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L'aide publique au developpement dans la lutte contre l'extreme pauvrete au Cameroun : cas du contrat de desendettement et de developpement


par Samuel Bileou Christian Wandji
Institut des Relations Internationales du Cameroun  - Mater 2 en Relations Internationales option communication et Action Publique Internationale  2022
  

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C. Tendance des indicateurs de pauvreté monétaire au Cameroun

Le suivi et l'évaluation de la pauvreté au Cameroun constitue une source de préoccupations constantes pour les autorités camerounaises. Les ECAM 1,2,3 dont le plus récent 4122(*) élaborées par l'Institut Nationale de la Statistique (INS) nous renseignent à suffisance sur l'évolution de la pauvreté au Cameroun.

L'indicateur de mesure de niveau de vie des ménages est obtenu en faisant la somme des dépenses de consommation finale du ménage (à l'exclusion des biens durables), de l'autoconsommation des produits alimentaires (évaluée au prix du marché), du loyer imputé des ménages propriétaires de leur logement et des dons reçus en nature. Toutefois, les prix ne sont pas les mêmes en fonction des régions ceci à cause des coûts de transport et d'acheminement, densité de la population et autres raisons pour laquelle il est nécessaire de calculer les déflateurs régionaux en fonction d'une région de référence qui est Yaoundé, afin de ramener les dépensesde consommation finale, d'autoconsommation ainsi que les dons reçus en nature par les autres régions à la région de référence qu'est Yaoundé.

- Evolution du niveau des prix de 2007 à 2014123(*)

Au niveau national, les prix à la consommation finale des ménages ont augmenté de 28% entre le dernier trimestre de l'année 2007 et celui de l'année 2014. Cette flambée de prix résulte principalement de la progression des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (40,8%) ainsi que du renchérissement des prix des services de restaurants et hôtels (37,4%). Cette augmentation du niveau général des prix a été toutefois atténuée par la baisse de 39,4% des prix des biens et services de communication.

Au niveau des régions d'enquêtes, entre le dernier trimestre de 2007 et celui de 2014, les plus fortes hausses du niveau général des prix ont été enregistrées à l'Extrême-Nord (40,1%), à l'Est (38,5%), au Nord (33%), dans l'Adamaoua (32%) et au Sud (30%). La plus faible hausse est enregistrée à Yaoundé (17,6%).

- Evolution des prix en fonction du taux de pauvreté124(*)

En mettant en relation la hausse du niveau général des prix avec la pauvreté, il se dégage que le niveau général des prix au niveau national a augmenté de 28% tandis que le taux de pauvreté a baissé de 2,5%.

Tableau 2 : Evolution de l'indice général, de l'indice des produits alimentaires, de l'indice des produits non alimentaires, du taux de pauvreté entre 2007 et 2014 selon la région d'enquête.

- Evolution des prix en fonction du revenu125(*)

Depuis le début des années 2000 l'économie Camerounaise a connu plusieurs chocs exogènes ayant fortement affectés le pouvoir d'achat des camerounais l'amenuisant de plus en plus. Le gouvernement camerounais a mis sur pieds des mesures visant à réduire la hausse du niveau général des prix au rang desquels l'ajustement des prix des produits pétroliers, la suppression de certaines taxes sur les produits importés de grande consommation et la revalorisation des salaires des fonctionnaires. Toutefois fort est des constater que ces mesures ont eu un impact plutôt mitigé ; on constate que les ménages consacrent la plupart de leurs revenus aux besoins alimentaires au détriment d'autres biens de consommation. Aussi de 2001 à 2014, les prix de consommation des produits alimentaires se sont accrus de 60% or les salaires eux, ont progresser de 30%. Si l'autoconsommation est relativement stable en milieu rural, elle a diminué en milieu urbain à cause des prix des produits vivriers qui ont quasiment doublés obligeant ainsi les populations urbaines à se tourner vers les produits céréaliers importés peu couteux.

Graphique 2 :évolution des prix comparés au revenu

Une personne est considérée comme pauvre si elle vit dans un ménage pauvre. Un ménage est dit pauvre si sa consommation annuelle par équivalent-adulte est inférieure au seuil de pauvreté. Le seuil a été évalué à 232 547 FCFA en 2001, 269 443 FCFA en 2007 et 339 715 FCFA en 2014, correspondant respectivement à 637 FCFA, 738 FCFA et 931 FCFA par équivalent-adulte et par jour. Cette évolution du seuil de pauvreté de 15,9% entre 2001 et 2007, et de 26,1% entre 2007 et 2014 est tributaire principalement de l'inflation enregistrée au cours de ces périodes respectives et aux changements dans les habitudes de consommation.Entre 2001 et 2014, l'incidence de pauvreté est en baisse. Le pourcentage des personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté est passé de 40,2% en 2001 à 39,9% en 2007, pour atteindre 37,5% en 2014. Si le niveau de pauvreté est constant entre 2001 et 2007, une baisse semble amorcée sur la période 2007 à 2014, avec une diminution du taux de pauvreté de 2,4%. Les tendances de la profondeur et de la sévérité de la pauvreté révèlent une situation plus nuancée. Ces deux indicateurs sont stables entre 2001 et 2007, et en hausse entre 2007 et 2014. S'agissant de la profondeur, malgré le recul du pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté en 2014, l'écart entre le niveau de vie (mesurée par la consommation annuelle par équivalent adulte) des pauvres et le seuil est plus grand qu'en 2007. En d'autres termes, le niveau de consommation des pauvres en 2014, est encore plus éloigné du seuil de pauvreté qu'en 2007 et 2001.

Afin d'avoir une meilleure idée de ce gap, il est intéressant de le traduire en valeur monétaire. Selon les résultats des trois enquêtes, le montant annuel moyen qu'il fallait transférer à un pauvre pour le sortir de la pauvreté s'élevait à 74 002 FCFA en 2001, 83 161 FCFA en 2007 et 130 275 FCFA en 2014. La variation de ce montant entre 2007 et 2014 est de 57% ; soit 2,8 fois plus que l'inflation sur la période. Concernant la sévérité, son évolution (de 5,0% en 2007 à 7,2 en 2014) indique une aggravation des inégalités entre les pauvres.

Un autre indicateur d'analyse de la pauvreté est le nombre de pauvres. En effet, l'objectif des politiques de lutte contre la pauvreté n'est pas simplement la baisse du taux de pauvreté, mais aussi de réduire l'effectif des pauvres. Ce nombre est de 8,1 millions en 2014, soit une hausse de 1,9 million par rapport à 2001. Cette augmentation résulterait d'une combinaison d'une forte croissance démographique estimée à 2,6% par an et d'un modeste recul de l'incidence de la pauvreté. L'accroissement du nombre de pauvres conjugué à la hausse de la profondeur de la pauvreté a naturellement pour conséquence une plus forte mobilisation des ressources pour lutter contre la pauvreté. En 2014, on évalue à 775,3 milliards de FCFA le montant de ressources à transférer aux individus pauvres pour les faire sortir de la pauvreté, soit 23,4% du budget de l'Etat pour l'année 2014126(*).

Tableau 3 : tendance des indicateurs de pauvreté monétaire entre 2001 et 2014

Longtemps utilisé comme instrument de référence de mesure de la pauvreté, l'approche par la pauvreté monétaire suscite quelques limites127(*). La première est que l'utilitarisme suppose que les niveaux d'utilité sont comparables d'un individu à un autre. Deuxièmement, l'utilitarisme ne se préoccupe que de l'agrégation des utilités et de leur somme, sans s'occuper de la manière dont celui-ci est distribuéentre les individus. Et enfin, cette approche suppose recourir à un seul indicateur qu'est le bien-être. Fort de ce constat il se trouve nécessaire d'étudier une approche plus englobante et qui étudie le phénomène de la pauvreté sous plusieurs critères.

Paragraphe II : L'approche non monétaire

* 122 Enquêtes Camerounaises Auprès des Ménages on en compte plusieurs à savoir : ECAM 1 (DSCN, 1996) l'enquête porte 1731 ménages, 9.978 individus, et elle a été réalisée en 1996. La seconde enquête ECAM 2 présente des données collectées entre septembre et décembre 2001 et porte sur 11.553 ménages (DSCN, 2001). La troisième enquête ECAM 3, a été réalisée en 2007 et porte sur 12000 ménages. En enfin, la quatrième enquête auprès des ménages ECAM 4 est une enquête réalisée en (2014). L'échantillon de cette enquête comprend environ 12 847 ménages répartis dans 1024 grappes, encore appelées zones d'enquête, dans les 12 régions d'enquête qui couvrent le territoire national,

* 123 ECAM 4 : pauvreté et évolution du pouvoir d'achat des ménages, INS, 2014 

* 124ECAM 4 : INS, pauvreté et évolution du pouvoir d'achat des ménages, 2014

* 125ECAM 4 : INS, pauvreté et évolution du pouvoir d'achat des ménages, 2014

* 126 L'ensemble de ces statistiques sont issues de ECAM 4

* 127Fusco, A. La Contribution des Analyses Multidimensionnelles à la Compréhension

et à la Mesure du Concept de Pauvreté : Application Empirique au

Panel Communautaire des Ménages, thèse en français pour l'obtention du Doctorat

en Sciences Economiques, Nice : Université de Nice- Sophia Antipolis, 2005

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