espèces déjà testées et qui sont couramment utilisées par les populations pour leur utilité en fruits sont : Faidherbia albida, Anacardium occidentalis, Balanites aegyptiaca, Bauhinia rufescens, Leuceana leucocephala, Parkinsonia aculeata, Prosopis juliflora et Ziziphus mauritiana.

La végétalisation ligneuse et /ou herbacée est très répandue dans la zone surtout dans la région du Nord (Passoré, Zondoma, Yatenga, Loroum). Les paysans l'apprécient parce qu'elle diminue la vitesse du ruissellement et partant l'érosion hydrique et enrichit le parc agroforestier.

II.1.3.2. Les bandes enherbées

Ce sont des bandes constituées d'herbacées, installées suivant les courbes de niveau dans les champs, seules ou en amont d'ouvrages anti-érosifs comme les cordons pierreux ou les diguettes en terre. Les herbes pérennes sont préférées parce que leurs systèmes racinaires peuvent rester au sol toute l'année. L'espèce Andropogon gayanus est la plus répandue. Sa paille est très recherchée, notamment pour confectionner des nattes, des toitures et pour servir d'aliment de bétail. D'autres espèces comme Stylosanthes hamata, Bracharia ruziziensis, Pennisetum pedicellatum, Pennisetum purpureum sont également utilisées.

Les bandes d'Andropogon gayanus, qu'on observe souvent, matérialisent les limites des champs dans la zone, tout en servant d'ouvrages anti-érosifs (cf. planche photographique n° 12, photo n° 1 page 101). En effet, elles permettent de freiner les eaux de ruissellement et de favoriser leur infiltration. Elles jouent le rôle de filtre et favorisent ainsi le dépôt de sédiments provenant de l'amont de la bande. Selon LAVIGNE-DELVILLE (1996), le maintien ou le semis des bandes le long des courbes de niveau a normalement un impact sur le ruissellement et l'érosion comparable à celui des cordons pierreux.

Cependant leur efficacité est fonction de leur largeur, de l'importance du ruissellement et des espèces constituant la bande (BENOIT et PASTOR, 1997). En général, on recommande des bandes de 3 m de long, tous les 50 m. Les dégâts causés par les animaux ainsi que l'emprise superficiel au sol sont les deux principaux facteurs limitant du développement des bandes herbeuses, qui constitueraient sans nul doute une bonne réponse biologique à l'érosion et peut être une annonce de production de fourrage.

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Planche photographique n° 11 : Végétalisation

Photo n° 1 : Végétalisation de cordon pierreux avec Andropogon gayanus à Tougou / Namissiguima

Rabdo, A. Mars 2007.

Après la réalisation du cordon pierreux, les paysans renforcent l'aménagement avec des herbacées telles que Andropogon gayanus,...

Photo n° 2 : Végétalisation à l'aide d'arbres et d'arbustes à Boursouma / Oula

Rabdo, A. Mars 2007.

Le renforcement de la capacité du cordon se fait également avec des arbres. Les paysans plantent des arbres au abord des cordons pour les rendrent plus performante.

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Les paysans sont conscients du rôle que joue la végétation ligneuse dans la lutte contre l'érosion. En effet, 78 % des personnes enquêtées plantent des arbres, soit dans leurs champs, soit à proximité de leurs habitations. Tandis que 21,3 % ne plantent pas d'arbres, parce qu'ils ne sont pas d'une part, propriétaires de la parcelles qu'ils exploitent, et d'autres part, parce qu'ils n'ont pas d'argent pour acheter les plantes.

Avec l'appui des structures techniques, la grande majorité de la population pratique le reboisement. L'enquête réalisée révèle que 28,7 % des paysans ont planté des arbres dont l'effectif est compris entre un à dix plants. Les effectifs de dix à vingt plants sont de l'ordre de 22,7 % et de quarante à cinquante plants de 22 %. Cependant, 22 % d'entre eux n'ont pas planté d'arbres au cours de l'année 2005$2006 (cf. tableau n° 15).

Les espèces utilisées sont souvent issues des pépinières villageoises mises en place par les différents Projets et Programme de développement. Les principales espèces utilisées sont: Azadirachta india, Eucalyptus camaldulensis, Acacia senegal, Acacia nilotica, Faidherbia albida, Acacia macrostachya, Leuceana leucocephala, Ziziphus mauritiana, Parkia biglobosa, Parkinsonia aculeata, Bauhinia rufescens, Mangifera indica, Prosopis juliflora, Adansonia digitata, Sterticulia setigera, etc. Les essences différentes sont souvent plantées sur la même parcelle.

Le problème majeur du reboisement se situe au niveau de la faiblesse ou de l'absence de protection contre les animaux. En saison sèche, aucune organisation n'est prévue pour leur entretien (cf. planche photographique n° 12, photo n° 2 page 101).

Tableau n° 15 : Nombre d'arbres plantés par les paysans

Province

Nombre de plants

Loroum

Passoré

Sourou

Yatenga

Zondoma

Total

Pourcentage (%)

Aucun

2

2

10

7

12

33

22,0

1 à 10

3

3

4

27

6

43

28,7

10 à 20

5

10

3

12

4

34

22,7

20 à 30

 
 
 

2

3

5

3,3

30 à 40

 
 
 

1

1

2

1,3

40 à 50

5

 

3

16

9

33

22,0

Total

15

15

20

65

35

150

100,0

Source : Rabdo, A. Résultat des enquêtes - mars à avril/2007. 0 : aucun arbre planté ; Nbre plant : nombre de plant.

101

Planche photographique n° 12 : Bande enherbée et reboisement protégé Photo n° 1 : Bandes enherbées à Andropogon gagnanus à Ansolma / Namissiguima

Rabdo, A. Mars 2007.

Dans presque toute la zone d'étude, les paysans plantent ou préservent les bandes enherbées, pour limiter les champs ou pour lutter contre le ruissellement sur les parcelles de culture.

Photo n° 2 : Reboisement protégé à Lankoué / Sourou

Rabdo, A. Mars 2007.

Sur cette photographie, on observe un reboisement protégé par un enclos en bois. Cela signifie qu'il

s'agit d'une zone privée dont l'accès et les défrichements sont interdits.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry