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La problématique d'acquisition du statut de membre permanent au Conseil de sécurité. Cas du Brésil

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par Eustache Fiston KILWA SIBUMBA
Université de Lubumbashi - Licence en relations internationales 2011
  

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§2. Le Brésil face aux critères

Face aux critères que nous avons présenté précédemment, le Brésil répond valablement à certains et d'autres, ce géant de l'Amérique du Sud devra améliorer.

En effet, le Brésil fait à ces jours preuve de sa faiblesse extérieure et parait aujourd'hui le candidat légitime du continent sud-américain. Nous l'avons d'ailleurs démontré dans notre deuxième section qui a porté sur la légitimité du Brésil à demander le statut de membre permanent. Le Brésil est à ces jours :

1. Leader régional qui participe à la stabilité de sa région (voir supra)

2. Un intervenant majeur dans les opérations de maintien de la paix et de la sécurité internationales. (voir supra)

3. Un intervenant assez majeur au budget de l'ONU (voir supra)

4. Un intervenant mondial majeur dans la politique internationale (voir supra)

5. Il est classé sixième puissance mondiale en combinant les critères qui concourent à la définition du concept « grande puissance » en Relations Internationales

Cependant, si le Brésil veut une place dans la future composition du Conseil de Sécurité, il devra faire face de certains problèmes internes et vaincre certaines vulnérabilités qui le rongent. Voyons-les dans le paragraphe qui suit

§3. Les défis du Brésil comme futur membre permanent

Le Brésil a réussi à s'imposer comme puissance du continent sud-américain et intervenant mondial majeur. Cependant, il devra améliorer certains points qui font qu'il soit à ces jours classé comme puissance secondaire sur la scène internationale.

Le Brésil devrait d'abord faire ses preuves au niveau national. En effet, malgré une relative stabilité économique, le Brésil est toujours en proie à une pauvreté. Le Brésil étant toujours un pays très inégalitaire, « injuste plutôt que pauvre », (selon la célèbre formule de l'ancien Président Cardoso). Il est certain que la Frange la plus aisée de la classe moyenne connait une nette amélioration de ses conditions de vie, illustrée par les records atteints par la consommation des ménages grâce à la maitrise de l'inflation. La pression fiscale demeure l'un des problèmes majeurs tout comme le faible niveau des salaires.182(*)

Le Brésil doit lutter contre la grande pauvreté que connait près de tiers de la population. Si le nombre de brésiliens vivant en dessous du seuil de pauvreté est passé, en 2006, sous la barre des 30%, 20% de la population vit toujours avec moins de deux dollars US par jour. Ainsi ont été mises en oeuvre, à l'initiative du Président Lula des mesures telles que la « bourse famille, une aide mensuelle d'environ 20 euros à 11 millions de familles vivant sous le seuil de pauvreté en contrepartie de la scolarisation et de la vaccination des enfants.183(*)

Cette problématique de la pauvreté et des inégalités sociales est, bien entendu, indissociable de celle de l'insécurité et de la violence que connait le Brésil (avec un taux de 23,8 homicides pour cent mille habitants, plus de 10 fois supérieur à celui de la France.184(*)

Au niveau international, le Brésil devra améliorer sa contribution au maintien de la paix et de la sécurité internationales et sa contribution aux budgets de l'ONU.

1. Améliorer la contribution au maintien de la paix et la sécurité internationales

Si le Brésil s'est historiquement illustré dans sa région à travers des actions de médiatisation de conflits, son expérience en matière d'opération de maintien de la paix demeure très limitée (en témoigne un commandement très critiqué en Haïti, à la tête de la MINUSTAH-Mission des Nations Unies pour la stabilité en Haïti) et ses capacités militaires pour intervenir dans des crises très faibles (pour assurer un rôle modérateur au niveau tant régional qu'international).185(*)

Rappelons également qu'en Amérique latine, c'est l'Uruguay qui se place en première position au classement des contributeurs aux opérations de maintien de la paix en termes de personnel, avec 2532 hommes déployés dans 11 opérations et onzième classé au monde. Principal pourvoyeur des troupes du continent Sud-Américain, son engagement est à considérer sous l'angle politique (volonté de rayonnement international et matériel) ; l'importance de son engagement (plus de 30.000 hommes déployés dans les opérations de maintien de la paix depuis 20 ans) lui confère des bénéfices opérationnels (déploiement de troupes sur des théâtres d'opération extérieure, coopération avec des forces armées étrangères, ...) et financiers certains.186(*)

Alors que le Brésil, prétendant membre permanent, occupe la 20e place au monde en ce qui concerne le classement des contributeurs aux opérations de maintien de la paix et de la sécurité internationales, se cantonnant ainsi en 2e position dans sa région derrière bien sûr l'Uruguay.187(*)

Avec une telle contribution, le Brésil semble devoir se confirmer au rang d'acteur secondaire sur la scène internationale. Si cet Etat tient à être membre permanent dans la future composition du Conseil de Sécurité, il devra améliorer sa contribution aux opérations de maintien de la paix et de la sécurité internationales.

2. Améliorer la contribution aux budgets de l'ONU

Nous devons établir une distinction comptable fondamentale entre le budget proprement dit et divers comptes dits « extrabudgétaires ». Cette distinction correspond à des modalités de financement différentes.

Le budget ordinaire comprend les dépenses qui correspondent aux activités politiques durables de l'Organisation, ainsi que le coût des services, de conférence. Le budget ordinaire est financé par diverses recettes accessoires et principalement par les contributions obligatoires des Etats Membres.188(*)

Les comptes extrabudgétaires comportent des fonds d'affectation spéciale, des comptes de réserve et des comptes spéciaux. Ces comptes sont destinés à retracer des dépenses et des recettes qui correspondent à des activités particulières de l'Organisation financées selon des modalités différentes de celles applicables au budget ordinaire. Dans certains cas, les dépenses sont couvertes par des contributions obligatoires établis selon un barème particulier. Il en est ainsi pour certaines opérations de maintien de paix. Mais dans la plupart des cas, notamment pour les activités opérationnelles à caractère économico-social, le financement provient de contributions volontaires des Etats ou de dons particuliers.189(*)

En ce qui concerne le géant du continent Sud-Américain, ses contributions aux budgets de l'ONU, ordinaire ou extrabudgétaire soient-il, sont faibles. Avec une contribution de 1,611% au budget ordinaire de l'ONU, le Brésil n'est pas classé parmi les contributeurs majeurs au budget ordinaire de l'ONU. Il se cantonne ainsi à la 14e position au classement des contributeurs au budget ordinaire de l'ONU pour l'année 2011 (voir supra).

Bref, les contributions du Brésil ne répondent pas encore totalement à ses aspirations à devenir membre permanent. Mais étant donné qu'il est l'Etat de l'Amérique du Sud à être mieux positionné sur la scène internationale, il devra vaincre les défis présentés ci-haut afin de représenter valablement le continent Sud-Américain.

* 182 « Le Brésil, puissance globale à l'heure des biocarburants » in http://www.senat.fr/rap/r07-482/r07-482.html, consulté le 29 mars 2011

* 183 Ibidem

* 184 Ibidem

* 185 NOVOSSELOFF, A., « L'élargissement du conseil de sécurité : enjeux et perspectives », www.cairn.info/revue-relations -internationales-2006-4-page-3.html

* 186 ESTEBAN, A., « Amérique latine et maintien de la paix, in http : www.operationspaix.net/Amérique_latine_et_maintien_de_la_paix

* 187 Ibidem

* 188 SCHRICKE, C., « Commentaire de l'article 17, paragraphes 1 et 2 de la Charte des Nations Unies, in la charte des nations unies, commentaire article par article, Paris, Economica, 1985, p.357

* 189 IDEM, p.p.357-358

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