WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Argumentation et soliloque: une étude sémiotique dans les tragédies de Shakespeare


par Marine Garel
Université Lumière Lyon 2 - Sciences du langage 2016
  

précédent sommaire suivant

Chapitre 1 : Une argumentation tout au plus indirecte

a. Brève introduction sur l'argumentation

L'argumentation n'a réellement trouvé sa place que depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale notamment avec Perelman et Olbrechts-Tyteca. Pour une définition classique et générale, nous dirons qu'il s'agit d'un processus renfermant des raisonnements pour convaincre un interlocuteur ou un auditoire. L'argumentation rime avec un point de vue duquel doit obligatoirement découler au moins deux options. C'est-à-dire que pour une prise de position, nous devons être en mesure de la nier ou de l'approuver. L'argumentation possède de multiples facettes. Affirmer, énoncer quelque chose revient à argumenter. Lorsque nous affirmons « Le train arrive », nous argumentons au sens où nous faisons un constat des choses. En ce sens, argumenter serait proche de ce qu'Austin appelait les énoncés constatifs. Nous rappelons que les énoncés constatifs permettent de décrire le monde. Lorsque je dis que le train arrive, je décris ce que je vois de mon point de vue. Tout énoncé développe un point de vue, qui n'est pas toujours le même suivant les personnes. Lorsque deux points de vue différents se rencontrent, c'est là que la délibérationintervient.

Dans la linguistique textuelle, l'argumentation fait partie des cinq types de séquences sous le nom de séquence argumentative. Nous y retrouvons le modèle de Toulmin. Stephen Toulmin soulignait l'importance de la richesse de l'argumentation au travers de la notion d'argument qu'il associait à celle de champ. Le modèle qu'il nous présente est linéaire et c'est la qualité du message transmis qui en est le centre. Six éléments constituent son schéma ; les trois premières étant fondamentales : les données qui font offices de preuves. Les garanties étant le lieu de toute justification ; la conclusion qui n'est autre que ce que nous affirmons. Les trois qui suivent n'apparaissent pas pour chaque énoncé : les modalités qui ajoutent des précisions pour que la conclusion soit juste ; les fondements qui utilisent les savoirs connus pour servir de base au raisonnement et enfin les restrictionsqui concernent les exceptions que nous pouvons faire pour un énoncé. Ceci est bien sûr discutable et selon Christian Plantin, ce modèle serait plus approprié au monologue qu'au dialogue.

Dans le cas du soliloque, le doute pourrait être l'élément déclencheur de toute argumentation. Le locuteur doute sur un point de vue et met au jour ce dernier en tentant de trouver des explications et des solutions, voire des résolutions.Schiffrin affirmait que l'argumentation est un discours où les positions des locuteurs sont discutables. L'argumentation s'effectue là où il y a un énoncé, un discours. Elle peut apparaître dans diverses formes : une argumentation orale ou une argumentation textuelle par exemple, sujet de notre prochaine sous partie.

précédent sommaire suivant