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Pétrole et jeu des acteurs dans la fabrication des politiques publiques des hydrocarbures au Cameroun.

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par Yves Patrick MBANGUE NKOMBA
Université de Yaoundé II (SOA) - Diplôme d'études approfondies en science politique 2006
  

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SECTION 2 : LA POLITISATION DU PETROLE DANS L'EMERGENCE DES NOUVEAUX ACTEURS SUR LA SCENE POLITIQUE

D'une manière réelle, la politique économique camerounaise n'avait plus pour seule base le secteur agricole. L'entrée en scène du pétrole à la fin des années 1970, avec la structuration et une institutionnalisation du secteur pétrolier introduit une nouvelle logique pour les entrepreneurs, les logiques de changement politique et économique se sont alors objectivées entre 1988-1991 (Owona Nguini, 1997 :940). La dynamique de politisation du pétrole peut être envisagée comme une requalification des activités sociales de manière diversifiée. Ceci appelle donc l'examen du contexte sociopolitique et économique des années 1990 (Paragraphe I). L'examen du rôle et la place des nouveaux acteurs dans la politisation du pétrole sont aussi importants (Paragraphe II).

Paragraphe I : le contexte socio politique et économique des années 1990.

Le fonctionnement de l'appareil politico-administratif durant la période de récession sur le plan économique influence certainement les autres domaines d'activités au Cameroun. La démocratisation sur le plan politique et les politiques d'ajustement29(*) devraient donc effectivement se déployer dans un contexte politique et économique d'incertitude ce qui favorise l'appel par les acteurs politico-économiques de la structuration du problème de la gestion pétrolière.

Il s'agira donc ici de poser un regard sur les mouvements sociaux et le retour au multipartisme (A), par la suite de lire le phénomène de « pétrolisation »30(*) à travers le contexte économique des années 1990 (B).

A- Les mouvements sociaux et le retour au multipartisme

Au début des années 90, l'environnement social est marqué par un malaise général. Les populations portent au devant de l'Etat ses responsabilités manquées pour un développement ou pour un mieux être en tant que citoyens d'un Etat producteur de pétrole. La demande de l'organisation d'une conférence nationale souveraine (CNS) est faite par la population des grandes villes du Cameroun. En effet, le Bénin, le Congo et par extension le Gabon venaient d'organiser une conférence nationale souveraine sur fond de contestation et de revendication politique. A cette époque, il fallait donc pour les populations camerounaises organiser une rencontre où tous les problèmes seront touchés parmi lesquels :

· poser les bases d'une réelle démocratie ;

· organisation d'une transition démocratique.

Ainsi, les conditions d'une véritable réconciliation nationale posées, en ce qui concerne le pétrole au Cameroun trois problèmes essentiels émergent à savoir :

Ø Primo, la gestion des sociétés d'Etat notamment la SNH, la SCDP, la CSPH qui sont au coeur de la gestion des rentes pétrolières au Cameroun. ;

Ø Secundo, la gestion des recettes pétrolières qui à cette époque est méconnue du public et donc ne laisse aucun choix aux populations d'avoir une seule idée sur la rente pétrolière ;

Ø Tertio, sur le sillage de l'Etat et ses richesses et bien évidemment sur la fuite des capitaux.

Mais à ces trois problèmes essentiels, on peut ajouter le cas de la mise au clair des scandales dans lesquels l'Etat camerounais est impliqué tel que l'affaire Mpondo31(*) dans les années 70, l'affaire des 9 disparus de Bépanda et le CHB. En ce qui concerne les bases d'une véritable démocratie, il était question principalement dans le cadre de notre sujet d'une redéfinition économique des pays en ordonnant à l'Etat une place importante dans l'économie et la gestion du patrimoine économique national, et dans le cas d'espèce les sociétés d'Etat tels que la SONARA, la SNH, la CSPH.

Toutes ces agitations, soulèvements populaires et organisations des groupes de réflexion posent au grand jour l'ensemble des problèmes de la société camerounaise en général et de gestion du pétrole en particulier. Le pétrole devient alors un sujet de débat public sur l'exploitation, la gestion et l'utilisation de ses fonds. Même si l'idée d'organisation d'une conférence nationale souveraine n'a pas été matérialisée, les débats ou éléments portant débats pour l'organisation de cette conférence ont pour le moins porté d'autres fruits. Nous pouvons citer entre autres, la mise sur pied d'une loi portant création des associations et partis politiques dans les années 1990, l'abrogation de la loi de 1962 sur la répression et de la subversion. Une restructuration institutionnelle de l'appareil politico-administratif doit aussi être relevée à travers le retour en grâce du poste de Premier Ministre le 26 Avril 1991. Cependant, la dimension sociopolitique seul ne peut rendre compte des aspects discursifs du changement et de la politisation du pétrole au Cameroun, l'analyse du contexte économique est aussi très importante.

* 29 Pr. TOUNA MAMA, L'économie Camerounaise : pour un nouveau départ ressort de manière détaillé,

* 30 Terme utilisé par Mathias-Eric OWONA NGUINI (1997) pour traduire "l'effet pétrole" dans un contexte politique au Cameroun

* 31 De manière général, cette affaire fait allusion au massacre de M. Mpondo qui était un brillant cadre nationaliste avec toute sa famille à cause semble t-il de quelques secrets gênant ou manquait de coopération en général avec la hiérarchie sur les dossiers pétroliers.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry