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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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c) Des partenariats en dehors de la Belle-de-Mai plus représentés ?

Puisque les entreprises ne travaillent pas en synergie ni en collaboration, avec qui travaillent-elles ? Pourquoi sont-elles à Marseille, à la Belle-de-Mai, si elles n'ont pas d'interactions entres elles ? Ce n'est sans doute pas pour le quartier puisque, mis à part la Friche qui a toujours eu pour objectif de dynamiser le quartier, les deux autres îlots n'ont pas de directive liée au quartier. Par contre, ces entreprises et associations semblent avoir des partenariats avec des entreprises implantées ailleurs. C'est par exemple le cas des réserves des musées dont la représentante, Dominique SAMANNI, nous a expliqué avoir des partenariats avec le monde entier. Nous nous sommes donc interrogés sur ces partenariats et nous avons intégré cette interrogation à notre questionnaire personnel auprès des salariés du Pôle de la Belle-de-Mai. Cela se traduit par les pourcentages suivants :

· 75 % des salariésdes structures auxquelles appartiennent les salariés de la Friche ont des partenariats en dehors de la Belle-de-Mai

Graphique 12 : répartition des partenariats des salariés de la Friche selon l'échelle

· 26 % des salariés du Pôle Média ont des partenariats en dehors de la Belle-de-Mai

Graphique 13 : répartition des partenariats des salariés du Pôle Média selon l'échelle

· 53 % des salariés du Pôle Patrimoine ont des partenariats en dehors de la Belle-de-Mai

Graphique 14 : répartition des partenariats des salariés du Pôle Patrimoine selon l'échelle

Lorsque l'on compare les données, on remarque que les salariés de la Friche ont plus de partenariats en dehors de la Belle-de-Mai que ceux des deux autres îlots. Ils ont d'ailleurs trois fois plus de partenariats que ceux du Pôle Média. Les partenariats à la Friche sont aussi plus dispersés concernant la distance que pour les deux autres pôles. Les salariés du Pôle Média n'ont aucun partenariat en dehors du territoire national. Finalement, si l'on regarde les taux de partenariats intra-régionaux, ont peut dire que les partenariats duPôle Médiasont peut-être les plus ancrés sur le territoire marseillais. On y enregistre le plus fort taux d'interaction avec des entreprises à Marseille et seulement 10% des partenariats vont au-delà de la région. Malgré tout, seul 26% des salariés ont des liens avec l'extérieur. Tout en sachant désormais qu'il existe peu - voir pas- d'interactions au Pôle de la Belle-de-Mai, les entreprises du Pôle Média semblent renfermées sur elles-mêmes, elles travaillent seulement et purement pour elles. On voit d'autant plus cette écart avec les autres îlots puisque, comme nous l'ont expliquées bon nombre de personnes lors des entretiens, le but du Pôle Média est de faire de l'argent, de créer une activité économique durable, alors que la Friche a un penchant associatif, elle est très tourné vers le quartier, vers l'international, et le Pôle Patrimoine et un centre de conservation, et non de création de richesse ou d'une économie pérenne. La Friche et le Pôle Patrimoine ont d'ailleurs beaucoup plus de liens infra Belle-de-Mai. Plus de sept personnes sur dix ont des partenariats avec des entreprises en dehors de Marseille et dans ces partenariats, 38% sont en dehors de la région. La Friche prouve, là encore, son attractivité qui permet de rendre Marseille compétitive sur le plan culturel. Enfin, le Pôle Patrimoine, étant un centre de conservation, à autant de liens avec la région qu'avec l'ensemble de la France. Il y a aussi des collaborations avec d'autres pays, notamment pour les prêts d'oeuvres.

Finalement, les entreprises n'ont visiblement pas choisi d'être à la Belle-de-Mai pour la proximité géographique et organisée avec celles déjà sur site. Ou alors, elles l'ont choisit en vue du projet annoncé mais il s'avère que ces liens ont du mal à se mettre en place. Le Pôle Patrimoine a été implanté ici par la ville, le Pôle Média aussi. La réhabilitation de ces deux bâtiments est d'ailleurs venue après le succès de la Friche qui elle a été décidé par une association. Et bien que ces structures louent les locaux, les entreprises qui s'y installent sont souvent sélectionnées selon leur profil.

Dans un cluster, le principe est simple. Les entreprises choisissent de venir s'implanter à un endroit pour être proches d'entreprises qui ont déjà des liens avec elles où qui font partie du même secteur d'activité. On trouve également d'autres cas ou c'est une seule personne qui choisit les structures qui rejoindront du cluster afin de pouvoir y créer un projet commun. Pour résumer, au sein des clusters, les entreprises sont en concurrence/coopération. À la Belle-de-Mai, la concurrence est certaine. Les entreprises du Pôle Média par exemple tentent au mieux de tirer leur épingle du jeu et d'être les plus reconnues, les plus productives. Mais alors, où est la coopération ?

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