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Le marché mondial du carbone : la problématique de la mise en œuvre des projets du mécanisme pour un développement propre en Afrique sub-saharienne.

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par Esso-Sam AGRIGNAN
Université de Cocody d'Abidjan ( Côte d'Ivoire)/ Programme de formation en gestion de la politique économique - Diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) :hautes études en gestion de la politique économique 2009
  

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CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Les changements climatiques en Afrique représentent un multiplicateur de menaces qui exacerbe les tendances, les tensions et l'instabilité existantes.

Même si la contribution de l'Afrique au problème du changement climatique est insignifiante, elle demeure le continent le plus durement frappé par les impacts négatifs. Sa variabilité climatique accrue, couplée avec la très grande dépendance des économies africaines à l'agriculture et la consommation directe des ressources naturelles, y crée un potentiel élevé pour que le changement climatique global ait des conséquences dramatiques. Le changement climatique imposera un coût important pour l'économie, le développement humain et l'environnement.

Des systèmes de marché efficaces sont l'un des facteurs clés de succès de l'atténuation du changement climatique et du développement durable. Pour les PED comme l'Afrique, le MDP pourrait représenter un outil important de mobilisation de capitaux et de transfert de technologies visant à promouvoir les systèmes forestiers durables, la gestion durable des déchets urbains et pallier au déficit énergétique que connait le continent. Malgré, sa part encore insignifiante des émissions anthropiques de GES (moins de 4%), l'Afrique, tout comme le reste du monde, peut offrir un potentiel intéressant d'évitement ou de stabilisation de ces gaz.

Cependant, plusieurs défis demeurent aux niveaux national et international. Un plan cadre visant à renforcer des capacités institutionnelle et humaine, un financement adéquat, une assistance ciblée, des liaisons avec les organismes de supports au développement doit être élaboré .C'est ainsi que nos recommandations s'inscrivent dans la droite ligne de ce plan visant à déverrouiller le potentiel des projets  MDP en Afrique:

Renforcement des capacités : Les efforts de renforcement de capacité des consultants locaux et les porteurs de projets et autres acteurs doivent être poursuivis, y compris avec le secteur privé. Ces activités techniques de renforcements de capacités devraient s'appuyer sur des stratégies d'apprentissage par la pratique. Impliquer d'avantage les universités africaines pour la recherche locale et le développement. A cet effet, une assistance technique et activités de recherche et développement sont nécessaires pour garantir une pleine efficacité et soutenabilité des technologies propre.

Lever les barrières institutionnelles : Un appui reste nécessaire pour développer l'expertise et les cadres institutionnels locaux qui conditionnent l'accès des porteurs de projets. Les institutions concernées de chaque pays devraient être sensibilisées sur leurs rôles essentiels de facilitateurs du développement du MDP, afin qu'elles puissent prendre les mesures nécessaires pour supprimer les barrières sectorielles spécifiques qui découragent les promoteurs de projets de GES

Focaliser les efforts sur les projets d'énergie propre : le MDP serait une opportunité pour les pays africains qui doivent trouver des solutions pour leurs besoins énergétiques , Donc il leur appartient de promouvoir un accès approprié aux marchés de l'énergie, une « flexibilité fiscale » adéquate car jusqu'à présent, les lacunes réglementaires dans le secteur énergétique de la région freineraient ou empêcheraient les projets d'énergie propre de vendre leur production d'énergie.

Rôle actif du secteur privé : Bien que le secteur privé de l'Afrique subsaharienne soit de petite taille, sa mobilisation serait très importante. Dans d'autres régions en développement, les projets d'énergie propre éligibles au MDP ont été essentiellement développés par le secteur privé, et la plupart des contrats d'achat de réductions d'émissions ont été signés avec des entreprises privées, lesquelles ont montées elles-mêmes le financement de leur investissement.

Focus sur les barrières du financement en Afrique : Du fait de leur petite taille, beaucoup de projets des pays d'Afrique subsaharienne ont besoin d'une coordination internationale pour faciliter le développement de grands projets. Il s'agit donc de :

- rechercher des coopérations des organisations qui ont pour objectifs la création de fonds d'achats de crédits carbone et/ou d'outils financiers spécifiques au marché carbone (Fond prototype carbone, Renewable Energy and Energy Efficiency Fund, etc.).

- envisager la création d'un fonds pour le transfert des technologies qui devrait être alimenté par les pays industrialisés et dans lequel les pays en développement pourraient puiser pour financer des projets de technologies énergétiques propres ou pour acheter des brevets.

- alléger certains frais liés aux coûts exorbitants de transaction des projets MDP qui affectent l'attractivité des petits projets MDP. Encourager le niveau d'enregistrement des projets MDP sous un programme d'activités (Activités programmatiques), pour bénéficier du financement additionnel.

Assistance ciblée : Renforcer une coopération avec la Banque Mondiale afin d'aider les pays africain à s'organiser sur le plan institutionnel, technique et financier. Il convient de renforcer l'assistance de la finance carbone qui est un instrument financier destiné à attirer des ressources financières et les diriger vers des investissements à faibles émissions de carbone.

Fonds carbone post-Kyoto sont nécessaires pour internaliser les bénéfices globaux des investissements : la plupart des transactions de financement carbone sont limitées à la « première période d'engagement » du protocole de Kyoto, laquelle se termine en 2012. Du fait de l'incertitude quant au régime post-Kyoto, il est difficile, voire impossible, pour les projets MDP de monétiser leurs réductions d'émissions de GES au-delà de 2012.De nouveaux fonds carbone achetant des URCE post 2012 sont une condition primordiale pour que les pays de l'Afrique subsaharienne développent leur large potentiel de projets MDP.

En ce qui concerne les projets UTUTF, il faut promouvoir un cadre institutionnel approprié qui offre aux investisseurs la stabilité (absence de conflits foncier) et de faibles risques ainsi que le développement des statistiques de l'environnement.

La stabilité socio-politique des pays s'avère importante pour la mise en oeuvre de ces recommandations.

En somme, la gestion du changement climatique par le marché exige des mises au point et des ajustements sans fin. Elle doit être soutenue par des observations et des analyses approfondies ainsi que par des réformes politiques et réglementaires rapides et réfléchies, au fur et à mesure que l'on prend conscience de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Il faudra donc établir des différences au sein du groupe des PED pour faire évoluer le régime. Le Protocole de Kyoto a constitué une contribution extraordinaire et riche d'enseignements qui nous a permis de mieux comprendre comment financer la décarburation et la résistance aux changements climatiques grâce aux mécanismes de marché.

Le flux de ressources liés à la mise en oeuvre de ce mécanisme dépendra de la capacité des PED à s'adapter aux conditions concurrentielles du marché.

Toutefois, l'efficacité de la lutte contre le changement climatique ne saurait dépendre exclusivement de la mise en place d'instruments économiques dans une logique compensatrice. Une politique d'atténuation effective requiert en effet des changements fondamentaux dans nos modes de consommation ,de production et de transport dans une perspective de développement durable telle que le propose le rapport Brundtland (1987).

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault