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Contribution de la localisation des GED sur la stabilité de tension dans les réseaux de distribution radiale


par Moudjed Ilyes
Université Fréres Mentouri de Constantine - Master 2 électrotechnique 2020
  

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Chapitre II:

Les impacts de l'insertion des GED sur les

réseaux de distribution radiaux

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

II.1. Introduction :

Le phénomène d'insertion de la production décentralisée dans les réseaux de distribution ne présente pas que des avantages. Des études ont montré que de nombreux problèmes sont susceptibles d'apparaître.

Les principaux problèmes liés au raccordement de Génération d'Energie Décentralisée sur le réseau de distribution sont liés aux problèmes de capacité technique d'accueil d'une part et aux problèmes réglementaires qui obligent le distributeur à accepter le raccordement d'un producteur sur le réseau de distribution d'autre part. En effet, le réseau de distribution n'a pas été conçu, à la base, pour accepter de la production décentralisée. Cette problématique peut remettre largement en cause la façon de planifier et d'exploiter les réseaux de distribution.

De plus, une partie de ces GED à de plus, des sources d'énergie primaire intermittente (éolienne, solaire) qui ne permettent pas de prévoir aisément la production disponible à court terme. Elles ne peuvent donc pas garantir une puissance de sortie et proposer toute la puissance disponible sur le marché. D'autre part, ces nombreuses sources sont trop petites pour être observables et dispatchées par les gestionnaires de réseaux de distribution et ne participent donc pas, aujourd'hui, aux services système. Cela peut poser des problèmes en cas de fort taux de pénétration si les moyens de réglage classiques de la distribution deviennent inaptes à assurer la tenue en tension. [16]. Pour cela, on va présenter les problèmes sensibles qui puissent influencer négativement le comportement de ce type de réseau.

II.2 Généralité sur le réseau de Distribution

Les réseaux de distribution constituent l'architecture la plus importante du système électrique. Ils assurent la distribution de l'énergie électrique au niveau local. Leur tension est inférieure ou égale à 50 kV (HTA). Ils sont constitués de deux types de réseaux :

Le réseau moyen tension (MT) avec un niveau de 10 kV et 30 kV connecté au réseau de transport, et le réseau basse tension (BT) de tension de 0.4 kV. Le réseau BT constitue le dernier maillon du système électrique. Ses tronçons sont raccordés au réseau MT dans des postes de transformation HTA/BT. Ces niveaux de tension offrent un compromis technico-économique qui permet à la fois, de diminuer les chutes de tension, de minimiser le nombre de postes source (poste de connexion HTB/HTA) mais également de limiter les contraintes techniques et économiques inhérentes aux hautes tensions.

Les réseaux de distribution commencent à partir des tensions inférieures à 60 kV et des postes de transformation HTB/HTA avec l'aide des lignes ou des câbles moyenne tension jusqu'aux postes de répartition HTA/HTA. Le poste de transformation HTA/BTA constitue le dernier maillon de la chaîne de distribution et concerne tous les usages du courant électrique.

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

II.2.1. Réseaux de distribution à moyenne tension HTA (30 et 10 kV le plus répandu),

Neutre à la terre par une résistance,

Limitation à 300 A pour les réseaux aériens,

Limitation à 1000 A pour les réseaux souterrains,

Réseaux souterrains en boucle ouverte.

II.2.2.Réseaux de distribution à basse tension

BTA (230 / 400 V).

Neutre directement à la terre.

Réseaux de type radial, maillés et bouclés.

II.3 L'importance de la tension et la fréquence dans les réseaux électrique

La tension et la fréquence sont les paramètres les plus importants pour la stabilité du réseau. Les fournisseurs d'électricité définissent des normes d'exploitation des réseaux électriques pour garder la stabilité et la sureté du système électrique, et garantir la qualité de l'énergie. Et les gestionnaires doivent appliquer ces normes.

II.3.1 Le maintien de la tension [22]

Le maintien de la tension est un des aspects fondamentaux de l'exploitation des réseaux de transport et de distribution. , une tension instable aura les conséquences suivantes:

? Surcharge des éléments (lignes et transformateurs) par augmentation du courant et risque de déclenchement (ou perturbation) des protections associées,

? Instabilité de tension pouvant entraîner un écroulement de tension,

? Perte des éléments de production (stabilité statique des alternateurs, limites de fonctionnement des groupes et de leurs auxiliaires).

II.3.2 Le maintien de la fréquence

De même que pour la tension, la fréquence doit nécessairement être maintenue dans les limites contractuelles. Les principaux problèmes apparaissant en cas d'excursion non maîtrisée de la fréquence sont les suivants : [25]

? Rupture de synchronisme des alternateurs pouvant entraîner la perte de groupes en cascade.

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

? Limite de fonctionnement des auxiliaires de centrales.

? En cas de baisse de fréquence : saturation des circuits magnétiques de transformateurs ou compensateurs bobinés d'énergie réactive entraînant un fonctionnement dégradé et des pertes fer.

Tableau (II.1) : Limites de fonctionnement du réseau de distribution [26].

II.3.3 Les services systèmes : Les Services Système ont pour projet de garantir le maintien de la fréquence, de la tension et de façon générale la stabilité du réseau électrique. La totalité des utilisateurs raccordés à ce réseau bénéficient de ces services qui assurent le bon fonctionnement de leurs matériels électriques et de leurs processus de consommation ou de production mais assurent aussi le maintien des conditions d'exploitation sûres du réseau électrique. De fortes variations sur la tension ou la fréquence peuvent effectivement engendrer des incidents de grande ampleur, comme un black-out, privant des régions ou pays entiers d'électricité pendant des durées indéfinies (ça peut aller de plusieurs heures, jusqu'à plusieurs Jours).

Un système d'énergie électrique peut être défini par sa fréquence et sa tension. La stabilité de ces paramètres garantit la stabilité du système dans sa globalité. A cet égard, les producteurs centralisés ont à répondre à ce que l'on appelle les services système, cela signifie qu'ils contribuent au réglage de tension et de fréquence dans des limites déterminé par les gestionnaires du réseau auquel ils sont reliés. Les services système comptent aussi plusieurs dispositifs mis en place sur tout le réseau, et spécialement sur les réseaux de distribution, qui permettent de maintenir la tension en ses termes prédéfinis. Le réseau électrique doit pouvoir faire face à tous les incidents envisageables, et doit garantir un fonctionnement correct [26].

II.3.3.1 Réglage de tension

Les charges d'un réseau électrique consomment plus ou moins une grande quantité de puissance réactive par rapport à la quantité de puissance active consommée.

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

Cette puissance réactive consommée est en partie fournie par les groupes de productions essentiellement connectés au réseau de transport, et en partie par des dispositifs de compensations d'énergie réactive généralement placés au plus près de la consommation pour éviter les transits élevés de puissance réactive dans le réseau de transport vers le réseau de distribution. En effet, en HTB, les lignes ont un caractère plus inductif que résistif et le transit de puissance réactive induit de forte chute de tension. De plus, le fait de faire transiter de la puissance réactive dans une ligne diminue la puissance active maximale transmissible par celle-ci. [24]

Du fait de l'étendue du réseau HTB les contrôles en tensions s'effectuent de manière hiérarchisée dans le temps et de manière distribuée dans l'espace (Fig. II.1).

Figure (II.1) organisation du réglage hiérarchie de tension [24]

? Réglage primaire de tension

Le réglage primaire(RPT) agit au niveau local avec une constante de temps de l'ordre de 100 ms sur la

tension aux bornes des groupes pour faire face à des variations rapides de la tension qui peuvent être induites par des variations de demande de puissance réactive, par des défauts ou par des manoeuvres sur le réseau. Le RPT est le premier à intervenir suite à une perturbation. Il se caractérise par une action basée sur des critères locaux en asservissant la tension aux bornes du groupe à une valeur de référence. Grâce à cet asservissement les générateurs actuels, essentiellement des alternateurs, fixent la

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

tension à une valeur de consigne sur leur point de raccordement. Le principe est d'agir sur l'excitation de ces machines pour garder le niveau de tension désirée. Ceci est réalisable dans les limites propres de chaque alternateur. Le RPT permet donc, dans la limite des réserves primaires des groupes (en réactif), de maintenir l'équilibre local entre la production et la consommation de puissance réactive et de répondre rapidement aux fluctuations aléatoires de la tension [16].

? Réglage secondaire de tension [25]

Le réglage secondaire de tension (RST) a pour but de faire face de manière coordonnée à de fortes, mais lentes fluctuations de la tension à l'échelle régionale, ce que le réglage primaire ne peut assurer seul. Le réglage secondaire est automatisé et centralisé par régions dites zones de réglage, ces zones de réglages doivent être indépendantes du point de vue de la tension. Cela signifie que chaque zone est en théorie insensible à toute variation de tension pouvant survenir dans une zone voisine. Il a pour objet de limiter les transits de puissance réactive sur les lignes d'interconnexion, et de maintenir la tension en certains noeuds représentatifs de la tension de chaque zone à sa valeur de consigne. Ces noeuds spécifiques sont appelés noeuds pilotes (il y en a un par zone de réglage).

Cette action est réalisée en élaborant une correction des valeurs de consigne de chaque groupe participant au réglage secondaire. Le correcteur du réglage secondaire élabore un niveau de participation à partir de l'écart entre la consigne de tension du noeud pilote et la tension mesurée en ce même noeud. Ce niveau est ensuite utilisé par la boucle de réactif de chaque alternateur pour déterminer la correction à apporter sur la consigne de tension de ce dernier. Afin de protéger le réseau contre d'éventuelles oscillations dues à des actions contradictoires des réglages primaire et secondaire, ce dernier a un temps de réponse nettement plus long que le précédent : il est de l'ordre de la minute.

? Réglage tertiaire de tension

Le réglage tertiaire, manuel, effectué en France par le dispatching national, consiste à réévaluer, à intervalles de quinze minutes, les consignes de tension des noeuds pilotes de chaque zone de réglage selon des critères technico-économiques dont les principaux sont les suivants [24] :

? Exploiter le réseau en assurant au mieux sa sûreté,

? Respecter les contraintes de fonctionnement des matériels, ? Minimiser les pertes et les coûts de production,

? Utiliser au mieux la capacité des ouvrages de transport.

Il a pour but d'assurer une bonne tenue globale du plan de tension, et d'éviter des situations engendrant des surcoûts ou des risques pour le système électrique. Les consignes de tension des noeuds pilotes sont calculées par un « optimal power flow », ou OPF, en tenant compte des critères précédemment cités. [22]

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

II.4 les impacts de GED sur les réseaux électriques [2] [11]

Le raccordement de GED peut causer certains impacts sur le système électrique Ces impacts peuvent être classés en deux groupes: les impacts sur la distribution et les impacts sur le transport.

II.4.1 Impacts de l'intégration de GED sur les réseaux de distribution II.4.1.1 Impact sur le plan de tension

Le réseau de distribution fonctionne sous une tension de (30kV et 10 kV). L'utilisation de conducteurs pour transporter l'énergie aux consommateurs est responsable d'une chute de tension c'est-à-dire que la tension relevée aux noeuds consommateurs est plus faible que la tension relevée au niveau du poste source. Une tension trop faible provoque le dysfonctionnement du matériel chez le consommateur et une tension trop forte peut endommager les équipements du réseau et ceux du consommateur. Ainsi un compromis technico-économique exige que la tension sur le réseau de distribution doive rester dans les limites de +/- 5 % de la tension nominale. Pour pallier ce problème, on utilise des transformateurs régleurs en charge au niveau du poste source HTB/HTA. Ces sont des transformateurs dont on peut changer les prises c'est- à-dire faire varier le rapport de transformation et donc soit diminuer soit augmenter la tension, [17].

On rappelle pour que la chute de tension en régime triphasé s'exprime par la formule suivante:

DU r XL X Ptri + x XL X Qtri

U

= (II.1)

U2

r : résistance de ligne,

Ptri = puissance active de la charge triphasé, x : réactance de ligne,

Qtri = puissance réactive de la charge triphasé,

L : la longueur de la ligne.

On constate donc que la chute de tension dépend directement des puissances actives et réactives injectées mais également du type et de la longueur des conducteurs utilisés. Ainsi la connexion de GED sur le réseau peut faire varier le plan de tension. La tension peut alors dépasser les limites admissibles même avec le fonctionnement des régleurs en charge [18].

Pour montrer les effets de la GED sur le plan de tension, prenons l'exemple de la figure (II.2). Le réseau est constitué de 5 charges régulièrement espacées de 5 km consommant au total 10 MW.

Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

Figure (II.2) exemple de Réseau de distribution radial [25]

La Figure (II.3) illustre un exemple d'impact bénéfique de l'insertion de GED sur la tension. On peut constater qu'au noeud 2 la tension est de 1,02 pu. Cela correspond à la tension de consigne du régleur en charge. Lorsqu'En connectant une GED de 2 MW au noeud 6, l'énergie est consommée plus localement que dans le cas sans GED. La puissance active injectée étant moins importante au noeud 3, 4, et 5, la chute de tension est moins importante. Le plan de tension avec une GED connectée permet dans ce cas de remonter la tension tout en restant dans les limites admissibles. Ceci est bénéfique pour le réseau car cela permet de diminuer les pertes.

 

Tension maximal

Tension minimale

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Figure (II.3) Exemple d'effet bénéfique de l'insertion de GED [25]

En revanche, l'insertion de GED peut provoquer des surtensions comme l'illustre la Figure (II.4). Une GED de 10 MW est connectée au noeud 5. L'export de puissance provoque une, augmentation de la tension qui dépasse la limite supérieure admissible.

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

Figure (II.4) Exemple de surtension provoqué par l'insertion de GED [25]

Les GED connectées à un départ peuvent provoquer le changement de prises du régleur en charge. Ainsi, d'autres départs de ce régleur en charge peuvent voir leur tension diminuer en raison du changement de prises du régleur, avec la logique de compound âge appliquée au régleur en charge [22].

II.4.1.2 Impact sur les transits de puissances

La connexion de GED sur le réseau de distribution modifie le transit de puissance dans le réseau. La Figure (II-5) montre les transits de puissance obtenus sur ce réseau test sans GED. Les flux de puissance sont unidirectionnels et proviennent du réseau amont, le réseau de transport,

Figure (II.5) Transit de puissance dans le réseau distribution sans GED [25]

On suppose une GED connecte au noeud 5 de puissance 1MW comme indiquée sur la Figure (II.6). Cette GED fonctionne à sa puissance maximale. Non seulement elle alimente la charge connectée au même noeud mais, en plus, elle va exporter de la puissance vers les autres charges.

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

Les flux de puissance deviennent alors bidirectionnels. La puissance provenant du réseau de répartition est alors de 5,123 MW. Par ailleurs, dans le cas précédent où la puissance provenait intégralement du réseau amont, les pertes sur le réseau de distribution étaient de 465,6 kW. Dans le cas d'une GED connectée au noeud 5, les pertes sont réduites à 122,5 kW. L'introduction de cette GED a donc diminué les pertes sur le réseau d'un facteur 3,8. Ainsi grâce à la production locale de cette GED, les transits de puissance active ont diminué et par conséquent les pertes également.

Figure (II.6) Transit de puissance dans le réseau test avec une GED connectée au noeud 5 [25]

II.4.1.3 Impact sur les courants de court-circuit :

L'introduction de GED dans le réseau de distribution modifie l'impédance globale du réseau et donc

les courants de court-circuit et la puissance de court-circuit. Ainsi il est possible que le courant de court-circuit soit modifié [25] et puisse provoquer le dysfonctionnement du matériel de protection. Par ailleurs, lors d'un défaut, les producteurs alimentent le courant de défaut. Celui-ci peut alors dépasser la limite admissible des éléments du réseau (conducteurs entre autres).

II.4.1.4 Impact sur la qualité de la tension

La connexion de GED sur le réseau de distribution peut également altérer la qualité de l'onde de tension. Celle-ci est déterminée grâce à un ensemble d'indices.

? Le « flicker »

Il s'agit de variations rapides de la tension inférieures à 10 % de la tension nominale de manière

répétitive. Il provient du fonctionnement de certaines machines comme les fours à arcs par exemple. Le « flicker » n'a aucune incidence sur les matériels. Cependant il provoque une gêne visuelle car il est responsable du papillotement des ampoules à incandescence. Le « flicker » peut apparaître en raison de l'intermittence des GED si celles-ci sont des éoliennes ou encore des panneaux photovoltaïques.

? Les creux de tension :

Il s'agit d'une diminution brutale de la tension qui peut aller jusqu'à 90 % de la tension nominale

pendant une durée comprise entre 10 ms et 1 minute. Le fonctionnement des protections limite la

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

durée des creux de tension suite à des défauts polyphasés. Ils peuvent intervenir également lorsqu'une GED se couple au réseau.

? Les harmoniques :

Les harmoniques sont des déformations de l'onde de tension ou de courant. Certaines GED (photovoltaïque entre autres) peuvent avoir des interfaces d'électronique de puissance. Or ce sont ces dispositifs d'électronique de puissance qui sont responsables de la création d'harmoniques plutôt hautes fréquences qui peuvent provoquer un vieillissement prématuré des matériels. Par ailleurs, elles sont responsables de gênes acoustiques dans les transformateurs et de vibrations dans les machines tournantes [22].

? Les déséquilibres du système triphasé :

Le déséquilibre du système triphasé est dû à un mauvais équilibrage des phases et peut provoquer des déséquilibres de tension (diminutions ou élévations). Ces déséquilibres au niveau de la moyenne tension peuvent apparaître lors du raccordement de GED monophasées sur le réseau bas tension, au même titre que les charges monophasées classiques.

4.1.5 Impact de l'insertion de GED sur la planification et l'exploitation :

Dans la partie précédente, les impacts de l'insertion de production décentralisée sur les grandeurs électriques ont été mis en évidence. Ceux-ci laissent penser que le réseau de distribution n'a pas été conçu pour accueillir ces productions.

II.4.1.6 Impact sur le plan de protection

La modification des courants de court-circuit due à l'insertion de GED peut conduire à une modification du réglage des protections voire même à leur changement. Deux principaux problèmes apparaissent suite à une insertion de GED : le problème d'aveuglement de protections et celui déclenchement intempestif des protections.

? Problème d'aveuglement des protections

Lorsque la production décentralisée est loin du poste source HT/MT et qu'un défaut apparaît sur une dérivation proche de la centrale, Figure (II.7) il peut arriver que l'impédance de la ligne entre le poste source et le défaut devienne très importante devant l'impédance entre la centrale et le défaut ; On observe alors une diminution du courant de défaut injecté au niveau du poste source par rapport au cas où la centrale n'est pas en fonctionnement. Il peut donc arriver que la protection au niveau du poste source ne détecte plus dans un premier temps le défaut [2].

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

Figure (II.7) Aveuglement de la protection du départ en défaut [2]

? Déclenchement intempestif d'un départ sain:

Considérons le schéma de la figure (II.8) d'alimentation par une sous station du réseau d'une charge

par la liaison 2 et la connexion à la sous station par la liaison 1 d'une unité de production décentralisée. Ces deux liaisons sont chacune protégées par un disjoncteur contre les surintensités (protection ampère métrique) comme c'est l'usage. En effet, tout défaut survenant sur un départ MT doit être éliminé par ouverture du disjoncteur de départ.

Dans cet exemple extrêmement simple le disjoncteur de la ligne 1 peut débrancher intempestivement cette ligne en cas de défaut sur la ligne 2, car le courant du générateur lors de ce défaut peut être supérieur au seuil de protection. Ceci pour autant que la puissance des unités de production décentralisée soit importante et arrivera d'autant plus que le défaut soit proche du poste. La sélectivité de la protection est ainsi mise en défaut.

Les seuils de protection doivent donc être revus pour que seule la ligne en défaut soit déconnectée.

Figure (II.8) Influence de la production décentralisée [2]

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

II.4.1.7 Impact sur les calculs technico-économiques des études de planification :

L'introduction de production décentralisée dans le réseau modifie les transits de puissance et le plan de tension. Ainsi, c'est un paramètre qui doit être introduit dans les études de planification. Par exemple, une décision de renforcement de réseau sans GED et avec GED n'aura pas les mêmes coûts actualisés. Il est en effet possible que selon qu'il y ait une GED ou non, les parties du réseau à renforcer changent. Les coûts actualisés des pertes, ou encore de l'énergie non distribuée, peuvent donc être très différents.

II.4.2 Impacts sur le système de transport

D'un autre côté, les principaux impacts qu'une grande quantité de connexion de la production d'énergie peut provoquer dans le système de transport, sont les suivants: [2]

> Risque de congestion L'insertion des sources intermittentes est normalement localisée dans des zones où les conditions climatiques sont plus appropriées. Ceci provoque le besoin d'un renforcement local du réseau vu les possibilités de congestions locales.

> Incertitude du système électrique : L'intermittence des sources d'énergie provoque une incertitude dans le système en terme de quantité d'énergie générée et de la localisation de l'injection: le réseau électrique doit être prêt à accueillir un nombre important de producteurs d'énergie sans connaître a priori ni la position, ni la puissance qu'ils vont débiter.

> Changement des marges d'exploitation : Le changement des marges d'exploitation comme conséquence du besoin d'un système de suivi non seulement de la charge mais aussi de l'intermittence des sources.

> Apparition des flux d'énergie réactive : L'apparition des flux d'énergie réactive inattendus dans le système de transport lorsque le flux de puissance active est inférieur à la puissance naturelle de la ligne.

> Fermeture des grandes centrales : La fermeture ou le non remplacement des grandes centrales à causes économiques et environnementales.

> Perte de la production d'énergie : La perte de la production d'énergie par des conditions climatiques rudes, soit la déconnexion des éoliennes par vents excessivement forts.

II.5. Utilisation spécifique des GED [25]

Comme il a été expliqué précédemment, la connexion de GED modifie le plan de tension du réseau en injectant une puissance produite en un point du réseau. Cependant, beaucoup d'études sont menées dans l'optique de trouver des solutions efficaces quant à l'intégration de ces GED dans le réseau de distribution. Des contrôles de GED en puissance et en tension existent déjà, le principe de ceux-ci

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

diffère en fonction du type de GED utilisée à savoir un raccordement direct de la machine synchrone ou un interfaçage d'électronique de puissance.

Pour les GED de type machine tournante (machine synchrone), il existe deux types de régulation: [24]

? Le régulateur de tension (Automatic Voltage Regulator: AVR) est capable de maintenir la tension de la machine constante. Ce régulateur est souvent utilisé pour les générateurs de quelques dizaines à quelques centaines de MVA dans le réseau de transport ou, par les générateurs fonctionnant en réseau séparé. Le principe est de régler la tension via l'excitation de la machine. En sous excitation, la machine réagie comme une inductance en absorbant de la puissance réactive induisant donc une baisse de la tension réseau. A l'inverse, si celle-ci est surexcitée elle fournit de la puissance réactive induisant une augmentation de la tension réseau.

? Le régulateur de facteur de puissance (Power Factor : PF) est capable de maintenir le facteur de puissance ou la puissance réactive constante. Ce régulateur est souvent utilisé pour les GED ou les générateurs connectés aux réseaux de distribution de quelques kVa à quelques dizaines de MVA. Ce système de régulation (PF/VAR) est bien adapté pour les GED, en particulier celles de petites puissances.

De la même façon, pour les GED utilisant une interface d'électronique de puissance (onduleur) pour leur connexion au réseau, il est possible de contrôler les courants fournis par l'onduleur de manière à créer des régulations similaires à celles exposées pour les machines synchrones :

? La régulation en tension ou mode P/y : dans ce mode, la commande de l'onduleur est créée pour fixer au noeud de connexion la tension et la puissance active de consigne. La tension au point de connexion est contrôlée par injection ou absorption de puissance réactive. Un contrôle adapté de l'association source primaire et onduleur de tension permet de fixer la puissance active et la tension via les courants produits. Ainsi il est possible de contrôler, dans les limites du système la tension et la puissance active au point de connexion.

? La régulation en puissance ou mode P/Q : dans ce mode, la commande de l'onduleur est créée pour fixer au noeud de connexion les puissances active et réactive de consigne. Ce modèle de régulation est très similaire au mode P/V. Une boucle de régulation en courant génère la commande de l'onduleur et fixe les puissances au noeud de connexion de la GED via les courants produits sur le réseau.

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Chapitre II : les impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

II.6 conclusion

Nous avons précisé, au cours de ce chapitre, différents impacts de la production décentralisée sur les réseaux de distribution et son Utilisation spécifique des et l'importances de la tension et la fréquence dans les réseaux électriques.

L'intégration de production décentralisée dans le réseau de distribution provoque de nombreuses modifications du comportement du réseau. Tout d'abord, les transits de puissance, le plan de tension et les courants de court-circuit sont modifiés. Ces modifications peuvent être bénéfiques pour le réseau mais également préjudiciables (augmentation des tensions et des courants de court-circuit).

Ainsi ce chapitre expose la problématique induite par l'arrivée des GED sur la tension du réseau de distribution. Ce réseau, de par son architecture et sa conception, n'est pas adapté pour un accueil significatif de ces productions. Ainsi, le fait de produire une quantité de puissance localement sur un réseau de distribution créé des problèmes de tension au point de connexion. Cette surtension s'étend aux noeuds voisins et peut selon les niveaux de charge des réseaux devenir critiques.

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