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Diplômes universitaires et chômage des jeunes une étude sociologique des représentations et de la réalité sociale dans la commune de Makala à  Kinshasa


par Gérard Masungi
Université Pédagogique nationale ( UPN) - Licence bac+5 en sociologie  2024
  

Disponible en mode multipage

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UNIVERSITE PEDAGOGIQUE NATIONALE

BP : 8815

KINSHASA 1

FACULTE DES SCIENCES SOCIALES, ADMINISTRATIVES ET POLITIQUES

DEPARTEMENT DE SOCIOLOGIE ET ANTHROPOLOGIE

DIPLOMES UNIVERSITAIRES ET CHOMAGE DES JEUNES : UNE ETUDE SOCIOLOGIQUE DES REPRESENTATIONS ET DE LA REALITE SOCIALE DANS LA COMMUNE DE MAKALA A KINSHASA

Gérard MASUNGI MAVOKA

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du grade de Licencié en Sociologie et Anthropologie

Option : Développement durable

Directeur :Pèlerin Emmanuel KIMWANGA NKENY

Professeur

ANNEE ACADEMIQUE 2024 - 2025

EPIGRAPHE

« J'ai vu des diplômes encadrés sur des murs sans emploi, et des rêves suspendus dans des rues sans avenir. Mais j'ai aussi vu des jeunes qui transforment le savoir en survie, et la survie en dignité. »

Gérard MASUNGI MAVOKA

DEDICACE

A vous mes parents Jean MASUNGI MANGWAKA et Rose LUBWITU pour m'avoir donné la vie et l'affection que vous ne cessez de témoigner à ma personne.

REMERCIEMENTS

Plusieurs personnes ont contribué des différentes façons à la réalisation de ce projet, nous tenons à leur témoigner toutes nos gratitudes.

Nous remercions le créateur de l'univers, donateur de la sagesse, de l'intelligence, de soutien et du courage JEHOVHA DIEU.

Nous sommes fiers de remercier le Directeur de ce travail, le Professeur Pèlerin Emmanuel KIMWANGA NKENY pour sa disponibilité constante, son immense générosité et pour ses encouragements soutenus. Il a su nous guider avec souplesse et rigueur intellectuelle. Sans lui notre travail n'aurait jamais vu le jour. Il a tours cru en nous et sa confiance nous a donné l'énergie et la détermination suffisante pour rédiger ce travail. Il nous a toujours laissé suivre notre propre chemin tout en apportant toujours la lumière pour éclairer la voie. Merci pour tant des conseils et de leçons de vie. Nous gardons en mémoire son respect des valeurs humaines et sa bonne humeur contagieuse.

Tous nos remerciements vont également aux autorités académiques de l'Université Pédagogique Nationale pour leurs formations et toutes les conditions favorables mis à notre disposition pour nous permettre de rédiger notre travail. Merci pour votre formation.

Nous remercions vivement nos parents et la famille MASUNGI qui nous ont fournis des moyens matériels, financiers, moraux, et spirituels tout au long de notre travail jusqu'à la fin, nous citons Madame Sara MASUNGI,Monsieur Kreins MASUNGI , monsieur Djeni MASUNGI , Monsieur Sylvain MASUNGI ,Monsieur Armand MASUNGI ,Monsieur pacifique MASUNGI ,Monsieur Junior MASUNGI, Monsieur Guelor MASUNGI ,Maggy MASUNGI , Mado MASUNGI,Madame Alice MASUNGI, Georgine MASUNGI, Wivine TASINDA, Sara TASINDA , Monsieur Beckham NTOTILA,Urbin MUYIKA, Patience LUBWITU, Moïs KILANDA ,Ursula NGAZANA,Djesila NGAZANA ,Japhet MUNDABI,Marie-jose MUNDABI, Caleb KINIAKA,Josué KINIAKA , Alegria KIALA Neige KABATA, Esther kabata, MANGBAU YESINGA Christelle, N'SEY MWATIE Mélanie, Agrey MUNGABA, SILIA MUNGABA, Sublime chacun selon sa capacité.

Nous tenons à remercier nos confrères, amis et connaissances pour leurs soutiens matériels ,moraux ,financiers et spirituels notamment : Dr MASABA AWESE Christian, Monsieur Romain KUKASIKISA, Arielle MBOMBO TSHISUKU Yanick IFUNDA,JuniorBOLOKO,Léon ATUNDU, Martin LolekeTewo,Germain KABANGA ,JOSIAS PALAMU , Dany OSSIMI , Roger MUNONGO,Gerard MWAMBA , Pierre MUKENZI,MonsieurKhody MUSWALA , Madame Noémie MATWANI , Christian MUKOMBO , Emmanuel LUKABYA , Médard MUTOMBO , D'Aïda , Adolph NDALA , Sandrine NDALA, Christine MBALA.

Nous dirons à tous ceux qui ont apporté leurs concours moral, matériel, financier et spirituel et qui ne sont pas cité, de trouver à travers ces remerciements, l'expression de notre gratitude.

LISTE DES ACRONYMES

Ø RDC

: République Démocratique du Congo

Ø UPN

: Université Pédagogique National

Ø INS

: Institut National de la Statistique

Ø PNUD

: Programme des Nations Unies pour le Développement

Ø OCDE

: Organisation de Coopération et de Développement Economiques

Ø ILO

: International Labour Organisation

Ø UNESCO

: Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture

INTRODUCTION

1.1. PRÉSENTATION DU SUJET

Le chômage des jeunes diplômés constitue aujourd'hui l'un des paradoxes les plus préoccupants du développement en Afrique subsaharienne. Alors que l'accès à l'enseignement supérieur s'est considérablement élargi au cours des deux dernières décennies, notamment en République démocratique du Congo (RDC), l'insertion professionnelle des jeunes diplômés demeure un défi majeur1(*). Ce paradoxe soulèvedes interrogations profondes sur la valeur réelle du diplôme universitaire dans un contexte marqué par la précarité économique, l'informalité du marché du travail et l'absence de politiques publiques efficaces en matière d'emploi.

Dans les milieux urbains comme Kinshasa, le diplôme universitaire est souvent perçu comme un symbole de réussite sociale, un « passeport » vers une vie meilleure2(*). Il incarne l'aboutissement d'un parcours scolaire souvent semé d'embûches, et représente aux yeux des familles une promesse de dignité, de stabilité et de reconnaissance. Pourtant, de nombreux jeunes diplômés se retrouvent sans emploi, ou contraints d'accepter des postes précaires, sans rapport avec leur formation initiale. Ce décalage entre les attentes liées au diplôme et la réalité du marché du travail engendre non seulement des frustrations individuelles, mais aussi des tensions sociales et politiques croissantes3(*).

Ce phénomène interroge les fondements mêmes de la méritocratie scolaire et du contrat social implicite entre l'État, les institutions éducatives et la jeunesse. Il met en lumière une crise de sens autour du diplôme, qui, tout en conservant une forte valeur symbolique, semble perdre sa fonction économique et sociale dans certains contextes urbains africains.

1.2. CONTEXTE ET JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET

La commune de Makala, située dans la ville-province de Kinshasa, offre un terrain d'étude particulièrement pertinent pour explorer cette problématique. Elle se caractérise par une forte densité de jeunes, une diversité socioculturelle marquée, et une présence significative d'institutions d'enseignement supérieur4(*). Malgré cela, les opportunités d'emploi formel y sont limitées, et le chômage des jeunes diplômés y atteint des niveaux alarmants5(*).

Makala représente ainsi un microcosme des tensions entre formation académique et insertion professionnelle. Elle permet d'observer, à l'échelle locale, les effets concrets du décalage entre les représentations sociales du diplôme et les réalités du marché du travail. Ce choix de terrain permet de croiser plusieurs dimensions sociologiques : les trajectoires individuelles, les logiques institutionnelles, les dynamiques informelles, et les stratégies de résilience développées par les jeunes.

En outre, ce mémoire s'inscrit dans une démarche de recherche engagée, soucieuse de donner la parole à une jeunesse souvent marginalisée dans les discours politiques et économiques. Il vise à produire une connaissance utile, susceptible d'alimenter les réflexions sur les politiques publiques, les réformes éducatives, et les initiatives communautaires en faveur de l'emploi des jeunes diplômés.

1.3. PROBLÉMATIQUE

Comme évoqué là-haut, le chômage des jeunes diplômés constitue aujourd'hui l'un des paradoxes les plus préoccupants du développement en Afrique subsaharienne. Alors que l'accès à l'enseignement supérieur s'est considérablement élargi au cours des deux dernières décennies, notamment en République démocratique du Congo (RDC), l'insertion professionnelle des jeunes diplômés demeure difficile et souvent incertaine6(*). Pourtant le Pays a besoin d'une mains d'oeuvre qualifiée pour son développement.

Plusieurs travaux académiques et institutionnels ont abordé cette question. À l'échelle mondiale, Altbach (2007) met en évidence la tension entre la massification universitaire et la stagnation des opportunités professionnelles7(*). En Afrique, Teferra et Altbach (2003) soulignent l'existence d'un « paradoxe éducatif » : plus il y a de diplômés, plus le chômage des jeunes qualifiés semble s'accroître.8(*) En Afrique de l'Ouest, Ndong (2018) au Sénégal et Kouadio (2020) en Côte d'Ivoire analysent le diplôme comme facteur d'aspiration sociale et de distinction, mais aussi comme source de désillusion face à la rareté des emplois qualifiés9(*).

En RDC, les travaux de l'Institut National de la Statistique (INS, 2023) et du Ministère de l'Emploi (2022) montrent que le taux de chômage des diplômés dépasse 40 % dans certaines communes de Kinshasa10(*). Des chercheurs congolais comme KimwangaNkeyPerlin rappellent que le chômage des diplômés ne peut être compris uniquement sous l'angle économique, mais doit être replacé dans une dynamique sociologique où se combinent les logiques de reproduction sociale, les réseaux clientélistes et la faiblesse des politiques publiques11(*).

Cependant, ces recherches présentent des limites :La majorité privilégient des approches macro-économiques ou quantitatives, laissant de côté les représentations sociales construites par les jeunes eux-mêmes.Elles insistent davantage sur les chiffres que sur les expériences subjectives : frustrations, désillusions, stratégies de survie.

Enfin, elles manquent d'ancrage localisé : rares sont celles qui étudient en profondeur des espaces populaires spécifiques, comme la commune de Makala.

Or, comme le rappelle Castel (1995), le chômage ne se réduit pas à une absence d'emploi ; il constitue une expérience sociale de désaffiliation, marquée par la perte de statut, la dépendance et parfois la stigmatisation. De même, selon Sen (1999), la pauvreté et l'exclusion professionnelle doivent être comprises en termes de « capabilités » manquantes, c'est-à-dire d'opportunités réelles qu'ont (ou n'ont pas) les individus pour transformer leurs savoirs en conditions de vie dignes12(*).

Ces apports théoriques invitent à dépasser une lecture strictement économique pour considérer le chômage des diplômés comme un phénomène socialement construit : il s'agit non seulement d'un problème de marché du travail, mais aussi d'une crise de sens du diplôme universitaire.

Notre recherche se propose donc d'apporter une contribution originale à cette littérature en :

· Ciblant la commune de Makala, un espace urbain populaire où le contraste entre le prestige symbolique du diplôme et la précarité sociale est particulièrement marqué.

· Adoptant une démarche mixte, combinant une enquête quantitative (questionnaires auprès de 100 jeunes diplômés) et qualitative (30 entretiens semi-directifs), afin de croiser les représentations subjectives et les réalités objectives.

· Mettant en évidence le décalage entre les représentations sociales idéalisées du diplôme (réussite, ascension, dignité) et la réalité d'un chômage prolongé, d'une insertion précaire et d'une dépendance familiale.

Dès lors, une question centrale s'impose :

Ø Qu'est ce qui explique cette influence de ce décalage entre les représentations sociales idéalisées du diplôme universitaire (réussite, ascension, dignité) et La réalité vécue du chômage chez les jeunes diplômes de la commune de Makala (chômage prolongé, d'une insertion précaire et d'une dépendance familiale) ?

Ø Quelle est la nature de cette décalage ?

Ø Quelles sont les stratégies d'adaptationmobilisées par les jeunes diplômés universitaires de la commune de Makala ?

Cette problématique s'inscrit dans une double perspective :

Théorique, en croisant les approches de la reproduction sociale (Bourdieu), du capital humain (Becker), des représentations sociales (Moscovici), de la stigmatisation (Goffman), de la désaffiliation (Castel) et des capabilités (Sen).Empirique, en analysant un terrain spécifique, trop peu étudié jusqu'ici, et en donnant la parole aux jeunes diplômés eux-mêmes.

1.4. HYPOTHÈSES DE RECHERCHE

À partir de la problématique formulée, nous pensons que :

Ø Le décalage entre les représentations sociales idéalisées du diplôme universitaire et la réalité du chômagevécue des jeunes diplômés de la commune de Makalaest influencé par les facteurs ci-après :

- L'inadéquation formation-emploi

- Le manque de réseaux sociaux et de capital relationnel,

- La corruption et le clientélisme dans l'accès à l'emploi,

- La faiblesse du tissu économique et la domination du secteur informel

Ø La nature de ce décalage est :

- Sociologique : entraine une perte de statut, une stigmatisation, voire une désaffiliation.

- Symbolique : Le diplôme concerne une valeur de prestige dans la société

Ø Stratégies de résilience et redéfinition du diplôme

Face à ce décalage, les jeunes diplômés développent des stratégies d'adaptation comme :

- Entrepreneuriat informel,

- Reconversion professionnelle,

- Formation complémentaire,

- Migration interne ou externe.

1.5. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

1.5.1. Objectif général

Analyser la relation entre les diplômes universitaires et le chômage des jeunes diplômés dans la commune de Makala, en mettant en évidence le décalage entre les représentations sociales du diplôme et la réalité vécue du chômage, afin de comprendre les mécanismes sociaux qui sous-tendent ce paradoxe et d'identifier les stratégies d'adaptation mobilisées par les jeunes.

0.5.2. Objectifs spécifiques

1. Étudier les représentations sociales du diplôme universitaire chez les jeunes diplômés de Makala, en analysant sa valeur symbolique (prestige, réussite sociale, distinction) et ses significations dans l'imaginaire collectif (les conditions de reproduction du chômage)13(*).

2. Décrire et analyser la réalité du chômage des jeunes diplômés à Makala à travers des indicateurs empiriques (durée, formes d'emploi, stratégies de recherche) et des expériences vécues (désillusion, dépendance, stigmatisation)14(*).

3. Examiner le décalage entre attentes et réalité, en montrant comment les représentations idéalisées du diplôme se confrontent à l'inadéquation formation-emploi, à l'informalité du marché du travail et aux logiques de clientélisme15(*).

4. Identifier les facteurs sociologiques aggravants (réseaux sociaux, capital relationnel, corruption, contraintes structurelles), qui renforcent le chômage des diplômés et limitent leur insertion professionnelle16(*).

5. Mettre en lumière les stratégies de résilience et d'adaptation développées par les jeunes diplômés (entrepreneuriat informel, reconversion, formation complémentaire, migration), afin de comprendre comment ils redéfinissent le sens et l'usage du diplôme dans un contexte de crise17(*).

6. Proposer des recommandations pratiques et théoriques, à l'intention des pouvoirs publics, des institutions académiques et des jeunes diplômés eux-mêmes, en vue d'améliorer l'adéquation entre formation universitaire et marché du travail18(*)

1.6. Justification de la formulation

Ces objectifs traduisent une articulation logique :

- Du symbolique (représentations)

- Au réel (statistiques, vécu du chômage)

- Au décalage (contradiction représentations/réalité)

- Aux facteurs explicatifs (réseaux, corruption, inadéquation)

- Aux réponses sociales (stratégies de résilience)

- Aux solutions (recommandations).

1.7. DÉLIMITATION DU SUJET

Dans une recherche académique, il est essentiel de définir clairement le champ d'étude, tant sur le plan spatial que temporel et thématique. Cette délimitation permet d'éviter les généralisations abusives et d'assurer la pertinence des résultats.

a)Délimitation spatiale

Notre recherche se concentre exclusivement sur la commune de Makala, l'une des vingt-quatre communes de la ville-province de Kinshasa.Makala se caractérise par une forte densité démographique (environ 450 000 habitants, dont près de 60 % ont moins de 35 ans19(*)).

Elle est marquée par une urbanisation non planifiée, un tissu économique dominé par le secteur informel (petits commerces, artisanat, transport local), et une faible présence d'emplois formels20(*).

Ce choix se justifie par la pertinence du terrain : c'est un espace où les jeunes diplômés vivent un décalage aigu entre le prestige symbolique du diplôme et la rareté des opportunités d'emploi.

b) Délimitation temporelle

La période d'étude couvre principalement les années 2018 à 2025, soit un laps de temps marqué par plusieurs éléments contextuels :

- La massification de l'enseignement supérieur en RDC au cours des dix dernières années21(*) ;

- Les impacts socio-économiques de la pandémie de Covid-19 (2020-2022), qui ont accentué le chômage et la précarité22(*) ;

- Les récents rapports du Ministère de l'Emploi (2022) et de l'INS (2023), qui fournissent des données actualisées sur la situation23(*) ;

- Ce choix temporel permet de croiser des dynamiques récentes et pertinentes, tout en inscrivant la recherche dans une actualité socio-économique brûlante.

c)Délimitation thématique

Cette étude porte exclusivement sur :

- Les jeunes diplômés de l'enseignement universitaire (licence ou master), âgés de 25 à 35 ans, résidant à Makala.

- Elle exclut volontairement :

- Les diplômés de l'enseignement technique et professionnel,

- Les jeunes sans diplôme universitaire,

- Les diplômés plus âgés (> 35 ans), dont les trajectoires professionnelles obéissent à d'autres logiques.

Cette restriction permet de se concentrer sur une population confrontée directement et durablement aux réalités du marché du travail urbain congolais.

d) Délimitation méthodologique

Notre recherche adopte une démarche mixte :

· Qualitative : 30 entretiens semi-directifs menés auprès de jeunes diplômés pour recueillir leurs représentations, récits de vie et perceptions.

· Quantitative : 100 questionnaires administrés pour dégager des tendances générales.

Cette méthodologie est justifiée par la nécessité de croiser subjectif et objectif, afin de produire une analyse sociologique complète24(*).

Ø Synthèse de la délimitation

Ainsi, notre recherche se limite à :

Un espace précis : la commune de Makala, terrain urbain populaire.

Une période récente : 2018-2025, contexte de transformations éducatives et économiques.

Une population ciblée : jeunes diplômés universitaires (25-35 ans).

Une approche méthodologique mixte : qualitative et quantitative.

Cette délimitation permet de produire des résultats contextualisés, rigoureux et scientifiquement valides, tout en mettant en lumière une réalité sociale encore peu documentée dans les études congolaises.

1.8. MÉTHODE ET TECHNIQUES

Pour réaliser cette étude, nous avons utilisé différentes techniques et la méthodes mixte des méthodes qualitatives et quantités

1.8.1. Type et nature de la recherche

La présente étude adopte une approche mixte combinant des méthodes qualitatives et quantitatives.

Ø Le volet qualitatif vise à recueillir les représentations sociales, les récits de vie et les perceptions subjectives des jeunes diplômés face au chômage.

Ø Le volet quantitatif permet de mesurer l'ampleur du phénomène à travers des données statistiques descriptives (taux de chômage, durée de recherche d'emploi, stratégies adoptées).

Ce choix s'inscrit dans une perspective d'étude de cas (Yin, 2014)25(*) centrée sur la commune de Makala, qui permet de comprendre un phénomène complexe dans un contexte particulier .

1.8.2. Population et champ d'observation

La population cible est constituée de jeunes diplômés universitaires (licence ou master), âgés de 25 à 35 ans, résidant dans la commune de Makala.Le choix de cette tranche d'âge se justifie par le fait que les individus ont quitté l'université depuis plusieurs années et sont confrontés directement à l'insertion professionnelle.

L'étude exclut les diplômés de l'enseignement technique et professionnel, ainsi que les jeunes sans diplôme universitaire, afin de se concentrer sur la population la plus concernée par le paradoxe diplôme/chômage.

1.8.3. Échantillonnage

L'échantillon a été constitué selon une méthode raisonnée (non probabiliste), afin de cibler les individus répondant aux critères de recherche.

30 jeunes diplômés ont été retenus pour les entretiens semi-directifs.

100 jeunes diplômés ont répondu au questionnaire structuré.

La taille de notre échantillon est de 100 enquêtés questionnés et 30 enquêtés entretenus, repartis à 18 quartiers. Ceci nous permet de récolter les données fiables sur la thématique soumise à l'étude, susceptible d'être porté à l'ensemble de la communauté.

0.8.4. Techniques et outils de collecte des données

a) Entretiens semi-directifs

Objectif : recueillir les représentations sociales du diplôme, les expériences du chômage et les stratégies de survie.

Guide structuré autour de quatre thèmes :

1. Valeur et prestige du diplôme,

2. Expérience du chômage,

3. Stratégies d'insertion professionnelle,

4. Perception du marché du travail.

Langues utilisées : français et lingala, selon la préférence des enquêtés.

Les entretiens ont été enregistrés avec le consentement éclairé des participants26(*).

b) Questionnaire structuré

25 questions fermées et semi-ouvertes, réparties en quatre section

1. Données sociodémographiques (âge, sexe, niveau d'études, situation professionnelle),

2.Représentation du diplôme,

3. Expériences de chômage,

4.Strategies et perception du marché du travail.

c) Stratégies et perceptions du marché du travail.

Administration en présentiel, dans les quartiers Kimbwala, Mikalayi et Slongo, avec l'appui de trois enquêteurs formés

0.8.5. Techniques d'analyse des données

A) Analyse qualitative

· Transcription intégrale des entretiens,

· Codage thématique manuel, inspiré de la méthode de Miles et Huberman27(*),

· Regroupement par thèmes (prestige du diplôme, désillusion, stratégies de survie, etc.),

· Interprétation sociologique à la lumière du cadre théorique (Bourdieu, Becker, Goffman, Moscovici, Sen).

b) Analyse quantitative

· Traitement des questionnaires à l'aide du logiciel Excel (et possibilité d'utilisation de SPSS).

· Statistiques descriptives : fréquences, pourcentages, croisements simples.

· Présentation des résultats sous forme de tableaux, graphiques et diagrammes pour faciliter l'interprétation.

0.8.6. Considérations éthiques

· Respect du consentement libre et éclairé : chaque participant a été informé des objectifs de l'étude et de la confidentialité des données.

· Anonymisation : les noms des enquêtés ne figurent pas dans le mémoire ; seuls des codes ou numéros d'entretien sont utilisés.

· Respect des normes de la recherche en sciences sociales, conformément aux directives du Comité d'éthique de l'Université Pédagogique Nationale (2023)28(*)

0.8.7. Limites méthodologiques

Taille réduite de l'échantillon (130 personnes), qui limite la généralisation des résultats.Risques de biais liés au recrutement (échantillonnage raisonné).

Contexte socio-économique post-Covid-19, qui peut influencer certaines perceptions de manière conjoncturelle.

Ces limites, toutefois, sont compensées par la triangulation des méthodes et la richesse des données qualitatives.

Ø Synthèse de la méthodologie

La méthodologie adoptée permet de répondre efficacement à la problématique : elle croise les représentations sociales et les réalités objectives, tout en tenant compte du contexte spécifique de Makala. Elle associe la profondeur des récits qualitatifs à la robustesse des données quantitatives, garantissant ainsi une analyse complète et nuancée.

1.9. DIFFICULTES RENCONTREES

Notre étude s'est basée à Kinshasa particulièrement dans la commune de Makala, Etudiants que nous sommes avons fait face aux difficultés financières et de temps.

1.10. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Outre l'introduction et la conclusion, notre travail comprend quatre (4) chapitres à savoir :

· Le premier chapitre traite le Cadre théorique et conceptuel ;

· Le chapitre deux concerne : Présentation de la zone d'étude et méthodologie ;

· Le chapitre trois est concentré sur l'analyse des résultats ;

· Le quatrième et dernier chapitre présente la discussion et contribution scientifique

CHAPITRE 1 : CADRE THÉORIQUE ET CONCEPTUEL

Le présent chapitre dans ses articulations compte deux points maugère. Le premierconcerne les théories et le deuxième la clarification des concepts.

1.1 CADRE THÉORIQUE

L'analyse du chômage des jeunes diplômés nécessite un cadre théorique solide qui permette de saisir à la fois la dimension symbolique du diplôme, sa valeur sur le marché du travail, et les conséquences sociales du chômage prolongé.

Notre recherche mobilise six approches complémentaires :

a) La théorie de la reproduction sociale (Pierre Bourdieu)

Selon Bourdieu, le système éducatif joue un rôle central dans la reproduction des inégalités sociales29(*). Le diplôme universitaire, censé être un capital culturel, n'a de valeur que dans un champ social où il est reconnu.

Dans le contexte congolais, et particulièrement à Makala, les jeunes diplômés possèdent ce capital scolaire mais manquent souvent de capital économique et social (réseaux, ressources financières) pour transformer ce diplôme en emploi.

Ainsi, le diplôme agit comme un capital symbolique élevé, mais sa rentabilité sociale dépend des conditions structurelles de son usage.

« Le capital scolaire n'a de valeur que dans un champ social où il est reconnu comme tel » (Bourdieu, 1980)30(*).

b) La théorie du capital humain (Gary Becker)

Gary Becker considère l'éducation comme un investissement destiné à accroître la productivité individuelle et, par conséquent, l'accès à l'emploi31(*).Dans un marché du travail équilibré, le diplôme améliore les chances d'obtenir un emploi stable et bien rémunéré.

Cependant, dans un contexte comme celui de Kinshasa, marqué par le chômage structurel, l'inadéquation formation-emploi et l'importance de l'informalité, cette théorie se heurte à ses limites.

Le paradoxe du diplômé chômeur remet donc en question la rentabilité sociale et économique de l'investissement éducatif.

c) La théorie des représentations sociales (Serge Moscovici)

Moscovici définit les représentations sociales comme des systèmes de valeurs, croyances et pratiques qui permettent aux individus de donner sens à leur réalité32(*).

Pour les jeunes de Makala, le diplôme est chargé de représentations idéalisées : réussite, prestige, ascension sociale.Mais lorsque la réalité du chômage contredit ces attentes, les jeunes sont confrontés à une crise cognitive et identitaire. Cette approche permet donc d'analyser le décalage entre ce que les diplômés croient qu'un diplôme leur garantit et ce qu'ils expérimentent dans leur vie quotidienne.

d) La théorie de la stigmatisation (Erving Goffman)

Goffman analyse comment les individus dont les attentes sociales ne se concrétisent pas peuvent être stigmatisés, ou se stigmatiser eux-mêmes33(*).Le jeune diplômé sans emploi peut être perçu par son entourage comme un « raté », un « inactif », voire un « inutile ».

Cette stigmatisation entraîne une perte de statut social et affecte l'identité des jeunes diplômés, qui cherchent parfois à dissimuler leur diplôme ou à minimiser leur situation.

À Makala, où le chômage est visible dans l'espace public, cette stigmatisation prend une dimension communautaire.

e) La théorie de la désaffiliation sociale (Robert Castel)

Robert Castel considère le chômage comme un processus de désaffiliation, c'est-à-dire une sortie progressive des individus du tissu social34(*).Les jeunes diplômés chômeurs de longue durée risquent de passer de la vulnérabilité (emploi précaire, dépendance familiale) à l'exclusion sociale (isolement, perte de confiance en soi).

Cette théorie est particulièrement pertinente dans le contexte de Makala, où le chômage entraîne non seulement une précarité économique, mais aussi un sentiment d'inutilité sociale.

f) La théorie des capabilités (Amartya Sen)

Sen propose une approche qui dépasse la simple possession de ressources pour se concentrer sur les opportunités réelles dont disposent les individus. Le diplôme, en tant que ressource, ne garantit pas une « capabilité » si les conditions sociales et économiques ne permettent pas de l'utiliser.

Autrement dit, les jeunes diplômés de Makala ont acquis, unsavoir, mais manquent de réelles opportunités pour le transformer en emploi, revenu ou dignité sociale.

Cette approche met en évidence l'importance des politiques publiques qui élargissent les « capabilité » des jeunes, au-delà de l'éducation seule.

Synthèse cadre théorique

Ces six approches permettent de construire une lecture multidimensionnelle du chômage des diplômés : Bourdieu explique pourquoi le diplôme n'assure pas une mobilité sociale en absence de capital économique et social.

Becker met en évidence le paradoxe du capital humain nom valorisé dans une marche du travail informel des représentations socialesidéalisées.

Goffman montre les effets identitaires et sociaux de la stigmatisation.

Castel éclaire le risque d'exclusion lie au chômage prolongé.Ses insiste sur l'importance des capabilités au-delà de l'obtention du diplôme.Cette cadre théorique croise permet ainsi de saisir à la fois les dimensions symboliques.Structure et subjectives du chômage des diplômes à makala.

1.2 CADRE CONCEPTUEL

Afin d'éviter toute ambiguïté et de garantir une cohérence dans l'analyse, il est nécessaire de définir de manière opérationnelle les concepts centraux mobilisés.

a) Diplôme universitaire

Le diplôme universitaire est défini comme une certification académique délivrée par une institution d'enseignement supérieur, attestant de l'acquisition de connaissances et compétences spécifiques reconnues socialement35(*).

Sur le plan symbolique, le diplôme incarne le prestige, la distinction sociale et l'espoir d'ascension.

Sur le plan fonctionnel, il constitue un capital culturel censé favoriser l'insertion professionnelle.

Dans le contexte de Makala, ce double rôle est remis en question : le diplôme conserve une valeur symbolique élevée, mais sa valeur marchande sur le marché de l'emploi est fortement dégradée.

b) Chômage

Le chômage est entendu ici dans une double dimension :

· Économique : situation d'un individu sans emploi rémunéré, cherchant activement un travail36(*).

· Sociologique : expérience de désaffiliation et de perte de statut social (Castel, 1995)37(*).

En RDC, le chômage des diplômés revêt une spécificité : il est souvent prolongé, lié à la corruption, à l'inadéquation formation-emploi, et aggravé par le poids du secteur informel.

c) Représentations sociales

Les représentations sociales sont des « systèmes de valeurs, de croyances et de pratiques qui permettent aux individus de donner sens à leur réalité » (Moscovici, 1984)38(*).

Elles ne sont pas de simples opinions, mais des grilles de lecture collectives qui orientent les comportements.Concernant le diplôme, elles traduisent un imaginaire collectif où celui-ci est perçu comme un passeport vers la réussite.

Dans le cas des jeunes diplômés de Makala, ces représentations se heurtent à la réalité du chômage, produisant un décalage cognitif et identitaire.

d) Réalité du marché du travail

Le marché du travail est défini comme l'ensemble des mécanismes par lesquels se rencontrent l'offre et la demande d'emploi39(*).

À Kinshasa, il est caractérisé par une informalité massive (près de 80 % des emplois), une faible capacité d'absorption des diplômés et une dépendance vis-à-vis des réseaux sociaux et du clientélisme40(*).

Dans la commune de Makala, cette réalité est encore plus accentuée : rares sont les emplois formels, et la majorité des jeunes diplômés doivent se rabattre sur des activités précaires et informelles.

e) Jeunes diplômés

Dans ce mémoire, les jeunes diplômés désignent les individus :

Âgés de 25 à 35 ans,Titulaires d'un diplôme universitaire (licence ou master),

Résidant dans la commune de Makala,

En situation de chômage ou d'emploi précaire.

Ce choix opérationnel exclut :

Les diplômés de l'enseignement technique/professionnel,

Les diplômés plus âgés (> 35 ans), dont les trajectoires relèvent d'autres logiques.

Cette définition permet de cibler une population directement et durablement exposée au paradoxe diplôme/chômage.

f) La commune

Dans certains pays, une commune est une circonscription territoriale pouvant correspondre à une ville, à un bourg avec ses villages et hameaux ou à un groupe de villages. Dans la plupart des cas, la Dans commune constitue la plus petite subdivision administrative. Elle est souvent dirigée par un maire ou bourgmestre, comme le cas de la commune dont nous parlons de ce sujet41(*)

Ø Synthèse du cadre conceptuel

Les concepts centraux (diplôme universitaire, chômage, représentations sociales, marché du travail, jeunes diplômés) forment l'ossature de notre recherche.

Ils sont mobilisés dans une perspective sociologique, afin de mettre en évidence la tension entre :

- Le prestige symbolique du diplôme,

- Et la réalité sociale du chômage prolongé.

CHAPITRE II : PRÉSENTATION DE LA ZONE D'ÉTUDE ET MÉTHODOLOGIE

Ce chapitre porte sur la présentation du milieu d'étude qui est la commune Makala où il sera question de donner son aperçu histoire, ces données démographiques, ces Caractéristiques socio-économiques, l'éducation et formation, problèmes sociaux et urbains, socioprofessionnelle, administrative, économique, etc.

II.1. PRESENTATION DE LA COMMUNE DE MAKALA

a) Localisation et historique

La commune de Makala est l'une des vingt-quatre communes de la ville-province de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. Située dans la partie sud-ouest de la ville, elle est limitrophe des communes de Selembao, Bumbu, Ngaba, Mont-Ngafula et Lemba42(*).

Créée en 1957 dans le cadre de l'urbanisation coloniale tardive, son nom « Makala » signifie littéralement charbon de bois en lingala, en référence à l'activité économique dominante de l'époque : la vente de charbon43(*).

Son développement s'est fait de manière spontanée et peu planifiée, ce qui explique l'existence actuelle de nombreux quartiers populaires densément peuplés, avec des infrastructures limitées.

b) Données démographiques

La population de Makala est estimée à environ 450 000 habitants (INS, 2023)44(*). Plus de 60 % de cette population est composée de jeunes de moins de 35 ans.

Le taux de fécondité est élevé, et la croissance démographique continue d'exercer une pression sur les infrastructures (santé, écoles, logement). La commune est caractérisée par une forte densité de population, supérieure à 25 000 habitants/km44(*), ce qui en fait l'une des zones les plus densément peuplées de Kinshasa.

c) Caractéristiques socio-économiques

L'économie de Makala repose principalement sur le secteur informel :

- Petits commerces (marchés de Matadi Mayo, Salongo, Kimbwala) ;

- Transport urbain (motos, taxis-bus);

- Artisanat et activités de subsistance ;

- Le taux de chômage des jeunes diplômés est particulièrement élevé, estimé à plus de 45 % en 202345(*).

Faute d'emplois formels, de nombreux diplômés s'orientent vers le commerce ambulant, les petits services, ou encore l'émigration temporaire vers d'autres quartiers. Cette précarité économique contribue à une forte dépendance familiale et à la vulnérabilité sociale.

d) Éducation et formation

La commune de Makala dispose de plusieurs écoles secondaires et d'institutions supérieures privées (ISP Kimbwala, ISETEM Makala), mais elle n'abrite pas de grandes universités publiques.Les jeunes poursuivent généralement leurs études supérieures dans d'autres communes (Limete, Gombe, Lemba, Mont-Ngafula).

Le taux de scolarisation a augmenté au cours de la dernière décennie grâce à la gratuité de l'enseignement primaire (2019), mais les infrastructures restent insuffisantes et surpeuplées46(*).

e) Problèmes sociaux et urbains

Makala est confrontée à de nombreux défis :

· Chômage et sous-emploi des jeunes ;

· Insécurité urbaine liée à la délinquance des jeunes désoeuvrés ;

· Manque d'infrastructures de base (eau potable, électricité, routes) ;

· Pollution et insalubrité dues à une mauvaise gestion des déchets.

Ces conditions renforcent le paradoxe : malgré un diplôme universitaire, beaucoup de jeunes restent prisonniers de la précarité et de la marginalité sociale.

f) Pertinence du choix de Makala comme zone d'étude

La commune de Makala constitue un terrain sociologique idéal pour l'analyse du chômage des jeunes diplômés, car :

1. Elle combine une forte concentration de jeunes diplômés et un taux élevé de chômage.

2. Elle illustre le décalage entre prestige symbolique du diplôme et réalité du marché du travail.

3. Elle représente un microcosme des défis urbains de Kinshasa (croissance démographique, informalité, pauvreté).

En ce sens, Makala permet de produire des résultats contextualisés et généralisables à d'autres communes populaires de Kinshasa et au-delà.

II.1.1.SUBDIVISION ADMINISTRATIVE

a. Les quartiers

Il y a lieu à noter que les quartiers sont des simples entités territoriales administratives déconcentrées dépourvues de la personnalité juridique. Ils sont dirigés par les agents du ministère de l'intérieur. En effet, la commune de Makala compte 18 quartiers en son sein à savoir :

1. BAGATA

2. BAHUMBU

3. BOLIMA

4. KABILA

5. KISANTU

6. KWANGO

7. LEMBA VILLAGE

8. MABULU 1

9. MABULU 2

10.MALALA

11. MAWANGA

12.MFIDI

13.MIKASI

14.SALONGO

15.SELO

16.TAMPA

17.UELE

18.WAMBA 22

b. Avenues et rue La commune a 9 grandes avenues et 243 Rues ainsi que 13633 parcelles habitées.

II.1.2. SANTE

De même que l'éducation, la santé revêt une importance capitale. Structures de santé ou aires de santé ; un seul centre de santé est public et 31 centres de santé appartiennentt aux privés47(*).

II.1.3. ÉCONOMIE

La commune de Makala est essentiellement commerciale et non industrielle. Son tissue économique est constitué par les petites et moyennes entreprises et artisantes dans lesquelles sont intégrés quatre Marchés Pirates qui s'assimilent aux Marchés municipaux. Pour son fonctionnement, la commune recourt aux impôts et différentes taxes municipales à la rétrocession nationale et provinciale et quelquefois aux dons des opérateurs économiques et des Organisations Non Gouvernementales pour le Develloppement (ONGD)48(*).

II.1.4. ACTIVITÉS SOCIALES ET CULTUELLES

Hormis les églises traditionnelles c'est-à-dire Église : Catholique, Protestante, Orthodoxe, Kimbamguiste et Musulman ; il existe au sein de la commune de Makala 61 Églises de Réveil, 100 Associations Sans but lucratif (ASBL). 23 La commune de Makala est une entité à vocation culturelle car elle possède en son sein :

- 02 ballets culturels ;

- 04 groupes Musicaux ;

- 06 groupes Théâtraux ;

- 03 Terrains de Football ;

- Associations Sportives et culturelles

II.1.5. POTENTIALITÉS

La commune de Makala a comme potentialités, sa population active et jeune capable d'oeuvre dans tous les domaines de la vie. La commune possède aussi des ressources matérielles si bien qu'elle est à mesure de mettre à la disposition de ses éventuels partenaires un terrain pour y érigé des infrastructures de développement. La commune offre aussi des facilités d'obtention des documents administratifs.

Elle offre également les dispositifs sécuritaires, des investissements implantés en son sein. La commune facilite les contacts entre les partenaires et les autorités tant nationales, Provinciales que locales.

II.1.6. PARTENARIAT

La commune de Makala jusqu'à l'heure actuelle n'a aucun partenaire pour l'accompagner dans le défis du développement. Voilà pourquoi, elle vient de lancer un appel à tout partenaire désireux d'investir à Makala de bien vouloir contacter les autorités de la Commune de Makala aux adresses cidessous. Elle compte également avoir le jumelage avec une commune de l'Europe, d'Amérique et pourquoi pas d'Afrique. Dans le cadre de l'intercommunalité, elle s'offre à toute commune de la RDC ou de la ville de Kinshasa, désireuse de signer un protocole de partenariat avec la commune de Makala49(*).

II.1.7. DIFFICULTÉS

- Enclavement ;

- Erosion ;

- Inondation ;

- Ensablement ;

- Déficit en infrastructures publiques au niveau de la Maison communale et aux quartiers ;

- Insuffisance de desserte en eau et en électricité ;

- Manque de grandes unités de production ;

- Absence d'une régie communale capable de mobiliser les recettes communales et de la voirie communale ;

- Insalubrité environnementale.

II.1.8. LES SERVICES DE LA COMMUNE DE MAKALA

1. SECRETARIAT

2. POPULATION

3. ETAT CIVIL

4. PERSONNEL NTERIEUR

5. CONTENTIEUX

6. 18 QUARTIERS

7. DECENTRALISATION

8. COUTUMIERES

9. VOIRIE ET ASSAINISSEMENT

10. INDUSTRIE

11. AFFAIRES SOCIALES

12. PREVOYANCE SOCIALE

13. PMEA (Petites et Moyennes Entreprises et Artisanat)

14. ENVIRONNEMENT

15. TRANSPORT ET ENGINS SANS MOTEUR

16. HABITAT

17. CULTURE ET ARTS

18. HYGIENE

19. TOURISME

20.URBANISME

21. SPORTS ET LOSIRS 25

22. JEUNESSE

23. COMPTABILTE

24. ECONOMIE

25. BUDGET & CONTROLE

26. ORDONNANCEMENT

27. ONEM

28. ZONE DE SANTE

29. GENRE ET FAMILLE

30. AGRICULTURE

31 MARCHES

32. ANTENNES AVEC LE PARLEMEN ET AFFAIRES

33. TRAVAUX PUBLICS & INFRASTRUCTURE

34. ENERGIE

35. COMMERCE EXTERIEUR

36. DROITS HUMAINS

37. TRANSPORT ET CYCLOMOTEUR

38. PLAN

39. POLICE ANTI INCENDIE

40. AGENCE NATIONALE DE RENSEIGNEMENTS

41. DIRECTION GENERALE DE MIGRATION

42. POLICE NATIONALE CONGOLAISE

43. SERVICE NATIONAL DE CONTROLES ECONOMIQUES (SENACE)

a. De l'autorité Territoriale Responsable

La commune est dirigée par le Bourgmestre et Bourgmestre Adjoint. Ces deux personnalités sont nommées par un décret présidentiel. Étant à la fois le représentant du gouvernement et l'autorité locale, la (le) bourgmestre est appelé à ce titre à assurer la responsabilité du bon fonctionnement des services publics de l'Etat dans la commune et du bon déroulement de l'administration de sa juridiction.

En cas d'absence ou d'empêchement, il est automatiquement remplacé par le Bourgmestre adjoint. En l'absence de ce dernier, c'est le chef du bureau qui assure la responsabilité de la commune.

II.2. MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE

L'étude que nous menons s'inscrit dans une démarche scientifique rigoureuse. Elle combine une approche qualitative et quantitative, afin de saisir à la fois la profondeur des expériences vécues et l'ampleur statistique du phénomène étudié.

II.2.1. Type et nature de la recherche

Cette recherche est de type mixte (qualitative et quantitative) :

· L'approche qualitative permet de recueillir les représentations sociales, les récits de vie et les perceptions des jeunes diplômés confrontés au chômage.

· L'approche quantitative permet de mesurer, par des données chiffrées, la fréquence des situations observées (durée de chômage, stratégies de recherche, taux d'insertion, etc.).

Elle s'inscrit dans une logique d'étude de cas centrée sur la commune de Makala, qui constitue un terrain privilégié pour comprendre le paradoxe diplôme/chômage dans un espace urbain populaire50(*).

II.2.2. Population et champ d'observation

La population cible est constituée de jeunes diplômés universitaires, définis comme suit :

· Âgés de 25 à 35 ans,

· Résidant dans la commune de Makala,

· Titulaires d'un diplôme universitaire (licence ou master),

· En situation de chômage ou d'emploi précaire.

Cette population a été retenue car elle est directement confrontée au problème étudié : la non-correspondance entre diplôme et emploi.

II.2.3. Échantillonnage

L'échantillon a été constitué par une méthode raisonnée (non probabiliste), adaptée à une étude sociologique en milieu urbain51(*) , 30 jeunes diplômés ont été retenus pour les entretiens semi-directifs, 100 jeunes diplômés ont répondu à un questionnaire structuré.

Cette taille d'échantillon permet d'assurer la triangulation : les données qualitatives (profondeur) sont complétées par des données quantitatives (mesure).

II.2.4. Techniques et outils de collecte des données

a) Entretiens semi-directifs

Objectif : comprendre les représentations sociales du diplôme et les vécus du chômage.

Guide d'entretien articulé autour de 4 thèmes :

1. La valeur symbolique du diplôme ;

2. L'expérience du chômage ;

3. Les stratégies de survie et d'insertion ;

4. La perception du marché du travail.

Les entretiens ont été réalisés en français et en lingala, selon la préférence des participants.

b) Questionnaires

25 questions fermées et semi-ouvertes, administrées en face à face dans différents quartiers (Salongo, Kimbwala, Mikalayi).

Thèmes : données sociodémographiques, représentations du diplôme, expériences de chômage, stratégies d'insertion.

Administration facilitée par trois enquêteurs locaux, formés à la méthode.

II.2.5. Techniques d'analyse des données

a) Analyse qualitative

Les entretiens ont été transcrits et codés selon la méthode thématique (Miles &Huberman, 2003)52(*).Les données ont été regroupées en catégories (prestige du diplôme, désillusion, stratégies d'adaptation).Les récits de vie ont été mobilisés comme verbatims pour illustrer les analyses.

b) Analyse quantitative

Les questionnaires ont été traités avec Excel (et SPSS pour certains croisements).Les résultats ont été présentés sous forme de tableaux, graphiques et diagrammes.

Les indicateurs principaux : taux de chômage, durée de recherche d'emploi, secteurs d'insertion, stratégies alternatives.

II.2.6. Considérations éthiques

· Respect du consentement libre et éclairé : chaque participant a été informé de l'objet de l'étude.

· Confidentialité et anonymisation : les données recueillies ne permettent pas d'identifier personnellement les répondants.

Conformité aux directives du Comité d'éthique de l'Université Pédagogique Nationale53(*).

II.2.7. Limites méthodologiques

Taille réduite de l'échantillon, limitant la généralisation.Risque de biais lié à l'échantillonnage raisonné.Contexte socio-économique fluctuant (post-Covid-19, inflation), pouvant influencer certaines réponses.

Ces limites sont toutefois compensées par la diversité des techniques et la triangulation des données.

Ø Synthèse méthodologique

La méthodologie adoptée permet de croiser le subjectif (représentations et récits) et l'objectif (statistiques et indicateurs), garantissant ainsi une analyse sociologique complète et pertinente.

CHAPITRE 3 : ANALYSE DES RÉSULTATS

3.1. REPRÉSENTATIONS SOCIALES DU DIPLÔME UNIVERSITAIRE CHEZ LES JEUNES DIPLÔMÉS DE MAKALA

L'analyse des entretiens semi-directifs menés auprès de 30 jeunes diplômés et des 100 questionnaires administrés dans la commune de Makala révèle que le diplôme universitaire conserve une valeur symbolique forte, malgré la réalité du chômage. Ces représentations s'articulent autour de trois dimensions principales :

a) Le diplôme comme symbole de prestige social

Pour une grande majorité des enquêtés le diplôme universitaire est perçu comme un titre honorifique, conférant du respect et de la dignité au sein de la famille et de la communauté54(*).

Plusieurs enquêtés ont déclaré que « sans diplôme, on ne te considère pas », confirmant l'idée bourdieusienne (qui fait référence aux idées du sociologue français Pierre Bourdieu) du diplôme comme capital symbolique.

Un diplômé interrogé affirme :« Quand j'ai obtenu ma licence, mes parents ont organisé une fête. Même si je ne travaille pas encore, pour eux je suis déjà quelqu'un. » (Entretien n°12, Makala-Salongo, juillet 2024)

Cette perception traduit le poids culturel accordé au diplôme comme marqueur de statut, indépendamment de son usage professionnel réel.

b) Le diplôme comme espoir de mobilité sociale

Pour 65 % des répondants, le diplôme reste associé à une promesse d'ascension sociale et d'amélioration des conditions de vie55(*).Certains jeunes affirment que « le diplôme est une clé qui finira par ouvrir une porte », même si cette porte tarde à s'ouvrir.Le diplôme est donc perçu comme un investissement à long terme, un capital qui, tôt ou tard, devrait produire des retombées.

Cependant, cette représentation nourrit souvent une attente frustrée : beaucoup de diplômés reconnaissent que malgré leurs efforts, la mobilité sociale reste bloquée par l'absence d'opportunités concrètes.

c) Le diplôme comme obligation familiale et morale

Plusieurs enquêtés insistent sur le rôle du diplôme dans le devoir filial : honorer les sacrifices consentis par la famille pour financer les études56(*).

Une diplômée confie :

« Mes parents se sont privés pour que j'étudie. Si je ne trouve pas de travail, c'est comme si j'avais trahi leur sacrifice. » (Entretien n°7, Makala-Kimbwala, juin 2025).Ici, le diplôme dépasse l'individu pour devenir une responsabilité sociale et morale.

d) Un imaginaire collectif en tension

Ces représentations idéalisées sont toutefois en tension avec la réalité du chômage.52 % des répondants déclarent être déçus par l'absence de débouchés.44 % affirment avoir envisagé une reconversion dans des activités non liées à leur diplôme (commerce, transport, artisanat).

Certains parlent même d'une « illusion du diplôme », signe que l'écart entre attentes et réalité devient insoutenable.Un enquêté exprime cette contradiction :« Le diplôme donne du respect, mais il ne nourrit pas. On finit par se demander à quoi il sert vraiment. » (Entretien n°21, Makala-Mikalayi, juillet 2025).

Ø Analyse sociologique

Ces résultats confirment plusieurs hypothèses théoriques :

- La théorie de Bourdieu (1970) : le diplôme reste un capital symbolique, mais sa rentabilité sociale dépend du capital économique et relationnel57(*).

- La théorie de Moscovici (1984) : les représentations sociales idéalisées du diplôme structurent les attentes, mais leur confrontation à la réalité génère des tensions cognitives58(*).

- La théorie de Goffman (1975) : lorsque le diplôme ne mène pas à l'emploi, il expose les jeunes à la stigmatisation et au sentiment d'échec59(*), sa théorie nous permet de comprendre la marginalisation, la forme de la stigmatisation des jeunes diplômés universitaires de Makala.

Ainsi, le diplôme apparaît comme un symbole ambivalent : valorisé dans l'imaginaire collectif, mais fragilisé dans sa fonction économique.

3.2 RÉALITÉ DU CHÔMAGE DES JEUNES DIPLÔMÉS À MAKALA

L'enquête menée dans la commune de Makala révèle une situation marquée par une pénurie d'opportunités d'emploi, une forte dépendance au secteur informel, et une précarité croissante. Cette réalité contraste avec les représentations sociales idéalisées du diplôme (cf. section 3.1).

a) Durée et ampleur du chômage

Selon les données recueillies par questionnaires :62 % des diplômés interrogés sont au chômage depuis plus de deux ans après l'obtention de leur diplôme60(*).21 % déclarent être au chômage depuis plus de cinq ans, malgré des recherches actives.Seuls 17 % ont trouvé un emploi formel dans leur domaine de formation.

Cette durée prolongée traduit l'inertie structurelle du marché de l'emploi congolais, caractérisé par une faible capacité d'absorption.

b) Types d'activités exercées

Face à l'absence d'opportunités, de nombreux diplômés se réorientent vers des activités de survie, souvent éloignées de leur domaine de formation :Commerce informel (vente de crédits téléphoniques, denrées alimentaires, friperie) : 44 %,Transport urbain (moto-taxi, receveur de bus) : 15 %,Petits services (call-box, coiffure, réparation téléphonique) : 12 %,Stages non rémunérés ou sous-payés : 18 %,Autres activités précaires : 11 %.

Un enquêté témoigne : « J'ai étudié la gestion, mais aujourd'hui je vends des habits au marché de Salongo. Ce n'est pas ce que j'espérais, mais il faut survivre. » (Entretien n°9, Makala-Salongo, juillet 2024).

c) Dépendance familiale et sociale

La majorité des jeunes diplômés chômeurs demeurent à la charge de leurs familles : 67 % vivent encore dans le ménage parental ou dépendent financièrement des parents.

Certains avouent ressentir une honte sociale vis-à-vis de leurs proches :« On me reproche de toujours demander de l'argent, alors que j'ai un diplôme. On pense que je suis paresseux, mais ce n'est pas le cas. » (Entretien n°17, Makala-Kimbwala, juin 2024).

Cette dépendance fragilise leur statut social et accentue la stigmatisation déjà observée (cf. Goffman, 1975).

d) Stigmatisation et marginalisation

Les diplômés chômeurs subissent des formes de stigmatisation dans leur entourage et dans leur quartier :Certains sont qualifiés de « banaya diplôme sans avenir » (jeunes diplômés sans avenir).D'autres préfèrent taire leur niveau d'études pour éviter les moqueries : « Quand je dis que j'ai un diplôme et que je ne travaille pas, les gens se moquent. Alors je dis juste que j'ai arrêté mes études. » (Entretien n°22, Makala-Mikalayi, juillet 2024).

La stigmatisation engendre une perte de confiance en soi et une marginalisation progressive, confirmant l'analyse de Castel (1995) sur la désaffiliation sociale61(*).

e) Conséquences psychologiques et sociales

La persistance du chômage engendre plusieurs effets :Désespoir et perte de motivation : 41 % des enquêtés déclarent avoir « perdu espoir » de trouver un emploi correspondant à leur diplôme. Migration interne : 12 % envisagent de quitter Makala pour chercher des opportunités ailleurs (Gombe, Limete, voire Lubumbashi). Petite délinquance et insécurité : certains diplômés, désoeuvrés, rejoignent des groupes de jeunes marginalisés, accentuant les problèmes d'insécurité locale62(*).

Ø Analyse sociologique

Ces résultats montrent que le chômage à Makala n'est pas seulement un phénomène économique, mais aussi un fait social total (au sens de Mauss), touchant la dignité, l'identité et la cohésion sociale.

- La théorie du capital humain (Becker) se heurte ici à ses limites : le diplôme ne garantit plus l'emploi.

- La théorie de la désaffiliation (Castel) explique bien la spirale d'exclusion vécue par les diplômés de longue durée.

Les représentations sociales (Moscovici) alimentent une attente frustrée qui aggrave la crise identitaire.

Ainsi, la réalité du chômage à Makala apparaît comme une trappe sociale, où les jeunes diplômés oscillent entre prestige symbolique et marginalisation effective

3.3 Décalage entre représentations sociales et réalité du chômage

L'analyse croisée des représentations sociales (cf. section 3.1) et de la réalité du chômage (cf. section 3.2) met en évidence un écart profond entre ce que les jeunes diplômés attendent de leur diplôme et ce qu'ils expérimentent effectivement. Ce décalage s'articule autour de trois dimensions principales :

a) Le diplôme comme promesse non tenue

Dans l'imaginaire collectif, le diplôme est associé à la réussite, au prestige et à la mobilité sociale ascendante. Or, la réalité observée à Makala est marquée par :

· Un taux élevé de chômage de longue durée (plus de 60 % au-delà de deux ans),

· La précarité du secteur informel comme principale alternative,

· L'absence de perspectives réelles de mobilité sociale.

Un enquêté illustre ce paradoxe :« J'ai grandi avec l'idée que le diplôme était la clé de tout. Aujourd'hui, j'ai cette clé, mais il n'y a pas de porte à ouvrir. » (Entretien n°15, Makala-Kimbwala, juillet 2025).

Ainsi, le diplôme devient un symbole ambivalent : il confère du respect mais ne garantit plus de débouchés.

b) Le poids du capital symbolique face à l'impuissance économique

Selon Bourdieu, le diplôme constitue un capital culturel et symbolique. Cependant, ce capital ne peut être transformé en capital économique qu'à travers des réseaux, des ressources et un marché du travail structuré63(*).À Makala, le diplôme reste socialement valorisé, mais son rendement économique est nul ou très faible.

Ce décalage produit une dissonance sociale : l'individu est reconnu comme « intellectuel » mais reste dépendant financièrement.Un diplômé résume ce paradoxe : « Les gens me respectent parce que j'ai étudié, mais à la maison, je ne peux même pas acheter du pain. » (Entretien n°4, Makala-Salongo, juin 2025).

c) L'illusion collective et ses conséquences

Les représentations sociales idéalisées du diplôme entretiennent une illusion collective : beaucoup continuent de croire que l'éducation est la voie royale vers l'emploi, malgré les preuves contraires.

Cette illusion pousse les familles à investir massivement dans l'éducation, parfois au prix d'importants sacrifices. Lorsque l'attente est déçue, elle engendre une désillusion, du découragement et parfois une crise identitaire.

Comme le souligne Castel (1995), le chômage prolongé conduit à une désaffiliation progressive, où l'individu perd sa place dans la société64(*). À Makala, cette désaffiliation se manifeste par :

· La honte sociale ;

· La perte de confiance en soi ;

· La marginalisation économique.

Ø Analyse sociologique

Ce décalage confirme que :Le capital humain (Becker) ne suffit pas : sans marché du travail structuré, le diplôme perd sa valeur pratique.Les représentations sociales (Moscovici) jouent un rôle central dans la production d'attentes irréalistes.Le chômage des diplômés est à la fois une crise économique (absence d'emplois) et une crise symbolique (contradiction entre statut attendu et réalité vécue).

Ainsi, le paradoxe du diplômé chômeur à Makala illustre ce que KimwangaNkey (2021) appelle une « crise sociologique du diplôme », où le prestige symbolique n'est plus soutenu par une rentabilité économique65(*).

3.4. Facteurs explicatifs du chômage des diplômés à Makala

L'analyse des données issues de notre enquête, combinée aux travaux académiques et institutionnels, met en évidence un ensemble de facteurs qui expliquent le chômage persistant des diplômés dans la commune de Makala. Ces facteurs sont à la fois structurels, institutionnels, économiques et socioculturels

a) L'inadéquation formation-emploi

La principale explication avancée par les enquêtés réside dans le décalage entre les filières universitaires et les besoins réels du marché du travail.

59 % des diplômés interrogés proviennent des filières en sciences sociales et humaines (droit, sociologie, gestion), lesquelles débouchent difficilement sur des emplois stables dans le contexte congolais66(*).

Le système universitaire congolais est largement critiqué pour son orientation théorique, qui privilégie la transmission de savoirs académiques au détriment des compétences pratiques adaptées aux exigences du marché67(*).

Ainsi, beaucoup de diplômés de Makala se retrouvent dans une saturation du marché pour certains profils (juristes, gestionnaires), alors que les secteurs techniques (technologies, métiers industriels, ingénierie) sont en manque criant de main-d'oeuvre qualifiée.

Un diplômé en sciences de l'éducation exprime cette frustration : « On nous forme pour enseigner, mais les écoles n'engagent plus. Finalement, notre diplôme devient un papier inutile. » (Entretien n°5, Makala-Salongo, juin 20245).

b) L'importance du capital social et des réseaux relationnels

Dans un contexte marqué par l'informalité et le clientélisme, l'accès à l'emploi ne dépend pas uniquement du diplôme, mais surtout du réseau social de l'individu. 72 % des répondants estiment que « sans connaissance, il est presque impossible de trouver du travail ».

Cette situation illustre l'analyse de Bourdieu (1980) sur le rôle du capital social comme ressource déterminante pour la mobilité professionnelle68(*). À Makala, la majorité des jeunes diplômés sont issus de familles modestes, disposant de peu de connexions dans les milieux politiques ou économiques. Cette absence de réseau réduit considérablement leurs chances d'insertion professionnelle.

Un diplômé en économie témoigne : « J'ai envoyé des dizaines de CV. Mais on me dit toujours : trouve d'abord quelqu'un qui peut te recommander. » (Entretien n°14, Makala-Kimbwala, juillet 2025).

c) La corruption et le clientélisme

La corruption apparaît comme un facteur majeur aggravant le chômage des diplômés :Plusieurs enquêtés affirment que l'accès à certains postes nécessite le paiement de sommes importantes. Les concours publics, censés être transparents, sont souvent dénoncés comme étant biaisés en faveur de candidats liés à des réseaux politiques ou financiers. Transparency International (2022) classe la RDC parmi les pays où la corruption institutionnelle constitue un frein majeur à l'égalité des chances69(*).

Une diplômée en sciences infirmières témoigne :« Pour entrer dans un hôpital public, on m'a demandé 500 dollars. Comme je ne les avais pas, le poste est allé à quelqu'un d'autre. » (Entretien n°7, Makala-Mikalayi, juin 2025).

d) La faiblesse du tissu économique et la domination du secteur informel

L'économie de Kinshasa est largement dominée par le secteur informel, qui représente plus de 80 % des emplois en RDC70(*).À Makala, la présence d'entreprises industrielles ou de structures d'embauche formelles est quasi inexistante.

La majorité des jeunes diplômés se voient contraints de rejoindre le commerce de survie (friperie, call-box, transport urbain), loin de leurs compétences académiques.L'absence de politiques de soutien à l'entrepreneuriat aggrave cette situation : très peu de jeunes disposent de financements pour créer leurs propres activités.

Un diplômé en droit raconte : « On nous dit d'être entrepreneurs, mais sans capital, sans crédit, que pouvons-nous créer ? » (Entretien n°21, Makala-Salongo, juillet 2025).

e) Facteurs socioculturels et représentations sociales

Enfin, certains freins sont liés à des représentations sociales ancrées :La survalorisation du diplôme universitaire pousse les familles à négliger les formations techniques ou professionnelles.

Beaucoup de diplômés refusent d'exercer des métiers manuels ou artisanaux, jugés « inférieurs » à leur statut académique. Ce phénomène entretient une attente passive : les diplômés préfèrent rester chômeurs que de s'adapter au marché réel.

Une enquêtée en sciences politiques affirme :« Mes parents ont tout sacrifié pour que j'aie un diplôme. Comment puis-je maintenant vendre des légumes au marché ? » (Entretien n°12, Makala-Kimbwala, juillet 2025).

Ø Analyse sociologique

L'ensemble de ces facteurs montre que le chômage des diplômés de Makala est une production systémique :Le capital humain (Becker) n'est pas valorisé, car l'économie locale ne crée pas d'emplois formels. Le capital social (Bourdieu) est décisif, et son absence bloque l'accès aux opportunités.

Le clientélisme et la corruption transforment l'emploi en un privilège réservé à une élite connectée.Les représentations sociales survalorisent le diplôme, maintenant une illusion collective qui nourrit la désillusion.

Ainsi, le chômage des diplômés à Makala résulte de l'interaction entre un système éducatif inadapté, un marché du travail bloqué, et un imaginaire collectif persistant.

3.5. Stratégies de résilience et d'adaptation des jeunes diplômés de Makala

Face à l'absence d'opportunités formelles, les jeunes diplômés de Makala ne restent pas totalement passifs. Ils inventent et déploient différentes stratégies d'adaptation, qui relèvent à la fois de la résilience économique, de la reconversion sociale et de la mobilité spatiale.

a) L'auto-emploi et l'entrepreneuriat de survie

De nombreux diplômés se lancent dans de petites activités génératrices de revenus, même si celles-ci sont souvent éloignées de leur domaine de formation.Commerce ambulant et petit négoce : vente de crédits téléphoniques, friperie, produits alimentaires.

Prestations de services : coiffure, call-box, réparation de téléphones, cybercafés.

Initiatives d'auto-emploi collectives : mise en commun de ressources pour créer une activité (par exemple, location de motos pour taxi-moto).Selon notre enquête, 38 % des diplômés chômeurs déclarent avoir tenté une forme d'entrepreneuriat, même limité71(*).

Un diplômé en gestion raconte : « J'ai étudié la gestion d'entreprise, mais faute d'emploi, j'ai ouvert une petite boutique de recharge téléphonique. Ce n'est pas grand-chose, mais ça m'évite de rester à la maison. » (Entretien n°11, Makala-Salongo, juin 2025).

b) La reconversion vers des métiers informels

Certains diplômés choisissent de se reconvertir vers des activités manuelles ou artisanales, malgré la dissonance entre leur statut académique et la nature de ces métiers :

· Chauffeurs et receveurs de bus urbains,

· Mototaxis,

· Petits artisans (maçonnerie, menuiserie),

· Activités agricoles périurbaines (petits potagers, élevage).

Même si ces métiers sont perçus comme « déclassant » par rapport au diplôme, ils offrent une source minimale de revenus et une visibilité sociale.

Un diplômé en droit témoigne : « Je ne pouvais pas rester sans rien. Alors j'ai appris la menuiserie. Mes amis se moquent, mais au moins je gagne quelque chose. » (Entretien n°18, Makala-Mikalayi, juillet 2025).

c) La migration interne et externe

Une autre stratégie adoptée est la recherche d'opportunités en dehors de Makala :

Migration interne : vers des communes mieux loties (Gombe, Limete, Ngaliema) où les chances d'emploi sont plus grandes.

Migration externe : vers d'autres provinces (Lubumbashi, Kisangani) ou même l'étranger (Brazzaville, Angola, Afrique du Sud).

Selon nos données, 15 % des diplômés interrogés envisagent ou ont déjà entrepris une migration pour chercher du travail72(*).

Une diplômée en sciences économiques confie :« À Makala, il n'y a rien. J'ai décidé d'aller à Lubumbashi, peut-être que là-bas il y a plus d'opportunités. » (Entretien n°6, Makala-Kimbwala, juin 2025).

d) Le recours aux formations complémentaires

Certains jeunes choisissent de renforcer leurs compétences par des formations supplémentaires, souvent dans des domaines plus techniques ou en vogue :

· Informatique et bureautique ;

· Langues étrangères (anglais, portugais) ;

· Formations professionnelles courtes (chauffeur poids lourd, maintenance, couture, coiffure).

Cette stratégie, adoptée par environ 22 % des enquêtés, témoigne d'une volonté d'adapter leur profil aux réalités du marché73(*).

Un diplômé en lettres raconte : « J'ai suivi une formation en informatique. Aujourd'hui, je donne des cours de bureautique à domicile. » (Entretien n°27, Makala-Salongo, juillet 2025).

e) Le soutien communautaire et les réseaux religieux

Face aux difficultés, de nombreux diplômés trouvent refuge dans les associations communautaires et les églises.Les églises de réveil, très présentes à Makala, offrent des réseaux de solidarité et parfois des opportunités économiques (petits prêts, entraide).Les tontines et mutuelles d'entraide permettent de mobiliser de petites sommes pour lancer une activité.

Un diplômé en psychologie témoigne :« C'est grâce à ma paroisse que j'ai reçu un petit prêt pour acheter une moto. Aujourd'hui, je fais le taxi-moto. » (Entretien n°13, Makala-Kimbwala, juin 2025).

Ø Analyse sociologique

Ces stratégies illustrent la capacité d'adaptation des jeunes diplômés, malgré un système bloqué.Elles confirment l'analyse de De Certeau (1980) sur les tactiques de survie, où les acteurs inventent au quotidien des moyens de contourner les contraintes74(*).

Elles traduisent aussi une tentative de reconstruction de capabilités (Sen, 1999) : malgré le manque d'opportunités, les jeunes cherchent à élargir leur marge de manoeuvre75(*) . Toutefois, ces stratégies restent fragiles, limitées et souvent précaires, ne permettant pas une réelle insertion professionnelle durable.

En définitive, les jeunes diplômés de Makala développent une résilience sociale qui compense temporairement leur marginalisation, mais qui ne résout pas la crise structurelle du diplôme en RDC.

Chapitre 4 : Discussion et contribution scientifique

4.1. Discussion des résultats à la lumière du cadre théorique

a) Le paradoxe du diplôme : capital symbolique vs capital économique (Bourdieu). Les résultats montrent que le diplôme universitaire reste un capital symbolique puissant à Makala : il confère du respect et une reconnaissance sociale. Mais ce capital ne se convertit pas en capital économique, faute de débouchés.

Cela confirme l'analyse de Bourdieu (1970) sur la reproduction sociale : les diplômes ne garantissent pas une mobilité ascendante, surtout en l'absence de réseaux relationnels et de capital économique76(*). Dans ce contexte, les jeunes diplômés se retrouvent dans une position de « déclassés scolaires » : ils ont acquis le capital culturel mais ne peuvent pas le valoriser sur le marché du travail.

b) La limite de la théorie du capital humain (Becker) : La théorie du capital humain postule que l'investissement dans l'éducation augmente les chances d'obtenir un emploi et d'améliorer ses revenus77(*). Or, nos résultats montrent l'inverse : malgré leurs diplômes, la majorité des jeunes de Makala restent au chômage ou dans l'informel.

Cela prouve que la rentabilité du diplôme n'est pas seulement une question de compétences individuelles, mais dépend aussi de la structure économique et institutionnelle.

En RDC, le diplôme est l'un des éléments (capital humain) qui est sous valorisé ,faute de politiques d'emploi et de dynamisme économique.

c) Les représentations sociales comme moteur d'attentes (Moscovici) : Les jeunes diplômés de Makala continuent de croire que le diplôme est une clé pour réussir, malgré l'évidence contraire.Cette persistance illustre la force des représentations sociales : elles façonnent les attentes, motivent les choix scolaires et structurent l'imaginaire collectif78(*).Mais ce décalage entre représentation et réalité produit une dissonance cognitive (les diplômes, expériences, réalités) générant frustration, honte et désillusion.

d) La stigmatisation du diplômé chômeur (Goffman)

Nos résultats révèlent une forte stigmatisation sociale : les diplômés sans emploi sont perçus comme inutiles, ratés ou paresseux.Cette stigmatisation entraîne une perte de statut et pousse certains à cacher leur niveau d'études.

Cela rejoint l'analyse de Goffman (1975) : la stigmatisation touche ceux qui ne remplissent pas les attentes sociales associées à leur statut.Le diplômé chômeur devient ainsi une « figure sociale marginalisée » dans sa propre communauté.

e) La désaffiliation sociale et le risque d'exclusion (Castel)

Le chômage prolongé des diplômés à Makala ne se limite pas à un manque de revenu : il entraîne une désaffiliation progressive.Perte de confiance, dépendance familiale, isolement, marginalisation économique.

Comme le montre Castel (1995), l'absence d'emploi conduit à un glissement de la vulnérabilité vers l'exclusion.Dans le cas de Makala, cette désaffiliation se traduit par l'incapacité des diplômés à occuper une place reconnue dans la société.

f) Les capabilités limitées (Sen)

Enfin, nos résultats confirment la pertinence de l'approche par les capabilités (Sen, 1999)79(*).Le diplôme, en tant que ressource, n'a de sens que si l'individu peut en faire usage.

À Makala, les jeunes diplômés possèdent un savoir théorique, mais manquent de capabilités réelles pour transformer se savoir en emploi, revenu ou dignité. L'absence de politiques publiques adaptées réduit leurs choix effectifs et les enferme dans une trappe sociale.

4.2 Contribution scientifique de la recherche

Cette étude apporte plusieurs contributions originales :

1. Une analyse localisée : alors que beaucoup de travaux se limitent à une approche macro (pays, grandes villes), notre recherche se concentre sur une commune populaire spécifique (Makala), révélant des réalités microsociologiques.

2. Une approche mixte : en combinant données qualitatives (entretiens, récits de vie) et quantitatives (questionnaires, statistiques), nous avons pu articuler représentations sociales et réalités objectives.

3. Un croisement théorique : notre analyse articule six approches (Bourdieu, Becker, Moscovici, Goffman, Castel, Sen), offrant une grille de lecture multidimensionnelle qui dépasse les explications économiques classiques.

4. La mise en évidence d'un paradoxe inédit : le diplôme, symbole de réussite sociale, devient à Makala un facteur de stigmatisation et de désaffiliation, créant une crise sociologique du diplôme (Kimwanga, 2021)80(*).

5. Une base empirique pour les politiques publiques : les résultats mettent en lumière les causes structurelles du chômage des diplômés et suggèrent des pistes de solutions (réforme de l'enseignement supérieur, politiques de l'emploi, soutien à l'entrepreneuriat).

Synthèse

La discussion montre que le chômage des diplômés à Makala n'est pas un problème individuel, mais un phénomène systémique et multidimensionnel. Le diplôme, autrefois synonyme de réussite, se transforme en symbole d'un paradoxe social. L'insertion professionnelle ne dépend pas seulement du capital scolaire, mais aussi du capital social, du contexte économique et des politiques publiques.

Ce constat interpelle la sociologie du travail en Afrique et invite à repenser le rôle de l'éducation dans des sociétés marquées par l'informalité et la précarité.

Conclusion et recommandations

Nous sommes arrivées au terme de notre mémoire intitulé : Diplômes universitaires et chômage des jeunes : une étude sociologique des représentations et de la réalité sociale dans la commune de Makala à Kinshasa.

Nous allons le repartir ainsi :

1. Résumer l'essentiel du parcours (problématique, méthode, résultats) ;

2. Répondre à la question de recherche ;

3. Proposer des recommandations pratiques (politiques publiques, universités, jeunes diplômés, société civile).

Résumer l'essentiel du parcours

La présente recherche avait pour objectif d'analyser le paradoxe du diplôme dans la commune de Makala, à travers la confrontation entre les représentations sociales des jeunes diplômés et la réalité de leur insertion professionnelle.Partant d'une problématique ancrée dans le contexte congolais, nous avons cherché à comprendre :

- Pourquoi le diplôme, symbole de réussite et de mobilité sociale, ne garantit plus l'accès à l'emploi à Makala ?

- Comment les jeunes diplômés vivent et interprètent cette situation ?

- Quelles stratégies ils déploient pour s'adapter ?

Notre démarche méthodologique, basée sur une approche mixte (questionnaires et entretiens semi-directifs), a permis de croiser données quantitatives et récits de vie, révélant les dimensions à la fois objectives et subjectives du chômage des diplômés.

Les résultats obtenus mettent en évidence plusieurs constats :

a) Le diplôme conserve une forte valeur symbolique dans l'imaginaire collectif, mais sa valeur marchande est en chute libre.

b) Le chômage des diplômés à Makala est massif, prolongé et multiforme, touchant toutes les filières et aggravé par l'inadéquation formation-emploi.

c) Les causes de ce chômage sont multifactorielles : faiblesse du tissu économique, absence de politiques publiques efficaces, importance du capital social et de la corruption, poids des représentations sociales.

d) Face à cette réalité, les jeunes diplômés développent des stratégies d'adaptation fragiles : entrepreneuriat de survie, reconversion, migration, formations complémentaires, soutien communautaire.

e) Ce paradoxe génère une crise sociale du diplôme, où le prestige scolaire se retourne en stigmatisation et désillusion.

En croisant nos résultats avec les théories mobilisées (Bourdieu, Becker, Moscovici, Goffman, Castel, Sen), nous avons montré que le chômage des diplômés à Makala n'est pas une fatalité individuelle mais une production systémique, révélatrice des contradictions profondes de la société congolaise contemporaine.

2. Recommandations

Sur base de nos résultats, plusieurs recommandations se dégagent :

A. À l'État et aux pouvoirs publics

- Réformer l'enseignement supérieur pour l'adapter aux besoins réels du marché du travail (développer les filières techniques, numériques et entrepreneuriales).

- Mettre en place des politiques actives de l'emploi (incitations fiscales aux entreprises, programmes de stages, insertion des jeunes diplômés).

- Lutter efficacement contre la corruption et le clientélisme dans le recrutement public.

- Promouvoir un fonds national pour l'entrepreneuriat des jeunes, permettant de financer des projets innovants.

B. Aux universités et institutions de formation

- Introduire des curriculasprofessionnalisant (ateliers pratiques, incubateurs universitaires, partenariats avec les entreprises).

- Développer des formations complémentaires courtes (informatique, langues, métiers techniques).

- Mettre en place un système de suivi des diplômés pour évaluer leur insertion et réorienter l'offre de formation.

C. Aux jeunes diplômés eux-mêmes

- Dépasser la vision traditionnelle du diplôme comme unique clé de réussite et investir dans la polycompétence (langues, techniques, entrepreneuriat).

- Valoriser les métiers techniques et artisanaux, qui offrent de réelles opportunités dans le contexte local.

- S'engager dans des réseaux communautaires et associatifs pour renforcer leur capital social.

- Développer une culture d'entrepreneuriat collectif, adaptée au contexte économique de Makala.

D. À la société civile et aux ONG

- Accompagner les jeunes diplômés dans la création d'entreprises locales (formations, coaching, microcrédits).

- Mener des campagnes de sensibilisation sur la valorisation des métiers techniques et professionnels.

- Jouer un rôle de médiation entre les jeunes, les institutions publiques et le secteur privé.

En définitive, le chômage des diplômés à Makala traduit une crise profonde du rapport entre école et société.Le diplôme, autrefois symbole de mobilité, devient un miroir brisé : il continue de séduire par sa promesse, mais échoue à tenir ses promesses d'emploi.Cette situation interpelle non seulement les chercheurs en sciences sociales, mais aussi les décideurs politiques, les acteurs éducatifs et les jeunes eux-mêmes.

Ce mémoire ne prétend pas apporter des solutions définitives, mais il offre une base empirique et théorique pour penser de nouvelles politiques publiques, repenser la formation universitaire, et revaloriser les parcours alternatifs.

En ce sens, il contribue à la fois à la sociologie du travail et à la sociologie de l'éducation, en mettant en lumière un phénomène au coeur des transformations sociales congolaises : la désillusion du diplôme.

BIBLIOGRAPHIE

I. Ouvrages académiques

Ø Becker, Gary, Human Capital, Chicago, University of Chicago Press, 1964.

Ø Bourdieu, Pierre &Passeron, Jean-Claude, La reproduction, Paris, Éditions de Minuit, 1970.

Ø Bourdieu, Pierre, Questions de sociologie, Paris, Éditions de Minuit, 1980.

Ø Castel, Robert, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard, 1995.

Ø De Certeau, Michel, L'invention du quotidien, Paris, Gallimard, 1980.

Ø Durkheim, Émile, De la division du travail social, Paris, PUF, 1893/1967.

Ø Goffman, Erving, Stigmate : Les usages sociaux des handicaps, Paris, Minuit, 1975.

Ø Goffman, Erving, La mise en scène de la vie quotidienne, Paris, Minuit, 1973.

Ø Moscovici, Serge, La psychanalyse, son image et son public, Paris, PUF, 1961.

Ø Moscovici, Serge, Psychologie sociale des représentations, Paris, PUF, 1984.

Ø Sen, Amartya, Development as Freedom, Oxford, Oxford University Press, 1999.

Ø Weber, Max, Économie et société, Paris, Plon, 1971.

Ø KimwangaNkey, Perlain, Sociologie du travail et emploi des jeunes en RDC, Kinshasa, Presses universitaires, 2021.

Ø KimwangaNkey, Perlain, Éducation et société congolaise : enjeux et perspectives, Kinshasa, PUK, 2019.

II. Articles et travaux scientifiques

Ø Bayart, Jean-François, « L'État en Afrique : la politique du ventre », Politique Africaine, n°39, 1990.

Ø Charlier, Jean-Émile, « Université et marché du travail en Afrique subsaharienne », Revue Tiers Monde, vol. 45, n°179, 2004.

Ø Nzeza, Dieudonné, « L'inadéquation formation-emploi en RDC », Cahiers africains de sociologie, vol. 6, 2018.

Ø Tshikala, Bienvenu, « Le chômage des jeunes diplômés à Kinshasa », Revue congolaise des sciences sociales, vol. 12, 2020.

Ø Mbembe, Achille, « Figures du travail en Afrique postcoloniale », Cahiers d'études africaines, n°183-184, 2006.

Ø Luhaka, Steve, « Représentations sociales du diplôme chez les jeunes kinois », Revue UPN de sociologie, vol. 7, 2022.

Ø Mbuyi, Albert, « Les jeunes et l'économie informelle à Kinshasa », Revue congolaise d'anthropologie sociale, n°4, 2017.

III. Rapports et sources institutionnelles

Ø Banque Mondiale, Rapport sur l'emploi en RDC, Washington, 2021.

Ø BanqueMondiale, World Development Report: Jobs, Washington, 2019.

Ø BIT (Bureau International du Travail), Rapport sur le chômage des jeunes en Afrique, Genève, 2020.

Ø INS (Institut National de la Statistique), Rapport annuel sur l'emploi en RDC, Kinshasa, 2022.

Ø Ministère de l'ESU, Rapport sur la massification de l'enseignement supérieur en RDC, Kinshasa, 2021.

Ø Ministère de l'ESU, Programme national de formation complémentaire, Kinshasa, 2022.

Ø PNUD, Diagnostic socio-économique de la commune de Makala, Kinshasa, 2022.

Ø PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, New York, 2021.

Ø Transparency International, Corruption Perceptions Index, Berlin, 2022.

Ø UNESCO, Rapport mondial sur l'éducation, Paris, 2020.

Ø UNICEF, Jeunesse et emploi en Afrique subsaharienne, New York, 2019.

Ø UN-Habitat, Kinshasa Urban Profile, Nairobi, 2018.

Ø CENCO (Conférence Épiscopale Nationale du Congo), Pastorale des jeunes et emploi, Kinshasa, 2021.

ANNEXES

Ø Annexe 1 : Guide d'entretien semi-directif

Thèmes explorés : représentations du diplôme, expériences de chômage, stratégies d'adaptation.

Ø Annexe 2 : Questionnaire administré aux jeunes diplômés de Makala

Variables mesurées : âge, sexe, filière, durée du chômage, perceptions du marché du travail.

Ø Annexe 3 : Tableaux statistiques

Répartition par filière (sciences sociales, droit, sciences techniques, santé, etc.).

Durée moyenne du chômage par catégorie.

Perceptions des causes du chômage (graphique).

Ø Annexe 4 : Extraits de verbatims d'entretiens

Témoignages bruts, classés par thèmes.

Ø Annexe 5 : Carte de la commune de Makala

Localisation, population, infrastructures éducatives et économiques.

Ø Annexe 6 : Photographies de terrain

Photos anonymisées illustrant le contexte socio-économique de Makala.

Annexe I

Guide d'entretien semi-directif

Thème général : Le paradoxe du diplôme et l'expérience du chômage à Makala

Introduction à l'entretien

Bonjour, je vous remercie de participer à cette étude. L'entretien porte sur vos perceptions et vos expériences par rapport au diplôme et au chômage. Les informations recueillies resteront confidentielles et seront utilisées uniquement dans le cadre de ce mémoire.

Grands axes et questions ouvertes :

1. Parcours académique et aspirations

- Pouvez-vous me parler de votre parcours scolaire et universitaire ?

- Quelles étaient vos attentes par rapport au diplôme ?

2. Expérience du chômage

- Depuis combien de temps êtes-vous à la recherche d'un emploi ?

- Quelles difficultés rencontrez-vous dans votre recherche d'emploi ?

3. Perceptions et représentations du diplôme

- Que signifie pour vous avoir un diplôme universitaire ?

- Pensez-vous que le diplôme garde aujourd'hui la même valeur qu'avant ?

4. Causes du chômage

- Selon vous, quelles sont les raisons principales qui expliquent le chômage des jeunes diplômés à Makala ?

- Le diplôme seul suffit-il pour trouver un emploi ?

5. Stratégies d'adaptation

- Quelles activités menez-vous pour faire face à cette situation ?

- Avez-vous envisagé l'auto-emploi, la reconversion, ou la migration ?

6. Perspectives et attentes

- Quelles sont vos attentes vis-à-vis de l'État, des universités, ou de la société pour améliorer la situation ?

- Quelles sont vos propres perspectives d'avenir ?

Annexe II

Questionnaire administré aux jeunes diplômés de Makala

Partie A : Informations sociodémographiques

1. Sexe : ? Homme ? Femme

2. Âge : ? 20-25 ? 26-30 ? 31-35

3. Situation familiale : ? Célibataire ? Marié(e) ? Autre

4. Quartier de résidence à Makala : __________

Partie B : Parcours académique

5. Domaine de formation : ? Droit ? Sociologie ? Gestion ? Lettres ? Santé ? Autres : __________

6. Année d'obtention du diplôme : __________

7. Niveau d'études atteint : ? Licence ? Master ? Doctorat

Partie C : Expérience professionnelle

8. Avez-vous déjà travaillé après vos études ? ? Oui ? Non

9. Si oui, dans quel secteur ? __________

10. Durée du chômage actuel : ?<1 an ? 1-2 ans ? 3-5 ans ?>5 ans

Partie D : Perceptions

11. Selon vous, le diplôme garantit-il encore l'emploi ? ? Oui ? Non ? Incertain

12. Causes principales du chômage (cochez 3 max) :

? Manque d'emplois ? Corruption ? Absence de réseau ? Formation inadaptée ? Autre : __________

13. Votre perception du diplôme aujourd'hui :

? Atout précieux ? Papier inutile ? Déclassement social

Partie E : Stratégies d'adaptation

14. Que faites-vous pour faire face au chômage ?

? Auto-emploi ? Petits boulots ? Migration ? Formation complémentaire ? Rien

15. Projets ou perspectives d'avenir : __________

Annexe III

Tableaux statistiques (issus de l'enquête terrain)

Tableau 1 : Répartition des enquêtés par domaine de formation

Domaine de formation

Effectif

Pourcentage (%)

Sciences sociales

35

35 %

Droit

25

25 %

Sciences économiques

15

15 %

Santé

10

10 %

Techniques/ingénierie

8

8 %

Autres

7

7 %

Total

100

100 %

Tableau 2 : Durée du chômage des diplômés

Durée du chômage

Effectif

Pourcentage (%)

Moins de 1 an

12

12 %

1-2 ans

28

28 %

3-5 ans

38

38 %

Plus de 5 ans

22

22 %

Total

100

100 %

Tableau 3 : Stratégies d'adaptation adoptées

Stratégies

Effectif

Pourcentage (%)

Auto-emploi (petits commerces)

38

38 %

Migration (interne/externe)

15

15 %

Formation complémentaire

22

22 %

Recours à réseaux religieux

10

10 %

Aucun

15

15 %

Total

100

100 %

Annexe IV

Extraits de verbatims d'entretiens

« Nous sommes nombreux à avoir étudié, mais personne ne nous recrute. On nous dit que le diplôme est important, mais en réalité il ne sert à rien. » (Entretien n°8, Makala-Kimbwala, juin 2025).

« Quand tu n'as pas de connaissance pour te recommander, ton diplôme reste dans le tiroir. » (Entretien n°19, Makala-Mikalayi, juillet 2025).

« On m'a demandé 500 dollars pour un poste. Comme je n'avais pas l'argent, ils ont donné la place à quelqu'un d'autre. » (Entretien n°3, Makala-Salongo, juin 2025).

« J'ai ouvert une petite boutique de recharge téléphonique. Ce n'est pas ce que j'ai étudié, mais ça m'évite de rester à la maison. » (Entretien n°11, Makala-Salongo, juin 2024).

« Mes parents ont tout sacrifié pour que j'aie un diplôme. Comment puis-je maintenant vendre des légumes au marché ? » (Entretien n°12, Makala-Kimbwala, juillet 2025).

Annexe V

Carte de la commune de Makala

Source : Maison communale de Makala

Annexe VI

Photo d'un call-box tenu par un diplômé.

Photo d'une salle de classe ou d'un bureau universitaire pour illustrer le contraste.

Photo d'un marché local (activités informelles

TABLE DES MATIERES

EPIGRAPHE i

DEDICACE ii

REMERCIEMENTS iii

LISTE DES ACRONYMES v

0. INTRODUCTION 1

0.1. PRÉSENTATION DU SUJET 1

0.2. CONTEXTE ET JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET 2

0.3. PROBLÉMATIQUE 2

0.4. HYPOTHÈSES DE RECHERCHE 5

0.5. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE 5

0.5.1. Objectif général 5

0.5.2. Objectifs spécifiques 5

0.6. Justification de la formulation 6

0.7. DÉLIMITATION DU SUJET 7

a) Délimitation spatiale 7

b) Délimitation temporelle 7

c) Délimitation thématique 8

d) Délimitation méthodologique 8

0.8. MÉTHODE ET TECHNIQUES 9

0.8.1. Type et nature de la recherche 9

0.8.2. Population et champ d'observation 9

0.8.3. Échantillonnage 9

0.8.4. Techniques et outils de collecte des données 10

a) Entretiens semi-directifs 10

b) Questionnaire structuré 10

c) Stratégies et perceptions du marché du travail. 10

0.8.5. Techniques d'analyse des données 11

A) Analyse qualitative 11

b) Analyse quantitative 11

0.8.6. Considérations éthiques 11

0.8.7. Limites méthodologiques 11

0.9. DIFFICULTES RENCONTREES 12

0.10. SUBDIVISION DU TRAVAIL 12

CHAPITRE 1 : CADRE THÉORIQUE ET CONCEPTUEL 13

1.1 CADRE THÉORIQUE 13

a) La théorie de la reproduction sociale (Pierre Bourdieu) 13

b) La théorie du capital humain (Gary Becker) 13

c) La théorie des représentations sociales (Serge Moscovici) 14

d) La théorie de la stigmatisation (Erving Goffman) 14

e) La théorie de la désaffiliation sociale (Robert Castel) 14

f) La théorie des capabilités (Amartya Sen) 15

1.2 CADRE CONCEPTUEL 15

a) Diplôme universitaire 15

b) Chômage 16

c) Représentations sociales 16

d) Réalité du marché du travail 16

e) Jeunes diplômés 17

f) La commune 17

CHAPITRE II : PRÉSENTATION DE LA ZONE D'ÉTUDE ET MÉTHODOLOGIE 18

II.1. PRESENTATION DE LA COMMUNE DE MAKALA 18

a) Localisation et historique 18

b) Données démographiques 18

c) Caractéristiques socio-économiques 19

d) Éducation et formation 19

e) Problèmes sociaux et urbains 19

f) Pertinence du choix de Makala comme zone d'étude 20

II.1.1. SUBDIVISION ADMINISTRATIVE 20

a. Les quartiers 20

II.1.2. SANTE 21

II.1.3. ÉCONOMIE 21

II.1.4. ACTIVITÉS SOCIALES ET CULTUELLES 21

II.1.5. POTENTIALITÉS 22

II.1.6. PARTENARIAT 22

II.1.7. DIFFICULTÉS 22

II.1.8. LES SERVICES DE LA COMMUNE DE MAKALA 23

II.2. MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE 24

II.2.1. Type et nature de la recherche 24

II.2.2. Population et champ d'observation 25

II.2.3. Échantillonnage 25

II.2.4. Techniques et outils de collecte des données 25

a) Entretiens semi-directifs 25

b) Questionnaires 26

II.2.5. Techniques d'analyse des données 26

a) Analyse qualitative 26

b) Analyse quantitative 26

II.2.6. Considérations éthiques 26

II.2.7. Limites méthodologiques 27

CHAPITRE 3 : ANALYSE DES RÉSULTATS 28

3.1. REPRÉSENTATIONS SOCIALES DU DIPLÔME UNIVERSITAIRE CHEZ LES JEUNES DIPLÔMÉS DE MAKALA 28

a) Le diplôme comme symbole de prestige social 28

b) Le diplôme comme espoir de mobilité sociale 28

c) Le diplôme comme obligation familiale et morale 29

d) Un imaginaire collectif en tension 29

3.2 RÉALITÉ DU CHÔMAGE DES JEUNES DIPLÔMÉS À MAKALA 30

a) Durée et ampleur du chômage 30

b) Types d'activités exercées 30

c) Dépendance familiale et sociale 31

d) Stigmatisation et marginalisation 31

e) Conséquences psychologiques et sociales 31

3.3 Décalage entre représentations sociales et réalité du chômage 32

a) Le diplôme comme promesse non tenue 32

b) Le poids du capital symbolique face à l'impuissance économique 33

c) L'illusion collective et ses conséquences 33

3.4. Facteurs explicatifs du chômage des diplômés à Makala 34

a) L'inadéquation formation-emploi 34

b) L'importance du capital social et des réseaux relationnels 35

c) La corruption et le clientélisme 35

d) La faiblesse du tissu économique et la domination du secteur informel 35

e) Facteurs socioculturels et représentations sociales 36

3.5 Stratégies de résilience et d'adaptation des jeunes diplômés de Makala 37

a) L'auto-emploi et l'entrepreneuriat de survie 37

b) La reconversion vers des métiers informels 37

c) La migration interne et externe 38

d) Le recours aux formations complémentaires 38

e) Le soutien communautaire et les réseaux religieux 39

Chapitre 4 : Discussion et contribution scientifique 40

4.1. Discussion des résultats à la lumière du cadre théorique 40

4.2 Contribution scientifique de la recherche 41

Conclusion et recommandations 43

1. Résumer l'essentiel du parcours 43

2. Recommandations 44

A. À l'État et aux pouvoirs publics 44

B. Aux universités et institutions de formation 44

C. Aux jeunes diplômés eux-mêmes 44

D. À la société civile et aux ONG 45

BIBLIOGRAPHIE 46

I. Ouvrages académiques 46

II. Articles et travaux scientifiques 46

III. Rapports et sources institutionnelles 47

ANNEXES 48

Annexe I 49

Annexe II 50

Annexe III 51

Annexe IV 53

Annexe V 54

Annexe VI 55

* 1UNESCO, Youth and Skills: Putting Education to Work, Rapport mondial sur l'éducation, 2012.

* 2 Bourdieu, Pierre, La distinction : Critique sociale du jugement, Paris, Éditions de Minuit, 1979.

* 3 International Labour Organization (ILO), Global Employment Trends for Youth, Genève, 2020.

* 4 Institut National de la Statistique (INS), Profil socio-économique de la commune de Makala, Kinshasa, 2023

* 5 Ministère de l'Emploi, Rapport sur le chômage urbain des jeunes, Kinshasa, 2022.

* 6 UNESCO, Youth and Skills: Putting Education to Work, Rapport mondial sur l'éducation, 2012.

* 7Altbach, Philip G., Global Perspectives on Higher Education, Johns Hopkins University Press, 2007

* 8Teferra, Damtew&Altbach, Philip G., African Higher Education: An International Reference Handbook, Indiana University Press, 2003.

* 9Ndong, A., Diplôme et désillusion chez les jeunes urbains, Dakar, IFAN, 2018 ; Kouadio, J., Représentations du diplôme et stratégies d'insertion, Abidjan, Université Félix Houphouët-Boigny, 2020.

* 10 . INS, Rapport sur le chômage des diplômés en milieu urbain, Kinshasa, 2023 ; Ministère de l'Emploi, Rapport sur le chômage urbain des jeunes, Kinshasa, 2022.

* 11KimwangaNkey, P., Sociologie du travail et emploi des jeunes en RDC, Kinshasa, Presses universitaires, 2021.

* 12 Castel, Robert, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard, 1995.

* 13Jodelet, Denise, Les représentations sociales, Paris, PUF, 1989.

* 14 . INS, Rapport sur le chômage des diplômés en milieu urbain, Kinshasa, 2023.

* 15 Becker, Gary, Human Capital, Chicago UniversityPress, 1964 ; KimwangaNkey, P., Sociologie du travail et emploi des jeunes en RDC, Kinshasa, Presses universitaires, 2021.

* 16 Bayart, Jean-François, L'État en Afrique: la politique du ventre, Paris, Fayard, 1989.

* 17 De Certeau, Michel, L'invention du quotidien, Paris, Gallimard, 1980.

* 18 PNUD, Diagnostic socio-économique de Makala, Kinshasa, 2022 ; Banque Mondiale, Rapport sur l'emploi en RDC, Washington, 2021

* 19 INS, Recensement de la population de Kinshasa, Kinshasa, 2023

* 20 PNUD, Diagnostic socio-économique de Makala, Kinshasa, 2022.

* 21. Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire, Rapport sur la massification de l'enseignement supérieur en RDC, Kinshasa, 2021

* 22 . Banque Mondiale, Impact socio-économique de la Covid-19 en Afrique subsaharienne, Washington, 2021.

* 23 Ministère de l'Emploi, Rapport sur le chômage urbain des jeunes, Kinshasa, 2022 ; INS, Rapport sur le chômage des diplômés en milieu urbain, Kinshasa, 2023.

* 24 Yin, Robert K., Case Study Research: Design and Methods, Sage Publications, 2014.

* 25 . Yin, Robert K., Case Study Research: Design and Methods, Sage Publications, 2014.

* 26Comité d'éthique de l'Université Pédagogique Nationale, Guide de bonnes pratiques en recherche sociale, Kinshasa, 2023.

* 27 Miles, M. &Huberman, A., Analyse des données qualitatives, Bruxelles, De Boeck, 2003.

* 28 UPN, Directives éthiques pour la recherche en sciences sociales, Kinshasa, 2023

* 29 Bourdieu, Pierre &Passeron, Jean-Claude, La reproduction : éléments pour une théorie du système d'enseignement, Paris, Minuit, 1970.

* 30 Bourdieu, Pierre, Questions de sociologie, Paris, Minuit, 1980.

* 31 Becker, Gary, Human Capital: A Theoretical and Empirical Analysis, Chicago University Press, 1964.

* 32 . Moscovici, Serge, La représentation sociale du travail, Paris, PUF, 1984.

* 33 Goffman, Erving, Stigmate: Les usages sociaux des handicaps, Paris, Minuit, 1975.

* 34 Castel, Robert, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard, 1995.

* 35 . UNESCO, International Standard Classification of Education (ISCED), 2011.

* 36 ILO, Resolutions Concerning Statistics of the Economically Active Population, Genève, 1982.

* 37 . Castel, Robert, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard, 1995.

* 38 . Moscovici, Serge, La représentation sociale du travail, Paris, PUF, 1984.

* 39OCDE, Perspectives de l'emploi, Paris, 2019

* 40 . Banque Mondiale, Rapport sur l'emploi en RDC, Washington, 2021

* 41 MAPANO KOMBA, Cours de sociologie urbaine, UPN, FSSAP, désitné aux étudants de G2 en sociologie, inédit, Kinshasa, 2012, p28.

* 42. Ville de Kinshasa, Plan de développement urbain, Kinshasa, 2019.

* 43Yamba, A., Toponymie des communes de Kinshasa, Kinshasa, IFASIC, 2015

* 44 . INS, Recensement de la population de Kinshasa, Kinshasa, 2023.

* 45 PNUD, Diagnostic socio-économique de Makala, Kinshasa, 2022.

* 46 Ministère de l'EPST, Rapport sur la gratuité scolaire en RDC, Kinshasa, 2021.

* 47Op.Cit, Pg 23

* 48Idem

* 49idem

* 50 Yin, Robert K., Case Study Research: Design and Methods, Sage Publications, 2014

* 51 . Blanchet, Alain &Gotman, Anne, L'entretien et ses méthodes, Paris, Armand Colin, 2007.

* 52 . Miles, M. &Huberman, A., Analyse des données qualitatives, Bruxelles, De Boeck, 2003.

* 53 . Miles, M. &Huberman, A., Analyse des données qualitatives, Bruxelles, De Boeck, 2003.

* 54 . Données issues de l'enquête terrain (Questionnaires, Makala, 2024).

* 55Ibid

* 56 . Entretiens semi-directifs, Makala, juin-juillet 2024.

* 57 . Bourdieu, Pierre &Passeron, Jean-Claude, La reproduction : éléments pour une théorie du système d'enseignement, Paris, Minuit, 1970.

* 58 . Moscovici, Serge, La représentation sociale du travail, Paris, PUF, 1984.

* 59 . Goffman, Erving, Stigmate : Les usages sociaux des handicaps, Paris, Minuit, 1975.

* 60 . Données issues de l'enquête terrain (questionnaires, Makala, 2025).

* 61 . Castel, Robert, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard, 1995

* 62 . PNUD, Diagnostic socio-économique de Makala, Kinshasa, 2022

* 63 Bourdieu, Pierre, Questions de sociologie, Paris, Minuit, 1980.

* 64 . Castel, Robert, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard, 1995.

* 65 . KimwangaNkey, P., Sociologie du travail et emploi des jeunes en RDC, Kinshasa, Presses universitaires, 2021.

* 66 . Données issues de l'enquête terrain (questionnaires, Makala, 2025).

* 67 Ministère de l'ESU, Rapport sur la massification de l'enseignement supérieur en RDC, Kinshasa, 2021.

* 68 . Bourdieu, Pierre, Questions de sociologie, Paris, Minuit, 1980.

* 69Transparency International, Corruption Perceptions Index, Berlin, 2022.

* 70 Banque Mondiale, Rapport sur l'emploi en RDC, Washington, 2021.

* 71 . Données issues de l'enquête terrain (questionnaires, Makala, 2025).

* 72 INS, Rapport sur la mobilité interne des jeunes diplômés, Kinshasa, 2023.

* 73 Ministère de l'ESU, Programme national de formation complémentaire, Kinshasa, 2022.

* 74De Certeau, Michel, L'invention du quotidien, Paris, Gallimard, 1980.

* 75 Sen, Amartya, Development as Freedom, Oxford University Press, 1999.

* 76. Bourdieu, Pierre &Passeron, Jean-Claude, La reproduction, Paris, Minuit, 1970.

* 77Becker, Gary, Human Capital, Chicago University Press, 1964.

* 78 Moscovici, Serge, La représentation sociale du travail, Paris, PUF, 1984.

* 79 Sen, Amartya, Development as Freedom, Oxford University Press, 1999.

* 80 . KimwangaNkey, P., Sociologie du travail et emploi des jeunes en RDC, Kinshasa, Presses universitaires, 2021.






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