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Les enfants dans les attentats suicides: étude comparative de trois cas: Sri Lanka, Palestine, zone Afghanistan/Pakistan

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par Mélanie JOANNES
Institut catholique de Paris - Master 2 sciences politique, mention géopolitique et sécurité internationale 2011
  

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1.2.3. L'utilisation de l'attentat suicide par ces groupes et la participation des enfants à ceux-ci

L'attentat suicide, tel qu'il est défini dans l'introduction est utilisé, dans un premier temps au début des années 1980 par les Tigres tamouls du Sri Lanka et le Hezbollah. Puis, à la vue des résultats que fournissaient cette tactique, les Palestiniens l'ont repris à leur compte et ont largement contribué à leur diffusion.77(*) Nous allons tenter de comprendre ici la place que cette tactique prend dans les moyens d'action terroristes de chacun de ces groupes et voir son évolution. Sweitzer nous offre un premier élément de réponse. Selon lui78(*), il y a trois niveaux d'organisations qui utilisent les attentats suicides. Il y a tout d'abord le premier niveau qui est le plus simple. Les groupes faisant partie de cette catégorie qui n'utilisent pas l'attentat suicide comme base régulière et ne l'approuvent pas en tant que tactique. Parmi ces groupes, nous pouvons retrouver l'Egyptian Islamic Group, l'Egyptian Islamic Jihad, le Kuweiti Dawa ou encore l'Algerian Armed Islamic Group. Au deuxième niveau, nous retrouvons les groupes qui ont adopté l'attentat suicide comme tactique temporaire. Les leaders de ces groupes ont obtenu une légitimation idéologique, ou théologique, pour pouvoir recruter et entrainer des volontaires et les envoyer commettre un attentat suicide. Dans cette catégorie, nous pouvons citer des groupes tels que le Hezbollah ou le Kurdistan's Worker's Party. Les groupes du troisième niveau ont adopté l'attentat suicide en tant que stratégie légitime et permanente. Le LTTE se situe dans ce plus haut niveau, accompagné du Hamas et du Palestinian Islamic Jihad. Schweiter ne le précise pas, mais nous pouvons ajouter dans cette catégorie les Talibans. Nous en expliquerons la raison un peu plus bas.

Nous allons également tenter d'établir la proportion des enfants par rapport à l'ensemble des kamikazes à l'intérieur de chaque groupe. En ce qui concerne ce point, nous pourrons simplement relever des tendances car pour définir le pourcentage d'enfants, nous aurions besoin de la liste complète des attentats suicides réussis ou échoués depuis la fondation du mouvement, ainsi que l'âge de chacun des auteurs. Ces listes doivent probablement exister mais ne sont pas en libre accès et sont très probablement incomplètes puisque les groupes en question ne déclinent pas systématiquement l'identité du kamikaze (et ne reconnaissent pas systématiquement l'attentat) et qu'en raison de la violence de l'action, le corps n'est plus toujours identifiable. Nous avons tout de même réussi à reconstituer une liste partielle des attentats suicides perpétrés par les différents groupes palestiniens ainsi que leurs auteurs. Cependant, elle est très incomplète et les données sur l'identité des kamikazes ne sont pas toujours sûres.

1.2.3.1. Le Sri Lanka

L'attentat suicide, si l'on se réfère à la classification de Sweitzer, est une tactique très ancrée dans les moyens d'action utilisés par le LTTE. Selon la quasi-totalité des spécialistes de la question, les Tigres tamouls auraient commis plus d'attentats suicides que n'importe quel autre groupe dans le monde. Ricolfi estime que le LTTE serait responsable de 40% des attentats suicides commis entre 1981 et 2003.79(*) Le chiffre exact n'est pas connu, cependant une estimation est donnée : le nombre d'attentat varierait entre 168 et 239.80(*) Ce moyen de violence permettait au groupe à la fois de lutter contre le gouvernement et de se démarquer des organisations rivales.81(*)

Le premier attentat suicide commis par le LTTE a eu lieu en 1987 et depuis, ce moyen de violence fait partie intégrante de la stratégie globale militaire du LTTE puisqu'une unité lui est spécialement consacrée. Il s'agit des Black Tigers. Ils ont été rendus célèbre par des attentats réussis contre des personnalités politiques clés dont un président de la République sri-lankaise en exercice, Ranasinghe Premadesa, tué en compagnie d'une vingtaine d'autres personnes à Colombo le 1er mai 1994 ou encore un ancien premier ministre indien, Rajiv Gandhi, tué le 21 mai 1991 à Madras dans un attentat faisant une douzaine de victimes. Les attaques peuvent également être le fruit d'une autre branche de l'organisation, notamment les Black Sea Tigers (les forces de marine du LTTE) qui furent responsables, entre autres, de l'attaque d'un navire portant le drapeau du Sri Lanka Monitoring Mission en mai 2006.

Les attentats suicides sont considérés par le LTTE comme des « opérations spéciales » et non des actes terroristes, car ils ne visent pas à terroriser la population civile mais à détruire le pouvoir cingalais au Sri Lanka.82(*)

Les cibles visées peuvent être très variables allant de la cible militaire à la politique en passant par les infrastructures culturelles.83(*)

En ce qui concerne le début de l'utilisation des enfants dans les attentats suicides par le LTTE, nous n'avons trouvé ni de date précise ni une période. De nombreux éléments nous laissent penser que ce phénomène est apparu peu de temps après 1987. Cependant, cette hypothèse n'est pas vérifiable.

* 77 D. Benjamin, « Le terrorisme en perspective », Politique étrangère 4/2006, pp.887-900, p.3

* 78 R. Rabramasubramian, Suicide Terrorism in Sri Lanka, Institute of Peace and Conflicts Studies, New-Dehli, 2004, p. 7

* 79 Ricolfi L., Terroristi, kamikaze o martiri ? Le missioni suicide nel conflitto israelopalestinese,

cité dans D. Gambetta., Making sense of suicide missions, Oxford, 2005, p.262

* 80 E. Pavey, Pp. cit, p.3

* 81 Ibid, p.3

* 82 J. Baud, Op. cit., p.1212

* 83 R. Gunaratna, «Suicide terrorism. A global threat», dans P.L. Griset et S. Mahan, Terrorism in perspectiv, Californie, 2003, pp.220-227, p.221

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