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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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DEUXIEME PARTIE: LES INTERACTIONS AU PÔLE DE LA BELLE-DE-MAI

Chapitre 1 : Industries créatives à la Belle-de-Mai : influence de l'institutionnalisation

Chapitre 2 : Analyse des discours des acteurs

Chapitre 3 : Quelles sont les réelles interactions à la Belle-de-Mai ?

La reconversion du Pôle de la Belle-de-Mai n'est plus un secret pour personne. Elle a fait l'objet de nombreuses études : ANDRES L. (2006), ANDRES L. et GRESILLON B. (2011), GRESILLON B. (2002, 2011), LABARTHE F. (2013), LANGLADEI (2003), ROULEAU-BERGER L. (1996), DELLA CASA F. (2013), FOULQUIE P. (2010,2013). Pour rappel, ce lieu emblématique est situé sur une ancienne manufacture de tabac, à la Belle-de-Mai, dans le 3ème arrondissement de Marseille. À la suite d'une forte crise industrielle, les locaux doivent fermer leurs portes en 1990 et laissent derrière eux plusieurs centaines d'emplois (ils étaient 1000 salariés en 1960 et 250 en 1988, deux ans avant la fermeture définitive). L'usine, qui longe la voie ferrée, a une place stratégique dans la cité phocéenne. Elle devient alors une Friche industrielle de grande ampleur puisque c'est quelques 12 Ha de terrain qui se transforment en Friche. L'opération de reconversion débute en 1992 lorsque l'association Système Friche Théâtre investit les lieux après la signature d'une convention d'occupation avec la Seita, propriétaire des bâtiments. La présence d'artistes et la synergie avec des producteurs et opérateurs va en faire un lieu culturel de renommée. En 1995, un grand projet de réhabilitation est décidé avec l'architecte et penseur Jean Nouvel. Ce projet de Friche intitulé « un Projet Culturel pour un Projet Urbain » va tenter de lier la dimension artistique et culturelle à la dimension urbaine. L'idée est que la présence artistique participe - et est même indispensable - au développement urbain. La ville de Marseille devient propriétaire des lieux en 1998 et le Pôle de la Belle-de-Mai s'inscrit au sein du projet Marseille Euroméditerranée. En 2001/2002 le site de la Belle-de-Mai est réparti en 3 îlots qui comptabilisent un ensemble de 100 000 m² : un Pôle Patrimoine et institutionnel(Centre Interdisciplinaire de Conservation et Restauration du Patrimoine, Archives Municipales, Réserve des Musées de Marseille et de l'INA-antenne Méditerranée), un pôle multimédia (Pôle Média de la Belle-de-Mai) et un pôle culture vivante (Friche la Belle-de-Mai).

L'aménagement de ces différents pôles a permis de diversifier le territoire de la Belle-de-Mai en réunissant des initiatives plutôt artistiques avec la Friche et plutôt institutionnelles avec le Pôle Média et le Pôle Patrimoine. C'est aussi un lieu d'expérience où des projets uniques sont érigés comme les réserves des Musées (projet centralisé unique en France) ou bien le Pôle Média choisi par l'État comme site pîlote du premier espace national « Culture-Multimédia » et qui est également unique en Europe pour sa concentration d'entreprises et d'activités autour de l'image et du son. En 2013, le Pôle de la Belle-de-Mai est propulsé sur le devant de la scène grâce à Marseille-Provence, Capitale européenne de la culture. L'aménagement de la tour panorama a été, à titre d'exemple, un des éléments clés de cette année capitale. Aujourd'hui, le Pôle de la Belle-de-Mai est connu est reconnu de par sa culture, sa créativité, mais aussi pour promouvoir la création d'emplois. En effet, depuis ces débuts, ce sont quelques 400 personnes qui travaillent à la Friche, environ 1000 au Pôle Média et 150 réparties sur l'ensemble du Pôle Patrimoine.

Bien que le Pôle de la Belle-de-Mai regroupe des industries à la fois culturelles et créatives, nous pouvons nous demander si, finalement, cette proximité géographique permet la création d'une synergie ? Est-ce que le rapprochement entre ces industries permet une complémentarité ou au contraire, est-ce que les industries sont totalement disjointes et ne travaillent pas ensemble ? Nous verrons, dans cette partie, à travers l'institution des projets, les discours politiques et de la presse, les entretiens récoltés auprès des structures du Pôle de la Belle-de-Mai et les questionnaires personnalisés auprès des salariés et intermittents, si le discours autour de cette complémentarité qui se veut optimiste a des raisons de l'être ou si, au contraire, il s'agit simplement d'un marketing urbain fort qui permet de cacher une réalité tout autre.

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