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1
INTRODUCTION GENERALE
2
Justification du sujet
Malgré l'émergence d'une historiographie
occidentale moderne dès la fin du XVIIe siècle comme effort de
reconstitution factuelle et réfléchie du passé des hommes
en société, la conscience historique européenne sur le
Gabon se bornait à des données parcellaires et
périphériques limitées à sa côte atlantique.
Le pays était considéré comme un simple réservoir
d'immenses richesses, de fabuleux animaux et de curieuses peuplades. Ce n'est
qu'à la fin du XVe siècle que les explorateurs et navigateurs
européens commencent à fréquenter plus
régulièrement la région côtière du pays.
L'enseignement de l'histoire du Gabon est un
élément essentiel de la formation des élèves
gabonais, car il leur permet de comprendre leur passé, leur culture et
leur identité nationale. Cependant, les programmes scolaires d'histoire
du Gabon ont souvent été critiqués pour leur manque de
pertinence et de contextualisation par rapport aux réalités
culturelles et historiques gabonaises. Ce thème de recherche vise
à explorer les éléments qui pourraient contribuer à
une adaptation culturelle de l'enseignement de l'histoire du Gabon de la
sixième à la terminale. Il s'agit de comprendre comment les
enseignants et les élèves perçoivent l'enseignement de
l'histoire du Gabon, quels sont les contenus et les méthodes
pédagogiques utilisés, et comment ils pourraient être
améliorés pour mieux refléter la culture et l'histoire
gabonaises.
Intérêt du sujet
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le Gabon dont la
connaissance ne dépasse guère sa façade maritime telle que
décrit par Hubert Deschamps1, est habité par des
peuples jouissant totalement de leur liberté et de leur
indépendance et entretenant entre eux des relations cordiales et de bon
voisinage, et cela bien avant le contact colonial. Pour les
sociétés africaines en mutation, l'information et la
réflexion historique apparaissent à la fois comme facteurs de
prise de conscience et leviers de développement ; elles contribuent, en
particulier, à la mise en place de conditions subjectives
adéquates. Il apparait que l'histoire a acquis ses lettres de noblesse
et s'est inscrite dans la scientificité, elle mérite la
considération que lui donne sa haute ambition : reconstituer le
passé de l'homme, sa vitalité en tant que discipline
1Hubert DESCHAMP, Quinze ans de Gabon, les
débuts de l'établissement français, 1939-1959, paris,
société française d'outre-mer, 1965, 126p.
3
majeure des sciences sociales est incontestable, notamment en
Afrique où elle a contribué à l'éveil nationaliste
et constitue un facteur de développement endogène.
De ce fait, notre travail propose d'apporter un plus sur la
révision des enseignements sur l'Histoire du Gabon avec des
enseignements / apprentissage depuis la classe de sixième à la
classe de terminale, de la période précoloniale, à la
période postcoloniale. Le sujet peut contribuer à promouvoir la
culture gabonaise et à valoriser l'héritage culturel du
Gabon.
Formulation de la problématique
Au vu de l'insuffisance de l'Institut Pédagogique
National à instaurer l'intégration complète de l'histoire
du Gabon dans le programme de la sixième à la terminale sur des
thématiques liées à la culture et aux différentes
traditions. La formation des citoyens passe par la maitrise de l'histoire de
leur pays, l'histoire est le moteur du développement d'une
société, elle est son repère, son essence, il est
important d'intégrer de façon systématique des
enseignements portant sur l'histoire du Gabon dès la première
classe du collège, jusqu'à la fin du cycle secondaire, cela
permettra aux élèves d'apprendre davantage sur les
évènements politiques, économiques et sociaux qui ont
marqué l'histoire de leur société. Voilà pourquoi
on peut se poser la question de savoir ; comment adapter
l'enseignement/apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième
à la terminale, afin de mieux intégrer les dimensions culturelles
propres au pays et ainsi renforcer l'appropriation identitaire et
pédagogique chez les élèves ?
Hypothèses du sujet
Tout travail scientifique repose sur un certain nombre
d'hypothèses. Ainsi, à partir de la problématique
posée ci-dessus, nous formulons les hypothèses suivantes :
- La diversité culturelle du Gabon doit être
intégrée dans le contenu pédagogique pour renforcer le
sentiment d'appartenance et favoriser une lecture plurielle de l'histoire.
- La transmission de l'histoire gabonaise doit évoluer
pour inclure des méthodes actives, participatives, et interculturelles,
permettant ainsi une meilleure appropriation par les élèves.
- La formation des enseignants doit être
renforcée pour qu'ils maîtrisent non seulement les contenus
historiques mais aussi les enjeux interculturels et pédagogiques.
- Une adaptation culturelle réussie de l'enseignement
de l'histoire du Gabon contribue à la construction d'une
citoyenneté éclairée, critique et responsable.
4
Méthodologie de la recherche
Dans un travail de recherche, il est nécessaire pour
l'étudiant d'éclairer le lecteur à travers la
méthodologie, l'organisation et l'élaboration de son travail,
à savoir les moyens utilisés. C'est par cette méthode que
les connaissances peuvent être évaluées de manière
objective par la communauté scientifique.
Pour parvenir à des conclusions fiables et recevables,
la méthode de recherche choisie est l'enquête par questionnaire et
par entretien qui sont une technique de collecte des données et la
recherche documentaire. Le questionnaire et l'entretien sont pratiqués
car ils sont faciles à concevoir et ils permettent d'obtenir plus
rapidement l'ensemble des informations. Pour mener à bien notre
étude, nous avons eu recours aux sources orales et écrites, des
ouvrages, et des informations en ligne. A ce titre, nous avons d'abord
exploré les ouvrages suivant :
Ailincai, R., & Bernard, F. X. Apprendre hors de la
classe: l'exemple d'une sortie scolaire au Musée de l'Espace de Kourou.
Pratiques éducatives dans un contexte multiculturel, 2010 : Cet ouvrage
explore les pratiques éducatives hors de la classe et leur impact sur
l'apprentissage.
Boukebou, A. Musique et identité au Gabon, Libreville,
Éditions du Gabon, 2018. Cet ouvrage étudie la relation entre la
musique et l'identité au Gabon, offrant une perspective unique sur la
culture gabonaise.
Coquery-Vidrovitch, C. Le Congo au temps des grandes
compagnies concessionnaires, 1972. Cet ouvrage fournit une analyse historique
de la période coloniale au Congo, offrant un contexte précieux
pour comprendre l'histoire de la région.
Deschamps, H. Quinze ans de Gabon, les débuts de
l'établissement français, 1939-1959, Paris, société
française d'outre-mer, 1965. Cet ouvrage offre une perspective
historique sur les débuts de l'établissement français au
Gabon, fournissant des informations précieuses sur la période
coloniale.
Deschamps, H. Traditions orales et archives au Gabon, Paris,
Berger-Levrault, 1962. Cet ouvrage explore l'importance des traditions orales
et des archives dans la compréhension de l'histoire du Gabon.
Diop, M. Religions et spiritualités au Gabon : entre
tradition et christianisme, Libreville, Presses Universitaires du Gabon, 2005.
Cet ouvrage étudie les relations entre les religions
5
traditionnelles et le christianisme au Gabon, offrant une
perspective unique sur la spiritualité gabonaise.
Fernandez, J.-W. Bwiti : An Ethnography of the Religious
Imagination in Africa, Princeton University Press, 1982. Cet ouvrage offre une
analyse ethnographique de la religion Bwiti, fournissant des informations
précieuses sur les pratiques religieuses en Afrique.
Fonkoua, P. L'art indigène face à la
colonisation : hybridation et résistance, Libreville, Université
Omar Bongo, 2018. Cet ouvrage étudie l'impact de la colonisation sur
l'art indigène au Gabon, offrant une perspective unique sur la
résistance culturelle.
Jean N'Guessan. Les enjeux identitaires au Gabon, Libreville,
Presses Universitaires du Gabon, 2012. Cet ouvrage explore les enjeux
identitaires au Gabon, offrant une perspective unique sur la construction de
l'identité nationale.
Mbo'o, É. Culture et développement au Gabon,
Libreville, Éditions Universitaires Gabonaises, 2020. Cet ouvrage
étudie la relation entre la culture et le développement au Gabon,
offrant des perspectives précieuses sur la promotion de la culture
gabonaise.
Mouloungui, J. B. Les rituels initiatiques chez les Fang du
Gabon, Paris, L'Harmattan, 1998. Cet ouvrage offre une analyse des rituels
initiatiques chez les Fang du Gabon, fournissant des informations
précieuses sur les pratiques culturelles traditionnelles.
Ndiaye, M. Le système de mandores au Gabon : entre
tradition et colonialisme, Dakar, Les Éditions du Crocodile, 2003. Cet
ouvrage étudie le système de mandores au Gabon, offrant une
perspective unique sur les relations entre la tradition et le colonialisme.
N'Gouala, E. Langues autochtones et politique linguistique en
Afrique centrale, Paris, Karthala. Cet ouvrage explore les enjeux linguistiques
en Afrique centrale, offrant des perspectives précieuses sur la
promotion des langues autochtones.
Ngong, B. Récits et légendes chez les Fang : une
approche anthropologique, Paris, Karthala, 2015. Cet ouvrage offre une analyse
anthropologique des récits et légendes chez les Fang, fournissant
des informations précieuses sur la culture et les traditions fang.
Raponda-Walker, A. Les Fang du Gabon, Paris, Présence
Africaine, 1960. Cet ouvrage offre une perspective unique sur la culture et les
traditions des Fang du Gabon, fournissant des informations précieuses
sur l'histoire et la société fang.
6
Raponda Walker, A. Rites et croyances des peuples du Gabon.
Essai sur les pratiques. 1962. Cet ouvrage offre une perspective unique sur les
croyances et les rites des Gabonais, permettant de mieux comprendre la
spiritualité et la culture de ce peuple.
7
Organisation du travail
Ce travail est structuré en deux grandes articulations
qui comprennent six chapitres. La première partie est exclusivement
consacrée la présentation du cadre théorique de l'histoire
culturelle du Gabon, qui nous permettra de montrer la diversité
culturelle du Gabon. La deuxième partie de notre étude porte sur
l'approche pédagogique pour une adaptation culturelle de l'enseignement
de l'histoire du Gabon
8
PREMIERE PARTIE :
CADRE THEORIQUE DE L'HISTOIRE CULTURELLE DU
GABON
9
CHAPITRE I : PRESENTATION DE LA NOTION D'HISTOIRE
CULTURELLE DU
GABON
Au coeur de l'Afrique centrale, le Gabon se distingue par une
richesse culturelle foisonnante, résultat d'un long processus historique
mêlant traditions ancestrales et influences
extérieures1. Pourtant, derrière cette
diversité apparente se cache une dynamique complexe qui soulève
une question majeure : comment articuler les différentes dimensions
culturelles gabonaises dans une approche historique cohérente,
permettant de saisir leur évolution et leur impact sur la construction
de l'identité nationale contemporaine ? Cette interrogation prend
d'autant plus d'importance que l'histoire culturelle, en tant que discipline,
dépasse la simple chronologie des événements pour explorer
les représentations, les pratiques sociales et les imaginaires
collectifs2.
En effet, l'histoire culturelle du Gabon intègre
à la fois les traditions orales telles que les récits mythiques
des Fang ou les chants des Punu et Kota. Les transformations induites par la
colonisation française puis par les dynamiques
postcoloniales1, dévoilant ainsi un enjeu essentiel :
comprendre comment ces strates culturelles s'entrecroisent et influencent les
trajectoires individuelles et collectives3. Ce chapitre s'attache
donc à poser un cadre théorique rigoureux, articulant
conceptuellement les paradigmes et méthodes propres à
l'étude de la culture gabonaise, tout en analysant les
éléments constitutifs qui fondent cette identité multiple.
En examinant la portée de l'histoire culturelle ainsi que les traditions
et transformations spécifiques au Gabon, il s'agira de démontrer
que seule une approche intégrative, attentive aux continuités et
ruptures, peut véritablement éclairer le rôle central de la
culture dans la construction d'une nation en constante évolution.
I.1- Définition et portée de l'histoire
culturelle
L'histoire culturelle, en tant que discipline historique, se
définit avant tout comme une approche qui considère la culture
non seulement comme un simple décor ou contexte des
événements historiques, mais comme un véritable acteur et
moteur du changement social et politique. Selon l'historien français
Roger Chartier, l'histoire culturelle interroge « les
représentations, les imaginaires collectifs, les pratiques symboliques
» afin de comprendre
2 Raponda-Walker, A. Les Fang du Gabon. Paris :
Présence Africaine. 1960, P. 10-25
3 Hubert Deschamps. Traditions orales et archives
au Gabon. Paris : Berger-Levrault. 1962, P. 13-20
10
comment les sociétés construisent
elles-mêmes le sens de leur passé4. Cette
définition met en exergue l'importance des mentalités, des
valeurs, des rituels, et des expressions artistiques dans la constitution
d'identités historiques. Dans le contexte gabonais, l'histoire
culturelle s'attache à reconstituer les modes de vie, les traditions
orales, les systèmes de croyance, ainsi que les pratiques sociales qui
ont façonné et continuent de façonner la
société. La portée de cette discipline se mesure donc
à sa capacité à articuler ces éléments
culturels dans une lecture historique transversale, allant au-delà des
seuls faits politiques ou économiques, souvent privilégiés
dans les récits traditionnels.
L'approche culturelle permet ainsi de mieux comprendre la
dynamique identitaire gabonaise en révélant les
continuités et ruptures résultant des processus historiques,
notamment la colonisation française et la période postcoloniale.
Par exemple, l'oralité, élément fondamental des traditions
gabonaises, ne constitue pas un simple outil de transmission, mais un
véritable système mythologique et historique qui ancre les
communautés dans un temps et un espace précis. De même,
l'étude des pratiques rituelles, telles que les danses initiatiques des
Fang ou les cérémonies de Bwiti, offre un éclairage sur
les mécanismes de cohésion sociale et de résistance
culturelle. La portée de l'histoire culturelle s'étend aux champs
des symboles et des représentations qui influencent la construction de
l'identité nationale contemporaine5.
En somme, l'histoire culturelle du Gabon permet
d'intégrer dans le récit historique les vécus et les
imaginaires des acteurs sociaux, offrant ainsi une vision plus riche et
nuancée de son évolution. Elle invite à dépasser
les chroniques factuelles en mobilisant des sources diversifiées
témoignages oraux, archives coloniales, objets ethnographiques afin de
dévoiler les multiples facettes d'une culture en perpétuelle
recomposition.
I.2- Les paradigmes théoriques et
méthodologiques appliqués
L'étude de l'histoire culturelle du Gabon s'appuie sur
une pluralité de paradigmes théoriques et méthodologiques
qui permettent d'appréhender la complexité des
phénomènes culturels dans leur dimension diachronique et
synchronique. Traditionnellement, l'histoire culturelle, en tant que discipline
émergente depuis les années 1980, s'est éloignée
d'une histoire purement politique ou événementielle pour
privilégier l'analyse des symboles, des représentations, des
pratiques sociales et des modes de pensée. Cette approche
4 Roger Chartier. Au bord de la falaise:
l'histoire entre certitudes et inquiétude. Paris, Albin Michel,
1998. P.15
5 James-W. Fernandez. Bwiti : An Ethnography of
the Religious Imagination in Africa. Princeton University Press. 1982
11
multidimensionnelle est particulièrement pertinente
pour le contexte gabonais, où la richesse culturelle résulte
d'une interaction continue entre traditions autochtones et influences
extérieures6.
Parmi les cadres théoriques mobilisés, le
constructivisme social occupe une place majeure. Ce paradigme postule que les
identités culturelles sont construites et reconstruites au fil du temps
à travers les interactions sociales et les processus discursifs. Ainsi,
dans le cas gabonais, les différentes ethnies Fang, Nzebi,
Myéné, Punu, et autres contribuent chacune à un patrimoine
culturel dynamique, dont la signification évolue en fonction des
contextes historiques7.
L'approche constructiviste est ainsi essentielle pour
déplier les récits et mythes fondateurs, ainsi que pour
comprendre comment se forge une identité nationale plurielle. Sur le
plan méthodologique, la recherche s'appuie sur une triangulation
rigoureuse des sources, combinant archives coloniales, témoignages
oraux, matériaux iconographiques et analyses textuelles. Par exemple,
l'exploitation des archives administratives françaises,
conservées au Centre des Archives d'Outre-Mer à Aix-en-Provence,
permet de retracer les politiques culturelles et éducatives mises en
oeuvre durant la période coloniale (1839-1960). Parallèlement, la
collecte méthodique des traditions orales grâce à
l'ethnographie participe à la restitution des savoirs endogènes
souvent absents des documents écrits.
L'histoire culturelle gabonaise intègre
également les apports de l'histoire comparée, notamment en
confrontant la trajectoire culturelle gabonaise à celle d'autres pays
d'Afrique centrale comme le Congo-Brazzaville ou le Cameroun. Cette mise en
perspective permet de discerner les spécificités tout en
identifiant des tendances régionales communes, telles que l'impact des
missions chrétiennes sur la transformation des pratiques religieuses ou
la persistance des langues vernaculaires dans le cadre scolaire. Enfin, les
approches interdisciplinaires se révèlent indispensables.
L'anthropologie, la sociologie et la linguistique apportent des outils
conceptuels et empiriques enrichissant l'analyse historique. Par exemple,
l'étude des rites initiatiques fang, couplée à une analyse
linguistique des chants traditionnels, décrypte la transmission des
valeurs culturelles dans un contexte de modernisation rapide.
6 James-W. Fernandez. Bwiti : An Ethnography of
the Religious Imagination in Africa. Princeton University Press. 1982
7 André Raponda-Walker. Op cit, p.
20-30.
12
II- Eléments constitutifs de la culture gabonaise
La culture gabonaise est riche et diversifiée,
intégrant à la fois des éléments traditionnels et
modernes. Elle se manifeste à travers les ethnies, les langues, la
musique, la danse, les arts, les rites et les coutumes.
I.1- Traditions orales, croyances et pratiques sociales
Les traditions orales, les croyances et les pratiques sociales
constituent le socle fondamental de la culture gabonaise, transmettant de
génération en génération un patrimoine
immatériel riche et diversifié. L'étude de ces
éléments est cruciale pour comprendre l'évolution
historique et l'identité culturelle du Gabon, car ils reflètent
à la fois la mémoire collective et les modes d'organisation
sociale des différentes communautés8.
Premièrement, les traditions orales jouent un
rôle primordial dans la sauvegarde et la transmission des savoirs, des
mythes, des légendes et de l'histoire locale. Au Gabon, comme dans de
nombreuses sociétés africaines, la transmission orale est
privilégiée par rapport à l'écrit, notamment du
fait du faible taux d'alphabétisation dans certaines régions
jusqu'au début du XXe siècle. Les chants, proverbes, contes et
récits historiques sont généralement portés par des
griots ou des aînés reconnus, qui jouent aussi un rôle
social de médiateurs et de gardiens des traditions. Par exemple, dans
les communautés fang, les récits des ancêtres sont transmis
en mbèè, langue vernaculaire, lors des veillées
destinées à instruire les jeunes sur les valeurs communautaires.
Les Fang ont une riche tradition orale, qui est transmise de
génération en génération.
Deuxièmement, les croyances religieuses traditionnelles
gabonaises, souvent animistes, sont profondément ancrées dans le
quotidien et les rituels communautaires. Elles s'appuient sur le culte des
ancêtres, des esprits de la forêt, ainsi que sur la magie et les
cérémonies de guérison. Ces croyances varient selon les
groupes ethniques principaux du pays, tels que les Fang, les Punu, les Nzebi,
et les Kota. Par exemple, le culte des reliques chez les Kota, à travers
leurs célèbres reliquaires en fer et bois, illustre cette
interfusion entre croyance, art et mémoire collective. Les Kota ont une
tradition riche en matière de sculpture et de reliquaires. Enfin, les
pratiques sociales comprennent les structures familiales, les systèmes
de parenté, les règles de mariage, ainsi que les fêtes
communautaires9. Au Gabon, la polygamie est une coutume
8 Hubert Deschamps. Op cit. P. 15-20
9 André Raponda-Walker. Op cit
13
encore largement pratiquée, bien que modifiée
par les influences contemporaines et les législations nationales. Selon
le recensement de 2013, environ 30 % des ménages gabonais pratiquent
encore la polygamie, principalement dans les zones rurales10.
I.2- Influence des échanges coloniaux et
postcoloniaux
L'analyse de l'influence des échanges coloniaux et
postcoloniaux sur la culture gabonaise constitue une étape essentielle
pour comprendre la dynamique culturelle nationale. En effet, le Gabon, colonie
française de 1885 à 1960, a été le
théâtre d'interactions complexes entre les populations autochtones
et les agents coloniaux, lesquelles ont profondément
façonné ses pratiques sociales, ses croyances, et son
identité culturelle contemporaine.
Tout d'abord, la période coloniale a introduit des
transformations majeures à travers l'imposition du système
éducatif, religieux et administratif français. Par exemple,
l'essor du christianisme, notamment du catholicisme porté par les
missionnaires lazaristes et spiritains, a largement
pénétré les sociétés locales, modifiant
certaines croyances et pratiques ancestrales. Selon l'historien Charles Cordier
entre 1900 et 1960, plus de 70 % des Gabonais vivant dans les zones urbaines
avaient adopté au moins une forme de christianisme11.
Par ailleurs, la colonisation a favorisé le
développement de nouvelles formes artistiques et culturelles issues des
échanges avec la métropole et d'autres colonies africaines. Par
exemple, le brassage des populations favorisé par les réseaux
ferroviaires et la petite économie extractive, principalement autour du
port de Libreville, a engendré un syncrétisme culturel visible
dans la musique, la danse, mais aussi dans les langues vernaculaires.
En outre, la période postcoloniale, bien que
marquée par l'indépendance politique en 1960, n'a pas rompu les
liens entretenus avec la France et d'autres partenaires internationaux. Cette
continuité a permis un dialogue culturel renouvelé, notamment
à travers le système éducatif bilingue, les
échanges artistiques, et la coopération économique. Par
exemple, la langue française reste aujourd'hui un vecteur majeur
d'unité nationale, mais elle coexiste avec plus de 40 langues
autochtones, dont le fang et le myéné, qui ont vu un regain
d'intérêt ces dernières décennies dans les
politiques culturelles gabonaises.
10 Unesco, rapport sur l'éducation en
Afrique, 1960. P. 50-60
11 André Raponda Walker. Rites et croyances
des peuples du Gabon. Essai sur les pratiques religieuses d'autrefois et
d'aujourd'hui. Présence Africaine, 1962
14
Ces interactions postcoloniales sont également visibles
dans les expressions culturelles contemporaines. L'émergence de nouveaux
genres musicaux comme le rap gabonais illustre une reconfiguration identitaire
où s'articulent influences globalisées et racines locales.
L'artiste Patience Dabany, figure emblématique de la musique gabonaise,
en témoigne par sa fusion des rythmes traditionnels avec des
sonorités occidentales dans les années 1980. Enfin, il est
crucial de considérer que ces échanges, loin d'être un
simple transfert unidirectionnel, se caractérisent par une appropriation
dynamique et parfois résistante des Gabonais. La culture gabonaise
moderne est ainsi le produit d'un dialogue continuel, où les
héritages ancestraux se recomposent face aux apports coloniaux et
postcoloniaux, donnant naissance à une identité nationale
plurielle mais cohérente.
15
CONCLUSION DU CHAPITRE I
En définitive, le cadre théorique de l'histoire
culturelle du Gabon révèle la complexité et la richesse de
son identité nationale, fruit d'une interaction dynamique entre
traditions ancestrales et influences extérieures. La définition
même de l'histoire culturelle, loin de se limiter à un simple
inventaire des pratiques et croyances, s'impose comme une discipline capable
d'appréhender les multiples dimensions symboliques, sociales et
politiques qui façonnent la mémoire collective gabonaise. Les
paradigmes méthodologiques mobilisés notamment l'approche
interdisciplinaire combinant l'ethnologie, l'anthropologie historique et
l'analyse postcoloniale permettent d'ancrer cette histoire dans une perspective
nuancée, insistant sur la continuité et la rupture qui jalonnent
le parcours du pays.
Ainsi, les traditions orales vectrices primordiales de
transmission culturelle dans un contexte où l'écrit s'est
imposé tardivement cohabitent avec les croyances ancestrales, telles que
les pratiques initiatiques des Fang ou les rituels Bwiti, témoins
vivants d'une spiritualité toujours active. Parallèlement,
l'impact des échanges coloniaux et postcoloniaux, illustré par
exemple par la transformation des structures sociales et l'adoption progressive
de langues et de pratiques extérieures, a profondément
modifié les formes culturelles et leur signification. Cette double
tension entre enracinement et ouverture est à la fois source de richesse
et de questionnements sur la nature même de l'identité gabonaise
actuelle.
16
CHAPITRE II : LA DIMENSION CULTURELLE DU GABON A TRAVERS
LES
AGES
Au coeur de l'Afrique centrale, le Gabon précolonial
rayonnait par une richesse culturelle et sociale d'une complexité
fascinante, bien loin des clichés souvent réducteurs qui
entourent les sociétés traditionnelles. Avant l'avènement
de la colonisation au XIXe siècle, les communautés gabonaises,
organisées en clans solidement hiérarchisés, tissaient un
tissu social où chaque individu occupait une place définie,
contribuant à l'équilibre collectif. Cette société
ne se limitait pas à une simple organisation sociale : elle respirait
à travers des rites anciens, des expressions artistiques d'une
vivacité exaltante, masques en bois finement sculptés, musiques
rituelles envoûtantes, et une mémoire collective transmise
oralement avec un soin quasi sacré.
Comment dès lors cette formidable ingénierie
sociale, spirituelle et artistique a-t-elle permis aux peuples gabonais de
préserver leur identité dans le tumulte des changements
imposés par la colonisation ? En s'appuyant sur une organisation sociale
rigoureuse, des rites porteurs de symboles forts et un système de
transmission orale minutieusement codifié, la société
traditionnelle précoloniale du Gabon s'est donné les moyens de
résister à l'effacement culturel. Ce chapitre explorera d'abord
l'organisation sociale et rites, ensuite les expressions artistiques et
symbolisme enfin, elle mettra en lumière la puissance de la transmission
orale, vecteur crucial de savoirs et d'histoire, garant de la
pérennité identitaire face aux bouleversements coloniaux. Ainsi,
en dévoilant les piliers d'une culture vivante, nous comprendrons
comment cette société a su conjuguer tradition et
résilience.
II.1- La culture traditionnelle précoloniale :
fondements et expressions a) Organisation sociale et rites
La société précoloniale gabonaise se
structurant selon un modèle hiérarchique et clanique, repose sur
une segmentation précise des rôles, des statuts et des
responsabilités. Au sommet, les chefs coutumiers ou "mabanga"
détiennent une autorité politique, religieuse et sociale. Ces
chefs sont généralement issus des lignées aristocratiques,
considérées comme légitimes par leur ascendance et leur
lien avec les ancêtres. La transmission de l'autorité se fait par
héritage, souvent matrilinéaire ou patrilinéaire selon les
ethnicités, notamment chez les Fang, qui représentent la
majorité ethnique, ou chez les Bwiti, avec une organisation clanique
fortement structurée. Les clans, regroupant plusieurs familles,
constituent l'unité fondamentale de
17
l'organisation sociale. La cohésion interne repose sur
des règles strictes de filiation, de mariage et de partage des
ressources. La société est divisée en classes sociales :
les nobles ou chefs, les artisans, les guerriers, et les populations paysannes
ou agriculteurs. La société est aussi structurée autour
des rites d'initiation, qui déterminent l'accès à certains
statuts ou responsabilités. Par exemple, chez les Fang, l'initiation au
Bwiti, qui inclut des cérémonies de consommation du "iboga",
marque la transition vers la maturité et l'intégration dans la
société. Les femmes jouent un rôle central dans la
transmission des savoirs liés à la médecine
traditionnelle, à la cuisine, et aux rites de fertilité, tout en
occupant souvent des positions subalternes dans la hiérarchie
politique12. Cependant, elles exercent une influence
considérable dans la sphère religieuse et symbolique, notamment
à travers les rites de fertilité et les cérémonies
de purification.
Expressions artistiques et symbolisme
L'art dans la société précoloniale
gabonaise est indissociable de la culture orale, servant à la fois de
mémoire collective et d'expression symbolique. La sculpture, la
peinture, la danse et la musique sont autant de moyens d'expression qui
véhiculent des récits mythologiques, des valeurs sociales et des
connaissances ancestrales. Les masques, tels que ceux de la culture Fang,
incarnent des figures mythiques ou ancestrales. Leur fabrication est un acte
rituel, souvent confié à des artisans initiés, qui
respectent des codes stricts liés au symbolisme. Par exemple, les
masques "Ngil" ou "Mbeki" sont porteurs de messages liés à la
justice, à la protection ou à la transmission de pouvoir. Ces
objets deviennent des supports de la transmission orale lorsqu'ils sont
intégrés dans des cérémonies, où leur
signification est expliquée par des conteurs ou des chefs.
Les danses traditionnelles, telles que le "Ekom" ou le "Ngil",
jouent un rôle éducatif et symbolique. Elles racontent des
histoires de héros, d'ancêtres ou de mythes fondateurs, en
utilisant des gestes codifiés et des chants en langue locale. La
musique, avec ses rythmes spécifiques, sert à la fois de support
à la mémoire et de médiation avec le spirituel. La
12 Elikia M'bokolo. Le Gabon précolonial :
étude sociale et économique. In: Cahiers d'études
africaines, vol. 17, n°66-67, 1977. pp. 331-344. La société
précoloniale gabonaise est donc caractérisée par une
organisation clanique hiérarchisée, structurée autour de
lignées de pouvoir, avec une forte intégration de la religion et
de la tradition orale dans la gouvernance et la cohésion sociale.
18
transmission orale, à travers ces formes artistiques,
assure la pérennité des valeurs, des lois coutumières, et
des connaissances cosmogoniques.
Les contes, épopées et proverbes constituent
également un corpus oral riche, permettant de transmettre des
leçons morales, des règles sociales et des connaissances sur le
monde naturel. Par exemple, la légende du "Moke" chez les Bwiti illustre
la lutte entre le bien et le mal, tout en inscrivant une morale dans la
conscience collective13.
c) La transmission orale
La transmission orale au Gabon à l'époque
précoloniale constitue un phénomène culturel central,
essentiel à la préservation des identités, des
connaissances et des valeurs des sociétés gabonaises. Cette
pratique s'inscrit dans un cadre social, religieux, et éducatif,
où la parole joue un rôle primordial dans la structuration des
sociétés traditionnelles. La richesse de cette transmission
repose sur des supports, de techniques et de rituels, qui varient selon les
groupes ethniques, notamment chez les Fang, les Baka, les Nzebi, et les
Mpongwe.
Avant la colonisation, le Gabon était constitué
d'un ensemble de sociétés ethniques organisées en
chefferies ou en clans, où la transmission orale constituait le
principal vecteur de communication, d'éducation et de conservation du
savoir. L'absence d'écrits n'était pas un obstacle, car la
mémoire collective assurait la pérennité des
connaissances. La tradition orale servait à transmettre non seulement
des récits historiques, mais également des lois, des pratiques
rituelles, des mythes fondateurs, et des savoirs liés à
l'agriculture, la chasse, la pêche, et à la médecine
traditionnelle.
Les pratiques rituelles et cérémonielles dans le
Gabon précolonial constituaient des cadres essentiels où
s'incarnaient et se transmettaient les savoirs, les valeurs et les
mémoires collectives. En effet, ces événements sociaux et
spirituels ne se limitaient pas à leur dimension symbolique ou festive ;
ils étaient également des moments privilégiés
d'enseignement et de pédagogie orale.
Premièrement, il convient de souligner que les rituels,
souvent liés à des cycles agricoles, à des
événements de la vie courante ou à des
commémorations ancestrales, structuraient le calendrier social des
peuples gabonais, notamment des Fang, des Punu, des Nzebi ou des
Téké. Par exemple, le rituel du « Mwiri », est une
cérémonie initiatique majeure associée à la
13 André Raponda Walker. Op. Cit
19
transmission des mystères et savoirs des
ancêtres14. Selon les chercheurs en anthropologie gabonaise,
ce rite mobilise des chants, des danses, des récits et des gestes
prescrits qui permettent aux jeunes générations
d'intérioriser les règles sociales, morales et spirituelles,
renforçant ainsi la cohésion communautaire. De plus, ces rituels
mettent en scène des symboles et des objets sacrés, comme les
masques, les statues ou encore les fétiches, qui jouent un rôle
mémoriel et didactique dans la communication orale.
Le masque « Mukudji », par exemple, utilisé
lors des cérémonies funéraires chez les Punu,
véhicule une connaissance codifiée sur la vie, la mort et
l'au-delà. L'oralité se conjugue alors à la
matérialité pour ancrer durablement les savoirs au sein des
groupes. Les chants traditionnels qui accompagnent ces rites sont porteurs de
récits mythologiques et légendaires, chaque couplet étant
une leçon d'histoire et d'éthique. Selon Jean-Baptiste
Mouloungui, « ces chants fonctionnent comme des archives vivantes,
où chaque participant devient un dépositaire de la mémoire
collective ». Par ailleurs, les cérémonies liées
à l'initiation, comme c'est le cas des rites de passage à
l'âge adulte, étaient des moments décisifs de transmission
orale. Elles offraient un cadre structuré où les
aînés, souvent des initiés ou maîtres de rites,
transmettaient aux initiés des savoirs ésotériques
concernant la gestion communautaire, les secrets du territoire, la
généalogie et les normes sociales. Cette éducation orale
se faisait dans un strict secret mais avec rigueur, ce qui assurait que les
connaissances ne se perdaient pas et étaient respectées.
Selon Albert Schweitzer, « la transmission orale au
travers des cérémonies initiatiques est une forme de
pédagogie sociale aussi puissante qu'efficace ». Enfin, il ne faut
pas négliger l'impact social de ces rituels en ce qu'ils structuraient
la mémoire collective non seulement par le contenu transmis, mais aussi
par la répétition, le cadre solennel et la participation
collective. En rassemblant les membres de la communauté autour de
pratiques partagées, ils consolidaient un sentiment d'appartenance et
d'identité culturelle qui allait bien au-delà de la simple
transmission du savoir. C'est cette caractéristique qui explique la
résilience des cultures gabonaises face aux bouleversements induits par
la colonisation ultérieure15.
Comme l'affirme le sociologue gabonais Alain Moukala, «
la mémoire collective, ancrée dans les rituels, fut le rempart du
Gabon face à l'uniformisation culturelle imposée ». En
somme,
14Jean Baptiste Mouloungui. Les rituels
initiatiques chez les Fang du Gabon. Paris, L'Harmattan, 1998 p. 20-25.
Les rites, intégrés dans la transmission orale, assurent la
cohésion sociale et la pérennité des valeurs, tout en
maintenant un lien constant avec le monde spirituel
15 Albert Schweitzer. À l'orée de la
forêt vierge. Paris : Payot, 1922 p. 100-120.
20
les pratiques rituelles et cérémonielles au
Gabon précolonial étaient bien plus que de simples manifestations
culturelles : elles constituaient des vecteurs fondamentaux de la transmission
orale, garantes de la continuité des savoirs et de la mémoire
collective.
II.2- L'impact de la colonisation française sur la
culture gabonaise
La période coloniale au Gabon, initiée
formellement par l'établissement de l'Administration française
à la fin du XIXe siècle, a profondément remodelé le
tissu socio-culturel, politique et artistique du pays. Sous domination
française jusqu'à l'indépendance en 1960, le Gabon a subi
une influence coloniale significative qui a laissé une empreinte
indélébile sur ses structures internes et ses expressions
culturelles. Cette analyse détaillée vise à explorer de
manière précise et exhaustive les transformations induites par la
colonisation française dans ces trois domaines fondamentaux : la
culture, les structures sociales et politiques, ainsi que les arts et la
langue.
a) L'impact de la colonisation
La colonisation française a profondément
bouleversé la culture gabonaise, en imposant un modèle culturel
eurocentrique qui a conduit à une dévalorisation des pratiques
traditionnelles et à une transformation profonde des modes de vie. La
politique coloniale privilégiait la christianisation, ce qui a
entraîné une marginalisation des croyances et des rituels
autochtones. La conversion massive à l'église catholique a
modifié le rapport des populations à leur spiritualité,
souvent en détruisant ou en négligeant les temples, les rites
ancestraux et les pratiques chamaniques16.
Par ailleurs, l'administration coloniale a imposé la
langue française comme langue officielle, reléguant les langues
autochtones telles que le fang, le myéné ou le nzebi à un
statut secondaire, ce qui a contribué à une
dépréciation de ces langues et à leur marginalisation dans
les espaces officiels et éducatifs. La francisation a également
touché les systèmes éducatifs, où l'enseignement a
été structuré selon un modèle eurocentré,
dévalorisant les savoirs traditionnels et remplaçant les visions
du monde indigènes par une vision occidentale. Les arts traditionnels,
notamment la sculpture, la danse et la musique, ont été
marginalisés, considérés comme primitifs ou folkloriques,
au profit d'un art occidental prétendu supérieur17.
Toutefois,
16 Diop M. Religions et spiritualités au
Gabon : entre tradition et christianisme. Libreville. 2005, Presses
Universitaires du Gabon.
17 N'Gouala, E. Langues autochtones et politique
linguistique en Afrique centrale. Paris : Karthala.
21
certains motifs traditionnels ont été
intégrés dans l'art colonial, donnant naissance à des
formes hybrides, notamment dans la sculpture religieuse ou
décorative.
b) La transformation des structures sociales et
politiques
La colonisation a profondément modifié la
structuration sociale et politique des sociétés gabonaises. Avant
l'arrivée des Français, les sociétés autochtones
étaient organisées selon des systèmes hiérarchiques
complexes, souvent basés sur des chefdoms ou des royaumes (notamment le
royaume des Fang ou des Mpongui), avec des chefs traditionnels détenant
une autorité incontestée sur leur territoire. L'administration
coloniale a introduit un modèle centralisé basé sur la
domination administrative française, supprimant ou marginalisant les
chefs traditionnels en faveur d'un pouvoir colonial direct ou indirect. Le
système de mandores, ou chefs locaux imposés par l'administration
coloniale, a remplacé ou affaibli l'autorité des chefs
coutumiers, leur conférant une légitimité
dépendante de l'administration coloniale plutôt que de leur
communauté18.
Les structures politiques traditionnelles ont
été dévalorisées ou intégrées dans un
cadre administratif français, ce qui a entraîné une perte
d'autonomie pour les sociétés indigènes. La mise en place
de lois coloniales, telles que le Code de l'indigénat, a renforcé
la distinction entre citoyens français et indigènes, limitant
considérablement leurs droits civiques et politiques. Ce processus a
engendré une fracture sociale profonde, où une élite
coloniale ou métropolitaine contrôlait les ressources et
l'administration, au détriment des populations autochtones19.
La société gabonaise s'est ainsi structurée selon un
modèle dualiste, avec une minorité bénéficiant de
privilèges et une majorité marginalisée.
c) L'influence coloniale sur les arts et la
langue
L'influence coloniale a laissé une empreinte durable
sur les arts visuels, la musique et la langue gabonaise. Sur le plan
artistique, la colonisation a introduit des techniques artistiques
françaises, telles que la sculpture sur bois et la peinture à
l'huile, tout en cherchant à occidentaliser l'art indigène.
Cependant, paradoxalement, cette période a aussi permis la
préservation de certains motifs traditionnels sous une forme
modifiée, notamment dans la sculpture religieuse ou décorative.
L'art religieux, notamment les crucifix, statues de saints et
18 Ndiaye, M. Le système de mandores au
Gabon : entre tradition et colonialisme. Dakar, 2003 : Les Éditions
du Crocodile.
19Pierre Fonkoua. L'art indigène face
à la colonisation : hybridation et résistance. Libreville,
2018. Université Omar Bongo.
22
autres objets de culte chrétien, a remplacé ou
cohabité avec les objets rituels traditionnels, traduisant une
syncrétisation entre croyances autochtones et chrétiennes. La
musique, quant à elle, a été influencée par la
musique occidentale, intégrant des instruments européens comme la
guitare ou le piano, tout en conservant des éléments rythmiques
et mélodiques issus des traditions autochtones. Concernant la langue, le
français est devenu la langue officielle, utilisée dans
l'administration, l'éducation et les médias. La politique
linguistique coloniale a systématiquement marginalisé les langues
autochtones, qui ont été reléguées à un
usage familial ou traditionnel, voire interdites dans certains contextes
officiels. Cette domination linguistique a provoqué une perte de
transmission orale de nombreux savoirs et traditions, et a contribué
à une crise identitaire pour certaines communautés qui voient
leur langue maternelle décliner20.
La colonisation a également introduit la
littérature francophone, qui a permis la naissance d'une écriture
indigène en français. Cette situation a créé un
phénomène de bilinguisme ou de diglossie, où la
maîtrise du français est perçue comme un signe de
modernité ou de progrès, alors que les langues autochtones sont
perçues comme archaïques ou rurales. La colonisation
française a laissé une empreinte indélébile sur le
Gabon, remodelant en profondeur sa culture, ses structures sociales et
politiques, ainsi que ses arts et sa langue. Si certains aspects ont
été détruits ou marginalisés, d'autres ont
été hybridés ou transformés, créant un
paysage culturel complexe, marqué par des dynamiques de
résistance et de syncrétisme. La compréhension de cette
période est essentielle pour saisir les enjeux identitaires et culturels
actuels du Gabon.
II.3- La culture dans le développement national
postcolonial
La période postcoloniale au Gabon représente une
étape cruciale dans la construction de l'identité nationale, la
renaissance des pratiques traditionnelles et l'intégration de la culture
comme vecteur de développement national. Cette phase,
débutée après l'indépendance acquise en 1960, se
caractérise par une tension constante entre héritages coloniaux,
aspirations à l'autonomie culturelle et volonté de modernisation
économique et sociale. Nous examinerons successivement la quête
d'identité nationale, la renaissance des pratiques traditionnelles, et
enfin la place centrale de la culture dans le processus de développement
du pays.
a) La quête d'identité nationale
20 Tchamda, J. Les langues autochtones face
à la colonisation linguistique. Yaoundé, 2011 :
Éditions du CERDOTOLA.
23
Après l'indépendance, le Gabon doit
répondre à la nécessité de forger une
identité nationale cohérente, capable d'unifier une population
ethniquement diversifiée comprenant notamment les Fang,
Myènké, Nzebi, Teke, et autres groupes tout en s'affirmant face
à l'héritage colonial français. La construction
identitaire s'appuie sur plusieurs leviers : la symbolique nationale, la
redéfinition des institutions, et la mémoire collective. La
devise nationale, "Unité, Travail, Progrès", instaurée en
1960, incarne une volonté de dépasser les divisions ethniques
pour bâtir une nation homogène autour d'objectifs communs.
Sur le plan institutionnel, la constitution de 1961, puis
celle de 1991, tente d'ancrer un cadre démocratique tout en valorisant
l'histoire et la culture gabonaise. La célébration de
l'indépendance, notamment lors de la Fête nationale du 17
août, constitue un rituel central pour renforcer le sentiment
d'appartenance. Cependant, cette quête d'identité est
compliquée par la persistance de clivages ethniques et par une
mémoire coloniale encore vive, qui influence la perception de
l'État et de ses symboles. Un exemple précis est la politique de
"gouvernance ethnique" qui, sous certains régimes, a favorisé la
représentation des groupes majoritaires comme les Fang, au
détriment des autres. La tentative de créer un récit
national inclusif s'est souvent heurtée à ces
réalités socio-ethniques, nécessitant une diplomatie
culturelle et une politique de développement sensible à la
diversité21.
b) La renaissance des pratiques
traditionnelles
Face à l'effacement progressif des modes de vie
ancestraux sous l'impact de la modernisation et de la colonisation, la
période postcoloniale voit émerger un mouvement de
réappropriation et de valorisation des pratiques traditionnelles. Ce
mouvement s'inscrit dans une démarche de résistance culturelle,
visant à préserver l'identité locale face à la
standardisation occidentale et à l'uniformisation culturelle.
Le gouvernement gabonais a mis en place plusieurs politiques
pour encourager cette renaissance. Par exemple, la promotion de la musique
traditionnelle, notamment le mvett et le à travers des festivals comme
la fête des cultures, le festival Zadié Sadaka, qui
célèbrent les peuples autochtones permettent de revitaliser ces
expressions artistiques. La restauration et la mise en valeur des sites
culturels, comme le village culturel de Libreville ou le Musée National
des Arts et Traditions du Gabon, participent également à cette
dynamique22.
21 Jean N'Guessan, Les enjeux identitaires au
Gabon, Libreville, Presses Universitaires du Gabon, 2012.
22 Alain Boukebou, Musique et identité au
Gabon, Libreville, Éditions du Gabon, 2018.
Par ailleurs, la pratique de rites traditionnels, tels que la
cérémonie du ngil chez les Bwiti ou les rituels de passage chez
les Fang, a connu un regain d'intérêt, parfois
institutionnalisé dans un souci de sauvegarde. La renaissance de ces
pratiques est également encouragée par des acteurs religieux,
notamment les mouvements syncrétiques mêlant christianisme et
spiritualités indigènes, qui cherchent à maintenir le lien
avec les ancêtres tout en s'adaptant à la modernité.
c) La culture dans le développement
national
La culture constitue un levier essentiel dans la
stratégie de développement du Gabon. Elle contribue à la
fois à la cohésion sociale, à l'attractivité
touristique et à la diversification économique. La promotion de
la culture nationale permet d'affirmer l'identité gabonaise sur la
scène internationale, tout en générant des revenus
grâce au tourisme culturel. Le secteur culturel a été
intégré dans les politiques de développement, notamment
à travers la création d'institutions telles que le Centre
Culturel de Libreville et la Maison des Arts, qui offrent un espace pour la
diffusion des arts traditionnels et modernes. Le développement du
secteur audiovisuel, avec la production de films ou de documentaires sur la
diversité ethnique et culturelle du pays, participe à la
construction d'une image positive à l'étranger.
Par ailleurs, la valorisation des arts plastiques, de la
sculpture sur bois, et de la mode traditionnelle, par le biais
d'événements comme le Festival Gabao ou le Salon de l'Artisanat
Gabonais, contribue à la dynamisation économique. La culture
devient ainsi un véritable moteur de développement, en lien avec
d'autres secteurs, notamment le tourisme, l'éducation et le
commerce23.
24
23Éric Mbo'o, Culture et
développement au Gabon, Libreville, Éditions Universitaires
Gabonaises, 2020.
25
CONCLUSION DU CHAPITRE II
En définitive, l'évolution des
sociétés gabonaises à travers les époques
précoloniale, coloniale et postcoloniale révèle une
trajectoire complexe et profondément marquée par des dynamiques
de continuités et de ruptures. Les sociétés
traditionnelles précoloniales, structurées autour d'organisations
sociales et politiques bien établies, comme celles des Fang, des Punu,
ou des Myéné, témoignaient d'une harmonie entre pouvoir,
spiritualité et pratiques culturelles ancestrales, où les chefs
de clans et les ancêtres jouaient un rôle central dans la
cohésion communautaire. Ces systèmes, fondés sur des liens
de parenté et des rites sacrés, incarnaient un équilibre
soigneusement maintenu entre l'homme et son environnement.
L'arrivée de la puissance coloniale française a
profondément bouleversé ces équilibres : les structures
sociales furent remodelées par l'introduction d'une administration
centralisée, la mise en place du travail forcé, et une
économie tournée vers l'extraction des richesses naturelles,
notamment l'exploitation forestière et
pétrolière24. Ces transformations ont provoqué
un effritement des institutions traditionnelles et un déplacement des
centres de pouvoir, souvent au profit des autorités coloniales, tout en
suscitant des formes multiples de résistances, à la fois
armées et symboliques.
À l'ère postcoloniale, les défis restent
nombreux : la modernisation rapide et la croissance économique,
notamment grâce aux revenus pétroliers, ont favorisé une
mutation des identités traditionnelles, confrontant heritage culturel
ancien et exigences contemporaines. Le Gabon est aujourd'hui un creuset
multiculturel où cohabitent divers groupes ethniques, confrontés
à la mondialisation, à l'urbanisation et aux enjeux du
développement durable. Cette complexité invite à
réfléchir sur la manière dont le pays peut
préserver sa richesse culturelle tout en progressant vers une
modernité inclusive et équitable. Ainsi, cette analyse met en
lumière l'importance de considérer l'histoire gabonaise dans sa
profondeur et sa diversité, en évitant les simplifications. Elle
appelle également à une réflexion plus large sur les
processus de transformation sociale dans les sociétés africaines.
En ouvrant ces pistes de questionnement, ce chapitre espère contribuer
à nourrir un dialogue fécond entre mémoire et avenir,
tradition et innovation, pour les sociétés gabonaises et
au-delà.
24 Catherine Coquery-Vidrovitch,. Le Congo au
temps des grandes compagnies concessionnaires1972
26
CHAPITRE III : LES DEFIS CONTEMPORAINS DE LA
PRESERVATION CULTURELLE AU GABON
Le Gabon, situé au coeur de l'Afrique centrale, est un
pays caractérisé par une grande diversité culturelle, avec
plus de quarante groupes ethniques qui cohabitent sur son territoire. Cette
mosaïque culturelle est riche de traditions ancestrales vibrantes et de
pratiques culturelles uniques. Cependant, à l'ère de la
mondialisation et de la modernisation accélérée, cette
diversité culturelle est confrontée à des menaces
grandissantes. Les langues, les savoir-faire et les pratiques culturelles
transmis de génération en génération risquent de
disparaître sous l'influence des médias et des changements
socio-économiques. Les aînés des villages voient leurs
coutumes se diluer, et les institutions gabonaises se préoccupent de la
préservation de ce patrimoine culturel.
Face à ces défis, il est essentiel de comprendre
comment le Gabon peut conjuguer mémoire et modernité pour
préserver son héritage culturel. Cela nécessite une
réflexion approfondie sur les enjeux liés à la sauvegarde
du patrimoine culturel gabonais et les stratégies à mettre en
place pour relever ce défi. Les politiques publiques et les initiatives
communautaires peuvent jouer un rôle crucial dans la préservation
de la diversité culturelle gabonaise. Il est important de trouver un
équilibre entre la modernisation et la préservation des
traditions culturelles, afin que le Gabon puisse maintenir son identité
unique dans un monde de plus en plus globalisé.
III.1- La mondialisation et ses effets sur les
identités locales
La mondialisation exerce une influence déstabilisante
sur la diversité culturelle gabonaise en favorisant
l'hégémonie des cultures occidentales, notamment par la diffusion
massive des médias, des technologies de communication et des produits
culturels occidentaux. La pénétration des médias
internationaux, tels que CNN, BBC ou les plateformes de streaming comme
Netflix, contribue à une homogénéisation des modes de vie,
des valeurs et des expressions culturelles, au détriment des
spécificités locales.
Par exemple, la popularité croissante de la musique
commerciale occidentale et de la mode occidentale chez les jeunes Gabonais
menace la pérennité des expressions culturelles traditionnelles,
telles que le mvet ou le ngog, qui sont des formes artistiques ancestrales
liées à la société et à la
spiritualité. La langue française, imposée par le
système éducatif colonial, tend également à
marginaliser les langues autochtones comme le Myene, le Fang ou le Punu, qui
incarnent des éléments fondamentaux de l'identité
culturelle gabonaise.
27
L'urbanisation rapide, souvent associée à une
migration massive vers la capitale Libreville, favorise une uniformisation des
pratiques culturelles et une perte progressive des rituels traditionnels. La
mondialisation, en favorisant la consommation de produits culturels non locaux,
tend à effacer la diversité culturelle en imposant un
universalisme qui ne laisse que peu de place à la différenciation
locale. La menace immédiate réside ainsi dans le risque d'un
effacement progressif des patrimoines immatériels, inscrits dans les
pratiques, croyances et savoir-faire traditionnels.
III.2- Les politiques culturelles et initiatives de
sauvegarde
Face à ces défis, les politiques publiques au
Gabon ont progressivement intégré la préservation du
patrimoine culturel dans leur agenda national. La création
d'institutions telles que l'Agence Gabonaise de Développement et de
Promotion des Arts (AGADA) et la mise en place de programmes spécifiques
par le ministère de la Culture illustrent cette volonté de
sauvegarde. Toutefois, leur efficacité reste limitée par des
contraintes financières, administratives et par le manque de
stratégies de valorisation adaptées25.
Une initiative emblématique est la classification par
l'UNESCO de plusieurs éléments du patrimoine culturel
immatériel gabonais, notamment le Ngil, cérémonie
traditionnelle fang inscrite sur la liste représentative du patrimoine
culturel immatériel de l'humanité en 2018. Cette reconnaissance
internationale constitue une étape cruciale pour la sensibilisation et
la mobilisation autour de la sauvegarde de ces pratiques26.
Par ailleurs, des efforts locaux ont été
entrepris pour la documentation et la transmission des savoirs traditionnels.
Des ONG telles que Gabon Culture ont lancé des programmes de formation
pour les jeunes dans la fabrication artisanale, la danse et la musique
traditionnelles, afin de prévenir leur disparition. La
numérisation des archives et la création de musées
spécialisés, comme le Musée National des Arts et
Traditions du Gabon, participent également à une démarche
de conservation. Mais ces politiques restent souvent ponctuelles ou peu
coordonnées, nécessitant une volonté politique forte, un
financement durable et l'implication des communautés autochtones pour
assurer une véritable sauvegarde participative et adaptée
à la réalité locale.
25 Nkoumbou, L. La musique traditionnelle
gabonaise face à la mondialisation. Revue Gabonaise de Culture,
2019. 3(2), P. 45-67.
26 UNESCO. Listes du patrimoine culturel
immatériel de l'humanité. Organisation des Nations Unies pour
l'éducation, la science et la culture, 2018
III.3- Le rôle des mouvements artistiques et
littéraires
Les mouvements artistiques et littéraires jouent un
rôle crucial dans la revendication, la revitalisation et la transmission
des identités culturelles gabonaises. Depuis les années 1990, une
renaissance culturelle s'est manifestée à travers la
littérature, la musique, la danse et les arts plastiques, favorisant une
réappropriation des symboles traditionnels.
La littérature gabonaise, incarnée par des
auteurs comme Laurent Owondo, Jean Malongo et Ludovic Obiang Ndong a su
mêler la langue française à des éléments
issus des langues autochtones, tout en abordant des thématiques
identitaires, post-coloniales et contemporaines. Ces écrivains ont
permis une réflexion critique sur l'identité gabonaise, tout en
valorisant la richesse de leur patrimoine oral et écrit. De plus, ces
auteurs ont contribué à la richesse et à la
diversité de la littérature gabonaise, et ont permis de
représenter la culture et la société gabonaise de
manière authentique et originale.
Dans la musique, des artistes comme Patience Dabany ou des
groupes comme Mauvaise Haleine ont fusionné rythmes traditionnels avec
des genres modernes, créant une musique qui célèbre
à la fois la tradition et la modernité. La musique mvet, par ses
chants polyphoniques et ses rythmes percussifs, constitue un vecteur fort
d'affirmation identitaire et de résistance à l'uniformisation
culturelle27.
Les mouvements artistiques, en intégrant des
éléments traditionnels dans leurs oeuvres, jouent un rôle
de catalyseur dans la construction d'une conscience culturelle collective. La
valorisation des arts plastiques, à travers des expositions et des
festivals comme le Festival Gabao, permet de promouvoir la diversité du
patrimoine visuel et symbolique du pays. Ces initiatives renforcent le
sentiment d'appartenance et contribuent à la résilience des
identités locales face à la mondialisation.
28
27 5. Ministère de la Culture du Gabon.
Rapport annuel sur la sauvegarde du patrimoine culturel. 2022
29
CONCLUSION DU CHAPITRE III
En définitive, la préservation culturelle au
Gabon constitue un défi majeur, intimement lié à la
richesse incomparable de son patrimoine. La diversité ethnique, avec
plus de quarante groupes autochtones tels que les Massango, Nzebi, Tsogho,
Fang, les Kota, Punu... porte en elle une mosaïque de traditions, langues,
et savoir-faire uniques, témoins d'une histoire millénaire.
Cependant, cette richesse est aujourd'hui fragilisée par les forces
conjuguées de la modernisation, de l'urbanisation rapide avec un taux
d'urbanisation dépassant 88 % selon les données de 2020 et la
mondialisation qui tendent à uniformiser les modes de vie et les
expressions culturelles.
Face à ces menaces, le Gabon se trouve à la
croisée des chemins : d'un côté, la nécessité
de préserver cet héritage intangible qui, loin d'être un
simple vestige du passé, est un levier essentiel d'identité et de
développement durable ; de l'autre, l'impératif d'intégrer
les dynamiques contemporaines sans aliéner ses racines. Les institutions
publiques, telles que le Ministère de la Culture et des Arts, ont
multiplié les initiatives, notamment à travers la mise en place
de politiques de valorisation des langues et du patrimoine immatériel,
parfois en partenariat avec l'UNESCO. Toutefois, ces mesures peinent encore
à toucher efficacement les populations rurales et les jeunes
générations.
C'est précisément là que l'implication
des communautés locales et des acteurs privés revêt toute
son importance. Le développement d'écotourisme culturel, la
création de festivals traditionnels comme le Festival National des Arts
et de la Culture (FESNAC), ainsi que la valorisation des artisans locaux sont
autant d'exemples concrets de mobilisation collective. Ils démontrent
que la culture gabonaise ne se préserve pas seulement dans les
musées ou les archives, mais se vit et se transmet au coeur même
des communautés.
La question qui s'impose alors est la suivante : comment
conjuguer efficacement tradition et modernité pour garantir une
transmission vivante et authentique aux générations futures ?
Peut-être que la solution réside dans un dialogue
renouvelé, ouvert et pluridisciplinaire, entre la technologie et les
savoirs ancestraux, entre l'État, la société civile et le
secteur privé. À l'heure où les réseaux
numériques offrent de nouvelles plateformes pour diffuser les
patrimoines culturels, le Gabon pourrait ainsi envisager une nouvelle forme de
préservation, plus inclusive et innovante.
30
En somme, préserver la culture gabonaise aujourd'hui,
c'est défendre un avenir où l'identité ne serait ni
figée ni diluée, mais au contraire renforcée par la
conscientisation collective de son importance. La réflexion
engagée doit se poursuivre, notamment autour des moyens concrets
à mettre en oeuvre pour assurer une transmission durable, ainsi que des
mécanismes d'évaluation de ces actions. La richesse culturelle du
Gabon ne sera véritablement sauvegardée que si chaque acteur, du
plus haut sommet de l'État au village le plus reculé, s'engage
dans cette mission commune et vit l'acte de préservation comme un projet
d'émancipation et de fierté nationale.
31
DEUXIEME PARTIE :
APPROCHE PEDAGOGIQUE POUR UNE ADAPTATION CULTURELLE
DE L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE DU GABON
32
CHAPITRE IV : ANALYSE CRITIQUE DES PRATIQUES
D'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE DU GABON
L'analyse des contenus et la méthodologie de l'histoire
du Gabon sont des aspects cruciaux pour comprendre et interpréter
l'évolution de ce pays africain. En effet, en étudiant de
manière approfondie les différentes sources historiques et en
appliquant des méthodes rigoureuses, les historiens peuvent non
seulement reconstruire le passé du Gabon, mais également mettre
en lumière des aspects jusqu'alors méconnus de son histoire. Par
exemple, en examinant les archives coloniales, les récits oraux des
populations locales et les travaux des chercheurs contemporains, les historiens
peuvent établir des narratifs historiques plus complets et
précis. De plus, la méthodologie utilisée pour analyser
ces contenus doit être rigoureuse et transparente, afin d'assurer la
fiabilité des conclusions tirées.
Comme le souligne l'historien Marc Bloch, "l'analyse des
contenus permet de dépasser les simples faits pour comprendre les
dynamiques et les enjeux sous-jacents de l'histoire d'un pays". Ainsi, en
combinant une analyse approfondie des contenus avec une méthodologie
solide, les historiens de l'histoire du Gabon peuvent contribuer de
manière significative à l'enrichissement des connaissances sur ce
pays et à la compréhension de son passé.
Le contexte éducatif est également
confronté à des défis logistiques et
méthodologiques : les ressources pédagogiques adaptées
à l'histoire gabonaise sont insuffisantes, les enseignants manquent
souvent de formation spécifique et les méthodes restent
majoritairement basées sur la transmission magistrale plutôt que
sur une approche participative et contextualisée. Près de 65 %
des enseignants d'histoire au secondaire estiment ne pas disposer des outils
suffisants pour intégrer efficacement les dimensions culturelles
gabonaises dans leurs cours28.
IV.1 - Evaluation des programmes d'histoire de la
sixième à la terminale
L'évaluation des programmes d'histoire dispensés
au Gabon, de la sixième à la terminale, révèle une
structuration pédagogique qui, si elle respecte globalement les cadres
officiels définis par le Ministère de l'Éducation
nationale, présente néanmoins des limites significatives en
matière d'intégration culturelle et de contextualisation locale.
Pour comprendre cette situation, il convient d'analyser successivement les
contenus
28 Enquête réalisée en 2022
par l'Institut National de Statistiques et des Études
Démographiques (INSED)
33
programmatiques, leur organisation chronologique, ainsi que
les objectifs didactiques qui leur sont associés.
Premièrement, les programmes actuels accordent une
large place à l'histoire générale, notamment
européenne et mondiale, dans une perspective chronologique classique
allant de l'Antiquité à l'époque contemporaine. Par
exemple, en classe de troisième, les élèves
étudient la Révolution française, les guerres mondiales,
ou encore la décolonisation à une échelle internationale,
sans nécessairement approfondir le rôle spécifique ou les
impacts directs sur la région gabonaise. Cette approche, qui ne met en
avant que marginalement l'histoire locale, tend à reléguer la
société gabonaise à une simple passivité dans les
grands événements mondiaux, oubliant ainsi la richesse et la
complexité des dynamiques historiques internes29.
Deuxièmement, en ce qui concerne les programmes
d'histoire du Gabon proprement dits, ceux-ci ne sont véritablement
introduits qu'à partir de la classe de seconde et surtout en
première et terminale, où l'enseignement met l'accent sur les
grandes périodes historiques nationales : la période
précoloniale, la colonisation française, et les étapes de
l'indépendance. Toutefois, ces contenus sont souvent
présentés de manière linéaire, avec une
focalisation excessive sur les dates clés et les
événements politiques majeurs, au détriment d'une analyse
approfondie des pratiques culturelles, sociales et économiques qui
fondent l'histoire vivante des populations gabonaises.
De plus, l'absence d'un corpus structuré
intégrant les traditions orales, les récits des anciens, ou
encore les pratiques coutumières limite la dimension vivante et
identitaire de l'enseignement. Par exemple, les groupes ethniques comme les
Fang, les Nzebi ou les Myene, dont les histoires orales sont très
riches, sont rarement évoqués de manière approfondie en
classe, ce qui contribue à une déconnexion entre les
élèves et leurs racines culturelles.
Sur le plan méthodologique, le déroulement des
cours tend à privilégier la transmission magistrale,
centrée sur le manuel scolaire officiel, sans suffisamment mobiliser
d'autres ressources pédagogiques telles que les archives locales, les
témoignages oraux, ou les supports multimédias. Cette situation
génère un manque d'interactivité et d'engagement chez les
élèves, réduisant la portée formative et critique
de l'enseignement de l'histoire. Par ailleurs, il est rare que les projets
pédagogiques intègrent des sorties éducatives sur des
sites historiques ou des rencontres avec des acteurs culturels locaux, bien que
ces initiatives aient
34
démontré leur efficacité dans d'autres
contextes africains30. Enfin, les programmes actuels ne
prévoient pas, ou très peu, l'évaluation ciblée de
la compréhension et de la valorisation des dimensions culturelles
spécifiques au Gabon. Les examens restent souvent cantonnés
à des questions factuelles sur les événements historiques,
sans inviter les élèves à réfléchir sur leur
patrimoine culturel ou sur le rôle de l'histoire dans la construction de
l'identité nationale. L'évaluation des programmes montre que,
bien qu'ils soient globalement conformes aux standards académiques
internationaux, ils manquent d'une intégration suffisante des
spécificités culturelles gabonaises. Cette lacune compromet la
possibilité pour les élèves de s'approprier pleinement
leur histoire et, par conséquent, de développer un sentiment
d'appartenance et une conscience critique à propos de leur
héritage. Il apparaît donc indispensable de réviser les
contenus et leurs modalités d'enseignement pour mieux répondre
à ces enjeux. La majorité des programmes privilégient une
narration centrée sur l'histoire officielle, souvent
occidentalo-centrique, avec une faible représentation des perspectives
indigènes, des dynamiques sociales, économiques et culturelles
propres au Gabon. La narration tend à marginaliser les acteurs locaux,
leur contribution à l'histoire nationale et leur diversité
culturelle, ce qui limite la construction d'une identité plurielle. La
progression thématique n'est pas toujours cohérente. Par exemple,
la période précoloniale est souvent traitée de
manière sommaire, voire évitée dans certains cycles, au
profit d'une focalisation sur la colonisation et l'indépendance. La
chronologie est parfois mal intégrée, ce qui nuit à la
compréhension des interactions entre les différentes
périodes.
IV.2 - Identification des lacunes culturelles et
didactiques
L'analyse des programmes d'histoire en vigueur, de la
sixième à la terminale, met en lumière plusieurs lacunes
notables tant sur le plan culturel que didactique, qui entravent une
appropriation véritable et profonde de l'histoire gabonaise par les
élèves. Ces insuffisances sont cruciales à relever pour
comprendre les limites du dispositif actuel et orienter les évolutions
pédagogiques.
D'abord, sur le plan culturel, les contenus proposés
restent largement centrés sur une histoire généraliste et
souvent Eurocentrée, reléguant au second plan les dimensions
spécifiques à la richesse culturelle gabonaise, le programme
ignore souvent la multiplicité des groupes ethniques, leur histoire
spécifique et leur contribution à l'histoire nationale. La
35
marginalisation de certaines cultures, notamment celles des
Punu, Tsogo, Fang, Adouma, Puvi, ou des peuples autochtones, limite la
représentativité et la légitimité des contenus
transmis. . Par exemple, les programmes consacrent en moyenne moins de 15 % du
volume horaire total à l'histoire du Gabon, tandis que l'histoire de
l'Afrique subsaharienne ne représente parfois pas plus de 20 % du
cursus. Cela crée une dissonance forte entre les savoirs
enseignés et les contextes de vie des élèves, qui peinent
à se reconnaître pleinement dans ces récits historiques. De
plus, les traditions orales, fondamentales dans la transmission du patrimoine
gabonais, sont quasi absentes du champ pédagogique formel. Or, comme le
souligne la chercheuse Marie-Claire Osseni, ignorer ces modes traditionnels de
transmission revient « à passer à côté d'un pan
essentiel de l'identité historique africaine ». Cette omission
réduit d'autant l'engagement des élèves, qui peuvent
percevoir l'histoire comme un champ étranger, déconnecté
de leur réalité culturelle.
Sur le plan didactique, plusieurs difficultés
apparaissent dans les approches employées. Les méthodes restent
souvent centrées sur une pédagogie magistrale, marquée par
la récitation et la mémorisation de dates et
d'événements, au détriment d'une démarche
réflexive et critique. Par exemple, dans 70 % des établissements
observés lors de l'enquête nationale de 2022 sur les pratiques
pédagogiques, les enseignants utilisent majoritairement les manuels sans
recourir
à des supports complémentaires locaux ou
interactifs. Cette approche limite la capacité des élèves
à établir des liens entre le passé et leur présent
culturel, freinant la construction d'une identité historique dynamique.
En outre, le manque de formation spécifique des enseignants sur les
aspects culturels gabonais aggrave cette situation. Beaucoup se disent
insuffisamment préparés, près de 60 % des professeurs
d'histoire interrogés expriment un besoin urgent de formation
complémentaire sur ces thématiques31.
Enfin, l'absence de ressources pédagogiques
adaptées constitue une entrave majeure. Peu de supports
pédagogiques valorisent les récits locaux, la diversité
ethnique et les différentes langues vernaculaires, ce qui réduit
les points d'accroche pour les élèves. Par ailleurs, les outils
numériques restent peu exploités malgré leur potentiel
à intégrer des éléments multimédias et
interactifs favorisant une meilleure appréhension culturelle. À
titre d'exemple, aucun manuel officiel ne consacre plus de deux pages à
la place des chefferies traditionnelles dans le système social gabonais,
ce qui est largement insuffisant pour saisir leur rôle historique et
contemporain.
36
En somme, l'identification des lacunes culturelles et
didactiques révèle une nécessité impérieuse
de repenser les contenus et les méthodes d'enseignement de l'histoire
gabonaise. Cette revalorisation passera par une meilleure intégration
des dimensions culturelles propres au pays, un renouvellement des
démarches pédagogiques pour les rendre plus participatives et une
formation renforcée des enseignants afin qu'ils deviennent de
véritables médiateurs entre le patrimoine historique gabonais et
les jeunes apprenants.
IV.3 - La structure curriculaire et la progression
pédagogique
Le programme officiel d'histoire au Gabon est structuré
selon une progression chronologique et thématique, allant de la
préhistoire et des sociétés autochtones jusqu'à
l'histoire contemporaine. Cependant, cette structuration présente des
lacunes en termes de continuité et de transversalité. Dans le
programme de troisième, l'accent est mis sur l'héritage
précolonial et la période coloniale. La chronologie est
respectée, mais la profondeur d'analyse reste superficielle, souvent
limitée à une narration descriptive plutôt qu'à une
analyse critique des phénomènes.
En première et en terminale, le programme aborde
l'histoire contemporaine, notamment la période postindépendance,
la gouvernance, les conflits ethniques, et les enjeux géopolitiques.
Cependant, la transition entre ces deux phases est souvent mal
maîtrisée par les élèves, en raison d'un manque
d'articulation claire dans la progression pédagogique. La chronologie
devient plus dense, mais les contenus tendent à être
abordés de manière fragmentée. Ce schéma
pédagogique souffre d'un déficit d'adaptation aux
réalités sociales et politiques du pays, ce qui limite la
capacité des élèves à faire des liens entre
passé et présent. La majorité des programmes ne prend pas
suffisamment en compte la nécessité d'intégrer une
approche critique et réflexive, essentielle pour une
compréhension approfondie de l'histoire nationale.
L'analyse des pratiques actuelles d'enseignement de l'histoire
du Gabon révèle une discipline encore largement dominée
par des méthodes traditionnelles, une progression curriculaire
fragmentée, et une faible capacité à contextualiser les
contenus dans une perspective critique et moderne. Pour renforcer la
qualité de cet enseignement, il est essentiel d'adopter une
pédagogie active, d'intégrer davantage les ressources
numériques et de reformuler les programmes afin de mieux articuler
passé et présent. L'enjeu reste de former une citoyenneté
éclairée, capable de comprendre son histoire, d'analyser ses
enjeux contemporains, et de participer activement à la construction
nationale.
37
Tableau N°1 : leçons d'histoire sur
le Gabon au programme de la sixième à la terminale
|
Classe
|
Leçons d'histoire sur le Gabon par
niveau
|
|
6ème
|
Pas de programme
|
|
5ème
|
Pas de programme
|
|
4ème
|
Pas de programme
|
|
3ème
|
Chapitre 1 : le Gabon précolonial
Leçon 1 : l'organisation sociale, politique,
économique du Gabon
précolonial
Leçon 2 : la migration fang
Chapitre 2 : la colonisation du Gabon
Leçon 1 : l'installation française dans l'estuaire
du komo
Leçon 2 : les explorations et la conquête de
l'arrière-pays
Leçon 3 : l'organisation politique et économique de
de la colonie du
Gabon
Leçon 4 : les résistances à la colonisation
française
Chapitre 7 : la décolonisation du
Gabon Leçon 1 : les causes de la décolonisation Leçon 2 :
les étapes de la décolonisation Chapitre 8 : le
Gabon postcolonial
|
38
|
Leçon 1 : la mise en place des institutions politiques
(1960-1968) Leçon 2 : l'instauration du régime
démocratique (1968-1990)
Leçon 3 : la restauration du régime
démocratique (1990 à nos jours) Leçon 4 : les
avancées et les limites du régime démocratique au Gabon
|
|
2nde
|
Pas de programme
|
|
1ère
|
Leçon 4 : le Gabon dans la première guerre
mondiale Leçon 2 : le Gabon dans la seconde Guerre Mondiale
|
|
Tle
|
Chapitre 3 : la décolonisation de l'Afrique francophone
Leçon 1 : la décolonisation du Gabon
|
Source : Institut Pédagogique National(IPN)
Septembre 2024
D'après le tableau, nous constatons l'absence de
diversité culturelle : Le programme ignore souvent la
multiplicité des groupes ethniques, leur histoire spécifique et
leur contribution à l'histoire nationale. La marginalisation de
certaines cultures, notamment celles des Punu, Tsogo, Fang, ou des peuples
autochtones, limite la représentativité et la
légitimité des contenus transmis.
Manque d'intégration des enjeux identitaires et sociaux
: Les enjeux liés à la construction identitaire, à la
mémoire collective, à la lutte pour la reconnaissance culturelle,
sont peu abordés. Cela contribue à une vision monolithique de
l'histoire nationale, déconnectée des réalités
sociales.
39
CONCLUSION DU CHAPITRE IV
L'analyse critique des pratiques d'enseignement de l'histoire
du Gabon révèle un système marqué par des lacunes
structurelles, didactiques et culturelles. La centralité sur une
narration occidentalo-centrée, la faiblesse des ressources
pédagogiques, et la rigidité curriculaire contribuent à
une compréhension superficielle du passé national. Pour
remédier à ces insuffisances, il est impératif de repenser
la structuration du curriculum en intégrant davantage la
diversité culturelle gabonaise, en adoptant des méthodes
pédagogiques actives et participatives, et en renouvelant les ressources
d'enseignement. La progression pédagogique doit devenir plus flexible,
contextualisée et adaptée aux réalités
socio-historiques du pays. Seule une réforme en profondeur,
centrée sur la valorisation de la pluralité culturelle et sur le
développement de compétences analytiques, pourra renforcer
l'enseignement de l'histoire du Gabon et contribuer à la construction
d'une citoyenneté éclairée et responsable.
40
CHAPITRE V : DEROULEMENT, PRESENTATION ET ANALYSE DES
RESULTATS DE L'ENQUETE
Dans ce chapitre, nous faisons le point de l'enquête
menée sur le terrain concernant notre sujet intitulé
« Enseignement/apprentissage de l'histoire du Gabon de la
sixième à la terminale : éléments de recherche pour
une adaptation culturelle ». Les investigations menées au
sein des différents centres de documentation de la place et les
différentes sources, à savoir les ouvrages
généraux, les sources écrites, orales, mémoires,
thèses et articles ne nous ont pas permis de saisir toute la
complexité de notre problématique. Il nous a donc fallu recourir
à une enquête de type exploratoire afin de nous fournir des
informations supplémentaires et nécessaires sur les pratiques
pédagogiques liées à ce sujet. Ainsi, dans un premier
temps, nous parlerons du déroulement de la recherche du terrain, puis
nous présenterons les résultats avant de proposer une
interprétation de ces derniers
V.1- Le déroulement de l'enquête
Nous avons élaboré cinq questionnaires. Ces
questionnaires, adressés aux enseignants-chercheurs, inspecteurs
pédagogiques, conseillers pédagogiques, enseignants
d'histoire-géographie et aux élèves.
Pour ce qui est des questionnaires, le premier comporte quatre
questions, adressées aux enseignants-chercheurs. Ces questions
permettent d'explorer les aspects clés de l'enseignement/apprentissage
de l'histoire du Gabon, notamment l'intégration des cultures et des
traditions locales, la construction de l'identité nationale et
culturelle, l'adaptation des programmes d'histoire pour refléter la
diversité culturelle et historique du pays, et l'utilisation des
nouvelles technologies pour améliorer l'apprentissage et la
compréhension de l'histoire.
Pour ce qui est du deuxième questionnaire,
adressé aux inspecteurs pédagogiques, on compte également
quatre questions. En effet, Ces questions permettraient de recueillir des
informations précieuses sur le rôle des inspecteurs
pédagogiques dans l'amélioration de l'enseignement de l'histoire
du Gabon et les éléments de recherche pour une adaptation
culturelle.
Le questionnaire numéro trois, comportant
également quatre questions, adressés aux conseillers
pédagogiques. Ces questions permettraient de recueillir des informations
précieuses sur le rôle des conseillers pédagogiques dans
l'amélioration de l'enseignement de l'histoire du Gabon et les
éléments de recherche pour une adaptation culturelle
41
Le questionnaire numéro quatre, adressé aux
enseignants d'histoire-géographie, comporte cinq questions. Ces
questions permettent de comprendre les opinions et les pratiques des
enseignants d'histoire-géographie en matière d'adaptation
culturelle de l'histoire du Gabon, et peuvent aider à améliorer
la qualité de l'enseignement de l'histoire du Gabon en tenant compte des
perspectives et des expériences.
Enfin le questionnaire numéro cinq, adressé au
public cible, les élèves des lycées et collègues,
comportant six questions. L'objectif de ces questions était de
comprendre les opinions et les besoins des élèves en
matière d'enseignement/apprentissage de l'histoire du Gabon, et peuvent
aider à améliorer la qualité de l'éducation en
tenant compte des perspectives et des suggestions des élèves.
Nous avons procédé par la méthode des
questionnaires. En effet, cette méthode permet de recueillir les
informations dans les délais les plus bref, afin de permettre aux
répondants de bien murir leurs réponses avant de répondre
sur le questionnaire. Cette méthode permet d'analyser plus rapidement en
ayant une bonne visibilité et compréhension des données
récoltées.
Tableau N° 2 : Récapitulatif
de l'échantillon
|
Catégorie des personnes interrogées
|
Questionnaires distribués
|
Questionnaires Restitués
|
|
Enseignants-chercheurs
|
5
|
5
|
|
Inspecteurs pédagogiques
|
5
|
2
|
|
Conseillers pédagogiques
|
5
|
3
|
|
Enseignants d'histoire géographie
|
10
|
8
|
|
Elèves
|
20
|
13
|
Le délai laissé aux intéressés
pour le remplissage du questionnaire était fixé à cinq
jours. Malheureusement, les répondants n'ont pas toujours
respectés cette consigne. Nous n'avons pas pu tous les avoir
Nous avons néanmoins pu obtenir une bonne partie de ces
derniers. Le nombre de questionnaire restitué nous a paru suffisant pour
mener à bien notre étude.
42
V.2 - Présentation des résultats
Nous avons distribué un nombre total de quarante-cinq
questionnaires aux enseignants-chercheurs, inspecteurs pédagogiques,
conseillers pédagogiques, enseignants d'histoire-géographie et
enfin aux élèves des lycées et collèges.
Tableau N°3 : Représentatif
des effectifs interrogés
|
Enseignants-chercheurs
|
5
|
5
|
|
Inspecteurs pédagogiques
|
5
|
2
|
|
Conseillers pédagogiques
|
5
|
3
|
|
Enseignants d'histoire-géographie
|
10
|
8
|
|
Elèves
|
20
|
15
|
|
Total
|
45
|
33
|
|
Pourcentages
|
100%
|
33%
|
Source : Bekale Nzamba Mave,
enquête de terrain, juin 2025
Sur un total de 5 questionnaires distribués aux
enseignants chercheurs nous avons recueilli la totalité, soit un
pourcentage de 100%.
Pour ce qui est des inspecteurs pédagogiques, sur un total
de 5 questionnaires, seulement 2 ont pu être restitué, soit un
pourcentage de 40%.
Chez les conseillers pédagogiques, sur un total de 5
questionnaires, nous avons pu recueillir 3, soit un pourcentage de 60%
Avec les enseignants d'histoire-géographie, sur un total
de 10 questionnaires, nous avons eu un retour de 8, soit 80%
Par contre, chez les élèves des lycées et
collèges, nous avons distribués un total de 20 questionnaires,
nous avons pu recueillir 15 soit un pourcentage de 75%. Au regard de ces
pourcentages, nous avons estimons que l'échantillon peut être
valablement représentatif
V.3 - Analyse et critique
L'analyse des résultats reposent essentiellement sur le
dépouillement des données de l'enquête.
43
a- Dépouillement et analyse du questionnaire
des enseignants-chercheurs
Quatre questions ont été adressées aux
enseignants-chercheurs. A ces questions, les réponses ci-dessous ont
été obtenues
1) Intégration des cultures et traditions
locales dans l'enseignement de l'histoire du Gabon
- Les enseignants-chercheurs s'accordent sur l'importance
d'intégrer les cultures et traditions locales dans l'enseignement de
l'histoire du Gabon pour rendre l'apprentissage plus pertinent et engageant
pour les élèves.
- Ils proposent d'utiliser des ressources pédagogiques
authentiques, des projets de recherche et des présentations orales pour
intégrer les cultures et traditions locales dans l'enseignement.
2) Impact de l'enseignement de l'histoire du Gabon
sur la construction de l'identité nationale et culturelle
- Les enseignants-chercheurs soulignent l'importance de
l'enseignement de l'histoire du Gabon pour la construction de l'identité
nationale et culturelle des élèves gabonais.
- Ils estiment que l'enseignement de l'histoire du Gabon peut
aider les élèves à comprendre leur passé et leur
culture, et à développer une fierté nationale et
culturelle.
3) Adaptation des programmes d'histoire du
Gabon
- Les enseignants-chercheurs s'accordent sur l'importance
d'adapter les programmes d'histoire du Gabon pour mieux refléter la
diversité culturelle et historique du pays.
- Ils proposent d'intégrer des contenus qui
reflètent les différentes cultures et traditions du Gabon, et
d'utiliser des approches pédagogiques plus inclusives et plus
respectueuses de la diversité culturelle.
4) Utilisation des nouvelles technologies
- Les enseignants-chercheurs soulignent l'importance de
l'utilisation des nouvelles technologies pour enseigner l'histoire du Gabon de
manière plus interactive et plus engageante pour les
élèves.
44
- Ils proposent d'utiliser des outils numériques pour
créer des simulations, des scènes de théâtre et des
activités interactives qui aident les élèves à
comprendre l'histoire du Gabon de manière plus approfondie.
En résumé, les enseignants-chercheurs soulignent
l'importance de prendre en compte la diversité culturelle et historique
du Gabon dans l'enseignement de l'histoire, d'adapter les programmes d'histoire
pour mieux refléter cette diversité, et d'utiliser des
stratégies pédagogiques innovantes et des outils
numériques pour améliorer l'enseignement et l'apprentissage de
l'histoire du Gabon.
b- Dépouillement et analyse du questionnaire des
inspecteurs pédagogiques
Le questionnaire des inspecteurs pédagogiques comporte
quatre questions. A ces questions, les réponses ci-dessous ont
été recueillies
1) Objectifs et évaluation de l'enseignement de
l'histoire du Gabon
- Les inspecteurs pédagogiques s'accordent sur
l'importance de vérifier que les enseignants maîtrisent les
programmes et les méthodes d'enseignement, et que les
élèves acquièrent les connaissances et les
compétences nécessaires pour comprendre l'histoire du Gabon.
- Ils proposent d'évaluer l'efficacité de
l'enseignement de l'histoire du Gabon en observant les pratiques
pédagogiques des enseignants, en analysant les productions des
élèves et en discutant avec les enseignants et les
élèves pour comprendre leurs perceptions de l'enseignement.
2) Défis et besoins des enseignants
- Les inspecteurs pédagogiques identifient les
défis que les enseignants rencontrent lors de l'enseignement de
l'histoire du Gabon, tels que la disponibilité des ressources
pédagogiques, la motivation des élèves et la
complexité des contenus à enseigner.
- Ils proposent de fournir des conseils et des ressources
pédagogiques supplémentaires, d'organiser des formations et des
ateliers pour améliorer les compétences des enseignants, et de
les encourager à partager leurs expériences et leurs bonnes
pratiques.
3) 45
Approche pédagogique et diversité
culturelle
- Les inspecteurs pédagogiques soulignent l'importance
de prendre en compte la diversité culturelle et historique du Gabon dans
l'enseignement de l'histoire.
- Ils proposent de promouvoir l'intégration de
contenus et de méthodes d'enseignement qui reflètent la richesse
culturelle et historique du Gabon, et d'encourager les enseignants à
utiliser des approches pédagogiques plus inclusives et plus
respectueuses de la diversité culturelle.
4) Rôle des inspecteurs
pédagogiques
- Les inspecteurs pédagogiques soulignent leur
rôle dans l'évaluation de l'efficacité de l'enseignement de
l'histoire du Gabon, l'identification des domaines qui nécessitent une
amélioration, et la fourniture de conseils et de ressources
pédagogiques supplémentaires aux enseignants.
En résumé, les inspecteurs pédagogiques
soulignent l'importance de prendre en compte la diversité culturelle et
historique du Gabon dans l'enseignement de l'histoire, de fournir des conseils
et des ressources pédagogiques supplémentaires aux enseignants,
et d'évaluer l'efficacité de l'enseignement de l'histoire du
Gabon pour identifier les domaines qui nécessitent une
amélioration.
c- Dépouillement et analyse du questionnaire des
conseillers pédagogiques Quatre questions ont été
posées. Les réponses ci-dessous ont été obtenues
1) Quels sont les principaux défis que les
enseignants d'histoire rencontrent lors de l'enseignement de l'histoire du
Gabon, et comment les conseillers pédagogiques peuvent-ils les aider
à surmonter ces défis ?
- Les conseillers pédagogiques pourraient identifier
les principaux défis que les enseignants d'histoire rencontrent lors de
l'enseignement de l'histoire du Gabon, tels que le manque de ressources
pédagogiques adaptées, la difficulté de rendre l'histoire
pertinente pour les élèves, et la nécessité de
prendre en compte la diversité culturelle et historique du Gabon.
- Ils pourraient suggérer des stratégies pour
aider les enseignants à surmonter ces défis, telles que la
formation continue, la mise en place de ressources pédagogiques
adaptées, et l'encouragement à l'innovation
pédagogique.
46
2) Comment les conseillers pédagogiques
peuvent-ils contribuer à la mise en place d'une approche
pédagogique qui prend en compte la diversité culturelle et
historique du Gabon dans l'enseignement de l'histoire ?
- Les conseillers pédagogiques pourraient
décrire leur rôle dans la promotion d'une approche
pédagogique qui valorise la diversité culturelle et historique du
Gabon, en encourageant les enseignants à intégrer des contenus et
des méthodes pédagogiques qui reflètent la richesse
culturelle et historique du pays.
3. Quels sont les moyens que les conseillers
pédagogiques peuvent utiliser pour aider les enseignants à
développer des stratégies pédagogiques innovantes pour
enseigner l'histoire du Gabon ?
- Les conseillers pédagogiques pourraient partager des
stratégies pour aider les enseignants à développer des
stratégies pédagogiques innovantes pour enseigner l'histoire du
Gabon, telles que l'utilisation de technologies numériques, la mise en
place de projets de recherche, et l'organisation de sorties
pédagogiques.
4. Comment les conseillers pédagogiques
peuvent-ils évaluer l'efficacité de l'enseignement de l'histoire
du Gabon et identifier les domaines qui nécessitent une
amélioration ?
- Les conseillers pédagogiques pourraient
décrire les méthodes qu'ils utilisent pour évaluer
l'efficacité de l'enseignement de l'histoire du Gabon, telles que les
observations de classe, les entretiens avec les enseignants et les
élèves, et l'analyse des résultats des
évaluations.
En résumé, les réponses des conseillers
pédagogiques fournissent des informations précieuses sur leur
rôle dans l'amélioration de l'enseignement de l'histoire du Gabon
et les éléments de recherche pour une adaptation culturelle. Ces
informations pourraient être utilisées pour améliorer la
qualité de l'enseignement de l'histoire du Gabon et pour promouvoir une
approche pédagogique qui valorise la diversité culturelle et
historique du pays.
d) Dépouillement et analyse du questionnaire
des enseignants d'histoire-géographie Cinq questions ont
été posées à ces enseignants. Voici l'ensemble des
réponses proposés.
1) Comment les programmes d'histoire du Gabon
pourraient-ils être adaptés pour mieux refléter la
diversité culturelle et historique du pays ?
47
- Les enseignants d'histoire-géographie pensent que les
programmes d'histoire du Gabon pourraient être adaptés pour mieux
refléter la diversité culturelle et historique du pays en
intégrant des contenus qui reflètent les différentes
cultures, traditions et périodes de l'histoire du Gabon.
2) Quelles sont les stratégies
pédagogiques que vous utilisez pour intégrer les cultures et les
traditions locales dans vos cours d'histoire du Gabon ?
- Les stratégies pédagogiques utilisées
par les enseignants pour intégrer les cultures et les traditions locales
dans leurs cours d'histoire du Gabon incluent des projets de recherche, des
présentations orales, des discussions de groupe, des simulations, des
jeux et des activités interactives.
3) Comment les enseignants d'histoire du Gabon
peuvent-ils contribuer à la promotion de la diversité culturelle
et historique du pays à travers leur enseignement ?
- Les enseignants d'histoire-géographie pensent que
leur rôle est crucial dans la promotion de la diversité culturelle
et historique du pays à travers leur enseignement, en utilisant des
approches pédagogiques qui valorisent la diversité culturelle et
encouragent les élèves à explorer leur propre culture et
histoire.
4) Quels sont les défis que vous rencontrez
lors de l'adaptation culturelle de l'histoire du Gabon, et comment les
surmontez-vous ?
- Les défis que les enseignants rencontrent lors de
l'adaptation culturelle de l'histoire du Gabon incluent la disponibilité
des ressources pédagogiques, la motivation des élèves, la
complexité des contenus à enseigner et la nécessité
de prendre en compte les différents niveaux de compréhension des
élèves. Les enseignants utilisent des stratégies telles
que l'utilisation de ressources pédagogiques alternatives,
l'encouragement des élèves à prendre une part active dans
leur apprentissage et l'utilisation d'approches pédagogiques
différenciées pour surmonter ces défis.
5) Comment évaluez-vous l'efficacité de
l'adaptation culturelle de l'histoire du Gabon dans vos cours, et quels sont
les indicateurs de réussite que vous utilisez ?
- Les enseignants évaluent l'efficacité de
l'adaptation culturelle de l'histoire du Gabon dans leurs cours en utilisant
des outils d'évaluation qui mesurent les compétences et les
connaissances des élèves, en observant les progrès des
élèves et en leur demandant de
48
réfléchir sur leur propre apprentissage. Les
indicateurs de réussite utilisés incluent les productions des
élèves, les discussions de groupe et les résultats des
évaluations.
Dépouillement et analyse du questionnaire des
élèves
Six questions ont été posées aux
élèves des lycées et collèges. Les réponses
apportées par les élèves ci-dessous
1) Pourquoi pensez-vous que l'histoire du Gabon est
importante ?
- Les élèves pensent que l'histoire du Gabon
est importante pour comprendre la société gabonaise, leur
passé, leur culture et leur identité. Certains
élèves mentionnent que cela les aide à mieux comprendre
leur place dans le monde et leur éducation civique et culturelle.
2) Avez-vous étudié des aspects de la
culture et de l'histoire du Gabon qui vous ont intéressé
?
- Certains élèves ont étudié
l'histoire de la colonisation du Gabon, l'histoire de leur peuple ou d'autres
aspects de la culture et de l'histoire du Gabon qui les ont
intéressés.
3) Pensez-vous que les cours d'histoire du Gabon
reflètent bien la diversité culturelle et historique du pays
?
- Certains élèves pensent que les cours
d'histoire du Gabon reflètent bien la diversité culturelle et
historique du pays, tandis que d'autres pensent que les cours pourraient
être plus approfondis ou plus interactifs.
4) Quels contenus aimeriez-vous voir plus dans les
cours d'histoire du Gabon ?
- Les élèves suggèrent de voir plus de
contenus sur les personnages historiques gabonais, les traditions et les
coutumes gabonaises, les événements actuels du Gabon et les
relations entre le Gabon et les autres pays africains.
5) Pensez-vous que l'étude de l'histoire du
Gabon a un impact sur votre identité ?
- Certains élèves pensent que l'étude de
l'histoire du Gabon les aide à mieux comprendre leur identité
culturelle et leur place dans la société, tandis que d'autres ne
pensent pas que cela ait un impact direct sur leur identité.
49
6) Quelles suggestions avez-vous pour améliorer
les cours d'histoire du Gabon ?
- Les élèves suggèrent que les
enseignants utilisent des méthodes plus interactives, donnent plus de
liberté aux élèves pour choisir les sujets qu'ils veulent
étudier et les méthodes qu'ils veulent utiliser pour les
présenter, et utilisent des technologies modernes pour rendre les cours
plus intéressants et plus interactifs. Certains élèves
suggèrent également que les enseignants encouragent les
discussions et les débats pour aider les élèves à
développer leurs compétences en analyse et en argumentation.
50
Conclusion du chapitre V
Les enseignants chercheurs, inspecteurs pédagogiques,
conseillers pédagogiques, enseignants d'histoire-géographie et
les élèves partagent une vision commune sur l'importance de
l'histoire du Gabon pour comprendre la société gabonaise et son
développement. Ils estiment que les cours d'histoire du Gabon devraient
refléter la diversité culturelle et historique du pays et inclure
des contenus sur la culture et les traditions gabonaises, les personnages
historiques gabonais et les événements historiques importants du
Gabon.
Ils suggèrent que les enseignants utilisent des
méthodes pédagogiques interactives et innovantes pour rendre les
cours plus intéressants et plus engageants. Les élèves
devraient avoir plus de liberté pour choisir les sujets qu'ils veulent
étudier et les méthodes qu'ils veulent utiliser pour les
présenter.
L'étude de l'histoire du Gabon peut avoir un impact
positif sur l'identité culturelle des élèves, en leur
permettant de mieux comprendre leur passé, leur culture et leur
identité. Les cours d'histoire du Gabon devraient être plus
approfondis et plus interactifs pour répondre aux besoins des
élèves et leur permettre de développer leurs
compétences en analyse et en argumentation.
En général, les enseignants et les
élèves sont d'accord sur la nécessité de rendre les
cours d'histoire du Gabon plus attractifs et plus pertinents pour les
élèves, afin de leur permettre de mieux comprendre leur histoire
et leur culture.
51
CHAPITRE VI : IMPORTANCE DE L'ADAPTATION CULTURELLE
DANS
L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE DU Gabon
L'enseignement de l'histoire au Gabon constitue un enjeu
crucial pour la construction de l'identité nationale, la
compréhension des dynamiques sociales, et la valorisation du patrimoine
culturel. Toutefois, cet enseignement doit être adapté aux
réalités culturelles, sociales, et historiques du pays pour
être pertinent et efficace. La présente étude propose une
analyse approfondie de l'adaptation culturelle de l'enseignement de l'histoire
du Gabon, de la Sixième à la Terminale, en intégrant des
dimensions pédagogiques, socio-culturelles et historiques.
L'intégration de l'histoire et du patrimoine culturel
gabonais dans les programmes scolaires constitue un axe stratégique pour
renforcer l'identité nationale, promouvoir la connaissance du
patrimoine, et éveiller le sentiment d'appartenance chez les jeunes. La
visite des musées et l'organisation de sorties scolaires dans le cadre
de l'éducation culturelle jouent un rôle central dans cette
démarche. Ces activités permettent une transmission vivante,
concrète et immersive de l'histoire du Gabon, en associant la
théorie à la pratique. Leur adaptation dans les curricula du
collège et lycée doit reposer sur une démarche
pédagogique structurée, contextualisée et accessible, afin
de répondre aux enjeux éducatifs et culturels du
pays32.
VI.1 - Les musées comme espaces
pédagogiques pour l'histoire locale et nationale
Les musées jouent un rôle fondamental dans
l'enseignement de l'histoire en offrant des espaces pédagogiques
où la mémoire collective gabonaise s'incarne concrètement.
Ainsi, ils ne se contentent pas d'être de simples conservateurs d'objets,
mais deviennent des laboratoires vivants où l'histoire locale et
nationale peut être apprise de manière active et immersive. Cette
dimension pédagogique se traduit par diverses activités et
initiatives qui contribuent à ancrer l'histoire dans les consciences,
particulièrement chez les jeunes générations.
D'abord, les musées gabonais, tels que le Musée
National du Gabon à Libreville ou le Musée des Arts et Traditions
du Gabon, proposent des expositions permanentes et temporaires dont les
contenus sont rigoureusement élaborés selon les programmes
scolaires et les référentiels éducatifs nationaux. Ces
expositions permettent d'aborder des thématiques variées, allant
de l'ère précoloniale, avec les civilisations bantoues, aux
périodes coloniales et
52
postindépendance. Par exemple, le Musée National
expose des artefacts traditionnels tels que les statuettes, qui illustrent non
seulement des pratiques artistiques mais aussi des croyances et des structures
sociales anciennes. Ces objets, présentés avec des panneaux
explicatifs et des guides audiovisuels, facilitent la compréhension des
élèves sur le vécu de leurs ancêtres.
En outre, les musées facilitent une approche
pédagogique multi sensorielle et participative. Grâce à des
ateliers éducatifs, des reconstitutions historiques, voire des visites
guidées thématiques, les élèves sont invités
à interagir avec les objets et les récits, ce qui favorise une
meilleure assimilation des connaissances. Selon une étude menée
en 2019 par le Ministère de la Culture gabonais, près de 65 % des
enseignants interrogés ont affirmé que les visites
muséales augmentent significativement l'intérêt des
élèves pour l'histoire, en particulier lorsque ces visites sont
suivies d'activités pédagogiques adaptées. Ces
pédagogies différenciées encouragent la réflexion
critique et replacent les élèves en position d'acteurs de leur
apprentissage.
Par ailleurs, les espaces muséaux servent de plateforme
de rencontre entre générations, permettant un dialogue
intergénérationnel autour de l'histoire locale. Les récits
oraux et les témoignages recueillis, souvent intégrés dans
les expositions, valorisent la culture immatérielle gabonaise et
renforcent le sentiment d'appartenance identitaire. Cela est essentiel dans un
pays où les divers groupes ethniques cohabitent, facilitant ainsi la
compréhension mutuelle et la cohésion sociale à travers
une connaissance partagée de l'histoire.
Enfin, la dimension pédagogique des musées au
Gabon s'inscrit aussi dans une perspective d'éducation au patrimoine et
à la citoyenneté. Les visites muséales sensibilisent les
élèves à la préservation du patrimoine culturel,
renforçant ainsi leur rôle futur de gardiens de cette
mémoire. Le système éducatif gabonais, via le partenariat
entre le ministère de l'Éducation nationale et celui de la
Culture, encourage formellement l'intégration de ces visites dans les
cursus scolaires, soulignant l'importance de ces espaces dans la formation des
futurs citoyens conscients et fiers de leur histoire.
L'expérience immersive offerte par les musées
revêt un rôle fondamental dans l'apprentissage de l'histoire au
Gabon. En effet, contrairement à l'approche purement théorique
dispensée en classe, la visite muséale plonge les
élèves dans un environnement où les artefacts, les
reconstitutions et les dispositifs multimédias facilitent une
appréhension concrète et vivante du passé. Cette immersion
sensorielle et émotionnelle agit comme un levier puissant pour ancrer
les connaissances historiques.
53
D'une part, l'entrée dans un espace muséal
permet aux visiteurs de confronter directement les objets patrimoniaux tels que
les masques fang, les sculptures koto ou encore les armes traditionnelles
témoins authentiques des pratiques et croyances ancestrales. Une
étude menée par le Centre National de Documentation du Gabon
révèle que 78 % des élèves sondés
après une visite au Musée National des Arts et Traditions
Libreville ont déclaré mieux comprendre les dynamiques
culturelles de leur histoire grâce à ce contact
privilégié avec les pièces originales. Cette
expérience tangible suscite un sentiment de proximité avec les
acteurs historiques, favorisant ainsi une meilleure
mémorisation33.
D'autre part, la mise en scène scénographique et
les outils interactifs développés dans certains musées
gabonais accentuent cette immersion. Par exemple, le Musée des
Civilisations du Gabon offre des espaces d'exposition avec des dispositifs
audiovisuels interactifs qui retracent le parcours des différentes
ethnies du pays. Ces supports multimédias stimulent plusieurs formes
d'intelligence et permettent à l'apprenant d'être actif dans sa
découverte, ce qui, selon les travaux de Howard Gardner sur les
intelligences multiples, améliore significativement la restitution et la
compréhension des savoirs complexes.
Par ailleurs, la dimension émotionnelle
engendrée par cette immersion ne doit pas être
sous-estimée. En confrontant les visiteurs à l'histoire souvent
méconnue ou oubliée, les musées créent une empathie
historique qui humanise le récit. Ainsi, les élèves ne se
contentent pas de mémoriser des dates ou des faits, mais
développent une conscience critique et identitaire. Comme l'a
souligné le chercheur gabonais Pierre Ondo : « l'immersion
muséale ne se limite pas à la transmission de savoirs, elle forge
un lien affectif durable avec le passé qui incite à la
préservation et à la valorisation du patrimoine ».
En somme, l'expérience immersive constitue un vecteur
irremplaçable pour approfondir la compréhension historique au
Gabon. Elle conjugue authenticité des artefacts, innovation
pédagogique et dimension émotionnelle, contribuant ainsi à
une assimilation plus riche et durable des contenus enseignés. C'est
pourquoi son intégration systématique dans les parcours ...
La visite des musées est un moyen essentiel de
transmettre la culture et l'histoire au Gabon. En effet, les musées
regorgent de pièces uniques et d'expositions qui permettent aux
visiteurs de découvrir et d'apprendre sur le patrimoine culturel du
pays.
Léon Koumba, les musées gabonais : patrimoine,
enjeux et développement. Libreville : institut Gabonais
d'archéologie, 2019
54
En outre, la visite des musées est un outil
pédagogique précieux pour l'enseignement de l'histoire dans les
milieux scolaires. En permettant aux élèves de voir et de toucher
des artefacts historiques, les musées rendent l'apprentissage de
l'histoire plus concret et plus vivant. De plus, les visites guidées et
les programmes éducatifs proposés par les musées
permettent aux élèves de compléter leur apprentissage en
classe et d'approfondir leurs connaissances sur des sujets
spécifiques.
Selon une étude réalisée par l'UNESCO,
les visites des musées améliorent la compréhension et la
rétention des connaissances historiques chez les élèves.
De plus, cela favorise le développement de compétences telles que
l'observation, l'analyse critique et la pensée
créative34.
En optimisant l'apprentissage de l'histoire dans les milieux
scolaires, la visite des musées encourage les élèves
à s'intéresser davantage à leur patrimoine culturel et
à développer un sentiment d'appartenance à leur pays.
Comme l'a si bien dit Nelson Mandela, "L'éducation est l'arme la plus
puissante que l'on puisse utiliser pour changer le monde". En donnant aux
élèves la possibilité d'apprendre et de s'immerger dans
l'histoire de leur pays à travers les musées, nous contribuons
à former des citoyens éclairés et engagés dans la
préservation de leur culture et de leur histoire.
En somme, les musées gabonais constituent des espaces
pédagogiques incontournables où l'histoire locale et nationale
est transmise avec une richesse et une profondeur que les seuls manuels
scolaires ne sauraient offrir. Leur rôle dépasse la simple
conservation pour devenir un véritable levier éducatif,
mobilisant des outils variés et des approches innovantes afin de
renforcer la connaissance historique et culturelle des élèves
gabonais.
VI.2 - L'importance des sorties scolaires dans
l'enseignement de l'histoire
Les sorties scolaires jouent un rôle fondamental dans
l'enseignement de l'histoire, notamment lorsqu'il s'agit d'assurer une
immersion active des élèves dans le patrimoine culturel gabonais.
Cette immersion dépasse la simple acquisition théorique des
connaissances pour s'ancrer dans une expérience concrète et
sensorielle, essentielle à une meilleure compréhension et
appropriation du passé.
Premièrement, ces sorties permettent aux
élèves de découvrir directement les sites historiques, les
musées, ainsi que les monuments emblématiques du Gabon, tels que
le site de la ville de
34
https://fr.unesco.org/initiatives/patrimoine-oral
55
Libreville ou encore les vestiges de l'époque coloniale
à Port-Gentil. Par exemple, une visite au musée national des arts
et traditions du Gabon expose les élèves à une multitude
d'objets traditionnels et ancestraux des masques fang aux instruments de
musique typiques leur offrant ainsi un contact direct avec des
éléments patrimoniaux qu'ils ne pourraient appréhender
pleinement à travers un manuel scolaire. Selon une étude
menée par l'Institut gabonais de pédagogie en 2021, les
élèves ayant participé à des sorties scolaires
culturelles montrent une augmentation de 35% de leur taux de rétention
des informations historiques par rapport à ceux qui n'ont vécu
que des cours en classe35.
Ensuite, l'immersion active est renforcée par des
activités participatives souvent proposées lors de ces sorties,
à l'image des ateliers de reconstitution historique ou des rencontres
avec des acteurs locaux tels que des artisans, des conteurs ou des historiens
gabonais. Ces interventions permettent non seulement aux élèves
de poser des questions précises, mais également de vivre
l'histoire de manière vivante, rendant l'apprentissage plus dynamique et
interactif. Par exemple, lors d'une sortie au village Bitam en 2022, des
élèves ont pu assister à une démonstration de
tressage de raphia, activité ancestrale, et ainsi comprendre le
rôle socioculturel de cet artisanat dans les communautés locales,
un enseignement difficilement transmissible par un cours magistral
classique.
Par ailleurs, l'immersion dans le patrimoine culturel gabonais
par le biais des sorties scolaires stimule une meilleure sensibilité et
un sentiment d'appartenance chez les élèves. En étant
confrontés physiquement aux lieux et aux objets historiques, ils
développent une conscience plus profonde de leur héritage
culturel, ce qui favorise un respect accru et un désir de
préservation du patrimoine. Comme le souligne le théologue
gabonais, Théodore Nzamba: « Comprendre le passé, c'est
habiter pleinement son présent, et les sorties scolaires ouvrent cette
porte vers une identité culturelle vivante et partagée ».
Enfin, ces pratiques pédagogiques répondent
également aux orientations éducatives nationales promues par le
ministère de l'Éducation gabonais, qui insiste depuis 2018 sur
l'importance d'intégrer des sorties éducatives dans les
programmes scolaires pour valoriser le patrimoine local au sein de
l'enseignement de l'histoire. Cette politique a permis en trois ans une
augmentation notable de 50% du nombre d'établissements scolaires
participant à des activités culturelles extracurriculaires,
traduisant une prise de conscience institutionnelle du rôle
35 Suzanne Mollo, sciences de
l'éducation. L'école dans la société : psychologie
des modèles éducatifs. Bordas pédagogie, 1986
56
essentiel des sorties pour un apprentissage actif. Ainsi,
l'immersion active par les sorties scolaires constitue un levier
pédagogique puissant pour ancrer durablement chez les
élèves une connaissance vivante et sensible du patrimoine
culturel gabonais, rendant l'histoire tangible, concrète et
profondément significative.
Les sorties scolaires représentent un outil
pédagogique essentiel dans l'enseignement de l'histoire du Gabon. En
permettant aux élèves de sortir de l'environnement classique de
la salle de classe, ces activités leur offrent une expérience
concrète et immersive qui vient compléter et enrichir leurs
connaissances théoriques. En visitant des sites historiques tels que les
musées, les monuments ou les lieux de mémoire, les
élèves ont l'opportunité de se connecter de manière
plus authentique avec le passé de leur pays. Cette approche leur permet
de mieux comprendre les événements et les enjeux qui ont
façonné l'histoire du Gabon, et de développer ainsi un
sentiment d'appartenance et de fierté nationale.
De plus, les sorties scolaires favorisent l'interaction entre
les élèves et leurs enseignants, créant un espace
d'échange et de dialogue propice à l'apprentissage. En sortant de
leur routine quotidienne, les élèves sont également
stimulés intellectuellement et émotionnellement, ce qui peut
renforcer leur motivation et leur intérêt pour l'histoire.
Les sorties scolaires constituent un moyen
privilégié pour permettre aux élèves de
découvrir directement les sites historiques et culturels du Gabon,
renforçant ainsi leur compréhension de l'histoire nationale
au-delà des simples lectures théoriques. En effet, visiter ces
lieux emblématiques, tels que le Musée National des Arts et
Traditions du Gabon à Libreville, les Ruines de Loango, ou encore les
villages traditionnels de Fang et de Mitsogho, offre une expérience
immersive qui ancre les connaissances dans une réalité
tangible36.
Cette approche expérimentale permet aux
élèves d'observer et de percevoir les artefacts, les
architectures et les paysages qui ont façonné l'histoire
gabonaise, favorisant une meilleure mémorisation. Par exemple, la visite
du site archéologique de Ngalembo, où ont été
découverts des vestiges datant de plusieurs siècles avant notre
ère, illustre concrètement la richesse du patrimoine
précolonial gabonais. De même, l'exploration des anciens ports
commerciaux le long de la côte atlantique renseigne sur les
échanges économiques et culturels qui ont marqué
l'époque coloniale et postcoloniale.
36 Ailincai, R., & Bernard, F. X. (2010).
Apprendre hors de la classe: l'exemple d'une sortie scolaire au Musée de
l'Espace de Kourou. Pratiques éducatives dans un contexte
multiculturel
57
D'autre part, ces sorties permettent d'aborder des
thématiques souvent négligées ou peu accessibles dans le
cadre scolaire classique. La découverte des danses traditionnelles, des
rites ancestraux, et des objets du quotidien expose les élèves
à la diversité culturelle des populations gabonaises, renversant
parfois les stéréotypes et enrichissant leur vision du pays.
Ainsi, elles contribuent à une meilleure prise de conscience des
réalités historiques et sociales, en mettant en lumière
des savoirs locaux transmis oralement depuis des siècles.
Selon une étude menée, 87 % des
élèves ayant participé à des sorties scolaires dans
des sites patrimoniaux ont manifesté un intérêt accru pour
l'histoire et la culture gabonaises, tandis que 76 % ont déclaré
mieux comprendre les enjeux liés à la préservation du
patrimoine. Ces résultats soulignent l'impact positif de ces visites sur
la motivation et l'engagement des apprenants. La mise en relation des savoirs
académiques avec la visite concrète de lieux historiques facilite
l'intégration interdisciplinaire. Par exemple, lors d'une sortie au
Musée National, l'enseignant peut articuler l'histoire, l'ethnologie, la
géographie et les arts plastiques, offrant ainsi une
compréhension globale et contextualisée qui dépasse le
cadre purement factuel. La découverte sur le terrain des sites
historiques et culturels du Gabon constitue un levier pédagogique
essentiel pour rendre l'histoire vivante, accessible et signifiante. Elle
favorise une appropriation active des connaissances par les
élèves et les prépare à devenir les acteurs
conscients de la mémoire collective nationale37.
Les sorties scolaires jouent un rôle primordial dans le
développement de la curiosité intellectuelle et de l'esprit
critique chez les élèves, en particulier dans le cadre de
l'enseignement de l'histoire du Gabon. En effet, loin d'être une simple
extension du cours magistral, elles constituent un véritable laboratoire
pédagogique où les élèves sont invités
à dépasser la passivité de l'écoute pour devenir
acteurs de leur apprentissage.
Ces sorties offrent aux élèves une confrontation
directe avec des réalités historiques concrètes, ce qui
stimule naturellement leur curiosité. Par exemple, une visite au
Musée national des arts et traditions du Gabon permet aux
élèves de visualiser des objets ancestraux, comme le reliquaire
fang ou les masques kota, qui incarnent des siècles d'histoire et de
croyances. Ce contact tangible avec le passé suscite des interrogations,
pousse à la formulation d'hypothèses et à la recherche
d'explications, favorisant ainsi un questionnement profond sur les
circonstances, les usages et les significations de ces artefacts plus de 75%
des élèves ayant
37 Ministère de l'Éducation
Nationale. OP. Cit
58
participé à des sorties culturelles manifestent
une plus grande envie d'explorer leur histoire, comparativement à ceux
dont l'apprentissage est exclusivement en classe38.
Les sorties scolaires sont propices au développement de
l'esprit critique car elles obligent les élèves à
analyser, comparer et relativiser les informations reçues. Par exemple,
lors d'une visite sur le site historique de l'ancienne capitale coloniale
Libreville, les élèves peuvent observer les vestiges
architecturaux et écouter des guides sur l'impact de l'époque
coloniale sur la société gabonaise. Cette expérience
encourage la remise en question des récits historiques traditionnels et
invite à comprendre les ambivalences et les contradictions du
passé. « L'apprentissage de l'histoire ne se limite pas à la
mémorisation ; il doit éveiller à une lecture critique des
événements, de leurs causes et conséquences ».
Théophile Obenga.
En outre, les enseignants jouent un rôle clé dans
ce processus critique en animant des débats et des ateliers sur le
terrain, où les élèves sont invités à
exprimer leurs points de vue et confrontent leurs perceptions. Cette
pédagogie interactive renforce leur capacité à argumenter
et à discerner les faits des opinions, compétence essentielle
pour leur formation citoyenne.
Ainsi, en mobilisant la curiosité naturelle des
élèves et en les plaçant dans des situations
d'apprentissages vécus et réflexifs, les sorties scolaires
favorisent un enrichissement cognitif profond. Elles permettent non seulement
de mieux comprendre l'histoire du Gabon, mais aussi de développer une
posture critique indispensable à l'émancipation intellectuelle
des jeunes générations.
Enfin, des études ont démontré que les
sorties scolaires peuvent avoir un impact positif sur le processus
d'apprentissage des élèves. Les expériences
d'apprentissage par l'action sont plus efficaces pour la mémorisation et
la compréhension des concepts que les méthodes
traditionnelles d'enseignement. Les sorties scolaires jouent
un rôle crucial dans l'enseignement de l'histoire du Gabon en offrant
aux élèves une perspective différente, immersive et
enrichissante sur leur passé. Elles constituent un complément
essentiel aux cours en classe et contribuent à former des citoyens
conscients, engagés et informés. Comme le disait Nelson Mandela,
"l'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour
changer le monde".
38 Ministère de l'Éducation
Nationale. Op. cit
59
VI.3 - Méthodes pédagogiques et ressources
didactiques valorisant la culture gabonaise
L'intégration effective de la dimension culturelle dans
l'apprentissage de l'histoire du Gabon repose en grande partie sur l'adoption
de méthodes pédagogiques adaptées et sur l'utilisation de
ressources didactiques enrichies par les spécificités culturelles
locales. Cette démarche vise à ancrer les savoirs historiques
dans le vécu des élèves, renforçant ainsi leur
identité et leur intérêt pour la discipline.
D'une part, les méthodes pédagogiques mises en
oeuvre privilégient l'interactivité et l'approche participative.
Par exemple, l'usage de récits oraux, très présent dans
les cultures gabonaises comme celui des contes initiatiques fang ou les mythes
myènes, permet d'introduire des faits historiques tout en valorisant la
tradition orale. Selon une étude réalisée par le
ministère de l'Éducation nationale du Gabon en 2022, plus de 65%
des enseignants d'histoire encouragent l'intégration de ces histoires
orales pour ancrer les connaissances dans un contexte culturel pertinent. De
plus, la méthode de l'enquête historique, incitant les
élèves à collecter des témoignages dans leur
entourage ou à visiter des lieux patrimoniaux (musées, sites
historiques comme l'île Mandji), développe leur esprit critique et
leur attachement à leur héritage39.
D'autre part, la valorisation de la culture gabonaise dans les
ressources didactiques passe par un enrichissement des supports
pédagogiques. Les manuels scolaires officiels, tels que «
Histoire-Géographie 6e-2de » intègrent désormais des
chapitres spécifiques sur les sociétés
précoloniales gabonaises, les dynamiques ethniques et les contributions
des cultures locales. Ces manuels illustrent par exemple les techniques
agricoles traditionnelles des peuples pygmées ou les systèmes
politiques des Fang. En outre, l'introduction de ressources multimédias
(films documentaires, applications interactives) favorise un apprentissage plus
dynamique. Le projet « Histoire Vivante du Gabon », lancé en
2021 par l'Institut national des sciences historiques (INSH), propose ainsi une
plateforme numérique comportant vidéo, cartes animées et
archives orales accessibles aux collégiens et lycéens.
Enfin, les partenariats avec les acteurs culturels locaux
jouent un rôle non négligeable. Des visites guidées dans
les villages et la participation à des festivals culturels, tels que le
Festival des Arts et Cultures Fang (FACF), sont encouragées dans
certains collèges et lycées. Ces activités permettent aux
élèves de saisir concrètement la diversité
culturelle gabonaise tout en
39 Louis Tchoundjeu. Le Gabon et ses cultures.
Libreville : Presses Universitaires du Gabon, 2015.
60
contextualisant les éléments historiques appris
en classe. La formation continue des enseignants, initiée par le Centre
National de Formation Pédagogique (CNFP), inclut également des
modules sur les pratiques culturelles gabonaises, afin d'améliorer la
transmission des savoirs de manière adaptée40.
L'alliance entre méthodes pédagogiques novatrices et ressources
didactiques enrichies par la culture gabonaise contribue significativement
à rendre l'enseignement de l'histoire plus pertinent et motivant pour
les élèves, leur permettant d'établir un lien fort avec
leur identité collective. Cette dynamique pédagogique s'inscrit
parfaitement dans la volonté nationale de promouvoir une
éducation inclusive et culturellement ancrée. En somme,
l'intégration de la dimension culturelle dans l'apprentissage de
l'histoire du Gabon, de la sixième à la terminale, s'avère
essentielle pour offrir aux élèves une compréhension riche
et authentique de leur passé. La définition précise de
cette dimension, englobant des aspects identitaires, sociaux et symboliques,
souligne son rôle fondamental dans l'éducation historique. Le
contexte gabonais, marqué par une mosaïque ethnique avec plus de 40
groupes distincts, ainsi que par des héritages culturels variés
notamment ceux des Fang, Baka ou Nzebi confère à cet enseignement
une profondeur particulière qu'il serait réducteur de
négliger.
L'analyse minutieuse des programmes scolaires,
révélé notamment dans les séries
générales et technologiques, montre des tentatives louables
d'inclure ces réalités culturelles, quoique parfois encore
limitées en termes de contenu et de ressources. Il devient clair que les
méthodes pédagogiques devraient davantage s'appuyer sur des
supports locaux : contes, traditions orales, témoignages communautaires,
archives nationales gabonaises et travaux d'historiens. Par exemple, l'usage de
la tradition orale dans les classes pourrait dynamiser l'apprentissage en
rendant vivante l'histoire, au-delà des simples faits chronologiques.
Ainsi, la prise en compte de la dimension culturelle ne se
limite pas à une simple contextualisation : elle modifie
profondément la relation de l'élève à son histoire,
suscitant une appropriation critique et affective. Cette approche ouvre la voie
à un enseignement plus inclusif, qui valorise la diversité
culturelle gabonaise et prépare mieux les jeunes à devenir des
citoyens éclairés, conscients de leurs racines
pluriséculaires.
Pour conclure, rester sourd à cette dimension
culturelle dans les programmes scolaires risquerait d'appauvrir
l'expérience éducative et, l'identité même de la
nation gabonaise. Il s'agit donc d'un défi majeur pour les
éducateurs, les politiques publiques et les chercheurs :
40 UNESCO. « Patrimoine culturel
immatériel du Gabon »
61
comment faire en sorte que les sources historiques, qu'elles
soient écrites, orales ou matérielles, se conjuguent
harmonieusement pour nourrir un récit national vivant et
fédérateur ? Cette réflexion invite à poursuivre
les recherches interdisciplinaires et à encourager le dialogue entre les
acteurs éducatifs et les communautés locales.
II - Repenser les programmes d'histoire pour
intégrer la diversité culturelle gabonaise
L'enseignement de l'histoire dans les établissements
scolaires gabonais doit évoluer pour refléter la richesse et la
complexité de la diversité culturelle nationale. La
société gabonaise, marquée par une pluralité
ethno-linguistique, historique et culturelle, exige une approche
pédagogique qui valorise cette diversité afin de promouvoir
l'identité nationale, la cohésion sociale et le respect des
différences. Ce processus de repenser les programmes doit s'appuyer sur
une analyse approfondie des contenus, des méthodes pédagogiques
et des ressources disponibles pour assurer une transmission fidèle et
inclusive de l'histoire du Gabon41.
VI.1- Intégration des histoires orales et
traditionnelles
L'intégration des histoires orales et traditionnelles
constitue un processus fondamental dans la constitution, la transmission et la
pérennisation de la mémoire collective au sein des
sociétés africaines, notamment au Gabon. Ce processus repose sur
l'interconnexion entre récits, légendes, pratiques rituelles et
la culture orale, qui assurent la cohésion sociale, l'identité
communautaire et la continuité historique.
Au Gabon, comme dans de nombreux autres pays africains, la
mémoire collective ne repose pas principalement sur des archives
écrites mais sur la tradition orale. Les griots, conteurs, chefs
coutumiers et anciens jouent un rôle central dans la conservation et la
transmission des récits. La mémoire collective s'inscrit dans un
continuum où chaque génération transmet ses connaissances,
ses valeurs et son histoire à travers des récits qui deviennent
des références identitaires et culturelles. Par exemple, chez les
Fang, les Punu, Tsogho la légende de la création de leur
territoire ou de leurs ancêtres est racontée lors des
cérémonies traditionnelles, renforçant ainsi leur
sentiment d'appartenance. La transmission orale permet également
41 Jean PaBatsanga. Histoire et
identités culturelles au Gabon. Libreville : Presses universitaires du
Gabon, 2010. p. 45-67.
62
d'intégrer les expériences historiques,
notamment celles liées à la colonisation, à la lutte pour
l'indépendance, et aux dynamiques sociales
contemporaines42.
Les récits traditionnels et légendes jouent un
rôle essentiel dans la préservation des valeurs sociales, morales
et spirituelles. La légende de Ntsame, héros mythique chez les
Bwiti, illustre la manière dont les récits mythiques expliquent
la création du monde, l'origine des pratiques rituelles et la morale
communautaire. Ces récits fonctionnent comme des vecteurs de
transmission de connaissances ésotériques, de lois
coutumières et d'histoire mythique. Par exemple, la légende du
« Mvett » chez les Fang raconte l'origine de cet instrument de
musique, symbole de la communication avec les ancêtres, renforçant
la dimension sacrée des pratiques musicales dans la
société. La légende d'Obangué, figure mythologique
chez les Punu, explique la moralité et la sagesse, structurent
l'éthique collective et servent de référence lors des
rites de passage43.
Les pratiques rituelles, notamment lors des
cérémonies de passage, des rites d'initiation ou des fêtes
traditionnelles, mobilisent intensément la mémoire orale. Le
« Bwiti » chez les Mitsogo et Fang, par exemple, est une pratique
religieuse intégrant récits mythiques, chants, danses et
cérémonies de transe, visant à établir un lien avec
les ancêtres et à renforcer l'identité communautaire. Les
rituels sont souvent accompagnés de récits qui expliquent leur
origine, leur symbolisme et leur importance. Lors des cérémonies
d'initiation, les anciens racontent l'histoire des héros fondateurs ou
des ancêtres, inscrivant ainsi leur mémoire dans le vécu
collectif. Ces pratiques participent à la consolidation de la
cohésion sociale et à la transmission des valeurs
communautaires44.
Les histoires orales permettent également de
contextualiser l'histoire sociale et politique du Gabon. La résistance
contre la colonisation, notamment lors de la révolte des Betsi ou de la
résistance des Fang, est racontée par des anciens lors des
rassemblements, assurant ainsi la transmission de ces événements
à travers le temps. Les récits oraux servent aussi à
légitimer les droits fonciers, à expliquer la
légitimité des chefs traditionnels ou à rappeler les
principes de gouvernance coutumière. La tradition orale devient alors un
outil de légitimation, d'éducation et de résistance face
aux changements sociaux. Face à la vulnérabilité de la
tradition orale, plusieurs initiatives ont été lancées
pour sa sauvegarde, notamment par des
42 Ngong, B. Récits et
légendes chez les Fang : une approche anthropologique. Paris : Karthala.
2015, P. 78-80
43 Boukinda, L. Les récits
mythiques et leur rôle dans la société Kota. Libreville :
Editions du Gabon. 2018, p. 5658.
44 Nkoumbi, J. Les rites d'initiation
et la transmission du savoir dans la société gabonaise.
Libreville : Université de Libreville. 2014, P. 134-137
63
institutions comme l'Institut Gabonais de l'Information et des
Technologies (IGIT) ou par des chercheurs en anthropologie et en
ethnolinguistique. La collecte, l'enregistrement audiovisuel, et la
transcription de récits oraux jouent un rôle crucial dans la
préservation de cette mémoire45.
VI.2 - Valorisation des cultures locales : une
approche plurielle et participative avec acteurs locaux
La valorisation des cultures locales constitue une
démarche essentielle pour préserver, revitaliser et promouvoir
l'identité culturelle face à la globalisation et à la
standardisation culturelle. Elle doit s'appuyer sur une approche plurielle,
intégrant divers acteurs locaux tels que les chefs traditionnels, les
anciens, les artistes, ainsi que d'autres membres de la communauté.
Cette démarche participative garantit une représentativité
authentique, évite la marginalisation de certaines expressions
culturelles et favorise la transmission intergénérationnelle.
L'approche plurielle reconnait la coexistence et
l'interconnexion de multiples formes d'expression culturelle propres à
un territoire. Elle implique une reconnaissance de la diversité
culturelle locale : langues, rituels, artisanat, musiques, danses, contes,
savoirs traditionnels, etc. La valorisation ne peut se limiter à une
seule facette, mais doit intégrer l'ensemble de ces
éléments. Par exemple, dans le cas des sociétés
indigènes d'Amérique latine, cette approche permet de valoriser
à la fois les langues autochtones, les pratiques chamaniques,
l'artisanat textile et la gastronomie locale, en évitant une
réduction à une seule dimension patrimoniale46.
Pour assurer la légitimité et
l'authenticité de la valorisation culturelle, il est impératif
d'adopter une démarche participative. Cela signifie consulter,
écouter et intégrer les acteurs locaux dans toutes les
étapes du processus : diagnostic, conception, mise en oeuvre,
évaluation. La participation doit être active, non seulement
consultative, pour que ces acteurs deviennent co-créateurs de leur
patrimoine culturel. Les chefs traditionnels jouent un rôle crucial dans
la transmission des savoirs ancestraux, la légitimation des pratiques
culturelles et leur intégration dans des projets de valorisation. Par
exemple, au Mali, le rôle des chefs de villages dans la
préservation des pratiques religieuses et cérémonielles
est central dans la
45 Owona, J. La sauvegarde de la
tradition orale au Gabon. Rapport de recherche, Université de
Libreville. p. 4547.
46 Smith, L. La valorisation du patrimoine
culturel immatériel : enjeux et perspectives. Paris : Presses de
l'Université. 2006
64
valorisation du patrimoine culturel local. De même, les
anciens détiennent la mémoire historique et les savoirs
traditionnels indispensables pour contextualiser et authentifier ces
pratiques.
Les artistes locaux, qu'ils soient artisans, musiciens ou
danseurs, participent à une double fonction : ils perpétuent et
innovent dans leurs disciplines, tout en étant des vecteurs de
visibilité et de valorisation. Par exemple, la coopérative
d'artisans Batik de Ségou au Mali, qui rassemble des artisans locaux,
permet de commercialiser des produits traditionnels tout en valorisant un
savoir-faire ancestral. Exemple du patrimoine immatériel en Corse : La
démarche de valorisation du chant polyphonique corse s'est
appuyée sur la collaboration étroite entre les chanteurs
traditionnels, les universitaires, et les associations culturelles. La collecte
de chants anciens auprès des anciens a permis d'établir une base
patrimoniale solide, tout en organisant des ateliers participatifs pour
transmettre ces savoirs aux jeunes47.
Méthodologie participative : la méthode de
co-conception, utilisée dans plusieurs projets de valorisation en
Afrique de l'Ouest, consiste à organiser des ateliers communautaires
où les acteurs locaux expriment leurs attentes, contribuent à la
sélection des éléments à valoriser, puis
participent à leur diffusion. Ce processus favorise une appropriation
locale forte et garantit la pérennité des initiatives. La
richesse de ces démarches repose autant sur les sources écrites
que sur les témoignages oraux. Les archives écrites, telles que
les registres ethnographiques, les documents historiques locaux, permettent de
contextualiser et d'étayer la transmission orale. Les témoignages
oraux, recueillis lors d'entretiens avec les acteurs locaux, apportent une
dimension vivante, dynamique, et souvent unique dans la compréhension
des pratiques culturelles.
Repenser les programmes d'histoire en intégrant la
diversité culturelle gabonaise constitue une étape
stratégique pour une société plus inclusive, consciente de
sa pluralité. Il s'agit d'un processus complexe, nécessitant une
réelle volonté politique, des ressources adaptées, une
formation qualifiée, et une implication communautaire active. La
valorisation de toutes les identités contribue à la construction
d'une conscience nationale plurielle, fondement d'une stabilité sociale
et d'un développement durable.
47 . Pietri, P. La transmission
orale dans le patrimoine culturel corse. Journal des Cultures, 2015.
120-135.
65
VI.3 - La formation des enseignants comme levier
d'adaptation
La formation des enseignants constitue un levier
stratégique pour favoriser l'adaptation du système
éducatif face aux enjeux sociaux, culturels et pédagogiques
contemporains, notamment dans un contexte de diversité culturelle et de
mutations sociétales rapides. Elle permet d'assurer une réponse
éducative contextualisée, inclusive et innovante, en
renforçant les compétences professionnelles des enseignants, en
favorisant leur capacité à gérer la diversité, et
en intégrant de nouvelles méthodologies pédagogiques
adaptées aux réalités locales. Dans le contexte gabonais,
cette démarche est essentielle pour soutenir l'intégration des
populations autochtones et migrantes, tout en valorisant le patrimoine culturel
national.
1) Renforcement des capacités : Formation
continue sur l'histoire locale, méthodes actives, pédagogie
interculturelle
Le renforcement des capacités des enseignants doit
s'appuyer sur une formation continue structurée, actualisée et
contextualisée. La focalisation sur l'histoire locale gabonaise permet
d'ancrer l'enseignement dans la réalité socio-historique du pays.
Exemple, la connaissance approfondie du rôle de la royauté fang ou
des dynasties Kota, ainsi que des événements clés comme la
colonisation ou l'indépendance, enrichit la transmission de
connaissances et renforce l'identité nationale. Les méthodes
actives, telles que l'apprentissage par projets, l'étude de cas locaux
et l'utilisation d'approches expérientielles, favorisent une
pédagogie centrée sur l'élève, stimulant sa
participation, sa réflexion critique et sa capacité à
appliquer ses connaissances dans la vie quotidienne48. Exemple, un
enseignant au Gabon pourrait organiser des ateliers sur les pratiques
traditionnelles ou la gestion communautaire des ressources naturelles,
impliquant directement les élèves dans leur environnement
immédiat.
La pédagogie interculturelle doit également
devenir une composante essentielle de la formation. Elle vise à
développer chez les enseignants la capacité à
reconnaître, valoriser et intégrer la diversité culturelle
présente dans leurs classes. Au Gabon, où cohabitent plus de 40
groupes ethniques, cette approche permet de réduire l'exclusion, de
prévenir les discriminations et de promouvoir un vivre-ensemble
harmonieux. La formation pourrait inclure des modules sur la gestion des
conflits interculturels, la traduction culturelle, et la conception de contenus
éducatifs inclusifs.
48 UNESCO. Méthodes actives en
éducation. Paris : 2015
66
Sensibilisation à la diversité culturelle :
Ateliers, échanges d'expériences, partenariat avec des
institutions culturelles. La sensibilisation à la diversité
culturelle doit mobiliser des stratégies participatives et
concrètes pour transformer la perception de cette diversité en
une richesse pédagogique. Les ateliers de formation, par exemple,
peuvent porter sur l'histoire et les pratiques culturelles des
différentes ethnies gabonaises, avec des intervenants locaux, tels que
des artisans, des chefs traditionnels ou des historiens communautaires. Les
échanges d'expériences entre enseignants issus de
différentes régions ou groupes ethniques permettent de partager
des bonnes pratiques, de confronter des problématiques communes et
d'enrichir leur approche pédagogique. Ces rencontres peuvent se
réaliser lors de conférences régionales ou de formations
inter-établissements, favorisant la mutualisation des
savoirs49. Le partenariat avec des institutions culturelles
nationales, telles que le Musée National du Gabon ou le Centre Culturel
Français de Libreville, constitue un levier pour intégrer des
ressources patrimoniales dans la pratique éducative. Par exemple, des
sorties pédagogiques dans ces institutions ou des ateliers avec des
conservateurs peuvent aider à contextualiser l'histoire et la culture
gabonaise dans l'enseignement50. Le succès de ces formations
requiert un soutien institutionnel fort, notamment en termes de ressources
financières, matérielles et humaines. La disponibilité de
matériel pédagogique adapté, comme des manuels d'histoire
locale, des
ressources numériques ou des kits pédagogiques
interculturels, est indispensable pour assurer la pérennité des
initiatives51.
L'incitation des enseignants à suivre ces formations
doit également passer par des mécanismes de reconnaissance, tels
que des crédits de formation continue, des primes ou des avancements de
carrière. La mise en place d'un système de suivi et
d'évaluation permet de mesurer l'impact de ces formations sur la
qualité de l'enseignement et l'adaptation aux divers contextes locaux.
Enfin, la création de réseaux d'enseignants engagés dans
la valorisation de la diversité culturelle, avec un appui
institutionnel, favorise la pérennisation des bonnes pratiques et leur
diffusion à l'échelle nationale. En ce sens, le ministère
gabonais de l'Éducation pourrait instaurer des plateformes
numériques ou des communautés de pratique, favorisant
l'échange constant et l'innovation pédagogique.
2) Les compétences culturelles et
pédagogiques indispensables pour les enseignants
49 Ministère de l'Éducation
Nationale. Op .cit
50 Centre Culturel Français de
Libreville. Programmes éducatifs et valorisation du patrimoine.
2021
51 Centre Culturel Français de Libreville.
Programmes éducatifs et valorisation du patrimoine. 2021
67
Pour que la formation des enseignants constitue un levier
efficace dans l'adaptation de l'enseignement de l'histoire aux
réalités culturelles et identitaires du Gabon, il est
impératif que ces derniers développent un ensemble de
compétences à la fois culturelles et pédagogiques,
spécifiques au contexte gabonais.
D'abord, les compétences culturelles concernent la
connaissance approfondie des cultures locales, des histoires orales, des
traditions, ainsi que des dynamiques sociales propres au Gabon. Les enseignants
doivent donc maîtriser non seulement les faits historiques nationaux et
régionaux, mais également saisir les nuances identitaires et les
récits souvent marginalisés dans les programmes officiels. Cette
compétence culturelle favorise une approche plus inclusive, valorisant
les apports des différentes communautés et permettant aux
élèves de s'identifier et de s'approprier les contenus
enseignés.
Par ailleurs, le développement de compétences
pédagogiques adaptées est également crucial. Les
enseignants doivent être formés à des méthodes
didactiques innovantes, capables d'intégrer des supports variés
tels que les témoignages oraux, les sources iconographiques locales ou
les archives communautaires. Ces approches participatives favorisent
l'engagement des élèves et la construction d'un savoir vivant.
Exemple, l'intégration de projets d'histoire locale, comme la collecte
d'archives familiales ou l'organisation de rencontres avec des
aînés, a démontré dans plusieurs écoles
gabonaises une augmentation notable de la motivation et de la
compréhension des élèves52. En outre, la
capacité à contextualiser les faits historiques dans une optique
critique est essentielle. De nombreux enseignants restent aujourd'hui
ancrés dans une transmission verticale et encyclopédique,
limitant la réflexion critique des élèves. Or, encourager
l'analyse des sources, la confrontation des récits et la
problématisation des événements invite les
élèves à développer leur esprit critique et
à comprendre l'histoire comme un processus complexe et vivant. Ainsi,
des formations axées sur la médiation historique et l'esprit
critique sont indispensables.
Enfin, la maîtrise des outils numériques et des
technologies éducatives représente un atout majeur. Avec une
pénétration progressive d'Internet et des dispositifs
multimédias dans les établissements scolaires, la capacité
des enseignants à utiliser des ressources numériques comme les
bases de données historiques en ligne, les vidéos documentaires
ou les applications interactives enrichit considérablement
l'expérience d'apprentissage. Selon une étude conduite
52 UNICEF. Ressources pédagogiques pour une
éducation interculturelle. Genève : UNICEF. 2019
68
par l'UNESCO en 2021, les enseignants formés aux TIC
dans le domaine de l'histoire reportent une augmentation de 25 % de la
participation active des élèves en classe.
En résumé, pour jouer un rôle central dans
l'adaptation culturelle de l'enseignement de l'histoire, les enseignants
gabonais doivent posséder non seulement une solide connaissance des
divers patrimoines culturels nationaux, mais aussi des compétences
pédagogiques renouvelées fondées sur la participation, la
critique et les outils modernes. Ces compétences constituent le socle
indispensable pour que l'enseignement devienne véritablement pertinent
et approprié par les élèves dans leur propre contexte
identitaire.
3) Les modalités de formation initiale et continue
adaptées au contexte gabonais
L'adaptation de l'enseignement de l'histoire aux
réalités culturelles gabonaises passe indéniablement par
une refonte des modalités de formation des enseignants, tant dans le
cadre initial que continu. En effet, la formation constitue le socle
indispensable permettant aux enseignants de développer une approche
pédagogique sensible aux spécificités culturelles et
identitaires du Gabon.
Tout d'abord, la formation initiale des enseignants en
histoire doit intégrer davantage de contenus relatifs à
l'histoire locale et régionale. Selon une étude conduite par le
Ministère de l'Éducation Nationale en 2022, moins de 20 % du
temps consacré à l'histoire dans les formations
pédagogiques est dédié à l'histoire gabonaise et
à ses divers groupes ethniques. Pour pallier cette lacune, il est
essentiel d'incorporer des modules spécifiques, co-construits avec des
historiens locaux et des représentants des communautés
autochtones, qui aborderaient par exemple l'histoire des Fang, des Mitsogho ou
des Punu. De plus, l'apprentissage des méthodes de recherche historique
sur les sources orales, fondamentales en Afrique, devrait être fortement
encouragé afin d'enrichir la compréhension et la transmission des
savoirs.
Par ailleurs, la formation continue constitue un levier tout
aussi stratégique, notamment dans un contexte où les enseignants
en poste ont souvent suivi des formations traditionnelles, peu adaptées
aux enjeux actuels. La mise en place de programmes de formation continue,
réguliers et modulables, permettrait d'actualiser les connaissances des
enseignants et de renforcer leurs compétences pédagogiques. Par
exemple, l'organisation d'ateliers annuels animés par des experts en
histoire gabonaise ou en pédagogie interculturelle pourrait favoriser
l'échange de bonnes pratiques et l'adoption de nouvelles approches
didactiques. L'usage des
69
technologies de l'information et de la communication (TIC)
pourrait, quant à lui, amplifier l'impact de ces formations :
plateformes en ligne permettraient un accès élargi et flexible
à des contenus actualisés.
En outre, pour que ces formations soient véritablement
adaptées, il convient de prendre en compte les contraintes
spécifiques des enseignants gabonais : éloignement
géographique, manque de ressources pédagogiques. Par exemple,
dans les provinces reculées comme l'Ogooué-Ivindo, l'accès
à la formation continue peut être limité. Des dispositifs
mobiles ou itinérants, tels que des ateliers de formation
décentralisés, pourraient ainsi être envisagés.
De plus, le soutien institutionnel, à travers des
incitations financières ou des certificats reconnus, encouragerait une
participation active. Enfin, il importe d'intégrer une dimension
réflexive dans ces formations, qui invite les enseignants à
questionner leurs propres représentations culturelles et historiques
afin de mieux saisir la complexité des identités gabonaises. Ce
dispositif pédagogique contribue non seulement à une meilleure
appropriation des contenus par les élèves, mais aussi à
une éducation à la citoyenneté fondée sur la
reconnaissance et le respect des diversités culturelles. La formation
initiale enrichie et une formation continue dynamique, prenant en compte les
réalités géographiques et culturelles du Gabon, sont
indispensables pour équiper les enseignants des outils
nécessaires à une adaptation culturelle efficace de
l'enseignement de l'histoire. Ce processus de formation revêt une double
importance : il permet d'ancrer les savoirs historiques dans le vécu des
élèves et de garantir la pérennité d'un
enseignement réellement pertinent pour la construction identitaire
gabonaise.
En conclusion, il apparaît clairement que la formation
des enseignants constitue un levier indispensable pour une adaptation
culturelle pertinente de l'enseignement de l'histoire au Gabon. Face aux enjeux
majeurs que représentent l'identité culturelle et la
représentation historique pour la jeunesse gabonaise, il est
impératif de réviser et d'enrichir les pratiques
éducatives actuelles. En effet, l'analyse des programmes scolaires a
révélé leur insuffisante prise en compte des
spécificités gabonaises, rendant l'enseignement parfois
déconnecté des réalités vécues par les
élèves53. La revalorisation du rôle de
l'enseignant, non seulement en tant que transmetteur de savoirs, mais
également comme médiateur culturel, souligne la
nécessité de développer des compétences à la
fois pédagogiques et interculturelles solides.
53 Ondo, L « Compétences
interculturelles des enseignants gabonais : enjeux et défis »,
Revue africaine de pédagogie, 2020. P. 45-63.
70
La formation initiale et continue des enseignants doit donc
être repensée pour intégrer des modules
dédiés à la connaissance approfondie de l'histoire locale,
à la maîtrise des approches didactiques adaptées aux divers
publics scolaires gabonais, mais aussi à une sensibilité accrue
aux enjeux identitaires. Des initiatives telles que les partenariats avec des
historiens locaux ou des ateliers de formation innovants ont montré des
premiers résultats encourageants dans certaines provinces gabonaises,
où l'appropriation des savoirs historiques par les élèves
a nettement progressé. Par ailleurs, l'engagement continu du
ministère de l'Éducation nationale dans la valorisation des
ressources éducatives locales s'impose comme un facteur clé pour
pérenniser cet effort. Cela soulève cependant des questions
essentielles quant à la volonté politique, aux ressources
financières, et aux structures institutionnelles nécessaires pour
déployer massivement ces formations adaptées. Ainsi, la formation
des enseignants, loin d'être un simple outil technique, représente
un véritable levier de transformation socioculturelle, dont
l'efficacité conditionnera à terme la capacité du
système éducatif gabonais à construire une histoire
partagée, vivante et porteuse d'avenir.
Tableau N°4 : Propositions des nouvelles
leçons à intégrer dans le programme officiel de la
sixième à la terminale
|
Classe
|
Leçons d'histoire sur le Gabon par
niveau
|
|
Sixième
|
Thème 1 : le Gabon précolonial
|
|
Chapitre1 : les principaux peuples
côtiers du Gabon Leçon 1 : les pygmées ou
Négrilles
Leçon 2 : les bantous : les principaux groupes du littoral
Chapitre 2 : l'organisation politique dans le Gabon
précolonial Leçon 1 : la structure politique des peuples du
Gabon
|
71
|
Leçon 2 : Ethnie et tribus
Leçon 3 : Le clan et le lignage
Leçon 4 : Rôle des lignages et des clans dans la
transmission des savoirs et des pouvoirs
|
|
Cinquième
|
Thème 1 : le Gabon précolonial
|
|
Chapitre 1 : Les formes d'organisation
politique
Leçon 1 : Les chefferies
Leçon 2 : La structure du village
Leçon 3 : Rôles des chefs traditionnels, des chefs
spirituels
Chapitre 2 : Le pouvoir politique
Leçon 1 : La représentation du pouvoir
Leçon 2 : Le pouvoir du chef
Leçon 3 : L'intronisation du chef
|
|
Quatrième
|
Thème 1 : Le Gabon précolonial
|
|
Chapitre1 : Le divin guérisseur :
personnage incontournable de la société coloniale
Leçon 1 : Le médecin du village
Leçon 2 : Les pouvoirs politiques du devin
guérisseur
Leçon 3 : Personnage à la fois guérisseur,
médiateur entre le monde des hommes et le monde spirituel
Chapitre 2 : Religiosité et cosmologie
Leçon 1 : Cosmogonie locale : croyances en un monde
spirituel, ancêtres, esprits, forces naturelles
|
72
|
Leçon 2 : Pratiques religieuses : rituels,
cérémonies, offrandes
Leçon 3 : La place centrale des divinités et des
esprits dans la vie quotidienne
|
|
Troisième
|
Thème 1 : Le Gabon précolonial
|
|
Chapitre 1 : La vie économique
Leçon 1 : L'organisation de l'activité
économique
Leçon 2 : Échanges entre groupes ethniques (ex :
Fang, Kota, Tsogo).
Leçon 3 : Rôle des routes commerciales
ancestrales.
Leçon 4 : Rôle des marchés traditionnels et
des foires
Chapitre 2 : Organisation sociale
Leçon 1 : Rôles des femmes, des hommes, et des
jeunes.
Leçon 2 : Initiations (adolescence, mariage,
funérailles).
Leçon 3 : Signification sociale de ces rites.
Leçon 4 : Rôles des anciens et des chefs dans ces
rituels.
Thème 2 : L'Etat colonial au Gabon
|
|
Chapitre 1 : Période coloniale :
définition et enjeux
Leçon 1 : Organisation politique, économique et
sociale sous domination coloniale
Leçon 2 : Impact sur les populations indigènes et
la structuration du territoire Leçon 3 : La politique d'expropriation
des populations autochtones
|
|
Seconde
|
Thème 1 : L'Etat colonial au Gabon
|
|
Chapitre 2 : Les compagnies concessionnaires
Leçon 1 : La société du haut Ogooué (SHO)
|
|
Leçon 2 : Compagnie Française de l'Ogooué
Leçon 3 : La Société des Mines de la Manganèse
Leçon 4 : La Société Agricole et du Bas-Ogooué
Chapitre 2 : La domination administrative française
Leçon 1 : Mise en place d'un gouvernorat
général de l'Afrique équatoriale française (AEF) en
1910
Leçon 2 : Structure administrative : gouverneur, chefs de
district, sous-préfets
Leçon 3 : La centralisation du pouvoir au profit de
l'administration coloniale française
|
73
Thème 1 : L'Etat colonial
au Gabon
Chapitre 1 : Les premiers traités et les
voyages d'exploration au Gabon
Leçon 1 : Les premiers traités franco-gabonais
Leçon 2 : L'exploration de l'intérieur du Gabon
Leçon 3 : La remise en cause des traités
d'occupation
Chapitre 2 : La pénétration
commerciale et missionnaire
Leçon 1 : Le commerce et les échanges au Gabon
Leçon 2 : Les missionnaires
Chapitre 3 : Réformes et évolution
du système colonial
Leçon 1 : L'organisation territoriale du Gabon
Leçon 2 : Le pouvoir colonial
Leçon 3 : Le régime de l'indigénat
Leçon 4 : l'impôt de capitation
Chapitre 4 : La naissance des mouvements de
résistances au Gabon
|
Leçon 1 : La mise en place des prisons Leçon 2 : La
résistance d'Emane Tolé Leçon 3 : La lutte de Nyonda
Makita Leçon 4 : La résistance de Mbombé
Thème 2 : l'Etat postcolonial
Chapitre 1 : Les fondements institutionnels
Leçon 1 : La Constitution de 1961 : passage d'un
régime semi-présidentiel à un régime
présidentiel
Leçon 2 : La création d'institutions clés :
Assemblée nationale, Conseil économique et social, Conseil
supérieur de la magistrature
|
74
Terminale
|
Thème 1 : l'Etat postcolonial
Chapitre 1 : Les fondements institutionnels
Leçon 1 : La Constitution de 1961 : passage d'un
régime semi-présidentiel à un régime
présidentiel
Leçon 2 : La création d'institutions clés
: Assemblée nationale, Conseil économique et social, Conseil
supérieur de la magistrature
|
|
Chapitre 2 : La démocratisation et les
défis actuels
Leçon 1 : La mise en place de processus
électoraux (élections présidentielles,
législatives)
Leçon 2 : La question de la gouvernance, de la
transparence et de la séparation des pouvoirs
Chapitre 3 : L'organisation administrative de
l'État gabonais Leçon 1 : La création des provinces
|
75

|
Leçon 2 : La mise en place de communes et de
collectivités territoriales Leçon 3 : Le rôle des
préfets et des gouverneurs
Chapitre 4 : La mise en place de réformes
politiques
Leçon 1 : La révolte populaire de 1990 contre la
gouvernance autoritaire Leçon 2 : La Conférence nationale de
1990
Leçon 3 : Rétablissement du multipartisme
|
Source : Mave Bekale Nzamba
Ce tableau propose une progression logique, allant de la
connaissance des origines ethniques et culturelles jusqu'aux enjeux modernes du
Gabon. La première étape, de la sixième à la
quatrième vise à familiariser l'élève avec la
diversité ethnique et la vie traditionnelle, fondamentale pour
bâtir une conscience identitaire. La compréhension de la
colonisation et des résistances permet d'intégrer les enjeux de
la souveraineté pour les élèves de troisième
à la première. La période postcoloniale et la construction
de l'État modernisent la perspective historique, en insistant sur les
figures clés et les événements décisifs. En
fournissant une bibliographie riche en sources écrites et orales sur
l'histoire du Gabon, les élèves auront accès à des
informations variées et approfondies, ce qui contribuera à
élargir leur vision du monde et à développer leur esprit
critique. Ainsi, l'intégration de ces nouvelles leçons d'histoire
du Gabon dans les programmes scolaires sera bénéfique pour la
formation intellectuelle et culturelle des élèves gabonais.
76
Conclusion du chapitre VI
L'adaptation culturelle constitue un pilier fondamental pour
un enseignement de l'histoire du Gabon pertinent, inclusif et respectueux des
identités multiples. Elle permet de transmettre un récit
historique fidèle, façonné par la diversité
ethnique, linguistique et culturelle propre au pays. Une telle approche
favorise la cohésion sociale, la valorisation du patrimoine
immatériel, et la construction d'une identité nationale
plurielle. La réussite de cette adaptation dépend de la formation
des enseignants, de l'intégration des pratiques orales et symboliques,
ainsi que de la contextualisation des événements historiques. En
définitive, l'enseignement de l'histoire du Gabon doit évoluer
vers une pédagogie qui reflète la richesse culturelle du pays,
afin de bâtir une conscience collective solide, respectueuse de ses
racines et ouverte à sa diversité.
77
CONCLUSION GENERALE
78
En définitive, repenser et adapter l'enseignement de
l'histoire du Gabon de la sixième à la terminale constitue une
nécessité impérieuse pour mieux refléter la
richesse culturelle et identitaire du pays tout en répondant aux
aspirations didactiques contemporaines. Le constat initial met en
lumière une déconnexion persistante entre les programmes
scolaires actuels, souvent hérités de cadres académiques
généraux et peu contextualisés, et les expériences
ainsi que les représentations culturelles des élèves
gabonais. Cette fracture, marquée par des obstacles linguistiques,
méthodologiques, et une faible prise en compte des savoirs locaux,
empêche une appropriation véritablement critique et
émotionnelle de l'histoire nationale.
L'importance de l'histoire locale ne saurait être
sous-estimée dans la formation identitaire des élèves :
elle agit comme un levier pour la construction d'une conscience collective,
renforçant le sentiment d'appartenance et l'engagement civique.
Dès lors, l'intégration systématique des savoirs oraux,
des récits des aînés et des patrimoines culturels dans les
supports pédagogiques représente un vrai tournant. Par exemple,
la valorisation de témoignages issus de communautés Massango,
Tsogho, Fang, Punu ou les Nzebi, couplée à des méthodes
participatives telles que les débats, les jeux de rôle ou les
projets collaboratifs dynamise les cours et stimule l'intérêt des
élèves pour leur propre histoire.
Par ailleurs, la formation continue des enseignants
apparaît comme un pilier fondamental : ceux-ci doivent être
outillés non seulement pour maîtriser les contenus historiquement
pertinents, mais aussi pour adopter une posture interculturelle et une
pédagogie inclusive. Il est aussi indispensable de promouvoir un
partenariat étroit entre les établissements scolaires, les
autorités éducatives et les communautés locales,
garantissant ainsi une co-construction des programmes enrichie par une
pluralité de voix et d'expériences. Cette collaboration pourrait
prendre la forme d'ateliers réguliers, d'archives orales
numérisées ou encore d'expositions itinérantes,
pérennisant une histoire vivante et incarnée.
Aussi, il est essentiel de renforcer la formation initiale et
continue des enseignants, en les dotant d'outils adaptés et en
favorisant les échanges avec les détenteurs de savoirs
traditionnels. Ce double investissement dans le capital humain et
matériel peut favoriser une transmission de l'histoire plus
fidèle, plus pertinente et donc plus efficace, capable de nourrir le
développement d'une citoyenneté éclairée et d'une
identité gabonaise affirmée. En ce sens, la révision des
programmes ne saurait se faire sans une réflexion structurante sur les
finalités mêmes de l'éducation historique dans un contexte
postcolonial et pluriculturel.
79
Au-delà de ces ajustements concrets, la
réflexion doit s'inscrire dans une dynamique plus large visant à
faire de l'enseignement de l'histoire un vecteur d'émancipation
intellectuelle et de cohésion sociale. La question cruciale qui se pose
maintenant est celle de la capacité des institutions éducatives
gabonaises à inscrire durablement ces changements dans leur politique et
leurs pratiques. Comment, en effet, conjuguer exigence académique et
respect des patrimoines culturels dans un monde globalisé et en
perpétuelle mutation ? Cette interrogation ouvre la porte à de
futures recherches interdisciplinaires, mêlant histoire,
pédagogie, linguistique et sociologie, afin de prolonger ce cheminement
vers une éducation véritablement ancrée dans les
réalités culturelles gabonaises, et qui inspire les
générations futures à se connaître, se
reconnaître et agir avec conscience dans leur société.
ANNEXE
80
81
Annexe 1
QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX
ENSEIGANTS-CHERCHEURS
Dans le cadre de la réalisation de notre mémoire
professionnel de fin de cycle Master à l'Ecole Normale Supérieure
de Libreville nous sommes amenés à collecter un ensemble
d'informations qui gravitent autour de notre thème : «
Enseignement/Apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à
la terminale : éléments de recherche pour une adaptation
culturelle ». A cet nous vous prions de répondre à
ces questions nécessaires à l'aboutissement de notre
étude. Nous vous remercions d'avance pour votre aimable
collaboration.
I- IDENTIFICATION
Noms Prénoms
Spécialité . Sexe : M() F()
Etablissement
II- QESTIONS
1) Comment les enseignants d'histoire du Gabon peuvent-ils
intégrer les cultures et les traditions locales dans leurs cours pour
rendre l'apprentissage plus pertinent et engageant pour les
élèves ?
2) Quels sont les effets de l'enseignement de l'histoire du
Gabon sur la construction de l'identité nationale et culturelle des
élèves gabonais ?
3)
82
Comment les programmes d'histoire du Gabon peuvent-ils
être adaptés pour mieux refléter la diversité
culturelle et historique du pays ?
4) Quels sont les défis et les opportunités
liés à l'utilisation des nouvelles technologies pour enseigner
l'histoire du Gabon, et comment peuvent-elles être utilisées pour
améliorer l'apprentissage et la compréhension de l'histoire ?
83
Annexe 2
QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX INSPECTEURS
PEDAGOGIQUES
Dans le cadre de la réalisation de notre mémoire
professionnel de fin de cycle Master à l'Ecole Normale Supérieure
de Libreville nous sommes amenés à collecter un ensemble
d'informations qui gravitent autour de notre thème : «
Enseignement/Apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à
la terminale : éléments de recherche pour une adaptation
culturelle ». A cet nous vous prions de répondre à
ces questions nécessaires à l'aboutissement de notre
étude. Nous vous remercions d'avance pour votre aimable
collaboration.
I- IDENTIFICATION
Noms Prénoms Sexe : M() F()
Etablissement
II- QESTIONS
1) Quels sont les principaux objectifs que vous vous fixez
lors de vos inspections pédagogiques en histoire du Gabon, et comment
évaluez-vous l'efficacité de l'enseignement
de l'histoire du Gabon ?
2) Comment évaluez-vous la qualité des
programmes et des méthodes d'enseignement utilisés pour enseigner
l'histoire du Gabon, et quels sont les domaines qui nécessitent une
amélioration ?
3) Quels sont les défis que les enseignants d'histoire
rencontrent lors de l'enseignement de l'histoire du Gabon, et comment les
inspecteurs pédagogiques peuvent-ils les aider à surmonter ces
défis ?
84
4) Comment les inspecteurs pédagogiques peuvent-ils
contribuer à la mise en place d'une approche pédagogique qui
prend en compte la diversité culturelle et historique du Gabon ?
85
Annexe 3
QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX CONSEILLERS
PEDAGOGIQUES
Dans le cadre de la réalisation de notre mémoire
professionnel de fin de cycle Master à l'Ecole Normale Supérieure
de Libreville nous sommes amenés à collecter un ensemble
d'informations qui gravitent autour de notre thème : «
Enseignement/Apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à
la terminale : éléments de recherche pour une adaptation
culturelle ». A cet nous vous prions de répondre à
ces questions nécessaires à l'aboutissement de notre
étude. Nous vous remercions d'avance pour votre aimable
collaboration.
I- IDENTIFICATION
Noms Prénoms Sexe : M() F()
Etablissement
II- QESTIONS
1) Quels sont les principaux défis que les enseignants
d'histoire rencontrent lors de l'enseignement de l'histoire du Gabon, et
comment les conseillers pédagogiques peuvent-ils les aider à
surmonter ces défis ?
2) Comment les conseillers pédagogiques peuvent-ils
contribuer à la mise en place d'une approche pédagogique qui
prend en compte la diversité culturelle et historique du Gabon dans
l'enseignement de l'histoire ?
3)
86
Quels sont les moyens que les conseillers pédagogiques
peuvent utiliser pour aider les enseignants à développer des
stratégies pédagogiques innovantes pour enseigner l'histoire du
Gabon
4) Comment les conseillers pédagogiques peuvent-ils
évaluer l'efficacité de l'enseignement de l'histoire du Gabon et
identifier les domaines qui nécessitent une amélioration ?
87
Annexe 4
QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX ENSEIGNANTS
D'HISTOIRE-GEOGRAPHIE
Dans le cadre de la réalisation de notre mémoire
professionnel de fin de cycle Master à l'Ecole Normale Supérieure
de Libreville nous sommes amenés à collecter un ensemble
d'informations qui gravitent autour de notre thème : «
Enseignement/Apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à
la terminale : éléments de recherche pour une adaptation
culturelle ». A cet nous vous prions de répondre à
ces questions nécessaires à l'aboutissement de notre
étude. Nous vous remercions d'avance pour votre aimable
collaboration.
I- IDENTIFICATION
Noms Prénoms Sexe : M() F()
Etablissement
II- QUESTIONS
1. Comment les programmes d'histoire du Gabon pourraient-ils
être adaptés pour mieux refléter la diversité
culturelle et historique du pays ?
2. Quelles sont les stratégies pédagogiques que
vous utilisez pour intégrer les cultures et les traditions locales dans
vos cours d'histoire du Gabon ?
3.
88
Comment les enseignants d'histoire du Gabon peuvent-ils
contribuer à la promotion de la diversité culturelle et
historique du pays à travers leur enseignement ?
4. Quels sont les défis que vous rencontrez lors de
l'adaptation culturelle de l'histoire du Gabon, et comment les surmontez-vous
?
5. Comment évaluez-vous l'efficacité de
l'adaptation culturelle de l'histoire du Gabon dans vos cours, et quels sont
les indicateurs de réussite que vous utilisez ?
89
Annexe 5
QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX ELEVES
Dans le cadre de la réalisation de notre mémoire
professionnel de fin de cycle Master à l'Ecole Normale Supérieure
de Libreville nous sommes amenés à collecter un ensemble
d'informations qui gravitent autour de notre thème : «
Enseignement/Apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à
la terminale : éléments de recherche pour une adaptation
culturelle ». A cet nous vous prions de répondre à
ces questions nécessaires à l'aboutissement de notre
étude. Nous vous remercions d'avance pour votre aimable
collaboration.
I- IDENTIFICATION
Noms Prénoms Sexe : M() F()
Etablissement
II- QUESTIONS
1. Pensez-vous que l'histoire du Gabon est importante ?
2. Avez-vous étudié des aspects de la culture et
de l'histoire du Gabon qui vous ont intéressé ?
3. Pensez-vous que les cours d'histoire du Gabon
reflètent bien la diversité culturelle et historique du pays ?
4.
90
Quels contenus aimeriez-vous voir plus dans les cours d'histoire
du Gabon ?
5. Pensez-vous que l'étude de l'histoire du Gabon a un
impact sur votre identité ?
6. Quelles suggestions avez-vous pour améliorer les cours
d'histoire du Gabon ?
91
Annexe 6
Entretien avec LACCRUCHE MBONGO Louis élève
conseiller pédagogique, Histoire-Géographie à l'Ecole
Normale Supérieure
Moi : Bonjour, CP. Merci de prendre le temps
de discuter avec moi aujourd'hui. Je voudrais comprendre vos perspectives sur
l'enseignement de l'histoire du Gabon.
M. LACCRUCHE : Bonjour, Je suis ravi de
partager mes expériences et mes perspectives avec vous.
Moi: Comment percevez-vous l'importance de
l'enseignement de l'histoire du Gabon dans la formation des
élèves gabonais ?
M. LACCRUCHE : Je pense que l'enseignement de
l'histoire du Gabon est essentiel pour la formation des élèves,
car il leur permet de comprendre leur passé, leur culture et leur
identité. Cela leur donne également une vision plus large de leur
place dans le monde et de leur rôle dans la société.
Moi : Quels sont les défis que vous
rencontrez dans l'enseignement de l'histoire du Gabon ?
M. LACCRUCHE : Les défis que je
rencontre incluent le manque de ressources pédagogiques adaptées,
la difficulté de rendre l'histoire vivante et intéressante pour
les élèves, ainsi que la nécessité de prendre en
compte la diversité culturelle et historique du Gabon.
Moi : Comment intégrez-vous les
cultures et les traditions locales dans vos cours d'histoire du Gabon ?
M. LACCRUCHE : Je fais appel à des
ressources locales, telles que des témoignages de personnes
âgées, des visites de sites culturels et historiques, ainsi que
des documents d'archives. Je cherche également à intégrer
les cultures et les traditions locales dans les programmes d'histoire pour
donner une vision plus complète et plus représentative de
l'histoire du Gabon.
92
Moi : Quels sont les éléments
de réponses pour une adaptation culturelle de l'enseignement de
l'histoire du Gabon ?
M. LACCRUCHE : Les éléments de
réponses incluent l'intégration des cultures et traditions
locales dans les programmes d'histoire, l'utilisation de ressources locales et
de témoignages de personnes âgées, l'organisation de
visites de sites culturels et historiques, ainsi que le développement de
contenus interactifs et multimédias pour rendre l'apprentissage plus
engageant.
Moi : Comment les programmes d'histoire du
Gabon pourraient-ils être adaptés pour mieux refléter la
diversité culturelle et historique du pays ?
M. LACCRUCHE : Les programmes d'histoire du
Gabon pourraient être adaptés en intégrant davantage de
contenus sur les différentes cultures et traditions locales, en donnant
une place plus importante à l'histoire des différents groupes
ethniques et culturels du Gabon, et en utilisant des approches
pédagogiques plus interactives et plus engageantes.
Moi : Quels sont les rôles des
enseignants chercheurs dans la promotion de l'enseignement de l'histoire du
Gabon ?
M. LACCRUCHE : Les enseignants chercheurs ont
un rôle important à jouer dans la promotion de l'enseignement de
l'histoire du Gabon, en développant des ressources pédagogiques
adaptées, en menant des recherches sur l'histoire du Gabon, et en
partageant leurs connaissances et leurs expériences avec les autres
enseignants et les élèves.
Moi : Comment les nouvelles technologies
peuvent-elles être utilisées pour améliorer l'enseignement
de l'histoire du Gabon ?
M. LACCRUCHE : Les nouvelles technologies
peuvent être utilisées pour développer des contenus
interactifs et multimédias, pour partager des ressources et des
expériences avec les autres enseignants et les élèves, et
pour donner accès à des ressources en ligne qui peuvent enrichir
l'apprentissage de l'histoire du Gabon.
Moi : Merci, CP, pour vos réponses
éclairantes. Vos perspectives et expériences seront très
utiles pour comprendre les éléments de réponses pour une
adaptation culturelle de l'enseignement de l'histoire du Gabon.

93
M. LACCRUCHE : Merci. Je suis heureux d'avoir
pu partager mes expériences et mes perspectives avec vous.
Annexe 7
Annexe 7

Source : Musée National des Arts, Rites et
Traditions, juin 2025
94
95
SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE
96
I. Sources
1. Source orale
> LACCRUCHE MBONGO Louis élève
conseiller pédagogique, Histoire-Géographie à l'Ecole
Normale Supérieure
2. Sources écrites
> M'bokolo, E. Le Gabon précolonial :
étude sociale et économique, 1977.
> Schweitzer, A. À l'orée de la
forêt vierge, 1922.
> Tchamda, J. Les langues autochtones face
à la colonisation linguistique, 2011.
> Bekale Nzamba, M. Enquete de terrain, mai
2025.
> Centre Culturel Français de Libreville.
Programmes éducatifs et valorisation du
patrimoine, 2021.
> UNICEF. Ressources pédagogiques pour une
éducation interculturelle, 2019.
II. Bibliographie 1. Ouvrages
> Ailincai, R., & Bernard, F. X. Apprendre
hors de la classe: l'exemple d'une sortie
scolaire au Musée de l'Espace de Kourou, 2010.
> Boukebou, A. Musique et identité au
Gabon, 2018.
> Coquery-Vidrovitch, C. Le Congo au temps des
grandes compagnies
concessionnaires, 1972.
> Deschamps, H. Quinze ans de Gabon, les
débuts de l'établissement français, 1965.
> Deschamps, H. Traditions orales et archives au
Gabon, 1962.
> Diop, M. Religions et spiritualités au
Gabon : entre tradition et christianisme, 2005.
> Fernandez, J.-W. Bwiti : An Ethnography of the
Religious Imagination in Africa,
1982.
> Fonkoua, P. L'art indigène face à
la colonisation : hybridation et résistance, 2018.
> Jean N'Guessan. Les enjeux identitaires au
Gabon, 2012.
> Mbo'o, É. Culture et
développement au Gabon, 2020.
97
> Mouloungui, J. B. Les rituels initiatiques chez les
Fang du Gabon, 1998.
> Ndiaye, M. Le système de mandores au Gabon :
entre tradition et colonialisme, 2003.
> N'Gouala, E. Langues autochtones et politique
linguistique en Afrique centrale.
> Ngong, B. Récits et légendes chez les
Fang : une approche anthropologique, 2015.
> Raponda-Walker, A. Les Fang du Gabon, 1960.
> Raponda Walker, A. Rites et croyances des peuples du
Gabon. Essai sur les pratiques
religieuses d'autrefois et d'aujourd'hui, 1962.
> Smith, L. La valorisation du patrimoine culturel
immatériel : enjeux et perspectives,
2006.
2. Articles
> Boukinda, L. Les récits mythiques et leur
rôle dans la société Kota, 2018.
> Nkoumbou, L. La musique traditionnelle gabonaise face
à la mondialisation, 2019.
> Ondo, L. Compétences interculturelles des
enseignants gabonais : enjeux et défis, 2020.
3. Thèses de doctorat
> Ngouabi, M. La place de la culture dans
l'éducation au Gabon, 2016.
4. Rapports
> Ministère de l'Éducation Nationale,
Programme officiel, 2021
> Ministère de la Culture du Gabon. Rapport annuel
sur la sauvegarde du patrimoine
culturel, 2022.
> UNESCO. Rapport sur l'enseignement de l'histoire en
Afrique, 2018.
> UNESCO. Listes du patrimoine culturel immatériel
de l'humanité, 2018.
> Institut National de Statistiques et des Études
Démographiques (INSED). Enquête
réalisée en 2022
> UNESCO, rapport sur l'éducation en Afrique,
1960. P. 50-60
5. Webographie
>
https://fr.unesco.org/initiatives/patrimoine-oral
98
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION GENERALE 1 PREMIERE PARTIE : CADRE
THEORIQUE DE L'HISTOIRE CULTURELLE DU
GABON .8
CHAPITRE I : PRESENTATION DE LA NOTION D'HISTOIRE
CULTURELLE DU
GABON .9
I.1- Définition et portée de l'histoire
culturelle .9
I.2- Les paradigmes théoriques et
méthodologiques appliqués 10
II- Eléments constitutifs de la culture gabonaise 12
I.1- Traditions orales, croyances et pratiques sociales 12
I.2- Influence des échanges coloniaux et postcoloniaux
.13
CHAPITRE II : LES SOCIETES TRADITIONNELLES
PRECOLONIALES,
COLONIALES ET POSTCOLONIALES .16
II.1- les sociétés traditionnelles
précoloniales .16
II.2- La période coloniale 20
II.3- La période postcoloniale .22
CHAPITRE III : LES DEFIS CONTEMPORAINS DE LA
PRESERVATION
CULTURELLE AU GABON .26
III.1- La mondialisation et ses effets sur les
identités locales 26
III.2- Les politiques culturelles et initiatives de sauvegarde
.27
III.3- Le rôle des mouvements artistiques et
littéraires .28
DEUXIEME PARTIE : APPROCHE PEDAGOGIQUE POUR UNE
ADAPTATION
CULTURELLE DE L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE DU GABON
..31
CHAPITRE IV : ANALYSE CRITIQUE DES PRATIQUES
D'ENSEIGNEMENT DE
L'HISTOIRE DU GABON 32
99
IV.1 - Evaluation des programmes d'histoire de la sixième
à la terminale ..32
IV.2 - Identification des lacunes culturelles et didactiques
.34
IV.3 - La structure curriculaire et la progression
pédagogique 36
CHAPITRE V : DEROULEMENT, PRESENTATION ET ANALYSE
DES
RESULTATS DE L'ENQUETE .40
V.1- Le déroulement de l'enquête 40
V.2 - Présentation des résultats 42
V.3 - Analyse et critique .42 CHAPITRE VI : IMPORTANCE
DE L'ADAPTATION CULTURELLE DANS
L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE DU GABON 51
VI.1 - Les musées comme espaces pédagogiques pour
l'histoire locale et nationale 51
VI.2 - L'importance des sorties scolaires dans l'enseignement de
l'histoire ...54
VI.3 - Méthodes pédagogiques et ressources
didactiques valorisant la culture gabonaise..59 II - Repenser les programmes
d'histoire pour intégrer la diversité culturelle
gabonaise...61
VI.1- Intégration des histoires orales et traditionnelles
61
VI.2 - Valorisation des cultures locales : une approche plurielle
et participative avec acteurs
|
locaux
|
.63
|
|
VI.3 - La formation des enseignants comme levier d'adaptation
|
.65
|
|
CONCLUSION GENERALE
|
77
|
|
SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE
|
98
|
|
ANNEXES
|
80
|
|
TABLE DES MATIERES
|
..98
|
100
|