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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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3. Pourquoi l'écosystème ne se développe pas en synergie ?

Pour résumer, les pôles des entreprises qui ont quelques partenariats au sein de leur structure. Les entreprises fonctionnent plus ou moins de manière synergique. Bien qu'il y ait des exceptions, on peut considérer que ce sont des écosystémes où l'échange est basé sur le fait que les industries qui y sont présentes appartiennent aux mêmes secteurs d'activités. En contrepartie, la proximité organisée entre les trois pôles ne semble pas aboutir. Mais alors, pourquoi, bien que le Pôle de la Belle-de-Mai semble être un parfait système favorable aux industries créatives et culturelles, celles-ci n'évoluent-elles pas en réseau ?

a) Une distinction récurrente entre les pôles

La première cause possible au fait que l'écosystème ne se développe pas en coalition est la distinction récurrente des trois îlots. Ce discernement n'est pas seulement présent au sein des projets et des discours politiques, il l'est tout autant de la part des acteurs qui pratiquent le Pôle de la Belle-de-Mai, c'est-à-dire les entrepreneurs et salariés.

Dans le projet de réhabilitation, la distinction est présente dès la nomination des trois pôles. La « Friche » reste un nom plutôt péjoratif, elle fait référence à un lieu laissé à l'abandon, vacant. D'autres industries culturelles en France ont choisit des noms plus accrocheurs, où l'ambition du lieu est illustrée comme « nouveau » et non pas comme « ancien réhabilité ». C'est par exemple le cas des Friches Confort Moderne à Poitiers, le Tout Nouveau Théâtre à Bordeaux ou encore les Mains d'oeuvres à Paris. En revanche, concernant le Pôle Média, le nom est bien plus vendeur. Parler d'un « pôle » laisse forcement penser qu'il y a de l'échange, que c'est un réseau fort, et « média » s'apparente aux nouvelles technologies, aux multimédia, au développement des industries créatives. Le « Pôle Patrimoine » quant à lui, fait référence à un site ou des professionnels sont mis en synergie autour de la conservation du patrimoine.

Mais la distinction entre les pôles ne se fait pas seulement par leur nom. Elle est récurrente. Nathalie AVERSENQ, qui gère le projet Pôle Média, nous dit avoir appris que le Pôle Média, le Pôle Patrimoine et la Friche faisaient partie du même bâtiment seulement en rencontrant le directeur de la Friche.

Mais bien que cette distinction soit défavorable à la création d'échange, n'est-elle pas nécessaire au développement de chacun des pôles ? On peut supposer, par exemple, que si les trois pôles étaient « liés », la Friche pourrait, de par sa notoriété, faire de l'ombre au Pôle Média, et que ce dernier pourrait lui même faire de l'ombre au Pôle Patrimoine. L'image que dégage chacun des sites lui est propre, il ne dépend pas de son environnement alentour. Bien évidemment, si la Friche n'avait pas été là, la ville de Marseille ne se serait sans doute pas intéressée à la Belle-de-Mai. Et bien évidemment, si elle ne si était pas intéressé, le Pôle Média et le Pôle Patrimoine ne seraient sans doute pas regroupés ici, sur un seul et même site. On peut donc se demander si le problème ne vient pas, en amont, de la politique de la ville qui, d'un coté, veux créer un pôle de compétitivité avec le Pôle Média, de l'autre, créer un centre de conservation du patrimoine pour améliorer son attractivité et enfin, soutenir un projet associatif à la Friche afin de développer la ville économiquement et lui donner une meilleure image. Est-ce que le fait d'avoir des perspectives et des objectifs aussi distincts n'est pas, finalement, un frein à la collaboration ? Le problème vient-il des entreprises et associations qui ne se connaissent pas et qui n'échangent pas ou de la politique de la ville qui n'a pas, d'emblée, encouragé les entreprises et associations à interagir ?

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Rassembler les contraires c est creer l harmonie