WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Analyse juridique de l'immunité de juridiction reconnue au personnel militaire de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC )

( Télécharger le fichier original )
par Michel SULUBIKA OMARI
Université officielle de Bukavu - Licence de droit option droit public 2008
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CONCLUSION

Il a été question dans cette réflexion d'analyser et de critiquer le paragraphe 51, Titre VI de l'Accord de siège passé entre la République démocratique du Congo et la MONUC.

Aux termes de cette disposition, rappelons-le, il est prévu que toutes les infractions pénales que commettraient les membres militaires du personnel militaire de la MONUC ne sauraient être connues que des juridictions de l'Etat fournisseur ou autrement dit, de l'Etat d'envoi du contingent.

Il ressort de l'analyse qui a constitué la base de notre développement que les prescrits de cette disposition ne sont pas de nature à garantir une bonne administration de la justice.

Nous l'avons très bien remarqué lorsqu'il s'est agi d'analyser les voies de recours que peut emprunter une victime de la commission d'une infraction par un casque bleu.

S'agissant du recours devant les juridictions de l'Etat du ressortissant, il s'est avéré que la victime se trouve face à un nombre considérable d'obstacles qu'elle ne peut surmonter et se résout enfin de compte à abandonner ses prétentions. Il s'agit d'une voie qui offre plus de garanties mais présente une grande inquiétude d'être souvent inaccessible au particulier lésé.

Par ailleurs, considérant d'un côté l'attitude de l'ONU qui cherche toujours à sauvegarder son image d'une force de maintien de la paix et qui s'abstient à déclencher les poursuites de ses casques bleus auteurs d'infractions pénales, de l'autre l'attitude des pays fournisseurs des contingents mettant au premier plan l'acte de bravoure de leurs soldats et qui les épargnent des poursuites judiciaires, nous nous rendons bien compte que cette disposition constitue une ouverture certaine à l'impunité que l'on consacre sans l'appeler nommément.

Poursuivre les Casques bleus des Nations Unies est actuellement très difficile en raison de leur immunité de juridiction et de l'insuffisance des dispositions des lois de la République démocratique du Congo. C'est pourquoi nous pensons que l'ONU devrait jouer un rôle plus actif en veillant à ce que le personnel militaire des Nations Unies puisse être poursuivi, arrêté et condamné.

D'où la nécessité de la création d'une unité au sein du Département des opérations de maintien de la paix qui soit consacrée aux comportements des Casques bleus et chargée de mettre en place des mécanismes de poursuites de ceux-ci.

Par ailleurs, à l'égard de l'Etat congolais, nous suggérons de mener des démarches pouvant permettre la révision de cette disposition.

Cette révision rendrait matériellement et personnellement compétentes les juridictions congolaises. Pour un pays sorti fraichement des crises dans lequel le niveau de violation des droits de l'homme s'est accru de manière plus qu'exponentielle et dans lequel la promotion et la remise à niveau de la justice sont plus qu'une urgence, nous estimons être temps d'ériger des barrières à toute brèche à l'impunité ; d'où la nécessité de l'imminence d'une justice immanente.

Il est possible de mettre au premier plan les différents critiques que l'on porte à l'égard de la justice congolaise et de présenter ainsi des doutes envers notre démarche.

Tout n'est pas perdu car on pourrait aussi envisager la constitution d'un tribunal mixte composé des juges congolais, des juges ressortissant de l'Etat de l'agent en cause et des observateurs ou experts des Nations Unies.

A ce titre, les soupçons d'un quelconque ombre de corruption, d'impartialité ou d'une mauvaise administration de la justice en général dont sont souvent accusés les tribunaux congolais, seraient ainsi dissipés.

Rendre compétentes les juridictions congolaises incite à demander à la République démocratique du Congo de doter de nouvelles infrastructures les parquets, les tribunaux et les milieux carcéraux afin d'inspirer confiance et donner une image de la justice congolaise qui soit de nature à la considérer comme la seule voix des sans voix. Ainsi, reconnaitra-t-on à la justice son double et irremplaçable mérite de nous rappeler les limites de la morale et de permettre, qu'aux générations futures, nous léguions des sociétés plus humaines.

Tout compte fait, de tout ce qui précède, la poursuite des casques bleus auteurs d'infractions pénales au Congo n'est pas seulement une nécessité mais encore et surtout une urgence.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand