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Les commémorations du 11 novembre en Belgique francophone pendant l'entre-deux-guerres. Les cas de Bruxelles, Liège et Mons

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par Emeline WYNANTS
Université de Liège - Master en histoire 2012
  

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2.4.2 L'idée de Soldat Inconnu belge.

La création du Soldat Inconnu belge survient suite à une série de réflexions. La glorification des morts pour la Patrie est une idée récurrente dans tous les pays belligérants, et ce, déjà durant la guerre. En Belgique, la première proposition de monument dédié aux morts de la Guerre est adressée à l'administration des Beaux-arts, vingt jours seulement après l'Armistice.357(*) Cette initiative commémorative populaire est un phénomène nouveau en Belgique où les monuments commémoratifs étaient du fait des classes dirigeantes qui n'étaient pas soutenues par la population. Ce manque de soutien, avant guerre, se voit particulièrement dans le manque d'entrain que rencontrent les souscriptions.358(*) Au sortir de la guerre, les choses changent, de nombreuses souscriptions sont ouvertes tantôt pour un héros local359(*), tantôt pour le Soldat Inconnu360(*). Les suggestions d'érection de monuments aux morts ne pourront pas toutes être suivies ce qui oblige les gouvernements à prendre position en matière de politique mémorielle et de commémoration. Comme nous l'avons vu, le gouvernement vote une loi de glorification en juillet 1919. Cette loi, outre l'inscription des noms des disparus sur les murs intérieurs du Palais de Justice de Bruxelles, la remise des diplômes aux familles, prévoit l'érection d'un monument commémoratif dont la nature et l'emplacement restaient à déterminer.361(*) Cette loi promeut une commémoration tant nationale que régionale puisque le pendant des inscriptions dans les registres nationaux se retrouvera dans les registres communaux. De plus, les tombes seront entretenues aux frais de l'Etat.362(*) Une première pomme de discorde apparaît alors. En effet, cette loi prévoit d'honorer également les civils morts sous les coups de l'ennemi. Le premier point est que le gouvernement oppose combattants et non-combattants en prévoyant un hommage différent. Le second est que l'Etat belge n'englobe pas toutes les catégories de civils, il oublie notamment les prisonniers politiques et les déportés économiques, créant ainsi un malaise au sein de la population. A la Chambre, le 26 octobre 1922, le député catholique Brifaut363(*) insiste en disant « elle {la manifestation du 11 novembre 1922} sera organisée dans un esprit de large patriotisme pour témoigner aux anciens combattants et surtout à ceux qui sont morts pour la patrie - car c'est à eux qu'iront les hommages du 11 novembre prochain- les sentiments de reconnaissance qui animent le pays tout entier ». 364(*) Cette question de savoir qui honorer avait déjà été développée lors d'une autre séance. En effet, le 13 juillet 1922, à la Chambre, le groupe socialiste, tant wallonne que flamande, prend la parole afin de faire remarquer les différences profondes qu'il y a eu pendant la guerre entre la classe ouvrière, formant la quasi totalité de l'armée, alors que les bourgeois s'entendirent avec l'occupant.365(*)Il est évident que cette position est exagérée mais à travers cette problématique, nous pouvons voir qu'il est extrêmement difficile de trouver un consensus, de contenter un pays entier, d'autant plus lorsque ce pays fut touché dans sa presque totalité par la guerre, laissant ainsi une multitude d'expériences particulières, chacune cherchant ensuite de la reconnaissance.

Le choix de l'emplacement366(*) pose question à l'administration Bruxelloise. L'étude de Stéphanie Claisse nous montre qu'en novembre 1919, un projet de monument est étudié par la ville de Bruxelles. Le coût s'élèverait à 850 000 francs. La réflexion de l'administration bruxelloise s'articule autour de la question de l'intervention étatique puisque le monument aurait un caractère national. Ce n'est qu'en mai 1920 qu'Adolphe Max apprend par le ministre des Sciences et des Arts que seul le Conseil des ministres peut décider de l'intervention. Le ministre des Sciences et des Arts, quant à lui, s'interroge sur son emplacement dans un cimetière . C'est impensable ! un tel monument devant frapper l'imagination et la mémoire de la population,il convient donc de l'inscrire dans la vie quotidienne de celle-ci. Nous pouvons remarquer que, dès le début, et dans la presse, le choix de l'emplacement pose questions : « D'aucuns proposent de placer un sarcophage dans la salle des pas perdus du Palais de Justice, d'autres songent à la crypte de la place des Martyrs où dorment les héros de la Révolution de 1830 »367(*).

C'est au cours de la même année que l'idée de Jass Inconnu surgit dans l'opinion publique belge. Mais c'est dès février 1919 queLe Patriote illustréavait entamé une campagne en faveur de cette idée.368(*) Comme l'a montré Stéphanie Claisse dans sa thèse de doctorat, de nombreuses familles belges se retrouvent, après guerre, sans dépouille ni sépulture où pleurer leur mort.369(*) L'idée du Soldat Inconnu semble alors tout indiquée pour combler ce vide. C'est d'ailleurs ce sentiment qui est propagé par La Libre Belgique, notamment, qui rappelle que chaque nouvelle cérémonie patriotique, chaque nouveau nom sur les monuments aux morts, rappellent aux familles des disparus qu'elles ne savent pas où se trouve le corps de leurs défunts.370(*) Cette notion de familles des disparus attendant le retour du corps aimé est également repris dans La Meuse : « Au Soldat Inconnu, nous ne pouvons offrir que notre coeur. A ses vieux parents, et tous les ascendants en larmes sont ses vieux parents, donnons la protection, qui, jusqu'à présent hélas leur fut chichement mesurée {...} C'est un devoir impérieux, le premier ». 371(*)Mais plus encore lors du vote final du projet de loi à la Chambre, le député Louis Piérard372(*) dira : « Je me suis dit que les mères pleurant un fils dont les restes n'ont pu être identifiés, dont le corps déchiqueté, méconnaissable, s'est comme fondu dans la boue mouvante des tranchées de Dixmude ou des entonnoirs de Merckem, pourra se dire en passant devant la tombe auguste au pied de la Colonne, symbole de l'indépendance nationale : « Qui sait ? C'est peut-être lui qui est là... ». 373(*)

Bien présente dans la presse, il faut attendre novembre 1920 pour que la question soit abordée au Parlement. L'opinion publique joue un grand rôle dans l'évolution gouvernementale face au Soldat Inconnu. En effet, les cérémonies britannique et française ont été relatées dans la presse belge et dès le lendemain, des voix s'élèvent pour réclamer un hommage similaire.374(*) Lors de la séance du 23 novembre 1920, le sénateur Alphonse Carpentier375(*), dépose une proposition de loi et une motion d'ordre ayant pour objet la glorification d'un soldat inconnu mort au cours de la Grande Guerre.376(*)Il propose que cette inhumation aie lieu le 21 juillet 1921 à la Place des Martyrs puisque la Belgique ne possède pas de Panthéon.377(*) Le 2 décembre 1920, le député socialiste Louis Piérard défend un projet similaire devant la Chambre. Louis Piérard met en avant les commémorations française et britannique et enjoint le gouvernement à rendre un hommage semblable.378(*) Cette idée ne reçoit pas l'assentiment du gouvernement qui « pense que ces propositions, qui constituent une contrefaçon de ce qui a été fait en France et en Angleterre, arrivent trop tard et que le Gouvernement doit s'en tenir à l'exécution de la loi du 14 juillet 1919 relative à la commémoration et à la glorification des morts et des condamnés à mort pour la Belgique, au cours de la Grande Guerre »379(*). Ce souhait d'agir comme la France et l'Angleterre l'ont faitest présent aussi dans la presse. Ainsi,Le Soir déclare : « La Belgique se doit d'élever un monument à tous ses morts, et, pour venir une fois de plus après tous les autres, elle l'érigera au « Soldat Inconnu » ».380(*)

De plus, les Commissions réunies de la Défense nationale et de l'Intérieur, chargées d'examiner la proposition d'Alphonse Carpentier, précisent que cette pensée est généreuse et doit être encouragée en la rattachant au projet de monument national voulu par la loi de 14 juillet 1919.381(*)Il faut, cependant, attendre février 1921 pour que Carpentier se rallie à l'idée d'un monument national « en présence de la situation financière du pays, l'on m'a fait comprendre qu'il était difficile de songer à édifier un monument spécial au soldat inconnu ».382(*)Le Sénat vote alors le projet de loi amendé de Carpentier383(*), et l'envoie à la Chambre le 10 février. En mars 1921, la Commission spéciale chargée de l'examen de la proposition de loi tendant aÌ l'érection du monument au Jass Inconnu, émet l'avis que ce monument devra « faire partie de celui qui sera élevé aux héros de la guerre, et dont l'emplacement sera la Place Poelaert, dans l'axe de la rue de la Régence, se détachant sur la porte de bronze du Palais de Justice».384(*) Le projet transmis par le Sénat, en un article unique, annonce que les restes d'un soldat belge inconnu mort au champs d'honneur au cours de la Grande Guerre, seront exhumés et transportés à Bruxelles, pour être inhumés solennellement dans le Monument commémoratif qui sera élevé par l'Etat en vertu de l'article 6 de la loi du 14 juillet 1919.385(*) En juillet 1921, Henry Carton de Wiart386(*), Premier ministre et ministre de l'Intérieur propose de reporter l'examen du projet « monument national- Soldat Inconnu » après les élections de 1921.387(*)

C'est donc en 1922 que les discussions reprennent. Les deux projets388(*) sont discutés séparément lors des conseils de cabinet. Pour le ministre de l'Intérieur et de l'Hygiène, le catholique vicomte Berryer389(*), aucune mention légale ne lie le gouvernement au projet du Soldat Inconnu alors que le gouvernement est obligé par une loi d'élever un monument commémoratif de la guerre puisqu'une loi en ce sens est parue au Moniteur Belge. Comme les Anciens Combattants projettent une grande manifestation le 11 novembre pour l'inhumation du Soldat Inconnu, le Conseil des ministres décide d'accélérer le choix de l'emplacement du monument national. La proposition du Square du Palais de la Nation est rejetée du fait de sa localisation en zone neutre, ce qui pourrait engendrer des conflits en cas de troubles. Le Parc, qui avaient la préférence des Anciens Combattants, présente le même inconvénient. Il reste donc quatre possibilités : le Cinquantenaire, la Place Poelaert, la place des Martyrs et la Colonne du Congrès. Berryer défend l'idée de la Colonne du Congrès qui présente l'avantage de proposer un monument définitif pour le 11 novembre. Il est décidé que le ministre de l'Intérieur et de l'hygiène serait en charge de l'organisation.390(*) Un projet de loi est donc rédigé et envoyé à la Chambre qui le vote le 26 octobre à la quasi unanimité et le 7 novembre au Sénat.391(*)La loi est publiée au Moniteur le 10 novembre 1922392(*) . Mais comme nous l'avons dit, la commission organisatrice a commencé son oeuvre dès le 22 septembre. Cette commission est présidée par Adolphe Max et composée des délégués des pouvoirs publics et des associations d'Anciens Combattants.393(*)

Au niveau symbolique, le Soldat Inconnu est incontestablement important. Mais il convient de souligner que cette question du Soldat Inconnu belge s'inscrit dans un contexte national et international relativement complexe : l'Angleterre et la France sont en désaccord sur la politique internationale, les réparations posent toujours problèmes pour les Belges394(*), le coût de la vie est élevé395(*) et la question d'une université flamande ainsi que la réorganisation de l'armée font débat. Ces différents problèmes donnent lieu à des déclarations de ce type : « A cette heure où la Patrie menace d'être déchirée en raison des exigences flamingantes, l'hommage du pays au Soldat Inconnu, inhumé au pied de cette colonne, élevée à la gloire des Constituants de 1830, est un symbole d'un caractère tragique. »396(*) . Toutefois, la cérémonie projetée pour le 11 novembre 1922 par les Anciens Combattants ne reçoit pas l'unanimité puisque les Vlaamsche Oud-Strijders (V.O.S)397(*) et l'Association des Anciens combattants socialistes annoncent qu'ils n'y participeront pas. Jouant la carte de l'antimilitarisme et de la démocratie : les VOS demandent que les officiers et généraux soient écartés de la cérémonie. Afin d'éviter toute prise de paroles intempestives ou politiques, il est décidé que seul le Roi prononcera un discours. 398(*) Quant aux Anciens Combattants socialistes, leur refus de participer se porte sur la présence ou non des drapeaux d'associations lors de la cérémonie. La question de la présence des drapeaux d'associations sera relancée lors du Conseil des Ministres du 30 octobre puisque le président de l'Amicale des Officiers de la Campagne a entrepris une démarche afin que le gouvernement revienne sur sa décision. Afin d'éviter une nouvelle affaire du « fusil brisé »399(*), le Conseil des Ministres décide que seuls les drapeaux de l'armée participeraient à la cérémonie. 400(*)

La polémique s'étend au domaine religieux. En effet, les ministres catholiques veulent donner un caractère religieux à cette cérémonie. Or, les ministres libéraux s'y opposent fermement et suggèrent de fixer au 12 novembre, les rites religieux. Pour les ministres catholiques, il est inconcevable de ne pas donner une bénédiction à ce corps alors que la plupart des soldats tombés étaient croyants.401(*) La presse catholique reprend la polémique et la solution sera trouvée par le Cardinal Mercier. Le 29 octobre, une lettre pastorale est lue dans toutes les églises. Celle-ci enjoint les prêtres à célébrer un service funèbre pour le repos de l'âme des soldats tombés au combat, ce service devant mêler reconnaissance envers Dieu et attachement au Roi-Soldat. 402(*) Malgré la polémique, le jour venu, les catholiques triomphent. Le Cardinal Mercier, le Grand Rabbin Bloch, le pasteur Rochelieu et le doyen de Sainte-Gudule, Monseigneur Evrard, participent à la cérémonie de la place du Congrès et des services religieux ont lieu juste après la cérémonie officielle.403(*)

Maintenant que le principe est accepté, il ne reste plus qu'à procéder au choix de l'inconnu.

* 357CLAISSE S., Ils ont bien mérité de la patrie! Monuments aux soldats et aux civils belges de la Grande Guerre, mémoire(s) et reconnaissance (1918-1924), Thèse de doctorat en Histoire, inédit, Louvain-la-Neuve, année académique 2005-2006, p. 173-173.

* 358VAN YPERSELE L. &RAXHON Ph., « 1789 : contre les républicains français, une identité belge a posteriori ? », Colloque L'émergence de l'identité Belge avant 1830 ?, Archives Générales du Royaume, Bruxelles, 29 septembre 2005.

* 359 Pour le monument dédié à Charles Simonet à Mons : La Province, 12 novembre 1919, p.1

* 360Le XXe siècle, 12 novembre 1920, p.1. En 1922, le lendemain de l'inhumation du Soldat Inconnu, Le XXe siècle publie la liste des souscripteurs. Stéphanie Claisse a démontré que cette liste ne permet pas une réelle analyse, les informations étant trop floues. Ce sont 1461 souscripteurs qui ont permis au journal de récolter 51 494,29 francs.

CLAISSE S., Ils ont bien mérité de la patrie! Monuments aux soldats et aux civils belges de la Grande Guerre, mémoire(s) et reconnaissance (1918-1924), Thèse de doctorat en Histoire, inédit, Louvain-la-Neuve, année académique 2005-2006, p.153-154.

* 361Moniteur Belge- Journal Officiel, Bruxelles, Imprimerie du Moniteur Belge, 1e août 1919, p. 3667-3668.

* 362Moniteur Belge- Journal Officiel, Bruxelles, Imprimerie du Moniteur Belge, 1e août 1919, p. 3667-3668. (article 7).

* 363Valentin Brifaut (14 juillet 1875-15 novembre 1963): Docteur en droit et licencié en sciences politiques et sociales de l'Université de Louvain, il est député de Dinant-Philippeville entre 1912 et 1925. Il est sénateur suppléant en 1933. Entre 1908 et 1946, il est membre du conseil communal d'Elsene. Il fut l'animateur principal de la Ligue antimaçonnique.

(« Valentin Brifaut (1887-1963) » In ODIS - Database Intermediary Structures Flanders [en ligne : http://www.odis.be/pls/odis/opacuvw.toon_uvw_2?CHK=ps_2186 ] (dernière mise à jour le 3 juillet 2012, page consultée le 4 juillet 2013)).

* 364Annales parlementaires de Belgique. Chambre, Séance du 26 octobre 1922, p. 1870.

* 365Annales parlementaires de Belgique, Chambre des représentants, séance du 13 juillet 1922, p. 1744-1746.

* 366 Le choix de l'emplacement du monument répond d'abord aÌ un souci de visibilité (il doit interpeller un maximum de passants), et d'adéquation entre le lieu et l'oeuvre (il doit être magnifieì par un environnement valorisant permettant le recul nécessaire).

* 367Le Soir, 13 novembre 1920, p. 1.

* 368Le Patriote illustré, 9 février 1919, p.1. Cité dans CLAISSE S., Ils ont bien mérité de la patrie! Monuments aux soldats et aux civils belges de la Grande Guerre, mémoire(s) et reconnaissance (1918-1924), Thèse de doctorat en Histoire, inédit, Louvain-la-Neuve, année académique 2005-2006, p.132-133.

* 369CLAISSE S., Ils ont bien mérité de la patrie! Monuments aux soldats et aux civils belges de la Grande Guerre, mémoire(s) et reconnaissance (1918-1924), Thèse de doctorat en Histoire, inédit, Louvain-la-Neuve, année académique 2005-2006, p.132.

Ce problème est également présenté dans l'article : POURCHER Y., « La fouille des champs d'honneur », Terrain [En ligne : http://terrain.revues.org/3057 ; DOI : 10.4000/terrain.3057], (mis en ligne le 15 juin 2007, page consultée le 4 juillet 2013).

* 370 La Libre Belgique, 10 novembre 1922, p.1.

* 371La Meuse, 8 novembre 1922, p.1

* 372Louis Piérard (7 février 1886-3 novembre 1951) : Journaliste et homme de lettres, il est député de l'arrondissement de Mons du 16 novembre 1919 au 3 novembre 1951. Il est également membre du conseil communal de Bougnies en 1932 avant d'en devenir le bourgmestre l'année suivante.

(VAN MOLLE P., Le parlement belge 1894-1969, Ledeberg/Gent, Erasmus, 1969, p. 271).

* 373Annales parlementaires de Belgique. Chambre, Séance du 26 octobre 1922, p. 1869.

* 374Le Soir, 13 novembre 1920, p. 1., L'Indépendance Belge, 13 novembre 1920, p.2, La Nation Belge, 13 novembre 1920, p.1.

* 375Alphonse Carpentier (20 février 1869-9 avril 1934) : Journaliste, Alphonse Carpentier devient échevin de Zaventem en 1910 et le reste jusqu'en 1920. Entre 1913 et 1921, il est conseiller provincial du Brabant ainsi que Sénateur de l'arrondissement de Liège. En 1925, il est Sénateur de l'arrondissement de Bruxelles.

(VAN MOLLE P., Le parlement belge 1894-1969, Ledeberg/Gent, Erasmus, 1969, p. 37).

* 376Annales parlementaires de Belgique. Sénat., séance du 23 novembre 1920, p.8.

* 377Documents Parlementaires (Sénat), session 1920-1921, n°6, 23 novembre 1920.

* 378Annales parlementaires de Belgique. Chambre. Séance du 2 décembre 1920, p. 73. Et Documents Parlementaires (Sénat), session 1920-1921, n° 7, 2 décembre 1920.

* 379 Il s'agit de la position défendue par Henry Carton de Wiart, Premier ministre et ministre de l'Intérieur. Le conseil des ministres le soutient à l'unanimité.

ARCHIVES GÉNÉRALES DU ROYAUME, Conseil des ministres, procès-verbal, séance du 6 décembre 1920, p.431.

* 380Le Soir, 15 novembre 1920, p. 1.

* 381Documents Parlementaires (Sénat), session 1920-1921, n°26, 29 décembre 1920.

* 382Annales parlementaires de Belgique. Sénat. Séance du 9 février 1921, p.160.

* 383 Il suggère que le monument voit le jour au square, alors en construction, devant le Palais de la Nation.

Documents Parlementaires (Sénat), session 1920-1921, n° 34 (non daté).

* 384BALACE F., « Le soldat inconnu belge : du lieu de mémoire au lieu d'affrontement », in COCHET F. et GRANDHOMME J-N. (dir.), Les Soldats Inconnus de la Grande Guerre : La mort, le deuil, la mémoire, Paris, SOTECA, 14-18 Editions, 2012, p. 367.

* 385Documents Parlementaires (Sénat), session 1920-1921, n° 34 (non daté).

* 386Henry Carton de Wiart (31 janvier 1869- 6 mai 1951) : Docteur en droit de l'Université libre de Bruxelles, il entre au conseil communal de Saint-Gilles en 1895 et y reste jusqu'en 1911. A 27 ans (1896), Henry Carton de Wiart devient membre de la Chambre des représentants. Il en sera le secrétaire entre 1902 et 1911. Il devient ministre de la Justice (17 juin 1911), ministre d'Etat (21 novembre 1918), Premier Ministre (8 novembre 1920 - 4 décembre 1921), du Travail, de la Prévoyance sociale et de l'Hygiène (décembre 1932- janvier 1934). Cette grande carrière politique s'explique notamment par ses dons d'orateur étincelant. Il contribue aussi à diverses publications juridiques ou au Journal de Bruxelles au sujet de l'implantation belge au Congo. Son oeuvre législative la plus importante est la loi du 15 mai 1912 sur la protection des enfants. Il participe notamment à de nombreuses conférences pour mieux faire connaitre la Belgique, à l'étranger. Outre ses activités politiques et juridiques, Henry Carton de Wiart publie de nombreux ouvrages d'histoire, des romans historiques, des récits de voyages, des études de caractère social ou juridique. Après la seconde guerre, il joue un grand rôle dans le déroulement de la Question Royale.

(VAN MOLLE P., Le parlement belge 1894-1969, Ledeberg/Gent, Erasmus, 1969, p.38-39

SCHMITZ Y., « Henry Carton de Wiart », in Biographie Nationale de Belgique, tome 44, Bruxelles, Bruylant, 1985, p. 164-178).

* 387BALACE F., « Le soldat inconnu belge : du lieu de mémoire au lieu d'affrontement », in COCHET F. et GRANDHOMME J-N. (dir.), Les Soldats Inconnus de la Grande Guerre : La mort, le deuil, la mémoire, Paris, SOTECA, 14-18 Editions, 2012, p. 367.

* 388 Celui de l'inhumation d'un Soldat Inconnu et celui d'un monument national aux morts.

* 389Vicomte Berryer (4 mai 1868- 14 juin 1936): Docteur en droit de l'Université de Liège, Paul Berryer entre au conseil communal de Liège en 1903 et devient sénateur de l'arrondissement de Liège de 1908 à 1936. En novembre 1918, il est nommé Ministre d'Etat, de 1910 à 1918, il est ministre de l'Intérieur. Entre 1921 et 1924, il est ministre de l'Intérieur et de l'Hygiène.

VAN MOLLE P., Le parlement belge 1894-1969, Ledeberg/Gent, Erasmus, 1969, p. 14.

* 390ARCHIVES GÉNÉRALES DU ROYAUME, Conseil des ministres, procès-verbal, séance du 22 septembre 1922, p. 319-320.

* 391Annales parlementaires de Belgique. Chambre, Séance du 26 octobre 1922, p. 1869-1870. ; Annales parlementaires de Belgique. Sénat. Séance du 7 novembre 1922, p. 1067.

* 392Moniteur Belge- Journal Officiel, Bruxelles, Imprimerie du Moniteur Belge, 10 novembre 1922, p. 7574.

* 393ARCHIVES DE LA VILLE DE BRUXELLES, Fêtes et cérémonies: Participation des élèves à des manifestations, 1919-1925, AVB IP II 1836. Lettre de la commission aux directeurs des écoles, datée du 17 octobre 1922.

* 394 Cette question des réparations, cruciale dans les années d'après-guerre, décevra beaucoup les Belges.

DE SCHAEPDRIJVER S., La Belgique et la Première Guerre mondiale, Bruxelles, Peter Lang, 2004, p.294-295.

DEPOORTERE R., La question des réparations allemandes dans la politique étrangère de la Belgique après la première guerre mondiale 1919-1925, Bruxelles, 1997.

* 395 C'est d'ailleurs à partir de ce moment là que les victimes de la guerre et leurs ayants droit bénéficieront d'une indemnité de vie chère.

Moniteur Belge- Journal Officiel, Bruxelles, Imprimerie du Moniteur Belge, 5 juin 1920, p.5402.

* 396La Meuse, 12-13 novembre 1922, p.4.

* 397Verbond der Vlaamse Oudstrijders : Mouvement créé sur le front de l'Yser en 1916. Il est en relation directe avec le Front Beweging (mouvement frontiste). Dès 1917, il demandait au souverain de s'engager à imposer l'égalité linguistique dans l'administration, l'armée et l'enseignement supérieur. En 1920, il est une des premières organisations flamandes à se prononcer en faveur de l'amnistie.

Encyclopedie van de Vlaamse Beweging, Tielt, Lannoo, 1973, volume 2, p. 1739-1741.

* 398ARCHIVES GÉNÉRALES DU ROYAUME, Conseil des ministres, procès-verbal, séance du 22 septembre 1922, p. 320.

* 399L'affaire du fusil brisé: Il s'agit en fait de trois manifestations louviéroises, les 7 septembre, 2 octobre, 16 octobre 1921. a manifestation socialiste du 7 septembre qui prolonge, aÌ La LouvieÌre, la « semaine syndicale » commenceìe le 4 aÌ Morlanwelz. A cette occasion, l'annonce de la venue du syndicaliste allemand Johan Sassenbach provoque la coleÌre de quelques centaines d'anciens combattants de 1914-1918. C'est à cette occassion que plusieurs drapeaux tricolores sont déchirés par des contre-manifestants de gauche. Une contre-manifestation expiatoire du 2 octobre est organiseìe par la Ligue du Drapeau dans la capitale du Centre, pour reìparer l'outrage infligeì aÌ l'embleÌme du pays. Le « Fusil briseì » proprement dit a lieu le 16 octobre, et reìunit un nombre consideìrable de manifestants du P.O.B. et de la J.G.S. dans la citeì de la louve, et qui voit la remise aux Jeunes Gardes d'un eìtendard pacifiste et antimilitariste (sur fond rouge, un soldat belge, un « Jass » en uniforme brise son fusil. Sur la partie droite de l'eìtendard, scintille le soleil levant de la paix et de l'espoir). Le ministre Anseele participera aussi aÌ la manifestation. Sa preìsence « causera » la chute du gouvernement de Carton de Wiart le 19 octobre 1921.

HUWÉ M., « Le Fusil brisé, épisode pittoresque, en trois actes, de la vie sociale et politique, à La Louvière », in, Hainaut-Tourisme, n°221, novembre 1983, p.203-204. ; DEMOULIN R., « Militarisme et antimilitarisme en Belgique après la première guerre mondiale- L'affaire du fusil brisé », in Actes du 103e Congrès National des Sociétés Savantes, Nancy-Metz, 1979, t.1, p.305-322 ; FRANÇOIS A., La mentalité de l'ancien combattant de la Grande Guerre, en Belgique francophone, 1918-1940., Mémoire de licence en Histoire, inédit, Université Libre de Bruxelles, année académique 1997-1998, p.51-54.

* 400ARCHIVES GÉNÉRALES DU ROYAUME, Conseil des ministres, procès-verbal, séance du 30 octobre 1922, p. 413.

* 401 Francis Balace aborde ce conseil de cabinet en précisant qu'aucun procès-verbal n'existe et que les fuites dans la presse proviennent sans doutes des ministres catholiques eux-mêmes.

BALACE F., « Le soldat inconnu belge : du lieu de mémoire au lieu d'affrontement », in COCHET F. et GRANDHOMME J-N. (dir.), Les Soldats Inconnus de la Grande Guerre : La mort, le deuil, la mémoire, Paris, SOTECA, 14-18 Editions, 2012, p. 374.

* 402 La lettre pastorale est reproduite dans Le Soir, 31 octobre 1922, p. 2

* 403La Nation Belge, 12-13 novembre 1922, p.2; La Libre Belgique, 12 novembre 1922, p.2; CLAISSE S., Ils ont bien mérité de la patrie! Monuments aux soldats et aux civils belges de la Grande Guerre, mémoire(s) et reconnaissance (1918-1924), Thèse de doctorat en Histoire, inédit, Louvain-la-Neuve, année académique 2005-2006, p.144-145 et 162-163.

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