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Analyse criminologique sur les espaces verts

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par Pierre Nguz
Université de Lubumbashi - bachelier 2015
  

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3.2. La logique de capitalisation

Les espaces verts sont une richesse premièrement pour toute la communauté de la ville de Lubumbashi suite à ses multiples fonctions. Ils peuvent être utilisés comme une réserve foncière ou encore pour la lutte contre le réchauffement planétaire. Ces espaces sont perçus selon plusieurs aspects par les acteurs de la gestion.

« Parfois nous sommes en train de travailler avec un salaire qui est trop minime. Qu'est-ce que nous allons devenir, tout ce que nous faisons c'est l'assurance vie futur et donc tous les moyens sont bons »

Les espaces verts sont utilisés comme une source de capitalisation pour l'investissement par les acteurs. Ici cette logique contribue à l'équilibre des vies des acteurs qui distribuent les espaces verts à des particuliers moyennant une somme d'argent.

Ces espaces verts deviennent une source de capitalisation à travers les pratiques des acteurs de la gestion. Pour un intérêt familial par exemple, il y a eu des espaces verts qui ont connu leur disparition dans la ville de Lubumbashi. Nous constatons que s`il s'agit d'un expatrié qui veut investir dans la ville, les acteurs préfèrent les aider pour avoir la chance que leurs enfants aillent poursuivre leurs études en dehors du Congo-Kinshasa, c'est-à-dire à l'étranger.

Les espaces verts constituent une source de production de richesse, il y en a qui disent avoir trouvé leur pain quotidien en spoliant les espaces verts dans la ville de Lubumbashi.

Les agents qui ont la tâche de conserver et de gérer les espaces verts mènent des actions qui contribuent à la disparition de ces espaces dans des objectifs de survie. Pour comprendre la logique de survie des agents, nous inscrivons notre réflexion dans la théorie de l'acteur et le système de Crozier, M. et Freiberg, E., (1992 : 42). Ils conçoivent un acteur à la limite des contraintes du système et de sa liberté à agir selon ses propres motivations. Car, même dans les situations les plus extrêmes, l'homme garde toujours un minimum de liberté et qu'il ne peut s'empêcher de l'utiliser pour battre le système.

Pour certains acteurs, la présence des espaces verts dans la ville apaise les moeurs, diminue l'insécurité, rend l'environnement plus sain. D'autres pensent le contraire en affirmant que les espaces verts sont une source d'insécurité. Cette dernière conception n'émane pas que des profanes, mais aussi des agents chargés de gérer les espaces verts. Ils se justifient en ces termes :

« Quand un espace vert est sollicité par un particulier, beaucoup de gens se retrouvent à des niveaux différents. Comme les espaces verts provoquent de l'insécurité, mieux vaut les lotir. C'est notre moyen de survivre (ndjo kwishi kwetu) ».  

La disparition des espaces verts à Lubumbashi est un phénomène de long terme et relativement abstrait, qui passe inaperçu au quotidien et ce n'est que lorsque la collectivité est touchée directement que tout le monde s'en préoccupe.

Nous avons compris que, c'est souvent par méconnaissance de la valeur des espaces verts et des responsabilités qui incombent à chacun que les actions de protection des espaces verts font défaut dans la ville de Lubumbashi. Selon le juriste Y :

« Il arrive de fois que les acteurs de différents services, qui ont la charge de la gestion des espaces verts de travailler ensemble, c'est-a-dire, de prendre un espace vert pour le revendre ensuite au particulier ou à une personnalité et cela juste pour leurs intérêts ».

Les acteurs qui ont la charge de la gestion des espaces verts travaillent en collaboration dans des dossiers qui relèvent des espaces. Toutefois, la capitalisation des espaces vers a permis à de nombreux acteurs locaux de gagner un revenu. Il s'agit de l'accord entre les acteurs de différents services mettant leurs idées ensemble et les stratégies pour vider les espaces urbains. Alors que les espaces verts ont une valeur naturelle difficile à évaluer, les acteurs s'intéressent uniquement à leurs valeurs monétaires.

La valeur monétaire des espaces verts reflète généralement le coût relié à la perte de ses contributions et au besoin de compenser avec des solutions exigeant de la construction. En plus, les espaces verts appuient les politiques économiques. Cette valeur économique amène les acteurs à se mettre d'accord pour partager le bénéfice découlant de la vente de ces espaces.

En effet, les espaces verts sont perçus par la ville comme des réserves foncières, et sont fortement convoités par des spéculateurs et des promoteurs qui voient en eux des terrains qui pourront être développés dans les jours à venir. De fortes pressions s'exercent alors sur eux, et en absence des plans de protection efficace, ces espaces verts sont en danger du fait qu'ils constituent une source de profit.

La gestion des espaces verts n'est pas un enjeu prioritaire des acteurs dans la mesure où d'autres facteurs limitent la capacité d'action. D'une part, les acteurs ne disposent pas de ressources financières suffisantes et pensent à assurer leur avenir. Ces limites restreignent la portée de leurs champs d'action mais les amènent à développer des stratégies. D'autre part, les espaces verts sont à leur charge et il se trouve qu'ils sont fortement sollicités par des particuliers. C'est à ce niveau que se rencontre leur besoin financier et l'opportunité de satisfaire ce besoin en cédant les espaces verts aux investisseurs.

Dans cet ordre d'idées, Crozier, M. et Friedberg, E. (1992 :44) constatent avec force que la conduite humaine ne saurait être assimilée en aucun cas au produit mécanique de l'obéissance ou de la pression des données structurelles. Ils enrichissent leurs postulats en disant que l'acteur se saisit des opportunités qui s'offrent à lui dans le cadre des contraintes qui sont les siennes. Et ces contraintes dans le cas précis est le besoin financier.

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus