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Les commémorations du 11 novembre en Belgique francophone pendant l'entre-deux-guerres. Les cas de Bruxelles, Liège et Mons

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par Emeline WYNANTS
Université de Liège - Master en histoire 2012
  

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0.3. La problématique.

La première question que nous nous sommes posée était de savoir avec exactitude ce que l'on entendait par « armistice ». Selon la définition du Petit Robert, un armistice est une convention signée par plusieurs gouvernements mettant fin à des hostilités entre armées en temps de guerre24(*). Conclu pour 36 jours et régulièrement renouvelé, l'Armistice impose aux Allemands de livrer l'essentiel de leur armement, aviation et flotte de guerre, ainsi que de quitter sous trente jours la rive gauche du Rhin et trois têtes-de-ponts de la rive droite: Coblence, Cologne et Mayence. Les combats ne reprendront pas après le 11 novembre 1918 et la paix est réelle le 28 juin 1919 à l'occasion de la signature du traité de paix.De prime abord, nous voyons bien que l'on ne célèbre pas une victoire à proprement parler mais bien la fin des hostilités, des sentiments qui en ont découlé tels que la peur.

Notre travail concernant la Belgique, nous nous référons à l'Armistice du 11 novembre. Il convient, cependant,de ne pas oublier qu'il y eut quatre autres armistices avant celui qui nous préoccupe ici. Il y a tout d'abord le traité de Brest-Litovsk du 15 décembre 1917 entre l'Allemagne et la Russie. Le second est signé, à Thessalonique, le 29 septembre 1918 entre les Alliés et la Bulgarie ce qui met fin aux hostilités sur le front oriental. Le troisième est l'armistice de Moudros entre les Alliés et l'Empire ottoman, il est signé le 30 octobre 1918. Le dernier est celui de Padoue du 3 novembre 1918, entre l'Italie et l'Autriche-Hongrie.25(*)

La célébration de la victoire ne fut pas toujours joyeuse. Au cours de nos recherches, nous avons pu établir une chronologie de ces commémorations. 1918-1924 consacre l'exaltation des « morts pour la Patrie » et la condamnation des « traîtres à la Patrie ». Au cours de cette première période, l'Etat décide d'officialiser la reconnaissance nationale en instituant le 11 novembre comme jour férié. La période de 1924 à 1932 permet d'instaurer le rituel de la cérémonie avec notamment l'apparition du Soldat Inconnu ou du Relais Sacré. Enfin, 1933-1939 est une période différente par son contexte. Les effets du Krach de Wall Street se font sentir, les querelles linguistiques sont de plus en plus présentes, la guerre civile espagnole a éclaté, l'Italie et l'Allemagne se font de plus en plus menaçantes,... Tant de raisons qui poussent le peuple belge à se rappeler avec encore plus de ferveur les sacrifices consentis pour une guerre qu'il ne veut plus revivre.

La problématique des commémorations nous offre ainsi une panoplie de points d'intérêt comme celui de l'évolution du sentiment patriotique, du pacifisme, de la montée du fascisme, du nazisme,... Outre ces divers points, les différentes formes de célébrations permettent de voir les enjeux liés à la mémoire, ses manipulations, ses mainmises.

Le corps de notre travail tentera de répondre à diverses questions :

1. Qu'est-ce qu'une commémoration ? Quels sont ses objectifs?

2. Quels étaient les sentiments de la population face à ces commémorations ? Pouvons-nous étendre la notion de « devoir de mémoire » aux pratiques commémoratives de l'entre-deux-guerres ?

3. Comment se sont-elles déroulées?Pouvons-nous parler de ritualisation ? Quand la ritualisation apparait-elle ?

4. Outre ces commémorations, qu'a fait la Belgique pour ses anciens combattants ?

5. Le contexte national et international tend-il à prendre plus d'importance que le 11 novembre ? Il s'agira pour cette question d'analyser la place des commémorations dans la presse par rapport aux autres évènements du mois de novembre.

6. Quels étaient alors les personnages marquants lors de ces commémorations?

7. Pourquoi les villes de Liège et de Mons sont-elles mises en avant ?

* 24 « Armistice », in Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Dictionnaires Le Robert-Sejer, 2006, p. 206.

* 25KRUMEICH Gerd, « Les armistices », in AUDOIN-ROUZEAU Stéphane et BECKER Jean-Jacques, Encyclopédie de la Grande Guerre 1914-1918 : histoire et culture, Paris, Bayard, 2004, p. 981-991.

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