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Déterminants de la faible proportion des femmes enceintes vues en première consultation prénatale au premier trimestre de grossesse dans le district sanitaire de Tenkodogo


par Eugène BAKOUAN
Ecole nationale de santé publique (Burkina Faso) - Attaché de santé en épidémiologie 2011
Dans la categorie: Biologie et Médecine
   
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2.1.3. Résumé des études antérieures

ILBOUDO. Z.A [19] en 1996, lui, a noté certaines insuffisances constatées au niveau des services de santé ; entre autres:

· l'insuffisance d'information, des causeries débats dans les formations sanitaires et dans les communautés, faisait que certaines femmes ignorent le nombre légal de consultations prénatales pendant la grossesse ;

· par rapport aux connaissances des femmes enceintes, plus de la moitié des femmes enquêtées ne maîtrisaient pas le calendrier de la consultation prénatale ;

· dans la conduite de la consultation prénatale, certaines insuffisances ont été constatées.

Il s'agissait du long temps d'attente, du temps de contact trop court, du faible taux de dépistage des grossesses à risque, de la non maîtrise de la mesure de la hauteur utérine, de la négligence du toucher vaginal par les agents de santé.

ROUAMBA M. [20] dans son étude transversale à visée descriptive sur les facteurs déterminant la faible couverture obstétricale dans le district sanitaire de Manga, souligne que la relation soignants/soignés est souvent incriminée et décriée par les populations. Ce qui, constitue une barrière très importante car le mauvais souvenir des services de santé peut amener certaines personnes à ne plus les utiliser et démotiver ceux qui voudraient les utiliser.

SAWADOGO P [21]. dans le même ordre d'idée a montré dans son étude que plus de 93% des femmes ont vécu des faits et gestes de la part des prestataires de soins dont les agressions verbales représentent 56%. Il en a conclu que le mauvais accueil est l'un des facteurs expliquant la déperdition entre la couverture en consultation prénatale 2 et plus et la couverture en accouchements assistés dans le district sanitaire de Yako.

Une étude de la DSF [22] a montré que certains comportements des agents de santé tels que le mauvais accueil, la faible communication constituaient un frein à l'utilisation des services d'une manière générale.

Dans une étude descriptive rétrospective réalisée au niveau de la région sanitaire de Monastir en Tunisie en 2006, chez 400 femmes accouchées révèle que dans 21% des cas, les risques liés à la grossesse n'ont pas été signalés à ces femmes lors de leur suivi prénatal [23].

Selon l'Enquete Démographique et de Santé (EDS 2003) [24], la fréquence des consultations prénatales est fonction du niveau d'instruction (70% pour les femmes sans instruction, 84% pour celles qui sont alphabétisées, 100% pour les femmes de niveau d'instruction secondaire ou plus), du pouvoir de décision (91% des ménages sont dirigés par les hommes et détiennent le pouvoir de décision), 10% des femmes ont déclaré avoir décidé en dernier ressort pour certaines décisions relatives à la santé.

Pour ce qui est du milieu de résidence, la fréquentation des centres de santé maternelle et infantile (SMI) est très variable entre le milieu rural (70 %) et celui urbain (97%).

Pour BAKI. M. [251, le manque d'information était une des causes de méconnaissance des facteurs de risque, du calendrier et les avantages de la CPN ;

· par rapport à la CPN tardive, les enquêtés accusaient le manque de moyens financiers, les longues distances ;

· la pratique de la CPN menée par le personnel de santé connaissait

d'énormes insuffisances. Certaines femmes n'avaient pas bénéficié de

renseignement sur leur grossesse. Le toucher vaginal et la vidange de la

vessie étaient des aspects occultés pendant l'examen obstétrical.

Ainsi, dans une étude menée par DIEYE El [261 en 2003 dans le district sanitaire de Richard-Toll (nord-est du Sénégal), les femmes âgées de plus de 34 ans ainsi que les femmes de moins de 18 ans étaient plus nombreuses en termes de retard de la première consultation prénatale que les autres tranches d'âges.

TRAORE Y .et Coll. [271 dans les aspects sociodémographiques et pronostic des grossesses non suivies chez les femmes admises dans le service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital Gabriel TOURE, ont incriminé le niveau d'étude et la profession dans le suivi prénatal des femmes enceintes.

Ceci au cours d'une étude de type cas/témoins avec collecte prospective qui s'est étendue sur une période de 12 mois allant de juin 2002 à mai 2003.

Des études réalisées au Kenya et en Namibie portant sur l'utilisation des services prénataux par les femmes enceintes, ont révélé que les jeunes femmes utilisaient moins les services de maternité car, faute d'expérience, elles peuvent ignorer les symptômes de la grossesse et par conséquent elles auront un recours tardif à la première CPN [281.

Dans la stratégie nationale pour une maternité sans risque 1998-2000, il ressort que sur le plan socio culturel, le statut de la femme varie très peu d'un groupe ethnique à l'autre. Au sein de la famille et de la communauté, la femme a un statut inférieur, qui l'écarte des prises de décision. On constate que la femme subit le poids des pesanteurs socio culturelles liées à son statut social. Ce qui l'expose à la pauvreté dont l'une des conséquences est l'accès limité aux services sociaux de base.

RONSMANS C. et all [29] en 2006, après une analyse des données des Enquêtes Démographiques et de Santé des pays en développement révèlent que, la perception de la grossesse, des complications maternelles et des services de santé par les populations, certaines croyances et pratiques des populations autour de la grossesse jouent un rôle très important dans l'utilisation des services de santé.

NDIAYE . P et coll. [30] incluant 351 femmes enceintes portant sur les déterminants socioculturels du retard de la 1ère consultation prénatale dans un district sanitaire au Sénégal à donné les résultats suivants : le caractère inattendu de la grossesse, la discrétion qui doit entourer la grossesse, la méconnaissance des risques et le refus d'être examiné par des prestataires masculins, avait une influence statistiquement significative sur la CPN1 tardive.

Pour FOURNIER. P et HADDAD S. [31], la religion chrétienne apparaît comme un facteur de changement et d'adaptation ; les chrétiens sont plus enclins à utiliser les soins de santé modernes. A l'opposé, la religion musulmane, un peu conservatrice, a tendance à favoriser le recours à la médecine traditionnelle.

Cependant nous admettons que pour notre étude ces résultats pourraient être liés à notre champ d'étude (caractérisé par une prédominance de la religion musulmane) et que les résultats pourraient être différents dans d'autres contextes.

IMA.S. [32] a montré que l'un des déterminants de la faible proportion des CPN1 vues au premier trimestre de grossesse est la permanence des services de CPN. Il avait trouvé que 89.29% des FE venues en consultation curative n'ont pas bénéficié de CPN avant le premier trimestre de grossesse et que les activités n'étaient pas intégrées dans la plupart des formations sanitaires.

Par ailleurs, avait-t-il trouvé des insuffisances au niveau de la communication interpersonnelle lors des CPN, notamment les informations sur le calendrier de suivi prénatal, le nombre de CPN à faire, les complications au premier trimestre. Selon cet auteur, l'analphabétisme est une des limites à l'utilisation des services de santé par les femmes.

SANOU.D [33]. a montré dans une étude que 55% des femmes enceintes enquêtées avaient trouvé le temps d'attente long.

Pour Emile. E. [34], plus de femmes enceintes (35.71%) en milieu urbain vues en CPN1 au 1er trimestre de grossesse contre 04.65% en milieu rural.

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