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Problématique de la satisfaction durable des besoins en eau autour des barrages de Fara et de Guido

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par David Luther SANOU
Université de Ouagadougou Burkina Faso - Maà®trise es géographie 2010
  

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3.2.2- L'irrigation

L'existence d'un point d'eau permanent en milieu rural signifie pour les paysans une source à même de générer des revenus en saison sèche. Ainsi, aménagent- ils des petites parcelles à proximité des points d'eau pour une production essentiellement maraîchère. Toutefois, cette activité peut être modernisée si les paysans bénéficient d'appuis externes pour rationnaliser la production. Dans le cas contraire, l'activité reste telle avec toutes les conséquences négatives possibles.

3.2.2.1- L'irrigation traditionnelle

A Guido et à l'exemple des sites de la province du Sanguié, on assiste à un type d'irrigation que nous qualifions de traditionnel pratiqué par 25.4% des exploitants enquêtés sur le site.

? Les parcelles familiales

La production de contre saison se limite habituellement aux légumes notamment, l'oignon produit dans des jardins familiaux auquel sont quelquefois associés le chou, le piment, et les aubergines. C'est une pratique héritée d'une longue expérience de production d'oignon reconnue à toute la province du Sanguié. Comme le précise Ouédraogo M., 2005 qui a travaillé sur la culture de l'oignon dans la région, la production se fait généralement en saison sèche par les familles dans les champs de case. Ce fait est en effet remarquable dans la quasi-totalité des villages Lyélé dans le Sanguié.

Pour ce qui est de Guido, la réalisation du barrage a provoqué un attrait de la population locale qui a alors colonisé les berges de la retenue à la recherche d'une source d'eau pérenne. On dénombre au total 122 exploitations d'une superficie moyenne de 250 m2 chacune ; soit environ 30500 m2 (3,05 ha) localisées sur les pourtours immédiats du barrage. L'installation est faite de façon anarchique et les exploitations installées loin du barrage sont ceux qui n'ont pas trouvé de place sur les berges. A l'intérieur des parcelles sont confectionnés des poquets en guise de planches d'environ 1 m de côté ayant une forme de cuvette pour faciliter la rétention de l'eau lors des arrosages.

Les semis sont collectionnés de façon artisanale et les pépinières confectionnées en fin août permettent de faire trois récoltes par campagne. Les fertilisants utilisés sont principalement l'engrais chimique et les pesticides pour le traitement phytosanitaire.

? Les volumes d'eau utilisés

L'apport d'eau aux plantes se fait à la volée avec les moyens de bord dont peuvent facilement disposer les paysans. Il s'agit de bidons de 20 litres qui ont été divisés en deux et dont chaque partie sert en même temps de puisette et d'arrosoir. Les planches sont directement

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aspergées d'eau à l'aide de cette puisette une fois hissée du puisard. Ce type d'arrosage nécessite que la source d'eau soit à proximité des planches pour éviter la marche. Plusieurs puisards sont alors creusés dans une même parcelle. On dénombre par conséquent, une moyenne de 3 puisards par parcelle ; soit plus de 300 puisards autour du barrage. L'arrosage se fait deux fois par jours (le matin et le soir) en raison de trois à quatre puisettes par planche jusqu'à stagnation de l'eau.

Nous avons tenté d'estimer le volume d'eau utilisé en une année à cette fin de la manière suivante : en considérant une moyenne de 10 L par puisette, nous avons entre 30 à 40 L (35 L en moyenne) par planche ; soit environ 4375 L par parcelle pour chaque arrosage. La période de maraîchage autour du barrage étant de 9 mois (septembre à mai=270 jours), on peut estimer le volume d'eau utilisé à 288225 m3 (288 225 000 L) par an, pour une superficie d'environ 3 ha. Cette estimation est minimale parce que nous n'avons tenu compte que des parcelles situées sur les berges immédiates et quelquefois même dans le lit d'inondation du barrage où le plan d'eau est directement utilisé à travers les puisards.

Il convient de signaler que ce mode d'arrosage consomme plus d'eau qu'il en faut pour la production d'oignon. En effet, en comparaison aux normes techniques, les besoins d'eau pour l'oignon sont de l'ordre 4000 à 6000 m3/ha/cycle de production, alors que les estimations à Guido donne environ 32025 m3/ha /cycle. Les quantités d'eau utilisées sont quatre à cinq fois plus élevées que les besoins en eau de l'oignon. Cela démontre que les maraîchers gaspillent l'eau par ignorance et/ou par l'illusion d'en disposer suffisamment. Il est alors judicieux de revoir le système de production, allant de la confection des planches au mode d'arrosage et travailler à susciter un changement de mentalité de la part des producteurs surtout que les superficies destinées à l'activité ne font qu'augmenter d'année en année.

Photo 2 : parcelle d'oignon sur la berge du barrage de Guido

SANOU David Luther 2008

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