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Gestion des déchets solides des marchés urbains, cas du marché de Matete construit sur financement IDA à  Kinshasa/RDC

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par Thomas KAYOBOLA KANGOMBE
Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement Ouagadougou, Burkina Faso - Master spécialisé en génie sanitaire et environnement 2010
  

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CHAPITRE 0 : INTRODUCTION

0.1. CONTEXTE GENERAL

La gestion de déchets solides constitue un véritable défi dans le monde.

Longtemps la gestion des déchets a été une affaire de proximité, la localisation même de certaines décharges donnant lieu à des querelles picrocholines entre municipalités. La mise en place de politiques nationales est un phénomène plus récent, où chaque pays a mis son génie et ses complexités propres. Plus récemment, on a pris conscience qu'il s'agissait là d'une problématique mondiale. Au-delà de la partie la plus médiatique de la circulation des déchets dangereux et des déplacements de tous les «Clemenceau» de la planète, il y a des flux, de plus en plus importants, de ferrailles, de fibres de récupération et de plastiques récupérés dont les «mines» sont les vieux pays développés exportateurs vers les pays émergents.

Longtemps les hommes ont eu le sens de la rareté, de la limite de leurs ressources par rapport à l'ampleur de leurs besoins. Tout ce qui était disponible devait être utilisé, rien - ou presque - n'était jeté. Du fait de techniques limitées, les prélèvements sur la nature restaient modestes et le recyclage de toute forme de déchets était une nécessité.

La révolution industrielle, qui commence à la fin du XVIIIe siècle a fait rentrer l'humanité dans une autre logique, celle de l'exploitation : du comportement prédateur, de l'utilisation sans limites apparentes de ressources renouvelables ou non. L'évolution des techniques a permis d'aller toujours plus loin, plus vite, plus profond. Il suffisait de découvrir et d'exploiter. Peu à peu, de ressources à mettre en valeur, les déchets - dont le volume augmentait avec l'urbanisation - sont devenus des nuisances qu'il fallait collecter de manière discrète (comme en témoigne l'invention de la poubelle à Paris, en 1884, par le préfet du même nom), cacher ou enterrer, détruire en tout cas.

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composent des ordures ménagères, des déchets provenant des activités de commerce et des marchés, des bureaux administratifs, des institutions publiques. Les ordures ménagères et les déchets du commerce représentent 50 à 75 % de la masse totale de ces refus. Ce taux peut être beaucoup plus important dans les PED grâce à l'apport notamment de la fraction organique (Sidi Ould ALOUEIMINE , avril 2006)

Depuis le sommet du Millénaire pour le développement tenu en l'an 2000, au cours duquel 189 chefs d'État ont pris l'engagement de réaliser les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le monde a eu une occasion sans précédent d'améliorer les conditions de vie de milliards d'individus dans les zones rurales et urbaines. Le septième objectif est particulièrement pertinent dans la brochure. La cible 9 de cet objectif consiste à réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de la population ayant accès à un meilleur système d'assainissement.

En République Démocratique du Congo en particulier et dans bon nombre de pays en développement en général, cet objectif, comme bon nombres d'autres d'ailleurs, est loin d'être réalisé à cause des responsabilités partagées entre les dirigeants politiques, les partenaires au développement et les infrastructures mal adaptées aux situations locales.

On a estimé en 2004 que le monde a collecté 1,2 milliard de tonnes de déchets municipaux. Ce chiffre global est le résultat de la collecte et du traitement de données statistiques émanant, pour la plupart, des pays développés. Pour le reste du monde, il est fondé sur des échantillons de pays ou de zones urbaines et sur des extrapolations réalisées sur la base d'indicateurs comme le PIB par habitant, le taux d'urbanisation ou le ratio de consommation de papier et dérivés par habitant (VEOLIA PROPRETE, 2006)

En République Démocratique du Congo, d'après le rapport du PNUD de 2004, 30% de la Population ont un utilisé des systèmes d'assainissement améliorés (PNUD, 2004) et en 2009, il a estimé que la gestion des déchets solides est un problème majeur à Sri Lanka, où les municipalités et les administrations locales sont mal équipées, face à

Ces différents facteurs qui influencent la structure et la dynamique des marchés des déchets ont chacun un poids variable suivant les pays et vont se combiner différemment

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l'urbanisation et à la commercialisation croissantes, pour répondre à la demande de services efficaces de mise au rebut sanitaire des déchets solides.

Ces déchets sont souvent déchargés dans des zones ouvertes, des marécages et le long des berges de cours d'eau. Les services de ramassage sont irréguliers et lents et les amoncellements d'ordures en bordure des routes présentent des dangers pour la santé de la population et de l'environnement (PNUD, 2009).

Dans un document intitulée « Mission à moyen terme de la FAQ : les grands enjeux pour la République Démocratique du Congo en matière de production alimentaire», la FAQ reprend quelques indicateurs de développement humain en RDC tels que présentés par le PNUD. Il ressort de ce document que le taux d'évacuation des déchets ménagers est de 42,2% (FAQ, 2004).

En 1991, le Comité National d'Action de l'Eau et de l'Assainissement a estimé à 35% la population de Kinshasa desservie par l'un des systèmes utilisés pour la collecte des déchets solides (Comité National d'Action de l'Eau et de l'Assainissement, Paris France, 1990).

Ainsi donc, plusieurs facteurs pèsent sur les marchés des déchets et influencent leur évolution, dans sa structure et dans sa dynamique. Ce sont :

- des facteurs économiques : croissance économique, enrichissement de la population et niveau de vie, structure industrielle, marchés des matières secondaires,

- des facteurs sociaux : croissance et structure des populations et des ménages,

- des facteurs culturels et historiques : modes de consommation, sensibilité à l'environnement, comportement civique,

- des facteurs géographiques : surface du pays et disponibilité foncière, géologie, relief, densité de population, urbanisation,

- des facteurs réglementaires, législatifs et politiques : cadre réglementaire et fiscal, etc.

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d'un pays à l'autre. Chaque pays a ainsi développé sa propre « histoire » ou « philosophie » des déchets (VEOLIA PROPRETE, 2006).

La gestion des déchets ne constitue pas une particularité pour la ville de Kinshasa. Elle constitue un véritable problème compte tenu des données urbanistiques, démographiques et de gouvernance de la ville : une ville de contrastes importants, avec des secteurs résidentiels et commerciaux chics, des universités, et des taudis informes coexistant côte à côte, une population galopante aux allures effrayantes et la manière dont le pouvoir s'exerce dans la gestion des ressources économiques et sociales d'un pays en vue de son développement particulièrement les problèmes liés aux déchets urbains et à l'insuffisance de l'infrastructure et des services sociaux.

Les déchets des marchés sont produits dans les activités économiques, magasins. Ils comprennent du papier, des matériaux d'emballage, des invendus et objets abîmés, des matières organiques et inorganiques, qui pourraient parfois être dangereuses et contenir des produits chimiques (Siddhi-Enda, Octobre 1998).

Parmi les différentes sources des déchets à Kinshasa, les marchés occupent, avec les ménages, le premier plan.

Ces déchets, dans un plan de gestion adéquat, posent d'énormes problèmes sanitaires et environnementaux dont on peut citer :

1. Pollutions et qualité des milieux : cette dimension intègre les impacts sur la
qualité de l'air, notamment l'émission de polluants ainsi que sur la qualité de l'eau et des sols ;

2. Risques sanitaires : une gestion déficiente des déchets est susceptible de
présenter des risques sanitaires dont les maladies endémiques dont le paludisme, la diarrhée, la fièvre typhoïde, les infections respiratoires aigües et la prolifération de certains vecteurs, insectes et animaux; hôtes intermédiaires pour certaines microorganismes.

3. Nuisances : les nuisances visuelles, olfactiques, les envols de déchets
constituent souvent une préoccupation associée aux déchets.

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4. Dégradation des infrastructures et équipements urbains (ravinement, bouchage des caniveaux avec inondations et débordements du cours d'eau à proximité, les pertes en vies humaines et l'écroulement des maisons,...)

C'est pour limiter ces effets et améliorer le cadre de vie des vendeurs que le Fonds Social de la République Démocratique du Congo, Agence d'Exécution du programme du Gouvernement de la République Démocratique du Congo, dans l'exécution de son programme de développement intitulé Programme d'Actions Sociales d'Urgence (PASU en sigle), et dans le concept d'un développement durable, la prise en compte correcte et équilibrée des enjeux environnementaux et sociaux en vue d'assurer un bien-être aux populations constitue son cheval de bataille. C'est pourquoi, dans le cadre de la Réhabilitation et de la Modernisation du Marché Municipal de la Commune de Matete, et plus précisément dans la Ville Province de Kinshasa, le FSRDC veut doter ce marché d'un système efficace de gestion des déchets solides en vue de pérenniser l'ouvrage et de protéger l'environnement et les vies humaines contre toute sorte des maladies qui pourraient résulter de la mauvaise gestion de ces déchets.

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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery