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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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Chapitre 1 : Réhabiliter la friche pour régénérer le quartier ?

Dans ce premier chapitre, il s'agira de définir les bases de notre étude à l'aide des discours des politiques, de la presse, et des acteurs du Pôle et du quartier. Nous verrons ainsi comment le quartier de la Belle-de-Mai est perçu et en quoi la Friche, le Pôle Média et le Pôle Patrimoine doivent favoriser sa reconversion. Nous pourrons ainsi en déduire un premier constat concernant l'ancrage territorial de ces trois îlots que nous comparerons ensuite avec nos questionnaires et nos entretiens personnels. Mais, avant toute chose, il nous a semblé judicieux de définir succinctement ce qu'est l'ancrage territorial pour appréhender le sujet de notre analyse.

1. Définition et analyse de l'ancrage territorial

a) L'ancrage territorial comme l'investissement des entreprises sur leur territoire d'implantation

De plus en plus souvent, on entend parler de l'ancrage territorial des entreprises et de leur investissement dans le système productif territorial. À l'heure où la délocalisation des productions est de plus en plus transcendante, les chercheurs et les collectivités locales cherchent à comprendre pourquoi les entreprises restent sur leur territoire ou pourquoi ne restent-elles pas(PERRAT, J., ZIMMERMANN, J-B., 2003). Les entreprises ont tendance a être de plus en plus nomades avec les nouvelles technologies et les nouveaux moyens de transports (ZIMMERMANN, J-B, 2005). Pour les entreprises qui font le choix de s'installer durablement sur un espace délimité, la question qui se pose est pourquoi ces entreprises restent-elles ? Si certaines firmes font le choix d'être nomades ou de se délocaliser, c'est qu'elles n'ont pas trouvé la ressource dont elles ont besoin pour améliorer leur profit. Au contraire, une entreprise qui s'implante de façon pérenne sur un territoire aura trouvé ce dont elle a besoin pour se développer.

De plus, selon FUJITA M. et THISSE J.F. (1997), le territoire ne doit pas être considéré comme simple réceptacle des facteurs de production. Il est le résultat d'un processus de construction entre les différents agents économiques. Les entreprises lient nécessairement des relations diverses avec les acteurs locaux. Ces interactions étant plus ou moins intenses, l'ancrage territorial qui en découle sera plus ou moins important. Finalement, l'ancrage territorial d'une entreprise correspondrait à son investissement productif au sein de son territoire d'implantation.

La norme ISO 26000 définit l'ancrage territorial comme étant « le travail de proximité proactif d'une organisation vis-à-vis de la communauté. Il vise à prévenir et à résoudre les problèmes, à favoriser les partenariats avec des organisations et des parties prenantes locales et à avoir un comportement citoyen vis-à-vis de la communauté. ». Plusieurs termes importants apparaissent : proximité, proactif, partenariats et comportement citoyen. L'entreprise doit donc être géographiquement proche de son territoire, c'est-à-dire qu'elle y est implantée. Elle doit aussi jouer d'une proximité proactive c'est-à-dire qu'elle doit anticiper les besoins et les problèmes du territoire, et le territoire doit faire de même pour l'entreprise. Ainsi, en anticipant les problèmes de la communauté, l'entreprise pourra y faire face en créant une synergie avec les acteurs locaux. Enfin, elle doit avoir un comportement citoyen, c'est-à-dire qu'elle doit respecter une certaine civilité, un civisme et une solidarité à l'égard de la population de son territoire.

Finalement, l'entreprise doit anticiper les possibles problèmes d'un territoire pour pouvoir ensuite les résoudre. Pour se faire, elle peut utiliser la recherche et l'innovation, la médiation, la prévention, la formation, la sensibilisation, la gouvernance, le mécénat de compétences et bien évidemment la concertation70(*). Ces différentes possibilités doivent néanmoins toutes répondre aux mêmes objectifs : comment lier les entreprises avec des structures extérieures par des partenariats ? Comment intégrer les initiatives locales à l'activité de l'entreprise ?

Selon le Premier Baromètre FACE sur l'engagement social et sociétal des entreprises sur les territoires réalisé en avril 2010, les entreprises qui sont investies sur le plan social et sociétal estiment que ces investissements ont des répercussions positives sur leur image externe, leur intégration dans l'environnement local, leur performance globale, la cohésion sociale au sein de leur entreprise et enfin l'attractivité et la fidélisation de leurs salariés.

Finalement, l'ancrage territorial montre la stratégie d'implantation territoriale d'une entreprise. Les capitaux, le savoir-faire, l'emploi et les technologies de l'entreprise vont être directement injectés sur le territoire. Ces apports vont ainsi permettre au territoire de se développer. Ajouté à cela, l'entreprise va réaliser des actions en faveur de son territoire, pouvant se manifester par un dialogue et des rencontres avec les acteurs locaux, des partenariats locaux, un transfert de savoir-faire, la préservation de l'emploi et du tissu économique local. Pour que la cohabitation et la collaboration entre l'entreprise et les acteurs s'établissent, il faut donc une certaine proximité entre elles. C'est ce que nous allons tenter de définir dans la suite de ce chapitre.

* 70 Selon la norme ISO 26000

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Rassembler les contraires c est creer l harmonie