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La lutte contre le blanchiment d'argent dans le système économique et financier en Afrique: analyse critique des procédures existantes et propositions d'axes d'améliorations

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par Jean- Yves ANGRA
Institut national polytechnique de Yamoussoukro  - BAC+5 en finances- comptabilité  2009
  

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V-1-2: Les effets du blanchiment d'argent sur les economies africaines

Les opérations de blanchiment, si elles se développaient au sein des pays africains, risqueraient de mettre en cause la stabilité des économies. En particulier, l'utilisation des institutions financières pour le blanchiment d'activités criminelles est de nature a compromettre gravement la solidité et la stabilité du système financier.

En effet, lorsqu'une institution financière est utilisée involontairement par des éléments criminels ou des terroristes, cette dernière risque de compromettre sa réputation. Si des membres de son personnel complotent avec des éléments criminels pour blanchir des fonds ou financer des terroristes, les dégats peuvent être bien plus élevés. Ceux qui traitent avec une institution dont on découvre qu'elle blanchit de l'argent peuvent aussi voir leur réputation salie et lorsqu'une place financière est largement percue comme étant vulnérable au blanchiment d'argent, d'autres opérateurs se garderont d'y investir.

Le danger le plus sérieux apparaIt lorsque des institutions financières importantes sont contrOlées par des blanchisseurs d'argent, car dans ce cas l'intégrité et les opérations de l'ensemble du système financier peuvent être compromises.

Pour certains pays, l'impact économique et financier pourrait être notable. Une fois l'intégrité d'une institution ou d'une place financière remise en question, sa viabilité a long terme est en jeu, avec des conséquences économiques néfastes. Par ailleurs, si le système financier n'est pas suffisamment intègre, les décisions concernant l'affectation

des ressources sont faussées et l'investissement est mal orienté, ce qui pèse sur la croissance économique. Cela est d'autant plus vrai que, combattre le blanchiment des capitaux est même devenu une des conditionnalités des organismes internationaux (Institutions de Bretton Woods, FMI, etc....) pour les pays qui veulent obtenir des prêts ou des financements.

En outre, a cOté du << caractère économique >> des méfaits du blanchiment d'argent sur les économies africaines, il est important de ne pas négliger l' <<aspect sociopolitique >>. Car, le blanchiment d'argent constitue un sérieux catalyseur de corruption étatique. Prenons le cas d'un Etat dont l'administration publique est corrompue. Cela veut donc dire que les agents de cette administration percoivent constamment des pots de vins dont l'importance des montants est fonction des types de services rendus.

Une fois que les pots-de-vin ont été verses, au moyen de mécanismes financiers ayant permis de sortir de l'argent des comptes publics des entreprises, et d'en constituer le caractère occulte, les destinataires ont besoin de réintroduire ces montants dans les circuits financiers officiels. L'objectif de cette mancuvre est bien sfir de pouvoir en bénéficier de facon << légitime >> et surtout sans attirer les soupcons des enquêteurs. Dans cette optique, si cet Etat est vulnérable aux pratiques de blanchiment d'argent, il favorise l'activité illicite des capitaux issus de la corruption. Il s'expose donc a la prolifération de la corruption au sein de son pays. Or la corruption, plus encore qu'un "cancer" économique, est un "cancer" politique. En effet, quand elle touche les plus hautes sphères de l'Etat, la corruption décrédibilise l'autorité publique de ceux qui sont en charge de la destinée d'un pays et, brisant les relations de confiance entre les citoyens et leurs institutions, sape les fondements même de la société. La corruption ouvre alors la porte a l'instabilité politique, aux tensions sociales, aux rivalités ethniques jusqu'aux guerres civiles. En Afrique, la corruption politique est d'autant plus destructrice qu'elle frappe des pays aux structures administratives peu aguerries, aux ressources limitées et aux équilibres économiques fragiles. Il ressort donc de ce qui précède que le blanchiment de capitaux, en plus de déstabiliser les économies africaines, pourrait ternir leurs réputations auprès des partenaires financiers internationaux. Ces derniers se garderaient donc, dans ce cas, d'investir dans des pays jugés << financièrement risqués >> ou << vulnérables >>. Toute chose qui, a la longue, ne favoriserait pas les efforts de réduction de la pauvreté dans ces pays pauvres.

Les Etats africains ne sont pourtant pas restés indifférents face au danger que le
blanchiment d'argent fait peser sur la stabilité des systèmes économiques et financiers

africains. Il conviendrait donc, dans ce cas, de s'intéresser aux initiatives et structures mises en place pour lutter contre le blanchiment de capitaux en Afrique.

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Rassembler les contraires c est creer l harmonie