WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

précédent sommaire suivant

b) Des financements et des partenariats différents

Au Pôle Média se concentrent, pour la majorité, des acteurs privés et des entrepreneurs. Concernant la gestion, le bâtiment appartient à la ville de Marseille. Pour les partenariats, ils ne sont pas les mêmes pour toutes les entreprises. L'incubateur, la pépinière et PRIMI ont par exemple, des partenariats avec le département, la région, et même parfois l'Europe. Mais les autres entreprises comme EVOLIX, Cityvox, et même EGENCIA, n'ont pas de partenariats avec les collectivités. Elles n'ont donc, pour ainsi dire, pas de directives concernant une possible collaboration avec d'autres entreprises du pôle. Concernant la Friche, on est dans le même cas sauf que c'est un regroupement plutôt associatif que privé. La Friche a bien entendu des subventions de la ville, d'Euroméditerranée, de la région et du département, mais les artistes, associations et entreprises qui y travaillent n'ont pas tous les mêmes aides financières. La crèche par exemple n'est pas aidée par la ville mais par la CAF des Bouches-du-Rhône et le Conseil Régional. Pour le Pôle Patrimoine, la plupart des structures sont subventionnées par la ville, mais d'autres collectivités viennent s'ajouter. Dans le cas de l'INA par exemple, la Corse est aussi un partenaire important.

On a donc, au sein des trois pôles, des acteurs de statuts différents (privés, publics, associatifs) mais aussi des financements et partenariats différents. En bref, les directives ne sont jamais les mêmes. Pour comprendre pourquoi certaines entreprises se mettent totalement « à part » (c'est le cas d'EGENCIA qui est une société de voyage) il faudrait faire du cas par cas, étudier chacun des projets et chacun des schémas directeurs, ce serait donc un travail de longue haleine, et ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'il n'y a, à ce jour, aucune réelle proximité institutionnelle entre les pôles qui permettrait de créer une proximité organisée et d'en faire un cluster.

c) Attractivité et partenariat plutôt tourné vers l'international

Enfin, un dernier point explicatif qui nous paraît pour l'instant - en vue des entretiens réalisés et rapportés - pertinent, est celui des autres partenariats que ceux existants sur le territoire de la Belle-de-Mai. En effet, les entreprises et associations des pôles ont tissé des liens plus où moins fort avec d'autres établissements sur Marseille, en région PACA, en France et même à l'étranger. Ces partenariats se sont construits à partir d'échanges cognitifs, qu'ils soient proches ou lointains. Alain ARNAUDET explique par exemple qu'il y a beaucoup de relations internationales à la Friche: il répertorie « 180 partenariats, 120 projets internationaux (coopération, résidence, diffusion, échanges de compétences), la moitié de la Friche est impliquée, et 40 pays concernés dans le monde »66(*). Céline SOULIERS nous explique également que sur 142 projets, ils ont accueilli 49 projets exogènes à la région PACA. L'incubateur étant national, il ne participe pas toujours au développement d'entreprises intra-marseillaises. Au Pôle Patrimoine on a aussi des liens avec l'extérieur. Les réserves municipales ont des partenariats avec les musées de Marseille, de France et du Monde et notamment la Chine, les Etats-Unis, l'Australie.

Le fait d'avoir autant de partenariats avec d'autres destinations peut peut-être, parfois, limiter les liens de « proximité ». Avec les nouvelles technologies de communications et de transports, les échanges à distance sont parfaitement possibles. Finalement, le principe du cluster où des industries de mêmes secteurs collaborent parce qu'elles sont proches géographiquement - et par extension cognitivement et institutionnellement - n'est-il pas trop simple ? Le fait d'être proche géographiquement n'engendre pas toujours des interactions. Le fait d'être loin peut permettre des partenariats. Le fait d'avoir des partenariats financiers qui proviennent des mêmes institutions ne permet pas toujours d'avoir les mêmes directives. Enfin, être des industries créatives et culturelles sur un même territoire n'est pas toujours encourageant. Les industries culturelles et créatives ne regroupent-elles pas, en fin de compte, trop de secteurs ? Comment, par exemple, des industries du patrimoine et de design pourraient tisser des liens ?

* 66ancien.laFriche.org, consulter le 13 mai 2015,?Marc Bollet, Président & Alain Arnaudet, Directeur / Système Friche Théâtre 

précédent sommaire suivant







Rassembler les contraires c est creer l harmonie