WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Argumentation et soliloque: une étude sémiotique dans les tragédies de Shakespeare


par Marine Garel
Université Lumière Lyon 2 - Sciences du langage 2016
  

précédent sommaire suivant

b. La double facette de l'argumentation littéraire

S'il est vrai que l'argumentation est indissociable du discours comme l'affirmait Ruth Amossy, sa manifestation n'est pas la même suivant le genre littéraire. Il est des genres où l'argumentation est considérée comme étant directe, c'est-à-dire que l'auteur en question n'utilise pas d'intermédiaire pour faire passer sa thèse telle que la fiction. Le message est explicite et le lecteur repère facilement ce dont il est question. L'essai peut être considéré comme le genre premier de l'argumentation directe où en effet, l'auteur expose directement son point de vue. Tel est le cas dans les Essaisoù Montaigne se livre en y mêlant scepticisme et épicurisme. Au côté de l'essai, nous retrouvons le pamphlet, écrit satirique qui dénonce le plus souvent une politique mal menée. Dans Napoléon le Petit, Victor Hugo dénonce le coup d'Etat de 1851 par Napoléon III en le critiquant violemment, ce qui déclencha son exil à Jersey. Le plaidoyer est un genre où l'orateur défend une idée ou un système. Dans son Plaidoyer contre la peine de mort, Victor Hugo possède une remarquable éloquence pour défendre la cause et de faire adhérer le maximum de personnes possibles. A l'inverse, le réquisitoire concentre un auteur qui est contre une idée ou un système comme l'a pu faire Emile Zola dans J'accuseconcernant l'affaire Dreyfus.

Est considéré comme une argumentation indirecte, un écrit dans lequel l'auteur a eu recours à la fiction pour faire passer son message. C'est par le biais d'un narrateur qu'il défend sa thèse et le lecteur doit déduire le message jugé implicite.L'apologue est l'exemple le plus adapté pour rendre compte de cette argumentation indirecte. Il s'agit en effet, d'un court récit servant à illustrer une morale. Il rejoint en ce sens la fable, elle aussi contenant de l'argumentation purement indirecte. Dans le cas de l'apologue, de la fable ou même du conte philosophique, les auteurs cherchent à plaire et n'hésitent pas à utiliser des personnages originaux pour renforcer ce côté ludique. La fable est connue pour regorger d'animaux jouant le rôle de personnages. Les animaux sont alors personnifiés et une histoire plaisante est racontée tout en conservant une idée moralisatrice. D'ailleurs dans les Fables de Jean de la Fontaine, la morale est toujours explicitée à la fin. Le théâtre fait partie de cette argumentation.Même si aujourd'hui le théâtre possède d'autres fonctions, il n'en reste pas moins que l'auteur passe son message au travers de ce caractère ludique et c'est au lecteur de deviner le message. Dans l'Ile aux esclaves, Marivaux dresse un regard sur l'homme au travers de ses personnages et utilise l'utopie pour critiquer les « maîtres ». Enfin, le roman est un genre qui peut être indirecte. Dans Germinal, Emile Zola nous donne une description des mineurs. A travers eux, il défend indirectement les démunis et se montre contre la misère.

L'argumentation indirecte se distingue de l'argumentation directe par l'effet produit. C'est-à-dire que l'une prise un caractère plaisant pour faire passer son message alors que l'autre prône un caractère plus sérieux pouvant lasser certains lecteurs.Qu'en est-il de son efficacité par rapport à une argumentation directe ? Les deux formes se valent-elles ?

précédent sommaire suivant