WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

précédent sommaire suivant

b) Quel est le poids de l'économie créative dans la région ?

Ces dernières décennies, l'émergence des nouvelles technologies ainsi que la mondialisation ont favorisél'accélération de l'économie mondiale. Certaines régions mondiales, dont l'Europe, ont choisi de s'éloigner del'industrie manufacturière traditionnelle qui constituaitune économie considérable. Le choix s'est alors porté sur les industries de l'innovation, c'est-à-dire l'économie de la connaissance, de l'information, de l'immatériel et du numérique. Cette nouvelle économie, dite créative, est aujourd'hui considérée comme une ressource pionnière au développement économique ainsi qu'à l'attractivité et la compétitivité des territoires.

Dans cette optique, certains territoires dont la France, ont produit des rapports qui répertorient les industries créatives et leur poids dans le PIB. Pour rappel, les industries dites créatives font suite au terme industrie culturelle qui est apparu dans les années 1950. Aujourd'hui, elles regroupent 9 secteurs d'activités culturels et créatifs que sont le spectacle vivant, les arts graphiques et plastiques, la musique, le cinéma, la télévision, la radio, les jeux vidéo, les livres, la presse, journaux et magazines25(*).

C'est donc à partir de cette nomenclature et à la mobilisation de plusieurs bases de données que l'analyse de la créativité peut être faite. Grâce aux bases de données Séquoia issues de l'ACOSS et des URSSAF ainsi que le fichier SIRENE (Système Informatique pour le Répertoire des ENtreprises et de leurs Etablissements), nous avons puconstituernotre propre analyse des industries créatives en région PACA.

Une première carte a pu être dégagée. Elle représente le nombre de créatifs en région PACA en 2013. On y remarque que l'emploi est condensé dans les grandes métropoles que sont Aix-Marseille et Nice.

CARTE 2 : Nombre d'emplois créatifs dans la région PACA en 2013 par commune (selon les codes NAF)

A l'échelle de la France, l'économie créative représente en 2003 2,3% du PNB. Le département des Bouches-du-Rhône se situe en 2010 au 6ème rang des départements français avec 28 335 salariés créatifs. L'économie créative y représente 5,4% des emplois privés26(*) (contre 5,6% à l'échelle nationale). Concernant l'emploi, les industries culturelles et créatives regroupaient en 2011 1,2 million de personnes en France, soit 5% de l'emploi intérieur total27(*).

Le développement des industries créatives dans les aires urbaines peut également s'exprimer du fait que de grands événements culturels peuvent y être organisés, favorisant l'expansion et la reconnaissance des industries culturelles et créatives sur le territoire. Prenons l'exemple de Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture. Ce label a permis en 2013 de donner des centaines de manifestations culturelles et artistiques sur un territoire regroupant 97 communes. L'aspect le plus important lié à cet événement a été le développement de 20 grands chantiers culturels à partir de 660 Millions d'euros d'investissements. Les investissements les plus importants sont bien entendus situés à Marseille, où les plus grandes manifestations ont eu lieu, avec l'aménagement par exemple du MUCEM, grand musée Méditerranéen, mais également de salles comme la Tour Panorama à la Friche la Belle-de-Mai, qui a permis de développer ce lieu, par un projet de construction, et de mettre en avant ce lieu où les projets étaient surtout des réhabilitations. Finalement, des événements de cette ampleur sont surtout de très bons accélérateurs de l'économie créative, bien que la question qui se pose aujourd'hui soit l'impact « après Capitale ». Des études ont d'ailleurs déjà été faites ou sont en cours de réalisation sur l'impact positif qu'a eu l'événement sur le territoire durant l'année Capitale. Cependant, un impact négatif peut aussi s'observer après l'année « Capitale ». On notera par exemple que Avignon a également été Capitale Européenne de la Culture en 2000, mais qui s'en souvient ? Aujourd'hui, le label Capitale de la Culture semble plutôt être décerné à des villes qui ont besoin d'être développées et redynamisées. Marseille ne présentait pas forcement de potentiel culturel - bien que des aménagements étaient de facto prévus dans la candidature de la ville - contrairement à ses concurrentes que furent Bordeaux, Lyon et Toulouse. La ville de Marseille a surtout vu en cette candidature un potentiel au développement de son territoire en matière de culture évidemment, mais aussi quant au développement économique. La question qui reste en suspens aujourd'hui est finalement de savoir si cet évènement a engendré un impact seulement positif, avec près d'un milliard d'euros de retombées, ou n'est-ce pas plutôt un dispositif favorisant des inégalités sociales voir une gentrification forte ?

Concernant l'évolution des industries créatives en région PACA, on remarque par la carte ci-contre que l'évolution positive se fait surtout en arrière pays. Certaines communes du Var et du Vaucluse connaissent jusqu'à 400% d'augmentation : c'est le cas de Sault (84) et de Seillons-Source-d `Argens (83). On trouve également 5 communes dans le Vaucluse et 4 dans le Var qui possèdent entre 200 et 300 % d'augmentation. Ces chiffres sont évidemment dus au fait que ces communes n'avaient aucunes industries créatives en 2008 et qu'elles en ont 2, 3 ou 4 en 2013. Ces chiffres sont donc peu représentatifs ; mieux vaut étudier des cas de plus grandes villes comme Marseille, Nice ou encore Aix-en-Provence qui sont plus représentatives des politiques de développement économique et culturel.

* 25 La définition des secteurs diffère selon les études. Nous avons choisi la nomenclature de l'UNESCO qui reste la plus reprise.

* 26Selon le rapport de la Chambre de Commerce et d'Industrie des Bouches-du-Rhône de 2012, p.8

* 27Ibid, p.35

précédent sommaire suivant