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La production des biocarburants en picardie: quelles perspectives pour là¢â‚¬â„¢agriculture régionale?


par Christine Cheveau
Université Nanterre Paris X - Master de géographie 2006
  

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II- Une géographie agro-industrielle qui se déconcentre, mais qui demeure marquée par un déséquilibre entre le nord et le sud de la France :

1°) Les nouvelles usines de la 1° phase (2005-2007)  se déconcentrent :

Carte n°4 : élaboration personnelle- Fond de carte : IGN

L'essentiel de la production de biodiesel et de bioéthanol demeure situé dans le nord de la France. Malgré le projet de Sète, plus de 80% de la production de biodiesel sera concentrée dans la moitié nord de la France. De même, plus de 80% des agréments d'éthanol (hors ETBE) seront situés dans cette moitié nord.

Les projets de la filière biodiesel privilégient des usines à grand volume regroupant sur un même site trituration, raffinage et estérification. Ils favorisent des situations d'interface entre zones de production, raffineries et zones de consommation.

Pour la filière bioéthanol, le développement de la production va d'abord se faire par saturation des capacités existantes. Cependant, il existe plusieurs projets de construction d'usines de grande capacité, dont certaines suivent de nouvelles logiques de localisation. C'est le cas du projet de Lillebonne et de celui de Lacq dont les logiques se rapprochent de celles de la filière biodiesel. Ils privilégient une situation d'interface entre zone de production de céréales et raffineries de pétrole.

Ainsi, avec le développement d'usines construites spécialement pour la filière biocarburant, le poids de la localisation des industries de raffinage de pétrole se renforce.

2°) La carte des usines de biocarburants à l'horizon 2008 :

Carte n°5 : élaboration personnelle- Fond de carte : IGN

Pour la filière biodiesel, deux unités se situent dans la moitié sud de la France, mais cinq nouvelles unités seront construites dans le nord. Pour la filière bioéthanol, aucune nouvelle usine n'est prévue dans le sud de la France. La géographie des biocarburants demeure donc majoritairement localisée dans la moitié nord de la France.

Les projets bioéthanol sont en continuité avec les logiques connues pour cette filière ; à l'inverse, la deuxième phase marquera un changement important dans le développement de la filière biodiesel. En effet, alors que celle-ci s'est développée essentiellement à partir d'huile de colza, une partie des nouveaux agréments a été accordée à des usines qui produiront du biodiesel à partir d'autres matières premières : huiles animales (EMHA) et huiles usagées.

Pour la filière du biodiesel issu directement de graines oléagineuses, le maillage du territoire par les usines d'estérification se complète et est nettement moins dissymétrique que celui de l'ensemble des usines de biodiesel : la filière diester veut favoriser une couverture de l'ensemble des bassins de production de colza et tournesol.

Les premières phases d'augmentation des agréments de biocarburants continuent de favoriser la Picardie, surtout dans la mesure où cette augmentation se réalise encore à partir d'usines préexistantes, mais ce mode de développement rencontre certaines limites liées en particulier à l'âge de ces usines. Par exemple, l'usine de Venette ne peut plus augmenter ses capacités de raffinage : une partie de l'huile estérifiée dans la nouvelle unité devra donc venir d'un autre site. Si les deux unités d'estérification fonctionnent à 100 000 tonnes chacune, se seront près de 400 tonnes d'huile par jour qui manqueront. Les contraintes liées à l'âge de ce site pèsent réellement sur son fonctionnement et ses perspectives de développement.

De plus, l'absence d'interface importante avec des raffineries défavorise nettement la Picardie, notamment pour le bioéthanol blé : TEREOS, groupe coopératif originaire de la région, a choisi d'installer son unité en Normandie.

[Une troisième phase d'agréments a été accordée en octobre 2006. Pour le bioéthanol, les nouveaux agréments (200 000 tonnes) ont tous été à des projets déjà agréés. L'usine Tereos d'Origny a ainsi reçu 30 000 tonnes supplémentaires, et celle de Lillebonne 7 500 tonnes. Pour la filière biodiesel (900 000 tonnes d'agréments), de nouveaux projets ont été agréés, dans le même esprit que pour la deuxième phase, et des compléments ont été accordés pour des unités déjà agréées. Pour le bioéthanol comme pour le biodiesel, cette nouvelle tranche d'agréments ne modifie pas fondamentalement la donne pour la région Picardie]

Depuis 2005, une véritable relance du développement des biocarburants en France a été opérée par le gouvernement, dans le but d'atteindre, voire de dépasser les objectifs de la directive européenne de 2003. Ce plan de relance se manifeste essentiellement par l'octroi de nouveaux agréments à des usines de biocarburants. Cependant, parallèlement à ce développement à échelle agro-industrielle, certains acteurs agricoles souhaitent développer des filières plus courtes.

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